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mardi, 06 décembre 2011

L'hypersensibilité des électeurs du MoDem à la dette

Le dernier sondage Ipsos-Logica comporte des enseignements intéressants. J'y note avec plaisir la progression de François Bayrou mais ce qui m'intéresse principalement c'est l'analyse qui est faite du rapport des Français aux dégradations promises par les agences de notation à la France. Tous les Français ne savent pas ce qu'est le AAA de la France. Mais les sympathisants MoDem sont 97% à le savoir !!! Et ils sont également 76% à savoir précisément de quoi il s'agit, loin devant tous les autres électorats.

Ils sont également plus de 80% à estimer que la politique actuelle est au bon niveau de rigueur ou n'est pas encore suffisante. Le drame au FN, au PS, au Front de gauche, et, jusqu'à un certain degré chez les Verts, c'est qu'on croit que l'actuel gouvernement va trop loin alors qu'il n'a pas même commencé une vraie politique de rigueur. C'est encore au MoDem enfin que l'on prend à sa juste mesure la gravité d'une dégradation de la note de la France.

La lecture de quelques blogues de gauche est édifiante : à l'image de leurs semblables ils ne voient que machinations ou délires libéraux là où la sonnette d'alarme ne cesse pourtant de retentir. Je suis navré de voir mes compatriotes foncer ainsi dans le mur en chantant. Nous sommes tous dans la même barque et s'il y a un crash, il concernera tout le monde.

En réalité, nous n'avons plus tellement le choix. Nous devons retrouver un budget à l'équilibre impérativement. Ce qui est très agaçant, en revanche, et marque l'absence de stature d'homme d'État de Nicolas Sarkozy, c'est sa volonté d'instrumentaliser nos actuelles difficultés pour mettre son opposition (gauche et centre) en difficulté. Demander de voter maintenant la Règle d'Or alors qu'il a eu 5 ans pour le faire, c'est vraiment prendre ses opposants pour des imbéciles. Et ce n'est pas faute de la part de ses alliés néo-centristes de le lui avoir demandé.

Cela dit, j'aimerais bien entendre une contre-proposition réaliste dans l'opposition, pas des incantations, et, à l'heure actuelle, il n'existe que celle de Bayrou...

12:19 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : dette, note, modem, bayrou |  Facebook | | |

samedi, 12 novembre 2011

Standard & Poors a certainement envisagé de dégrader la France

Ça m'a presque fait rigoler les rétro-pédalages des Standard & Poor et la fureur du gouvernement français, ces derniers jours. Trop drôle.

Il est évident que ce n'était pas une erreur, le document qui a envisagé de dégrader le AAA de la France sur les marchés. C'est une hypothèse de travail pour l'agence de notation, cela va de soi, et je pense qu'à moyen terme, elle y songe. Peut-être même à court terme.

Quand les marchés sont nerveux, ils n'aiment pas qu'on leur joue un air de pipeau. Les éventuels prêteurs non plus d'ailleurs.

a) le gouvernement français s'obstine à planifier ses budgets sur des hypothèses de croissance grotesques. La France est à la limite de la récession, tous les experts sensés et compétents le savent, et c'est bien pour cela qu'à Bruxelles, on s'est fâché tout rouge.

b) Au contraire de l'Italie actuellement très malmenée, le déficit primaire de la France n'est pas comblé : cela signifie que même sans la charge de l'emprunt, son budget n'est pas en équilibre.

c) La balance du commerce extérieur est plus que fortement dégradée.

Certes, les marchés savent qu'en France, l'impôt rentre plutôt bien et que les Français ont une haute tolérance à la ponction fiscale, mais enfin, point trop n'en faut.

Ce n'est pas 6 ou 7 milliards d'économie dont on a besoin, mais de 60 à 70 milliards. De toutes façons, il n'y a pas 36 solutions : si la France veut être à l'abri des hausses de taux d'intérêt, elle n'a qu'une seule alternative, un budget 100% en équilibre, c'est à dire 0% de déficit budgétaire.

Mais si on ne veut pas passer pour des clowns, comme Berlusconi, ce que l'on annonce, il faut le faire.

Alors assez tergiversé, il faut agir et lancer le débat sur les missions que l'État cessera d'exercer, désormais, sur les échelons de trop dans la vie politique, sur les dépenses des collectivités, et cetera...

Bref, qu'on sache à quelle sauce nous choisissons d'être mangés.

Ce qui est drôle, c'est que je ne suis même pas le seul à m'être fait la réflexion, à propos de Standard & poor : Gilles Bridier, journaliste chez Slate s'est fait une représentation assez proche de la mienne de la situation.

De leur côté, les banques françaises, pas folles, se délestent déjà de leurs obligations italiennes : on leur a déjà fait le coup de la solidarité avec la Grèce, et, comme je le dis souvent, point trop n'en faut. Ils sont amusants, les politiques, quand ils appellent les banques à la solidarité. Vraiment amusants et pas plus gênés que ça.

En gros, les amis, cela revient à demander aux banques de continuer à payer pour les États ce qui permet à ces derniers de ne faire aucune des réformes nécessaires et de s'asseoir sur leurs énormes déficits. Du foutage de gueule, quoi. Rien que cette attitude, moi, si j'étais banquier, ça ne me donnerait pas confiance. Je pourrais envisager de conserver mes obligations si je voyais les États concernés faire les réformes nécessaires pour équilibrer leurs budgets. Mais de les voir continuer à s'endetter et à dépenser comme si de rien n'était, c'est clair que cela m'inspirerait la plus vive défiance.

Cet aspect des choses n'a pas l'air de frapper plus que cela mes amis Tourangeaux dont les détours sont quelque peu sinueux sur ce coup-là...Il est drôle, aussi, le Julien Dray qui parle de dictature des marchés. Très drôle. On est plutôt dans l'oeil du cyclone de gabegie et d'impéritie des États, oui...Y'en a même d'autres qui croient que les marchés scient la branche sur laquelle ils sont assis. Mais non : ce ne sont pas les marchés, ce sont les États, et ça fait longtemps qu'ils scient...

Mettez-vous à leur place : vous prêteriez-vous, à un gars qui vous doit déjà plein de fric et qui vous demande de continuer à vous prêter pour qu'il puisse s'acheter des écrans plats supplémentaires ? Ça va bien au bout d'un moment, faut pas prendre non plus les gens pour des c... ni les banquiers (que l'on conspue pourtant à hue et à dia, alors que n'importe quel individu sensé prendrait exactement les mêmes décisions qu'eux à un niveau personnel...).

Ce qu'il faut, pour la France, ce sont des individus sérieux qui vont faire des propositions sérieuses et les appliquer. Quelqu'un du genre de Bayrou. Moi, je pense qu'il pourrait être cet homme-là. Il lui reste toutefois à être précis, désormais, et à présenter un programme d'équilibrage du budget sur la base d'une hypothèse de croissance réaliste.

A ce moment-là, il pourrait se présenter avec ce programme en main face aux Français en leur disant : écoutez, mes compatriotes, je ne suis pas un joueur de pipeau. Je ne vais pas vous mentir. C'est vrai, on va en chier, mais, en contrepartie, mes propositions tiennent la route et les marchés et nos prêteurs le savent. Si vous me portez au pouvoir, vous n'aurez pas de mauvaises surprises, parce que je ferai en sorte, avec mon programme, de mettre la France à l'abri des mauvaises surprises. 

Moi, c'est un peu ce que j'attends qu'il fasse, tout en massacrant les promesses bidons et autres châteaux en Espagne de ses concurrents socialistes et popu-conservateurs.

dimanche, 23 mai 2010

FCPE, PEEP, APEL même combat crasse ...

Quand je dis que le clivage droite-gauche n'a plus aucune pertinence dès qu'il s'agit d'éducation, je crois que je suis à chaque coup en-dessous de la réalité. La dernière lubie des associations de parents d'élèves, dans un suprême bêlement de béatitude, c'est de faire disparaître tout système de notation de l'éducation nationale parce que cela serait stigmatisant pour les élèves. Dans les hautes sphères de l'APEL, de la PEEP et de la FCPE, on rêve d'un bisounoursland où "tout le monde il serait égal et il serait heureux, même que ce serait vachement épanouissant pour les enfants"...Des baffes, oui...Hashtable relève à juste titre que tout effort pour empêcher une saine émulation entre les élèves les poussera à mettre au point d'eux-mêmes de nouveaux marqueurs. Mais sur le fond, cette polémique est ridicule et dit bien l'état de décrépitude de ces associations parentales qui en sont à s'aligner sur les thèses les plus ridicules des experts ès sciences de l'éducation. En 2006, le collectif Sauvez les Lettres avait fait un sort aux thèses saugrenues du "chercheur Antibi", sur lesquelles s'appuient aujourd'hui nos joyeux parents.

Il faut lire Antidote pour découvrir les tenants et les aboutissants de la proposition. On apprend, à la lecture de son billet, qu'il n'existe plus de différences, désormais, entre les thèses de Gabriel Cohn-Bendit, chef de file du pédagogisme libertaire (ceux qui lisent mon blogue savent à quel point je l'aime d'une affection folle, celui-là) et celles de l'UMP. Eh oui, d'après Antidote, un député UMP, acquis aux sciences de l'éducation qu'il enseigne, aurait même qualifié de traumatisantes les notes...Antidote médite un billet à son sujet : on l'attend avec impatience !

Pour comprendre le degré de déliquescence de la technostructure de l'Éducation Nationale, il faut simplement lire les déboires de  Natacha Polony avec un  inspecteur d'académie du secondaire. Édifiant.

Les notes et la stigmatisation des élèves n'ont rien à voir : en réalité, c'est l'usage qu'en font ou non les enseignants qui peut s'avérer stigmatisant. La stigmatisation n'est pas affaire de note, mais d'attitude et de comportement. En principe, chaque note donnée à un élève est censée être personnelle et s'établit dans un contrat de confiance entre maître et disciple. Elle ne concerne pas les autres et ne devrait donc pas être dite à voix haute. Libre à l'élève ensuite de se comparer à ses congénères s'il le souhaite. C'est la marge de progression de chaque élève qui importe, sur le fond. Un maître bienveillant est un maître bienveillant, avec ou sans notes. Un malveillant est un malveillant, avec ou sans notes. Et un pédagogol abruti demeure un pédagogol abruti avec ou sans notes.

En fait, ce que montrent les Antibi et cie, c'est qu'ils ne possèdent aucun élément de psychologie la plus élémentaire. Le véritable traumatisme dont puisse souffrir vraiment un enfant, c'est surtout que l'on ne s'occupe pas de lui. Je lis partout que l'école ne manque pas de moyens mais les utilise mal. Ah bon ? C'est bien possible, mais alors dans ce cas, j'aimerais que l'on m'explique comment on retrouve partout des classes de CP et 6ème à quasiment 30 élèves (exemple concret, mon second fils est en CP dans une classe à 29, avec, heureusement, une enseignante dévouée et expérimentée, mais surtout,la chance d'avoir des parents qui suivent au jour le jour ses éventuelles difficultés) niveaux où précisément une attention particulière devrait être portée aux enfants éventuellement en difficultés. Ce n'est certainement pas d'enlever les notes qui permettra aux enseignants de mieux s'occuper de ces enfants-là, dans des classes surpeuplées. Non, cela va au contraire enlever l'outil diagnostic qui permet de déceler les premiers problèmes véritables.

Il y a un dernier point qui m'inquiète grandement : je m'étais dit que le privé était désormais la dernière poche d'excellence en France, jusque là, puisque partout ailleurs dans le public , tout est fait pour l'éradiquer. Mais la signature commune de l'APEL, association de parents de l'enseignement libre, est le signe très inquiétant que la médiocrité généralisée gagne désormais les structures du privé. Faudra-t-il aller faire ses études à l'étranger, dans les rares pays où la pédagogolâtrie mondialisée n'a pas encore frappé, pour espérer trouver un enseignement de qualité, désormais ?

23:54 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : école, note, antibi |  Facebook | | |

mercredi, 27 mai 2009

La crise des États couve

Je ne vais pas aller discuter avec Hashtable d'Allègre, je sens que cela va être le sujet qui fâche ; nous n'avons absolument pas le même avis sur le mammouth laineux. Mais,  Hashtable propose tout de même dans sa note de s'intéresser aux choses sérieuses, et comme il suit assidûment l'actualité financière, il nous apprend que la célébrissime mais très sérieuse agence de notation Standard&Poor's envisage de dégrader la notation de la dette souveraine des Britanniques. Ce que ne dit pas H16, mais il le pense évidemment très fort, c'est que sur les marchés, cela a été une panique générale pendant toute la fin de semaine. Les cambistes, à la limite, l'Angleterre, ils s'en foutent, mais ils ont très rapidement pensé que l'agence pourrait bien faire la même chose pour les USA. Et pourtant, j'ai lu ici-même (faut que je retrouve qui) les écrits de quelqu'un m'assurant qu'il était impossible que la notation de pays comme l'Allemagne ou les USA passe en dessous de AAA...CQFD ?

Un tel danger (les États se retrouveraient à devoir emprunter à des taux très supérieurs avec un risque d'asphyxie financière à court terme faute de liquités ou à la suite d'effondrements budgétaires des états les plus fragiles) doit absolument être anticipé. A l'heure actuelle, seul le MoDem parmi les partis politiques français, semble en avoir pris la mesure : l'emprunt européen, aux yeux du MoDem doit être solidaire justement pour assurer aux états les plus faibles la garantie de cette notation et donc des taux plus bas. Alors, évidemment, il y a une autre solution (et à tous les coups, Hashtable y pense très très très fort même s'il se garde bien de le dire haut et fort) : ne pas emprunter, laisser le marché éliminer les canards boîteux, comme dirait Barre. Sauf que là, ça pourrait faire très très mal. Parce que Barre, à l'époque, quand il évoquait les canards boîteux en question, c'était de quelques PME qu'il parlait. Là, il s'agit d'États tout entiers ! Je ne vous raconte pas les réductions de poste, l'abandon d'un certain nombre de services d'intérêt général et tutti quanti pour parvenir à équilibrer les budgets. Et les dégâts dans la société. Je suis libéral, mais je n'ai pas la même confiance que H16 en la capacité des marchés à parvenir à s'auto-réguler. Pour l'instant, il me semble plus prudent de s'appuyer sur une intervention des États, à condition qu'elle soit concertée ! Dans le cas contraire, ce serait encore pire que pas d'intervention du tout.