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jeudi, 25 novembre 2010

C'est quoi ces mesures catégorielles qui plombent le budget de l'État?

Quand j'étais à l'école, je n'étais pas mauvais en mathématiques. Sur la partie algèbre et calcul mental, j'étais même bon, voire très bon.

Alors il y a un truc que je ne m'explique pas : pour ce que j'en connais, les salaires des enseignants ne bougent pas depuis des années. En fait, par rapport à l'inflation et hors grilles indiciaires, ils seraient plutôt orientés à la baisse.

Récemment, le niveau de vie des classes moyennes a été évalué à un revenu mensuel dans une fourchette de 3 500 à 5 000 euros par mois.

Un jeune prof gagne aux alentours de 1400 à 1500 euros par mois. Même en se mettant en couple, donc en constituant à deux un seul foyer fiscal, il fait toujours partie des pauvres, en tout cas, des classes les plus modestes.

On nous dit que l'État peine à payer ses fonctionnaires pour le mois de décembre, notamment en raison de mesures catégorielles prises dans l'Éducation Nationale.

Elles sont où les mesures catégorielles ? Notez, j'ai peut-être un indice. Il paraît que les profs débutants ont été augmentés en début d'année. Châtel avait fait beaucoup de bruit avec cette histoire. Est-ce que c'est ça, les mesures catégorielles ?

Quand on entend pérorer les crânes d'oeuf, il paraît que les enseignants n'ont des classes que de 11 à 14 élèves en moyenne. C'est le taux d'encadrement calculé. Putain, ils foutent quoi de leurs journées, les crânes d'oeuf ? Partout où je pose la question, même pour ceux qui enseignent dans la zone la plus racailleuse du 93, il n'y a pas un taux d'encadrement aussi faible. Ils comptent quoi les crânes d'oeuf ? Les bons à rien qui ne glandent rien dans la journée dans les administrations centrales si ce n'est foutre des bâtons dans les roues de ceux qui prennent des initiatives ou produire des kilos de paperasse et de circulaires au risque d'une déforestation massive ?

Bref, il manque 2.5 milliards d'euros à l'État. Mais bon sang, comment on en arrive là, c'est de la folie.

La commission des finances et Arthuis (qui a fini par se fâcher puisqu'il a voté contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale) ne cessent de mettre en garde l'État.

Comme le dit Rubin, ça devait arriver. J'avoue que je commence vraiment à flipper. Je préfère avoir mal un peu mais maintenant, que très mal mais dans pas longtemps. 

Je ne dis pas qu'il faut faire n'importe quelle économie, mais il faut en faire, nom de Zeus. Alors discutons-en cartes sur table.

16:23 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : budget, dette |  Facebook | | |

mercredi, 24 novembre 2010

DSK veut ouvrir en grand les vannes de l'immigration

Les dernières déclarations de DSK, dont Marianne se fait l'écho avec grande justesse, sonnent à mon avis le glas d'une alliance entre un projet centriste et le projet socialiste.

Enfin...je l'espère !

L'abdication des élites européennes face à la dénatalité est sidérante. Jusqu'ici, je pensais que l'ouverture tout azimut de notre territoire n'était que le fait de délires de technocrates et commissaires européens bornés et sûrs d'eux, mais je vois que DSK joint sa voix au concert.

Moi, cela me sidère : c'est un retour au giscardisme des années 70. On sait très bien que l'immigration de travail stimule le dumping social et la dégradation des conditions de travail. J'ai entendu parfois des libéraux m'expliquer que ce n'était là que le jeu de la concurrence et que mes dénis n'aboutiraient qu'à ce que l'emploi se délocalise.

C'est faux. Le raisonnement ne tient pas. Parce que les emplois concernés par cette immigration de travail sont des emplois de proximité et de services à la personne. Dans l'industrie, il est déjà trop tard, et depuis longtemps. Quant aux services, la plupart du temps, la distance ne pose pas de problèmes et ils se délocalisent aussi. C'est une autre problématique.

Moi, ce qui me sidère, c'est qu'on a 10% de chômage ou presque, 20 à 25% chez les jeunes, des problèmes d'intégration pour les générations d'immigrés précédentes et que DSK veut en rajouter une couche ! Tout comme Sarkozy, au demeurant, qui, je le rappelle, s'il a roulé des mécaniques, a naturalisé français et sans conditions bien plus que le PS ne l'avait fait de 1997 à 2001.

Et ce qui m'énerve, c'est d'avaliser que nos pays européens ne seraient pas capables de stimuler leur propre démographie alors que des mesures ad hoc seraient clairement efficaces. Simplement, elles ont un coût et ne sont pas compatibles avec le dumping social.

A cela s'ajoute que DSK, comme les commissaires arrogants de Bruxelles, rêve d'ôter aux États-Nations tout pouvoir. Je ne puis que le renvoyer à l'excellent programme du MoDem au moment des élections européennes : l'Europe ne se fera pas contre les nations. 

La construction européenne n’a jamais eu pour objet de faire disparaître les Etats-nations ni les cultures régionales. Au contraire, l’Europe reconnaît le plu- ralisme des identités et des cultures, à travers par exemple la Charte euro- péenne des langues régionales ou minoritaires. Cette diversité incroyable de notre continent est une richesse à entretenir.

Alors oui, c'est tentant, le globish, le commissaire au plan européen, mais non, ce n'est pas comme cela que l'Europe peut se développer. Pas en passant par-dessus la tête des citoyens, même si je concède à DSK que les États ne sont pas très nets, puisqu'ils avalisent en douce des mesures dont il font ensuite porter le chapeau à l'Europe à voix haute.

J'adjure le MoDem de ne surtout pas s'aligner sur les positions de la gauche réformiste dans le domaine de la démographie et de l'immigration. Bayrou a été le premier à mettre en exergue la bombe démographique, en 2007, dans son programme. Il existe d'autres solutions, européennes et nationales, que l'immigration. Je souhaite que le MoDem présente un programme de rupture dans ce domaine, associé à une réflexion plus générale sur le travail et les conditions de travail, car enfin, on entend que les Français ne veulent pas effectuer certaines taches ; ah. Moi j'aimerais bien savoir pourquoi. Certaines voix sûres d'elles-mêmes expliquent que les Français sont des fainéants et en veulent plus en ramer une. Cette opinion reçu est contredite par des études internationales qui classent les travailleurs français parmi les plus productifs de la planète.

Il faudra donc bien tôt ou tard ouvrir le dossier noir des conditions de travail, là où j'attends les syndicats (ils devraient se battre là-dessus) et de véritables propositions des partis politiques.

La solution de DSK qui trouve notre droit du travail trop restrictif montre bien qu'il s'en soucie comme d'une guigne...

mercredi, 17 novembre 2010

Patrimoine et ISF

J'ai appris que Nicolas Sarkozy voulait supprimer le bouclier fiscal et l'ISF et instituer à la place une taxe plus élevée sur les revenus du patrimoine.

Si je souscris sur le principe à une suppression de l'ISF, je suis sceptique sur la faisabilité fiscale et budgétaire de la chose.

Actuellement, nos déficits sont si abyssaux qu'on ne peut pas supprimer un impôt si on ne le remplace pas par un autre.

C'est ce que Bayrou avait compris dès 2007 en programmant se substituer à l'ISF un impôt sur le patrimoine avec une assiette bien plus large, mais également un taux plus de dix fois inférieur à ce qu'il est sur l'ISF.

Le bouclier fiscal coûte 800 millions d'euros et l'ISF rapporte 3.5 milliards d'euros environ. L'ISF rapporte de moins en moins avec les divers allègements fiscaux, au demeurant, soit 3.2 milliards d'euros environ pour l'année 2009. Il faudrait donc trouver au minimum des recettes de 2.4 milliards d'euros, et, au fond, je pense que ce n'est pas suffisant car le but est de rentrer plus d'argent dans les caisses.

Pas de chance pour moi, je ne suis pas économiste et je n'ai pas de données pour évaluer ce que rapporterait une taxation sur les revenus du patrimoine. Une chose est sûre, en tout cas : pour que ce choix fiscal tienne la route, le compte doit être bon au final.

J'ai écouté Jérôme Cahuzac, l'expert du PS sur ce sujet, mais ce même député qui reproche à Sarkozy ses approximations en fait lui-même puisqu'il parle de 4 milliards pour l'ISF alors que le rapport de cet impôt ne cesse de baisser depuis 3 ans.

L'autre solution consisterait à trouver 2.5 milliards de réductions de dépenses, évidemment, pour combler cette suppression, mais, dans ce cas, je préfère que l'on fasse d'abord l'économie et qu'ensuite, seulement, on supprime l'ISF.

jeudi, 11 novembre 2010

MoDem, de l'incantation à l'action

J'ai entendu avec espoir François Bayrou parler récemment d'espoir crédible pour évoquer le type d'opposition qu'il entend incarner. C'est un langage qui m'a plu. La mise en place d'un shadow cabinet il y a un mois est aussi une saine démarche qui va dans le bon sens.

Mais il faut aller plus loin : il faut remettre à plat le fameux projet humaniste et dépasser le niveau de la déclaration d'intention et du lieu commun. Or, au MoDem, nous en sommes encore là.

Il s'agit de faire des propositions chiffrées et réalistes et de s'engager sur des axes de réflexion majeurs.

- la défense des libertés, à commencer par les libertés économiques, par exemple ; seulement, il s'agit d'être large. D'évoquer les rigidités que génèrent notre absence de flexibilité dans le droit du travail, particulièrement dans la fonction publique, mais de défendre dans le même temps le citoyen-consommateur trop souvent à la merci d'une entreprise dont l'état se fait d'autant plus complice qu'elle est plus grosse. Les Class Actions devraient figurer en tête de gondole dans le super-marché de nos idées au rayon libertés économiques. 

- la relocalisation de nos industries. Commencer par ne pas transférer massivement nos technologies à la Chine serait un premier pas. Après, c'est toute une organisation du travail et une réflexion sur l'urbanisation et les moyens de communication qui est à mener. A cela peut s'ajouter l'arme fiscale qui aplanit le profit de chaque entreprise dans la part du coût d'un produit.

- une réflexion globale sur l'écologie en prenant garde de ne pas glisser dans l'ornière grossière des apparences. Sans rentrer dans les outrances d'Intox2007, force est de constater qu'il pose des questions pertinentes sur la fameuse croissance verte. Il devrait d'ailleurs en parler à ses futurs alliés verts ou du Parti de Gauche... Une fiscalité blanche comme l'entend Yann Werhling dans une tribune récente me paraît une bonne piste, puisqu'elle permet de ne pas ajouter de nouveaux impôts, mais de les répartir simplement différemment.

- lutter contre les discriminations. Je ne parle pas de la discrimination positive ni de toutes les imbécillités similaires, mais ce qui fait que, dans ce pays, quand on naît de rien, on n'aboutit à rien. Pourquoi ne se produit-il pas, comme en Amérique ou en Angleterre, qu'une personnalité issu d'un milieu modeste ou moyen puisse faire fortune ? En France, le pouvoir et la richesse ne se transmettent que de puissant à puissant. A nous de trouver la parade sans tomber dans l'égalitarisme débilitant dont la gauche ne parvient pas à se défaire. En île de France, François Bayrou avait choisi, aux Régionales, de faire d'un chef d'entreprise issu de la banlieue la tête de liste du MoDem. A des personnalités comme Alain Dolium, nous devrions dérouler des tapis rouges. Ce sont ces individus-là qui nous intéressent, partis de pas grand chose, mais ayant gravi les échelons.

- et puisque la France attache tellement d'importance à ses diplômes nous devrions porter d'autant plus d'attention à l'école ; non en s'alignant bassement sur les positions exprimées au PS et à l'UMP, à la remorque des effets de mode (les rythmes scolaires) mais en écoutant des spécialistes qui tirent la sonnette d'alarme depuis fort longtemps. Est-ce que le MoDem est encore capable d'audace ? Est-ce que le MoDem est capable de prier Natacha Polony de devenir sa conseillère spéciale sur les questions d'éducation et de reprendre une partie de ses propositions ? Collège unique, collège inique, scandait François Bayrou en 1993 : alors François, qu'est-ce que tu attends ? Commence par rayer le programme du MoDem, et écris, avec l'avis de gens impliqués un programme de rupture sur l'éducation, ce qui suppose évidemment de ne pas s'appuyer que sur des individus issus du sérail.

- sur la dette, faisons comme nos amis lib-dems : disons ce que nous prévoyons de faire avec un programme chiffré et précis. 

- les retraites, nous avons été clairs, mais mal entendus : nous défendons l'idée d'un système à points, voire de comptes notionnels. Allons jusqu'au bout et établissons un document technique qui définit les points que nous pouvons gagner pour chaque profession. Expliquons comment nous allons parvenir à mettre d'accord entre elles toutes les caisses de retraites pour adhérer à un tel système, car ce serait aussi un gros enjeu d'une telle réforme.

Bref, j'ai défendu le Projet Humaniste, mais toujours à contre-coeur. Ce n'est pas un programme. C'est un catalogue d'intentions, et, de surcroît, certaines d'ente elles me déplaisent carrément. Remettons-le complètement à plat et dessinons un programme politique digne de ce nom, c'est à dire un programme de gouvernement. Je ne fais ici que tracer les débuts d'une feuille de route, mais je crois ne pas me tromper en montrant du doigt cette voie.

Je rappelle, pour ma part, que j'avais entamé une réflexion avec le groupe Fondation sur googlegroups ; je transfère les premières propositions petit à petit sur e-democrate sous le nom de César Borgia. Il s'agit de reprendre le Projet Humaniste section par section et de l'amender.

Allez François, il nous faut des espoirs crédibles, désormais !

16:22 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : modem, bayrou, programme |  Facebook | | |

mardi, 09 novembre 2010

Retour à l'or ?

Aurélien Véron s'inquiète des velléités de la FED américaine : Obama crée artificiellement, sans aucune contrepartie des centaines de milliards de dollars : pas de surproduction de biens ou de services derrière, mais uniquement à effet d'acheter des bons du trésor américain au fur et à mesure que les USA gonflent leur déficit. A vrai dire, côté européen, je me demande aussi d'où la Banque Centrale européenne tire les fonds qui lui sont nécessaires pour racheter les titres de la dette grecque...

Entre une Chine, seconde puissance mondiale, qui sous-évalue outrageusement sa monnaie, et une Amérique, première puissance mondiale, tentée par une très forte poussée inflationniste avec pour issue une dévaluation rampante de sa monnaie, le désordre monétaire pourrait s'installer dans le monde entier.

De nombreux pays s'inquiètent de cette évolution, et l'idée de remplacer définitivement le dollar comme monnaie de réserve fait son chemin.

A l'heure actuelle, les banques nationales complètent leurs réserves de change avec des DTS (Droits de tirage spéciaux) : ces actifs appuient leur valeur sur un panier de quatre grandes devises, nécessairement convertibles puisque les DTS sont échangeables contre des devises librement utilisables. Le FMI a créé les DTS en 1969.

A l'origine, le DTS valait 0.88 grammes d'or fin, mais il a été remplacé par un panier de monnaies comprenant le dollar, la livre sterling, le yen et l'euro. 

La dernière réévaluation des DTS a eu lieu en novembre 2005, or on en revoit la composition tous les cinq ans. Nous y sommes donc.

Robert Zoellick, le Président de la Banque Mondiale vient de balancer un très gros pavé dans la marre : il propose ni plus ni moins de revenir à l'étalon-or. Zoellick prend simplement acte de faits patents : en période de crise, l'or demeure une valeur refuge. Or, il flambe, actuellement. Il suggère donc la mise en place d'un système dont l'or serait le point de référence, impliquant les monnaies des économies les plus puissantes de la planète, c'est à dire le dollar, l'euro, le yuan et le yen.

Ça va être sportif au G20 : convaincre la Chine de rendre sa monnaie convertible, cela me paraît très très difficile, tant ce pays est soucieux de contrôler de A jusqu'à Z son développement économique.

Quant à l'or, il me semble que Zoellick a surtout voulu, à quelques jours du sommet du G20, tirer la sonnette d'alarme. Réintroduire l'or dans le système monétaire international rendrait ce dernier dépendant de la production de ce minerai et donnerait un poids très important aux pays producteurs d'or, inégalement répartis sur la planète.

Toutefois, comme l'or est un bon indicateur des tendances des marchés, le réintroduire comme élément de référence (mais pas le seul !) pourrait permettre aux banques centrales d'en surveiller l'évolution des cours, alors qu'à l'heure actuelle, ce sont seulement les prix des biens qui les amènent à évaluer l'inflation.

Il convient toutefois de demeurer extrêmement prudent ; j'en ai fait état dans mon Or des fous : c'est une chose de disposer de réserves d'or en dur, c'en est une autre d'échanger des dollars contre des titres adossés à l'or ! Je reprends ce que je disais début septembre :

Nombre de ces titres n'ont pas de contrepartie. Le marché financier a donc produit ce que l'auteur appelle des junk-securities, c'est à dire des placements censés être sûrs qui ne valent rien : si jamais le marché s'affole et réalise qu'il n'existe pas les stocks d'or suffisants pour couvrir la demande en produits dérivés, il risque de revendre des titres qui ne vaudront plus rien, au risque d'une catastrophe financière. La valeur papier serait 200 fois supérieure à la valeur matérielle !

Il y a là, me semble-t-il, les ingrédients d'une crise de même type que celle des subprimes.

Zoellick appelle enfin Chine et USA à agir, la première en développant davantage sa demande intérieure et en contrôlant à un niveau acceptable ses exportations, les seconds en réduisant leur dette. Ce que l'on constate, in fine, c'est que les deux principales puissances économiques mondiales mettent en danger le reste de la planète par égoïsme. L'Europe va devoir faire entendre sa voix, et cela ne va pas être simple. Espérons que Nicolas Sarkozy sera à la hauteur des enjeux qui attendent la nouvelle présidence du G20, car la diplomatie devra être de haut vol pour trouver des issues satisfaisantes.

A lire : un point de vue de Libertas (pas le même que le mien) sur la pertinence de l'or comme monnaie naturelle.

mercredi, 03 novembre 2010

Taxer les hauts revenus ? Quelle erreur !

C'est très tendance, toutes formations politiques confondues, à l'heure actuelle, de crier haro sur les hauts revenus. Allez, les riches paieront ! Sus aux koulaks, ces vils exploiteurs du peuple, et faisons-leur rendre gorge !

Même des personnalités estimables, comme Jean Arthuis, se laissent prendre au jeu du reflet de ce miroir aux alouettes. Je signale au passage Éva Joly dont le projet économique, outre sa triste banalité, est tout entier et sans intelligence axé autour d'une fiscalité toujours plus alourdie : la vieille éthique a encore frappé.

Je parage en réalité complètement l'avis d'André Lévy Lang, polytechnicien qui reprend en fait l'intégralité des propositions de Bayrou en 2007 : taxer toujours plus l'emploi hautement qualifié, celui qui touche les plus hauts salaires, est une bêtise et de nature à engendrer une fuite des cerveaux, tôt ou tard.

En revanche, comme l'avaient déjà calculé François Bayrou et Charles de Courson en 2007 pour le programme de l'UDF, il suffirait d'un impôt de 1 pour mille sur le patrimoine, après avoir supprimé l'ISF, pour récoler 9 milliards d'euros de recettes contre 4 milliards pour l'ISF à l'heure actuelle. Je ne dirais jamais à quel point ce programme était excellent : la situation entre temps n'a pas changé, enfin...si : elle s'est dégradée. On peut donc reprendre 90% des propositions qui y figurent.

Jean Peyrelevade ne se moque pas moins de la corne d'abondance socialiste : même en taxant 30% des revenus du capital, nous serions très loin des montants nécessaires pour venir à bout de nos déficits abyssaux.

Fred qui a lu le billet laisse sans réponse ni proposition l'aporie que constitue l'équation de nos dépenses et nos recettes. Pas possible de taxer les entreprises dans un pays qui souffre désormais d'un cruel manque de compétitivité.

vendredi, 29 octobre 2010

Un camouflet pour les Class Actions...

ette fois-ci c'est clair, le gouvernement renonce à mettre en place les actions de groupes en faveur de la défense des consommateurs en France. A plusieurs reprises déjà, Bercy avait reporté l'instauration dans notre pays du système des « class-actions », tout en affirmant avec une grande hypocrisie qu'il en soutenait le principe. 

Mais en installant hier la Commission de médiation de la consommation, Henri Novelli a tombé les masques et clairement pris le parti du Medef farouche opposant depuis toujours aux actions de groupe. 

Pour Robert Rochefort, spécialiste des questions de consommation, la médiation, en ce qu'elle évite des procédures judiciaires est souvent une formule excellente mais elle ne peut en aucun cas régler tous les litiges collectifs. Or elle devient un contre-feu dressé contre la mise en place des actions de groupe. Lorsque ce sont des centaines de consommateurs - voire plus - qui sont lésés pour une somme significative mais de montant modéré, seule leur mobilisation collective, en disposant d'un instrument adéquat, peux leur permettre d'obtenir réparation. C'est à la fois un droit et un moyen précieux de dissuasion à l'égard des abus, dont se sont dotés de nombreux pays.


Les médiateurs chargés de traiter les désaccords entre les entreprises et les consommateurs font souvent un travail très utile mais il leur arrive aussi de ne pas jouir de l’indépendance absolue nécessaire par rapport aux producteurs et aux distributeurs qui les rémunèrent. De plus, ils ont fréquemment des réflexes « pro-entreprises », car ils sont souvent des anciens collaborateurs ou des retraités de ces entreprises, ce qui en conséquence ne devrait jamais être le cas. 

Dès lors, on comprend que l’UFC-Que choisir et la CLCV, les deux plus importantes associations de consommateurs aient décidé de boycotter cette commission la rendant du coup encore moins crédible. 

Le droit aux actions de groupe reste donc à conquérir. Le mouvement démocrate sera aux côté des consommateurs dans ce combat, notamment à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. 

Robert ROCHEFORT 
Député européen, vice-président du Mouvement Démocrate 
Membre du Shadow Cabinet, chargé de l'Économie, de l'emploi et de l'économie solidaire

 

vendredi, 22 octobre 2010

Réparer les erreurs de Tony Blair, cela va prendre du temps...

La gauche française toute entière a frémi quand elle a appris que le gouvernement britannique (Tories et Lib-Dems) s'apprêtait à supprimer 500 000 emplois publics. Une cure d'austérité sans précédent. A vrai dire, l'Angleterre a un déficit de 11%. Il faudrait juste rappeler que Tony Blair a créé deux millions d'emplois publics à son arrivée. Certes, la Grande-Bretagne avait besoin d'une sérieuse mise à jour de ses services publics, d'autant qu'il fallait remédier aux délires pseudo-libéraux des Thatchériens.

Remédier, oui, hypertrophier, non. De ce fait, les budgets des ministères vont baisser de près de 20% en moyenne. Des montants faramineux. Quant à l'âge de départ à la retraite, déjà avalisé, il passera à 66 ans, mais plus tôt que prévu. 

Toutefois, le gouvernement britannique ne renverra pas de fonctionnaires. Il se contentera de ne pas remplacer ceux qui partent en retraite.

Si l'on ajoute que les prestations sociales vont être revues à la baisse et que la TVA va augmenter jusqu'à 20%, on a là tous les éléments d'une sacrée cure d'austérité. Je n'aimerais pas être anglais à l'heure actuelle. Et avec cela, le gouvernement escompte une reprise de la croissance. Il n'est pas sorti de l'auberge.

Hugues veut des réductions de dépenses aussi justes que possible et préserver les crédits pour l'environnement et la croissance durable. Pas de pot, c'est ce qui va être touché en priorité.

Et quand je pense que la coalition Tories-LibDems achevait son programme commun par la volonté de mettre fin à la pauvreté des enfants d'ici 2020...C'est pas gagné...

mercredi, 20 octobre 2010

Non, l'immigration n'est pas la seule solution à la dénatalité !

J'entends souvent du côté des technocrates européens boboisés que l'immigration serait une fatalité économique car il faudra pourvoir les emplois que notre démographie déclinante ne parvient plus à remplir.

Il existe une toute autre solution : faire des enfants, tout simplement. Pour que cette option à laquelle nos technocrates ne songent jamais, se réalise, il est évident qu'il convient de mettre en place des dispositifs qui favorisent les familles nombreuses et les modes alternatifs de garde.

Le travail des femmes va bien évidemment dans le sens de l'histoire. La révolution de la paternité n'est pas encore achevée, elle ne fait que commencer. Il y a donc une phrase transitoire où tout doit être fait pour permettre aux femmes de concilier travail et maternité.

Ceci suppose la démultiplication de tous les modes de garde : croissance des crèches, y compris des crèches d'entreprise, des déductions fiscales pour les gardes à la maison ou chez les assistantes maternelles.

Une authentique politique démographique doit toucher tous les aspects de la vie professionnelle d'une femme : elles doivent conserver tous leurs avantages en termes de travail de nuit, retraites, congés parentaux et allocations chômage.

Une telle politique a certes un coût, mais très probablement bien moindre que celui d'une immigration galopante, alimenté par un regroupement familial aux coûts sociaux et financiers faramineux. 

L'omerta sur le coût réel de l'immigration commence à se lever petit à petit, puisque les premières estimations chiffrées sont désormais rendues publiques. Il est à observer que de nombreux maires dans les années 70, avaient pressenti la chose, particulièrement dans les communes rouges puisqu'ils la considéraient avec angoisse.

En ce qui concerne l'emploi, il faudra m'expliquer pourquoi la France aurait besoin d'une immigration de travail alors que le chômage touche aussi fortement les jeunes Français.

Il y a à cela plusieurs causes :

a) il y a clairement un problème d'orientation à l'école, c'est à dire une inadéquation entre les formations et l'offre d'emploi.

b) il y a un problème de salaires : si les Français ne veulent pas de certains métiers, c'est qu'ils ne sont pas attractifs. Dans la restauration et le bâtiment en particulier, dans plusieurs professions artisanales également,  il est nécessaire de prévoir des salaires adaptés aux conditions de travail difficiles. De ce point de vue, le raisonnement du Parti Communiste dans les années 70 reste valide : les entrepreneurs qui font appel aux immigrés le font pour éviter de payer leur dû aux travailleurs locaux. C'est un dumping social déguisé qui a cours depuis trop longtemps.

Il convient donc de durcir la répression du travail clandestin, en distinguant toutefois bien les gestes humains et la cupidité pure et dure.

Il ne s'agit bien sûr pas de mettre fin à l'immigration de travail mais de l'ajuster aux besoins réels de la France.

c) il faut évidemment mettre fin de manière immédiate au regroupement familial lorsqu'il donne lieu à de l'aide sociale. De manière générale, il faut légiférer plus strictement. En outre, le regroupement familial est un frein au co-développement : quand des travailleurs immigrés renvoient une part de leur salaire dans leur pays d'origine, ils contribuent à le développer.

J'ajoute que je ne saurais en aucun cas avaliser un discours qui s'en prendrait aux immigrés  : les immigrés ne sont pas comptables de toutes ces difficultés. Ce sont les gouvernements mous d'un côté, et les entrepreneurs cupides de l'autre qui sont à la source de ces problèmes.

Je rejoins entièrement Jean-Claude Barreau, ex-directeur de l'Institut National d'Études Démographiques pour estimer que c'est toute l'Europe qui est concernée par ce défi démographique.

 

lundi, 18 octobre 2010

Syndicat libéral, ce qui cloche...

Tiens, je viens de prendre connaissance de la dernière proposition d'Alternative libérale : la création d'un syndicat libéral.

Moi, dans l'absolu, je ne suis pas contre de proposer aux travailleurs et aux employeurs de pouvoir négocier librement leurs contrats.

Mais voilà, Alternative libérale veut commencer par s'en prendre au code du travail. Eh bien pour moi, c'est niet, tovaritchi libéraux. Non par dogmatisme, mais parce que je pense que vous ne commencez pas par l'essentiel, le substantiel, même, en terrain libéral.

Pour qu'un marché de l'emploi soit vraiment libre, cela suppose de pouvoir lutter contre toutes les ententes illicites et cela exige aussi une transparence totale. En l'absence de cette transparence, toute modification du code auquel vous voulez vous attaquer contribuerait surtout à accroître les déséquilibres.

Commencez par bâtir un projet politique, social et économique qui établit une concurrence libre et non faussée, c'est à dire sans ententes illicites ni pressions illégales. Après et seulement après, j'accepte de me pencher vers des relations d'employé à employeur différentes.

Sauf que cela, c'est une sacrée paire de manches : un certain François Bayrou a tenté de tracer une voie, à la fin de son Abus de pouvoir, car enfin, l'enjeu principal de la liberté, c'est bien celui-là : de lutter contre les abus de pouvoir de toutes sortes.

Je signe des deux mains un projet pour une société libérale, car cela correspond à ma philosophie, une fois que cet aspect essentiel d'un projet politique qui se voudrait libéral est clairement édifié...Bon courage, tovaritchi liberalitski, parce que là-dessus, il y a du taf, et cela ne risque pas de chômer...