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jeudi, 27 août 2015

Migrants ? Ben non, réfugiés, bien plus tristement.

C'est curieux le vocabulaire utilisé par les médias pour désigner les pauvres gens qui fuient l'horreur. On parle de migrants. Vraiment ? Il y a encore cinq ans, les Syriens qui se réfugiaient en France ou dans le reste de l'Europe étaient marginaux. Pendant des décennies et des décennies, les Afghans n'ont pas bougé de chez eux. Le Soudanais et l'Érythréen étaient des denrées fort rares sur notre territoire pendant de non moins longues années.

Alors à votre avis, tas d'ânes, qu'est-ce qui les pousse subitement à venir se réfugier en Europe ? L'abondance ? Nos fameux droits sociaux ? Mais pourquoi ne venaient-ils pas avant, alors ?

S'ils viennent, c'est qu'ils fuient l'horreur, bien plus tristement et prosaïquement. On en est à près de 250 000 morts en Syrie et on ne compte plus les atrocités, que ce soient celles des troupes d'Assad ou celles de l'État islamique, qui se valent bien dans ce domaine. Au Darfour, une agence de l'ONU a estimé les victimes à 300 000, mais, si l'on parle du Soudan tout entier, ce pays est en proie à une violente guerre civile entre le nord et le sud depuis fort longtemps, sans parler des guerres civiles dans les guerres civiles...

Mettez-vous à leur place, bon sang ! Une vie misérable ne suffit pas à donner l'envie de partir, tant qu'elle permet la survie. La perspective d'être tué, mutilé, torturé longuement, violé, de voir souffrir sa famille, je pense que c'est puissant, comme motivation pour partir.

J'ai lu une lettre, sans doute inventée par quelques fachos patentés, affichée sur de nombreux murs facebook. Je crois qu'elle est ancienne, d'ailleurs, car il me semble l'avoir lue il y a plusieurs années. En substance, elle invite les migrants à retourner se battre contre leur ennemi dans leur pays, établissant un parallèle avec notre Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

C'est là où on voit que leurs auteurs et leurs relais n'ont rien compris. Se battre contre quoi ? Le voisin ? Le propre de ces guerres civiles, c'est qu'il n'y a pas d'ennemis identifiés. Des gens qui vivaient en bonne intelligence avec leurs voisins se retrouvent en butte à leur hostilité du jour au lendemain, sans savoir pourquoi. Et parmi les voisins, fuient aussi ceux qui n'ont pas vraiment le goût de torturer, violer ou simplement dénoncer leurs anciens amis.

Il n'y a aucun espoir de voir ces réfugiés retourner chez eux sans avoir pacifié la situation dans les pays d'où ils viennent. Ça, c'est difficile, d'autant que les diplomaties européennes sont aussi nulles que leurs gouvernements à l'intérieur. On ne fait pas de diplomatie à base de yakafokon, mais apparemment, cela ne frappe personne, ou alors, et cela s'ajoute à l'incompétence, les gouvernements européens sont aussi hypocrites, et je le soupçonne fort. 

Évidemment, on peut toujours les jeter à la mer, comme le proposait une certaine Marine Le pen il n'y a pas si longtemps, mais j'avoue que je juge le principe juste totalement dégueulasse. J'ai l'image d'un père, sur un bateau, qui tenait sa petite pille à bout de bras en pleurant. Il essayait de la sauver. Vous avez envie de le renvoyer chez lui, ce père-là ?

Si on accueille les réfugiés chez nous, il faut être cohérent jusqu'au bout. Perso, je suis assez hostile aux assistanats de toute sorte. Au début, il me semble bon de les aider, mais évidemment, après, il faut qu'ils soient autonomes. Et là, il faut que les États européens fassent preuve de bon sens : on ne peut pas reprocher aux gens de profiter des aides si on les empêche de travailler. Il faut évidemment leur ouvrir le marché de l'emploi.

J'imagine que ce que je dis ne sera dans doute pas très populaire, mais cela me semble pourtant réaliste, sans pour autant virer au dégoulinant façon gauche caviar hypocrite.

11:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : réfugiés, migrants, guerre |  Facebook | | |

samedi, 03 janvier 2015

Guerres impossibles ?

Quelle est l'efficacité des armes et engins de guerre aujourd'hui dans les conflits ? On peut légitimement se poser la question en constatant les effets des frappes aériennes des forces qui luttent contre Daech en Syrie et en Irak.

Un avion de chasse coûte des dizaines de millions de dollars et chaque obus ou bombe des centaines de milliers de dollars. Or, quand l'on considère le bilan des frappes contre les terroristes on obtient quelques dizaines de cibles atteintes. Il faudrait ajouter aux coûts évoqués la logistique et le carburant nécessaire pour opérer les sorties. 

Ce n'est plus un gouffre, c'est un trou noir financier. Et j'ai l'impression que le bilan serait inférieur encore sans l'efficience très forte des technologies les plus avancées.

Est-ce que, à ce stade-là, ce ne serait pas bien plus rentable d'engager des tueurs à gage et de promettre un million de dollars par têtes de djihadistes identifiées ? Bien que cette proposition soit moralement affreuse, elle a le mérite de ne pas faire plus de victimes civiles que nos frappes chirurgicales et d'être financièrement abordable. Il reste à savoir s'il existe qui que ce soit dans le monde capable d'accomplir une mission aussi dangereuse...

Si la progression contre Daech semble très lente, il y a malgré tout un point dont il faut se féliciter absolument : les frappes alliées sont si calibrées et précises qu'elles ne semblent avoir guère fait de victimes civiles (il n'y en a pas eu d'échos, en tout cas). Ce bilan-là est impressionnant.

A l'exception de la France au Mali qui semble à peu près contenir son ennemi, toutes les autres interventions occidentales se sont soldées sinon par des échecs du moins par des retraits sans que les buts annoncés soient atteints.

On peut mettre en exergue l'absence de finalité politique commune dans ces interventions, comme le fait Jean-Marc Lafon sur le blog Theatrum Belli, bien sûr, mais cela n'explique pas les difficultés militaires. 

Les guérillas, je le sais, ont toujours été difficiles à réduire. La volonté occidentale de ne pas faire de victimes dans ses propres rangs ajoute une contrainte, et, celle de ne pas blesser de civils dans les opérations militaires rend très délicates toutes les opérations. Cela suffit-il à expliquer pour autant la disproportion entre les moyens engagés et les résultats obtenus ? Je ne le sais pas.

 Je note que des progrès sont enregistrés quand les forces occidentales disposent d'un appui terrestre assuré par des alliés très engagés et impliqués.

Les YPG kurdes à Kobané, les forces tchadiennes au Mali en sont des bons exemples. En Afghanistan, tant que les Américains ont pu compter sur des tribus sunnites alliées et sur l'Alliance du Nord, la grande force militaire de feu le commandant Massoud, ils ont progressé. Mais après, les choses se sont délitées, les Talibans regagnant petit à petit du terrain.

Peut-être est-ce aussi une question de temps. Daech s'est préparé de longue date à la guerre. Il faudra du temps pour que les alliés kurdes soient opérationnels avec du matériel moderne, et, sans doute est-ce à l'usure, paradoxalement, que les djihadistes tomberont. En Afghanistan, l'issue semble bien plus compromise faute d'alliés fiables et motivés.

mercredi, 02 novembre 2011

Mort-vivant

Épouvantable. Je viens de lire l'article Bombe à neutrons sur wikipedia, et, ce faisant, j'ai découvert l'existence la Walking Ghost Phase (la phrase du fantôme qui marche).

J'ai découvert que la bombe à neutrons était considérée comme une arme nucléaire tactique, et je suis ainsi revenu d'une idée reçue selon laquelle cette arme ne tuerait que le vivant laissant les infrastructures intactes. 

Ce qui est terrifiant, c'est que sa létalité repose essentiellement sur son niveau et son genre de radiations. En effet, ce n'est pas le rayonnement gamma en tant que tel qui fait le pouvoir de cette bombe mais son émission de neutrons capables de modifier les structures atomiques en éjectant les électrons de l'orbite des noyaux.

Les troupes visées deviennent d'abord un gros amas de cations (ions positifs), or, les atomes devenus des cations désagrègent ainsi les molécules dont ils sont parties prenantes.  Comme ces nucléons traversent la matière minérale sans trop de pertes, l'effet dévastateur est maximal d'autant qu'ils touchent en priorité les molécules d'eau (dont les corps humains sont consitués à 70%).

Bon, faisons dans le vocabulaire utilisé en SF bien que valide scientifiquement : en somme les troupes au sol se font canarder de rayons ionisants. On mesure ça avec l'unité appelé le sievert.

Entre 5 et 50 sievert d'exposition, la mort n'est pas immédiate : pire, après des nausées initiales, les troupes exposées vont connaître un état de bonne santé apparente pendant quelques jours, voire quelques semaines. A l'issue de cet état, la mort est inéluctable. En somme, une fois touchées, les soldats sont des morts en sursis. Des mort-vivants, quoi...

Saletés de bombes...

mardi, 11 mai 2010

Comment les Romains ont-ils réussi à dater la Guerre de Troie ???!

Décidément, mes lectures m'entraînent sur des terres insolites, depuis quelques temps. Je me suis pris de sympathie, relativement récemment, pour Denys d'Halicarnasse, un historien du premier siècle avant Jésus Christ et ai commencé la lecture de ses Antiquités romaines. Denys est un Grec de culture romaine qui veut démontrer que les Romains sont des Grecs, c'est à dire d'origine grecque. Bien évidemment, une telle assertion l'amène à examiner de près le statut des Troyens, puisqu'il avalise l'idée que c'est bien Énée, un survivant de la Guerre de Troie qui est venu en Italie et est l'ancêtre des fondateurs légendaires de Rome, Romulus et Rémus.

Or, au chapitre 77 du livre I, je trouve ces lignes qui n'ont pas laissé de me surprendre :

Porcius Caton ne se base pas sur la chronologie grecque, mais est aussi attentif que n'importe quel auteur quand il s’agit des dates de l'histoire antique : il place la fondation quatre cents trente-deux ans après la guerre de Troie; et comparant cette date aux Chroniques d'Ératosthène, cela correspond à la première année de la septième olympiade. Que la méthode d'Ératosthène soit valable, je l’ai montré dans un autre traité, où j'ai également montré comment la chronologie romaine doit être harmonisée avec celle des Grecs.

Voyons voyons, prenons une calculette : Rome est censée avoir été fondée en 753 avant Jésus Christ. Donc, 432 années + 753, cela donne 1184 avant Jésus-Christ comme date de fin de la Guerre de Troie. Or, il se trouve que j'ai lu il y a un certain temps l'ouvrage de l'archéologue français Henri Van Effenterre (+ 2007), Mort à Mycènes. Il a visité à plusieurs reprises le site de Troie, et il semble à peu près établi qu'une guerre importante (il y en aurait eu plusieurs) a eu lieu vers la fin du 13ème siècle avant Jésus-Christ, c'est à dire vraiment très proche de la date donnée par Denys d'Halicarnasse, Ératosthène et Porcius Cato.

Mais comment font-ils ? Les Grecs, à l'époque de Thucydide, ignoraient quasiment l'existence de la civilisation mycénienne, qui s'était effondrée à peu près dans ces eaux-là. Il y a eu donc quasiment quatre siècles de temps obscurs, sans écriture au début ni centre politique en Grèce, sans parler de l'Italie où il n'y avait rien en dehors des Étrusques (et encore, à partir du 10ème siècle seulement).

La seule explication, c'est la puissance de la tradition orale. On l'ignore, mais la première version écrite de l'Iliade est fort tardive. En réalité, pendant un bon moment, elle ne s'est transmise que de bouche d'aède à oreille d'aède.

Nos civilisations modernes tendent (ou en tout cas, ont longtemps tendu) à mépriser cette tradition orale dès qu'il s'agit de s'appuyer sur elle pour établir des faits scientifiques, particulièrement dans les domaines historiques et archéologiques. Caton  l'Ancien et Ératosthène écrivent aux alentours du 3ème siècle avant Jésus-Christ, soit plus de 800 ans après les faits. Et pourtant, ils ont réussi à dater l'effondrement de Troie avec une extraordinaire précision. Qui l'eût cru ?

Un vieux proverbe latin dit que les paroles volent tandis que les écrits restent. Elles volent peut-être, les paroles, mais elles perdurent pourtant bien plus longuement que les écrits dans bien des cas.

Les Druides se sont transmis un savoir ancestral de bouche à oreille pendant des générations, et on les considérait comme les Gaulois les plus savants de leur temps.

 

lundi, 12 avril 2010

On ne peut plus rien pour l'Afghanistan

Je suis consterné par l'évolution de Hamid Karzaï. Quand je pense que j'ai cru, plus jeune, que cet homme pouvait être un avenir pour son pays...En Afghanistan, la corruption a atteint un sommet sans équivalent. Non seulement toute l'adminsitration de Karzaï est corrompue, à commencer par la police, mais en plus, ce sinistre individu tente de récupérer le mécontentement populaire dans certaines régions en cassant du sucre sur le dos des alliés et en évoquant des alliances avec des Talibans.

L'Afghanistan, c'est une faillite locale, c'est aussi une faillite internationale. Je crois que l'on ne peut plus mener une guerre du passé où que ce soit dans le monde. On ne peut plus s'engager dans une bataille sans se demander D'ABORD ce que l'on va faire APRÈS ! On ne peut plus se lancer à l'attaque sans avoir prévu des infrastructures d'urgence et un plan solide pour installer immédiatement une administration formée et intègre. On ne peut plus favoriser des forces politiques sans s'être assurés de son intégrité, et, si possible de ses moeurs démocratiques.

Cela me fait mal au coeur de dire cela, mais je crois que la France doit désormais se retirer d'Afghanistan : qu'avons-nous à y faire ? Il n'y a pas d'alternative là-bas. Je sais que l'Iran et la Chine sont sur les rangs, mais, à tout prendre, je préfère qu'il y ait là-bas un pouvoir sous contrôle, même si ce n'est pas le mien, qu'une anarchie générale génératrice de dangers toujours plus prégnants. Oui, il vaut mieux un Afghanistan sous contrôle de l'Iran, car l'Iran est un état reconnu avec lequel on peut négocier, qu'un Afghanistan en proie au chaos.

A moins de s'engager dans une véritable guerre, très lourde, coûteuse en moyens et en vies, je ne vois pas d'autre issue. J'ajouterai une autre remarque d'ordre tactique, cette fois : nous ne pouvons plus non plus nous permettre des guerres avec tant de pertes en hommes. Il me semble que des drones très sophistiqués sont désormais la voie sur laquelle il faut travailler pour lutter contre les guérillas. Des drones capables de s'infiltrer partout, pilotés par des êtres humains, à distance, mais assistés de puissants systèmes informatiques et satellites, capables de faire la différence entre des villageois et une unité de combat ennemie, discrets et autonomes. Le gouvernement américain est assez loin du compte pour l'instant, puisqu'il privilégie des assassinats ciblés avec apparemment pas mal de dommages collatéraux. Des drones ne devraient pas être de simples missiles guidés très perfectionnés.

On n'y est pas encore, très clairement, mais je pense que la recherche militaire devrait s'orienter dans cette direction.

 

mardi, 23 février 2010

Guerre et condottiere

A la Renaissance, en Italie, une catégorie d'hommes de guerre, qui essaimera bientôt dans toute l'Europe, émerge : les Condotttieri, que l'on pourrait aussi traduire par capitaines. Ils ont leur matériel, leurs hommes, leurs armes et leur propre intendance. Ils guerroient pour les compte des États ou des cités et se paient en pillant et rançonnant les populations. Le blogue de l'Alliance Géostratégique tente un parallèle audacieux mais fort intéressant entre ces mercenaires du passé et la privatisation rampante des guerres en Occident, prenant acte de l'amuïssement progressif des armées nationales en terre démocratique, non sous l'effet d'une réduction des budgets, mais plutôt sous le poids des opinions publiques, portées à ne plus tolérer de morts. On peut, par exemple penser à Black Water, en Irak, aux armées privées utilisées par la France, comme celles de Bob Denard, dans les années 70 ou d'autres encore. Mais, le mieux, c'est encore de consulter le billet de l'Alliance Géostratégique...

 

 

mercredi, 27 janvier 2010

Google-Chine,la guerre froide a commencé

La hache de guerre est déterrée entre Google et la Chine. Fabrice Epelboin détaille avec précision les multiples facettes du combat qui s'engage. Il faut dire que Google dispose désormais de l'appui du gouvernement américain : qualifier l'attaque contre les serveurs de Google de Pearl Harbor numérique en dit long sur la manière dont Google et les USA escompte faire passer les évènements aux yeux de l'opinion publique américaine. Derrière la rhétorique martiale de Google, il y a bien sûr d'autres réalités : Google ne parvient pas à s'implanter sur le marché chinois d'une part, d'autre part les internautes ont toujours vu d'un sale oeil ses reculs face aux desiderata des Chinois sur la censure, et enfin, stratégiquement, Google a besoin de redorer son blason, particulièrement en Amérique où la loi sur les monopoles le menace en tant qu'entité économique unique. Comme l'observe avec justesse Fbrice Epelboin, c'est le bon moment pour devenir un outil stratégique majeur aux yeux du gouvernement américain, à l'heure où les deux plus grandes puissances économiques mondiales, les USA et la Chine, commencent à se regarder dans le blanc des yeux. La lutte sera d'autant plus sans merci qu'elle n'est pas véritablement idéologique mais commerciale et économique avant toutes choses. Le communisme de la Chine n'est en effet plus qu'un fard qui recouvre un pays aux réalités politiques éclatées : il s'y conjugue un capitalisme sauvage et échevelé, un zeste de communisme dans les villes, la féodalité la plus dure dans les campagnes et une superstructure bureaucratique qui coiffe le tout, du moins, jusqu'à un certain degré.

Google, comme toutes les entreprises qui ont tenté de s'implanter en Chine, a découvert que ce pays à ses règles, et que le droit qui y règne n'est pas le droit traditionnel des démocraties occidentales (il n'y a pas fondamentalement de grandes différences entre le droit latin et révolutionnaire de la France et le droit anglo-saxon, tout du moins, pas si la comparaison se fait avec le droit chinois).

Plutôt que de parler de règles, je devrais évoquer plutôt des micro-règles, pour la Chine. Comme au temps de sa plendeur, la Chine fascine et le mirage chinois est omni-présent dans la sémantique occidentale. Les yeux des entrepreneurs s'agrandissent au furt et à mesure qu'ils considèrent la taille de l'estomac consumériste chinois. La Chine est la première puissance économique d'envergure à être parvenue à un développement véritable, tout en maintenant l'existence de ces micro-règles qui en principe devraient entraver l'établissement d'un marché. Ne me demandez pas comment elles le font, je ne le sais pas.

Je crois que c'est la principale difficulté des entreprises étrangères : elles ne parviennent pas à intégrer le fonctionnement mental et civilisationnel chinois dans leurs paramètres, y compris quand elles tentent de s'allier avec une entreprise locale. J'observe, d'ailleurs, des difficultés similaires avec le Japon (une culture pourtant différente et dont le droit actuel est assez largement inspiré du droit occidental).

Il n'en reste pas moins que c'est une lutte sans merci qui se prépare, dans laquelle conflits commerciaux et conflits de valeurs se superposent les uns aux autres. En particulier, le respect de la vie privée et des libertés individuelles est, d'un point de vue commercial, largement lié à l'existence d'un droit de la consommation et des consommateurs. Sans respect de l'individu, ce droit, qui est bien une extension de la sphère commerciale, ne peut exister. En attaquant des comptes gmail, la Chine, aux yeux de Google et de l'Amérique, n'a pas seulement commis une faute morale, mais une faute commerciale. Il y a donc là les ferments d'une guerre durable où les rebondissements seront nombreux.

 

vendredi, 23 octobre 2009

Ne confondons pas immigrés et réfugiés de guerre...

C'est paradoxalement chez un parlementaire UMP, Étienne Pinte, que j'ai trouvé le ton le plus juste pour exprimer mon sentiment à propos de l'expulsion récente des Afghans.

La France est le pays des droits de l'homme. J'estime que nous n'avons pas à renvoyer contraints et forcés des réfugiés qui ont fui leur pays en guerre. D'autant que le ministère des affaires étrangères lui-même reconnaît que l'insécurité a augmenté depuis plusieurs semaines, à Kaboul comme dans le reste de l'Afghanistan []

Je ne conteste pas la politique d'immigration du gouvernement dans son ensemble. Mais je ne comprends pas ce premier vol groupé depuis cinq ans, d'autant qu'il restait la solution de la solidarité européenne.

La gauche qui s'y entend à jouer la petite musique du choeur des pleureuses en a a profité pour faire retentir son habituelle démagogie sur l'immigration. Or, il ne faut en aucun cas tomber dans cette confusion orchestrée, avec des intérêts divers, et par l'opposition de gauche, et par le pouvoir : l'accueil des réfugiés de guerre (que l'on espère temporaire, puisque nous aspirons à restaurer la paix en Afghanistan, d'où la présence de nos forces armées) ne saurait se confondre avec l'immigration dans son ensemble.

Il n'en reste pas moins qu'il faut fixer nos limites : potentiellement, une grosse partie de la population afghane pourrait se réclamer du statut de réfugiés de guerre : que fait-on, dans ce cas-là ? Par ailleurs, il y a certains individus, parmi les Afghans clandestins que cela ne me gêne pas trop de renvoyer dans leur pays : France-info donnait ce matin la parole à l'un d'entre eux, passeur de son état, qui estimait devoir désormais rejoindre les Talibans pour pouvoir vivre et gagner de l'argent...Eh bien qu'il y aille !

Éric Besson croit avoir levé le lièvre en demandant si le fait qu'un pays soit en guerre vaut titre de séjour en France. A vrai dire, il faut admettre, en effet que es réfugiés de guerre n'entrent pas dans le champ de la convention de 1948 ni des protocoles additionnels de 1977. Éric Besson le sait sans doute bien, voilà pourquoi il estime la France dans son bon droit, et ce, même s'il existe d'autres textes sur ces réfugiés (Conventions de Genève de 1949 sur la protection des victimes de guerre et le Protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949 relatif à la protection des victimes de conflits armés internationaux).

La simple humanité n'en commande pas moins de considérer avec beaucoup d'attention les réfugiés de ce pays : et une harmonisation du droit d'asile européen pourrait à cet effet dénouer une certain nombre de situations aussi inextricables qu'ubuesques. Aussi, la réaction récente de Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem me paraît particulièrement sensée et adaptée :

« Il faut aller vers une réforme et une harmonisation du droit d’asile en Europe. Cela devrait être une des priorités du Conseil européen des 29 et 30 octobre. La seule façon d’aider les pays du sud de l’Europe, c’est en effet de réformer la convention de Dublin : un réfugié devrait pouvoir demander l’asile dans le pays européen de son choix et non plus obligatoirement dans le premier pays où il est supposé avoir posé le pied. En attendant, il est inadmissible, au regard du respect des droits de l’homme, de renvoyer des réfugiés dans un pays en état de guerre. L’an dernier, selon les critères du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les conditions de retour n’étaient pas réunies en Afghanistan. Je ne vois malheureusement pas en quoi cette situation se serait, depuis, améliorée. »

 

samedi, 25 avril 2009

La bombe nucléaire ne doit pas tomber entre les mains des Talibans !

La situation au Pakistan est très préoccupante.Les Talibans qui ont toujours su utiliser la poreuse frontière entre Pakistan et Afghanistan ont réalisé que le Pakistan était en fait militairement très faible. Ils n'ont donc pas tardé à mettre à profit l'absence de décision et de résolution à Islamabad et se sont enfoncés dans la vallée du Swat.
La réflexion stratégique occidentale a longtemps vécu avec l'impression que la supériorité technologique suffisait, même dans une guerre conventionnelle, pour venir à bout de l'adversaire. Or, rien n'est moins sûr : en Afghanistan et au Pakistan, la guerre que mène les Talibans n'est pas seulement une guerre de guérilla, comme on aimerait le croire, mais par moments, une vraie guerre conventionnelle. Les Français qui ont perdu 10 soldats il y a peu dans un épisode de guerre classique ont vocation à être les premiers à y réfléchir. A Dien Bien phû, à sa grande suprises, l'armée régulière française s'est fait battre à plat de couture dans une bataille tout à fait conventionnelle.
Avec un armement suffisant, même s'il n'est pas technologiquement avancé, il se pourrait bien que les forces talibanes soient capables de battre l'OTAN dans le cadre d'une guerre conventionnelle.

Nous ne devrions pas écarter d'un oeil dédaigneux une telle hypothèse, mais la prendre très au sérieux. Au Pakistan, la bombe nucléaire a tenu en respect l'Inde pendant des années, mais elle est sans effet face aux Talibans.

Le silence de l'armée pakistanaise est extrêmement surprenant : les Talibans sont à 100 kilomètres au plus du centre de commandement militaire du Pakistan, et pourtant, le gouvernement se contente d'un improbable cessez-le-feu !

Le monde civilisé ne peut pas prendre le risque d'attendre que les Talibans s'emparent des armes nucléaires du Pakistan. Il ne le peut à aucun prix. Je ne sais pas si les Américains ou les Européens ont prévu un plan B, mais ils feraient bien de s'interroger très vite.

Hilary Clinton va devoir user de tous ses talents de diplomate pour oeuvrer à restaurer la sécurité de la région. Zardari, sans surprise, et le PPP sont le manifeste même de l'incompétence, de la corruption et du népotisme. On a présenté le Parti du Peuple Pakistanais comme une force de progrès. J'ai eu l'occasion de dire ce que je pensais de Benazir Buttho et de son clan sur ce blog. Une famille qui maintient le servage dans son fief ne saurait constituer une force de progrès.

La situation est très grave. Je ne suis ni stratège ni tacticien, ni militaire de carrière, mais il y a au Pakistan les ingrédients d'un cocktail explosif et nucléaire. Le programme iranien, à côté, c'est du pipi de chat.

L'armée pakistanaise a les yeux rivés vers l'Inde, sans prendre garde que le scorpion que ses services secrets ont nourri s'apprête à la piquer. Étrange paradoxe que le sort de ces malheureux pakistanais : les dernières élections ont montré que l'islamisme fanatique reculait là-bas. Les attentats incessants des suppôts des Talibans ont retourné l'opinion publique Pakistanaise contre l'Islam radical et terroriste. Mais les Pakistanais sont tétanisés et attendent en silence, comme hypnotisés par un cobra, leur mort.

Si le terrorisme islamique s'empare des armes nucléaires, il les utilisera. Nous ne pouvons courir ce risque. Ne faut-il pas se préparer d'ores et déjà pour la première fois depuis 60 ans à une véritable guerre ? Non une guerre de guérilla, non une guerre coloniale ou néo-coloniale, mais à une vraie guerre ?

Post scriptum : en farfouillant à droite et à gauche, j'ai trouvé dans un magazine israélien qu'il y aurait un plan se secours : déménager l'arsenal nucléaire en lieu sûr !