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jeudi, 03 janvier 2013

Démocratie libérale versus démocratie socialiste

J'entends souvent une réponse qui me frappe quand je marque mon désaccord avec une opinion ou une mesure qui se veut majoritaire : parce qu'elle est majoritaire elle serait la vérité révélée ou encore elle justifierait d'opprimer l'individu en lui imposant l'ordre de la majorité.

J'avoue que cet argument ne laisse pas de me faire bondir. Je crois qu'il y a là la principale ligne de fracture entre la démocratie libérale et la démocratie socialiste. La démocratie libérale a comme principal souci de défendre avant tout chose les droits naturels imprescriptibles de chaque individu, pas de représenter la moitié du corps social plus une personne.

Il existe bien sûr des biens supérieurs non parce qu'ils servent les desseins de l'État mais parce qu'ils profitent à chaque individu : la liberté, la sécurité, par exemple.

Mais pour le reste, je demeure sceptique. Même la solidarité que l'on brandit dans tous les discours, souvent synonyme d'impôts nouveaux devrait au fond relever de l'éthique personnelle.

Quand l'État me prend mon argent pour le redistribuer il m'impose de donner le fruit de mon travail à des gens que je ne connais pas et parmi lesquels je pourrais bien compter nombre d'individus auxquels je ne souhaite faire grâce de rien.

J'aimerais choisir qui j'aide, quelles causes je soutiens, pas que ce soit un État et a fortiori une "majorité" qui me l'impose au nom de la "solidarité.

Si au moins on pouvait choisir, sur sa feuille d'impôts ne seraient-ce que les secteurs que l'on souhaite favoriser il y aurait un (très) léger progrès dans le sens du respect de chaque choix individuel mais à l'heure actuelle nous sommes dans des fers fiscaux qui ne respectent rien de nos choix personnels.

Parmi les biens supérieurs, certains paraissent évidents, d'autres moins :  la démographie d'un État est une condition sine qua non de sa survie comme peuple. On peut donc comprendre qu'il fasse l'objet d'une politique fiscale générale. Bien sûr, de tels choix empiètent sur le choix de vie de chacun, mais si une nation s'éteint faute de citoyens, tous en paieront les conséquences sans exception.

Mon grand-père, libéral qui s'ignorait, me disait souvent que je me coucherais dans le lit que j'aurais laissé au petit matin, après le lever. Froissé si je n'avais pris le temps de le refaire, bordé et lisse si j'en avais fait l'effort.

Renvoyer la générosité aux choix individuels c'est en finir avec l'hypocrisie d'une morale d'État qui ne procède que par contraintes.

Ceci ne signifie pas qu'il soit interdit à l'État de mettre en place des dispositifs (vois, cher lecteur, comme je diffère des libéraux sur ce point), mais il ne devrait pas se donner le droit de contraindre les individus à s'en servir, fût-ce au nom du choix d'une majorité.

Nos élections ont vocation à nous donner des représentants pas à donner à certains tous pouvoirs popur faire faire à plusieurs d'entre nous ce que nous ne voulons pas faire...

Bref, la démocratie, ce n'est pas la guerre inexpiable d'une majorité contre sa minorité...

 

Commentaires

Oui c'est très juste.

Écrit par : Vlad | jeudi, 03 janvier 2013

Salut Vlad
Rejoins les libéraux du MoDem :-)

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 03 janvier 2013

C'est marrant! Je me suis toujours fait cette remarque depuis que je paye des impots! Au moins pour une partie, un pourcentage de ce qu'on paye par exemple. Car justement, on met des gens au pouvoir pour qu'ils priorisent et aient une vision globale des besoins et du budget... mais pour x% on pourrait proposer aux gens de financer des projets precis par exemple. Idem pour les 75% exceptionnels, il aurait mieux fallu ajouter une tranche a 50% sur une assiette plus large, et lancer un appel public pour une contribution exceptionnelle mais volontaire de nos riches, avec possibilite de choix du secteur.

Écrit par : Desmotscrates | jeudi, 03 janvier 2013

@L'héré,,
Si seulemnt MSer avait connu le vrai vécu de son arlequin dans sa jeunesse...P'tre qu'en vieillisant, s'en-t-il souviendrait un peu^^^?

Écrit par : Martine | jeudi, 03 janvier 2013

salut!votre article est constructif et surtout inspire l'eleve philosophe que je suis.entre le socialisme et la démocratie que choisir lorsque la chine nous donne le bon exemple de la fusion des deux.

Bref,Pour devenir incollable sur les diamants, faites un tour sur le blog : diamanterie.net

Écrit par : diamants | jeudi, 03 janvier 2013

Salut le "spam" vous suggère l'écoute de la magnifique voix d'adèle dans sky fall, ou fail, allez donc savoir^^^!

Écrit par : Martine | jeudi, 03 janvier 2013

Les déductions fiscales qui sont accordées aux généreux donateurs des causes que l'on peut choisir, vont déjà un peu dans ce sens. Et je trouve que le choix du don à l'inverse de la machine aveugle qui prélève et redistribue où bon lui semble, dédouanant à bon compte de la réflexion sur les choix sous tendus, rend effectivement le citoyen plus responsable et plus conscient...

Écrit par : Mapie | vendredi, 04 janvier 2013

Bonjour Mapie
Une démocratie qui fonctionnerait ainsi serait déjà un progrès.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 04 janvier 2013

Pas d'accord du tout avec cet article. Pourquoi?
D'abord, il me semble qu'il faut dans une certaine mesure, protéger les hommes contre eux-mêmes. Supposons par exemple qu'on supprime Sécurité Sociale, CMU, caisses de retraite et autres, mais que les citoyens soient libres de contracter une assurance privée. Certains ne le feront pas parce qu'ils se sentiront coupables de dépenser pour eux-mêmes l'argent qu'ils n'ont pas trop, alors qu'ils pourraient le dépenser pour leurs enfants ou pour des causes qu'ils jugent importantes; d'autres choisiront simplement la satisfaction immédiate au détriment de l'avenir, sans doute par inconscience. Quand les hivers de la vie seront venus, que se passera-t-il? Misère de la plupart et dons généreux des autres (toujours les mêmes, mais dont le porte-feuille n'est pas extensible à volonté).
Plus généralement, pour ma part, je défends la notion de bien commun. Si on perd totalement de vue cette notion (on est sur la route...), on est fichu!
Il y a des causes qui sont à la mode à certaines époques, et d'autres qui ne le sont pas. Il y aura donc, selon les époques, des secteurs totalement délaissés. Il y a des périodes où le besoin de sécurité a été minimisé, d'autres où il est devenu obsessionnel. Le rôle d'un pouvoir politique, c'est de se faire l'idée la plus complète et lucide possible de ce qu'exige le bien de la société et d'agir en conséquence.

Écrit par : Monique | samedi, 05 janvier 2013

@ Monique

Je suis assez d'accord avec vous. On ne peut pas tout laisser au libre-arbitre du citoyen. C'est ce que souhaite par exemple un ultra-libéral comme Charles Beigbeder (plutôt du ressort des "tea party" US et donc très loin de l'esprit du MoDem), qui il y a environ un mois proposait dans l'émission de Ruquier du samedi soir que les "riches" ne profitent plus de la Sécurité Sociale, mais cotisent sur des fonds privés. Sachant que le même Beigbeder (pas l'écrivain, mais l'autre - le frère -, l'homme d'affaires) investit à l'est (en Ukraine je crois) dans des milliers d'hectares d'exploitations agricoles pour pallier à la prochaine faim dans le monde, avec sans aucun doute de la spéculation à la clé... Et comme spéculer sur des denrées alimentaires, c'est sans doute ce qu'il y a de plus dégueulasse... No comment.

Alors, oui, laissons un peu de liberté et de pouvoir décisionnaire aux Etats (et non pas à leurs citoyens qui parfois changent d'avis comme de chemise et qui ne voient que le fameux "chacun pour sa gueule"), même s'ils font parfois du gaspillage (la culture en France...). Au moins ils sont garants d'une certaine probité... Ce dont ne sera jamais garant l'ultra-libéralisme. Il faut bien qu'on se le dise.

Ch. Beigbeder, il faut que vous continuiez à cotiser pour la sécurité sociale dont vous profiterez - sans doute bien plus qu'aujourd'hui - lorsque vous serez âgé... Pas parce que je me soucie de votre santé, mais parce que je ne veux pas qu'avec vos idées ultra-libérales vous détruisiez notre système de santé, même s'il est de plus en plus fragile, en le transformant en assurances privées.

Écrit par : JF le démocrate | samedi, 05 janvier 2013

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