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mardi, 16 octobre 2012

ISF et art : trop de pression fiscale

Trop de pression fiscale tue l'impôt c'est évident, sans compter les dommages collatéraux. La décision d'imposer les oeuvres d'art est une mauvaise mesure. Elle va rapporter assez peu d'argent et faire partir à l'étranger toutes les collections privées.

Le mécénat est une dimension très loin d'être négligeable du financement de la sphère artistique. Je considère déjà l'ISF comme une spoliation. Le gouvernement a besoin d'argent pour équilibrer les comptes de la nation. Qu'il commence par baisser ses dépenses.

Toutefois, j'observe que ce gouvernement étrangle l'art en baissant le buget de la culture d'un côté et en accroissant la pression fiscale sur l'art de l'autre. Quelle ineptie.

Je tends à penser que hors patrimoine et promotion de la francophonie, le ministère de la culture est une création ex nihilo plus idéologique qu'autre chose en France. Je crois  qu'on devrait donc laisser une bien plus large place au ménénat (aux fondations, par exemple, comme le suggérait Bayrou en 2007 puis en 2012). Je n'aime pas du tout l'idée d'une création artistique subventionnée par l'État. On a vu ce que cela donnait en Union Soviétique et plus généralement dans les régimes qui se veulent "forts".

Je crois en un état qui garantit la liberté mais absolument pas en un État qui définit ce qui est artistique ou non.

Bref, l'État socialiste a tout faux. Le problème c'est que la sphère artistique a pris de si mauvaises habitudes en France qu'il va être douloureux au fil du temps de l'extirper du mauvais giron de l'État.

Lui laisser une vraie liberté fiscale (et elle bénéficie déjà largement dans certains domaines d'un régime dérogatoire) me paraît plus propre à la stimuler que toute forme d'encasernement fût-il doré.

Bref, aux collectivités locales à la rigueur de définir leurs rapports à l'art pour autant que la sphère publique intervienne et pour le reste, liberté fiscale pour les créateurs. Voilà un beau deal libéral qui fera frémir mes tovaritchi de gauche mais qui ne manque peut-être pas de bon sens par les temps qui courent...

18:15 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est quand même ironique que Laurent Fabius soit encore au gouvernement vingt après avoir fait pression pour que les oeuvres d'art ne soient pas retenues dans le calcul de l'ISF, sous prétexte que ses parents étaient antiquaires.

Pour le reste, quelque soit le type, les impôts en France sont toujours idiots.

Article : LE DILEMME DU BON IMPÔT http://0z.fr/uS5mH

Écrit par : Carbone 12 | mardi, 16 octobre 2012

L'ISF est un impôt injuste et dangereux économiquement, car il s'agit d'un impôt physiocrate.

Écrit par : Phil | mardi, 16 octobre 2012

Pour connaître un tout petit peu le marché de l'art, l'exonération de ces bibelots dans le calcul de l'ISF m'a toujours semblé une aberration, au contraire.
Pauvres riches ! obligés d'y regarder à deux fois avant de parier sur une croûte ! C'est pas une vie, en effet.
Et dire que nous allons perdre tous ces beaux esprits. Quel dommage, cher Hérétique ! On en tremble d'avance pour ces hordes de peintres maudits, ces foules de barbouilleurs en avance sur leur temps, tout ce talent évaporé à l'étranger.
Je n'aurais, à l'annonce de leur départ, pas un battement de cil : qu'ils aillent excercer ailleurs l'art de la subversion subventionnée.
2e point :
On ne définit pas ce qui est artistique ou pas en imposant des oeuvres d'art. L'impôt, ce n'est pas la censure et l'allusion à l'Union Soviétique me semble un peu sotte : l'art est massivement subventionné en France depuis les années 70. Et alors ?
Enfin, je ne vois pas ce que viennent foutre les collectivités territoriales dans ce débat sur l'art et l'impôt.
Dans la vraie vie, et pas dans l'Île aux Enfants dans laquelle semblent vivre les ennemis de l'impôts, il y a art et art.
Il y a les artistes qui vendent à la pièce et les marchands qui vendent et revendent.
Dans le premier cas, on a affaire à une population de sans-le-sous, de ce que Sloterdijk appelle avec méchanceté des "perdants cultivés".
Dans le deuxième cas, on a affaire à des gens généralement très riches qui jouent à la marchande avec d'autres gens généralement très riches.
Il y a quelques "idiots utiles" aussi, des gens sans le sou avec plein de tableaux chez eux et qui sont obligés de vendre pour payer l'ISF : ça, ce sont les bons clients des sujets qu'affectionnent les journalistes au 20h de TF1. Ce sont les bonnes bêtes qu'ont fait défiler devant les caméras dès qu'il est question d'impôt. Normal, les journalistes ont souvent quelques croûtes à la maison.
On n'est jamais mieux défendu que par soi-même, non ?

Écrit par : Erasmus Tharnaby | mercredi, 17 octobre 2012

Salut Erasmus
Réduire l'intérêt pour l'art à la spéculation cela me semble quelque peu restrictif, non ?
Les collections privées s'exposent souvent : que va-t-il advenir quand elles vont être taxées jusqu'à la moëlle alors qu'une oeuvre d'art n'offre aucun rendement ? Soit elles seront revendues soit elles s'expatrieront. Voilà à quoi va aboutir cet élargissement imbécile de l'ISF.
Ensuite, je n'ai pas associé l'impôt à la censure ; j'ai dit que l'art subventionné directement par l'État puis imposé c'était une absurdité et que je préfère dans ces conditions un art libre qui trouve ses subventions chez le privé.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 17 octobre 2012

Les subventions ça va, ça vient.
Je me rappel "Stay roots" chez moi, une association qui organisait des concerts reggaes. Chatel en poste, subventions coupées, plus de concerts ...

Enfin disons que pour Chatel faire chier la moitié des personnes qui n'ont pas voté pour lui c'est un genre de principe.
On a plus de concerts mais on a proportionnellement plus de caméras qu'à Londres et un super complexe cinématographique qui fermera une fois que tout le monde aura pris une place histoire de visiter (logique, on construit pas tout un complexe quand les deux seuls cinés de la ville sont sur le point de fermer faute de clients).

J'en ai marre de l'UMP ...

Écrit par : skunker | mercredi, 17 octobre 2012

Bonjour,

Le divin marquis avait fort bien anticipé cette situation: "L'homme n'aura aucun désir de troubler un gouvernement qui lui assure complaisamment tous les moyens de sa concupiscence."

Sinon, cet excellent H16 s'est livré à d'intéressantes comparaisons: http://h16free.com/2012/10/16/18062-le-parcours-du-combattant-fiscal-francais

Le socialisme est une catastrophe. Saurons-nous en sortir un jour?

Bonne journée

Écrit par : H. | mercredi, 17 octobre 2012

Je rejoins l'analyse d'Eramus.
Qui est concerné par ces nouvelles taxes ? Quels artistes sont concernés ?

Franchement l'art ne se réduit à des oeuvres vendant plus de 50 000 euros. Faut arrêter de ne voir que les artistes reconnus par la sphère bourgeoise et ses aspirants. Ca n'en fait même pas de bons artistes. Et franchement, qu'une croute entreposée dans une maison bourgeoise en France ou à l'étranger, ça ne change rien pour le commun des mortels. Elle est inexistante.

Écrit par : MetalKing | mercredi, 17 octobre 2012

Concernant l'ISF sur les oeuvres d'art, je n'ai jamais compris pourquoi elles en étaient exemptées ; en revanche il me semble que cet impôt devrait pouvoir être réglé en nature, sous forme de présentation des oeuvres au public, au prorata temporis du taux d'imposition qui les touche.

Ce qui m'attriste le plus, ce n'est pas qu'investir en oeuvres d'art soit une forme de défiscalisation ; c'est que la possession privée de l'oeuvre puisse soustraire du monde, ce qui, étant création, a aussi un caractère de bien commun.

Écrit par : FrédéricLN | dimanche, 21 octobre 2012

@Fred
Pertinentes propositions...Mais cela pose un problème par rapport au droit à la propriété privée...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 21 octobre 2012

@ L'Hérétique

J'aime bien la proposition de Fred. Je crois savoir, par exemple, que les propriétaires de biens inscrits à l'inventaire des Monument historiques ont droit à certains avantages fiscaux mais ont en contrepartie des obligations d'ouverture de leurs biens au public. Pourquoi pas la même chose ?

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 21 octobre 2012

@L'héré,
Ils ont surtout droit aux factures plus que salées, lors des rénovations...
Mal en prend au particulier lambda d'etre propriétaire d'un appartement dans un immeuble classé, ou d'une maison dans un village classé...
Saluit!

Écrit par : Martine | dimanche, 21 octobre 2012

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