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lundi, 07 septembre 2009

Je ne sais quoi penser de Karzaï

Je viens de lire avec beaucoup d'attention l'entretien d'Hamid Karzaï avec Renaud Girard dans le Figaro. A vrai dire, je ne sais plus trop quoi penser. Je suis très choqué de la voir s'allier avec d'authentiques criminels comme Dostom et  Sayyaf qui ont commis les pires atrocités, j'ai été exaspéré par son intertie contre la loi qui est passée sur les femmes hazaras refusant des faveurs sexuelles à leurs maris, mais, quand je consulte son bilan tel qu'il le présente, je me demande parfois s'il y avait moyen de faire mieux que ce qu'il a fait.

Son bilan économique est en effet assez bon, compte-tenu de la situation de départ, puisqu'il parvient, désormais, à attirer de gros investisseurs. En revanche, sur l'agriculture, c'est un échec total : le pays aurait les moyens d'être auto-suffisant si le blé remplaçait les cultures illicites. Le problème, comme l'observe Karzaï avec bon sens, c'est que l'on ne peut pas détruire toutes les cultures de pavot d'un coup sans risquer de provoquer des révoltes paysannes monumentales.

En fait, je crois que sur la drogue, il n'y a aucune solution si une alternative rentable n'est pas proposée aux paysans afghans. Le gouvernement afghan devrait obtenir le droit de la part de l'OMC d'hyper-protéger son agriculture en taxant toutes les importations. Européens et Américains pourraient s'entendre afin de mettre en place un plan pour l'agriculture afghane. Je crois que cela nous coûterait moins cher que de devoir lutter constamment contre le traffic de drogue qui gangrène tout le pays.

A mon avis, rien n'est possible dans ce pays sans commencer avant toutes choses par s'occuper de ce secteur.

Il existe en Afghanistan d'exceptionnels gisements de métaux ; mais l'Afghanistan devrait prendre garde aux multinationales rapaces qui pourraient venir assécher les ressources de ce pays sans qu'une once de profit n'en revienne à ses habitants.

La situation est difficile : même en Amérique, la population est majoritairement hostile à la poursuite de la guerre. Obama a fait le bon choix en faisant de la protection de la population afghane une priorité. Mais il faut la mettre en oeuvre, maintenant.

Karzaï est prêt à conclure des accords avec les Talibans parce que pour lui, la priorité absolue, c'est la paix. La paix, parce que la paix, pour son projet politique et économique, c'est du temps supplémentaire.

Enfin, Karzaï ne conteste pas les fraudes mais il dit qu'il ne peut pas les contrôler. Il a déclaré donner tout pouvoir à la commission électorale. S'il le fait vraiment, ce sera tout à son honneur. A vrai dire, la commission électorale met largement en cause ses partisans, ce matin...

A vrai dire, j'apprécie  Abdullah Abdullah, l'ancien aide de camp de Massoud. Un type bien, honnête et correct. Mais...peut-on diriger l'Afghanistan quand on est un tadjik ?...Sacrée difficulté dans un pays perclus de luttes intestines et tribales.

dimanche, 05 avril 2009

Viol légalisé ? Ouste, Karzaï !

L'information a fait à peu près le tour de la Toile : en Afghanistan, on légalise le viol conjugal et la pédophilie institutionnelle. En effet, Hamid Karzaï, par démagogie et par couardise électorale, s'apprête à faire passer dans les textes une loi Hazâra qui interdit à une épouse de se refuser à son mari et qui permet à un père ou un grand-père de marier une fillette de 9 ans à un homme mûr.

Quand je découvre ce genre d'informations, à vrai dire, je plonge dans un certain désarroi. Nous pouvons, sur nos blogs, toujours tempêter et faire du bruit, en réalité, l'impact sur le gouvernement afghan est à peu près nul. Là-bas, on est à 100 000 lieues d'Internet. Quant à nos gouvernements européens et occidentaux, je pense bien sûr qu'ils sont scandalisés et on ne peut les soupçonner de demeurer sans réactions.

En réalité, je pense qu'il suffit, et que nous n'avons plus à soutenir ce pantin de Karzaï. Ma déception est à la mesure de l'immense espoir qu'il avait fait naître dans le monde. Je le voyais en homme intelligent et avisé, il était parvenu à convoquer une loyya Jirgâ, et puis finalement, je le découvre un politicien de la pire espèce. Son gouvernement est corrompu jusqu'à la moëlle et son autorité ne s'étend pas au-delà de Kaboul.

Les Afghanes, les Afghans, nous-mêmes, je crois que nous n'en aurons jamais fini de pleurer la mort de Massoud. Quel homme, quel chef remarquable eût eu alors l'Afghanistan !

Le pire, c'est que je ne vois pas quelle solution de remplacement à Karzaï en Afghanistan. L'avenir de ce pays est trouble.

Je voudrais, à défaut, établir un parallèle. Si une loi semblable existe chez les Hazaras, c'est qu'on y considère les femmes comme moins que rien, des esclaves justes bonnes à satisfaire les pulsions sexuelles des mâles. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Sale pute en Hazara, je crois que cela se dit "o-rel-san" ou quelque chose dans le genre...La liberté est un bien précieux, plus encore pour les femmes que les hommes, tant partout on la menace de l'en priver. L'Afghanistan, c'est le règne des "o-rel-san" qui ont crû et se sont multipliés. Voilà pourquoi il faut leur mener une lutte sans merci. Ce pauvre type serait sans doute très à son aise là-bas.

Les Hazaras, en tant que chiites sont régulièrement en proie aux attaques des Talibans qui les considèrent comme des cibles prioritaires. Ce qui est fâcheux, c'est qu'au Pakistan (ils y sont aussi) les Hazaras ont généralement un bon niveau d'éducation. Il me semble, sur cette loi criminelle qu'il faudrait obtenir l'intervention d'un religieux ayant une autorité reconnue. Autre solution, demander une médiation de l'Iran.

Aux dernières nouvelles, la loi semblait prendre le chemin d'amendements mélioratifs puisque l'âge du mariage avait été repoussé à 16 ans et que la femme pouvait donner des excuses légitimes pour refuser une relation sexuelle à son mari. Mais tout ce qui a été obtenu l'a été sous la pression des gouvernements occidentaux et de l'ONU. Karzaï n'y est pour rien. Ni son assemblée qui a voté ces saloperies sans sourciller.

Karzaï est vraiment un minable : il achète la paix sociale aux Hazaras avec des concessions de m.... Il ferait mieux d'inscrire dans la loi la fin des discriminations envers les Hazaras (elles durent depuis près de 10 siècles). Bref, pour l'instant, ce type ne fait pas mieux que les Talibans. C'est à pleurer.