mardi, 06 décembre 2011

L'hypersensibilité des électeurs du MoDem à la dette

Le dernier sondage Ipsos-Logica comporte des enseignements intéressants. J'y note avec plaisir la progression de François Bayrou mais ce qui m'intéresse principalement c'est l'analyse qui est faite du rapport des Français aux dégradations promises par les agences de notation à la France. Tous les Français ne savent pas ce qu'est le AAA de la France. Mais les sympathisants MoDem sont 97% à le savoir !!! Et ils sont également 76% à savoir précisément de quoi il s'agit, loin devant tous les autres électorats.

Ils sont également plus de 80% à estimer que la politique actuelle est au bon niveau de rigueur ou n'est pas encore suffisante. Le drame au FN, au PS, au Front de gauche, et, jusqu'à un certain degré chez les Verts, c'est qu'on croit que l'actuel gouvernement va trop loin alors qu'il n'a pas même commencé une vraie politique de rigueur. C'est encore au MoDem enfin que l'on prend à sa juste mesure la gravité d'une dégradation de la note de la France.

La lecture de quelques blogues de gauche est édifiante : à l'image de leurs semblables ils ne voient que machinations ou délires libéraux là où la sonnette d'alarme ne cesse pourtant de retentir. Je suis navré de voir mes compatriotes foncer ainsi dans le mur en chantant. Nous sommes tous dans la même barque et s'il y a un crash, il concernera tout le monde.

En réalité, nous n'avons plus tellement le choix. Nous devons retrouver un budget à l'équilibre impérativement. Ce qui est très agaçant, en revanche, et marque l'absence de stature d'homme d'État de Nicolas Sarkozy, c'est sa volonté d'instrumentaliser nos actuelles difficultés pour mettre son opposition (gauche et centre) en difficulté. Demander de voter maintenant la Règle d'Or alors qu'il a eu 5 ans pour le faire, c'est vraiment prendre ses opposants pour des imbéciles. Et ce n'est pas faute de la part de ses alliés néo-centristes de le lui avoir demandé.

Cela dit, j'aimerais bien entendre une contre-proposition réaliste dans l'opposition, pas des incantations, et, à l'heure actuelle, il n'existe que celle de Bayrou...

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jeudi, 01 décembre 2011

L'Allemagne commence à comprendre qu'elle se tire une balle dans le pied...

Je suis assez étonné des divers compliments qui ont pu être décernés à Angela Merkel depuis la crise de l'euro. Elle est objectivement nulle. Elle n'a rien compris, et, non seulement elle a mis en danger l'euro, mais elle est également une menace pour son propre pays.

Depuis le début de cette crise, la position de l'ADLE et particulièrement du MoDem, en Europe, c'est de mutualiser les dettes en créant des euro-bonds, d'une part, et ensuite, de permettre à la BCE de les acheter, non au coup par coup mais à volonté et sans restriction.

Bien sûr, il faut entourer une telle pratique de solides garde-fous afin de ne pas pousser au vice les dépensiers qui pourraient croire qu'il y a un puits sans fond derrière leurs déficits désormais.

Mais à côté de cela, il y aurait là une belle occasion de coller une baffe monumentale aux spéculateurs de toute sorte : si la BCE achète les obligations des États européens et dispose du simple pouvoir de le faire sans restriction, je vous parie tout ce que vous voulez que les taux d'intérêt même des pays les plus endettés comme la Grèce vont baisser à vue d'oeil.

Comme l'Allemagne fait de l'inflation une obsession, Merkel freine des deux fers depuis le début de cette crise et pousse à ce que chaque État se débrouille tout seul en jugulant ses déficits.

Que l'on soit vertueux est une bonne chose, mais il ne s'agit pas d'abjurer toute intelligence pour autant. A force de laisser penser aux marchés que chaque pays ne devait s'en remettre qu'à lui-même, Merkel a propagé le doute (qui s'alimentait de toutes façons largement de la dette de chaque État). 

Le problème, quand on crache à la gueule de quelqu'un, c'est que s'il y a un coup de vent, le glaviot vous revient dans la tronche. 

Tous les prêteurs se méfient de la zone euro, maintenant. Y compris de l'Allemagne, en dépit de sa rigueur et de son AAA. Résultat des courses, les taux allemants montent !

Merkel ne veut pas voir l'argent allemand dépensé chez des paniers percés, ça, je peux encore le comprendre, mais elle bloque aussi la nécessaire évolution de la BCE avec une absence de vision à long terme totale.

Bayrou a dit que Sarkozy avait mal géré la crise depuis le début : je lui donne raison. Il fallait aller au clash sur le rôle de la BCE avec l'Allemagne. Au pire, l'Allemagne se retirait de l'euro et tous les autres pays donnaient enfin à la BCE le rôle de banque centrale qui devrait lui revenir de longue date. Les Américains ne sont pas un exemple, mais ils agissent ainsi depuis fort longtemps. 

Sarkozy est nettement moins coupable que Merkel au sens où il essaie tout de même de pousser l'Allemagne à accepter cette solution, mais, en public, il se contente de grands mouvements de menton envers l'Italie ou la Grèce au lieu de défendre publiquement becs et ongles cette indispensable évolution.

C'est tout de même terrible : la solution, on la connaît, et nous sommes de plus en plus nombreux à la dire. De même, la crise de la dette des États avait été annoncé, comme celle de l'immobilier, au demeurant, dont les subprimes ne sont qu'un avatar.

A l'heure actuelle, c'est en effet, comme le fait souvent valoir Marielle de Sarnez, de plus d'Europe dont nous avons besoin. Même les mélenchonistes et consorts l'ont compris (Mélenchon est favorable à l'euro). Il n'y a plus que le FN pour dire le contraire.

On peut dire, en somme qu'il y a trois positions en Europe :

- les nationalistes et souverainistes, qui pensent que chaque pays peut jouer sa partition, mais s'exposent à de sévères mesures de rétorsion avec leur protectionnisme

- les docteurs de la foi ès orthodoxie qui ne veulent surtout pas voir l'Europe agir comme un État pourrait le faire, notamment avec une banque centrale qui soit se contenter d'ajuster des taux.

- les individus de bon sens qui veulent plus d'Europe afin que puissent être prises les décisions nécessaires.

Attention, toutefois, dans la 3ème catégorie, il y a bon nombre de paniers percés qui ont conduit nombre d'États européens là où ils en sont : ce sont évidemment ceux-là qui éveillent la méfiance des docteurs de la foi. Satisfaction : le MoDem et plus généralement les partis de l'ADLE ne font pas partie de ces paniers percés :-)

Il est encore temps d'agir, alors vite, maintenant, et, Messieurs les Allemands, dégagez Angela aux prochaines élections...

samedi, 12 novembre 2011

L'Italie, sortir de l'euro ?

Je lis souvent l'excellente revue de presse de Lupus, et tout dernièrement, je suis tombé sur une reprise d'article dans laquelle un certain Nouriel Roubini, sorte d'oracle de Delphes de la mauvaise nouvelle économique, annonce une possible sortie de l'euro de l'Italie.

Des oiseaux de mauvais augure qui prédisent la damnation éternelle à l'Europe et la désintégration de l'euro, il y en a un bon nombre depuis que les choses vont mal. Mais jusqu'à aujourd'hui, aucun pays n'est sorti de la zone euro, en dépit de très fortes turbulences, pas même la Grèce...

L'Italie a quelques arguments à faire valoir :

- pas de déficit primaire. En somme, elle paie les errements du passé, mais pas ceux du présent.

- elle vient de se débarasser du clown Berlusconi qu'elle a remplacé par un économiste sérieux, Mario Monti (dont le MoDem et le PDE voulaient soutenir une éventuelle candidature à la présidence de la commission européenne en mai 2009) .

- l'Italie vient de voter avec une majorité écrasante tant au Sénat qu'à l'Assemblée les mesures économiques que lui réclame l'Europe.

Preuves que quelque chose se passe, la bourse de Milan a bondi, et surtout, les taux d'intérêt auxquels emprunte l'Italie actuellement sur les marchés se sont repliés de 7 à 6.5%.

Le gouvernement de Monti doit trouver une majorité stable, mais je crois que ni le centre-gauche ni la droite en Italie n'ont envie de mettre le feu aux poudres. Si Monti n'outrepasse pas son très technique mandat et se contente de mettre en oeuvre les desiderata de l'Union européenne, il ne devrait pas risquer grand chose.

Nouriel Roubini a donc de bonnes chances d'en être pour ses frais : il juge que la crédibilité d'un pays met au moins deux années à se redresser sur les marchés. Nous n'en sommes pas encore là puisqu'il y a d'ores et déjà un rebond immédiat...

23:29 Publié dans Economie, International | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, nourini, euro, dette, déficit | | |  Facebook

Standard & Poors a certainement envisagé de dégrader la France

Ça m'a presque fait rigoler les rétro-pédalages des Standard & Poor et la fureur du gouvernement français, ces derniers jours. Trop drôle.

Il est évident que ce n'était pas une erreur, le document qui a envisagé de dégrader le AAA de la France sur les marchés. C'est une hypothèse de travail pour l'agence de notation, cela va de soi, et je pense qu'à moyen terme, elle y songe. Peut-être même à court terme.

Quand les marchés sont nerveux, ils n'aiment pas qu'on leur joue un air de pipeau. Les éventuels prêteurs non plus d'ailleurs.

a) le gouvernement français s'obstine à planifier ses budgets sur des hypothèses de croissance grotesques. La France est à la limite de la récession, tous les experts sensés et compétents le savent, et c'est bien pour cela qu'à Bruxelles, on s'est fâché tout rouge.

b) Au contraire de l'Italie actuellement très malmenée, le déficit primaire de la France n'est pas comblé : cela signifie que même sans la charge de l'emprunt, son budget n'est pas en équilibre.

c) La balance du commerce extérieur est plus que fortement dégradée.

Certes, les marchés savent qu'en France, l'impôt rentre plutôt bien et que les Français ont une haute tolérance à la ponction fiscale, mais enfin, point trop n'en faut.

Ce n'est pas 6 ou 7 milliards d'économie dont on a besoin, mais de 60 à 70 milliards. De toutes façons, il n'y a pas 36 solutions : si la France veut être à l'abri des hausses de taux d'intérêt, elle n'a qu'une seule alternative, un budget 100% en équilibre, c'est à dire 0% de déficit budgétaire.

Mais si on ne veut pas passer pour des clowns, comme Berlusconi, ce que l'on annonce, il faut le faire.

Alors assez tergiversé, il faut agir et lancer le débat sur les missions que l'État cessera d'exercer, désormais, sur les échelons de trop dans la vie politique, sur les dépenses des collectivités, et cetera...

Bref, qu'on sache à quelle sauce nous choisissons d'être mangés.

Ce qui est drôle, c'est que je ne suis même pas le seul à m'être fait la réflexion, à propos de Standard & poor : Gilles Bridier, journaliste chez Slate s'est fait une représentation assez proche de la mienne de la situation.

De leur côté, les banques françaises, pas folles, se délestent déjà de leurs obligations italiennes : on leur a déjà fait le coup de la solidarité avec la Grèce, et, comme je le dis souvent, point trop n'en faut. Ils sont amusants, les politiques, quand ils appellent les banques à la solidarité. Vraiment amusants et pas plus gênés que ça.

En gros, les amis, cela revient à demander aux banques de continuer à payer pour les États ce qui permet à ces derniers de ne faire aucune des réformes nécessaires et de s'asseoir sur leurs énormes déficits. Du foutage de gueule, quoi. Rien que cette attitude, moi, si j'étais banquier, ça ne me donnerait pas confiance. Je pourrais envisager de conserver mes obligations si je voyais les États concernés faire les réformes nécessaires pour équilibrer leurs budgets. Mais de les voir continuer à s'endetter et à dépenser comme si de rien n'était, c'est clair que cela m'inspirerait la plus vive défiance.

Cet aspect des choses n'a pas l'air de frapper plus que cela mes amis Tourangeaux dont les détours sont quelque peu sinueux sur ce coup-là...Il est drôle, aussi, le Julien Dray qui parle de dictature des marchés. Très drôle. On est plutôt dans l'oeil du cyclone de gabegie et d'impéritie des États, oui...Y'en a même d'autres qui croient que les marchés scient la branche sur laquelle ils sont assis. Mais non : ce ne sont pas les marchés, ce sont les États, et ça fait longtemps qu'ils scient...

Mettez-vous à leur place : vous prêteriez-vous, à un gars qui vous doit déjà plein de fric et qui vous demande de continuer à vous prêter pour qu'il puisse s'acheter des écrans plats supplémentaires ? Ça va bien au bout d'un moment, faut pas prendre non plus les gens pour des c... ni les banquiers (que l'on conspue pourtant à hue et à dia, alors que n'importe quel individu sensé prendrait exactement les mêmes décisions qu'eux à un niveau personnel...).

Ce qu'il faut, pour la France, ce sont des individus sérieux qui vont faire des propositions sérieuses et les appliquer. Quelqu'un du genre de Bayrou. Moi, je pense qu'il pourrait être cet homme-là. Il lui reste toutefois à être précis, désormais, et à présenter un programme d'équilibrage du budget sur la base d'une hypothèse de croissance réaliste.

A ce moment-là, il pourrait se présenter avec ce programme en main face aux Français en leur disant : écoutez, mes compatriotes, je ne suis pas un joueur de pipeau. Je ne vais pas vous mentir. C'est vrai, on va en chier, mais, en contrepartie, mes propositions tiennent la route et les marchés et nos prêteurs le savent. Si vous me portez au pouvoir, vous n'aurez pas de mauvaises surprises, parce que je ferai en sorte, avec mon programme, de mettre la France à l'abri des mauvaises surprises. 

Moi, c'est un peu ce que j'attends qu'il fasse, tout en massacrant les promesses bidons et autres châteaux en Espagne de ses concurrents socialistes et popu-conservateurs.

00:14 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, dette, note, standard & poor, déficit, banque | | |  Facebook

lundi, 07 novembre 2011

Rigueur, l'opposition m'énerve...

François Fillon a annoncé un plan d'austérité : si je m'en tiens à ses seules annonces, pour l'instant, l'austérité, je ne la vois pas vraiment.

Je trouve les glapissements de l'opposition tout à fait ridicules. 

Cela dit, il y a aussi quelque chose qui me frappe : le plan de Fillon n'est pas un plan d'austérité, c'est un plan de taxes supplémentaires. Je n'ai quasiment rien vu au chapitre économies...

C'est plutôt cela qui m'inquiète. Je ne vois aucune volonté de la part de l'actuel gouvernement de commencer à explorer les gisements d'économie. Et pourtant, si François Fillon lisait le Canard enchaîné, il commencerait par supprimer tous les échelons locaux qui sont hors de contrôle et produisent toujours plus de dépenses. L'intercommunalité, par exemple, qui conduit à des dépenses toujours plus somptuaires.

La réalité, c'est que l'opposition n'a pour l'instant rien à proposer et ne ferait pas mieux en l'état. On peut même subodorer qu'elle ferait à peu près pareil.

Ce qui m'insupporte le plus, c'est le petit jeu crétin à gauche qui consiste à tenter de faire croire que des riches vont sortir d'un chapeau magique, payer des impôts mirobolants et résorber ainsi les déficits publics.

Bref, pour l'instant, nous sommes bien loin d'un plan de rigueur, et s'il en faut un un jour, ce sera autre chose que les mesurettes de Fillon. 

23:27 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rigueur, austérité, dette | | |  Facebook

jeudi, 03 novembre 2011

Dette : on aurait mieux fait d'écouter Bayrou en 2007. Et en 2012 ?

Je l'ai mauvaise quand je vois l'état de notre dette publique. Je considère également la Grèce, et je suis partagé. D'un côté, je ne souhaite en aucun cas l'effondrement d'un pays qui est cher à mon coeur. De l'autre, je songe à ce qu'Aristote, le plus illustre des philosophes grecs, appelle la catharsis. Littéralement, il faudrait traduire le mot par "purification". Quand les Athéniens regardaient et écoutaient le sort terrible de des grands héros grecs dans les tragédies antiques, la contemplation de ce spectacle, en les terrifiant, les purifiait de l'envie de les imiter. C'est ainsi qu'Aristote voyait dans les chefs d'oeuvre de Sophocle, d'Eschyle ou encore d'Euripide les fondements d'une oeuvre de salubrité publique...

J'en reviens donc à la Grèce : Bayrou compare ce matin la sortie de l'euro de la part de la Grèce à une catastrophe nucléaire. Toutefois, si elle se produit, poursuit-il, elle permettra de mettre en lumière les conséquences des théories délirantes des euro-sceptiques. Et il rappelle ce qu'il est advenu de l'Argentine qui s'est un jour retrouvée en défaut de paiement : du jour au lendemain, 50% de la population en-dessous du seuil de pauvreté, dette multipliée par deux ou trois en raison des taux d'intérêts à la progression devenue exponentielle.

Le référendum doit avoir lieu en janvier. La campagne présidentielle débutera. La Grèce s'effondrera alors immédiatement, et on verra ce qu'il advient des thèses frontistes dans un tel cas de figure. En effet, seul ce parti prône un retour au franc (même Mélenchon, s'il est hostile à divers traités européens, se garde bien de proposer de sortir de l'euro). 

Damoclès, un Grec, est à la mode. Bayrou aurait pourtant le droit à un copyright sur le nom du personnage associé à la dette. Là, elle est en train de tomber l'épée de Damoclès, et pour ce qui est des Grecs, elle leur a d'ores et déjà tranché le cou.

Il y en a eu des devins, chez les Grecs, qui ont mis en garde en vain de grands rois : Calchas avait averti Agamemnon qu'il devait rendre Chryséis à son père, Tirésias Oedipe qu'il avait tout intérêt à cesser d'enquêter sur ses origines, ou encore Cassandre que Troie ne devait pas faire rentrer le cheval laissé par les Grecs dans la ville.

J'aimerais bien que Bayrou soit autre chose qu'une Cassandre pour les Grecs à l'avenir. D'avoir eu raison est une consolation, certes, mais elle est bien mince au regard du malheur de tout un peuple.

Bayrou avait un temps d'avance en 2007. Je pense qu'il l'a toujours en 2012. Évidemment, tous les candidats sont désormais obligés de se positionner sur la dette, et même le PS doit désormais reconnaître que le mot "rigueur" n'est plus un gros mot. Mais aujoud'hui, l'heure n'est plus aux mises en garde, mais aux propositions. Le PS ne songe qu'à accroître les taxes, l'UMP cherche des économies qu'elle ne parvient pas à trouver.

Nous avons à mon avis deux défis qui découlent d'une même source : comme nous ne pouvons indéfiniment augmenter les impôts, il faut réduire nos dépenses, mais aussi accroître nos richesses.

Sur le second point, Bayrou est clairement en avance, et son État d'urgence pose les premiers jalons. La production en France, la réindustrialisation de nos régions seront les premiers nerfs de la guerre qui nous attend.

Le premier est un défi non moins conséquent : je crois que nous ne savons pas en France, comment nous y prendre pour réduire nos dépenses publiques. Toutes nos tentatives ont été des échecs : décentralisation, intercommunalité, LOLF, RGPP, rien ne marche. Cela me fait penser à nos centrales nucléaires que nous savons construire, mais pas démanteler. Parce que la difficulté, et je crois que Bayrou la voit bien aussi, c'est de parvenir à faire des économies sans pour autant rendre l'État impuissant. Il n'y a pas que l'État : il y a aussi toutes les collectivités publiques (la suppression d'un échelon ne serait pas du luxe : le département, par exemple...).

Les gisements d'économie dans la dépense publique, cela contient potentiellement des ressources supérieures à un gros tas de puits de pétrole. Le problème, c'est que pour le pétrole, on sait propsecter, mais pour la dépense publique, on ne sait pas faire...Le Nobel à celui qui trouve une solution viable ! Et mieux vaut se méfier dans ce domaine : les solutions simplistes ou idéologiques aboutissent systématiquement à des surcoûts. La bonne volonté et les bonnes intentions ne suffisent pas non plus : c'est toute une culture de la parcimonie qui est à revoir...

10:17 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, dette, dépense publique | | |  Facebook

mercredi, 19 octobre 2011

La corde pour nous pendre...

Je considère la situation de la Grèce, à l'heure actuelle, et je me dis vraiment que si on la lâche, c'est à dire qu'elle fait défaut de paiement, on est foutu. Que se diront les marchés ? Que l'euro n'est pas une monnaie fiable, que l'Europe n'est pas une entité sûre, et donc, que n'importe quel état européen peut faire défaut, désormais.

Et là, je vous dresse le tableau de la suite : panique générale sur les marchés, personne ne sachant plus où placer ses fonds pour qu'ils soient sûrs. Je ne parle même pas des banques que tout le monde conchie imbécilement : si jamais les États crament, elles, elles sont carbonisées. Personne pour les recapitaliser, et des actifs pourris à la pelle. Y'aura plus que les belles démocraties que sont la Chine, les pétro-monarchies ou encore la Russie pour racheter pour l'euro symbolique toutes les banques européennes d'un coup. 

Et là, ceux qui pleurent sur les salauds de banquiers qui se goinfrent auront une raison de pleurer pour quelque chose, parce que les Chinois, les Russes et consorts, ils ne nous feront pas de cadeau. Aucun.

Ah oui, les Russes, vous savez les meilleurs alliés stratégiques de la France, selon Marine Le pen qui se pâme chaque fois qu'elle voit Poutine. Ben tiens, y'a une institution russe qui lui conviendrait bien à la Marine : l'asile de fous.

En somme, si on ne tient pas le défilé des Thermopyles, les Perses, passent, quoi.

Quand je pense qu'il y a des andouilles pour estimer qu'on a coulé trop de fric en Grèce, que les Grecs n'ont qu'à se démerder, ou encore qui comparent la situation grecque à celle de l'Argentine il y a 15 ans, en faisant valoir que cette dernière s'est finalement redressée. Tu parles, Charles...Il n'y avait pas de crise des dettes des États, à cette époque, et elle n'entraînait pas toute une zone dans sa chute.

Bref, on a tous la corde autour du cou, mais le problème, c'est que c'est la même corde. Alors si jamais il y en a un qui est pendu, devinez un peu ce qu'il se passe pour les autres...

Le truc, c'est qu'on a un gros souci ; on est dans la ligne de mire des agences de notation, et là, la politique économique de la France va être un exercice de haut équilibre :

- soit on tente de réduire drastiquement les déficits en baissant la dépense publique et en montant les impôts, mais on casse la croissance. Perspectives de croissance en berne ? Tac, note dégradée par les agences.

- soit on tente de relancer la croissance et on y va mollo sur les impôts, et dans ce cas, déficits, et paf, perspectives de croissance en berne, note dégradée.

Il faut donc une équation gagnante, c'est à dire croissance + réduction des déficits. C'est exactement ce qu'a calculé Bayrou qui est convaincu qu'on ne peut pas s'en sortir sans associer les deux (d'où son fameux slogan, Produire, Instruire, Construire).

Mais c'est pas joué. Ça va être très chaud. Super chaud, même. Sur le fil du rasoir. Un pas de côté, et on chute...

Moi, je crois que les gens sont prêts à faire des efforts en général : tenez, prenez la Grèce. Les Grecs étaient résignés et admettaient d'en prendre plein la gueule quelque temps. Pourquoi sont-ils dans la rue aujourd'hui ? Parce que ce sont toujours les mêmes qui paient cash. Les petits, les salariés, les fonctionnaires, et pendant ce temps, les professions libérales continuent à frauder, les armateurs à être exemptés d'impôts et l'église orthodoxe à ne pas payer un kopeck de taxes foncières alors que les Grrecs ordinaires la paient 6 ou 7 fois. Je serais là-bas, moi, pour une fois, je serais un chasseur de koulaks, et pourtant, ceux qui me lisent savent que ce n'est pas vraiment la ligne du blogue...Dans une crise d'une telle ampleur, il faut être irresponsable pour ne pas partager l'effort. Et pourtant, le gouvernement local est censé être socialiste...Comme quoi, nul n'est prophète en son pays !

Il faudra donc avoir en permanence le souci de la justice, quoi qu'il advienne dans l'avenir pour la France. C'est le seul fil auquel tous les Français sans distinction peuvent accepter de se rattacher.

23:51 Publié dans Economie, International | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grèce, dette, europe | | |  Facebook

mardi, 18 octobre 2011

Moody's ira, Moody's illa, solvet saeclum in favilla

Dies iræ, dies illa
Solvet sæclum in favilla,
Teste David cum Sibylla.
Quantus tremor est futurus
Quando judex est venturus
Cuncta stricte discussurus.

Cela te fit quelque chose, lecteur, l'amusant petit texte ci-dessus ? Je te traduis ? Jour de colère, que ce jour-là : il réduira en poussière notre siècle. David et la Sybille l'ont prédit, terrible sera notre terreur quand le Juge viendra, avec d'implacables verdicts.

J'aime bien ma traduction, tiens.

Si je faisais une variante ?

Moodys' ira, Moody's ira, Solvet sæclum in favilla, Teste Bayroo cum Hsedecim. Quantus tremor est futurus, Quando debitio ventura, Cuncta stricte discussura.

Pas mal, non ? Moody's, tout le monde connaît. Debitio, c'est dette en latin, et pour Bayroo et Hsedecim, le premier devrait être identifiable par tout le monde, et le second, en principe, les initiés connaissent...

Voyons, voyons, n'est-ce pas François Bayrou qui disait il y a 6 jours, Grèce, Espagne, Italie, au bout du chemin il y a la France ? L'agence de notation Moody's a donc abattu ses cartes.

 Usura crescens  Hausse des taux

Tuba mirum spargens sonum

Per sepulcra regionum

Coget omnes ante thronum.

La trompette répandant la stupeur

parmi les sépulcres, rassemblera

tous les hommes devant le trône. 

Les promesses, elles ne vont plus être tenables si Mood'ys dégrade notre note. En effet, la hausse du montant des remboursements anéantira nos économies et nous rentrerons dans le cercle vicieux dans lequel est plongé la Grèce.

Le problème, à mon avis, c'est que nous sommes arrivés un peu à la limite ce que permettait la fameuse RGPP (Réforme Générale de Politiques Publiques). Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement de réduire les frais partout, mais carrément de considérer les missions que l'Etat doit abandonner. Eh oui, nous en sommes là... D'une certaine manière, des réductions drastiques partout, c'est la politique du pire au sens où cela amène à mal exercer les missions de l'Etat partout. Certaines préfectures fonctionnent au ralenti. Je l'ai toujours dit : une politique cohérente est faite d'économies ciblées.

En revanche, il est possible que le prochain gouvernement soit contraint d'abandonner des pans entiers de son action. Ce ne peut être, évidemment, son action régalienne (impôts, sécurité, armée) ou stratégique (Education, Santé). Le reste, il va falloir sérieusement y réfléchir...

En tout cas, il y va de la responsabilité de tous ceux qui sont susceptibles de sérieusement exercer le pouvoir de proposer des plans crédibles, désormais, faute de quoi le tort causé à la France et aux Français pourrait être considérable. Et ce ne sont pas les incantations des furieux contre le libre-échangisme et la mondialisation qui y changeront grand chose.

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samedi, 15 octobre 2011

Banques : il a du courage, Bayrou.

Moi, quand je vois mon homme politique favori choisir la voie de la vérité et dou courage pour dire, les choses, je me pâme d'aise.

Écoutez bien la vidéo ci-dessous :


Crise bancaire : qui est coupable ? par buildfreedom

Nom de Zeus ! C'est ce que je dis depuis un moment déjà. Ce sont les États qui ont planté les banques. Bah oui, François : en effet, ce sont bien les États qui ont poussé les banques à acheter leurs actifs pourris. Si les banques risquent aujourd'hui des dépréciations, c'est bien à cause des dettes que les États laxistes pourraient ne pas être en mesure de rembourser.

Les États, en principe, c'est censé être le premier maillon de la chaîne, le plus solide ; le dernier rempart. 

J'ajoute une chose, par rapport à ce que dit Bayrou : les États ne se sont pas contentés de plomber les banques, ils affolent aussi les marchés qui ne savent plus vers quoi se tourner pour trouver une sauvegarde en cas de pépin.

Pourquoi les marchés dérivés explosent-ils en volume ? pourquoi la finance enfle-t-elle indéfiniment là-bas ? Eh bien parce que de plus en plus, les acteurs économiques cherchent à se prémunir contre le risque. 

Je ne dis pas que la spéculation ne vient pas troubler des mécanismes qui en théorie ont vocation à protéger et non à accroître l'insécurité. Certes. Je ne le nie pas. Mais la spéculation n'est pas le moteur du marché dérivé. Le moteur du marché dérivé, c'est la peur. La crainte du défaut.

Le discours de Sarkozy à l'heure actuelle, et a fortiori celui des Socialistes, particulièrement Martine Aubry, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, montrent qu'ils cherchent des bouc-émissaires à la crise.

La banque, le banquier, sont des cibles tellement faciles. Pourtant, elles ne sont en rien comptables de l'actuelle crise. En rien.

16:53 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, banque, crise, dette, état | | |  Facebook

samedi, 01 octobre 2011

Dette et budget : que réduire ?

Tiens, mon confrère de centre-droit Crapoto me signale un jeu amusant en flash, mis au point par le Figaro. Dans le principe, cela me rappelle le fameux cyber-budget mis en ligne par Copé il y a 5 ans.

En la circonstance, j'ai choisi l'objectif "Très rigoureux" d'un déficit public ramené à 3%. Je dois trouver 52 milliards d'euros en jouant sur la réduction des dépenses et l'augmentation des recettes (les impôts, quoi...).

Bon, l'action extérieure de l'État, ne pas la diminuer, c'est notre Soft power ! Hop, j'augmente de 9% le budget : ça commence bien ! Une dépense en plus !!!

Bon, l'aide publique au développement, bon, désolé, mais on a notre propre déficit, alors je taille dans les dépenses : suppression de la moitié des aides directes aux pays en développement et suspension de l'aide aux pays d'où viennent les immigrés. En fait, sur ce point, on devrait plutôt inciter des entreprises à sous-traiter là-bas certaines tâches pour créer du développement que de filer du cash.

La culture, ensuite. Le problème, avec la culture, c'est ce que l'on appelle "culture". Moi j'ai toujours trouvé la culture d'état hypertrophiée. La sensibilisation à la culture, elle se fait plutôt à l'école. Bref : paf, finies les subventions au spectacle vivant. Toc, supprimées. Ensuite, baisse du budget de la culture de 10%. Cessons de financer notamment les spectacles du show-bizz, réduisons à néant ou presque le coût des émissions de variété sur les chaînes publiques : Reservoir Prod ira trouver d'autres gogos. En fait, j'ai même une meilleure idée : privatisons complètement France 2. On pourra réaffecter une petite partie des sommes au spectacle vivant, tiens.

La défense : on se barre d'Afghanistan. Hélas, on ne peut rien pour les Afghans à l'heure actuelle, cela nous coûte une fortune et des morts pour rien car l'opinion afghane ne nous est nullement reconnaissante de notre présence, au final. Ce n'est que lorsque les peuples se soulèvent qu'on peut les aider.

Développement durable : pas besoin de personnel qui ne sert qu'à édicter toujours plus de normes impraticables. Allez, hop, purge de 10% des effectifs. Tant pis aussi pour les routes et les autoroutes pour un an. Les mesures écolo-blabla, elles vont devoir se financer un peu plus : au bout d'un moment, les solutions, pour s'imposer, il faut aussi qu'elles soient un minimum rentables et pas des pompes à finances publiques.

L'enseignement scolaire : oulah, lui, il a déjà tellement pris dans la g... qu'on n'y touche plus pour l'instant.

La Justice, ça merde vraiment trop : on a des procès qui durent des années et des années. J'aimerais bien l'augmenter, mais là, ce n'est vraiment pas possible. On verra quand on aura réduit le déficit.

Recherche et enseignement supérieur : ce sont les parents pauvres ! 3% d'augmentation mais il faut vraiment développer les partenariats entreprises-universités.

Sécurité : on en a beaucoup fait pour la sécurité routière, je trouve, et ça bouffe beaucoup de moyens pendant que les petites gens sont terrorisées sur de larges parcelles de la république. Allez, toc, on divise par deux les moyens de cette niche budgétaire, et encore, je suis bon...ça ne tiendrait qu'à moi...

Solidarité/Insertion : on ne peut décemment pas y toucher. A la limite, il faudrait même presque l'augmenter, mais bon, s'il faut veiller au grain sur les dépenses, on ne peut pas pour l'instant.

Travail et emploi : supprimer Pôle emploi ? ça merde déjà tellement...Le chômage est important, donc ce n'est sans doute pas le moment de tailler là-dedans, mais je suis convaincu que les sommes qui y sont déversées ont vocation à être réparties différemment.

Ville et logement : La politique de la ville, c'est la ville, au fond, pas l'État. Je laisse les aides au logement, encore que...il y aurait beaucoup à dire, mais je baisse le budget d'au moins 10% et encore, je suis bon.

Autres missions de l'État : 5% en moins sauf sur la Santé qui demeure un objectif prioritaire.

La Sécurité Sociale : là, en revanche, hausse de la CSG, hausse des cotisations retraites et je baisse de 10% les médicaments remboursés. Ça fait des sous, tout ça !

Les impôts

J'augmente l'impôt sur le revenu des plus riches : la tranche supplémentaire que veulent créer Jean Arthuis et François Bayrou, quoi. Je ne touche pas au reste.

TVA : +2 points. Indispensable pour financer notre modèle social.

ISF : je taxe les très grandes fortunes d'un point de plus.

Niches fiscales : ça va raboter ! Les niches en faveur de l'Outre-mer, c'est généralement une grosse arnaque qui n'amènent aucun développement. Tac, supprimées.

Fini le taux réduit de TVA pour la restauration rapide : en plus ça nous coûte en problèmes de santé toute cette junk-food !

La TVA à 5.5 sur la restauration rapide, trop basse : je la remonte, mais à 21.6 comme tout le reste. UN taux intermédiaire à 12% me paraîtrait correct. Dommage, le flash du Figaro ne permet pas de subtilité dans les ajustements.

Nom de Zeus, j'y suis presque ! Il faudrait que j'arrive à 52 milliards, et je 50.92...voyons voyons, que faire d'autre ? Ah, trouvé : le taux de 5.5% sur l'amélioration des bâtiments anciens, terminé. Pas une urgence, ça...Aaaaah : je suis à 55.95 milliards. Un peu de marge de manoeuvre. L'an prochain, je réaffecterai quelques fonds à la justice.

Blood'n nuts : 246 de score, on me dit que je pénalise la croissance pour deux ans et que je manque de clairvoyance ! Ben ouais, mais les gars, tant qu'on aura une dette mastodontesque, on ne peut pas trop faire autrement...

12:31 Publié dans Economie, Insolite | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : budget, dette, déficits | | |  Facebook