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dimanche, 14 novembre 2010

Le PDE réfléchit sur la natalité européenne

Quand il y a un congrès du Parti Démocrate Européen, le groupe politique auquel appartient le MoDem à l'échelon européen, je le suis avec la plus grande attention, car je suis certain, à tous les coups, d'y trouver une moëlle des plus substantifiques pour ma propre réflexion. Robert Rochefort était chargé de rendre une synthèse sur le modèle social européen. Ce que son groupe de travail a écrit sur la natalité et la stimulation de la natalité européenne est très proche de ce que je pense.

Dans de nombreux pays européens, la politique familiale est insuffisante. On ne peut renvoyer à la seule vie privée la recherche de conciliation entre les différentes contraintes de la vie moderne qui conduit trop souvent au recul de l'âge de la maternité voire tout simplement à l'abandon du projet d'avoir des enfants. Or la stimulation de la natalité - tout en respectant le désir des familles - est la première des mesures de long terme qui combat le vieillissement de la population européenne. Comment faire ?

Les gouvernements ont mis en place différentes mesures financières destinées à encourager les parents à concevoir plus d'enfants : des primes de naissance, des réductions fiscales, ou encore des allocations distribuées aux familles pendant toute la durée de l'enfance et souvent de l'adolescence. Comme nous l'avons vu dans le premier chapitre, ces soutiens financiers varient fortement en quantité et en nature d'un Etat membre à l'autre. Cependant, les études montrent que de telles mesures tendent à avoir des impacts très faibles sur la fertilité, et que ceux-ci sont sur le très court terme. Il semblerait notamment que les "bonus" de naissance et autres initiatives de ce type tendent à encourager les parents qui avaient déjà décidé d'avoir un enfant de concevoir celui-ci plus tôt que prévu, mais n'aient que très peu d'impact sur les parents qui n'avaient pas pris la décision de procréer.

Néanmoins, ce qui est le plus déterminant a trait à la possibilité pour les individus de pouvoir concilier de façon très concrète leur vie professionnelle et leur vie familiale. Pour le Parti Démocrate Européen, c'est sur cela que les pouvoirs publics, nationaux et européens, doivent agir en priorité.

Il faut d'abord développer les mécanismes de garde des jeunes enfants à disposition des familles et en faciliter l'accès.

Ainsi, les horaires d'ouverture des écoles maternelles et primaires pourraient être allongés et celles-ci rester ouvertes durant une partie des vacances scolaires en développant les activités extrascolaires. Pour les plus jeunes, il faut développer l'offre de service de garde, en particulier multiplier le nombre de place de crèches, tant en zone rurale qu'en zone urbaine. Dans certains pays de l'Union, cela n'existe pas du tout, et il convient de créer cette forme d'accueil.

En outre, il faudrait que les ménages les plus modestes puissent bénéficier d'un mécanisme d'aides financières directes à la garde d'enfants. Attention toutefois à ne pas confondre les politiques familiales et celles de lutte contre la pauvreté. L'une et l'autre sont des nécessités mais elles possèdent leur logique propre. La France, pays qui a peut- être le mieux réussi à établir puis à préserver un "package" de mesures destinées à rendre compatible la vie professionnelle et la vie familiale - surtout pour les femmes - obtient des résultats relativement satisfaisant en terme de natalité par la coexistence - toujours menacée - des deux politiques.

Une idée intéressante est le label "employeur respectueux de la famille", comme le système de certification lancé par la Slovénie en 2007. Celui-ci encourage les employeurs à introduire sur le lieu de travail des politiques prenant en compte les besoins des familles - "chèques garde d'enfants" permettant de subventionner le placement de ceux-ci en centre aéré pendant les vacances, mise à la disposition des salariés une structure de garde durant les vacances scolaires, etc. - en valorisant l'entreprise par l'octroi d'un label spécifique la différenciant de ses concurrents sur le marché de l'emploi.

Il faut également favoriser le temps partiel avec horaires aménagés. Les outils modernes de communication choisis (webmail, téléphone portable, fax, vidéo conférence, etc.) donnent aux individus toutes les clés pour travailler efficacement depuis leur domicile. Il faut donc encourager les possibilités de télé travail afin de faciliter l'exercice d'une activité professionnelle pour les parents qui gardent leurs jeunes enfants à domicile.

Il faut aussi promouvoir le congé paternité, qui reste très peu développé en Europe, alors qu'il vise à aider les pères à s'insérer dans leur rôle et participe à l'amélioration du partage des tâches entre les hommes et les femmes.

Signalons enfin que la politique familiale est par définition interministérielle. Elle touche à tous les autres secteurs de la vie publique. Il faut insister tout particulièrement à cet égard sur la nécessité de prendre en compte les besoins de logements confortables et à prix abordables pour les familles. Or ce n'est pas le cas aujourd'hui dans de très nombreuses villes importantes de l'Union. La hausse des prix des loyers y a été très élevées et les constructions neuves insuffisantes. Lorsque les familles n'ont pas d'autre choix que de rester au cœur des villes dans des logements exigus, ou bien de devoir s'installer dans les périphéries éloignées, cela peut retarder ou endiguer leurs projets de parentalité.
D'une façon générale on constate dans les pays de l'Union que le nombre "désiré" d'enfants par les couples est inférieur à celui qu'ils procréent (de 0.3 à 0.5 enfants en moyenne). Tout doit être fait pour réduire et tendre à supprimer cet écart. Pour tous les humanistes, existe-t-il un projet plus important que celui de permettre aux familles de réaliser leur projet de descendance ? Le paradoxe de la société d'hyperconsommation réside bien ici : tout est fait pour pouvoir disposer des objets du moment (voiture, écran de télévision à haute définition, téléphones portables, consoles de jeu...) mais cela se fait parfois au détriment du troisième, voire du second enfant pourtant désiré.

00:16 Publié dans Europe, International, Politique, Programme du MoDem, Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : rochefort, pde, modem, natalité, démographie | |  Facebook | | | |

Commentaires

Il y un a truc qui me turlupine depuis pas mal de temps : la relation citoyen/politique dans une démocratie moderne et en particulier le fait que pour modifier le comportement des citoyens, le politique n'a quasiment que le ressort financier comme levier....c'est bien triste et ça en dit bien long sur la nature humaine....

Les économistes parlent de taxes ou de redistributions comportementales. Par exemple les allocations familiales sont un exemple de redistribution comportementale pour inciter les citoyens à faire des enfants. La taxe carbone aurait été un exemple de taxe comportementale pour inciter les citoyens a diminuer leur consommation d'essence. il y a d'autres exemples.

Le politique pour gouverner semble considérer par essence que le citoyen est un abruti, n'a pas de cerveau, qu'il est un délinquant potentiel , qu'il est dangereux, qu'il est malhonnête, etc....puisque que pour "le dresser, le contenir, le régir, l'influer" il ne peut le faire que par le porte-monnaie. C'est comme si le politique avait une boite a bons points (la redistribution) et une boite à mauvais points( la taxe, qui est quasiment une façon de mettre le citoyen à l'amende permanente...).

Ceci implique que la parole politique vaut peu de choses puisque le dialogue, les explications, la communication, etc ne servent quasiment à rien pour influer sur le citoyen, il n'y a que la carotte ou le bâton....

Il serait intéressant de travailler sur d'autres moyens pour régir la relation citoyen/politique surtout dans une société ou la valeur argent demeure très importante et est source de bien des dégâts...

Écrit par : europium | dimanche, 14 novembre 2010

Les conditions réservées aux femmes y sont pour beaucoup. Si on leur reconnaissait un statut, j'en connais beaucoup qui préfèreraient rester élever leurs enfants à la maison... c'est que c'est du boulot à plein temps ! Les gosses sont mieux élevés, il y a moins de chômage etc etc ... mais bon, comme elles sont humiliées car pas reconnues, normal qu'elles préfèrent aller bosser ...

Écrit par : Mirabelle | dimanche, 14 novembre 2010

@europium
Oui, en effet, c'est un aspect intéressant.
@Mirabelle
c'est le chapitre suivant dans le document !

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 14 novembre 2010

@L' hérétique,
Je ne crois pas à la politique du label sur ce sujet, cela va créer de grandes disparités, toutes les entreprises n'ont pas les moyens de financer ces aides...Je pense notamment aux petites et moyennes, aussi je le trouve en totale contradiction avec une politique éconmique tendant à recréer ce tissu disparu.

Écrit par : Martine | dimanche, 14 novembre 2010

@Martine
Sauf si on raisonne par coopératives ! Sur un bassin, on pourrait envisager une mutualisation des moyens. Évidemment, on ne demandera pas un tel effort à une TPE, cela va de soi.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 14 novembre 2010

Ce n'est guère différent de projets style pépinières d'entreprises ou finalement l'offre en termes de crèches est très localisée à certains secteurs .
Le vide absolu dans d'autres, en terme d'aménagement du territoire, ma question serait la suivante: nouvelle concentration?
Ensuite, votre réponse tendrait à me conforter dans l'inutilité complète d'un tel label, cela me fait penser aux questions qui me sont posées lorsque je fais mes courses " Label rouge blanc bleu vert" (pour schématiser) qu'est-ce que cela signifie?

Écrit par : Martine | dimanche, 14 novembre 2010

Je développe mon idée du post précédent

Vu les déficits tous les partis sont quasiment d’accord sur le fait qu’il faut modifier notre système fiscal. Tout le monde en parle depuis des années mais personne ne s’y attaque sérieusement car c’est politiquement très casse-gueule. Le but est donc de faire comprendre a l’opinion publique que la réforme est nécessaire. A mon avis, pour faire avancer le dossier sur un tel sujet il serait logique de redéfinir le rôle de chacun en démocratie pour repartir sur de bonnes fondations car depuis des années on additionne un peu tout et n’importe quoi, a chaque idée il faut créer une taxe, personne n’y comprend plus rien, la parole politique n’existe quasiment plus. Le citoyen a un moment donné pense qu’il n’est plus que la vache a lait de l’état, d’ou a chaque réforme il se développe des tensions sociales, le GVT soit recule, soit transforme sa réforme en réformette….et les problèmes ne sont toujours pas résolus a long terme

Notre façon de faire a atteint ses limites. La France par exemple est le pays au monde ou le citoyen paye le plus d’impôt ( qu’il soit direct, indirect, taxe en tout genre , etc…). C’est idem pour les entreprise. C’est tellement vrai que pour la taxe carbone certains voulaient l’appeler contribution ( pour faire passer la pilule , mais en fin ce compte…). Idem pour les entreprises ou certains parlent de TVA sociale afin de diminuer le coût du travail, mais ce n’est que du bidouillage. La France manque cruellement de rentrée fiscales que les sénateurs veulent tout taxer comme le e-commerce, les ordinateurs, etc…mais est-ce que l’on peut taxer a l’infini ?

Toujours au sujet de la taxe carbone qui est un bon exemple de la complexité de notre société globalisée. Si on l’analyse au niveau européen, on voit bien que cette taxe devrait être européenne pour des raisons de concurrence. Mais si on se place a l’échelle mondiale, pour ne pas pénaliser les entreprise européennes il faudrait créer ( afin de rééquilibrer le système) une taxe aux frontières pour les produits non fabriqués selon des normes écologique, etc… on voit bien que pour résoudre un problème la taxonite aigue pose plus de problème qu’elle n’en résout.

Donc de facto avant de mette sur la table une réforme fiscale il serait bon de remettre a plat notre démocratie
-pour redéfinir les rôles du citoyen, du politique,
-pour définir les priorités ,
-pour déterminer les devoirs ,
-pour repenser les responsabilités de chacun dans un monde très complexe,
-pour mettre en place de nouvelles pratiques de communications afin d’éviter les conflits,
-d’apporter une peu d’humanité dans les relations entre les différents acteurs
-de revoir notre rapport a l’argent qui ne doit pas êtres utiliser dans toutes les situations comme moyen de levier pour tenter de résoudre les problèmes
-etc….

PS : je pense que les écolos vont se planter car ils développent une écologie contraignante, répressive, culpabilisatrice. Lorsque les électeurs vont voir ce qui les attend sur plan fiscal ils vont peut-être fuir. Lors des européennes on a très peu parlé fiscalité car ce n'était pas le but, pour la présidentielle ce sera différent....

Écrit par : europium | dimanche, 14 novembre 2010

Très joli com Europium, mais je vous crois hors sujet quelque part.
Et puis, l'économie et moi^^^ :o)))

Écrit par : Martine | dimanche, 14 novembre 2010

@europium
Pas dit pour les écolos, parce qu'ils ont un électorat de cadres supérieurs urbains.
Pour le reste, il faut en effet être prudent avec les taxes...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 14 novembre 2010

@L' hérétique,
Yep, les memes qui profitent de certains cloisonnements au sein meme des grandes entreprises, quitte à scier la branche sur laquelle ils sont assis...
Echange salaires/actions avec double compta?

Écrit par : Martine | dimanche, 14 novembre 2010

faire des enfants est une décision privée et intime (il semble !). Qu'est ce que le contribuable a à se méler et influer sur ce qui se passe dans le lit du voisin ?
Il faut supprimer tout ce qui ressemble à une allocation !

Écrit par : Le Parisien Liberal | lundi, 15 novembre 2010

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