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vendredi, 13 décembre 2013

Chypre à la croisée de l'Europe et de la Russie

Les choix que Chypre s'apprête à opérer illustre pleinement les limites de cette Europe qui finit toujours par échouer à la marge des peuples qui la composent.

La Russie a fait à Chypre une demande qui aurait été impensable du temps de l'URSS : des facilités pour sa marine de guerre dans un des ports de l'île hellène. En somme, l'ouverture d'une base militaire contre monnaie sonnante et trébuchante.

Il y a un an la Russie avait convenu avec Chypre de pouvoir utiliser un aérodrome pour ses avions de chasse.

Comprenons les Chypriotes :

- primo, il y a traditionnellement une forte présence russe dans l'île

- secundo, on peut dire que c'est l'argent russe (y compris l'argent sale) qui a plus ou moins sauvé la peau de l'île favorite de la déesse Aphrodite.

- tertio, l'aide européenne, et le rôle de la Troïka, fût-elle réelle, est perçue avant tout comme une succession de diktats.

De toutes façons, c'est simple : les Russes sont pétés de fric et les Européens, de dettes. Les premiers peuvent donc  jouer à la corne d'abondance avec les pays à terre pendant que les autres sont contraints de passer pour des grippe-sou égoïstes et rapiats.

On est juste mal barrés, une fois de plus (nous les Européens) : une base russe au nez et à la barbe de l'OTAN, c'est trop fort. Je ne parle même d'une Europe de la Défense qui est un voeu pieux et le restera pendant longtemps.

L'Europe, c'est surtout une zone de libre-échange,  au fond. Pas assez d'unité pour espérer être autre chose. Une zone de libre-échange mandatée par ses chefs d'État pour passer des accords (pas franchement avantageux pour ses peuples) avec d'autres grandes zones de libre-échange. Voilà. Rien d'autre.

Ce n'est pas que je sois contre le libre-échange en soi, mais c'est que j'aimerais qu'on soit autre chose que ça en Europe. 

Il faut malheureusement se rendre à l'évidence, et cela me saute de plus en plus aux yeux : on parle souvent d'un modèle européen, mais, désolé, il n'existe pas. Entre pays européens, la vérité, c'est que nous ne voulons pas les mêmes choses, et, à force de compromis bancals, on en arrive à jouer contre notre camp. 

En tout cas, ce que je vois, c'est que l'attractivité de l'Europe est clairement en chute libre : ceux qui toquent à la porte veulent bien de la zone de libre-échange, mais le modèle européen, ils s'en tapent. 

Et sans vouloir dériver du sujet initial, la France était seule au Mali, elle l'est toujours en Centrafrique. Les autres Européens ? Ils viendront quand on pourra faire du commerce et ouvrir une nouvelle zone de "libre-échange", je suppose...

A ce jeu-là, les pays émergents, avec leur main d'oeuvre à bas coût et leurs ressources naturelles risquent très vite d'être bien plus performants que nous (nous, l'Europe, si cela a encore un sens que je m'exprime ainsi)...

16:34 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : chypre, russie, ue |  Facebook | | |

dimanche, 31 mars 2013

Casse du siècle à Chypre

J'avoue être stupéfait parce qu'il se produit à Chypre et ce dans l'indifférence générale, au moins dans la presse.

Les comptes crédités de plus de 100 000 euros vont être taxés à 60%.  Tous ceux qui avaient mis de l'argent de côté pour leurs vieux jours vont se trouver à la rue.

Et il y a eu tout de même un imbécile fini au plus haut sommet de l'Europe pour expliquer que le plan de Chypre pouvait servir de modèle au reste de l'Europe. Quand on songe que Jeroen Dijsselbloem est le président de l'Eurogroupe, on demeure rêveur.

Il n'y aurait donc qu'en Suisse que les capitaux seraient en sécurité ? Pire : faut-il penser qu'il n'y a de sûrteté pour les dépôts qu'en dehors de la zone euro ?

Voilà le message. Imbécile !

Le pire c'est que l'Europe a prouvé également que sa parole n'était pas fiable puisqu'elle avait assuré garantir les dépôts jusqu'à 100 000 euros et que finalement il n'en est rien.

Dernier point, enfin, on ignore qui a pris la décision et il n'y a personne pour l'expliquer.

Ce qui m'agace singuluèrement dans cette histoire c'est l'hypocrisie médiatique et l'absence totale de pédagogie pour expliquer le phénomène en cours à Chypre.

Les moralistes de tout poil s'en donnent à coeur joie en expliquant que Chypre paie l'accroissement exponentiel de son secteur bancaire et ses pratiques en terme d'accueil de fons douteux sinon obscurs.

Rien n'est plus faux. Cela n'a rien à voir et c'est un mensonge pur et simple. Les banques chypriotes paient leur exposition à la dette grecque.

Il eût été plus pédagogique au niveau de l'Europe de traiter directement avec les banques chypriotes car ce sont elles qui ont besoin d'argent.

Les États européens acceptaient de prêter de l'argent aux banques chypriotes mais les laissaient se débrouiller pour couvrir leurs pertes.

En instaurant une taxe de 60% sur les dépôts, l'État chypriote et l'Europe se donnent tous les torts au lieu de laisser les banques face à leurs responsabilités.

En somme, on pouvait obtenir le même résultat, sauver les petits épargnants, sans passer pour des voleurs.

Toute cette histoire est navrante...

mercredi, 20 mars 2013

Chypre : quoi de plus mortel que les déficits et la dette ?

Franchement, si l'État chypriote n'avait conduit à la faillite son budget, l'île d'Aphrodite aurait pu envoyer ch... la BCE et les menaces de toutes sortes venues du reste de l'Europe.

Quand on commence à dépendre des autres pour son financement, on est foutu. Ce n'est pas une question d 'Europe ou pas Europe, fiston...

Un petit rappel à ce sujet : 66% de la dette française est désormais entre les mains d'étrangers. Un petit cours de géographie ? Tous les pays qui explosent entourent la France : Espagne, Portugal, Grèce, Irlande, Islande (mais ils s'en sont bien sortis), Italie en difficulté, Chypre...

Que croient les Français : que ça va faire comme le nuage de Tchernobyl en 1986 ? En théorie, le nuage s'était pile arrêté aux frontières exactes de la France. Faut pas chercher à comprendre l'explosion progressive des cancers depuis...

La France est dans un sale état : en déficit primaire, c'est à dire que hors emprunt, nous continuons d'être en déficit ! Une classe politique irresponsable à la notable exception de Bayrou. Pas de chance, il n'est pas au pouvoir. Une industrie tellement en berne que les recettes venues de la TVA sont en baisse de plus de trois milliards d'euros pour l'année 2012. Un gouvernement dépourvu de la moindre imagination et plombé par les promesses d'un certain candidat Hollande il y a 9 mois. Je continue ?

Après la démission de Cahuzac, il y a eu au moins une bonne nouvelle : plus de ministère de la formation professionnelle. C'est toujours cela d'économisé. On pourrait à mon avis supprimer les deux tiers des ministères en France sans que les Français ne se rendent compte de quoi ce que ce soit. Et avec un bon gros ménage dans les administrations, même tarif.

Il y avait des centristes, me semble-t-il, à Chypre. Un petit parti qui faisait parti du PDE et donc de l'ADLE. Pour autant que je m'en souvienne, ils n'ont plus d'élus nulle part depuis belle lurette. 

Avec ce qu'il me reste de grec moderne, et l'aide de google translate, j'avais à peu près réussi à traduire leur programme, et, me semble-t-il, j'ai souvenir qu'il y avait un chapitre de taille non-négligeable sur l'importance pour Chypre de vivre avec un budget équilibré et sans déficits.

Au fond, les électeurs finissent toujours par récolter ce qu'ils sèment. Bien fait pour leur g... Certes, beaucoup de politiques mentent, mais les Français le savent et ils continuent à voter pour eux.

A côté de cela, personne ne peut traiter Bayrou de menteur ou de démagogue. On lui reconnaît de l'honnêteté, mais en France, cela passe pour une marque de naïveté même si une partie de la sphère intellectuelle la respecte relativement, quoique d'un oeil attristé.

Je pense que les Socialistes vont vraiment tout faire pour tenter d'en finir avec nos déficits, mais ils vont le payer cash électoralement parce que cette volonté va aller à l'encontre de leurs promesses. De plus, on voit que leur programme pour y parvenir ne repose que sur la fabrication de nouvelles taxes même si des lettres de cadrage commencent à toucher les ministères.

Restent les prestations sociales qui vont commencer à souffrir : une part des allocations familiales sont sur la sellette. Sur le fond, je ne suis pas contre la mesure, mais je trouve les revenus planchers pour appliquer la mesure bien trop bas (4500 euros par mois pour un couple, moi, je n'appelle pas cela une foyer aisé) , primo, et, secundo, il faudrait que la mesure soit dégressive avec une progressivité bien étalée.

A plus de 100 000 euros de revenus par an, je pense qu'on peut en effet réduire considérablement les allocations familiales. A ce niveau-là, je ne dis pas que le foyer fiscal concerné s'en fout de 200 euros de plus ou de moins par mois mais quasiment.

Les Socialistes s'y sont pris une fois de plus comme de manches, imprégnés de leurs préjugés marxistes qu'ils sont. Plutôt que de dire bêtement que les plus aisés doivent payer, ils auraient mieux fait de faire valoir qu'à un certain niveau de revenus, pour certains foyers, ce sont des montants insignifiants. 

Le problème, avec eux, c'est que tout est de ce tonneau. Ils ne sont jamais capables de considérer une réforme sans passer par le prisme de leur idéologie de fond. C'est bien pour cette raison qu'ils ne parviennent pas à alimenter une politique amicale pour les entreprises, ne raisonnant qu'en termes de crédits plutôt que de création de richesses et d'environnement.

23:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chypre, dette, bayrou, socialistes |  Facebook | | |

mercredi, 14 septembre 2011

Un Turc, protéger des Arabes ?...

Je ne trouve rien de plus comique qu'Erdogan prenant la posture de lider maximo des peuples arabes. Depuis quand les intérêts de la Turquie et ceux des pays arabes coïncident ?

Les peuples arabes seraient très bien inspirés de se souvenir qu'ils ont vécu en servitude pendant près de 500 ans sous domination ottomane avant d'accepter un tel leadership.

Plus généralement, chaque fois qu'un dirigeant d'une nation se prend pour le grand commandeur éclairé des Musulmans, il faut prendre garde : sous couvert de l'Islam, il cherche à défendre ses propres intérêts. Et rien d'autre.

Erdogan est un grand malade : il cherche une confrontation violente avec Israël, mais ce-faisant, il risque surtout de se crasher au sol violemment. La croissance économique turque est une illusion. Elle ne repose en aucun cas sur une croissance industrielle ni sur une vraie création de richesses.

Les Turcs finiront bien par s'en rendre compte, espérons-le pour eux. Pendant qu'Erdogan roule des mécaniques, il en profite pour remplacer les vieux généraux laïques de l'armée turque par des cadres islamistes et réactionnaires, parfois fanatisés.

Si Erdogan cherche des incidents militaires avec Israël pour couvrir son incompétence et son incurie en Turquie, il faudra sortir la Turquie de l'OTAN et lui barrer les portes de l'Europe jusqu'à ce qu'une autre majorité voie le jour là-bas.

Erdogan se croit tout puissant partout : il se permet de pouser des extrémistes à empiéter sur les frontières maritimes internationalement reconnus d'un pays souverain puis réclame des excuses ensuite au même état.

Mais le pire, c'est encore vis à vis des Européens : ce guignol prétend interdire à Chypre un accord off-shore avec Israël sous prétexte que la partie turque de l'île n'y a pas été associée.

En fait, le Turquie occupe militairement un territoire de l'Union européenne. En théorie, l'Union Européenne serait habilitée à lui déclarer la guerre pour libérer la parcelle occupée de son territoire. 

L'Europe n'est pas belliqueuse, et elle n'en viendra pas à de telles extrémités sur cette situation particulière, mais sil serait temps que le grand guignolo Erdogan baisse d'un ton et se mêle de ce qui le regarde...