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dimanche, 03 mai 2015

Najat Vallaud Belkacem doit démissionner.

Quand quelqu'un rate et torpille tout ce qu'il entreprend, on dit communément qu'on a affaire à un tâcheron. Je crois bien que nous avons trouvé le nôtre avec Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l'Éducation Nationale. Pardonnez la grossièreté, mais on peut dire qu'elle n'a fait que des conneries depuis son arrivée à la rue de Grenelle.

Il y a bien sûr la question du latin et du grec, de l'allemand aussi, pour lesquels François Bayrou a fort bien répondu. Je trouve juste cette jeune femme d'une malhonnêteté intellectuelle confondante. Accuser les éditorialistes et les intellectuels de ne songer qu'à préserver leurs privilèges et ceux de leurs enfants parce qu'ils s'indignent de la disparition programmée du grec, du latin et des menaces qui pèsent sur l'allemand, c'est montrer le fond de sa pensée. La ministre s'est échinée à assurer à l'opinion publique qu'elle souhaitait offrir les humanités classiques à tous. On voit pourtant dans sa réponse à quel point le bourdieusisme indigeste dont la gauche abreuve le système éducatif imprègne son idéologie. Comme ses soutiens, FCPE, SGEN, officines pédagogistes de tout acabit, elle associe les langues anciennes et l'allemand à la tradition et l'élitisme, toutes choses que la gauche bien-pensante déteste. Et Dieu sait si elle en fait partie...

Malheureusement, Madame Vallaud Belkacem n'en est pas à son coup d'essai en matière de projet mal ficelé et bêtement faisandé par incapacité à dépasser son  déterminisme idéologique. Pour moi qui suis attaché à la liberté de la femme et à son statut, j'ai été effaré par l'imbécillité crasse avec laquelle la question a été amenée à l'école : je parle des fameux ABCD de l'égalité. J'ai déjà dit ce que j'en pensais, mais je complète me pensée : il ne fallait pas donner l'impression que rien n'était sexué (même si ce n'est pas tout à fait faux dans l'absolu) mais il fallait amener habilement l'idée que les rôles dans lesquels on tendait à contenir les garçons et les filles n'étaient pas exclusifs. Qu'un garçon pouvait bercer un bébé, par exemple, et une fille monter un meuble. On peut en procédant avec astuce utiliser les jouets et les activités ludiques pour obtenir de tels résultats. Le problème, c'est que l'égalité entre hommes et femmes ne s'enseigne pas directement, en tout cas, pas avec des gros sabots et des cours de morale, et encore moins avec des expériences pédagogiques. 

Bilan ? Nul. Chacune de ses interventions a remonté l'opinion publique. A chaque fois elle a accusé les uns et les autres de propager des rumeurs. Bis repetita non placet, n'en déplaise à notre pourfendeuse de la langue latine. Elle pourrait peut-être commencer à se poser des questions et en tirer les conclusions qui s'imposent ? Ne plus s'occuper d'éducation, par exemple, ce serait toujours ça de gagné pour la France...

mercredi, 29 janvier 2014

Théorie du genre en délire : réponse libérale

J'ai entendu parler de ces familles qui voulaient retirer leurs enfants de l'école parce qu'on leur aurait enseigné à ne pas être des petits garçons s'il s'agissait de petites filles et inversement.

J'ai jeté un oeil sur les documents d'accompagnement qui figurent sur le portail du projet : il n'y a rien qui se rattache de près ou de loin à la théorie du genre. On trouve bien quelque part que nos stéréotypes sociaux et nos codes dans le domaine du genre sont des constructions sociales, ce qui est un fait, mais rien qui accréditerait l'idée qu'un enfant ne doit pas être sûr de son genre ou que son genre serait une construction sociale aussi.

En revanche, avec le mélange de béni-oui-ouisme et de rigidité qui caractérise les Socialistes, Najat et Peillon en tête, tout le monde a pu penser (à tort) qu'il y avait anguille sous roche.

Le projet de base, c'est de construire l'égalité entre filles et garçons et, à cet effet, de montrer que ni les filles ni les garçons n'ont de rôles réservés ou gravés dans le marbre. Des analyses de textes sur la figure de la princesse et du chevalier ou d'oeuvres de Renoir sur les codes vestimentaires qui figurent dans les ressources pédagogiques montrent simplement qu'on tend se représenter les filles selon des stéréotypes (passives, par exemple) de même que les garçons (toujours aventureux) ou encore que tel vêtement qui n'était pas accepté pour les femmes il y a moins d'un siècle sont complètement rentrés dans les moeurs aujourd'hui.

C'est l'ambiguïté de la réponse socialiste et la malhonnêteté consubstantielle de l'extrême-droite et des ultra-conservateurs qui ont amené de folles rumeurs dans les médias. La gauche a en effet construit son discours sur l'égalité filles-garçons en s'appuyant sur la construction sociale de leurs différences. Il est très facile, avec un tel propos de glisser sur l'idée que le genre relève du même processus en déconstruisant complètement ce qu'élabore notre société. On reconnaît évidemment dans cette méthode la traditionnelle manière de penser, toute sociologique, des constructivistes.

Maladresse idéologique insigne alors qu'il eût simplement été suffisant de dire que les filles n'avaient pas vocation à être confinées dans des rôles quels qu'ils soient ne serait-ce que parce qu'on les prive ainsi de leur droit le plus fondamental et le plus inaliénable : la liberté.

J'ai souvent ma propre interprétation de la chute d'Adam et Ève. Il y avait un gros nounours tendance bébé cadum qui se trouvait très bien dans son cocon douillet : il s'appelait Adam et son cocon, Eden. Mais un jour, il fit la rencontre d'un autre être qui répondait au doux nom d'Ève. Cette dernière, tout au contraire du conservatisme de son camarade, s'ennuyait comme un rat mort en Eden et n'aspirait qu'à découvrir de nouvelles choses. Aussi, quand le jaloux serpent l'informa qu'en goinfrant un fruit de l'Arbre de Science elle accéderait à de nouvelles choses, elle n'eut pas d'hésitation, quand bien même elle avait été avertie par Adam que la consommation du fruit n'était pas compatible avec sa présence en Eden. Mieux valait vivre libre une vie dure qu'une existence dans des fers, fussent-ils de velours. Ève refusait déjà le ce que les libéraux appellent bien à tort l'État-Maman. Ben non, je viens de le démontrer, en fait, ce n'était pas un État-Maman, c'était un État-Papa, sorte de monde parfait, plat et ennuyeux ou rien ne change jamais. Quand je dis, je l'ai écrit, que la liberté est une femme...

Voilà, j'ai réinterprété un de nos mythes originels. Ai-je eu besoin d'une théorie quelconque sur le genre pour le faire ? Non. La femme demeure-t-elle confinée dans son rôle traditionnel dans mon exégèse ? Non plus.

Si les Socialistes veulent me consulter afin que je leur refasse tous leurs documents sur l'égalité hommes-femmes, pas de problèmes : il suffira juste d'aligner la monnaie. Je pense qu'ils y gagneront au bout du compte. Bon évidemment, cela suppose d'admettre d'envoyer au débarras toute la clique constructiviste.

Après, restent les fachos et les ultra-réacs religieux, mais je les attends le pied ferme parce que leurs discours ne tiennent jamais la route : les fachos invoquent presque toujours la biologie, et les intégristes, les textes sacrés mais comme ce sont des ignares et des imbéciles, ni les uns ni les autres ne maîtrisent vraiment ce qu'ils citent et ils finissent toujours par se contredire.

mardi, 31 janvier 2012

Quoi lire à ma petite fille ?

Olympe m'a récemment interpellée à propos d'une campagne de sensibilisation aux inégalités entre hommes et femmes.

Le coeur de la campagne, c'est de montrer (souvent de manière caricaturale, toutefois) que par plein de manifestations inconscientes, l'inégalité est incrustée au coeur de nos habitudes sociales. Je suis pour ma part sceptique sur l'efficacité de cette campagne, mais j'en partage, en revanche, les préoccupations.

Comme je suis très attaché à la culture classique (mais pas seulement) je m'efforce de faire découvrir à mes enfants les facettes des différents contes et légendes du monde entier. Bien sûr, je donne dans cette optique une place de choix à la mythologie gréco-latine. Or, j'ai remarqué un fâcheu détail : dès que l'on cherche des ouvrages de régularisation mythologique pour les enfants, on n'en trouve aucun prévu pour les petites filles. C'est toujours l'histoire du point de vue des héros et non des héroïnes qui est considérée par les auteurs de la littérature de jeunesse. Voilà qui est fort : la mythologie ne manque pourtant pas d'héroïnes. Sophocle a bien été capable d'écrire une Antigone, pourquoi nos auteurs modernes ne sont pas fichus de créer une petite princesse royale à Thèbes à laquelle une petite fille pourrait s'identifier ? Ovide fait bien parler les héroïnes fameuses de la mythologie grecque dans ses Héroïdes : qu'est-ce qui empêcherait de raconter l'histoire de Thésée du point de vue d'Ariane ?

S'il y a quelques efforts de faits pour des enfants plus âgés et pour les adultes, pour les très jeunes enfants, c'est un peu la cata : nada pour les petites filles. Qu'est-ce que je vais lui raconter, moi, à ma petite dernière ?

Voilà, la transparence des femmes, hélas, cela commence ici...

07:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : femmes, filles, égalité |  Facebook | | |

mardi, 08 mars 2011

Donnez au filles d'aujourd'hui les moyens de devenir les femmes de demain...

Aujourd’hui toutes les femmes du monde sont mises à l’honneur… 

…mais pour espérer résoudre définitivement les injustices auxquelles elles sont confrontées dans le travail, l’éducation, ou face à la violence, il faut commencer par donner aux petites filles toutes les chances de grandir dans le respect de leurs droits.

En contribuant à notre fonds de soutien pour les droits des filles, vous permettrez à PLAN de financer des projets concrets pour lutter contre les différentes formes de discrimination dont les filles sont victimes au Cameroun, au Vietnam  ou encore en Inde

Pour elles, merci ! 

Alain Caudrelier-Bénac, directeur de Plan France 

Voilà, rien à rajouter...

jeudi, 05 novembre 2009

Impôts et démocratie

Alain Lambert soulève un lièvre très intéressant sur son blog, ce matin : il interroge le lien entre le niveau d'impôts et le caractère démocratique de la société. Et il cite notamment un extrait de l'Esprit des lois dont j'avais justement rendu compte et que j'avais analysé en septembre 2007.

Alain Lambert renvoie au dernier numéro de la Revue des finances publiques. J'imagine très bien qu'en pleine réforme de la taxe professionnelle, il y a là un billet intentionnel. Le sénateur de l'Orne cite en effet Montesquieu qui évoque les impôts : Montesquieu observe que les seules les sociétés démocratiques peuvent établir un haut niveau d'imposition alors que les régimes despotiques sont contraints de lâcher du côté de la fiscalité ce qu'ils reprennent sur les libertés publiques. Écrit il y a deux ans, mon billet, sur la foi du même philosophe, sonnait à son tour comme un avertissement très prémonitoire. Il faut dire que ça tangue, dans la majorité, on en a des échos dans la presse, mais on le comprend aussi dans les réactions de plusieurs élus. A témoin le commentaire qu'Alain Lambert laissait ici-même il y a 5 jours :

Je partage, tout en battant ma coulpe, votre analyse. Sans chercher de circonstances atténuantes, il est humain de ne plus publier de posts sur la politique menée lorsque vous avez le sentiment qu'elle vous échappe, se fait sans vous, quand ce n'est pas contre vous. Que vous n'avez plus aucune prise sur le système qui ne vous consulte plus, qui vous donne instruction d'obéir, d'applaudir et qui vous met immédiatement à l'index lorsque vous avez le malheur d'émettre un point de vue personnel. Même s'il est le même depuis 20 ans. Mon intuition est que pareille situation n'est pas viable et que telles les braises sous la cendre, un feu de révolte finira bien partir sur un grand ou même un petit sujet. Tant il est bien connu que tous les esprits libres, trop longtemps contenus, finissent au goulag ou dans la contestation irrépressible.

En la circonstance, je m'interrogeais sur l'absence de l'UMP sur la blogosphère, mais je crois que la critique d'Alain Lambert s'exprime à deux niveaux : parler de goulag il y a cinq jours, puis citer Montesquieu sur l'impôt et le despotisme aujourd'hui, cela m'apparaît clairement comme une critique politique. Ensuite, il y a l'aspect économique : père de la LOLF, Alain Lambert est fait partie du camp de la raison qu'évoquait récemment Bayrou, très réticent à laisser courir les déficits publics : or, entre grand emprunt et disparition de la taxe professionnelle, ils plongent dans les Abysses.

Et l'éditorial de la Revue des finances publiques prend alors tout son sens :

Toute modification de la fiscalité va bien au-delà des seules questions de techniques financières en entraînant immanquablement une transformation de l’équilibre institutionnel tout entier. C’est là un principe qu’il convient de ne jamais oublier. Le système fiscal n’est en effet en aucun cas isolé des autres institutions, il en est complètement solidaire, et il engendre inévitablement des modifications de l’ordre auquel il participe. C’est pourquoi modifier un de ses éléments sans évaluer les modifications qui peuvent s’ensuivre sur son environnement, c’est prendre le risque d’ouvrir une boîte de Pandore.

Et il n'est pas tendre l'éditorialiste ; j'invite à lire la suite de son éditorial, mais il parle, avec les niches fiscales et les allègements de toute sorte d'un véritable néo Moyen-âge fiscal !!!

Parallèlement, avec l’épanouissement contemporain de corporatismes de toutes sortes, publics et privés, qui font pression pour obtenir des allègements fiscaux voire même un pouvoir de décision en la matière.on peut parfois lire les prémisses d’une sorte de dérive vers un néo-Moyen Âge fiscal qui représente un risque réel d’éclatement du pouvoir fiscal. Ces évolutions qui sont très visibles au travers de la démultiplication des «niches fiscales», c’est-à-dire de mesures de faveur et de régimes dérogatoires, se sont du reste amplifiées avec les différentes crises économiques qui se sont succédées ces trente dernières années, la mise en péril de tel ou tel secteur particulier du commerce, de l’industrie ou de l’agriculture conduisant leurs représentants à réclamer quasi systématiquement un allègement de leur charge fiscale.

Je pense, pour ma part, que les citoyens doivent pouvoir choisir : nous ne devrions jamais supprimer un impôt sans spécifier ce qu'il payait. Les citoyens doivent rester libres de prendre à leur charge, plutôt qu'à celle de l'État, un certain nombre de prestations, mais ils doivent pouvoir le faire en toute connaissance de cause. Si Nicolas Sarkozy persiste à vouloir supprimer la taxe professionnelle, les Régions devront ou bien se compenser en taxant les particuliers, ou bien abandonner un certain nombre de programmes, tant d'équipements que de solidarité. S'endetter comme le fait l'État serait totalement irresponsable. Alors il faut le dire, et les partis doivent commencer à dire ce qu'ils vont faire, y compris l'UMP, puisque c'est le parti majoritaire.

Si certains députés et sénateurs UMP ont des états d'âme, qu'ils aillent jusqu'au bout et infligent au gouvernement et au président le camouflet qu'ils méritent amplement en votant contre cette proposition stupide. Je ne crois pas que leur électorat les blâmera.

mercredi, 04 novembre 2009

40% de femmes dans les CA ?

J'avais eu connaissance du rapport Grésy au mois de juillet, mais à vrai dire, l'une des dispositions les plus intéressantes du rapport m'avait échappé (page 111, 3.1 sqq) : l'accès des femmes aux postes de pouvoir et de décision, notamment dans les Conseils d'Administration des entreprises. Le rapport (qui porte sur l'égalité professionnelle entre hommes et femmes) préconise d'imposer par la loi, à partir d'un seuil suffisamment important, une proportion non négligeable de femmes au sein des Conseils d'administration : 40%, avec un délai raisonnable de 5 à 6 années pour se mettre en conformité avec la loi.

Pour un pays latin et attardé dans ce domaine, comme le nôtre, cela serait évidemment difficile à digérer, mais, il me semble que ce serait l'occasion de passer la vitesse supérieure dans ce domaine.

J'ai vu qu'Olympe lançait un appel. Personnellement, j'ai ma propre solution, mais il faudrait qu'un député ait les c.....es (notez, ça peut être aussi une députée) de s'y coller : rédiger un projet loi, trouver un maximum de signataires et la proposer au vote au Parlement. Je ne sais pas si je retiens toutes les propositions d'Olympe : en fait, ce qui m'intéresse, moi, c'est un engagement chiffré pour faire entrer les femmes dans les CA, le reste étant secondaire à mes yeux.

Je ne m'inquiète pas pour les entreprises, la Norvège l'a fait, et l'économie norvégienne ne semble pas s'en porter plus mal...Et à ceux qui jugeraient qu'il n'est pas juste de réserver par décret des places à une minorité, je les renvoie à ce que j'ai écrit à ce sujet en septembre : les femmes ne sont pas une minorité.

dimanche, 21 juin 2009

Le cas de la burqa

Je ne suis pas loin de partager les avis de Rubin (encore que je ne jetterai pas la pierre aux députés)et surtout d'Aurélien Véron à propos de la burqa. Comme le second, j'ai mal pour les femmes qui portent la burqa. En revanche, cela me paraît quelque peu tendancieux de faire la comparaison de leur cas avec le percing...Mais sur le fond, il me semble qu'il vise juste en rappelant qu'il faudrait se demander pourquoi ces femmes-là portent la burqa. Certaines y voient en effet une affirmation d'une identité, même s'il ne faut pas occulter que pour une majorité, il y a une pression de la famille ou d'un mari.

Je suis convaincu que la proposition de loi de nos députés part d'un bon sentiment, mais il faut se rappeler cette maxime fameuse de Pascal : l'homme n'est ni ange ni bête et qui veut faire l'ange, fait la bête. Il y a un risque non-négligeable d'ouvrir la boîte de Pandore en légiférant ainsi. Bien sûr, c'est tentant de ne pas céder un pouce de terrain à l'intégrisme islamiste, car c'est bien de cela qu'il s'agit, et, très certainement, je suis à peu près convaincu que cette loi serait efficace, comme l'a été la loi sur le voile, mais les dommages collatéraux sont trop importants à mes yeux. Nous ne parviendrons pas à faire passer un tel projet sans renier notre droit particulièrement dans le domaine de la protection des libertés individuelles.

J'ai lu la proposition de résolution. L'argument principal avancé est pour le moins surprenant : la burqa empêche l'identification de la personne. Comme la cagoule, en somme...

l’obligation de retirer le niqab ou la burqa pourrait être justifiée par des buts légitimes qui sont les exigences de la sécurité publique, d’identification des personnes ou encore la protection des droits et liberté d’autrui.

Je dis l'argument principal, parce que le second me paraît trop flou :

la burqa comporte une signification de soumission de la femme qui dépasse sa portée religieuse et pourrait être considérée comme ‘’portant atteinte aux valeurs républicaines présidant à la démarche d’intégration et d’organisation de ces enseignements, obligatoires pour les étrangers admis pour la première fois en France

Les députés doivent réaliser que toute loi qui s'appliquera sur la base de tels arguments pourra faire jurisprudence. Il n'est pas aisé de définir clairement les signes de soumission de la femme. Nous nous aventurons sur un terrain fort mouvant avec un objectif aussi clairement affiché.

Non, la seule chose que l'on peut demander aux femmes en burqa, c'est de le retirer chaque fois que la situation l'exige, comme le fait observer Chitah en commentaire chez Aurélien (je le cite):

Le problème c'est qu'un contrôle de police, normalement, devrait être justifié : on ne contrôle pas les gens comme ça, au hasard, juste pour le plaisir. C'est ce qu'une constitution bien plus libre que la nôtre dit, cela s'appelle une "fouille illégale et illégitime". (Le droit des citoyens d'être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n'est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu'il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir.) C'est ça le principe. Ensuite, il existe des lieux privés où être identifiable est absolument nécessaire, je pense notamment aux guichets bancaires : là, effectivement, perruques, cagoules, casques de motos, etc. sont interdits parce qu'ils empêchent l'identification. Second point : le débat sur "ces femmes ont-elles le choix ou pas de porter le voile/burqa/etc.?" est complètement débile. D'une part pour les raisons invoquées par Aurélien, où il semble que nombreuses sont celles qui sont parfaitement autonomes dans leur décision. Et d'autre part parce que dans la loi, obliger quelqu'un à faire quelquechose est déjà proscrit. Si demain j'oblige ma femme à porter un voile, jouer du banjo, ou faire le poirier, dans les trois cas je serais évidemment en faute, qu'un tribunal évaluera pour fixer une peine adéquate.

Le point sur lequel je ne rejoins pas Chitah, en revanche, c'est d'affirmer que ce débat est débile. La preuve que non, c'est qu'il fait justement débat et qu'il pose un réel problème aux yeux de l'idée que nous autres Français, attachés à la démocratie, au droit et à la laïcité nous nous faisons de l'égalité entre hommes et femmes. Ce n'est pas n'importe quoi parce que cela touche le fondement même de notre constitution. Chitah aurait donc bien tort de l'évacuer ainsi d'un revers de la main, sous prétexte ce que ce serait marginal (lire son billet sur le sujet) tout comme Manuel, d'ailleurs, qui intervient aussi dans ces mêmes commentaires en estimant que c'est de la propagande anti-islam.

A noter que Frédéric (Ataraxosphère), un blogueur MoDem, ne s'est pas posé la question sous l'angle de la religion ou des valeurs. Pour lui, c'est bien plus simple que cela : il devrait être interdit de se promener en masquant son visage, quel qu'en soit le motif, un simple question de sécurité publique.

dimanche, 22 mars 2009

Une éducation meilleure dans un monde meilleur...

Je n'allais pas en demeurer là quant à notre débat avec Fred (Démocratie sans frontières) à propos de l'éducation. Deux remarques avant toutes choses : je sais que c'est un fervent défenseur d'Obama, mais il ne me fera pas pour autant renoncer à l'idée que ce n'est pas en stigmatisant les enseignants que l'on fait avancer l'école. Dans son dernier billet, il répond qu'Obama a simplement parlé d'évaluer les profs et de séparer le bon grain de l'ivraie.

Avant de poursuivre, je tiens à dire d'abord que je souscris pleinement aux conclusions de Florent (Ataraxosphère) sur la nécessité d'une filière d'excellence partout ce qui revient à faire porter l'égalité sur l'aspect territorial. En revanche, je ne m'accorde pas avec certaines de ses prémisses sur les aptitudes : elles ne sont peut-être pas identiques pour tous, mais je parlerais de diversité, et encore, je me défie des implications de ce positionnement. Subrepticement, cela revient aussi à avaliser la théorie des dons (naturels) dont je me défie tout à fait. Je préfère penser qu'un enfant est d'abord une construction, bien qu'elle ne se fasse pas de rien : comme Abélard et les plus modérés des Nominalistes (en somme les Conceptualistes), je pense qu'il existe des pré-universaux qui permettent à l'esprit de se construire. Ne me demandez pas ensuite comment exactement la mixture se fait, je n'ai pas assez étudié la question. J'observe que je retrouve des raisonnements voisins chez Mises et Mengler avec leurs stimulis nerveux et leurs catégories logiques pour la praxéologie. Bref, pour faire court, je reconnais une diversité des aptitudes pas une inégalité, et j'ajoute que je ne suis pas convaincu que ces aptitudes soient d'origine naturelle. Pour finir sur ce point, je pense que tout une classe d'âge devrait pouvoir atteindre un bon niveau scientifique, littéraire et plus généralement culturel indépendamment de ses aptitudes ou non. C'est d'abord l'atmosphère ambiante qui déterminera ou non la possibilité d'un tel but, pas la présence d'aptitudes ou non. L'école ne devrait donc pas travailler sur des aptitudes mais sur des formes d'esprit différentes et sur des rythmes différents adaptés aux histoires particulières.

Mais pour revenir à mon premier point, je m'oppose en revanche frontalement à l'un et à l'autre sur la question de l'évaluation. Car QUI évalue, in fine ? Ce que propose Florent, c'est que cela soit le chef d'établissement (Fred aussi) : super ! quelqu'un qui doit sa place, certes à un concours, mais aussi à sa carrière "politique" et à ses contacts au sein de l'administration. Pantouflage garanti. Voilà qui risque de servir les intérêts des cire-pompes et des bien en cours. En outre, toutes ces évaluations ont ceci de stupide qu'elles portent sur un objet dont les effets se mesurent sur une période fort longue. Les élèves qui suivent l'instruction des enseignants en retirent ou non des bénéfices immédiats mais pas seulement : bien plus tard, c'est parce qu'ils ont lu telle chose, parce qu'on leur a dit telle chose ou parce que tel comportemen t les a marqués qu'ils agiront d'une manière ou d'une autre.

J'imagine qu'évaluer les enseignants va se faire à l'aune de toutes les réformes à la c...  que subit l'Éducation Nationale depuis plusieurs décennies désormais. Dans le sens du vent aujourd'hui, à contre-courant demain.

Venons-en aux parents : il va falloir se coller dans la tête que les parents ne sont pas des consommateurs et ne doivent pas le devenir. Toute comparaison avec de la consommation ordinaire de service est donc nulle et non avenue. D'ailleurs, si le MoDem veut retirer l'Éducation du champ marchand, c'est entre autres pour en finir le consumérisme éducatif. Quand le MoDem  définit l'Éducation comme un Bien supérieur, ce que le MoDem voudrait voir appliqué à l'Europe, ce n'est pas pour voir rappliquer par la petite porte des méthodes d'évaluation qui conviennent très bien pour des produits de grande distribution mais pas pour de la connaissance.

Oh, certes,Fred voudrait de la «marge de manoeuvre» pour les chefs d'établissement : la riche idée que voilà ! Voilà qui va lui permettre d'engager ses copains et de virer tout mauvais esprit qui ne se coucherait pas devant d'éventuels diktats. Voyons Fred, le bien du chef d'établissement est-il le même que celui du prof ? ou même de l'élève ? Là encore, la comparaison avec l'entreprise n'est pas adaptée : dans une entreprise, le bien de l'entreprise est profitable à tous. Plus simplement, le chef d'entreprise ne cherche pas à faire carrière, il chercher à développer son entreprise. Rien de tel avec un établissement scolaire où le but principal du chef d'établissement sera au mieux de faire carrière. Et pour cela, il faudra par exemple accueillir avec le sourire les suppressions de postes ou bien les lois d'un jour (lubies de ministres et autres). C'est ainsi que les plus vils ou les plus adroits seront récompensés. Mais certainement pas ceux dont la dynamisme apporter le mieux à son établissement.

J'en finis tout de même avec cette volée de bois vert vis-à-vis de Fred pour lui dire que sa conclusion est la seule chose de son article avec laquelle je sois d'accord. C'est en effet l'éducation de l'enfant qu'il faut placer au centre du système scolaire et non l'enfant lui-même.

J'ajoute que concerant le "marché" des enseignants, en effet il n'est pas uniforme. Il conviendrait, je le pense, d'affecter les fonds attribués à la formation continue (souvent bidon) à des formations de qualité (un partenariat avec le CNAM, par exemple, qui est une véritable référence) afin de permettre aux enseignants de faire un jour autre chose dans leur vie, plutôt que de suivre des modules bidon sur la voix, le cri primal et cetera...

dimanche, 08 mars 2009

Femme du XXIème siècle

Gouges.jpgAujourd'hui, c'est la journée de la femme. Pourquoi la journée de LA femme ? Chaque jour ne devrait-il pas être une journée pour chaque femme ? J'ai un point de vue pas forcément politique mais plutôt sociétal sur le positionnement des femmes dans la société. Je sais que des blogueuses se sont regroupées pour générer un plus gros blog afin de se faire davantage influentes, qu'un classement des blogueuses existe désormais, mais, de mon point de vue, c'est un peu la superficie des choses. Cela veut dire quoi un point de vue de femme sur l'actualité ? Quand bien même il y a des spécificités féminines, il y a en réalité autant de points de vue sur les choses qu'il y a d'individus.

Je crois que c'est par l'Éducation que l'on peut changer les choses : dans les pays où les femmes sont les plus en danger, en leur permettant d'accéder à la connaissance. Par exemple, je salue une initiative comme celle de la Rose engagée et je la soutiens. Christelle a bien raison d'en faire la promotion. J'avais acheté le CD l'année passée. Je compte offrir une rose à...une femme cette semaine !

Mais dans nos sociétés modernes, la meilleure manière de changer les choses, ce n'est pas de trépigner ni de faire un maximum de bruit comme on le voit çà et là, mais de modifier les choses en profondeur. Et, je pense, sur ce point, que les enseignants ont un rôle à jouer qu'ils ne jouent malheureusement pas.

De mon point de vue, pour accroître la présence des femmes dans nos sociétés modernes, il ne sert à rien de ressasser inlassablement la même litanie dégoûlinante de bonne conscience sur les droits des femmes : ce qu'il faut, c'est pousser au maximum les femmes vers les cercles du pouvoir et les centres de décision. Il faut saluer, au PS, que Martine Aubry soit désormais la secrétaire générale et que Ségolène Royal ait été candidate lors des élections présidentielles.

A l'école, par exemple, dans les collèges et les lycées, inciter les filles à se diriger vers les filières d'excellence, politiques, économiques et scientifiques : les maths sup, les prépas commerciales, science-po, les écoles d'ingénieur, bref, tout ce qui propulse vers le pouvoir. Leur suggérer de devenir chefs d'entreprise, directrices de cabinet, leur expliciter les avantages de la fonction.

Il y a aussi une éducation sur l'éducation, elle-même à effectuer auprès des hommes (des mâles) : leur dire que leurs enfants ont besoin d'eux et que s'en occuper n'est pas spécifiquement dévolu aux femmes. Leur faire valoir que la réussite de leurs enfants passe par la qualité et si possible la quantité de leur investissement auprès de leurs enfants.

Ne pas tolérer les appels aux crimes et les violences faites aux femmes, particulièrement les crimes sexuels, que nos sociétés modernes continuent de minimiser. Par exemple qu'un évêque justifie le viol. Ou que l'Université Al-Hazar, la plus prestigieuse institution théologique d'Égypte ne condamne pas clairement et définitivement l'excision.

Enfin, continuer à développer les structures de garde (crèches, auxiliaires parentales, assistantes maternelles) afin que la famille ne soit plus un obstacle à la réussite professionnelle.

Ah, et puis il y a une vieille revendication que je soutiens : la venue au Panthéon d'Olympe de Gouges. Non parce qu'elle serait l'ancêtre, la Déesse-Mère des féministes, cela ne m'intéresse en aucune manière, mais pour saluer l'humanisme, le courage et la libéralité extraordinaires de cette femme en avance sur son temps.

Elle fut parmi les tous premiers, notamment, à comprendre où de sinistres individus comme Marat et Robespierre emmenaient la Révolution et la République naissante. Elle fut l'un des plus éminents représentants du courant girondin, dont personnellement je me réclame aujourd'hui. C'est enfin  une forte figure de l'humanisme de la fin du XVIIIème siècle, cet humanisme dont le MoDem veut la renaissance afin d'en faire un projet de société pour l'Europe toute entière.