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vendredi, 23 octobre 2009

Ne confondons pas immigrés et réfugiés de guerre...

C'est paradoxalement chez un parlementaire UMP, Étienne Pinte, que j'ai trouvé le ton le plus juste pour exprimer mon sentiment à propos de l'expulsion récente des Afghans.

La France est le pays des droits de l'homme. J'estime que nous n'avons pas à renvoyer contraints et forcés des réfugiés qui ont fui leur pays en guerre. D'autant que le ministère des affaires étrangères lui-même reconnaît que l'insécurité a augmenté depuis plusieurs semaines, à Kaboul comme dans le reste de l'Afghanistan []

Je ne conteste pas la politique d'immigration du gouvernement dans son ensemble. Mais je ne comprends pas ce premier vol groupé depuis cinq ans, d'autant qu'il restait la solution de la solidarité européenne.

La gauche qui s'y entend à jouer la petite musique du choeur des pleureuses en a a profité pour faire retentir son habituelle démagogie sur l'immigration. Or, il ne faut en aucun cas tomber dans cette confusion orchestrée, avec des intérêts divers, et par l'opposition de gauche, et par le pouvoir : l'accueil des réfugiés de guerre (que l'on espère temporaire, puisque nous aspirons à restaurer la paix en Afghanistan, d'où la présence de nos forces armées) ne saurait se confondre avec l'immigration dans son ensemble.

Il n'en reste pas moins qu'il faut fixer nos limites : potentiellement, une grosse partie de la population afghane pourrait se réclamer du statut de réfugiés de guerre : que fait-on, dans ce cas-là ? Par ailleurs, il y a certains individus, parmi les Afghans clandestins que cela ne me gêne pas trop de renvoyer dans leur pays : France-info donnait ce matin la parole à l'un d'entre eux, passeur de son état, qui estimait devoir désormais rejoindre les Talibans pour pouvoir vivre et gagner de l'argent...Eh bien qu'il y aille !

Éric Besson croit avoir levé le lièvre en demandant si le fait qu'un pays soit en guerre vaut titre de séjour en France. A vrai dire, il faut admettre, en effet que es réfugiés de guerre n'entrent pas dans le champ de la convention de 1948 ni des protocoles additionnels de 1977. Éric Besson le sait sans doute bien, voilà pourquoi il estime la France dans son bon droit, et ce, même s'il existe d'autres textes sur ces réfugiés (Conventions de Genève de 1949 sur la protection des victimes de guerre et le Protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949 relatif à la protection des victimes de conflits armés internationaux).

La simple humanité n'en commande pas moins de considérer avec beaucoup d'attention les réfugiés de ce pays : et une harmonisation du droit d'asile européen pourrait à cet effet dénouer une certain nombre de situations aussi inextricables qu'ubuesques. Aussi, la réaction récente de Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem me paraît particulièrement sensée et adaptée :

« Il faut aller vers une réforme et une harmonisation du droit d’asile en Europe. Cela devrait être une des priorités du Conseil européen des 29 et 30 octobre. La seule façon d’aider les pays du sud de l’Europe, c’est en effet de réformer la convention de Dublin : un réfugié devrait pouvoir demander l’asile dans le pays européen de son choix et non plus obligatoirement dans le premier pays où il est supposé avoir posé le pied. En attendant, il est inadmissible, au regard du respect des droits de l’homme, de renvoyer des réfugiés dans un pays en état de guerre. L’an dernier, selon les critères du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les conditions de retour n’étaient pas réunies en Afghanistan. Je ne vois malheureusement pas en quoi cette situation se serait, depuis, améliorée. »

 

Commentaires

Le problème de Calais...J'ai aimé la position de Marielle en nuance, le travail sera long. :((

Écrit par : Martine | vendredi, 23 octobre 2009

Je ne suis pas du tout d'accord avec vous. D'abord, ce préambule : "La France est le pays des droits de l'homme". Qu'est-ce que ça veut dire ? La France est un État, comme n'importe quel autre, c'est-à-dire une entité politique. Nous ne sommes ni n'avons jamais été je ne sais quel "pays des droits de l'homme", ce qui ne signifie rien.

Ensuite, ces trois personnes (trois, n'est-ce pas : il rentre à peu près 100 000 clandestins par an dans ce pays "des droits de l'homme"...) viennent d'un pays en guerre. Soit. Et alors ? Il doit y avoir environ une centaine de millions d'hommes qui vivent dans des pays en guerre : sommes-nous tenus, par "droits-de-l'hommisme" de les héberger tous ? De les nourrir ? De supporter leurs récriminations prochaines ? Au nom de quoi ?

De plus, quand on vit dans un pays en guerre, et les Européens ont vécu cela aussi souvent que tous les autres hommes, on s'engage dans la guerre ou l'on s'efforce d'y mettre fin, ou les deux. Plutôt que de courir se réfugier dans les bras du gros cousin riche et lointain.

Fuir la guerre, c'est se fuit soi-même : nous ne devons rien à ces gens-là.

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 23 octobre 2009

J'ai oublié ceci : tous ces clandestins en réalité ne fuient pas la guerre, ils viennent chercher la quiétude économique, l'assistanat tranquille. Ils fuient la réalité, leur réalité.

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 23 octobre 2009

@ Didier Goux
c'est donc avec Étienne Pinte, député UMP que vous n'êtes pas d'accord. Je ne suis pas partisan d'invoquer les droits de l'homme à tout va, mais il faut faire la part des choses entre l'immigration économique et les réfugiés de guerre.
Quant à la question de l'hébergement d'une masse considérable d'individus, je la pose aussi, bien sûr.
Cela dit, mettez-vous à leur place...

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 23 octobre 2009

Mais c'est quoi, cette notion de "réfugiés de guerre" ? Si deux pays entrent en guerre, l'Europe est censée accueillir tout le monde ? C'est non seulement absurde, mais méprisant : les pays qui se font la guerre doivent assumer ce qu'ils font, sinon ils abdiquent leur indépendance politique.

La guerre est inhérente à l'homme, elle le sera probablement toujours. Il va de soi qu'elle entraîne toujours le même cortège de misères et de mort. Mais c'est une chose à assumer en totalité, sous peine de cesser d'être homme pour devenir bétail.

"Mettez-vous à leur place", dites-vous ? Certainement pas ! Je tiens, moi, les Afghans pour un peuple à part entière et leur laisse le pouvoir de se dépatouiller eux-mêmes de leur Histoire. Pensez-vous que les Afghans se soient "mis à notre place", lorsque les armées allemandes ont dévalé la France en mai-juin quarante ? Non, bien sûr. Et ils ont eu parfaitement raison de ne pas le faire : ce n'était pas leur problème.

Écrit par : Didier Goux | vendredi, 23 octobre 2009

Eh ben, sans aide et appui hors de nos frontières, qu'aurait été la résistance?
Oublier un peu rapidement le sang versé de certains pays du sud entre autres pour nous aider, mais aussi de nombreux de nos villageois.
Vraiment à se demander qui est bétail et qui est homme, ou alors l'homme=bétail si l'on suit la théorie de Mister G.

Écrit par : Martine | vendredi, 23 octobre 2009

Eh ben, sans aide et appui hors de nos frontières, qu'aurait été la résistance?
Oublier un peu rapidement le sang versé de certains pays du sud entre autres pour nous aider, mais aussi de nombreux de nos villageois.
Vraiment à se demander qui est bétail et qui est homme, ou alors l'homme=bétail si l'on suit la théorie de Mister G.

Écrit par : Martine | vendredi, 23 octobre 2009

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