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lundi, 12 avril 2010

On ne peut plus rien pour l'Afghanistan

Je suis consterné par l'évolution de Hamid Karzaï. Quand je pense que j'ai cru, plus jeune, que cet homme pouvait être un avenir pour son pays...En Afghanistan, la corruption a atteint un sommet sans équivalent. Non seulement toute l'adminsitration de Karzaï est corrompue, à commencer par la police, mais en plus, ce sinistre individu tente de récupérer le mécontentement populaire dans certaines régions en cassant du sucre sur le dos des alliés et en évoquant des alliances avec des Talibans.

L'Afghanistan, c'est une faillite locale, c'est aussi une faillite internationale. Je crois que l'on ne peut plus mener une guerre du passé où que ce soit dans le monde. On ne peut plus s'engager dans une bataille sans se demander D'ABORD ce que l'on va faire APRÈS ! On ne peut plus se lancer à l'attaque sans avoir prévu des infrastructures d'urgence et un plan solide pour installer immédiatement une administration formée et intègre. On ne peut plus favoriser des forces politiques sans s'être assurés de son intégrité, et, si possible de ses moeurs démocratiques.

Cela me fait mal au coeur de dire cela, mais je crois que la France doit désormais se retirer d'Afghanistan : qu'avons-nous à y faire ? Il n'y a pas d'alternative là-bas. Je sais que l'Iran et la Chine sont sur les rangs, mais, à tout prendre, je préfère qu'il y ait là-bas un pouvoir sous contrôle, même si ce n'est pas le mien, qu'une anarchie générale génératrice de dangers toujours plus prégnants. Oui, il vaut mieux un Afghanistan sous contrôle de l'Iran, car l'Iran est un état reconnu avec lequel on peut négocier, qu'un Afghanistan en proie au chaos.

A moins de s'engager dans une véritable guerre, très lourde, coûteuse en moyens et en vies, je ne vois pas d'autre issue. J'ajouterai une autre remarque d'ordre tactique, cette fois : nous ne pouvons plus non plus nous permettre des guerres avec tant de pertes en hommes. Il me semble que des drones très sophistiqués sont désormais la voie sur laquelle il faut travailler pour lutter contre les guérillas. Des drones capables de s'infiltrer partout, pilotés par des êtres humains, à distance, mais assistés de puissants systèmes informatiques et satellites, capables de faire la différence entre des villageois et une unité de combat ennemie, discrets et autonomes. Le gouvernement américain est assez loin du compte pour l'instant, puisqu'il privilégie des assassinats ciblés avec apparemment pas mal de dommages collatéraux. Des drones ne devraient pas être de simples missiles guidés très perfectionnés.

On n'y est pas encore, très clairement, mais je pense que la recherche militaire devrait s'orienter dans cette direction.