vendredi, 20 janvier 2012

Partons d'Afghanistan !

La mort dramatique de soldats français en Afghanistan ne fait que me confirmer dans mon sentiment. Nous n'avons rien à faire là-bas. Je crois, hélas, que rien ne peut empêcher les Talibans de reprendre le pouvoir là-bas. Il m'a fait rire (amèrement, il est vrai) Jacques Follorou du quotidien Le Monde. Il donne encore foi au mythe d'une armée nationale afghane. Bah, le recrutement y est effectué à la hâte, et les motivations des recrues sont d'ordre alimentaire : c'est la gamelle qui les attire, certainement pas la fierté nationale. Pas étonnant d'y retrouver des infiltrés qui eux ont une véritable motivation puisqu'ils sont portés par l'islamisme militant des Talibans.

Fumisterie. Karzaï s'est montré en-dessous de tout. On ne devrait jamais soutenir un gouvernement corrompu, ce devrait être une ligne directrice de notre diplomatie. Les populations afghanes n'ont aucune sorte d'affection pour nous, quelle que soit l'aide y compris humanitaire que la France ait pu apporter.

En réalité, la seule manière de venir à bout des Talibans serait de leur mener une véritable guerre, à la manière de ce qui a été fait pendant la Seconde Guerre Mondiale contre les nazis pour dénazifier le pays. Les enjeux géostratégiques là-bas sont bien trop peu importants au regard de cette époque pour justifier pour l'Occident de passer en économie de guerre. 

Les Afghans préfèrent les Talibans, en dépit de leur barbarie, aux oligarques féodaux et corrompus du régime actuel. On peut le comprendre, même si c'est navrant.

Nous savons tous très bien ce qu'il se passera une fois les troupes occidentales parties : le régime de Karzaï, en dépit de ses rotomondades et de ses tentatives de négociation avec les Talibans, s'effondrera comme un château de cartes.

Les Afghans ne sont pas nos alliés, encore moins nos amis. Tout ce que nous pouvons faire, c'est offrir l'asile politique aux libéraux afghans, ou alors, nous replier là où l'Islam est plus doux, les êtres humains plus affables : dans la zone tadjike au Panshir, là d'où venait le Commandant Massoud. Si, bien sûr, on nous demande de l'aide là-bas.

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lundi, 12 avril 2010

On ne peut plus rien pour l'Afghanistan

Je suis consterné par l'évolution de Hamid Karzaï. Quand je pense que j'ai cru, plus jeune, que cet homme pouvait être un avenir pour son pays...En Afghanistan, la corruption a atteint un sommet sans équivalent. Non seulement toute l'adminsitration de Karzaï est corrompue, à commencer par la police, mais en plus, ce sinistre individu tente de récupérer le mécontentement populaire dans certaines régions en cassant du sucre sur le dos des alliés et en évoquant des alliances avec des Talibans.

L'Afghanistan, c'est une faillite locale, c'est aussi une faillite internationale. Je crois que l'on ne peut plus mener une guerre du passé où que ce soit dans le monde. On ne peut plus s'engager dans une bataille sans se demander D'ABORD ce que l'on va faire APRÈS ! On ne peut plus se lancer à l'attaque sans avoir prévu des infrastructures d'urgence et un plan solide pour installer immédiatement une administration formée et intègre. On ne peut plus favoriser des forces politiques sans s'être assurés de son intégrité, et, si possible de ses moeurs démocratiques.

Cela me fait mal au coeur de dire cela, mais je crois que la France doit désormais se retirer d'Afghanistan : qu'avons-nous à y faire ? Il n'y a pas d'alternative là-bas. Je sais que l'Iran et la Chine sont sur les rangs, mais, à tout prendre, je préfère qu'il y ait là-bas un pouvoir sous contrôle, même si ce n'est pas le mien, qu'une anarchie générale génératrice de dangers toujours plus prégnants. Oui, il vaut mieux un Afghanistan sous contrôle de l'Iran, car l'Iran est un état reconnu avec lequel on peut négocier, qu'un Afghanistan en proie au chaos.

A moins de s'engager dans une véritable guerre, très lourde, coûteuse en moyens et en vies, je ne vois pas d'autre issue. J'ajouterai une autre remarque d'ordre tactique, cette fois : nous ne pouvons plus non plus nous permettre des guerres avec tant de pertes en hommes. Il me semble que des drones très sophistiqués sont désormais la voie sur laquelle il faut travailler pour lutter contre les guérillas. Des drones capables de s'infiltrer partout, pilotés par des êtres humains, à distance, mais assistés de puissants systèmes informatiques et satellites, capables de faire la différence entre des villageois et une unité de combat ennemie, discrets et autonomes. Le gouvernement américain est assez loin du compte pour l'instant, puisqu'il privilégie des assassinats ciblés avec apparemment pas mal de dommages collatéraux. Des drones ne devraient pas être de simples missiles guidés très perfectionnés.

On n'y est pas encore, très clairement, mais je pense que la recherche militaire devrait s'orienter dans cette direction.

 

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samedi, 26 décembre 2009

Les Afghanes plutôt que les Afghans

On a beaucoup parlé des expulsés Afghans, dans l'actualité, il y a deux semaines, mais on oublie bien souvent d'évoquer les Afghanes. A vrai dire, concernant les Afghans, si je puis comprendre que l'on cherche à fuir un pays en proie à la guerre civile et à la corruption, je ne suis pas toujours certain d'éprouver une très grande sympathie pour eux : en effet, le sort que l'écrasante majorité d'entre eux réserve aux Afghanes, avec ou sans taliban m'amène à ne pas les considérer exclusivement comme des victimes.

Au final, si je suis pas nécessairement convaincu qu'il soit légitime d'accueillir des Afghans, je pense, en revanche, que cela l'est totalement pour les Afghanes auxquelles les droits les plus élémentaires sont refusés par à peu près tous en Afghanistan.

 

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samedi, 28 novembre 2009

Afghanistan et Irak, l'autre stratégie

J'écoutais avec très grand intérêt, hier, ce que disait un spécialiste du Moyen-Orient à propos des guerres en cours en Irak et en Afghanistan ; il expliquait notamment qu'il y a là-bas une organisation de la société qui est totalement étrangère à l'Occident et particulièrement aux Américains : les tribus. Et pour cause, l'Amérique s'est constituée en grand partie sur l'organisation sur l'élimination des tribus indiennes !

Il faut donc repenser une stratégie complètement nouvelle dans laquelle les chefs militaires américains et d'autres pays puissent prendre contact avec chaque chef de tribu et nouer des relations privilégiées avec eux. Cela signifie de sectoriser les terres concernées, en terme d'organisation géostratégique, de manière à ce que chacune comporte un commandement militaire au plus proche des chefs tribaux avec des généraux et des gradés connaisseurs de la langue et de la culture de chaque tribu, quitte à mettre en place une spécialisation par secteur. De nouveaux Lawrence d'Arabie, en somme. Bien sûr, l'honneur, la fidélité, le protocole prennent une importance prépondérante dans une telle organisation : il convient d'offrir des cadeaux aux chefs tribaux et d'asseoir leur autorité.

Il va de soi qu'il ne faut pas faire la très grave erreur de confondre chefs tribaux et seigneurs de guerre : s'appuyer sur les chefs tribaux, c'est une certaine garantie de paix, alors que les seigneurs de la guerre amènent le sang et le malheur partout où ils opèrent.Quand Karzaï est arrivé au pouvoir, il a eu l'idée géniale de convoquer une Loyya Jirga (Assemblée des chefs de tribu) : il fallait continuer dans cette voie. Quelle erreur de l'avoir abandonnée. Le pouvoir centralisé ne convient pas, à l'heure actuelle, à l'Afghanistan. Il faut en prendre acte et repenser toute la stratégie diplomatique des Européens et des Américains, même si c'est évidemment long et délicat. Il faut aussi commencer par ne pas bombarder les émissaires des tribus qui se rendent en ambassade à Kaboul, ce qui s'est produit récemment. Ce genre d'erreurs est impardonnable. Il eût au minimum fallu proposer de très forts dédommagements en essayant de suivre le code judiciaire des tribus concernées.

La seule consolation des Américains, c'est qu'Al Qaeda ne gère guère mieux les tribus qu'eux, ce qui explique que les actes de résistance soient surtout le fait de locaux.

Il n'est pas trop tard pour tout reprendre à zéro, et Obame cherche de nouvelles manières de faire pour trouver une issue à ce conflit. Il est grand temps de changer notre logiciel géopolitique et géostratégique là-bas...

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vendredi, 23 octobre 2009

Ne confondons pas immigrés et réfugiés de guerre...

C'est paradoxalement chez un parlementaire UMP, Étienne Pinte, que j'ai trouvé le ton le plus juste pour exprimer mon sentiment à propos de l'expulsion récente des Afghans.

La France est le pays des droits de l'homme. J'estime que nous n'avons pas à renvoyer contraints et forcés des réfugiés qui ont fui leur pays en guerre. D'autant que le ministère des affaires étrangères lui-même reconnaît que l'insécurité a augmenté depuis plusieurs semaines, à Kaboul comme dans le reste de l'Afghanistan []

Je ne conteste pas la politique d'immigration du gouvernement dans son ensemble. Mais je ne comprends pas ce premier vol groupé depuis cinq ans, d'autant qu'il restait la solution de la solidarité européenne.

La gauche qui s'y entend à jouer la petite musique du choeur des pleureuses en a a profité pour faire retentir son habituelle démagogie sur l'immigration. Or, il ne faut en aucun cas tomber dans cette confusion orchestrée, avec des intérêts divers, et par l'opposition de gauche, et par le pouvoir : l'accueil des réfugiés de guerre (que l'on espère temporaire, puisque nous aspirons à restaurer la paix en Afghanistan, d'où la présence de nos forces armées) ne saurait se confondre avec l'immigration dans son ensemble.

Il n'en reste pas moins qu'il faut fixer nos limites : potentiellement, une grosse partie de la population afghane pourrait se réclamer du statut de réfugiés de guerre : que fait-on, dans ce cas-là ? Par ailleurs, il y a certains individus, parmi les Afghans clandestins que cela ne me gêne pas trop de renvoyer dans leur pays : France-info donnait ce matin la parole à l'un d'entre eux, passeur de son état, qui estimait devoir désormais rejoindre les Talibans pour pouvoir vivre et gagner de l'argent...Eh bien qu'il y aille !

Éric Besson croit avoir levé le lièvre en demandant si le fait qu'un pays soit en guerre vaut titre de séjour en France. A vrai dire, il faut admettre, en effet que es réfugiés de guerre n'entrent pas dans le champ de la convention de 1948 ni des protocoles additionnels de 1977. Éric Besson le sait sans doute bien, voilà pourquoi il estime la France dans son bon droit, et ce, même s'il existe d'autres textes sur ces réfugiés (Conventions de Genève de 1949 sur la protection des victimes de guerre et le Protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949 relatif à la protection des victimes de conflits armés internationaux).

La simple humanité n'en commande pas moins de considérer avec beaucoup d'attention les réfugiés de ce pays : et une harmonisation du droit d'asile européen pourrait à cet effet dénouer une certain nombre de situations aussi inextricables qu'ubuesques. Aussi, la réaction récente de Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem me paraît particulièrement sensée et adaptée :

« Il faut aller vers une réforme et une harmonisation du droit d’asile en Europe. Cela devrait être une des priorités du Conseil européen des 29 et 30 octobre. La seule façon d’aider les pays du sud de l’Europe, c’est en effet de réformer la convention de Dublin : un réfugié devrait pouvoir demander l’asile dans le pays européen de son choix et non plus obligatoirement dans le premier pays où il est supposé avoir posé le pied. En attendant, il est inadmissible, au regard du respect des droits de l’homme, de renvoyer des réfugiés dans un pays en état de guerre. L’an dernier, selon les critères du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les conditions de retour n’étaient pas réunies en Afghanistan. Je ne vois malheureusement pas en quoi cette situation se serait, depuis, améliorée. »

 

17:59 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, guerre, réfugiés, modem, sarnez | | |  Facebook

lundi, 07 septembre 2009

Je ne sais quoi penser de Karzaï

Je viens de lire avec beaucoup d'attention l'entretien d'Hamid Karzaï avec Renaud Girard dans le Figaro. A vrai dire, je ne sais plus trop quoi penser. Je suis très choqué de la voir s'allier avec d'authentiques criminels comme Dostom et  Sayyaf qui ont commis les pires atrocités, j'ai été exaspéré par son intertie contre la loi qui est passée sur les femmes hazaras refusant des faveurs sexuelles à leurs maris, mais, quand je consulte son bilan tel qu'il le présente, je me demande parfois s'il y avait moyen de faire mieux que ce qu'il a fait.

Son bilan économique est en effet assez bon, compte-tenu de la situation de départ, puisqu'il parvient, désormais, à attirer de gros investisseurs. En revanche, sur l'agriculture, c'est un échec total : le pays aurait les moyens d'être auto-suffisant si le blé remplaçait les cultures illicites. Le problème, comme l'observe Karzaï avec bon sens, c'est que l'on ne peut pas détruire toutes les cultures de pavot d'un coup sans risquer de provoquer des révoltes paysannes monumentales.

En fait, je crois que sur la drogue, il n'y a aucune solution si une alternative rentable n'est pas proposée aux paysans afghans. Le gouvernement afghan devrait obtenir le droit de la part de l'OMC d'hyper-protéger son agriculture en taxant toutes les importations. Européens et Américains pourraient s'entendre afin de mettre en place un plan pour l'agriculture afghane. Je crois que cela nous coûterait moins cher que de devoir lutter constamment contre le traffic de drogue qui gangrène tout le pays.

A mon avis, rien n'est possible dans ce pays sans commencer avant toutes choses par s'occuper de ce secteur.

Il existe en Afghanistan d'exceptionnels gisements de métaux ; mais l'Afghanistan devrait prendre garde aux multinationales rapaces qui pourraient venir assécher les ressources de ce pays sans qu'une once de profit n'en revienne à ses habitants.

La situation est difficile : même en Amérique, la population est majoritairement hostile à la poursuite de la guerre. Obama a fait le bon choix en faisant de la protection de la population afghane une priorité. Mais il faut la mettre en oeuvre, maintenant.

Karzaï est prêt à conclure des accords avec les Talibans parce que pour lui, la priorité absolue, c'est la paix. La paix, parce que la paix, pour son projet politique et économique, c'est du temps supplémentaire.

Enfin, Karzaï ne conteste pas les fraudes mais il dit qu'il ne peut pas les contrôler. Il a déclaré donner tout pouvoir à la commission électorale. S'il le fait vraiment, ce sera tout à son honneur. A vrai dire, la commission électorale met largement en cause ses partisans, ce matin...

A vrai dire, j'apprécie  Abdullah Abdullah, l'ancien aide de camp de Massoud. Un type bien, honnête et correct. Mais...peut-on diriger l'Afghanistan quand on est un tadjik ?...Sacrée difficulté dans un pays perclus de luttes intestines et tribales.

11:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, karzaï, abdullah | | |  Facebook

lundi, 18 mai 2009

Le Général Morillon observera le processus électoral en Afghanistan

Le général Philippe Morillon (MoDem, France) a été officiellement nommé Chef  de la mission d'observation de l'UE pour les élections en Afghanistan qui se dérouleront le 20 août prochain.

Cette proposition faite par la Commission européenne a été entérinée aujourd'hui par le Conseil Affaires Générales et Relations extérieures.

Le Général Morillon a  été choisi en raison des liens étroits tissés avec ce pays depuis 10 ans. Il est notamment à l'origine de la venue du Commandant Massoud en 2001 au Parlement européen. Il est vice-président de la délégation Afghanistan du Parlement européen et membre d'honneur de la fondation Massoud.

En tant que Chef de la mission d'observation, il  aura notamment pour mission de veiller au déroulement du scrutin dans le respect des règles de démocratie, de contrôle et de transparence.

Je ne puis que me réjouir d'une telle nomination. Le Général Morillon était un ami de Massoud, homme auquel nous portons une très grande estime, sur ce blog. C'est en compagnie de François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il l'avait reçu au Parlement européen.

mercredi, 29 avril 2009

Massoud, Marielle et l'Afghanistan

Tiens, nouveau scoop en lisant le petit dictionnaire pour aimer l'Europe de Marielle de Sarnez (euro-députée MoDem). Je savais déjà que Bayrou et le Général Morillon avaient rencontré Massoud, mais j'ignorais que Marielle était de la rencontre aussi. A une époque où toute la classe politique, à l'exception de Nicole Fontaine et de Brice Lalonde, refusaient de le rencontrer, rappelons-le.

La mamière de Marielle de lui rendre hommage, du moins, je le suppose, c'est d'écrire tout un article sur l'Afghanistan non à la lettre A comme Afghanistan, mais à la lettre M comme Massoud, tant il a été emblématique de l'espoir de jours meilleurs pour ce pays si tourmenté. Marielle rapporte que Massoud était venu avertir l'Europe : il mettait en garde contre les Talibans, «un système politique qui, au nom d'un Islam dévoyé, nie les droits les plus élémentaires de la personne humaine». Il était également venu parler du Pakistan, qui constituait à ses yeux la base arrière des Talibans, et d'une organisation jusque là quasi inconnue du grand public : Al Qaeda. Comme le dit Marielle, les gouvernants tant français qu'européens restèrent sourds à ses avertissements. Le 09 septembre 2001, il était assassiné, et le 11 septembre, les Twin Towers s'effondraient...

Mais la prescience de Massoud se sera exercée jusqu'au bout : j'écrivais il y a 3 jours que la bombe nucléaire ne devait pas tomber entre les mains des Talibans. On mesure aux inquiétudes grandissantes de la communauté internationale, et à l'impéritie du pouvoir pakistanais combien Massoud avait vu juste en faisant du Pakistan la base de repli des Talibans.

Marielle dresse dans son article un portrait très sombre de l'Afghanistan : pouvoir sans légitimité, forces de la coalition considérées comme une armée d'occupation, explosion de la culture du pavot, pauvreté grandissante de la population, corruption omniprésente.

Tout comme François Bayrou, elle juge que le futur de l'Afghanistan est un enjeu fondamental . Pour la lutte contre le terrorisme, mais aussi pour la stabilité de la région. Prémonition...Depuis la rédaction de cet article, les Talibans, après avoir mis à feu et à sang l'Afghanistan, rongent désormais comme un cancer le Pakistan et sont aux portes d'Islamabad...

dimanche, 05 avril 2009

Viol légalisé ? Ouste, Karzaï !

L'information a fait à peu près le tour de la Toile : en Afghanistan, on légalise le viol conjugal et la pédophilie institutionnelle. En effet, Hamid Karzaï, par démagogie et par couardise électorale, s'apprête à faire passer dans les textes une loi Hazâra qui interdit à une épouse de se refuser à son mari et qui permet à un père ou un grand-père de marier une fillette de 9 ans à un homme mûr.

Quand je découvre ce genre d'informations, à vrai dire, je plonge dans un certain désarroi. Nous pouvons, sur nos blogs, toujours tempêter et faire du bruit, en réalité, l'impact sur le gouvernement afghan est à peu près nul. Là-bas, on est à 100 000 lieues d'Internet. Quant à nos gouvernements européens et occidentaux, je pense bien sûr qu'ils sont scandalisés et on ne peut les soupçonner de demeurer sans réactions.

En réalité, je pense qu'il suffit, et que nous n'avons plus à soutenir ce pantin de Karzaï. Ma déception est à la mesure de l'immense espoir qu'il avait fait naître dans le monde. Je le voyais en homme intelligent et avisé, il était parvenu à convoquer une loyya Jirgâ, et puis finalement, je le découvre un politicien de la pire espèce. Son gouvernement est corrompu jusqu'à la moëlle et son autorité ne s'étend pas au-delà de Kaboul.

Les Afghanes, les Afghans, nous-mêmes, je crois que nous n'en aurons jamais fini de pleurer la mort de Massoud. Quel homme, quel chef remarquable eût eu alors l'Afghanistan !

Le pire, c'est que je ne vois pas quelle solution de remplacement à Karzaï en Afghanistan. L'avenir de ce pays est trouble.

Je voudrais, à défaut, établir un parallèle. Si une loi semblable existe chez les Hazaras, c'est qu'on y considère les femmes comme moins que rien, des esclaves justes bonnes à satisfaire les pulsions sexuelles des mâles. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Sale pute en Hazara, je crois que cela se dit "o-rel-san" ou quelque chose dans le genre...La liberté est un bien précieux, plus encore pour les femmes que les hommes, tant partout on la menace de l'en priver. L'Afghanistan, c'est le règne des "o-rel-san" qui ont crû et se sont multipliés. Voilà pourquoi il faut leur mener une lutte sans merci. Ce pauvre type serait sans doute très à son aise là-bas.

Les Hazaras, en tant que chiites sont régulièrement en proie aux attaques des Talibans qui les considèrent comme des cibles prioritaires. Ce qui est fâcheux, c'est qu'au Pakistan (ils y sont aussi) les Hazaras ont généralement un bon niveau d'éducation. Il me semble, sur cette loi criminelle qu'il faudrait obtenir l'intervention d'un religieux ayant une autorité reconnue. Autre solution, demander une médiation de l'Iran.

Aux dernières nouvelles, la loi semblait prendre le chemin d'amendements mélioratifs puisque l'âge du mariage avait été repoussé à 16 ans et que la femme pouvait donner des excuses légitimes pour refuser une relation sexuelle à son mari. Mais tout ce qui a été obtenu l'a été sous la pression des gouvernements occidentaux et de l'ONU. Karzaï n'y est pour rien. Ni son assemblée qui a voté ces saloperies sans sourciller.

Karzaï est vraiment un minable : il achète la paix sociale aux Hazaras avec des concessions de m.... Il ferait mieux d'inscrire dans la loi la fin des discriminations envers les Hazaras (elles durent depuis près de 10 siècles). Bref, pour l'instant, ce type ne fait pas mieux que les Talibans. C'est à pleurer.

06:57 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, femme, karzaï, viol, orelsan | | |  Facebook

mercredi, 18 février 2009

Afghanistan, il faut manger d'abord !

Le MoDem de Boulogne-Billancourt a rendu compte d'une conférence fort intéressante sur l'Afghanistan organisée par l'ADLE (Alliance des Démocrates et des Libéraux en Europe). Il y avait là de nombreux invités, dont le Général Morillon, mais, j'ai retenu en particulier ce qu'ont dit les représentants d'un think tank basé à Kaboul, que je cite :

Hekmat KARZAÏ, président du Centre for Conflict and Peace Studies (CAPS), un think tank basé à Kaboul, a déploré que "L'UE, comme beaucoup d'autres donateurs, ne se concentre pas sur l'aide économique, notamment l'agriculture. Ainsi on construit beaucoup d'écoles chez nous. Cela part d'un bon sentiment, mais nonobstant le fait que cela créé des tensions dans les villages avec les Talibans, nous n'avons de toute manière pas d'argent pour payer des instituteurs! Mieux vaut nous laissez décider comment utiliser l'argent et apprendre de nos propres erreurs".

C'est très intéressant, parce que cette réflexion montre bien comment l'Enfer peut être pavé de bonnes intentions. Pour nous autres Européens, qui vivont dans l'abondance, le plus important, c'est l'Éducation. Nous lui donnons la primauté, et, en Afghanistan, nous poursuivons ainsi un objectif politique et philosophique qui est de lutter contre la fanatisme.

Mais pour les Afghans qui vivent dans la misère, le bien le plus précieux, c'est la nourriture. Et le secteur qui organise et produit la nourriture c'est l'agriculture. Accessoirement, là où ne sont pas cultivés des produits alimentaires, on trouve du pavot en masse pour fournir les besoins de paradis artificiels d'un Occident trop repu.

Dans l'histoire économique et industrielle des différents pays de la planète, il est très rarement arrivé qu'un décollage économique se produise sans commencer par une réforme agraire (incluant généralement une distribution des terres, puis, au fil du temps, une concentration en unités de production plus rentables).

Nous serions très bien inspirés d'écouter Hekmat Karzaï. En Europe, les biens supérieurs, ce sont l'Éducation, la santé, la culture, mais en Afghanistan, c'est l'agriculture, la nourriture. C'est à mon avis à cette aune que nous devrions repenser notre aide. Un ventre repu est plus à son aise pour écouter des conseils qu'un estomac qui crie famine.

Épicure estimait que l'âme ne pouvait trouver la paix qu'en mettant fin à toutes les agitations et les torsions qui pouvaient la troubler. Ainsi, il distinguait l'apaisement de la faim de la recherche de mets raffinés et lourds, qui, au contraire, maintenait le corps et donc l'âme dans une dynamique de désirs insatisfaits. En ce sens, il s'inscrivait dans la droite ligne de la philosophie atomiste qui postulait que tout ce qui est doit exister dans la plénitude de son être à condition que rien ne vienne la perturber; si rien ne fait défaut au corps, qu'il a tout ce qui lui est nécessaire, il peut alors profiter d'un plaisir stable, (ce que les philosophes atomistes appellent plaisir catastèmatique, c'est à dire l'expression de l'équilibre des atomes qui  composent le corps).

10:15 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, agriculture, épicure | | |  Facebook

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