mardi, 25 mars 2008

Quel avenir pour le nucléaire militaire ?

 Les grands esprits se rencontrent, ce matin, je me pose les mêmes questions que Frédéric, le webmestre du très bon blog Démocratie sans frontières.

Qui de notre dissuasion nucléaire dans l'avenir ? Frédéric note avec acuité que le nucléaire militaire représente 20% de notre effort de défense. Nicolas Sarkozy envisage de faire des réductions de dépense sur cet armement en ne lançant pas le porgramme de modernisation de ces équipements. A vrai dire, quand l'on considère que le dit programme comporte la mise en service de quelques missiles inter-continentaux longue portée, on se demande quel objectif est visé.

Le monde a changé de nature, et l'histoire récente nous montre tout de même que les dangers les plus impérieux ne sont pas ceux d'une attaque conventionnelle, mais plutôt des guérillas et du terrorisme, voire une guerre économique.

Je renvoie à certains extraits du discours de clôture de  François Bayrou lors d'un colloque de l'UDF, en juin 2006, sur la place de la France dans le monde.

Tout le monde a à l’esprit, les éléments de ce monde qui a changé. L’effacement, l’éclipse peut-être, de la menace soviétique, et en même temps la prolifération des menaces identitaires, ethniques, religieuses ; déséquilibres au détriment de sociétés traditionnelles, la déstabilisation de sociétés structurées, le changement de visage de la guerre, de plus en plus civile, de plus en plus urbaine, utilisant à la fois des moyens ultra-technologiques, les satellites et lasers, et les moyens les plus archaïques, la guerre économique dont vous n'avez pas voulu parler Monsieur Caillaud mais extrêmement importante, la guerre d'opinion. Tout cela exige d'autant plus de réflexion que ces questions de sécurité n'ont pas encore été reformulées

Je pense que c'est justement énoncé, et, pour ma part, il me semble que nous avons un effort tout particulier à réaliser sur le renseignement sous toutes ses formes :

On a besoin d'ouvrir un chapitre nouveau dans le chapitre de l'observation et du renseignement. Un observateur me disait que la capacité de renseignement française était de 1 à 10 par rapport à la capacité britannique - qu'on vante rarement par rapport à celle des Américains, et en tout cas, les moyens du renseignement américain sont de 10 à 1 par rapport à ceux du Royaume-Uni.

J'ajoute pour ma part, quelques réflexions supplémentaires. On sait que nous serons confrontés de plus en plus à des ennemis qui utilisent les populations humaines comme des boucliers pour exercer leurs activités terroristes, et n'hésitent pas à se fondre, pour cela, au sein des populations civiles.

Je pense qu'il faudrait donc mener une réflexion sur les armes non létales, car rien n'est plus néfaste que de toucher les civils dans les situations de guérilla. Cela crée de nouveaux martyrs, et, de fait, les groupes terroristes comptent généralement là-dessus. Lancer un nouveau concept de guerres, indolores autant que faire se peut, est à mon avis une nécessité stratégique évidente.

Il faut travailler non plus sur des armes qui tuent, mais sur des armes qui neutralisent.

mardi, 25 juillet 2006

AREVA ou le coup des autoroutes : bis repetita non placent...

Je sens venir le coup de loin : le gouvernement avait privatisé les Auroroutes de France juste au moment où elles commençaient à tourner à plein régime, et maintenant, cela va être le tour d'AREVA au moment même où plusieurs pays, alarmés par les hausses et l'épuisement du pétrole, frappent à la porte : USA, Chine et Inde, rien que cela. Précisons, en effet, que la principale filiale du groupe AREVA est spécialisée dans la construction de centrales nucléaires.

Oh, bien sûr, Dominique de Villepin a suspendu la privatisation du groupeen octobre 2005, vraisemblablement pour faciliter celles d'EDF et de GDF.

Argument invoqué pour légitimer la privatisation d'AREVA, son insuffisance de taille et de trésorerie ne permettent pas d'assurer les investissements nécessaires pour se développer et pour faire face aux chantiers qui l'attendent.

Actuellement, c'est le CEA le plus gros actionnaire d'AREVA : 79% des actions. Le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) est un organisme public. Compte-tenu du marché porteur, il me semble que l'on pourrait joeur sur deux cordes : outre le CEA, l'état français possède 5.9% des actions AREVA : une émission d'actions pourrait augmenter la capitalisation du groupe, en prenant garde, toutefois, que l'addition CEA+ Etat ne passe pas en-dessous de 51%, et, seconde option, puisqu'AREVA est assurée de réaliser des bénéfices conséquente,s pourquoi l'état français ne lui consentirait-il pas les fonds nécessaires à de nouveaux investissements.

Il s'agit là de solutions pragmatiques qui ne laisseraient pas à la merci de capitaux flottants et internationaux, un secteur tout à fait stratégique, à l'heure où de surcroît ses lendemains sont prometteurs... 

 

Souhaitons que l'actuel gouvernement, ni le suivant, d'ailleurs, ne cède aux sirènes de l'ultra-libéralisme dogmatique qui pose a priori que toute entreprise privée est nécessairement plus performante qu'une entreprise publique.