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mercredi, 27 janvier 2010

Google-Chine,la guerre froide a commencé

La hache de guerre est déterrée entre Google et la Chine. Fabrice Epelboin détaille avec précision les multiples facettes du combat qui s'engage. Il faut dire que Google dispose désormais de l'appui du gouvernement américain : qualifier l'attaque contre les serveurs de Google de Pearl Harbor numérique en dit long sur la manière dont Google et les USA escompte faire passer les évènements aux yeux de l'opinion publique américaine. Derrière la rhétorique martiale de Google, il y a bien sûr d'autres réalités : Google ne parvient pas à s'implanter sur le marché chinois d'une part, d'autre part les internautes ont toujours vu d'un sale oeil ses reculs face aux desiderata des Chinois sur la censure, et enfin, stratégiquement, Google a besoin de redorer son blason, particulièrement en Amérique où la loi sur les monopoles le menace en tant qu'entité économique unique. Comme l'observe avec justesse Fbrice Epelboin, c'est le bon moment pour devenir un outil stratégique majeur aux yeux du gouvernement américain, à l'heure où les deux plus grandes puissances économiques mondiales, les USA et la Chine, commencent à se regarder dans le blanc des yeux. La lutte sera d'autant plus sans merci qu'elle n'est pas véritablement idéologique mais commerciale et économique avant toutes choses. Le communisme de la Chine n'est en effet plus qu'un fard qui recouvre un pays aux réalités politiques éclatées : il s'y conjugue un capitalisme sauvage et échevelé, un zeste de communisme dans les villes, la féodalité la plus dure dans les campagnes et une superstructure bureaucratique qui coiffe le tout, du moins, jusqu'à un certain degré.

Google, comme toutes les entreprises qui ont tenté de s'implanter en Chine, a découvert que ce pays à ses règles, et que le droit qui y règne n'est pas le droit traditionnel des démocraties occidentales (il n'y a pas fondamentalement de grandes différences entre le droit latin et révolutionnaire de la France et le droit anglo-saxon, tout du moins, pas si la comparaison se fait avec le droit chinois).

Plutôt que de parler de règles, je devrais évoquer plutôt des micro-règles, pour la Chine. Comme au temps de sa plendeur, la Chine fascine et le mirage chinois est omni-présent dans la sémantique occidentale. Les yeux des entrepreneurs s'agrandissent au furt et à mesure qu'ils considèrent la taille de l'estomac consumériste chinois. La Chine est la première puissance économique d'envergure à être parvenue à un développement véritable, tout en maintenant l'existence de ces micro-règles qui en principe devraient entraver l'établissement d'un marché. Ne me demandez pas comment elles le font, je ne le sais pas.

Je crois que c'est la principale difficulté des entreprises étrangères : elles ne parviennent pas à intégrer le fonctionnement mental et civilisationnel chinois dans leurs paramètres, y compris quand elles tentent de s'allier avec une entreprise locale. J'observe, d'ailleurs, des difficultés similaires avec le Japon (une culture pourtant différente et dont le droit actuel est assez largement inspiré du droit occidental).

Il n'en reste pas moins que c'est une lutte sans merci qui se prépare, dans laquelle conflits commerciaux et conflits de valeurs se superposent les uns aux autres. En particulier, le respect de la vie privée et des libertés individuelles est, d'un point de vue commercial, largement lié à l'existence d'un droit de la consommation et des consommateurs. Sans respect de l'individu, ce droit, qui est bien une extension de la sphère commerciale, ne peut exister. En attaquant des comptes gmail, la Chine, aux yeux de Google et de l'Amérique, n'a pas seulement commis une faute morale, mais une faute commerciale. Il y a donc là les ferments d'une guerre durable où les rebondissements seront nombreux.

 

Commentaires

C'est vite oublier ceux que les Chinois eux-même, de l'intérieur, attendent en terme de démocratie et de Droits de l'Homme. Ensuite la dictature est communiste et c'est ce qu'il y a de plus terrible là-bas, car l'enrichissement et l'amélioration du niveau de vie des Chinois est le fait du capitalisme. N'inversez pas votre analyse ...

Écrit par : Philippe | mercredi, 27 janvier 2010

C'est vite oublier ce que les Chinois eux-même, de l'intérieur, attendent en terme de démocratie et de Droits de l'Homme. Ensuite la dictature est communiste et c'est ce qu'il y a de plus terrible là-bas, car l'enrichissement et l'amélioration du niveau de vie des Chinois est le fait du capitalisme. N'inversez pas votre analyse ...

Écrit par : Philippe | mercredi, 27 janvier 2010

Le travail de communication prend vraiment une tournure immense, Google risque économiquement de perdre un marché, mais se refait un visage plus que souriant à la face du monde. En temps que communicant j'y vois une nouvelle étape de franchie.

Ksi
http://googloides.blogspot.com/

Écrit par : Ksi | mercredi, 27 janvier 2010

Salut l'ami!Pour une fois, suis pas sûr que tu ne sois pas victime de tes bons sentiments et de ton fol espoir...Avec l'Acta (dont on ne commence à parler que depuis peu) je crois plutôt que la messe est presque dite et que nous en serons les victimes désignées. Nous ici étant les derniers libres penseurs (auxquels je t'inclus d'office) que la toile permet encore un peu de s'exprimer.Jette un oeil à quelques sites en pointe:
http://www.savetheinternet.com/
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/20/a-la-une/traite-acta-censure-loppsi-hadopi/
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/25/a-la-une/google-guerre-chine/
http://www.realnetneutrality.org/
et si tu as deux secondes regardes à nous faire un billet (oui, je sais, un brin présomptueux, mais on ne prête qu'aux riches dit l'axiome) sur ça qui me semble essentiel pour l'avenir:
http://www.reuters.com/article/idUSTRE60K3SK20100121
Encore mille excuses pour cette avalanche de liens, mais je crois qu'ils peuvent nous interpeller effectivement.

Écrit par : simple citoyen | mercredi, 27 janvier 2010

Je suis tout à fait d'accord sur ton analyse.
Google n'a pas du tout l'intention de quitter la Chine mais voudrait augmenter ses parts de marché.
Si j'étais chinois et en Chine je surferais sur Baidu, pour que le gouvernement ne me considère pas comme un dissident...

http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/01/16/google-puissance1-%E2%80%93-cest-pas-les-droits-de-lhomme-en-chine/

http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/01/18/google-puissance2-%E2%80%93-les-affaires-a-long-terme/

http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/01/19/google-puissance3-%E2%80%93-serveurs-bande-passante-et-cyber-power/

Écrit par : laurent | jeudi, 28 janvier 2010

Cet après-midi, j'ai regardé un reportage sur le Qatar (France5), que j'ai trouvé assez fidèle au souvenir que j'en ai encore après y avoir vécu 4 ans. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec Taïwan où je n'ai passé qu'une année (le contrat était initialement de 3 ans mais il a été ramené sans état d'âme à une seule année). Et la réflexion que je me suis faite est celle-ci : aussi bien au Qatar qu'à Taïwan, la particularité de ces deux pays est qu'ils ont su s'approprier l'économie de consommation à une vitesse hallucinante mais ils ont su garder leurs caractères culturels traditionnels, complètement différents de l'occident. Et dans cette tradition, rien n'est semblable à nous, à commencer par l'individualisme qu'ils n'ont pas autant que nous... Et la laïcité aussi. A nous d'apprendre à les comprendre. Une seule chose à retenir : ne jamais leur faire perdre la face. C'est vrai partout de toute manière. En France comme ailleurs. Même et surtout en politique ! ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | vendredi, 29 janvier 2010

Françoise, mon mari aussi a travaillé au Quatar et je peux vous dire que le maintien des traditions dans ce pays ne me fait pas rêver : je préfèrerais mille fois être femme en Chine qu'au Quatar...

Philippe, ne pas oublier qu'il y a encore une majorité de Chinois qui s'en tape des Droits de l'homme...

Écrit par : Rosa | dimanche, 31 janvier 2010

Bonjour Rosa.
Je n'ai jamais prétendu que le sort de la femme au Qatar soit meilleur qu'en Chine ! Je dis simplement que nous devons toujours dans un pays, respecter les personnes qui y vivent.
J'ai travaillé moi-même au Qatar, à la radio nationale section française et l'on ne m'a jamais obligé à rester cloîtrée chez moi, ni à porter le voile. Nous devions juste avoir une tenue correcte : jupe pas trop courte et pas de décolleté. J'ai dû aussi repasser le permis de conduire comme tous les étrangers mais au moins je pouvais conduire. Et visiblement nous étions toutes plus ou moins surveillées. Mais certaines femmes qataris travaillaient déjà et actuellement presque toutes le peuvent si elles le souhaitent. Elles ne sont plus obligées de porter la tenue noire. Elles le font pour certaines par tradition. Comme les qataris hommes gardent leur tenue blanche que pour ma part je trouve très élégante. Ils pratiquent de moins en moins la polygamie aussi. Et il n'y a aucune exploitation des enfants. Par contre la main-d'oeuvre étrangère, des pakistanais, des philipins ou des indiens étaient fort exploitée elle. Je ne sais pas si c'est toujours le cas 20 ans plus tard (comme de tricher + ou - avec la courbe des températures : il ne faisait jamais officiellement plus d'une certaine température au soleil, sinon au-delà les qataris auraient été obligés de ne pas faire travailler ces gens-là à l'extérieur). Actuellement je ne sais pas ce qu'il en est.

Vous savez Rosa, il y a en France énormément de femmes maltraitées, et cela n'est pas assez dénoncé. Ne serait-ce pas ici une belle hypocrisie de complaisance ?!
Et les postes de responsabilité qui sont plutôt masculins, aussi bien en politique d'ailleurs ?! Ou encore les salaires des hommes qui restent souvent supérieurs à ceux des femmes pour le même emploi ?!

Ne comparons surtout pas les pays entre eux pour nous sentir nous supérieurs... Découvrons avec bonheur toutes les traditions, de manière à simplement mieux communiquer. Chaque pays a son rythme de civilisation. Ce n'est pas aux autres, qui ont eux-mêmes connu des dérives pas trop chouettes, à les contraindre brutalement de changer. Il faut être patient il me semble. Et quelquefois, utiliser les échanges commerciaux comme moyens d'amélioration du respect humain, est judicieux : entre autre dénoncer l'exploitattion des enfants.

Écrit par : Françoise Boulanger | dimanche, 31 janvier 2010

"Vous savez Rosa, il y a en France énormément de femmes maltraitées, et cela n'est pas assez dénoncé"
Tout à fait d'accord avec vous !!
Je pense comme vous qu'on ne peut exiger d'aucun pays qu'il suive nos modes de développement et de pensée.
C'est justement valable pour la Chine, objet de cet article.
Non les Chinois ne sont pas prêts (ni près) à suivre notre si fameuse conception des Droits de l'homme, que nous savons si bien prêcher aux autres et si peu respecter nous-mêmes.
ils sont issus d'une autre culture qui n'a rien à voir avec nos concepts judéos-chrétiens...

Quant à Google : je suis pliée de rire qu'on puisse en faire un critère d'accès à la liberté !!!

D'accord avec toi sur ce point l'Hérétique : une bataille commercialo-commerciale et les Droits de l'homme n'ont rien à voir avec !

Écrit par : Rosa | dimanche, 31 janvier 2010

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