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vendredi, 11 février 2011

Tiens bon Florence !

S'il y en avait qui doutaient encore que le Mexique fût un simulacre de démocratie, les voilà édifiés. Florence Cassez ne sera donc pas libérée, et ce, alors même que toutes les évidences et des indices manifestes montrent qu'elle n'est pas coupable.

Je m'intéresse de très prêt aux cultures aztèques et mayas, et rêve de longue date de visiter Teotihuacan, la cité des dieux. Eh bien cela n'est pas pour demain, parce que je ne mettrai pas les pieds dans ce pays tant que Florence Cassez ne sera pas libre. Mieux : je vais soigneusement regarder les étiquettes des produits que j'achète. Tout ce qui sera estampillé made in Mexico restera en rayons.

J'approuve à 100% Michèle Alliot-Marie d'avoir prévenu que cette décision de (parodie de) justice aurait une incidence sur les relations franco-mexicaines. Elle a évoqué à raison le déni de justice qu'elle constituait et compte engager la France à explorer une condamnation du Mexique par un tribunal international. Calderon, l'actuel président, fait le malin en jouant avec une opinion publique surexcitée contre les enlèvements.

Son opinion a besoin d'un bouc-émissaire, Calderon la lui a trouvée. Pratique pour éviter de réformer en profondeur une justice et une police corrpompues jusqu'à la moëlle. Des meurtres de femmes horribles et barbares se produisent depuis des années à Mexico sans que l'opinion publique mexicaine ne semble s'en émouvoir plus que cela. 

Des complicités de la police mexicaine ont été évoquées pour ces crimes atroces. Qui sait ? Un rejeton dégénéré et pervers d'un chef de maffia locale pour lequel truands et policiers ont un égal égard ? Dans un pays corrompu, tout devient possible dès lors qu'on tient le haut du pavé.

Il ne faut pas laisser Florence Cassez dans ce trou à rats. Hélas, la procédure internationale va être longue. Dur de lui dire de devoir attendre alors qu'elle vient de bouffer une partie de sa vie dans les geôles mexicaines ! Comme le Mexique a tort, la France finira par obtenir gain de cause. Il faudra alors à ce moment-là, demander au Mexique une indemnité monumentale en réparation de la vie foutue en l'air de Florence Cassez ; une peine mémorable qui fera réfléchir les autorités de ce pays pour longtemps à la notion de justice et d'honnêteté. Et poursuivre Calderon également, à titre privé, dès que cela sera possible, pour avoir ordonné de monter de toutes pièces tous les éléments de l'acte d'accusation.

Médée était un homme

Olympe me reprochait hier, en commentaires, à la suite du billet que j'ai écrit sur les deux petites jumelles disparues, de choisir Médée comme bouc-émissaire de ces géniteurs qui tuent leur descendance ; elle observait que dans 95% des cas, ce sont les hommes et non les femmes qui commettent l'infanticide. Il y a bien plus d'Atrée et de Pélops que de Médée.

Elle ra raison. Je ne suis pas croyant. J'aimerais l'être, non pour pardonner, mais pour pouvoir souhaiter la damnation à Matthias Schepp. Hélas, je n'ai guère d'illusions, même si j'aimerais, là encore, croire pour pouvoir implorer un miracle. Comment a-t-il pu tuer ses deux adorables petites filles ? J'en suis malade chaque fois que je vois les titres qui s'affichent dans mon reader.

Je crois que c'est pour nous purifier, que les grands dramaturges grecs ont écrit leurs tragédies. Aristote avait raison  : Euripide, Sophocle, Eschyle, leurs oeuvres, en réalité, ont une finalité cathartique. Les histoires terribles dont ils dénouent le fil sont là pour nous montrer le destin qui attend ceux qui vont contre les lois divines. Créon enterre Antigone vivante et refuse une sépulture décente à Polynice, sa fin sera misérable. Nous devons être terrifiés par ce sort funeste afin de ne pas être tentés de les imiter.

J'ai une épouvante qui me saisit à lecture de l'histoire sinistre de Matthias Schepp. Sa famille vient de communiquer pour rappeler qu'il fut, dit-elle, un homme affectueux pour lequel sa famille était tout. Impossible. Impossible, non au sens où des faits pourraient contredire ces affirmations, mais au sens où sa fin et celle qu'il a sans doute réservée à ses deux petites révèlent le fond de sa personnalité. Tuer ses enfants, c'est la marque avant tout d'un égocentrisme monstrueux. C'est croire que sa famille, sa descendance, n'est qu'une émanation de soi, et qu'elle doit donc disparaître avec soi. Matthias Schepp a peut-être été victime d'un trouble mental, mais ce n'est pas suffisant pour expliquer son crime horrible. Il faut un fond culturel, dont il n'est d'ailleurs pas le seul comptable, qui considère l'enfant comme une propriété des parents.

Non, non et non, les parents ne font pas ce qu'ils veulent avec leurs enfants. Ils en sont juste responsables, ce qui est autre chose. Commençons par battre en brèche cette idée répandue, pour, peut-être, contribuer à éviter des drames et des conduites épouvantables. Une fois encore je relève la pertinence du propos de Maria Montessori qui éclaire d'une lumière particulière ces jours sombres : l'adulte a une mission sacrée, celle de veiller à assurer l'atmosphère la plus bienveillante et amicale possible pour son enfant. Il n'a pas un droit imprescriptible de décider de son destin. Je préfère croire que le plan secret de la nature, sorte de miracle immanent, se déroule selon une trajectoire qu'il ne nous appartient pas de contrarier mais au contraire de faciliter.

Mon Dieu, si tu existes, que j'aimerais qu'un miracle se produisît, ou alors, si le pire s'est produit, s'il y a quelque chose après la mort, que tu accueilles Alessia et Livia, d'où qu'elles viennent et où qu'elle soient.

14:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : enfance, infanticide |  Facebook | | |

jeudi, 10 février 2011

Entre externalisation, relocalisation et immigration

Dans ce qu'il faudra porter au passif de Nicolas Sarkozy, il y a l'immgration. Je me souviens très bien du candidat de 2007 clamant haut et fort que l'immigration serait à 40% de travail, désormais. Tu parles Charles, 200 000 naturalisations par an. En réalité, il faut deux mesures fortes pour stopper l'immigration :

1. Fermer clairement les vannes à l'arrivée en France

2. Promouvoir un véritable co-développement

Je développe le 1er point : quand je parle de fermer les vannes, j'entends par là qu'il faut poser des conditions drastiques à la venue en France. A vrai dire, ce ne devrait pas être des conditions de ressources, du moins pas en priorité, contrairement à ce qu'exigeait Nicolas Sarkozy, mais des conditions de culture et de maîtrise de la langue française. En somme maîtrise du français et connaissance des lois et de notre culture exigées pour venir s'installer et travailler en France, sauf quand il y a un accord spécifique avec une entreprise qui expatrie l'un de ses salariés. Nous devrions être intraitables. Les "sans-papiers" n'ont rien à faire ici dès lors qu'ils ne maîtrisent pas notre langue et n'adhèrent pas à notre culture et à notre projet social, sociétal et politique.

Évidemment pour que de tels pré-requis aient un sens, il convient de développer considérablement la francophonie et dans ces conditions de réhabiliter et de doter les alliances françaises partout où elles existent. Il faut pouvoir dispenser des cours de langue et de culture française dans les pays d'émigration et y faire une sélection sur place, et non chez nous. Tout l'inverse de la politique menée depuis près de 10 ans.

Passons au second point : soyons clairs et ne jouons pas avec les mots. Pour assurer un véritable développement dans les pays d'immigration, il est nécessaire d'y créer des emplois, cela va de soi. Une bonne partie de ces emplois ne peuvent être que des services externalisés ou des productions délocalisées de pays déjà industrialisés et développés. Les hot-line des FAI par exemple, aboutissent en Tunisie ou au Maroc, parfois en Afrique noire. Une des raisons qui rendent entre autres ridicule le programme d'un parti comme le FN, c'est l'assurance dans ses propositions de concilier jugulation de l'immigration et protectionnisme. Cela ne tient pas.

Bernard Kouchner, il y a de cela plusieurs années, avait eu le courage de reconnaître que pour partager la croissance à l'échelle mondiale, il fallait admettre un certain niveau de délocalisations. Le tout est de déterminer avec précision lesquelles nous acceptons ou non. Cela devrait faire l'objet d'un programme politique clair et explicite.

Bayrou d'abord, puis Royal ensuite, en 2007, avaient eu cette intuition de la nécessité du co-développement, sans toutefois l'approfondir au point de l'intégrer dans un programme économique complet.

J'en suis convaincu, les liens entre réindustrialisation/relocalisation, externalisation et immigration, s'ils ne sont inexctricables, sont du moins étroits. Il n'existera pas de projet valable qui ne les associent les uns aux autres de manière cohérente.

mercredi, 09 février 2011

Jumelles disparues : je n'aurais pas eu de pité pour Médée

Plus le temps passe, hélas, et plus je suis inquiet pour les deux petites jumelles qui demeurent introuvables. Évidemment, je me plais à espérer qu'on les retrouve, mais le suicide du père me semble du plus mauvais augure.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'ai aucune forme de compassion pour les géniteurs qui s'en prennent à leurs enfants. Rejoignant Maria Montessori, j'estime que l'adulte, fût-il le père ou la mère d'un enfant, est d'abord là pour créer une atmosphère bienveillante autour d'un enfant. De la même manière, tout comme elle, je considère que la nature a un plan secret qu'il ne nous appartient pas de contrarier mais au contraire qu'il convient de faciliter pour chaque enfant. Il résulte de telles vues qu'un enfant n'appartient, à mes yeux, en aucun cas à sa famille.

Sans pour autant avoir la foi comme Maria Montessori, et voir dans l'enfant un cadeau de Dieu, je ne l'en vois pas moins comme un don de la bonne fortune.

Je n'aurais donc eu aucune sorte de pitié pour la Médée d'Euripide. Oh, certes, tant qu'elle est prostrée sur les marches de son palais, alors même qu'elle a compris que Jason va la quitter pour une femme plus jeune, plus prospère, et finalement, par motivation politique et ambition, elle a ma sympathie, mais cette dernière ne survit pas à la pièce.

En tuant ses propres enfants, Médée s'est mise au ban de l'humanité. Dramaturge, j'eus rendu justice, peut-être chez Égée puisqu'on disait dans l'Antiquité Athènes patrie de la justice, et un aréopage l'eût déclaré coupable et condamné à mort sans états d'âme.

Je ne sais ce que Matthias Schepp a fait de ses deux filles. J'espère simplement que dans un sursaut inouï et fou d'égoïsme monstrueux, il ne les a pas condamnées au même sort que le sien.

Il faut être une sacrée ordure pour faire d'enfants innocents les instruments d'une vengeance, ou du moins, de tout saboter, tout détruire en même temps que l'on disparaît. Il y a plusieurs manières de disparaître : certaines méritent la compassion, d'autres ne sont dignes que de l'opprobe du genre humain.

C'est terrible, finalement, de se dire qu'on ne sait peut-être jamais qui est l'homme ou la femme avec lequelle/laquelle on a choisi d'avoir des enfants.

00:00 Publié dans Culture, Lectures, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : médée |  Facebook | | |

lundi, 07 février 2011

Petits vieux et petites vieilles...

Pas la joie d'être à Paris, quand on vieillit. Les petits frères des pauvres le disent, la hantise pour beaucoup d'entre eux, avec la montée vertigineuse des loyers, c'est de perdre leur logement. Alors du coup, ils économisent sur tout, nourriture, chauffage, électricité. Et puis passé 75 ans, un sur deux est seul. C'était, pour autant que je me souvienne, l'un des axes de réflexion de la commission "Social" du MoDem parisien, il y a trois ans, au moment des municipales. L'idée qui avait alors été lancé, au sein du MoDem, c'était de réactiver la solidarité inter-générationnelle, et, plus concrètement, l'habitat mixte, jeunes et troisième/quatrième âges. 

Bertrand Delanoë propose en principe aujourd'hui une enveloppe de plusieurs millions pour aider les anciens en difficulté. Pourquoi pas, mais je ne crois pas que cela permette de soigner le mal là où il se trouve. Pourquoi ne pas utiliser astucieusement une telle enveloppe en couplant l'octroi d'aides à des étudiants à une co-location avec des personnes âgées isolées ? Tiens, plutôt que de créer des bureaux supplémentaires dans le 1er, eh bien il aurait pu utiliser l'immeuble qu'il vient de vendre pour une expérience de ce genre.

mercredi, 26 janvier 2011

Bébé né sous X confié à ses grand-parents biologiques, chapeau bas, messieurs les juges !

Je viens d'apprendre sur le Figaro qu'en dépit de l'opposition résolue de la mère biologique qui tenait absolument à abandonner son enfant, des grand-parents biologiques viennent de récupérer la garde de l'enfant envers et contre tout.

Je fais confiance aux juges de la Cour d'appel d'Angers pour avoir pris cette décision après avoir vérifié que a) l'enfant n'était pas né d'un viol b) les grand-parents pouvaient représenter une famille aimante et sécurisante.

Nonobstant ces postulats fondamentaux à mes yeux, je salue la décision de ces juges. Elle enfonce enfin un coin dans l'idée répandue qu'un enfant est la propriété exclusive de ses parents.

Les juges ont cherché avant toutes choses l'intérêt supérieur de l'enfant. Il faut saluer aussi l'attitude très digne des grand-parents : ces derniers font valoir que leur fille fait peut-être bien une bêtise en voulant que son enfant devienne pupille de la nation. Ils déclarent donc vouloir assurer l'intérim aussi longtemps que nécessaire.

Je me réfère souvent à Maria Montessori quand j'évoque les questions de pédagogie sur ce blogue, mais je crois que je peux à nouveau en appeler à ses mânes. L'enfant n'est pas la propriété de l'adulte. L'adulte est là pour générer l'atmosphère bienfaisante qui permettra à l'enfant de réaliser le plan secret que la nature a prévu pour lui. Tout doit être fait pour que ce plan, ce que Maria Montessori nomme l'embryon spirituel, arrive à sa maturité. C'est l'honneur des adultes et une mission sacrée que de ne pas contrarier ce développement, mais de l'accompagner. 

Ne pas substituer sa volonté à celle de l'enfant est donc un pré-requis. En la circonstance, permettre à cette petite fille de vivre au sein d'une famille qui est la sienne et qui l'aime, c'est très clairement favoriser son développement et lui garantir une atmosphère bienveillante.

Je ne veux pas fustiger la jeune femme, je ne sais pas ce qu'elle a vécu, mais, en revanche, aucun état d'âme par rapport à la décision des juges. Elle n'est pas la propriétaire de son bébé, qu'elle se le dise bien, et le petit être n'est pas comptable de ses mésaventures et encore moins de ses démêlés avec ses parents. 

mardi, 25 janvier 2011

Mettre au pas les violeurs, une simple question de volonté politique

Avec le cas de la petite Laëtitia de Pornic, Nicolas Sarkozy m'a une fois de plus énervé. Il ressasse encore et encore la même argumentation depuis 2005. Avec aucun effet derrière.

Une fois encore, Nicolas Sarkozy bat des bras très fort, mais ses moulinets sont vains. Il faut revoir toute la législation sur le viol et la récidive. Repartir de zéro, en admettant, notamment, qu'un violeur demeurera un danger toute sa vie et que seule la loi et la certitude de la voir appliquée le retiendront, à l'exception des plus pervers.

Le meurtrier de Laëititia, selon des témoignages concordants, s'était vanté de pouvoir manipuler la justice. Les juges, je le vois régulièrement dans des arrêtés de jugements, continuent de se satisfaire de sursis pour le viol quand il faudrait coller directement 10 années de prison incompressible à tout violeur, sans espoir aucun de libération anticipée. En fait, les peines devraient s'échelonner entre 10 années et la perpétuité réelle.

Sarkozy tente de se faire mousser, comme d'habitude, mais cela va lui retomber sur le nez une fois de plus, son inanité dans le domaine n'échappant plus à personne. Un pays qui ne prend pas la mesure des viols et des violeurs ? Tiens, allez signer l'appel de l'ami Romain, et voyez ce qu'est devenue l'Afrique du Sud. Les Sud-Africains, y compris noirs, étaient plus en sécurité du temps de l'apartheid, 1/4 des jeunes filles violées...1/4 des hommes violeurs, alors ?

Michel Mercier l'a admis, le principal intéressé avait bien exécuté l'ensemble de ses peines. Cela prouve une chose : un texte supplémentaire sur la récidive ne sert à rien. C'est en amont qu'il faut agir, en frappant très fort et très brutalement le violeur au premier écart.

Connaissez-vous l'effet papillon ? Un battement d'aile quelque part à Paris peut provoquer quelques jours plus tard un ouragan à New-York. Tiens, j'ai une question intéressante, puisqu'elle faisait aussi l'actualité il y a peu. Ne me dite pas qu'avec des "si", on peut mettre Paris en bouteille, j'assume mon "et si...?". Et si donc, disais-je, les trois porcs de violeurs de la jeune Emma avaient été retrouvés et punis en 2002, aurait-elle entraîné Ilan Halimi a un sort atroce, 4 années plus tard ?

Tout est ouvert, ouvrons le débat : lobotomisation, castration chimique, voire physiologique, internement à vie, interdiction de sortir sans avis d'un comité de psychiatres experts, ne nous interdisons rien avec les violeurs, surtout les plus violents ! 

Mais vous allez voir, Sarkozy va nous parler encore de la récidive pendant deux semaines, récidive dont nous n'avons rien à carrer. C'est AVANT, qu'il faut agir. Et ne tombons surtout pas dans le piège des lénifiants qui vont venir expliquer que des cas isolés ne doivent pas fonder une politique générale. Mais bien sûr que si, d'autant que je le maintiens, violer ou ne pas violer n'est pour le violeur qu'une question d'opportunité.

A consulter, une étude du gouvernement canadien sur la récidive des délinquants sexuels.

22:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : viol, récidive, crime, laetitia |  Facebook | | |

Euthanasie, prises de position des partis politiques

Tiens, je me suis dit que cela pouvait être utile de faire un tour d'horizon des positions officiellement exprimées par les différents partis politiques à propos de l'euthanasie. Pour ma part, je distingue une différence de degré notable entre la loi Léonetti de 2005 et l'amendement récent proposé au Sénat. Dans le premier cas, on a le droit de ne pas continuer à vivre. Dans le second, celui de mourir...A priori, je fais partie de ceux qui aimeraient qu'on leur laisse le choix, mais j'admets qu'il n'est pas aisé de tenir une position tranchée sur un sujet aussi délicat.

Le MoDem a réagi officiellement par la voix de Yann Wehrling : le parti de François Bayrou est d'avis d'en rester à la loi Léonetti de 2005 qui lui paraît un bon point d'équilibre.

Il y a certainement des opinions divergentes sur le sujet à l'UMP, mais, in fine, le Sénat a retiré l'article qui légalisait de fait l'euthanasie si bien qu'on peut considérer que l'UMP est également favorable au statu quo.

Parti de Gauche, Verts, PS, PCF, MRG sont tous favorables à une loi autorisant l'euthanasie. Toutefois, il y a des voix discordantes, à commencer par celle de Ségolène Royal qui émet les plus grandes réserves sur un tel choix.

Le FN est contre l'euthanasie mais également contre l'acharnement thérapeutique.

Difficile de savoir ce que pensent les petits partis. Alternative Libérale s'est prononcée très clairement en faveur de l'euthanasie, silence radio du côté du Nouveau Centre et d'Alliance Centriste mais pour les seconds, Muguette Dini, sénatrice de ce parti, est hostile à l'amendement. Quant au Parti radical valoisien de Borloo, je ne l'ai jamais entendu exprimer une position autonome. Du côté de l'AEI (écologistes indépendants) silence radio également.

12:53 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : euthanasie |  Facebook | | |

lundi, 24 janvier 2011

Se battre sur tous les Fronts...

Les fronts de toute obédience font décidément l'actualité politique ces derniers jours : sorties de Mélenchon, dessin de Plantu, élection de Marine Le pen à la tête du FN...

On peut toujours gloser sur les différences qui existent entre les deux fronts, Front de Gauche, Front National, il n'en reste pas moins que davantage de vues les rapprochent qu'elles ne les séparent.

En consultant leurs programmes respectifs, je retrouve la même volonté de placer l'individu, la vie économique, artistique, médiatique, sous la coupe de l'État même si le langage n'est pas le même.

Ils partagent également une même haine de l'Europe. Ah, l'Europe...Parlons-en ! Voilà une haine rédhibitoire pour ma part. Certes, il ne s'agit pas de verser dans un européisme béat : rien ne m'insupporte plus que de voir des fonctionnaires européens estimer que les Français font des chichis et leur imposer des manières de faire, leçons de morale à l'appui,  qui ne sont pas les leurs. Mais il faut aussi être pragmatique : chaque avancée, chaque petit pas qui conduit vers une gouvernance enfin démocratique de l'Europe sont bons à prendre. Je le dis et le re-dis, le problème n'est pas l'Europe, mais sa gouvernance. Ce sont des ministres nommés, des fonctionnaires cooptés qui prennent des décisions pour 350 millions d'individus. Ce ne sont pas les parlementaires que nous élisons, eux qui aimeraient pourtant avoir davantage voix au chapitre. Nous dépendons d'obscures annexes d'un sur-empilement de traités successifs au lieu d'avoir une constitution neuve, claire et nette.  Le droit de cette Europe-là à une Europe démocratique est ce qu'était celui de l'Ancien Régime, fait d'oukazes, de décrets, de passe-droits et de forfantteries diverses, au droit ultra-moderne de la Révolution.

On associe Front de Gauche et NPA, mais, je dois admettre qu'il y a tout de même une différence notable dans la gradation. Si les premiers promettent de raser gratis à chaque ligne, d'où, d'ailleurs, la prolifération de propositions qui ne coûtent pas plus que de la salive à formuler, les seconds en appellent à l'expropriation et aux comités de salut public. Conclusion, quitte à être un gauchiste révolutionnaire, mieux vaut voter Front de Gauche que NPA. Cela dit, quand on entend leurs Liders Maximos faire l'apologie de Cuba ou encore de la Biélorussie, on a un assez bon aperçu de la nature de leur sentiment démocratique...

Côté FN, c'est plus simple : la démocratie chez les autres, on s'en fout, en fait. Pas dérangeantes, les dictatures, dès lors qu'elles ne nous envoient pas d'étrangers. Marrant, d'ailleurs, certaines convergences : la grande ambition du FN, c'est de sortir de l'OTAN et de faire une grande alliance avec la Russie.

Je dis que c'est plus simple, mais en fait, c'est un peu plus complexe que cela, pour le FN. Le Front National dispose d'un vrai programme politique, et ses propositions sont loin de toutes êtres farfelues. C'est bien là où le bât blesse, et je me dis tout de même que les forces démocratiques conventionnelles ont vraiment baissé les bras d'une manière écoeurante, au point de laisser en friche tant de pans sociétaux et nationaux qui devraient les intéresser. Objectivement, quand on prend connaissance des divers programmes politiques des différents partis, on ne trouve que le MoDem et le FN pour faire de la francophonie une priorité. Et encore, quand je dis le MoDem, c'est Bayrou, surtout ! J'ai eu un certain soulagement d'apprendre que le programme présidentiel de Bayrou reprendrait en 2012 les fondamentaux de 2007. Ouf. J'ai échappé au projet humaniste, sorte de sous-programme de gauche mal fagoté à plus d'un égard.

La principale faiblesse du programme du FN, c'est la source espérée pour le financement de son programme. Le FN est convaincu qu'en stoppant complètement l'immigration, la France va faire des économies monumentales. On croit là-bas que ce sera la caverne d'Ali-Baba du Trésor public, la poule aux oeufs d'or. Oh, il y a à la marge d'autres gisements : il faudrait considérer ce que coûtent les associations en France, mais le FN est bien déterminé à sabrer dans les subventions à ces dernières, à l'exception de celles qui touchent un large public et que le FN jugera d'utilité publique.

Démonter le programme d'un parti comme celui du Front de Gauche ne pose pas de réels problèmes. Il ne s'agit que de lutter contre des chimères. Mais mettre à bas celui du FN, c'est une toute autre paire de manches. Fini le temps où il se résumait à un simple travail-famille-patrie. Il comporte des propositions concrètes, et certaines me paraissent largement acceptables.

Après, on peut aussi les coincer aux entournures. Tiens, par exemple, sur la natalité : je lis cela :

Création d’un revenu parental destiné à offrir, pendant la période souhaitée, aux mères ou aux pères de famille la possibilité de choisir librement entre l’exercice d’une activité professionnelle et l’éducation de leurs enfants. Description du dispositif : versement du SMIC pendant 3 ans pour le 1er enfant, renouvellement d’une durée de 3 ans pour le 2e enfant et d’une durée de 10 ans pour le 3e enfant.
Coût estimé : 15 milliards d’euros – mesure elle-même moins supression conséquente de certains dispositifs actuels.

Tiens tiens : et ce sont quoi les dispositifs actuels que l'on va supprimer de façon conséquente ? Moi, j'aime bien lire entre les lignes. Réduction des congés maternité dans les entreprises ? Suppressions des crèches municipales ? Le FN a tout faux, sur la natalité, parce qu'il ne va pas dans le sens de l'histoire. Le sens de l'histoire, c'est que les femmes soient éduquées et qu'elles travaillent. Ce qu'il faut faciliter, c'est les modes de garde pendant que les femmes travaillent (des crèches en entreprise, par exemple), pas des mesures qui les font rester à la maison. Or, si le FN sucre toutes les aides hors domicile familial, c'est forcément dans ce sens qu'il orienterait la société française. Une belle connerie, quand on voit que les pays qui ne parviennent pas à émerger dans le monde le doivent en grande partie au statut de la femme. Bref, pas le peine de beugler contre l'islamisation des banlieues si c'est pour projeter de renvoyer les femmes au gynécée...

Se battre sur tous les fronts, c'est aussi s'occuper de nos autres adversaires politiques, UMP, Verts et PS. Je n'ai aucun désir de constituer une troisième force avec l'un de ceux-là. 

dimanche, 23 janvier 2011

Bretonne, Ch'tis, persistance des identités régionales

Le dernier CD de Nolwenn, Bretonne, ex-star de la Star'Ac a fait un carton : 200 000 CDs vendus. Je suis content que cette fille qui a une voix magnifique ne se soit pas perdue dans de la soupe comme nous en sortent, la plupart du temps, tous les nouveaux chanteurs issus de la télé-réalité.

Tiens, ça me fait penser évidemment aussi aux Ch'tis et au film culte du même nom. C'est étonnant, finalement : il n'y a quasiment pas de traduction politique de cet attachement, en région, à une identité, mais, dès lors qu'il prend un tour sociétal, d'une certaine manière revendicatif, il fait un tabac.

C'est Bayrou, qui milite pour le calumet de la paix entre occitanistes et béarnisants qui s'attirait tout récemment quelques réflexions linguistiques (et un encouragement à poursuivre) d'un expert de la chose.

En Bretagne, le festival inter-celtique fait un malheur chaque année. On connaît les Corses, ou, dans un autre genre, les Alsaciens.

Bref, tout concourt, en France, à conserver, au moins dans certaines régions, une identité forte. Peut-être une réaction contre l'agaçant parisianisme.

Tout le monde tente de se faire bien voir, de plaire aux élites médiatiques de la capitale. Cela doit finir par agacer. Finalement, un artiste qui veut faire carrière, a sans doute bien plus intérêt, loin des spots et des strass à s'adresser d'abord à ceux qui lui sont proches...