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lundi, 11 octobre 2010

Europe-Chine, un marché de dupes ?

Sur le papier, l'affiche est belle : 46 pays représentant 60% de la population mondiale et 60% du commerce international (mais seulement 29% des exportations européennes contre 45% des importations). Mais le 8ème Asian Europe Meeting (ASEM), qui se déroule cette semaine à Bruxelles, a pourtant toutes les allures d'une grand'messe. Puissance invitante, l'Union européenne est en effet incapable de répondre aux deux principales questions de l'ordre du jour : une vraie réforme du FMI, et non un simple ajustement comme ses Ministres des Finances l'ont proposé le week-end dernier, et la relance des négociations climatiques, question sur laquelle les Vingt-Sept n'ont pas encore de position commune. Du coup, la portée symbolique de ce Sommet devrait surtout profiter à la Chine, qui se retrouvera en position de force le 6 octobre pour le Sommet UE-Chine. 

Lors du dernier Conseil européen, les Chefs d'État et de gouvernement avaient promis que désormais la « réciprocité » serait le maître mot en matière commerciale. De ce point de vue, avec la Chine, le compte n'y est pas : le secteur du bâtiment, faramineux, est interdit aux étrangers; les marchés publics sont limités (par exemple, sur 22 000 licences de téléphonie, 14 seulement sont non chinoises); le pillage technologique prend des allures de désastre et des firmes aussi importantes pour le commerce extérieur français que Danone ou Alstom en ont fait cruellement les frais; enfin, la Chine est le paradis des contrefacteurs tant et si bien que les deux tiers des produits contrefaits saisis en Europe par les douanes sont d'origine chinoise (85% pour les produits dangereux !). J'ajoute que voir le premier ministre Wen Jibao annoncer à Athènes la création d'un fonds de 5 milliards de dollars pour aider les armateurs grecs à commander des navires à des chantiers navals chinois, n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour l'emploi en Europe !

Face à un tel défi, au demeurant prévisible depuis au moins 10 ans, l’Union européenne doit enfin adopter une stratégie digne de ce nom. Les États membres doivent s’abstenir de jouer un jeu personnel qui empêcherait l’émergence d’un bloc européen uni. Cette stratégie serait d’autant plus crédible si l’Europe s’attachait aussi à définir une politique industrielle offensive, dans laquelle la France prendrait toute sa part. Les échanges commerciaux avec la Chine ne peuvent plus continuer de se faire au détriment de notre recherche, de nos brevets, de nos emplois. Poser cette question au prochain sommet UE-Chine montrerait que l’Europe a enfin décidé de ne pas laisser faire, a enfin décidé d’exister. 

Marielle de Sarnez, députée européenne 
Vice-présidente du Mouvement Démocrate 
Membre du Cabinet Shadow, responsable des Affaires étrangères et de la gouvernance internationale

Bon, je protestais contre les mesures prises par le gouvernement américain, il y a peu, mais réflexion faite, après ce que dit Marielle, il va falloir des mesures énergiques...

 

dimanche, 10 octobre 2010

Industrie : réensemencer

Nous devons reconquérir la production. Pendant longtemps, la mode était de considérer que tout cela, les activités primaires, l'agriculture, le secondaire, l'industrie était passé de mode, mais nous ne pouvons pas continuer à nous bercer de ces illusions, car tout le monde dit : il faut parler de l'emploi. 
La vérité, c'est que, s'il n'y a pas de production, il n'y a pas d'emploi. Il faut donc parler de la production en même temps ou avant de parler de l'emploi. Cela signifie deux choses. Premièrement, concernant les PME qui sont les vrais créateurs d'emplois et qui sont le vrai essaimage sur tous les sujets d'où nous avons été exclus ou que nous avons déserté ou que nous avons perdu, je veux redire devant vous que je ne comprends pas comment un pays qui sait fabriquer des satellites, des fusées, des avions, des hélicoptères, des moteurs d’hélicoptère -dans ma circonscription où nous avons été honorés par les plus grandes autorités de l'État- un sur deux des moteurs vendus dans le monde est fabriqué par nous… Comment ne sommes-nous pas capables de fabriquer une machine à laver ?!… En effet, la technologie de ces instruments ménagers ne me paraît pas beaucoup plus compliquée que celle d'une turbine d'hélicoptère ! 
Concernant les PME et la reconquête, je crois qu’il existe, ce n'est pas facile, cela ne se décrète pas, une stratégie fondée sur le repérage de gens qui ont la capacité, qui ont la technologie, qui ont le savoir-faire, que nous pourrions d'une manière ou d'une autre intéresser à des développements en France. 
Après tout, je crois que l'on doit faire… je vous l'expliquerai un autre jour… mais je crois qu’il faut re-ensemencer. C'est ce que j'appelle la stratégie Brémontier. Nous l'aimons beaucoup dans le Sud-Ouest. C'est cet ingénieur agronome qui a eu l'idée de planter dans le désert, c'était un désert ou presque, les marécages. Il a simplement été chercher les graines, il a cultivé les pousses, il les a replantées, il a re-ensemencer comme les paysans - les agronomes savent le faire- le sol aride. 
Je suis persuadé que l'on peut mettre en place une stratégie qui permette à l'État de soutenir les jeunes pousses et, après, de les laisser vivre leur vie, car je ne crois pas du tout naturellement que la centralisation puisse permettre de résoudre tous les problèmes à la place des gens. Je pense que c'est le contraire. 

J'aime bien la métaphore filée de Bayrou sur la réindustrialisation. Cela dit, cette stratégie, c'est un peu la martingale du parieur ou encore la pierre philosophale de l'alchimiste. J'ai longtemps cru que ce pouvait être les fameux clusters de Christian Blanc, mais, dans la pratique, si je considère les pôles de compétitivité mis en place par Raffarin, censés être la mise en oeuvre des vues de Christian Blanc, force est de constater qu'ils n'ont attiré que peu les capitaux privés. Sans doute manquons-nous encore de recul, mais j'aimerais bien savoir ce qui coince.

Tiens, l'image de François me rappelle un souvenir très décalé : dans ma jeunesse, j'ai été un amateur de jeux de rôles invétéré, et notamment du système de jeu Donjons et Dragons. Je jouais un personnage qui avait au fil du temps pas mal évolué (Guerrier niveau 15/ Magicien niveau 12, après avoir été successivement Chevalier, Chevalier-Paladin, Paladin déchu, puis Chevalier révoqué...), et dont l'un des objectifs avait été, avec l'expérience et la maturité, de développer économiquement la baronnie qu'il avait reçu en  héritage de ses parents.

Des aventures périlleuses mais enrichissantes dans tous les sens du terme avaient permis à ce personnage d'accumuler des fonds considérables. Il avait alors choisi d'opérer une véritable révolution en faisant irriguer tout son territoire, grâce à des canaux de pierre construits par des nains. Les travaux eux-mêmes n'avaient pas été suffisants, bien qu'ils eussent absorbés les deux tiers des fonds.

Il avait fallu ensuite attendre sept longues années afin de faire tourner les terres : ce temps était nécessaire pour qu'elles s'adaptent en douceur à de nouvelles cultures. Que l'on imagine : jusque là, la baronnie avait eu une production de type méditerranéen, c'est à dire essentiellement de l'olive. Avec l'irrigation, il devenait possible de produire massivement du blé ; l'inconvénient, c'est que les sols n'y étaient pas préparés. Il fallut donc les conseils éclairés d'un ami de la terre, en la circonstance un druide, pour parvenir à les acclimater en douceur. Tenter d'utiliser la magie eût été une erreur grave, en la circonstance, parce que les sols en seraient devenus dépendants. Mais pendant ces sept années, non seulement la terre ne produisait pas de blé, mais elle ne générait plus d'olives non plus.

Heureusement que mon personnage avait accumulé de sacrés quantités de monnaies et de gemmes ! il fallut alors nourrir une population de presque 3 000 âmes pendant sept longues années, bétail compris !

La construction d'un institut d'agronomie et l'érection de serres associées à un temple dédié aux divinités de l'agriculture et de la nature asséchèrent définitivement mes fonds, mais l'objectif fut atteint in extremis, et la baronnie décupla son revenu dès la première année de production de blé (de 300 à 3000 pièces d'or par an).

Bon, j'avais un maître du jeu qui avait le souci du détail, et ...moi aussi. Ce n'est évidemment pas une expérience économique ni même une simulation digne de ce nom. Je ne suis de toutes façons pas entré dans toute une flopée d'autres détails.

Mais, in fine, je conçois très aisément que l'on ne réoriente pas aussi aisément une industrie qui a pris une certaine direction. Donc, l'ensemencement de François, je le conçois très bien, mais au bout de combien de temps peut-il espérer donner des résultats ?

J'ajoute que dans l'histoire que je viens de relater, mon personnage avait eu une chance exceptionnelle : son pari avait abouti et son choix avait été couronné de succès, entre autres en raison de sa détermination et des bons conseils de bons conseillers qu'il avait écouté. Rien ne disait, toutefois, que la bonne volonté pouvait suffire, et il aurait très bien pu échouer après avoir dépensé plusieurs centaines de milliers de pièces d'or...


samedi, 09 octobre 2010

Retraites : pourquoi le PS ne répond pas à Bayrou ?

François Bayrou a déclaré à trois reprises ces derniers 15 jours, que le PS mentait aux Français sur la question des retraites. En effet, il affirme que le projet du PS aboutira à infliger une décote très dure  et alourdie à ceux qui prendraient leur retraite à 60 ans.

Il se trouve que j'ai eu un petit échange par courriel avec lui à ce sujet, et qu'il s'avère qu'il s'appuie sur un document tout à fait officiel du PS pour accuser ce dernier de duplicité.

Il s'agit d'un comparatif entre la réforme du gouvernement et celle du PS.

Il faut se rapporter en fait au point IV, c'est à dire les mesures démographiques. Démographiques, amusant comme ce mot est éloquent.

J'avais déjà évoqué l'allongement de la durée de cotisation, habilement dissimulée sous la dénomination "règle des 50/50". L'idée est que la moitié du temps d'allongement de la durée de l'espérance de vie doit être consacrée à cotiser. Il deviendra donc quasiment impossible d'avoir cotisé suffisamment à 60 ans, ce qui fera de la retraite à 60 ans une arlésienne.

Mais ce qui a attiré l'attention de François en particulier, c'est le très important montant des mesures incitatives via surcotes améliorées. Il faut bien comprendre ce qu'est une surcote pour parvenir à saisir ce que soupçonne François.

La surcote est une majoration de la pension de retraite de base dont bénéficient les assurés qui continuent de travailler après 60 ans et au-delà de la durée d’assurance nécessaire pour une retraite à taux plein (soit 160 trimestres d’assurance pour les assurés nés avant 1949. A partir du 01/01/2009, cette durée augmente d’un trimestre par an pour les assurés nés à partir de 1949 ; elle est ainsi actuellement fixée à 161 trimestres pour les assurés nés en 1949, 162 pour les assurés nés en 1950, 163 pour ceux nés en 1951 et 164 pour ceux nés en 1952 et au-delà). Les règles applicables au calcul de la surcote diffèrent selon la date de liquidation de la pension.

Dans le projet socialiste, si les mesures incitatives sont très fortes via des surcotes améliorées, cela signifie que l'écart entre la pension de base, calculée à 60 ans et celle qui correspondra à une authentique retraite à taux plein sera forcément important. Donc, que le calcul de la pension à 60 ans subira une très importante décote par rapport à celui nécessaire à la totalisation des annuités, si on fait le calcul à l'envers. 

On peut toujours nous dire, évidemment, que nous autres, au MoDem, nous sommes très soupçonneux voire parano. Oui, on le peut, mais dans ce cas, on attend un démenti clair du PS avec les explications ad hoc. Bien évidemment, si les blogueurs de gauche ont des choses à dire sur le sujet, et des précisions qu'ils pourraient porter à notre connaissance, nous autres centristes, nous les attendons avec intérêt...

vendredi, 08 octobre 2010

Bouclier fiscal : trois années pour en venir aux propositions de Bayrou...

Intéressants, ces 100 députés UMP qui veulent abroger le bouclier fiscal. En fait, ils ont repris en grande partie ce qui figurait dans le programme de Bayrou en 2007 :

- abrogation du bouclier fiscal

- abrogation de l'ISF

- taxation du patrimoine (tout du moins, des revenus du patrimoine)

- création d'une nouvelle tranche d'impôts sur le revenu.

Du MoDem dans le texte. On trouvait notamment dans le projet humaniste les dispositions suivantes :

- un abandon de l’ensemble des dispositions injustes de la loi TEPA (dont le bouclier fiscal)

- une plus forte progressivité de l’imposition sur les hauts revenus et les bonus ;

- une refonte de l’imposition sur les successions, le patrimoine et les plus values et dividendes, en élargissant les bases et en introduisant une plus forte progressivité ;

Et dans le programme de Bayrou en 2007 ces propositions-là :

Je ne suis pas d'accord avec l'hypocrisie de certaines propositions. Notamment la proposition de bouclier fiscal à 50 % : cela consiste à exonérer les plus riches de l'impôt sur la fortune, et à maintenir cet impôt pour les catégories intermédiaires. Je suis favorable à une base large et à un taux réduit d'ISF. Le taux réduit, pour moi, c'est 1 pour 1000. C'est simple et compréhensible par tout le monde. Avec ce taux, chacun pourrait faire aisément face à ses obligations fiscales J'avais, au début, pensé faire comme les Suisses et tout inclure dans l'assiette taxable : l'outil de travail, les oeuvres d'art ... Les premiers à venir me voir ont été les marchands d'art, suivis de près par les chefs d'entreprise. J'ai entendu leurs doléances. Je ne préconise donc pas de changer la base actuelle.

Mais mon idée reste d'abaisser le taux et d'élargir beaucoup l'assiette ; on y parviendra peut-être en incitant les contribuables à déclarer le vrai montant de leur patrimoine.

D'ailleurs, cela s'appellerait "impôt sur le patrimoine" et pas "impôt sur la fortune", parce qu'un patrimoine moyen, ce n'est pas de la fortune.

Je sais : c'est agaçant d'avoir raison avant tout le monde. J'observe, au demeurant, que 64% des Français seraient prêts à appuyer la double abrogation de l'ISF et du Bouclier fiscal. 

mardi, 05 octobre 2010

Angles morts...

J'ai lu l'intervention de Jean-Jacques Jégou au Sénat, sénateur de la Marne et Ministre de l'Économie du Shadow Cabinet du MoDem. Il s'exprimait sur le projet de loi gouvernemental sur la régulation financière et bancaire.

Le concept d'angles morts me paraît particulièrement intéressant :

La crise a ainsi mis en évidence la nécessité pour les régulateurs de disposer d’une vision de l’ensemble des risques, plus particulièrement ceux de nature systémique. Elle impose de mettre en place des structures transversales de surveillance aux niveaux national, européen et international pour améliorer la capacité de prévention et d’évaluation des risques comme la réactivité des régulateurs par la mise en place des systèmes d’alerte. Elle implique également que les autorités de régulation des différents secteurs et des Etats coopèrent et échangent les informations.
Les autorités de régulation doivent également réduire au maximum ce qu’on appelle les « angles morts », afin qu’aucun acteur ou produit financier (notamment les plus complexes et les plus dangereux) n’échappe à la surveillance ni à la réglementation. Cela passe par un renforcement de la transparence et la traçabilité de ces produits, donc par des informations fiables sur leur nature, les parties et les risques inhérents aux opérations et l’établissement d’une réglementation proportionnée à ces risques.
Il faut enfin responsabiliser les acteurs en faisant apparaître et assumer clairement le coût du risque. C’est tout l’enjeu de Bâle III pour les banques, Comité qui s’est engagé le 12 septembre dernier sur la voie d’un renforcement de leurs exigences prudentielles en leur demandant d’augmenter, à terme, leurs fonds propres disponibles et leur ratio de solvabilité.

Dans les angles morts, il y en a un, et un sérieux, que Jean-Jacques Jégou n'évoque pas, et qui me semble pourtant criant d'insécurité : les États.

Toutes les mesures qui sont petit à petit validées par nos représentants nationaux ne visent qu'une des faces de l'iceberg : les produits dérivés. A aucun moment il n'est envisagé d'intégrer dans un contrôle prudentiel les titres émis par les États, alors que tout le monde s'accorde à dire que la prochaine crise viendra de là.

Aucun état vertueux n'a été mis en danger par la crise financière : ce sont les États multi-endettés, souvent depuis des dizaines d'années qui ont eu à craindre les premiers les répercussions de la crise. Les États craignent les fonds mouvants qui cherchent à se placer au plus offrant, et tentent de les contrôler. Mais en réalité, ils donnent le fouet pour se faire battre en offrant le flanc aux coups les plus dangereux.

Quand on conduit, l'angle mort, c'est celui qui vous cache le véhicule qui est le plus proche de vous, non celui que l'on discerne de loin dans son rétroviseur. Les agences de notation européennes et américaines ne veulent pas contrarier les pouvoirs publics et se gardent donc depuis des années de réévaluer la solvabilité d'États lourdement déficitaires.

Un enfant, pourtant, le comprendrait, et même, tous les Français le comprennent avec leur propre porte-monnaie. On ne peut indéfiniment emprunter quand on n'a pas le cash flow pour rembourser.

Aux premiers temps de la République romaine, l'homme qui à force d'intérêts avait fini par ne plus rien posséder portait un nom : on l'appelait un nexus, ce qui signifie littéralement, en latin, enchaîné, lié.

Enchaîné, parce que si son créditeur lui réclamait une ultime fois ses fonds, il basculait dans l'esclavage et perdait définitivement sa citoyenneté...

A méditer pour nous...

dimanche, 03 octobre 2010

Commerce mondial, ça va péter...

Accrocheur et gauchiste à souhait mon titre de billet, non ? Converti au Grand Soir ? A la logorrhée anti-capitaliste ? Pas du tout les amis. Non, je viens juste de tomber sur le dernier billet d'Écho politique. Or, que lis-je chez Lolik ? Que le Congrès américain vient de voter une loi qui permet aux USA de frapper d'une taxe compensatoire les exportations à destination du territoire américain en provenance d'un pays où la monnaie serait notoirement sous-évaluée.

Autant le dire tout de suite, c'est une déclaration de guerre en bonne et due forme envers la Chine avec menace d'usage d'armes fiscales de destruction massive.

Je comprends bien l'intention, mais, si les Américains rentrent dans ce jeu-là, c'est la fin du relatif système de libre-échange qui régit le commerce mondial à l'heure actuelle et de toutes les institutions qui édictent des règles, à commencer par l'OMC.

Echo Politique se réjouit de cette décision et invite l'Europe à en faire autant, voyant dans l'euro l'instrument de notre propre oppression. Écho politique a la mémoire courte. Les barrières protectionnistes décidées unilatéralement sont l'une des pires catastrophes qui puissent frapper le commerce mondiale. 

Elles ont, au milieu du XXème siècle, contribué à faire basculer une partie du monde dans la barbarie.

Si de grandes institutions ont été érigées, OMC, FMI, Union Européenne, c'est entre autres pour ne plus verser dans le grave travers de voir des pays faire cavaliers seuls au mépris de toute coopération internationale.

Il y a entre les USA et la Chine un équilibre de la terreur qui peut faire basculer le monde dans une grave récession à tout moment : l'un peut en effet frapper les produits chinois, comme il l'a fait pour le Japon par le passé, de fortes taxes, l'autre peut jouer à revendre les bons du trésor américain qu'il détient.

Les grandes institutions, si souvent décriées, sont pourtant un effort pour tenter de mettre en place sinon un gouvernement mondial du moins des outils de régulation à l'échelle mondiale.

La solution du chacun pour soi à laquelle renvoie Lolik serait une calamité pour l'humanité.

J'entends ses remarques sur le régime chinois autoritaire, mais, si pressions il doit y avoir, elles doivent l'être de manière concertée et sans marcher sur le droit commercial international.

07:28 Publié dans Economie, International | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : usa, chine, monnaie |  Facebook | | |

mercredi, 29 septembre 2010

Ryanair, ne pas céder !

J'ai lu dans Le Figaro que Ryanair menaçait de fermer son terminal à Marseille, parce qu'il veut pouvoir appliquer un droit du travail irlandais et non français sur notre sol.

Si jamais, nous Français, cédons sur notre droit du travail, nous sommes morts. Cela signifie que demain, ce sera le droit du travail kazakh ou ouzbekh qu'on voudra nous appliquer.

J'ai à ce sujet quelques remarques : l'autre compagnie low-cost, Easy-Jet a essayé la même chose mais a finalement abdiqué  et s'est pliée à la législation française. Comparez les prix des deux, Easy-jet n'est pas plus chère que Ryanair, en revanche, elle est bien plus fiable.

Le site Securvol donne des informations sur la fiabilité des compagnies aériennes. Le croirez-vous ? Alors qu'Easyjet est en catégorie A (on ne peut pas faire mieux), tiens tiens, Ryanair est en catégorie C (personnellement, je ne mets pas les pieds dans les compagnies classées catégorie C et en-dessous).

Sorte de grande muette de l'aviation, Ryanair se garde bien de répondre aux questions embarrassantes, et pas seulement dans le domaine des pratiques sociales, mais aussi de la sécurité. Or, des incidents se sont multipliés en 2005 et 2006 sans que jamais Ryanair ne prenne la peine de donner des éléments d'explications sur ces derniers. Oh, remarquez, les atterrissages dangereux, on peut avoir quelques éléments, avec les périodes de rotation de 25 minutes seulement pour un même pilote...Si ça, c'est irlandais, vous imaginez ce que cela donne en droit kazakh, ouzbekh ou kirgizh ?

Oui, parce que qui dit doit du travail kazakh finit par dire normes de sécurité kazakhes, tôt ou tard. Ben tiens, ça alors, toutes les compagnies kazakhe sont en catégorie E, c'est à dire interdites ou à interdire dans le ciel européen, genre catégorie cercueils volants, vous voyez...

mardi, 28 septembre 2010

Bayrou, la voix des ouvriers ?

Dans le sondage sur les cotes de popularité  des personnalités de l'IFOP de début septembre, il y a un point qui avait attiré mon attention : la fort potentiel de sympathie dont dispose François Bayrou parmi les ouvriers : 66% de cote de popularité. Seuls Chirac (72%), Jack Lang et Besancenot (68%) et Delanoë (67%) font mieux. Les autres sont nettement plus bas.

Bien réfléchi, cela ne m'étonne guère si l'on considère d'une part les visites régulières de Bayrou dans les usines, mais surtout les lignes directrices de son programme, qui commencent à apparaître pour 2012. 

On connaissait Bayrou sur quelques axes forts comme l'éducation ou la démocratie irréprochable, mais je sais aussi de source sûre qu'il étudie avec acuité les possibilités de relocalisation de l'industrie en France depuis près d'un an et demi.

Je pense que cela sera un axe très fort de son programme économique en 2012, et que les commissions du MoDem vont plancher dur là-dessus. Il a d'ailleurs commencé à consulter des spécialistes sur la question et projette de s'entourer d'une équipe d'experts. Jean Peyrelevade estime qu'il n'y aura pas de développement durable sans croissance, et pas de croissance forte sans industrie forte. L'industrie sera donc au coeur du projet économique du MoDem, particulièrement les PMI (petite et moyenne industrie) qui intéressent principalement Bayrou.

Les premiers à profiter d'une telle politique économique, à l'évidence, seraient bien évidemment les ouvriers, le secteur secondaire en général étant friand de leur classe socio-professionnelle, avec la réapparition probable des ouvriers hautement qualifiés.

Je pense que les ouvriers ne sont donc pas insensibles à ce programme-là et qu'il les séduira de plus en plus au fur et à mesure qu'on se rapprochera de l'élection présidentielle.

C'est en effet un enjeu majeur qui a été abondamment évoqué lors de l'université de rentrée du MoDem. Gageons qu'on en entendra reparler très bientôt au sein du parti centriste...

dimanche, 26 septembre 2010

L'emploi, oui, mais comment faire ?...

J'ai lu l'entretien que le sociologue Louis Chauvin a accordé à Marianne2. Quand on évoque le financement des retraites, tôt ou tard, on ne peut pas ne pas s'interroger sur la situation de l'emploi depuis la fin des années 70 en France. 10% de taux de chômage environ, des jeunes peinant à s'insérer et des seniors qu'on vire avant l'heure. J'ai parfois le sentiment que la vie professionnelle active, c'est 20-25 ans maxi en France. Et après, on s'étonne qu'il manque des fonds pour financer les retraites.

Donc, le problème, clairement, c'est l'emploi. Sauf qu'une fois cela dit, on n'a rien dit. Protéger et relancer l'emploi, c'est la quadrature du cercle sur laquelle les politiques de gauche et de droite se cassent les dents depuis 30 ans sans parvenir à la percer.

J'ai déjà abordé le problème sous l'angle de l'industrie il y a une dizaine de jours.

Soit on se livre à un véritable protectionnisme pour bloquer les délocalisations, mais on peut s'attendre à des mesures de rétorsion de la part des pays qui se prendront les mesures protectionnistes dans les dents. Et puis franchement, a) cela ne va vraiment pas dans le sens de l'histoire b) tous les pays qui ont mené une politique protectionniste l'ont généralement payé cash sauf quand ils le faisaient très subtilement (USA, Japon, Chine). Après, il y a le protectionnisme fûté qui consiste, comme Jean Arthuis le propose depuis un moment, à accroître les taxes sociales pour réduire l'impact du coût du travail sur le prix final des produits. Le problème, c'est que c'est un tantinet violent pour le pouvoir d'achat des Français...

Au passage, j'ai souvent entendu nombre d'individus de gauche expliquer que la France était le second pays au monde à attirer les investisseurs étrangers. Cela m'a toujours étonné.  Mais grâce à Jean Arthuis que j'ai écouté (28:00, sqq sur la vidéo) à l'Université de rentrée du MoDem, j'ai la clef du mystère : en fait, ce sont surtout des bons du trésor qu'ils achètent, c'est à dire, en somme de la dette française ! Vous parlez d'investissements ! En somme, plus on investit en France, à l'heure actuelle, plus cela signifie que nous, les Français, nous nous endettons. Chapeau...

Soit on tente une véritable révolution, un changement de logiciel, comme le proposer Corinne Lepage. C'est sympa sur le papier, mais, dans la pratique, c'est une autre paire de manches. Corinne Lepage compte beaucoup sur les États pour assurer la transition dans son Vivre Autrement. Vu la gueule des États en question (au moins la France, en tout cas), je ne les vois pas assumer quelque rôle leader que ce soit par les temps qui courent. Par ailleurs, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel commençait à s'intéresser au coût de la révolution verte à la laquelle rêve Angela Merkel, et, force était de constater qu'elle a un coût. Un coût monstrueux. Tiens, rien que pour l'énergie, il faudrait que l'Europe investisse 3 000 milliards d'euros pour adapter ses réseaux de distribution et ses infrastructures aux énergies vertes. Alors certes, l'industrie écolo est séduisante dans les discours, sans doute créatrice d'emplois, mais impossible à mettre en place sans une révolution logistique associée, domaine dans lequel presque personne n'a l'ombre ne serait-ce que du quart de la moitié du dixième d'une idée.

Soit on table sur les services à la personne, mais, très lapidairement, je vais évacuer cette fausse bonne idée. Les services à la personne produisent très peu de valeur ajoutée et ne sont pas exportables ; aucun impact en termes commerciaux, l'assurance d'un appauvrissement du pays à terme s'ils deviennent le coeur de l'emploi dans notre pays.

Reste les petites mesures au jour le jour. Le crédit d'impôt sur les emplois à domicile, par exemple. Pas fameux, mais mieux que rien : cela permet à pas mal de gens de vivre en gardant des enfants, en aidant des gens âgés, en assurant l'entretien des maisons, et cetera. Dans les mesures proposées, j'avais jugé pertinente celle de Bayrou en 2007 avec ses deux emplois francs. Pas de charges pendant 5 ans sauf 10% destinés à assurer le financement des retraites. Je trouvais, et trouve encore l'idée astucieuse.

Cela étant, je ne vois dans l'immédiat aucune solution miracle pour l'emploi, et, en tout cas, certainement pas les solutions prônées par la gauche et la gauche de la gauche, qui consisteraient à générer une multitude d'emplois publics ou à rigidifier considérablement le marché de l'emploi sans avoir sécurisé les entreprises au préalable.

 

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mercredi, 22 septembre 2010

Dette et droits de l'homme

Marielle de Sarnez, euro-députée et vice-présidente du MoDem, occupe désormais dans le Cabinet Fantôme de François Bayrou le poste des Affaires étrangères.

L'attitude à adopter face au dumping social et en matière de droits de l'homme me paraissent deux chapitres importants de ce domaine de gouvernance. C'est donc avec intérêt que je fais connaître la position exprimée par Marielle au Parlement Européen à propos de la Chine.

Intervenant lundi dernier en session plénière du Parlement européen, réuni à Strasbourg, lors d'un débat sur les relations entre l'Union européenne et la République Populaire de Chine, Marielle de Sarnez, vice-Présidente du MoDem, a demandé à la Commission européenne "de définir une stratégie nouvelle". La présidente de la délégation MoDem au sein du Parlement européen a proposé trois directions dans son intervention :

"Premièrement, nous avons besoin, comme le président du Conseil l'a dit, de réciprocité. Un exemple : les entreprises chinoises ne peuvent continuer à s'installer chez nous alors que nos entreprises sont interdites d'accès à leurs marchés publics. Il faut choisir. J'attends donc des mesures qui vont dans ce sens-là." 

"Deuxièmement, l'Union ne peut plus accepter plus longtemps sans réagir le dumping social, sanitaire, environnemental qui est responsable directement de trop nombreuses délocalisations de notre territoire européen. Les coûts dérisoires de main-d'œuvre ou les conditions de travail déplorables ne doivent plus être considérés par la Commission comme des "avantages compétitifs naturels". Sur ce point, je demande vigoureusement, Monsieur le Commissaire, un changement de doctrine de la Commission."

"Troisièmement enfin, nous ne pouvons plus faire l'impasse sur la question des droits de l'Homme. Et le soutien ostensible, par exemple, de Pékin à l'Iran, à la Corée du Nord ou à la Birmanie, pose évidemment problème. L'objectif de l'Union européenne a toujours été de favoriser l'émergence de la démocratie, de démocraties. Sur cette question, là encore, nous ne devons rien céder", a conclu Marielle de Sarnez.

Bon, très bien sur le principe, mais à la suite de cette intervention de Marielle, il demeure pour moi deux questions assez importantes en suspens :

- primo, est ce que la diplomatie française en matière de dumping social et de droits de l'homme passe désormais exclusivement par l'Europe ? En somme, la France dispose-t-elle encore d'une diplomatie propre, capable d'agir sans relais européen ?

- secundo : j'entends bien qu'il s'agit d'imposer à la Chine des normes acceptables tant sociales que juridiques, mais j'imagine bien que la Chine va réclamer des choses en échange ! La diplomatie est yun art de la négociation, et si l'Europe est une grande puissance qui peut parler d'égale à égale à la Chine, elle n'a pas le pouvoir de lui imposer quelque chose sans un retour. Qu'est-ce que l'Europe doit mettre dans la balance dans ces conditions ?

- tertio, je voudrais rappeler que la Chine possède de nombreux titres d'emprunts d'État des pays occidentaux. Près de 850 milliards de dollars, par exemple, pour l'Amérique.

En fait, mon questionnement dépasse le seul cas de la Chine. Près de 80% de résidents étrangers détiennent la dette française. Quel peut être notre poids diplomatique quand nous évoquons les droits de l'homme et le dumping social face à des pays dont nous sommes débiteurs ?

Il y a là une vraie problématique géostratégique que nous ne pouvons éluder. Peser pour obtenir le respect des droits de l'homme a un coût, parfois très élevé. Combien sommes-nous prêts à payer ? Et même si nous sommes prêts à payer, en avons-nous seulement les moyens ?!