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mardi, 06 août 2013

Égalité, taxes, bisous : alors quoi ? Le libéralisme ?

J'ai singulièrement avancé dans la lecture du dernier ouvrage du tovaritch H16. Lui et moi avons comme particularité de nous abreuver à une même source, celle du libéralisme. Mais...il existe entre nous quelques divergences plus que notables.

Si j'en crois le camarade Hashtable, toutes les questions économiques et sociales devraient être renvoyées à la seule responsabilité individuelle : exit les mutuelles, l'école publique, les caisses de retraites, l'assurance chômage. Plus de cotisations et à chacun de faire ses propres choix et...de les assumer. Et pour ceux qui déraperaient dans notre paradis libéral, il ne resterait alors qu'à espérer compter sur les oeuvres caritatives, réduites à leurs seuls moyens propres, les dons.

Exit aussi administrations, normes, principes de précaution, labels en tout genre et écologie.

Si le camarade h16 a bien réussi à démontrer que notre État protubérant et ses services publics dysfonctionnaient, il ne démontre à aucun moment que la sphère privée pourrait prendre le relais plus efficacement, et, il oublie notoirement qu'il n'en a pas été toujours ainsi dans le passé.

Ce qui me frappe, d'ailleurs, c'est que plus nos services publics essaient d'imiter le fonctionnement de la sphère privée, plus ils sont nuls. De pire en pire d'années en années avec toujours moins de qualité de service.

Mon ami h16 s'en prend particulièrement à La Poste et à la SNCF : je lui réponds que j'ai connu le temps, et il n'est pas  si lointain, où la lettre glissée dans la boîte postale, arrivait la plupart du temps le lendemain, au pire le surlendemain, aux quatre coins de la France ; les trains ? J'en ai pris pendant des années, plusieurs fois par semaine. Jamais en retard ou presque, sauf conditions météorologiques exceptionnelles, ils arrivaient presque toujours à la minute annoncée près, au point que j'en demeurais scotché. En ce temps-là, pas de trains inter-cités, mais on pouvait se restaurer dans un wagon dédié sur les trains corail.

C'était une autre époque, et je n'ai pas l'impression que l'imitation servile des méthodes du privé par des technocrates surprotégés, hauts fonctionnaires de leur état, n'ait jamais apporté quoi que ce soit de plus à nos services publics hors une dégradation de leur qualité et des coûts toujours plus élevés.

Il y a du ménage à faire au sein du service public, des réformes à mener et c'est difficile parce que nous ne savons pas les faire ni même dans quelle direction aller ; le camarade h16 propose, quant à lui, à l'instar d'un Ockam, de passer son rasoir là-dedans et de tout supprimer.

Cela étant dit, je le rejoins totalement dans une exaspération grandissante : l'État est devenu l'alpha et l'oméga des aspirations des citoyens de ce pays, s'agaçant qu'il ne pourvoie à leurs multiples difficultés.

Je constate comme lui que la réussite engendre la jalousie et que les appels à la solidarité ne sont qu'un biais détourné pour donner satisfaction au tempérament envieux des Français. Ainsi, tout ce qui entreprend et fait preuve d'initiative dans ce pays se voit systématiquement pointé du doigt, soupçonné et ostracisé.

Passons à la distribution de baffes, maintenant, après les bisous ; j'ai tout de même un autre avis d'expert sur le livre de mon camarade blogueur libéral : celui de mon fiston qui vient de fêter son treizième anniversaire. Il est tombé par hasard sur l'ouvrage et a commencé à le lire ; il trouve que le camarade h16 exagère...

C'est un peu le problème avec toute la mouvance autrichienne au sein de la grande famille libérale : on sait ce qu'ils veulent supprimer, on ne sait pas ce qu'ils proposent vraiment à la place et, on a le sentiment qu'ils ne mesurent pas le bordel généré par un éventuel mais brutal changement de logiciel. Les Autrichiens rejettent l'État par principe et considèrent impossible l'établissement d'une quelconque forme de morale politique en raison de sa subjectivité. Au fond, la morale dont ils se rapprochent le plus est celle d'Aristote, sorte d'habitus appuyé sur la convention et le bon sens commun. L'intérêt ne saurait être pourtant le seul moteur de la vie en collectivité, ou alors, il existe diverses sortes d'intérêts et leur catégorisation aboutit in extenso à rétablir une éthique. 

Pas sûr que mes amis libéraux apprécient la comparaison, mais je me dis parfois qu'ils sont au libéralisme ce que les Frères Musulmans sont à l'Islam...Notez que je les aime bien quand même, c'est la famille, mais bon...le sens de la loi et du dogme est très fort chez eux. Au moins autant que chez nos machines à recevoir des baffes préférées, les étato-marxistes...

14:24 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : h16, libéralisme, état |  Facebook | | |

samedi, 27 juillet 2013

Égalité, taxes et bisous

Je viens de recevoir hier le livre du tovaritch blogeur Hashtable, plus communément appelé h16, Égalité, taxes, bisous

En fait, je n'avais pas tout à fait percuté qu'il s'agissait d'une sélection des nombreux billets écrits au cours des sept dernières années sur son blogue. Mais la lecture sur papier me confirme qu'au fond, h16 est d'abord un littéraire, fait pour écrire, avec son style inimitable, des livres. Ses billets sont en réalité des chapitres et ils conviennent bien mieux à un livre qu'à un un blogue.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il est publié par la prestigieuse maison des Belles Lettres.

Je ne me souvenais plus de l'histoire des trois petits cochons en version h16, mais j'ai bien rigolé en la relisant :-D

La sélection du camarade libéral h16 est fûtée : j'ai feuilleté les pages et constaté qu'il s'est nien gardé de verser dans l'évènementiel auquel il a préféré l'analyse savamment enrobée d'humour caustique.

Son livre est pour moi de la même veine que Pulp libéralisme, l'ouvrage de Daniel Toure. On y rigole bien à chaque page, abordant des notions parfois complexes dans un style fluide, épuré, simple et humoristique, illustrant le bon vieil adage de Boileau «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement».

Égalité, taxes, bisous ou encore Pulp Libéralisme, ce sont un peu nos Lettres Persanes d'aujourd'hui. Un libéral en terre socialiste vaut bien un philosophe persan spéculant sur les dévaluations du roi de France (déjà !) au XVIIIème siècle. Aujourd'hui, John Law proposerait sans doute de s'endetter, ce serait son papier monnaie de notre époque, et, il trouverait sans doute sur sa route nos amis libéraux comme Montesquieu fit alors un sort à ses théories fumeuses.

Aujourd'hui, on vante ses mérites sur wikipedia de la même manière que nos bisounours modernes expliquent avec science qu'en cas de création monétaire l'inflation avalera et aénantira la dette. On lit tout de même que 10% des Français ont été appauvris par ses manipulations monétaires : comme tous les autres étaient des paysans, on peut dire que tous ceux qui faisaient du commerce, échangeaient et s'engageaient dans l'économie de marché ont été ruiné. Aujourd'hui, avec notre système, ce serait plutôt 90% qui seraient ruinés, sauf les habituels titulaires de passe-droits.

En attendant, j'engage tous mes lecteurs à faire l'acquisition du livre de h16 (cela leur coûtera moins cher que d'imprimer tout le blogue) histoire de se payer une franche tranche de rire avant ou après leurs vacances. Notez, si cela ne leur suffit pas, qu'ils n'ont pas assez ri, ils peuvent aussi relire le programme du candidat Hollande de 2012 ou encore réécouter ses derniers discours.