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lundi, 08 novembre 2010

L'Église anglicane pourrait se disloquer...

Henri VIII est bon pour se retourner dans sa tombe, et l'Archevêque de Canterbury pour aller bientôt pointer au Pôle emploi britannique. Depuis la visite de Benoît XVI en Angleterre, les défections se multiplient au sein de l'Église anglicane. Après une paroisse entière à la mi-octobre, ce sont cinq évêques qui refusent les prises de position progressistes de leur hiérarchie qui ont annoncé se rallier à l'église de Rome.

La situation de l'église anglicane, au sein du christianisme est un peu particulière : elle se veut à la fois catholique et réformée (c'est à dire protestante).

A vrai dire, ces départs révèlent un clivage plus profond qu'il n'y paraît de prime abord : l'ordination des femmes, des homosexuels, entre autres, divise profondément les fidèles de cette branche du Christianisme. Une minorité, mais non négligeable, refuse cette évolution et se retrouve davantage dans les positions conservatrices du Pape.

L'Église anglicane avait comme particularité, jusqu'ici, d'accueillir un spectre plutôt élargi d'opinions sociales et sociétales. Mais les liens entre "libéraux" et "traditionalistes" se distendent fortement, sans qu'il n'existe entre eux une frange modérée capable de réaliser l'union entre les deux bords, comme en France.

De de fait, une partie de l'Église anglicane pourrait rejoindre définitivement l'Église catholique, tandis que l'autre romprait les dernières attaches.

Au Vatican, on a tout prévu pour accueillir les brebis égarées : une modification du droit canon, rien que cela ! Anglicanorum Coetibus (à des assemblées d'Anglais) permet aux Anglicans et notamment à ses ecclésiastiques de retrouver  dans l'église catholique un statut comparable au leur dans l'église anglicane. Benoît XVI est même allé très loin puisque le texte prévoit même d'autoriser, au cas par cas, des évêques mariés à le rester aux conférences épiscopales.

Bon, à vrai dire, Ronan Williams, le chef de l'église anglicane est un sacré zozo : il a tout de même estimé que les terroristes fanatiques des avions du 11 septembre pouvaient avoir des objectifs moraux sérieux, a défendu l'introduction de la Charia dans certaines parties de la législation britannique, estimé qu'une partie de la critique de Karl Marx sur la capitalisme était fondé, tout en tolérant, à côté de ces positions controversées voire douteuses, l'ordination de femmes et d'hommes homosexuels (la totale, quoi).

Bref, voilà un individu qui fait n'importe quoi et ne défend de surcroît même pas correctement sa communauté religieuse puisque c'est dans une conférence commune avec l'Archevêque catholique de Westminster qu'il a annoncé la création de l'Anglicanorum coetibus. Il me fait penser un peu à une sorte d'islamo-gauchiste mâtiné d'altermondialiste à la sauce théologie de la libération, ce gars-là...

Il pourrait donc bien être le dernier des Archevêques de Canterbory avant une possible désagrégation des communautés anglicanes.

Commentaires

Ne trouvez-vous pas que la guerre des religions est tout à fait semblable à celle des partis politiques ?!
Chacun s'attache mordicus à sa petite part de conviction en excluant les autres.
Ridicule ! C'est un suicide collectif...

Contentons-nous d'exister tels que nous sommes. Humains d'abord. Et ça c'est génial.

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 10 novembre 2010

"estimé qu'une partie de la critique de Karl Marx sur la capitalisme était fondé"

Ah oui, et cela est une tare?

Écrit par : Bloguequipeut | vendredi, 12 novembre 2010

@Bloguequipeut
Oui, cela va de soi :-)

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 12 novembre 2010

Et pourquoi donc? Parce que toute critique du capitalisme peut être mise sur le même pied que des théories fumeuses sur le 11 septembre ou l'introduction de la Charia dans le droit occidental ou bien parce que celle de Marx en particulier vous déplait?

Écrit par : Laloose | vendredi, 12 novembre 2010

@laloose
J'ai synthétisé ici le raisonnement de Schumpeter pour mettre par terre celui de Marx. Marx (comme Ricardo, au demeurant) s'imagine que le prix des biens repose sur la valeur-travail. Or, rien n'est plus faux : c'est le besoin et la rareté qui déterminent les prix. Mais il y a encore des Marxistes pour persister dans cette veine.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 12 novembre 2010

Si j'en crois Wikipedia, ce Rowan Williams a écrit, en guise de soutien inconditionnel à Marx : "Marx a fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyens d'action à des choses qui n'ont pas d'existence par elles-mêmes". Si la citation est exacte et représentative, je ne vois pas guère de quoi fouetter un chat...

Écrit par : bloguequipeut | lundi, 15 novembre 2010

Et la citation s'avère exacte et représentative :
"Fundamentalism is a religious word, not inappropriate to the nature of the problem. Marx long ago observed the way in which unbridled capitalism became a kind of mythology, ascribing reality, power and agency to things that had no life in themselves; he was right about that, if about little else". Voilà les seuls mots sur Marx...
Source : http://www.spectator.co.uk/essays/all/2172131/part_4/face-it-marx-was-partly-right-about-capitalism.thtml

Le texte est d'ailleurs assez intéressant à lire...
"We expect an abstraction called ‘the market’ to produce the common good or to regulate its potential excesses by a sort of natural innate prudence, like a physical organism or ecosystem. We appeal to ‘business’ to acquire public responsibility and moral vision. And so we lose sight of the fact that the market is not like a huge individual consciousness, that business is a practice carried on by persons who have to make decisions about priorities — not a machine governed by inexorable laws".

Écrit par : bloguequipeut | lundi, 15 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.