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jeudi, 19 décembre 2013

Comment lutter contre la pollution de l'air ?

La pollution atteint à Paris et sans doute ailleurs, en raison de l'absence de vent et de la sécheresse de l'air, des seuils stratosphériques au regard de nos normes.

S'il y a un point sur lequel nous pouvons tous nous accorder, gauche et droite confondues, c 'est sur la nécessité impérative de lutter contre cette menace. En effet, la pollution de l'air n'est pas anodine : elle occasionne de très sérieux dégâts sur la santé de ceux qui la subissent.

J'ai lu les billets respectifs de PMA et du Faucon. L'un et l'autre commentent la dernière mesure gouvernementale pour tenter de limiter la trafic automobile, la circulation alternée. 

Pour ma part, ce qui me frappe, particulièrement à Paris, c'est que toutes les mesures prises (augmentation des amendes de stationnement, limitation de la vitesse à 70km/h) ou envisagées (Péage urbain, vont toujours dans le même sens : pénalisation et sanction de l'automobiliste. Je vois d'ailleurs bien, pour la circulation alternée, que Jegoun ne parvient pas à répliquer à l'objection que le Faucon adresse à la mesure gouvernementale : quid de ceux pour lesquels l'automobile est un indispensable moyen de locomotion ? Jegoun invoque l'intérêt collectif, mais qu'est-ce que c'est que cet intérêt collectif qui néglige chaque intérêt individuel ? L'intérêt collectif, c'est une somme d'intérêts individuels : c'est donc une facilité rhétorique, certes, mais surtout un sophisme fallacieux que de renvoyer l'intérêt individuel à l'égoïsme particulier.

Je ne crois pas que l'on puisse lutter contre la pollution sans obtenir l'adhésion pleine et entière des citoyens. Dans tous les cas de figure, pointer du doigt une catégorie et la contraindre à des efforts parfois très difficiles sans contrepartie, je pense que cela suscite la colère.

Le sujet n'est pas facile, et on ne peut pas accuser le gouvernement, celui-là et celui qui l'a précédé, de ne pas faire des pieds et des mains pour faciliter l'acquisition d'une voiture propre.

J'ai regardé les montants des bonus aux particuliers pour l'achat d'un véhicule avec un taux d'émission de CO2 très faible, et j'avoue que j'ai été impressionné :  bien qu'il ait baissé, il atteint encore 6300 euros en-dessous de 20 grammes de CO2 par kilomètres.

J'ai évidemment jeté un oeil sur ce qu'il se faisait : la Nissan Leaf, par exemple, petite berline 100% électrique. Il faut compter 24000 euros en achetant la batterie. En décomptant les 6300 euros, on arrive à un montant de 17700 euros, sachant que la consommation électrique est suffisamment négligeable pour que je ne la prenne pas en compte dans les coûts.

A titre personnel, j'ai une diesel hdi que je dois remplir une fois par mois en moyenne, pour un montant de 100 euros à chaque fois. Avec la Leaf, je ferai une économie de 1000 euros par an. Au bout de 5 ans, je pense que j'ai rentabilisé mon achat.

Ça pourrait commencer à devenir intéressant, mais il reste un obstacle de taille : 200 kilomètres d'autonomie à peine, à condition de ne pas utiliser l'air conditionné, sans parle de la faiblesse des équipements par rapport à une berline essence ou diesel équivalente. C'est dommage, car on y est presque. Il reste ensuite deux autres obstacles et ils ne sont pas négligeables : Nissan a mis au point une sorte de station électrique spéciale qui permet de recharger l'automobile en 30 minutes, mais elle a un coût important et il faut l'installer chez soi. L'autre aspect, davantage macro-économique, c'est que l'État ne pourra pas continuer à subventionner ce secteur surtout s'il décolle auprès des particuliers.

J'aurais pu être intéressé par une Toyota Prius Hybride, mais 28 000 euros, même si l'on décompte encore les 2200 euros de bonus écologique, je n'ai pas les moyens. 

Je rêve de voir émerger les premiers véhicules à hydrogène et petit à petit, ils font leur chemin, les Échos s'en sont fait...l'écho :-) ; mais le prix demeure bien trop élevé, plus encore qu'un véhicule électrique, d'autant que les stations de recharge d'hydrogène ne courent pas vraiment les rues.

Au niveau des villes, ce sont elles qui sont confrontées principalement à la pollution de l'air, il y a peu de mesures originales et audacieuses pour contribuer vraiment à la réduction des émissions. J'ai lu évidemment le plan Air de Marielle de Sarnez   : j'avoue ne pas comprendre que l'actuelle majorité, si prompte à sanctionner l'automobiliste, se soit empressée de renouveler le stock de bus de la RATP en moteurs diesel au lieu de favoriser le GNV, l'électrique ou même d'expérimenter l'hydrogène, comme le suggère Marielle de Sarnez.

En fait, pour que le véhicule propre prenne son essor, des conditions préalables doivent être remplies : - la première est technique, il faut impérativement parvenir à mettre au point des moteurs capables de faire rouler longtemps le véhicule

- la deuxième est économique : l'hydrogène remplit la première condition à peu près, mais son coût demeure faramineux pour le citoyen ordinaire (moi, par exemple)

- la troisième est politique : les villes doivent choisir de discriminer clairement les moteurs propres et les autres. Se contenter d'assurer le stationnement gratuit, c'est une bonne mesure, mais ce n'est pas suffisant : il faut donner des privilèges aux heureux possesseurs d'un véhicule propre. Emprunter des voies d'accès qui ne sont pas autorisées aux véhicules polluants, se garer sur les places de livraison, pouvoir se déplacer plus vite sur les voies rapides (dans les limites acceptables de sécurité, bien sûr) et cetera. Notre nation idolâtre au moins autant les privilèges qu'elle les déteste. Tout Français constituée selon notre norme nationale pensera toujours que si quelques uns bénéficient d'un privilège, pourquoi pas lui aussi ? A cet effet, il y a effort de communication à opérer : je vois autour de moi des gens aisés qui se dotent de véhicules 4X4 parce que cela représente le luxe, la richesse, le pouvoir. Pour que les véhicules propres prennent, il faut qu'ils commencent à répondre à ce cahier des charges de la soif de pouvoir, de gloire et au culte des apparences, à l'instar d'une Honda FX Clarity dont la réputation perce dans les milieux branchés californiens.

J'observe que les Coréens et les Japonais se sont déjà positionnés sur ce créneau tandis que les Français, comme d'habitude, accumulent du retard sur ces technologies indispensables à la survie de l'automobile dans nos éco-systèmes urbains.

In fine, la conclusion de PMA ne me satisfait pas : 

si la santé publique nécessite de baisser la vitesse de circulation sur le périph. et, certains jours, diviser la circulation par deux, il faut le faire.

Oui, il faut le faire si la santé publique le justifie et s'il est prouvé que de telles mesures ont un effet réel (ce que je conteste pour la limitation de vitesse sur le périph), mais une telle conclusion est bien pauvre car elle ne résout ni ne propose de réfléchir sur les nouvelles difficultés qu'occasionnent ces mesures.

Parce que, comme l'écrit si bien le Faucon,  pratiquement, on fait comment ? Quand on est un salarié moyen qui est obligé de prendre sa voiture non pas pour aller au musée, au théâtre ou au cinéma, mais pour aller simplement travailler ? Que nous n’avons pas forcément de transport en commun, ou de Vélib’ à disposition ? Que nous sommes simplement un français moyen qui travaille. A son compte ou en étant salarié. Avec des enfants à charge.

Je lui ajouterai autre chose : à Paris, les transports en commun, c'est souvent synonyme de doublement du temps de transport, de saleté, d'insécurité et d'irrégularité. Un Velib ne tient pas la route sur des distances longues (trop de temps aussi) et l'autolib coûte cher pour une utilisation régulière...

19:11 Publié dans écologie, Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pollution, air, automobile |  Facebook | | |

samedi, 02 novembre 2013

Ce que proposent Marielle de Sarnez et le MoDem contre la pollution

Une fois encore, je déplore l'invraisemblable disproportion de traitement des actualités dans la presse : seule Libération avait relayé les plan Climat  de Marielle de Sarnez à Paris. Quelque chose d'important qui concerne la vie des Parisiens, surtout si l'on considère les dernières conclusions de l'OMS sur les effets de la pollution dans la capitale. Le ralliement d'un élu a e revanche eu les honneurs dans toute une série d'organes de presse.

En somme, chaque fois que quelqu'un essaie de lancer le débat sur les idées, la presse est aux abonnés absente. C'est vraiment rageant pour tous ceux qui essaient de le faire vivre et cela donne une image de la politique réduite aux tractations d'appareil. C'est très injuste pour tous les militants qui ont oeuvré avec Marielle de Sarnez pour faire des propositions très concrètes aux Parisiens afin d'améliorer leur environnement et leur santé.

Je signale avant toutes choses que le plan-climat de Marielle de Sarnez est téléchargeable sur le site du Mouvement Démocrate. Pour ma part, voici ce que j'en pense : 

Le pan climat de Marielle est exclusivement concentré sur la pollution de l'air. C'est à mon avis sa force et sa faiblesse. Marielle aborde en fait l'écologie avant toutes choses sous l'angle de la santé : dans ces conditions, à sa place, j'aurais fait rentrer ses propositions dans un grand plan santé pour la capitale. Quand son programme sera définitif, je lui conseille d'ailleurs de choisir cette présentation.

Pour lutter contre la pollution de l'air, Marielle veut agir sur trois leviers : 1. Réduire les émissions issues des déplacements 2. Réduire les émissions issues de nos consommations énergétiques 3. Absorber la pollution en végétalisant la ville.

Il y a dans son projet un certain nombre de mesures que l'on retrouve chez ses concurrents et je ne m'y attarderai donc pas, sauf pour les critiquer quand je suis opposé à ces mesures. Mais il y a aussi des idées atypiques qui méritent un arrêt sur image.

Végétaliser l'air des stations de la RATP en est une : outre l'attrait esthétique, les plantes présentes en nombre dans des stations contribueraient à recycler l'air vicié et à le rafraîchir. Il faut en revanche bien considérer le coût de l'armée de jardiniers qu'il faudrait recruter pour financer un tel déploiement et déterminer en échange de quels coûts une telle initiative pourrait être budgétisée.

Marielle de Sarnez est également la seule à promouvoir une lutte renforcée contre les agents infectieux présents dans les rames de métro (quand je dis que son projet a toute sa place dans l'entrée plus grande de la santé !). C'est judicieux : la propreté n'est pas seulement une préoccupation esthétique. Il y va aussi de la salubrité publique. Si on multipliait dans les stations les points d'eau avec savon et/ou désinfectant, on contribuerait à mon avis à l'hygiène publique.

Je suis plus sceptique en ce qui concerne ses propositions pour le vélo : Paris n'est pas Amsterdam et, dans la capitale, la bicyclette représente davantage un déplacement de loisir qu'un véritable mode alternatif de déplacement pour vaquer à ses occupations. Cela dit, j'agrée pleinement la proposition de créer deux grands axes cyclables traversant Paris de part en part, d'ouest en est et du nord au sud.

Comme en 2008, Marielle envisage de proposer un service de scooters électriques. J'étais pour il y a 6 ans mais j'ai évolué depuis : cela fera beaucoup de places de stationnement qui vont disparaître, des coûtes très importants et un abonnement sans doute coûteux pour un bénéfice assez limité, au final. L'autolib s'avérant assez peu convaincante, je n'ai que très moyennement envie d'étendre le concept.

Comme tous les autres candidats, Marielle propose de renouveler la flotte de véhicules de la ville et de la RATP en exigeant l'acquisition de véhicules nettement plus propres.

Elle prévoit également un service de bus à haute qualité de service et la mise en place de petites navettes électriques.

La gratuité de stationnement des véhicules électriques me semble une bonne idée, mais, je rappelle que le principal obstacle au développement de ces derniers est leur coût et leur faible autonomie. Ces automobiles ne polluent pas l'air, mais pour le reste, à la fabrication, je suis bien plus sceptique. Je pense qu'il ne faudrait pas se limiter aux véhicules électriques mais se montrer incitatif pour tous les véhicules propres, quitte à donner des autorisations de circulation pour les prototypes à hydrogène ou à bio-carburants non nocifs pour la santé. De manière générale, il y a chez tous les candidats un manque d'ambition et  de développement d'idées susceptible de favoriser l'initiative privée dans le domaine de la propreté des moteurs et de l'air.

En parlant de stationnement, amener progressivement les automobiles à disparaître de la surface de la ville me paraît intéressante à plusieurs titres mais amène tout de même quelques questionnements. Qui va payer pour ces parkings ? Quels seront les coûts de stationnement ? Qui va en assurer la sécurisation ? Quid du niveau de pollution dans ces parkings (comment l'absorber ?) ?

Je ne crois pas trop à l'autopartage parce que ce principe limite la mobilité, toutefois, je retiens une idée intéressante de Marielle de Sarnez sur ce sujet : expérimenter un dispositif de partage de véhicules dans les co-propriétés. Ça, c'est pas mal du tout.

Restent les économies d'énergie, principalement dans le bâtiment. Marielle de Sarnez prévoit principalement d'accompagner les rénovations et les constructions nouvelles en mettant à disposition des co-propriétés et des professionnels un interlocuteur unique susceptible de les orienter vers de nouvelles formes d'isolation, de construction ou de production d'énergie. Je suis assez peu convaincu pour une raison simple : le bâtiment fait rarement spontanément des démarches vers le mieux écologique.

La végétalisation de la ville est en revanche une bonne piste, particulièrement les toits de co-propriétés, les places ou encore les bords de Seine. Il faut voir ensuite dans la pratique comment cela va réellement se dérouler.

Les déchets et leur traitement sont le dernier chapitre du programme de la candidate du MoDem. Marielle de Sarnez suggère entre autres de  créer en partenariat avec les réseaux de l’économie sociale et solidaire des recycleries /ateliers de réparation par arrondissement. C'est une bonne chose mais j'ajouterais la récupération à la réparation et au recyclage. Pour qui fréquente des sites comme http://recupe.net/ ou encore http://donnons.org/, en somme des plate-formes d'échange et de récupération en peer-to-peer, c'est impressionnant de voir à quel point nombreux sont les objets dont nous voulons nous débarrasser qui peuvent finalement trouver preneurs. Ces initiatives font oeuvre utile, nous devrions les associer à tout projet de recyclage.

Je n'ai pas été exhaustif et j'ai passé sous silence de nombreuses autres mesures parce qu'on ne peut pas tout dire en un seul billet. Il aurait été intéressant de comparer les propositions de Marielle de Sarnez à celles de ses concurrent(e)s mais ce sera sans doute l'objet d'un autre billet.

13:05 Publié dans écologie, Paris | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : santé, pollution, sarnez, modem |  Facebook | | |

dimanche, 13 octobre 2013

Risques environnementaux

Je reviens de faire un tour chez le tovaritch Didier Goux : nous avons en commun de détester presqu'autant l'un que l'autre les écolos. Là s'arrête la comparaison : je ne supporte pas les écolos en raison de leur dogmatisme politique, mais je prête en revanche beaucoup d'attention à l'écologie et, si les écolos m'horripilent comme parti, en associations, en revanche, ils accomplissent un travail utile parfois admirable, même. Bref, je ne confonds pas l'écologie politique et l'écologie.

Nous n'en finissons pas de payer les risques environnementaux que nous avons pris et que nous continuons de prendre souvent à notre insu. André Cicorella, le président de Réseau Santé n'a cessé de mettre en garde contre des maux qui deviennent endémiques.

J'ai longtemps entendu que la croissance exponentielle des cancers n'avait rien d'anormale : c'était simplement les effets du vieillissement. Je n'en crois rien. En réalité, les cancers croissent tout simplement en proportion. Il y a donc une autre explication à cette augmentation : le contact répété avec les perturbateurs endocriniens de toutes sortes, l'exposition aux produits chimiques et aux ondes de toute nature. Les Anciens (je parle des Grecs et des Romains) pouvaient avoir des vies très longues. Sophocle, Gorgias, Protagoras ont atteint le siècle ou presque d'existence. On mourrait à Athènes et à Rome de mort violente ou alors à la naissance mais pas d'un cancer.

Si je me méfie des initiatives de l'écologie politique, je crois en revanche à la pression commerciale que peuvent exercer les consommateurs et leurs associations. Saluons notamment l'association Noteo qui référence 45 000 produits en fonction de leur nocuité environnementale et de leurs risques pour la santé. On peut télécharger une application sur un téléphone portable.

Je ne comprends pas la hargne dont peuvent faire preuve les anti-écolos contre les associations de protection de la nature et de l'environnement. Elles sont dans leur rôle en tirant la sonnette d'alarme et en tentant d'informer hommes et femmes des dangers potentiels qu'ils encourent en consommant tel ou tel produit en s'exposant à telle ou telle substance.

mercredi, 14 novembre 2012

Sale temps pour l'écologie

Je crois malheureusement que la fin des énergies fossiles, ce n'est pas pour demain. Avec l'exploitation du gaz de schiste, on est reparti pour un siècle et...toujours plus de pollution.

L'exemple américain va évidemment donner des idées aux Européens : redémarrage industriel, baisse du coût de l'énergie, réduction de la facture énergétique dans la balance commerciale, création massive d'emplois indélocalisables, moindre dépendance géopolitique. Si les USA deviennent les premiers producteurs mondiaux les équilibres géostratégiques qui régissent le Moyen-Orient en seront bouleversés, par exemple.

Comment promouvoir un modèle sobre et durable avec de telles tentations sous le nez ? La France n'est pas l'Amérique et son territoire bien moins vaste, alors évidemment, la perspective d'un Three Mile Island à la française en version gaz de schiste avec la pollution afférante refroidit, je l'imagine, pas mal d'ardeurs, mais jusques à quand ?

20:03 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : gaz de schiste |  Facebook | | |

vendredi, 21 septembre 2012

L'étude sur les rats et les OGM est-elle faisandée ?

Je l'avoue, j'ai eu la flemme de faire la recherche moi-même parce que je me doutais que mon affreux libéral favori, h16, s'y collerait. Bingo, j'ai gagné !

Moi, cette histoire de rats cancéreux après consommation d'OGM m'a semblé tout de suite suspecte même si je n'ai pas davantage confiance dans les données de Monsanto. Pourquoi près de la moitié d'une population de rats développerait subitement des cancers après avoir consommé du maïs transgénique alors que des millions d'animaux le font depuis plusieurs années sans qu'aucun éleveur n'ait relevé quoi que ce soit de notable ?

Pourquoi ? Eh bien mon affreux libéral favori (ah, le vil suppôt du Grand Capital !) a trouvé le pot aux roses : parce que l'espèce de rats choisie par les auteurs de l'étude développe spontanément des taux de cancers mammaires de près de 45% par exemple ?...Moi, je dis ça comme ça, hein...

Comme h16, je me suis étonné de ne disposer d'aucune informationb sur les rats qui n'avaient rien mangé de transgénique : nada, nitchevo, nique nidouille, nothing. je serais curieux de savoir s'ils ont développé des tumeurs, eux aussi ou non...

Dans cette histoire, il y a beaucoup de bruit, une profusion d'hyperboles de toutes sortes dans la communication médiatique mais pas grand chose pour ne pas dire rien de concret en termes de protocole scientifique.

Entendons-nous : je me méfie des OGM car j'ignore les conséquences de leur consommation sur le long terme et je me défie des conséquences de l'appât du gain sur la manipulation du génome ; de là à verser dans une hystérie qui ne dit pas son nom...C'est la version écolo de l'Innocence des OGM ou quoi, cette histoire ?...

11:34 Publié dans écologie, Société | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : ogm, rat, maïs |  Facebook | | |

dimanche, 26 août 2012

50 milliards de victimes par année ?

Je me demande parfois si notre race, l'espèce humaine, n'est pas la plus féroce de tous les temps en ce qui concerne la prédation : je lisais récemment que nous abattons dans le monde près de 50 milliards d'animaux d'élevage par an et souvent, ces derniers sont engraissés dans des conditions assez atroces. 

A dégoûter de consommer de la viande. Et pourtant, j'adore le roast-beef, par exemple.

C'est assez difficile de faire face à ses contradictions, en fait : d'un côté, j'aime beaucoup les animaux et s'il fallait que je les tue pour consommer de la viande, je crois que je virerais végétarien car je n'en aurais vraiment pas le coeur, de l'autre, rien que de penser à un délicieux carpaccio de boeuf assaisonnée d'huile d'olive et de câpres, j'ai les papilles qui vacillent.

Mieux : un faux-filet tendre et savoureux à souhait accompagné de frites maison et d'une succulente sauce au roquefort et me voilà au paradis des prédateurs.

C'est dur de lutter contre sa nature.

Tiens, ça me rappelle un livre que j'ai lu à mes trois petits quand ils étaient plus jeunes :

lami-petit-tyrannosaure-L-1.jpeg

C'est un petit tyrannosaure qui ne parvient pas à se faire des amis : chaque fois qu'il sympathise, au bout d'un moment, c'est plus fort que lui, il se jette sur son nouveau copain et le baffre.

Finalement, c'est une souris qui en lui apprenant à cuisiner parviendra à l'aider à dominer ses pulsions.

Voilà, quand je vois un mignon petit veau, d'un côté, je me vois bien lui faire un gros câlin à cette grosse peluche, et, de l'autre, je visualise mon assiette...

C'est terrifiant. Parce que de l'autre côté, 50 milliards de vies qui disparaissent chaque année ce n'est pas du tout drôle. C'est même épouvantable.

Au fond de moi, je ne puis m'empêcher de penser que le "bien", c'est de laisser ces pauvres bêtes vivre une vie paisible en me contentant de végétaux : ça tombe d'ailleurs bien parce que je raffole des crudités. Mais voilà, que l'on soumette mes sens offalctifs au délicieux fumet d'un steack saignant à souhait, presque bleu même, et je défaille...Envolés, idéaux et empathie pour nos amis les animaux.

Je me répète. 

En tout cas, c'est un vrai dilemme.

samedi, 25 août 2012

AB, cela veut encore dire quelque chose ?

Outre mon amour immodéré pour la production française, j'essaie autant que faire se peut de privilégier les produits dits "bio". J'espérais encore pouvoir me fier au label AB, mais la lecture du dernier Canard m'a déprimé. Pas de contrôle sérieux une fois le précieux label délivré, des tolérances suspectes, des fraudes, bref, plus moyen de se fier à ce certificat. En fait, la seule assurance, c'est de trouver moins de produits chimiques dans les produits bio que dans les autres, mais c'est une maigre consolation.

Je constate avec les labels biologiques les mêmes difficultés qu'avec le label Made in France : une profonde opacité dans l'information qui rend très difficile un choix éclairé.

03:01 Publié dans écologie, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : label ab |  Facebook | | |

vendredi, 04 mai 2012

Écologie et histoire de la hyène centriste

M'a fait rigoler, l'Didier : le vieux réac est furieux. Il ne peut que constater, impuissant, la fin effective de la Sarkozie. Du coup, il en veut aux centristes qu'il compare à des hyènes.

Dans les steppes, Hyaenida crocuta crocuta se montre particulièrement utile : outre qu'elle débarasse la nature des charognes pourrissantes, assainissant ainsi son éco-système, Hyaenida crocuta crocuta tient tête aux lions eux-même, particuluièrement quand ils sont vieux et encroûtés.

Hyaenida crocuta centrica est une variante de la précédente. Hyaenida crocuta centrica était particulièrement honorée chez les Anciens Égyptiens au point qu'on la révérait en prononçant les paroles sacrées de sa divinité tutélaire : baï-ru, baï-ru.

Le clergé de cette divinité disposait du droit sans partage de confection et fabrication des sarcophages, art ancestral dans lequel il était passé maître.

Les historiens n'ont évidemment pas manqué de faire le lien entre les habitudes alimentaires de hyaenica crotula centrica et le privilège dont ses prêtres avaient l'usage exclusif.

Ainsi, en raison de leur attitude face à la pourriture, il est passé dans les moeurs de décrire cet utile nettoyeur comme un animal sarkophage plutôt que sarcophage. Il va de soi que l'innocent animal ne saurait être tenu pour comptable de la dégénérescence de l'orthographe au fil des siècles.

On pense également que le cri éponyme qui caractérisait les processions de ses fidèles, «baï-ru, baï-ru», serait en fait le grognement de ralliement de cet animal très social et solidaire. Cette hypothèse demeure toutefois discutée au sein des cénacles de spécialistes de la question.

Une variété particulière de hyaenida crocuta centrica, hyaenida crocuta centrica heretica a tout récemment été découverte par des zoologistes expers en leur art. En théorie, rien ne distinguerait hyaenida centrica heretica de hyaenida centrica, si ce n'est une attitude particulière envers une espèce de grosse espèce de phacochère : phacochoerus reacus gouxidus.

Il s'agit, en la circonstance, d'une espèce sauvage et difficilement domesticable dont la caractéristique externe principale est une sorte de long couinement plaintif qui oscille entre le grognement de Sus Crofa (plus communément appelé sanglier) et le cri de détresse de Porcis Khmeris (plus connu sous le nom de Cochon vietnamien).

Quand Hyaenida crocuta centrica heretica croise la piste de Phacochoerus Reacus Gouxidus (aisément décelable grâce aux excréments laissés çà et là), elle tend à le prendre en chasse. On a longtemps cru que Phacochoerus Reacus Gouxidus était la proie favorite de Hyaenida crocuta centrica heretica. Il n'en est rien. En fait, Hyaenida crocuta centrica heretica est un animal très joueur, et l'un de ses passe-temps, c'est de bousculer Phacochoerus Reacus Gouxidus pour le seul plaisir de le voir se débattre les quatre fers en l'air, bien incapable de se redresser tout seul.

 Ce comportement, tout à fait unique dans la nature, a fait dire aux spécialistes du monde animal que Phacochoerus Reacus Gouxidus n'avait d'autre utilité écologique que cette distraction particulière de la hyaenida heretica. 

 

mardi, 31 janvier 2012

Péril jaune !

C'était à la mode, au début du XXème siècle, de clamer au péril jaune, surtout quand les Japonais ont infligé leur première rouste aux Russes. Après la Seconde Guerre Mondiale, le développement économique, il y a eu un léger glissement sémantique : on est passé du terrain militaire au terrain économique. Avec les années 90 et un sérieux coup de mou dans l'économie Japonaise, le Péril Jaune s'est déplacé de quelques centaines de kilomètres vers l'Ouest.

Alors, nom d'un béret basque, non seulement ils nous exportent à tire-larigot leur textile, mais en sus ils nous envoient aussi des frelons ! Tiens, ça nous apprendra à importer aussi de la poterie chinoise. Comme si on n'avait pas assez de terre glaise et d'argile chez nous !

Le député centriste Philippe Folliot s'en est ému et a proposé le classement du frelon asiatique dans la catégorie des nuisibles. Cette sale bestiole ravage nos ruches. En principe, un nid de frelons européens, c'est environ une centaine d'individus, mais le frelon asiatique, c'est par grappe de 2000 à 5000 qu'ils s'installent !

Jusqu'ici, le code rural ne considère comme nuisible que ce qui s'attaque à des végétaux, or, l'abeille est un insecte. Il faut donc une modification substantielle, comme l'a proposé Philippe Folliot.

C'est un peu la panique chez les apiculteurs. Il ne faut pas oublier que les abeilles ne se contentent pas de produire du miel : ce sont aussi les principales pollinisatrices des plantes. En Chine, où on a fait un peu trop joujou avec les produits chimiques, des régions entières se sont retrouvées sans abeilles et il a fallu polliniser à la main. A ceux qui ne seraient pas convaincus, je leur suggère de faire une tentative en se contenant d'un mètre carré de fleurs ou simplement d'un pommier. Vous verrez, après, ils béniront les abeilles, ces sympathiques petites bestioles qui travaillent gratis pour nous.

Pas étonnant, dans ces conditions, que François Bayrou en ait fait l'emblème de son projet écologique.

En 2010, le Centre d'études poétiques et littéraires de la Lozère a eu la riche idée de faire de l'abeille le thème principal de son concours de poésie.

Ayons dans nos esprits la prière de Victor Hugo : 

 

Seigneur, préservez-moi, préservez ceux que j’aime,

Frères, parents, amis, et mes ennemis même

Dans le mal triomphant,

De jamais voir, Seigneur, l’été sans fleurs vermeilles,

La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,

La maison sans enfants!…

O vous dont le travail est joie,

Vous qui n’avez pas d’autre proie

Que les parfums, souffles du ciel;

Vous qui fuyez quand vient décembre,

Vous qui dérobez aux fleurs l’ambre

Pour donner aux hommes le miel…

 

16:14 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : abeille, bayrou, frelon |  Facebook | | |

jeudi, 15 décembre 2011

Acheter français ou Made in France c'est mal ?

Depuis que Bayrou a amené dans la campagne présidentielle le Made in France, on se déchaîne à gauche et à droite. 

Il est devenu de bon ton d'accuser Bayrou de nationalisme, et mon camarade de Lyonnitudes, tout comme l'équipe d'Éva Joly et même François Hollande n'ont pas manqué de marcher dedans.

Moi, j'appelle Bayrou à ne pas se laisser intimider. Non, ce n'est pas du nationalisme que d'appeler à acheter la production française ou même de la marque française. J'avoue que c'est très surprenant des Verts qui prônent le localisme que d'attaquer Bayrou parce qu'il fait valoir l'intérêt économique d'acheter ce qui se produit sur notre sol : il me semble que cela se combine très bien avec le concept qu'il développe, l'écologie positive, et puis, Hervé Torchet le démontre clairement dans son dernier billet, il est évident que cela réduit considérablement le bilan carbone du bien produit. Hervé fait au passage une observation de bon sens avec ses AOC qui sont des certificats indiscutables de localisme.

Il y a plus : Robert Rochefort, ancien président du CREDOC et expert économique du MoDem a fait un calcul très simple dont je rends compte ici : 

Tous les mois les français dépensent 36 milliards d'euros dans l'achat de produits industriels de consommation. Cela fait un peu plus de 400 milliards d'euros par an. Si l'on change uniquement 10 pour cent de notre consommation, c'est a dire 10 pour cent des produits que l'on achète qui viennent d'ailleurs que l'on transforme en produit que l'on achète en France, cela permettra de réduire de moitié le déficit de notre commerce extérieur, qui s'élèvera cette année à 75 milliards d'euros . Ces 40 milliards de plus vont permettre la relance pour l'activité économique de notre pays sans 1 euro d'impôt en plus.

L'idée tombe très bien car elle rencontre la volonté du peuple : les Français sont justement prêts à acheter made in France et même à payer 10% plus cher si le produit est certifié production locale.

Pour répondre au Parisien Libéral, la proposition de Bayrou ne concerne pas la seule indsutrie même s'il faut rappeler que c'est elle qui a la plus forte valeur ajoutée mais toute l'économie dématérialisée, cela va de soi.

Laurent de Boissieu a judicieusement mis en garde contre une confusion entre acheter français et acheter Made in France. Je pense que Bayrou est clair sur le sujet. Il s'agit bien de Made in France dont il veut parler. Toutefois, le fait d'acheter français ne ferait pas pour autant de lui un nationaliste comme je l'ai entendu, et ensuite, évidemment, le fait d'acheter des marques françaises contribue aussi à l'enrichissement de notre pays. C'est je pense ce que fait observer le Parisien Libéral. Nous sommes d'accord, il s'agit de jouer sur les deux tableaux, mais certainement pas avec des mesures protectionnistes comme veut le faire le Front National.

A droite, on dénonce un mesurette, mais on s'empresse d'embrayer sur le même discours. Tous ces gens-là, au fond, ne me semblent pas partager une conviction profonde de Bayrou qui est une donnée fondamentale dans sa manière de raisonner. Bayrou, et plus généralement toute la tradition libérale et centriste depuis Montesquieu, a toujours fait de l'individu le centre de toute action. Or, Bayrou croit profondément dans le pouvoir du citoyen-acteur. Le citoyen n'est pas de son point de vue un être passif qu'il faut mener à la shlague ou au contraire qu'il faut couver façons Care à la Martine Aubry. C'est d'abord un individu libre, capable d'agir sur son environnement. Acheter Made in France, c'est agir sur l'environnement économique. Il y a une efficience naturelle du citoyen-acteur en laquelle François Bayrou place une profonde confiance. Il a observé la manière dont l'intelligence collective, quand on ne la recouvrait pas d'une chappe de plomb, se montrait capable de réaliser les productions les plus efficaces et les plus inventives. Wikipedia, par exemple, qui fascine Bayrou. Bayrou est un humaniste car il croit en l'être humain. C'est cela la marque de fabrique de l'humanisme. Il ne suffit pas de le dire pour être un humaniste. Il faut en prendre acte dans son mode opératoire de pensée. 

Libérer les énergies, les initiatives, c'est l'idée de départ du programme du MoDem, le parti de François Bayrou. C'est aussi pour cette raison que l'État bayrouiste n'a pas pour vocation d'écraser l'individu, ni de se déinstéresser de son sort, pas davantage de prendre des décisions à sa place mais, au contraire, de lui faciliter ses choix, car c'est la liberté de l'individu qui est l'objet principal de cet État-là. Et il y a un lien consanguin, à n'en pas douter, entre la liberté et le bonheur.

Il est indigne de chercher à culpabiliser les adeptes du Made in France, comme cherchent à le faire ignominieusement la gauche et quelques autres beaux esprits ; il faut au contraire en faciliter le choix par le citoyen en lui garantissant une information fiable, le label à étoiles de Bayrou autrement dit.

L'humanisme de Bayrou se retrouve à nouveau à travers sa conception du rapport de l'homme à la nature : ce qu'il appelle l'écologie positive. C'est autour des liens que l'homme tisse avec la nature que l'écologie doit s'avancer. Ainsi les abeilles dont les écologistes ne parlent plus assurent 50% de notre alimentation. Pourquoi se concentrer exclusivement sur le nucléaire ? Yan Werhling faisait observer fin novembre que le vrai problème, ce n'est pas tant le nucléaire que les énergies fossiles en général qui nous mèneront immanquablement vers une crise similaire aux crises financières que nous vivons. Bref, notre écologie doit être empreinte d'un pragmatisme certain et dégagé de toutes formes d'idéologie et de jugements moraux en soi. J'aurai l'occasion d'y revenir dans un prochain billet.