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dimanche, 20 novembre 2016

François Bayrou, vite, vite, une mise à jour de votre programme économique !

Cher François,

Vous êtes passé sur mon blog récemment et je vous en remercie. J'aimerais croire qu'Alain Juppé a encore une chance, mais quand vous considérez l'avance de François Fillon, les ralliements de Sarkozy et Bruno Lemaire, c'est franchement mal barré. Il paraît que 15% des électeurs étaient de gauche. Je ne pense pas qu'ils ont voté pour Fillon, et, maintenant que Sarkozy est éliminé, ils ne se déplaceront probablement pas au second tour.

Bref, Alain Juppé est dans une sale situation. Nous autres, centristes, on va évidemment voter pour lui, mais je crains vraiment que cela ne soit pas suffisant. Je connais le programme de François Fillon dans la plupart des domaines. Il est vraiment éloigné de nos idées, même si, évidemment, en théorie, sur certains points, on pourrait s'entendre.

Bref, François, vous allez avoir du boulot, parce qu'il va falloir travailler sur un programme complet un peu en catastrophe. Je ne vois pas une entente de premier tour possible entre François Fillon et vous. 

J'ai toujours dit que votre programme de 2012 avait du bon, mais maintenant, il faut le mettre à jour. Et, dans les taches à accomplir, il faut qu'on démonte l'imposture Macron aussi, tant qu'à faire.

Il y a quand même quelques esprits qui réfléchissent au futur. Parfois, ce sont plutôt des gens de gauche, comme chez Numerama, parfois plutôt gens de droite, comme Hashtable (j'ai beaucoup de divergences avec lui, mais ce qu'il dit sur l'économie est toujours intéressant).

On parle beaucoup d'identité et de sécurité, mais mon intuition me dit qu'il ne faut pas trop se laisser entraîner sur ce terrain là. Quelques propositions fermes et nettes et passons à autre chose. L'autre chose, c'est l'emploi et l'économie.

Et dans ce domaine, vous avez dit déjà pas mal de choses intelligentes. Il y a vos circuits courts et votre Made in France de 2012. Votre constat que les Français ne gagnent pas assez d'argent et que la baisse de leurs revenus n'est pas la bonne variable d'ajustement de la compétitivité des entreprises. Votre insurrection contre les injustices de la loi El-Khomri, riante idée de Macron, contre la baisse de la rémunération des heures supplémentaires.

Votre grande idée, au fond, en 2012, c'était de relocaliser l'emploi. Donner une valeur ajoutée forte aux produits industriels grâce aux services associés et à leur garantie, par exemple.

A mon avis, c'est là-dessus qu'il faut travailler : les emplois impossibles à délocaliser à forte valeur ajoutée. C'est possible dans de très nombreux domaines. Le pouvoir d'achat est une question centrale et au coeur de la misère et du sentiment d'abandon de nombreux Français, précarisés en nombre toujours plus important.

Vous n'aurez pas le temps de travailler sur tous les sujets en si peu de temps. Creusez celui-là à fond : l'économie, l'emploi, le pouvoir d'achat. Sur l'éducation, vous aviez un bon programme, il n'y a rien à changer et ce n'est pas un sujet majeur pour cette élection. L'écologie doit être intégrée à l'économie et à la santé. C'est un sujet dont vous pouvez vous saisir car la sécurité sanitaire inquiète de plus en plus les Français. Raison supplémentaire pour évoquer l'agriculture biologique et la médecine. Bref, vous pouvez faire quelques liens.

Peut-être que dans une semaine, je vous dirais à cette heure-là que je m'étais fait du mauvais sang pour rien, mais franchement, je crains bien être prophète à peu de frais cette fois-ci.

Proposons ensemble, proposez un programme économique en béton armé aux Français. Voyez les chefs d'entreprise, les comités de salariés et discutez avec ceux qui ont des idées nouvelles. 

La droite actuelle a une grosse faiblesse : elle ne propose que des recettes éculées. La gauche ment et n'a pas d'idées, et de tous ses avatars, Macron et sa bonne conscience de DRH prêt à socialement licencier les pauvres gens sont les pires.

Engouffrons-nous dans la brèche et essayons de sauver notre pauvre pays et ses habitants de l'abîme vers laquelle nous mène la vague populiste et/ou réactionnaire qui la submerge à l'heure actuelle.

Commentaires

Le problème, c'est que ça se travaille sur la durée.

Et les centristes n'ont vraiment rien bossé.

...

Écrit par : Phil | dimanche, 20 novembre 2016

Chut Phil, faut pas le dire trop fort...Je sais...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 20 novembre 2016

Mais bon, je l'ai dit sur les 5 ans, et j'ai en particulier voté blanc aux régionales.

Écrit par : Phil | dimanche, 20 novembre 2016

Là, c'est une présidentielle Phil, et objectivement, Bayrou a une longueur d'avance quant à la modernité de ses idées en économie. Les autres proposent des solutions impossibles et/ou éculées.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 20 novembre 2016

Je pense que le Centre, et Bayrou en particulier, n'a aucune chance.

Ça s'est joué sur la durée.

Je l'avait d'ailleurs écrit:

https://philippegibault.wordpress.com/2016/10/13/ma-reflexion-sur-lelection-presidentielle-2017-a-lapproche-des-primaires-34-je-ne-pense-pas-que-francois-bayrou-fera-un-score/

Écrit par : Phil | dimanche, 20 novembre 2016

C'est sûr que les temps ne nous sont pas favorables...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 20 novembre 2016

D'accord avec votre analyse. Dommage que l'éducation ne soit pas un argument de campagne car elle est, selon moi, à la base de tous nos maux sociétaux.
Fillon, c'est Sarkozy en plus policé mais mais avec un programme économique libéral encore plus générateur de fractures entre les Français et un euroscepticisme accru. On n'a vraiment pas besoin de cela...
Mitterrand, puis Chirac, Sarkozy, Hollande et, enfin, Fillon, ce serait la poursuite de cet improductif mouvement de balancier gauche/ droite auquel on assiste depuis quarante ans. C'est F. Bayrou qui, depuis 2007, a le programme capable de rompre avec cette spirale infernale. Ce serait dommage de s'en priver...

Écrit par : positon | lundi, 21 novembre 2016

Pour le centre c'est foutu malheureusement....

l'UDI et le MODEM ont misé sur le mauvais cheval, c'est surprenant mais c'est un fait...

Depuis des années j'affirme que les sondeurs se plantent de plus en plus et qu'ils arrivent de moins en moins a obtenir recrutements fiables pour établir des sondages corrects......la volatilité des électeurs entraine trop de biais de recrutement....

la démocratie a papa c'est terminé....le flux d'informations est important, les citoyens ne croient plus en les politiques, dans les médias.....donc les electeurs qui se sont faits berner par ces élites prennent position au dernier moment d'ou les nombreuses surprises récentes un peu partout dans le monde...

Juppé en ne se méfiant pas des sondages a fait malheureusement une fin de campagne mollassonne..cf les débats télés ou il l'a trop joué pépère, il n'a pas pris de positions claires et pragmatiques en fin de combat....il a voulu assurer et il est en train de se planter!!!!!!!!

Fillon a creusé son sillon depuis 3 ans, sur la fin certaines de ses positions ont plu au plus grand nombre......c'est nul mais c'est comme ça.....

a cause du FN les centristes ne peuvent plus se présenter a la présidentielle....Pour FB c'est toujours le même problème, il a de bonnes idées mais c'est un mauvais stratège.....

en conclusion, les politiques,les éditorialistes, les journalistes,les sondeurs doivent revoir leur process face a un électorat qui envoie un message : développer une nouvelle forme de démocratie car le modèle actuel est obsolète en créant trop d'inégalité!!!!!!

Écrit par : europium | lundi, 21 novembre 2016

La politique n'étant pas le PMU, "miser sur le bon cheval" ne veut pas dire choisir le futur vainqueur mais soutenir celui qui porte nos valeurs.
Je crois me souvenir que François Bayrou s'est dit prêt à perdre des élections plutôt que de trahir ses idées. Cela se vérifie une nouvelle fois, hélas ! Juppé doit être de la même veine.
Dans les périodes de tension, les idées de modération et de rassemblement ne sont jamais populaires, les électeurs préférant des solutions radicales, tantôt de gauche, tantôt de droite, portées si possible par des personnalités autoritaires.
Pour tous ces motifs, la fin de campagne de Juppé a été calamiteuse.
Quant au modèle, ce n'est pas seulement celui de la démocratie qui est obsolète. Ceux de l'économie, de la société, de l'enseignement le sont aussi.

Écrit par : positon | lundi, 21 novembre 2016

Juppé est de gauche pas du centre. Fillon est plus proche des idées centriste. La gauche a voter Juppé c'est pas pour rien...

Écrit par : david | lundi, 21 novembre 2016

Pour faire son programme économique, François Bayrou peut compter sur son expert en la matière, Robert Rochefort. Il est toujours à ses côtés ?

Je n'ai pas trop suivi la campagne des primaires. Je ne voulais pas de Copé (un mec 100% bidon), ni de Juppé, qui ne ferait que prolonger l'immobilisme hollando-chiraquien en train de tuer notre pays. Pas de Poisson, ni de NKM non plus (celle-ci trop à gauche). Du coup il n'en restait plus que trois possible. Sarkozy avait déjà eu sa chance, Fillon avait le mérite d'être sur une ligne économique qui aurait du être appliquée par Sarkozy autrefois. Impressionné par son score, quand il a été tant balayé d'un revers de main pendant des mois.

Écrit par : xerbias | lundi, 21 novembre 2016

Le programme éco, c'est évidemment très important. Mais ce qui attirera les gens de gauche, c'est aussi clairement le programme social, totalement absent chez Fillon. Et la réforme des institutions, ce projet de référendum 2012 qui était génial. C'est passer à une 6eme république, et je pense que ça correspond au souhait de la grande majorité des Français. Tant qu'on restera sur la 5eme, on n'avancera pas. C'est un réel argument de poids, central, dans une Présidentielle. Il faut le mettre en avant, personne n'avait compris en 2012, à part les sympathisants modem. Au point où on en est là, la gauche ou la droite, on s'en fiche, l'important, c'est d'améliorer le système démocratique et transformer les institutions. Tout le monde en profitera par la suite. Il faut le faire. En espérant que Macron n'obtienne pas ses 500 signatures...

Écrit par : Evelyne Nowak | lundi, 21 novembre 2016

Désolé mais pour moi, la victoire (annoncée) de Fillon tue Bayrou. Fillon n'est pas l'épouvantail qu'était Sarko pour les électeurs modérés.
Par contre, il replace clairement le débat sur le clivage clair gauche-droite et va probablement redonner des couleurs au PS tout en affaiblissant les centristes.
L'UDI sans aucun doute se ralliera à Fillon et il ne restera vraiment plus grand monde pour soutenir BAyrou si d'aventure il avait encore assez peu de lucidité pour se présenter.
Cela me rend triste pour Bayrou que j'ai soutenu longuement mais très franchement je ne vois pas l'espace ni le potentiel électoral que lui laissera la victoire de Fillon.

Écrit par : centriste | lundi, 21 novembre 2016

C'est surtout Macron qui pose problème, pour Bayrou, pas Fillon.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 21 novembre 2016

@Xerbias
Tu sais très bien que Rochefort n'est plus au MoDem. Il a été viré.
Bayrou avait un programme éco bien avant la venue de Rochefort.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 21 novembre 2016

Si nous cherchons un programme économique et social profondément en phase avec les valeurs du centre démocrate, et réaliste ("des propositions empreintes de bon sens"), et qui puisse parler aux Français et les convaincre, je pense qu'il n'y a pas besoin de chercher très loin
http://jeanlassalle2017.fr/a-lelysee/
en tout cas c'est aussi l'avis de http://www.huffingtonpost.fr/nomie-halioua/politique-jean-lassalle-le-candidat-romantique-de-la-presidentielle-2017/

Écrit par : FrédéricLN | mardi, 22 novembre 2016

Assez d'accord avec tout ce billet. Mais même une liste de bonnes idées ne fera pas l'affaire. Pour qu'un projet mobilise, crée un mouvement, aimante, il dout exprimer des valeurs et se projeter en vision d'avenir. Après quatre ans de marches et contermarches politiciennes, le centre a-t-il gardé cette capacité ? Il me semble que oui, l'exception confirmant la règle : le livre de Jean Lassalle témoigne d'une vision extrêmement cohérente et convaincante (en tout cas pour moi et en tout cas sur l'essentiel). Mais pour cela il aura famlu sortir des jeux politiciens des chapelles centristes.

Écrit par : Frédéricln | mardi, 22 novembre 2016

Bonjour Fred,

Je l'ai lu, mais je l'ai trouvé 100% creux. Aucune mesure concrète. Des généralités. Si Lassalle parvient à un projet plus abouti, évidemment, je réfléchirai très sérieusement, mais là, franchement, je l'aime bien, mais ses propositions respirent vraiment l'amateurisme.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 22 novembre 2016

Bon ! mon avis est très subjectif. Un programme plus détaillé et chiffré est possible ! mais attention aux arbres qui cachent la forêt, aux arbitrages sur les virgules pour faire oublier qu'on tolère les grandes masses. Les dosages des remèdes prennent un sens seulement si on se met d'accord sur un diagnostic, des objectifs de bonne santé : ce que Jean Lassalle évoque comme société et économie en bonne santé dans la mondialisation, me semble se détacher distinctement de la grisaille "macro" LR ou PS. C'est je le répète un avis très subjectif.

Écrit par : FrédéricLN | jeudi, 24 novembre 2016

Lassalle n'est pas perçu comme un présidentiable sérieux et son orientation, depuis qu'il a quitté le Modem en l'égratignant, est assez attrape-tout... J'écris cela en considérant que ce qu'il faisait auparavant n'était pas inutile. Mais il ne suffit pas d'être un tribun atypique et proche des gens pour cette présidentielle ou de concurrencer Le Pen voire Mélenchon sur leurs terrains.

Les dernières fois, Bayrou a été candidat et a pu faire un très bon score puis un score honorable parce qu'il synthétisait différentes tendances : représentant d'une ancienne famille centriste revigorée, identifiée, en lien avec le réel, dépassement par la troisième voie, sérieux budgétaire et programmatique, aspect tribunitien (surtout en 2007) modéré par la volonté de parler avec dignité aux électeurs, possibilité de toucher tous les modérés et une partie importante de ceux voulant des changements institutionnels et des pratiques politiques.

Bayrou a toujours eu ses défauts et je comprends que le choix de second tour de 2012 ait pu déboussoler, mais je remarque que le résultat de cette désaffection, c'est l'arrivée d'un opportuniste (au sens neutre mais aussi au sens négatif), Macron ; une aventure difficilement susceptible de confronter les gros candidats, Lassalle ; le retour de LR et éventuellement d'un PS un peu réformé ; le retour au bercail d'une droite modérée hors-LR et du centre-droit (cf. le Nouveau Centre soutenant Fillon)...

Pour la campagne, ne sous-estimons pas le sujet de l'éducation et du supérieur, qui peuvent être des atouts. Mais je vois que Macron essaie opportunément de se placer de ce côté-là (en contredisant la politique du gouvernement dont il est issu) alors que j'ai des doutes sur les véritables positions de son entourage (notamment les PS qui le rejoignent juste parce qu'ils le considèrent mieux qu'Hollande).

Écrit par : Ascagne | jeudi, 24 novembre 2016

@Ascagne,
Pas très joli d' essayer de réécrire l' histoire.
Pas Jean qui a égratigné le MoDem, plutôt l' inverse.

Écrit par : Martine | dimanche, 27 novembre 2016

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