Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 12 mars 2013

Olympe de Gouges au Panthéon ?

J'ai pris bonne note de la proposition d'Anne Hidalgo de soutenir et promouvoir l'entrée d'Olympe de Gouges au Panthéon. Il est clair que je préfère de loin Olympe à l'indigne Hessel dont on parle également aux portes du mausolée de la République.

Pour être franc, j'ai toujours eu beaucoup de mépris pour cette sorte de gros caveau laïc qui trône aux côtés de Saint-Étienne du Mont, face au Luxembourg.

La patrie veut reconnaître ses grands hommes ? Et tous les petits qui l'ont servie en silence sans jamais rien demander ? 

Sans doute le Panthéon n'a-t-il pas atteint le niveau de dévoiement qui est celui de la Légion d'honneur, autre et indigne, désormais, symbole républicain, mais il n'en reste pas moins que deux femmes seulement y figurent et qu'au fond, on devrait laisser aux dieux ce qui est aux dieux et aux hommes ce qui est aux hommes.

Je n'aime pas cette idée d'un panthéon laïc. Mieux vaut celui de Rome avec sa ribambelle de divinités hautes en couleur.

Pour revenir à Olympe, oui, à l'évidence, il serait légitime d'y amener ses cendres. Et pas qu'elle : Madame de Staël,  Madame de La Fayette, Soeur Emmanuelle, Mère Térésa pour citer des femmes admirables mais quelques autres aussi que l'on méconnaît parfois y ont toute leur place : 

Marie-Pierrette Paulze, cela dit quelque chose à quelqu'un ? Non ? Normal. Et si je vous dis qu'il s'agit de Madame Lavoisier ? Assistante de son époux, elle a très vraisemblablement participé à tous ses travaux sans que l'on sache, en raison de l'occultation du rôle des femmes à cette époque, à qui l'humanité est redevable des trouvailles du célèbre chimiste. Pendant la Terreur (au temps des potes de Mélenchon et Chavez quoi...) elle continuait à formuler des hypothèses scientifiques de sa prison.

Et Sophie Germain qui stupéfia le mathématicien Lagrange par ses hypothèses audacieuses sur l'acoustique après avoir dû étudier  les mathématiques en cachette de ses parents ?

Je ne suis pas dupe des déclarations d'Anne Hidalgo : elles viennent comme par hasard un 8 mars. Je doute que l'on entende parler d'Olympe de Gouges d'ici le 8 mars prochain. Mais enfin, je la prends au mot : concrètement, que va-t-elle faire pour soutenir cette candidature ?

Les symboles sont une chose mais ils ne doivent pas servir de cache-misère à la réalité quotidienne : que l'on vienne à bout des violences conjugales pour commencer, voilà un premier pas majeur pour les femmes. Ensuite, l'égalité salariale : plus difficile à réaliser car le choix d'un salaire plutôt qu'un autre est quelque chose de subjectif et il me paraît difficile de légiférer efficacement là-dessus. Néanmoins,  je rejoins François Bayrou et Marielle de Sarnez qui sont d'avis de pénaliser financièrement les entreprises qui se rendent coupables de discriminations salariales. Ce que l'on peut saluer, c'est l'accès de femmes à de très hautes responsabilités : Laurence Parisot au MEDEF, Christine Lagarde au FMI sont d'heureuses exceptions. On souhaiterait en connaître d'autres.

Je sais que je joue un rôle d'équilibriste quand je l'affirme mais j'ai toujours soutenu que toutes les lois qui assuraient l'équité entre hommes et femmes n'étaient pas assimilables à de la discrimination positive. Je n'aime pas la discrimination positive et plus généralement l'idée de favoriser d'une manière ou une autre un lobby, un groupe d'intérêt ou une minorité quelle qu'elle soit.

Cela m'agace prodigieusement quand on cite les femmes dans une énumération de minorités qui ne font que refléter les contrastes et la diversité de l'humaine société.

Les femmes représentent 50% de l'humanité. Elle ne sont ni une minorité ni une majorité, au demeurant, mais son essence, tout simplement. Les pays les plus avancés sont ceux qui garantissent le plus sûrement des places aux femmes y compris par la loi.

Parmi les mesures concrètes, je retiens par exemple celle d'un  Bayrou proposant de valoriser dans le calcul de la pension de retraite le temps passé par une femme à éduquer ses enfants.

dimanche, 08 mars 2009

Femme du XXIème siècle

Gouges.jpgAujourd'hui, c'est la journée de la femme. Pourquoi la journée de LA femme ? Chaque jour ne devrait-il pas être une journée pour chaque femme ? J'ai un point de vue pas forcément politique mais plutôt sociétal sur le positionnement des femmes dans la société. Je sais que des blogueuses se sont regroupées pour générer un plus gros blog afin de se faire davantage influentes, qu'un classement des blogueuses existe désormais, mais, de mon point de vue, c'est un peu la superficie des choses. Cela veut dire quoi un point de vue de femme sur l'actualité ? Quand bien même il y a des spécificités féminines, il y a en réalité autant de points de vue sur les choses qu'il y a d'individus.

Je crois que c'est par l'Éducation que l'on peut changer les choses : dans les pays où les femmes sont les plus en danger, en leur permettant d'accéder à la connaissance. Par exemple, je salue une initiative comme celle de la Rose engagée et je la soutiens. Christelle a bien raison d'en faire la promotion. J'avais acheté le CD l'année passée. Je compte offrir une rose à...une femme cette semaine !

Mais dans nos sociétés modernes, la meilleure manière de changer les choses, ce n'est pas de trépigner ni de faire un maximum de bruit comme on le voit çà et là, mais de modifier les choses en profondeur. Et, je pense, sur ce point, que les enseignants ont un rôle à jouer qu'ils ne jouent malheureusement pas.

De mon point de vue, pour accroître la présence des femmes dans nos sociétés modernes, il ne sert à rien de ressasser inlassablement la même litanie dégoûlinante de bonne conscience sur les droits des femmes : ce qu'il faut, c'est pousser au maximum les femmes vers les cercles du pouvoir et les centres de décision. Il faut saluer, au PS, que Martine Aubry soit désormais la secrétaire générale et que Ségolène Royal ait été candidate lors des élections présidentielles.

A l'école, par exemple, dans les collèges et les lycées, inciter les filles à se diriger vers les filières d'excellence, politiques, économiques et scientifiques : les maths sup, les prépas commerciales, science-po, les écoles d'ingénieur, bref, tout ce qui propulse vers le pouvoir. Leur suggérer de devenir chefs d'entreprise, directrices de cabinet, leur expliciter les avantages de la fonction.

Il y a aussi une éducation sur l'éducation, elle-même à effectuer auprès des hommes (des mâles) : leur dire que leurs enfants ont besoin d'eux et que s'en occuper n'est pas spécifiquement dévolu aux femmes. Leur faire valoir que la réussite de leurs enfants passe par la qualité et si possible la quantité de leur investissement auprès de leurs enfants.

Ne pas tolérer les appels aux crimes et les violences faites aux femmes, particulièrement les crimes sexuels, que nos sociétés modernes continuent de minimiser. Par exemple qu'un évêque justifie le viol. Ou que l'Université Al-Hazar, la plus prestigieuse institution théologique d'Égypte ne condamne pas clairement et définitivement l'excision.

Enfin, continuer à développer les structures de garde (crèches, auxiliaires parentales, assistantes maternelles) afin que la famille ne soit plus un obstacle à la réussite professionnelle.

Ah, et puis il y a une vieille revendication que je soutiens : la venue au Panthéon d'Olympe de Gouges. Non parce qu'elle serait l'ancêtre, la Déesse-Mère des féministes, cela ne m'intéresse en aucune manière, mais pour saluer l'humanisme, le courage et la libéralité extraordinaires de cette femme en avance sur son temps.

Elle fut parmi les tous premiers, notamment, à comprendre où de sinistres individus comme Marat et Robespierre emmenaient la Révolution et la République naissante. Elle fut l'un des plus éminents représentants du courant girondin, dont personnellement je me réclame aujourd'hui. C'est enfin  une forte figure de l'humanisme de la fin du XVIIIème siècle, cet humanisme dont le MoDem veut la renaissance afin d'en faire un projet de société pour l'Europe toute entière.