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mercredi, 10 novembre 2010

Pagny, tu te fous de nous...

Il est trop drôle ce Florent Pagny. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire une affaire d'état pour les propos qu'il a tenu. Ce gars-là n'est pas raciste, il faut cesser de dire n'importe quoi. En revanche, lui, il pourrait déjà commencer par apprendre à utiliser des termes exacts avant de tomber sur son fiston.

Bon, qu'il arrête de nous prendre pour des cons :

a) pas besoin de s'exiler à Miami pour éviter au fiston de parler le langage "racaille". Même dans les zones difficiles les Catholiques ont mis en place des écoles privées qui permettent d'y échapper et les familles d'origine immigrée qui accordent de l'importance à l'école ne se privent pas d'y inscrire leurs enfants.

b) le "rebeu", comme dit Pagny, c'est du français transformé. Ridicule de parler de "re-beu" dans ces conditions.

c) Pour finir, mon gars, assume un peu ton rôle de parent : les enfants qui reviennent avec des vilains mots de l'école, c'est dans toutes les écoles. Quand on n'en veut pas à la maison, il suffit de le leur dire et d'être clair. Utiliser le langage qui convient quand il faut et avec qui il faut, cela s'appelle s'adapter à la situation de communication. Une compétence sociale apprise en principe grâce à la famille...

J'aurais pu comprendre qu'une famille modeste coincée dans le 93 dérapât ainsi, mais Pagny qui est pété de tunes, c'est trop drôle. Arrête de te payer notre tête, mon gars : si tu te barres à Miami, c'est pas pour ton fiston, c'est pour ne pas payer tes impôts, point à la ligne.

13:38 Publié dans Insolite, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : pagny, impôt, école |  Facebook | | |

lundi, 08 novembre 2010

L'Église anglicane pourrait se disloquer...

Henri VIII est bon pour se retourner dans sa tombe, et l'Archevêque de Canterbury pour aller bientôt pointer au Pôle emploi britannique. Depuis la visite de Benoît XVI en Angleterre, les défections se multiplient au sein de l'Église anglicane. Après une paroisse entière à la mi-octobre, ce sont cinq évêques qui refusent les prises de position progressistes de leur hiérarchie qui ont annoncé se rallier à l'église de Rome.

La situation de l'église anglicane, au sein du christianisme est un peu particulière : elle se veut à la fois catholique et réformée (c'est à dire protestante).

A vrai dire, ces départs révèlent un clivage plus profond qu'il n'y paraît de prime abord : l'ordination des femmes, des homosexuels, entre autres, divise profondément les fidèles de cette branche du Christianisme. Une minorité, mais non négligeable, refuse cette évolution et se retrouve davantage dans les positions conservatrices du Pape.

L'Église anglicane avait comme particularité, jusqu'ici, d'accueillir un spectre plutôt élargi d'opinions sociales et sociétales. Mais les liens entre "libéraux" et "traditionalistes" se distendent fortement, sans qu'il n'existe entre eux une frange modérée capable de réaliser l'union entre les deux bords, comme en France.

De de fait, une partie de l'Église anglicane pourrait rejoindre définitivement l'Église catholique, tandis que l'autre romprait les dernières attaches.

Au Vatican, on a tout prévu pour accueillir les brebis égarées : une modification du droit canon, rien que cela ! Anglicanorum Coetibus (à des assemblées d'Anglais) permet aux Anglicans et notamment à ses ecclésiastiques de retrouver  dans l'église catholique un statut comparable au leur dans l'église anglicane. Benoît XVI est même allé très loin puisque le texte prévoit même d'autoriser, au cas par cas, des évêques mariés à le rester aux conférences épiscopales.

Bon, à vrai dire, Ronan Williams, le chef de l'église anglicane est un sacré zozo : il a tout de même estimé que les terroristes fanatiques des avions du 11 septembre pouvaient avoir des objectifs moraux sérieux, a défendu l'introduction de la Charia dans certaines parties de la législation britannique, estimé qu'une partie de la critique de Karl Marx sur la capitalisme était fondé, tout en tolérant, à côté de ces positions controversées voire douteuses, l'ordination de femmes et d'hommes homosexuels (la totale, quoi).

Bref, voilà un individu qui fait n'importe quoi et ne défend de surcroît même pas correctement sa communauté religieuse puisque c'est dans une conférence commune avec l'Archevêque catholique de Westminster qu'il a annoncé la création de l'Anglicanorum coetibus. Il me fait penser un peu à une sorte d'islamo-gauchiste mâtiné d'altermondialiste à la sauce théologie de la libération, ce gars-là...

Il pourrait donc bien être le dernier des Archevêques de Canterbory avant une possible désagrégation des communautés anglicanes.

samedi, 06 novembre 2010

Slow ? C'est pas mort...!

Tiens, il m'a presque tiré la larme de l'oeil, l'Romain, avec ses histoires de Slows. Tout un pan de notre jeunesse, à nous, quadra, quinqua et autres vieux cons. Il faut reconnaître que le Still loving you de Scorpions demeure sans égal, quoiqu'en pense notre Lyonnais quand il écoute les derniers morceaux du groupe allemand.

Certains en commentaires disent que la slow fait de la résistance : la question, c'est de déterminer où, exactement, il survit ou même réapparaît. S'agit-il de boîtes branchées pour vieux débris comme nous le sommes tous, ou bien y-a-t-il émergence (réémergence, plutôt) de ce genre de musique/danse ?

Si les d'jeuns ignorent tout du slow, ils ont du kiffer grave l'un des derniers épisodes de Secret story : Benoît (je ne sais pas qui c'est, mais TF1 et les afficionados de la série doivent connaître) finit sa soirée dans les bras de la québecoise Anne-Krystell. Tant que TF1 connaît et diffuse aux Djeuns, c'est pas foutu.

Bref, toute une époque, vents du changement ou non, qui a foutu le camp, mais qui pourrait encore surprendre...

23:34 Publié dans Insolite, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : slow, danse, scorpions |  Facebook | | |

jeudi, 04 novembre 2010

Mariages d'amour ? Les hommes volages doivent en prendre plein la g...

Je viens de lire le billet de Nicolas sur les mariages d'amour et les mariages d'intérêt. Il associe dans une synthèse intéressante les considérations de Luc Ferry sur les mariages d'amour et des statistiques de l'INSEE sur la pauvreté, qui touche principalement des familles monoparentales, c'est à dire des femmes seules avec enfants.

Nicolas propose de réhabiliter le mariage d'intérêts, quitte à vivre ses amours à côté. L'union libre et sans attaches, en somme. Pourquoi pas, mais cela demeure à discrétion de chacun.

Tout le monde connaît mon goût irrépressible pour la répression : rien que d'entendre le seul mot répression, j'en salive et bave d'avance. Je suis donc favorable à une solution répressive....

Oui, mais par pour contraindre hommes et femmes à demeurer mariés : non, une issue répressive pour faire payer et très cher les hommes qui font des enfants aux femmes et qui se barrent. Il faut les faire casquer, payer cash et allonger le maximum d'oseille, histoire qu'ils assument au moins financièrement leur paternité. 

Voilà une première proposition qui contribuerait à résorber la pauvreté des familles monoparentales.

Oh, dans mon esprit, ce n'est pas une punition pour avoir choisi de partir ailleurs, mais pour avoir laissé sa descendance sur les seuls bras de la mère. Il faut taper, et très fort. Le plus fort possible, même. 

Voilà qui devrait pousser les hommes lâches à y réfléchir à deux fois avant de refuser d'enfiler une capote.

 

13:48 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : femmes, divorce, famille, pauvreté |  Facebook | | |

mardi, 02 novembre 2010

Pas de vague à l'AME !

Les associations cherchent à nous faire pleurer avec la limitation de l'AME, mais pour ma part, je n'ai aucun remords de quelque sorte que ce soit. Les Français voient leur couverture médicale s'affaisser progressivement ; je ne vois pas pourquoi la France devrait consacrer une part non négligeable de son budget de santé à dispenser des soins à des étrangers issus de pays avec lesquels nous n'avons aucune convention.

Dès lors que l'état de santé d'étrangers en situation irrégulière pose un problème de santé publique (maladies contagieuses, par exemple) évidemment, la gratuité des soins va de soi. 

Dans les autres cas, hors de question. 30 euros par an pour bénéficier de cette aide, c'est une somme ridicule, ou presque. Nous ne sommes pas allés assez loin. Je suis d'ailleurs sidéré d'apprendre que jusqu'alors, les ascendants et les collatéraux étaient considérés comme des ayant-droit.

Il y a des abus, c'est très clair, et certains viennent se faire soigner en France sur le dos des impôts des Français.

J'ai trouvé l'argumentation de Marisol Touraine d'une démagogie aussi pitoyable qu'affligeante. 634X12, cela donne un peu plus de 7500 euros par an. 30 euros, ce n'est même pas 1% du revenu consacré à la santé. Cela représente en fait 0.5% pour des traitements qui coûtent parfois des dizaines de milliers d'euros. Il me paraît bien naturel d'exiger des étrangers en situation irrégulière de contribuer aux frais de santé, et, plus généralement, à tout étranger, sauf lorsque des conventions existent avec leurs pays d'origine.

A tous ceux qui font leur fond de commerce de hurler au loup et parlent de stigmatisation des étrangers (n'est-ce pas, messieurs et mesdames les socialistes ?), je rappelle que la France est le pays le plus généreux du monde avec les étrangers, y compris irréguliers, pour ce qui concerne la santé, comme l'observait très justement la députée marseillaise UMP Valérie Boyer.

Tiens, comme le dit la vieille sagesse populaire française que j'aime à invoquer de temps à autre, «bon, mais pas c..»...

vendredi, 29 octobre 2010

Un camouflet pour les Class Actions...

ette fois-ci c'est clair, le gouvernement renonce à mettre en place les actions de groupes en faveur de la défense des consommateurs en France. A plusieurs reprises déjà, Bercy avait reporté l'instauration dans notre pays du système des « class-actions », tout en affirmant avec une grande hypocrisie qu'il en soutenait le principe. 

Mais en installant hier la Commission de médiation de la consommation, Henri Novelli a tombé les masques et clairement pris le parti du Medef farouche opposant depuis toujours aux actions de groupe. 

Pour Robert Rochefort, spécialiste des questions de consommation, la médiation, en ce qu'elle évite des procédures judiciaires est souvent une formule excellente mais elle ne peut en aucun cas régler tous les litiges collectifs. Or elle devient un contre-feu dressé contre la mise en place des actions de groupe. Lorsque ce sont des centaines de consommateurs - voire plus - qui sont lésés pour une somme significative mais de montant modéré, seule leur mobilisation collective, en disposant d'un instrument adéquat, peux leur permettre d'obtenir réparation. C'est à la fois un droit et un moyen précieux de dissuasion à l'égard des abus, dont se sont dotés de nombreux pays.


Les médiateurs chargés de traiter les désaccords entre les entreprises et les consommateurs font souvent un travail très utile mais il leur arrive aussi de ne pas jouir de l’indépendance absolue nécessaire par rapport aux producteurs et aux distributeurs qui les rémunèrent. De plus, ils ont fréquemment des réflexes « pro-entreprises », car ils sont souvent des anciens collaborateurs ou des retraités de ces entreprises, ce qui en conséquence ne devrait jamais être le cas. 

Dès lors, on comprend que l’UFC-Que choisir et la CLCV, les deux plus importantes associations de consommateurs aient décidé de boycotter cette commission la rendant du coup encore moins crédible. 

Le droit aux actions de groupe reste donc à conquérir. Le mouvement démocrate sera aux côté des consommateurs dans ce combat, notamment à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. 

Robert ROCHEFORT 
Député européen, vice-président du Mouvement Démocrate 
Membre du Shadow Cabinet, chargé de l'Économie, de l'emploi et de l'économie solidaire

 

jeudi, 28 octobre 2010

Gare au FN qui revient en trombe !

Certains sondages prédisent à Marine Le Pen, qui n'est pas même en campagne pour la présidentielle, un score éclatant à la prochaine élection.

Je n'ai cessé de mettre en garde sur ce blogue sur le retour du Front National, et je crains que ce qu'il s'est produit en 2002 ne se reproduise en 2012.

Nicolas Sarkozy brasse du vent. On le sait. Il ne s'agit plus, dès lors, de l'enfoncer davantage, mais de bâtir un projet alternatif et d'aborder aussi les questions qui fâchent.

Les élections présidentielles ne se jouent pas sur des enjeux prioritaires (l'emploi, le pouvoir d'achat, l'éducation) mais sur des enjeux secondaires, soit qu'ils soient dérivés, soit qu'ils soient autonomes.

Je parcourais le Bondy blog, la semaine dernière, et je suis tombé sur un article qui relevait le retour des propos racistes avec la grève. Non à cause de la grève, mais parce que cette dernière fait ressortir malgré elle des tensions sous-jacentes.

Or, deux jours auparavant, j'avais écrit un billet sur l'immigration et la natalité, observant que la première n'était pas le seul horizon de la seconde. Suivaient dans l'article plusieurs préconisations. Ce que j'ai écrit, je le pense depuis longtemps, et je considère que ce sont des propos raisonnables, nullement empreints d'une quelconque forme de racisme. Plusieurs réactions sont venues me conforter, dont celle de Nicocerise, tenancier d'un blog de gauche anarchiste et libertaire.

Seulement, parmi les commentaires, j'en ai lu un qui m'a drôlement fait sursauter. Son auteur est Christian Romain, ex-MoDem que l'on pourrait situer politiquement quelque part entre la droite du PS et la gauche du MoDem.

Il me semble qu'un certain nombre des analyses et des solutions développées dans ce billet sont présentes depuis un peit moment déjà dans le programme du FN.

Je ne dis pas cela pour diaboliser ce billet ni son auteur, mais au contraire pour signaler qu'il y a dans le programme du Front National des idées et des orientations qui méritent mieux que le sort qui leur est habituellement réservé. Autant l'idéologie du FN est déplorable, autant certaines de ses propositions valent d'être étudiées ou, au moins, écoutées.

Même s'il ne l'alimente plus guère, le blogue de Christian Romain ne donne pas prise à l'ombre du moindre doute. Il ne peut être en aucun cas soupçonné de sympathie pour le FN. C'est donc tout naturellement qu'il a fait ce commentaire. Comme il insistait, en dépit de mes dénégations, je me suis rendu au chapitre "immigration" sur le site du FN afin de consulter le programme de ce parti.

Et là, je me suis pris une grosse baffe dans la gueule, parce qu'effectivement, il n'y avait guère de différences entre les mesure que je prônais et celles du Front National, et pas de très grosses différences non plus quand aux analyses sur les causes de l'immigration. 

Il y en avait une tout de même importante, pour laquelle Christian m'a d'ailleurs donné quitus : 

[...] dire que les immigrés ne viennent en France que pour les avantages matériels, c'est une réduction, une simplification, même, qui frise le procès d'intention.
Si tel était le cas, il y aurait en France des immigrés de tous les pays. Or, ceux qui viennent en France proviennent surtout des anciens pays coloniaux, de l'Afrique francophone ou de l'Indochine francophone.
Il y a donc un facteur culturel qui lie ces immigrés et la France. Un aspect essentiel que le FN occulte...

Soyons clairs : on ne fera pas refluer la vague nationaliste et réactionnaire par le seul fait d'un discours indigné et vertueux comme la gôôôche morale a pu nous en abreuver pendant des années. Il faudra prendre le taureau par les cornes et vite, et avoir des réponses solides, qui tiennent la route, sans occulter les faits. Partout en Europe, la réaction reprend du poil de la bête. Il est probable qu'elle finira par gagner la France.

Évidemment, si jamais il doit se produire que des propositions du Front Nationale figurent dans d'autres programmes, le FN aura beau jeu de faire valoir que l'original est préférable à la copie et qu'on leur vole leurs idées. Il faudra donc marcher sur des oeufs et ne pas hésiter à donner quitus au FN quand cela sera nécessaire. Il ne faut céder à aucune forme de terrorisme intellectuel : ni celui de la gauche qui ne manquera pas de hurler à la compromission avec les fascistes, ni avec les fachos (il n'y a rien de plus amusant que de les appeler les fachos, ils adorent ça...et puis ils n'ont qu'à surveiller les étals de leurs meetings politiques...) qui se vanteront d'avoir eu raison avant tout le monde.

Les mots n'appartiennent pas au Front National. Deux gouvernements peuvent très bien prendre des mesures en apparence similaires pour des raisons parfois diamétralement opposées. Et la manière d'appliquer ces mesures s'avèrera aussi très différente d'un parti politique à l'autre.

Considérons ce que disait Bayrou en 2007 : il estimait que la question de l'immigration devait être traitée au cas par cas et non par une politique du chiffre. C'est aussi mon avis. Le programme du Front National ne mentionne pas de cas particuliers. Le FN escompte virer les immigrés, un point c'est tout. J'ai pour ma part un tout autre point de vue. J'estime que c'est la volonté qui fait le Français, sur le fond. La Volonté d'abord, c'est à dire celle d'être Français, puis une part de sol et une part de sang ensuite. Eh bien j'aimerais que cette déclaration-là figure un jour dans le programme de mon parti, en préambule. Il peut exister ensuite des tests qui vérifient cette volonté-là (de langue, de question sur notre pays et sa culture, et cetera...) mais le préambule sera là.

Je suis bien persuadé que jamais le FN ne fera figurer ce préambule en tête de son programme sur l'immigration, parce l'idée qui lui est sous-jacente est fondamentalement étrangère à sa tradition et à son fond idéologique.

14:02 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : fn, immigration |  Facebook | | |

mercredi, 27 octobre 2010

Fumeur de haschich

Tiens, il faut bien que je fasse quelques confidences. Dans ma jeunesse, à l'époque où j'avais presque l'âge des jeunes branleurs qui se prennent pour des manifestants, je lisais assidûment les Paradis artificiels de Baudelaire, goûtant avec délice ses commentaires sur Thomas de Quincey et ses comparaisons entre le vin et le haschich.

Comme un con, j'ai testé. Mais pas longtemps. 6 mois, pas plus. Au bout de 6 mois, j'ai été exaspéré de devoir dépendre de cette saloperie pour roupiller, et j'ai stoppé net.

Il n'y a pas que cela : j'ai aussi vu un très bon ami foutre sa couple et sa vie en l'air pour cette merde.

Les fumeurs de haschich, in fine,  sont toujours dans leur trip. C'est une narcose dont ils ne sortent pas. Au bout d'un moment, ils ne vivent plus que pour leur paradis à deux balles. 

On entend parfois les plus cultivés d'entre eux faire l'apologie de Rimband et de sa Saison en enfer. Personnellement, je me suis toujours emmerdé sur son Bateau ivre. Je n'ai jamais pu partager ce trip , parce que sur le fond, le délire d'un haschichin, c'est une histoire personnelle, qui ne se partage pas. On se croit «omni» quelque chose, s'étonnant que le monde entier ne partage pas des visions que l'on croit grandioses. En fait, on est ennuyeux à mourir, et les seuls qui partagent vos délires, dans ces moments-là, sont les fumeurs voisins qui croient voir les leurs. M'en fous des peaux-rouges criards, moi. En fait, quand j'y réfléchis, encore aujourd'hui, je sais que c'est le mépris qui a tué l'envie de haschich chez moi. Je n'ai pas eu le temps de m'y habituer. 

Baudelaire concluait à la fin de ses Paradis Artificiels que seul l'art pouvait amener vers l'Éden. C'est aussi mon sentiment. Ce ne sont pas les drogues qui ont offert à Baudelaire et à Verlaine leurs plus beaux vers, et pas davantage leurs images, mais leur fantastique travail sur la langue et leur sensibilité esthétique exacerbée.

08:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : haschich, drogues |  Facebook | | |

mardi, 26 octobre 2010

Proximité malsaine

J'ai lu le témoignage d'Amin, l'un des rédacteurs du Bondy Blog avec beaucoup d'intérêt. Il s'agit d'un jeune homme qui faisait un reportage sur les manifestations lycéennes, la semaine dernière. Soupçonné à tort, il s'est retrouvé en garde à vue pendant une période non-négligeable.

Amin n'est évidemment pas content d'avoir été détenu, et au passage, traité fort peu aimablement. Seulement, voilà : il y a des compagnonnages qu'il vaut mieux éviter, et des choix qu'il faut aussi parfois assumer.

Amin se trouvait avec un groupe de jeunes ; il précise qu'il ne les connaissait pas tous. Ceux-ci lui apprennent qu'une parfumerie a été dévalisée, et il voit l'un d'entre eux tenter de refourguer à la sauvette des parfums et produits de beauté. Pourquoi est-il resté avec ce groupe ? Emmené par la police au poste parce qu'il avait pris la décision de partir au moment où ceux-ci arrivaient, il a forcément donné l'impression qu'il avait quelque chose à se reprocher, a fortiori du fait qu'un produit volé, jeté par un des voleurs, a été retrouvé derrière le mur où il se trouvait.

Pourquoi avoir choisi de couvrir le larcin en se taisant ? Dans les cités, il y a une omerta qui pèse sur tous et permet toutes les déprédations. Toutefois, dans le commissariat, il aurait pu expliquer ce qu'il avait vu. Les policiers se sont montrés désagréables sans doute parce qu'ils sont habitués à entendre des auteurs de larcins se rebeller en déclarant n'avoir rien fait. 

Il est difficile d'être à la fois dedans et dehors. C'est cette ambiguïté qui peut être fatale, d'une certaine manière, à ces jeunes dont le discours, au bout du compte, finit par être trouble quand ils évoquent les pillards, les voyous et les casseurs. Il y avait dans ce commissariat un ancien copain de collège d'Amin. Bien sûr, Amin n'est en aucun cas comptable des actes de ce copain, mais c'est ce compagnonnage-là qui contribue aussi à semer le trouble que j'évoque.

Le conseil que l'on pourrait donner aux jeunes qui veulent s'en sortir, c'est d'éviter, de manière générale, de traîner avec la racaille. C'est l'assurance d'être confondus avec.

Il n'en reste pas moins que le refus du policier d'écrire un procès-verbal exact est inexcusable, et qu'une république irréprochable (et on en est loin) aurait le devoir de le sanctionner nettement.

08:11 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : police, délinquance |  Facebook | | |

lundi, 25 octobre 2010

Pensées ...

I. DE toutes les choses du monde, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions ; en un mot, toutes nos actions. 

II. CELLES qui ne dépendent point de nous sont le corps, les biens, la réputation, les dignités ; en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions. 

III. LES choses qui dépendent de nous sont libres par leur nature, rien ne peut ni les arrêter, ni leur faire obstacle ; celles qui n'en dépendent pas sont faibles, esclaves, dépendantes, sujettes à mille obstacles et à mille inconvénients, et entièrement étrangères. 

IV. SOUVIENS-TOI donc que, si tu crois libres les choses qui de leur nature sont esclaves, et propres à toi celles qui dépendent d'autrui, tu rencontreras à chaque pas des obstacles, tu seras affligé, troublé, et tu te plaindras des dieux et des hommes. Au lieu que si tu crois tien ce qui t'appartient en propre, et étranger ce qui est à autrui, jamais personne ne te forcera à faire ce que tu ne veux point, ni ne t'empêchera de faire ce que tu veux ; tu ne te plaindras de personne ; tu n'accuseras personne ; tu ne feras rien, pas même la plus petite chose, malgré toi ; personne ne te fera aucun mal, et tu n'auras point d'ennemi, car il ne t'arrivera rien de nuisible. 

Épictète, Pensées et Entretiens, 1-4

Sur le fond, je ne puis dire que je me sente une proximité véritable avec la philosophie stoïcienne. Épictète m'a toujours paru aride, non par la complexité de sa pensée, mais par la difficulté à mettre en oeuvre ses recommandations. Les philosophies de l'Antiquité sont le plus souvent des sagesses pratiques : non des théories à appliquer, mais des conseils d'amis pour ne pas être malheureux.

Le monde dans lequel nous vivons est une tentation permanente : comment concilier dans ces conditions un idéal ascétique (car comment appeler autrement un tel renoncement à ce qui est à autrui ?) avec notre société consumériste.

D'une certaine manière, dans une société où les préceptes d'Épictète seraient suivis, quelles innovations technologiques, quels progrès techniques seraient possibles ? L'envie n'est-elle pas un moteur essentiel pour jalonner le chemin de l'humanité ? Quelle motivation puis-je avoir si je ne suis pas fortement attiré par ce qu'il y a dans l'assiette de mon voisin ?

J'aime bien évidemment l'éthique de la responsabilité qui est celle d'Épictète, mais  l'absence d'émulation, et, de manière évidente, d'attention prêtée à la superficie des choses , me paraissent des obstacles à une vie sociale qui ne saurait être que celles de purs esprits dégagés de tous leurs désirs.

Voilà en tout cas un sujet qui mérite réflexion collective, et donc, tag...Le raisonnement d'Épictète est quasiment par nature anti-économique puisqu'il suggère de ne pas considérer le bien-être comme un moteur de l'action humaine. C'est une pensée aux antipodes des préconisations d'un Amartya Sen, ou, plus près de lui, d'un Aristote lorsqu'il évoque les libertés positives dans son Éthique à Nicomaque. 

En somme, la morale d'Épictète est individuelle, mais elle ne saurait être politique.

Que le bien-être et l'envie soient des moteurs de l'action humaine, cela me semble pour moi aller de soi. Il reste donc à interroger quelques blogueurs sur le sujet afin de déterminer ce qu'ils en pensent.

J'ai cité Amartya Sen : avec un peu de chance, Claudio devrait rappliquer, il est directement visé :-) Est-ce que Rubin relèvera le gant ? Il me semble que ce genre de questionnement devrait aussi pouvoir intéresser Fred  et Mirabelle qui écrit parfois quelques notes sur les Anciens. Ah, la responsabilité individuelle...cela touche mêmes les poubelles et les voisins, c'est dire...il me manquait un blogueur à taguer, en voilà un tout trouvé s'il lit le billet avec Homer...