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dimanche, 10 octobre 2010

Industrie : réensemencer

Nous devons reconquérir la production. Pendant longtemps, la mode était de considérer que tout cela, les activités primaires, l'agriculture, le secondaire, l'industrie était passé de mode, mais nous ne pouvons pas continuer à nous bercer de ces illusions, car tout le monde dit : il faut parler de l'emploi. 
La vérité, c'est que, s'il n'y a pas de production, il n'y a pas d'emploi. Il faut donc parler de la production en même temps ou avant de parler de l'emploi. Cela signifie deux choses. Premièrement, concernant les PME qui sont les vrais créateurs d'emplois et qui sont le vrai essaimage sur tous les sujets d'où nous avons été exclus ou que nous avons déserté ou que nous avons perdu, je veux redire devant vous que je ne comprends pas comment un pays qui sait fabriquer des satellites, des fusées, des avions, des hélicoptères, des moteurs d’hélicoptère -dans ma circonscription où nous avons été honorés par les plus grandes autorités de l'État- un sur deux des moteurs vendus dans le monde est fabriqué par nous… Comment ne sommes-nous pas capables de fabriquer une machine à laver ?!… En effet, la technologie de ces instruments ménagers ne me paraît pas beaucoup plus compliquée que celle d'une turbine d'hélicoptère ! 
Concernant les PME et la reconquête, je crois qu’il existe, ce n'est pas facile, cela ne se décrète pas, une stratégie fondée sur le repérage de gens qui ont la capacité, qui ont la technologie, qui ont le savoir-faire, que nous pourrions d'une manière ou d'une autre intéresser à des développements en France. 
Après tout, je crois que l'on doit faire… je vous l'expliquerai un autre jour… mais je crois qu’il faut re-ensemencer. C'est ce que j'appelle la stratégie Brémontier. Nous l'aimons beaucoup dans le Sud-Ouest. C'est cet ingénieur agronome qui a eu l'idée de planter dans le désert, c'était un désert ou presque, les marécages. Il a simplement été chercher les graines, il a cultivé les pousses, il les a replantées, il a re-ensemencer comme les paysans - les agronomes savent le faire- le sol aride. 
Je suis persuadé que l'on peut mettre en place une stratégie qui permette à l'État de soutenir les jeunes pousses et, après, de les laisser vivre leur vie, car je ne crois pas du tout naturellement que la centralisation puisse permettre de résoudre tous les problèmes à la place des gens. Je pense que c'est le contraire. 

J'aime bien la métaphore filée de Bayrou sur la réindustrialisation. Cela dit, cette stratégie, c'est un peu la martingale du parieur ou encore la pierre philosophale de l'alchimiste. J'ai longtemps cru que ce pouvait être les fameux clusters de Christian Blanc, mais, dans la pratique, si je considère les pôles de compétitivité mis en place par Raffarin, censés être la mise en oeuvre des vues de Christian Blanc, force est de constater qu'ils n'ont attiré que peu les capitaux privés. Sans doute manquons-nous encore de recul, mais j'aimerais bien savoir ce qui coince.

Tiens, l'image de François me rappelle un souvenir très décalé : dans ma jeunesse, j'ai été un amateur de jeux de rôles invétéré, et notamment du système de jeu Donjons et Dragons. Je jouais un personnage qui avait au fil du temps pas mal évolué (Guerrier niveau 15/ Magicien niveau 12, après avoir été successivement Chevalier, Chevalier-Paladin, Paladin déchu, puis Chevalier révoqué...), et dont l'un des objectifs avait été, avec l'expérience et la maturité, de développer économiquement la baronnie qu'il avait reçu en  héritage de ses parents.

Des aventures périlleuses mais enrichissantes dans tous les sens du terme avaient permis à ce personnage d'accumuler des fonds considérables. Il avait alors choisi d'opérer une véritable révolution en faisant irriguer tout son territoire, grâce à des canaux de pierre construits par des nains. Les travaux eux-mêmes n'avaient pas été suffisants, bien qu'ils eussent absorbés les deux tiers des fonds.

Il avait fallu ensuite attendre sept longues années afin de faire tourner les terres : ce temps était nécessaire pour qu'elles s'adaptent en douceur à de nouvelles cultures. Que l'on imagine : jusque là, la baronnie avait eu une production de type méditerranéen, c'est à dire essentiellement de l'olive. Avec l'irrigation, il devenait possible de produire massivement du blé ; l'inconvénient, c'est que les sols n'y étaient pas préparés. Il fallut donc les conseils éclairés d'un ami de la terre, en la circonstance un druide, pour parvenir à les acclimater en douceur. Tenter d'utiliser la magie eût été une erreur grave, en la circonstance, parce que les sols en seraient devenus dépendants. Mais pendant ces sept années, non seulement la terre ne produisait pas de blé, mais elle ne générait plus d'olives non plus.

Heureusement que mon personnage avait accumulé de sacrés quantités de monnaies et de gemmes ! il fallut alors nourrir une population de presque 3 000 âmes pendant sept longues années, bétail compris !

La construction d'un institut d'agronomie et l'érection de serres associées à un temple dédié aux divinités de l'agriculture et de la nature asséchèrent définitivement mes fonds, mais l'objectif fut atteint in extremis, et la baronnie décupla son revenu dès la première année de production de blé (de 300 à 3000 pièces d'or par an).

Bon, j'avais un maître du jeu qui avait le souci du détail, et ...moi aussi. Ce n'est évidemment pas une expérience économique ni même une simulation digne de ce nom. Je ne suis de toutes façons pas entré dans toute une flopée d'autres détails.

Mais, in fine, je conçois très aisément que l'on ne réoriente pas aussi aisément une industrie qui a pris une certaine direction. Donc, l'ensemencement de François, je le conçois très bien, mais au bout de combien de temps peut-il espérer donner des résultats ?

J'ajoute que dans l'histoire que je viens de relater, mon personnage avait eu une chance exceptionnelle : son pari avait abouti et son choix avait été couronné de succès, entre autres en raison de sa détermination et des bons conseils de bons conseillers qu'il avait écouté. Rien ne disait, toutefois, que la bonne volonté pouvait suffire, et il aurait très bien pu échouer après avoir dépensé plusieurs centaines de milliers de pièces d'or...


Commentaires

Je pense que l'essentiel pour relancer notre industrie est, outre de recommencer à produire des outils basique (comme l'électroménager), d'innover, donc d'augmenter notre niveau de Recherche et Développement. Si nous innovons, nous devancerons nos concurrents. Nous préparerons à grande vitesse l'avenir (en ce sens, nos progrès sur le domaine de la voiture électrique méritent d'être salués), et nous inciterons à relocaliser par l'innovation : la main d'oeuvre française étant plus qualifiée que la main d'oeuvre chinoise, les industriels auront besoin de la compétence de NOS ouvriers pour des produits avancés technologiquement.

Bon, je ne suis pas très clair, mais c'est le matin. :-)

En tous cas, on consacre un pourcentage plus faible de notre PIB à la R&D, par rapport aux USA, au Japon ou à l'Allemagne, alors que c'est un investissement d'avenir par excellence.

Écrit par : Alexandre GERARD | dimanche, 10 octobre 2010

et les autres TPE-PME ?

Est-ce qu’un seul politique a une idée réelle de ce qu’est la vie d’un petit entrepreneur en temps de crise ? Au vu des différentes positions prises au cours de ces dernières années, je réponds, NON..La droite ne pense qu’aux entreprises du CAC 40 , fers de lance du Medef, et la gauche à celles qui ont des syndicats puissants, têtes de proue de la contestation..

Des TPE, il y en aura de moins en moins.. sauf des auto-entrepreneurs à la petite semaine qui picoreront quelques miettes juste suffisantes pour ne pas crever de faim, et pauvres avatars de création d’entreprises vantés par Novelli....
c'est ça l'avenir de la France, contrairement à l'Allemagne qui soutient ses entreprises TPE, PME.. pas besoin de chercher où se trouve l'emploi perdu! cette année encore plus de 65000 entreprises en faillite, pareil l'an dernier, et la plupart sont des TPE, PME avec de 1 à 250 salariés ... faites le compte.. par contre tout le monde( politiques, syndicats, médias) se focalise sur les gros plans de licenciement de 3000 personnes, ce qui est évidemment une perte, mais , en même temps, 3000 autres licenciement sont fait discrètement dans les TPE,PME, au compte goutte ça passe inaperçu, mais le résultat est le même, et multiplié par des centaines ou des milliers, ça donne le chômage qu'on a en France.
Parlons du Plan Relance, relance pour les Bouygues, Vinci, Lefèvre, Bolloré, etc.. tous bénéficiaires des marchés dits de relance.. quant aux PME, TPE, wallouf, makach.. que dalle… au contraire, ils cassent les prix( en présentant des TPE filiales de leur groupe) pour les écraser, histoire d'avoir le monopole en fin de crise.. Allez applaudissez bien fort!

Parlons des licenciements économiques, quand une TPE acculée, doit licencier 3 salariés, c’est un licenciement collectif, du coup la Convention de Reconversion imposée par Pôle Emploi, oblige les salariés à quitter leur poste sans effectuer leur préavis de 2 mois, et l’entreprise doit payer les salaires et charges de ces 2 mois de préavis X 3, sans avoir facturé la moindre heure de travail payée..On en arrive au paradoxe, qu’une entreprise déjà mal en point est carrément coulée par Pôle Emploi, qui au final récupère les derniers salariés licenciés, soit un certain nombre de chômeurs supplémentaires.., la Machine à Perdre, quoi..aucune aide( le seul moyen de faire face , est de renflouer l’entreprise avec nos biens propres, jusqu’à la ruine), pendant ce temps là, on balance des milliards aux grosses boites pour maintenir les emplois sans que ça les gêne pour délocaliser quand même..
Au passage, petit contrôle URSSAF, histoire récupérer quelques miettes de charges dues sur les indemnités kilométriques ( même 1 km), l’inspecteur nous disant que faute d’avoir assez d’inspecteurs, ils se contentent de contrôler les petites boîtes ,parce qu’ils n’ont pas les moyens humains pour contrôler les grosses( ils étaient 15, ils ne sont plus que 5)
Dans ce pays , on marche sur la tête, on se croirait dans le film « On achève bien les chevaux », où les danseurs dans la misère, dansent jusqu’à la mort , pour une hypothétique chance de s’en sortir..

Excusez moi de m’énerver, mais trop c’est trop..


c'est ça qui coulera la France, il sera trop tard pour faire marche arrière.. A bon entendeur salut..gauche, droite, centre, personne ne comprend ce danger là, et personne ne cherche à le résoudre..80% des salariés de France sont dans des TPE-PME…les charrettes de chômeurs n'ont pas fini de se remplir… 7-8 millions de chômeurs bientôt quand on aura tué les petites entreprises, la bataille des retraites sera bien dérisoire, quand il faudra gérer cette crise, et une Dette encore plus grande… la faute à qui?

Mesdames , Messieurs les Politiques, êtes vous certains d’avoir fait tout ce qu’il faut, pour sauver la France de sa médiocrité ?

Écrit par : juju41 | dimanche, 10 octobre 2010

@juju41
Le discours de Bayrou commence par les PME/TPE, justement, juju, je n'ai pris qu'un extrait.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 10 octobre 2010

"Comment ne sommes-nous pas capables de fabriquer une machine à laver ?!"

Simple : nous en sommes capables. Mais c'est beaucoup trop cher localement.

Faire cher ce que font d'autres pour moins cher, c'est s'assurer d'un échec cuisant.

Écrit par : h16 | dimanche, 10 octobre 2010

Nous savons parfaitement construire des machines à laver... Les chinois aussi (grace à nous) et pour... 10 fois moins cher car leurs employés gagnent 10 fois moins que les notres.

Quand on aura résolu cette insoluble équation nous pourrons réindustrialiser la France.
Entre temps nous pouvons toujours discuter... ça mange pas de pain !

Écrit par : POURLEBOSS | dimanche, 10 octobre 2010

Bayrou jouait à Donjon et Dragons ?!

Ce que disent juju et H16 se recoupe : la France ne doit pas avoir une politique économique qui permette une ré-industrialisation. Ceux qui sont déjà sur place ne rêvent que de partir parce que c'est la galère, ceux qui pourraient arriver ne le font pas, parce que c'est la galère. C'est con, les PME c'est un peu ce qui faisait vivre les Français...

Écrit par : Vallenain | dimanche, 10 octobre 2010

la France crève de son orgueil..de son passé industriel glorieux, de sa place prépondérante dans le concert des Nations.. Nos politiques ont encouragé la mondialisation, mais ils ont oublié l'accompagnement nécessaire , pour lutter contre l'ouverture aux nations émergentes,fortes de leurs nombreux salariés à bas coût, et de leurs technologies autrefois limitées au"copiage" , maintenant devenues des précurseurs technologiques..
Nous sommes restés accrochés à nos vieilles industries, pourvoyeuses de nombreux emplois, mais qui n'ont pas su évoluer, innover suffisamment tôt, pour présenter des brevets et donc des produits certes chers, mais indispensables et sans rivaux.. Si l'Allemagne est performante c'est parce qu'elle vend des machines outils de pointe inégalées, à tous les pays émergents qui s'industrialisent à marche forcée ..
Nous , on continue à fabriquer des Rafales de 22 ans d'age technologiquement parlant, alors que les temps modernes voient des innovations au rythme de quelques mois..idem pour grand nombre de nos technologies dépassées..

c'était il y a 30 ans qu'il fallait entamer la course aux brevets,à l'excellence renouvelée, quand l'économie nationale était encore florissante, au lieu de ça, on s'est endormis sur une gloire passée..l'Europe, et le Monde s'est réveillé, la France a somnolé ..
c'est un peu la fable de la Cigale et la Fourmi..

Que faire maintenant que la Bise est venue? la Fourmi s'en fout, elle a amassé suffisamment de savoir-faire, à bon compte, pour continuer son chemin.. La Cigale, n'a plus rien en magasin, son temps est dépassé..Il va falloir admettre que la France n'est plus grand chose dans le monde globalisé..on dit "gouverner c'est prévoir", alors ceux qui nous gouvernent depuis des dizaines d'années sont des incapables..

Écrit par : juju41 | dimanche, 10 octobre 2010

Dis donc César on aurait dû te confier l'économie au shadow cabinet, t'as des références :-)) Mais Bob Rochefort doit être calé aussi.
Petite parenthèse : Pour le commerce, les TPE et l'artisanat, c'est Gilles Artigues qui s'en occupe au shadow cabinet, et vu sa conscience professionnelle et politique, on peut dire que c'est une bonne chose.

Je suis aussi libérale (dans le bon sens du terme) mais parfois les gens me désespèrent par leur conduite malhonnête et/ou stupide. La décentralisation peut alors s'avérer dangereuse, en absence de contrôle, particulièrement si le pouvoir politique local est monolithique. Je ne pense pas qu'on puisse accorder confiance et carte blanche à tous, il faut des garde-fous.

Je suis née en 1965 dans le Var à Toulon et les collusions entre le milieu et la politique auront abouti à l'assassinat d'une députée, au ras-le-bol de la population qui mit un maire d'extrême-droite au "pouvoir" avec le désastre que l'on sait, mais avant cela la population était bien complice puisqu'elle votait à toutes les échéances pour l'ancien sénateur-maire (décédé depuis) qui se glorifiait publiquement d'être le "Parrain" du Var, mot employé alors, délibérément, à double sens.

On en revient toujours à la philosophie bouddhiste : pour changer le monde, il faut que chacun change.
Dans ce monde ou l'égoïsme est roi, capitalisme et socialisme ne veulent que leur part du gâteau, peu leur importe le sort de l'autre.

Les uns en exploitant le plus possible, les autres en paralysant l'activité pour faire pression afin de voir leurs intérêts triompher, et non pas l'intérêt général.

Ce qui marche en Allemagne, en Corée, etc. ? La mentalité de discipline, d'effort pour travailler à une cause commune : la grandeur économique du pays. (Même si pour certains cas on a affaire à un patriotisme exacerbé). On peut le faire sans pour autant renoncer à la clairvoyance et aux droits, au refus de l'exploitation, même si tout cela peut être ténu parfois et qu'on marche sur une corde raide. Mais en France, avec la mentalité de râleurs, de nombrilistes de beaucoup de Français, ça va être dur.

Le capitalisme met l'homme au service de l'économie.
L'humanisme met l'économie au service de l'homme.
Le socialisme met l'économie et l'homme à son service.

J'ai choisi mon "créneau".

C'est très tard, en effet, pour redresser économiquement ce pays (et d'autres), très serré, se relèvera-t-il d'une prochaine échéance loupée au cas où ?

Écrit par : luciolebrune | dimanche, 10 octobre 2010

je rajoute que les syndicats français n'ont jamais accompagné non plus le besoin d'innovation.. sclérosés dans des luttes d'un autre age, la lutte des classes, alors que la vraie lutte se jouait ailleurs, la lutte entre pays émergents à bas couts, et pays industrialisés dépassés, au lieu de jouer leur rôle,c 'est à dire lancer des défis aux entreprises, pour une meilleure formation , une meilleure recherche et dévelopement, et le cas échéant les accompagner dans le changement, au lieu de rester arcboutés sur des privilèges antédiluviens.. s'ils avaient joué le jeu d'aiguillon, et non de bâton, l'emploi n'en serait pas forcément là où il en est..

Écrit par : juju41 | dimanche, 10 octobre 2010

Oui, c'est une responsabilité partagée par tous : politiques, actionnaires, patrons, syndicats, employés, associations...
Il faut maintenant que cela change si ça n'est pas trop tard.

Écrit par : luciolebrune | dimanche, 10 octobre 2010

@Vallenain,
toi, t'as lu trop vite : le début c'est du Bayrou, l'italique, c'est moi.
@pourleboss et h16
les Allemands y parviennent bien et leurs salaires sont meilleurs que les nôtres.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 10 octobre 2010

@ L'Heretique

"Je ne comprends pas comment un pays qui sait fabriquer des satellites, des fusées, des avions, des hélicoptères, des moteurs d’hélicoptère... Comment ne sommes-nous pas capables de fabriquer une machine à laver ?!"

Eh bien c'est extrêmement simple. Nous en sommes parfaitement capables. Mais compte-tenu du coût de notre main-d'œuvre, le prix de revient d'une machine à laver serait triple ou quadruple de celui de la même machine fabriquée dans un pays émergent. D'autant que ces pays émergents sous-évaluent leur monnaie. Or, allez savoir pourquoi, personne n'est prêt à payer 100 pour un produit qu'il peut trouver à 25 ou 30 trois pas plus loin.

Dès lors, une première solution serait de produire des machines à laver à très haute valeur ajoutée, celle-ci justifiant le différentiel de prix. Ça a été fait dans les années 80 en multipliant les fonctions "défroissage", "pré-séchage" et autres "synthétiques à rayures et pois". Malheureusement, il se trouve que les utilisateurs (et -trices) de machines à laver en ont soupé des boutons par dizaines et des sous-programmes artificiels. Donc, il n'est plus guère possible (sauf innovation de rupture à laquelle personne ne travaille pour l'instant) d'accroître la valeur ajoutée dans ce type d'appareil.

La seconde solution consisterait à adopter en France le modèle social des pays émergents, ce qui permettrait d'abaisser le coût de la main-d'œuvre française au niveau de nos principaux concurrents internationaux et donc de rétablir l'équilibre par le bas. C'est basiquement ce que préconise le MEDEF et ce à quoi Nicolas Sarkozy s'est employé. Mais il semblerait que le "pays réel" rechigne à appliquer cette solution.

La troisième solution consisterait à rétablir l'égalité en pratiquant un protectionnisme soit à l'échelle nationale, soit à l'échelle européenne. On pourrait par exemple frapper de taxes rectificatrices certains produits issus de pays à protection sociale inexistante. Mais les libéraux au pouvoir, ainsi que ceux qui tiennent des blogs parfois fort instructifs, sont violemment et doctrinairement opposés à toute idée de protectionnisme, allant jusqu'à le rendre responsable du nazisme ou du fascisme.

Donc, on va continuer à trouver chez Darty des machines à laver "made in China" et à délocaliser tout ce qui n'est pas soit à très haute valeur ajoutée, soit à production géographiquement captive (le Gevrey-Chambertin, par exemple), soit à mode de production "top secret".

Quelqu'un pourrait se charger d'expliquer ça à Bayrou ?

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 10 octobre 2010

FB vient de partir en voyage d'études d'une dizaine de jours en Corée du Sud (Pays qui lui a servi de référence dans son discours) et au Japon avec Robert Rochefort et Marielle de Sarnez.

Écrit par : airlane | dimanche, 10 octobre 2010

@hérétique : les Allemands ne font pas exactement des machines à laver de base. Et question qualité, leur production est irréprochable. Les Français en sont très loin.

Écrit par : h16 | dimanche, 10 octobre 2010

@ Airlane
Avec Robert Rochefort, je comprends ; mais pourquoi avec Marielle ? Pour lui tenir chaud pendant les nuits coréennes ? Et puis si je comprends bien, il va étudier le pays APRES en avoir parlé ? C'est pas très malin, ça.

@ h16
Je serais surpris que les machines à laver de marque allemande (Bosch, par exemple) soient effectivement produites ou même assemblées en Europe. Vous avez des précisions sur la question ? Si oui, merci d'avance de les partager.

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 10 octobre 2010

@Ch Romain
en Allemagne, pour Bosch, uniquement les lave-linges à hublot. Les autres le sont dans les pays d'Europe orientale.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 11 octobre 2010

On peut difficilement voir les poles de competitivité de Raffarin comme la traduction des clusters de Christian Blanc, qui n'en voulait que 6 ou 8 à l'époque.
A la rigueur ce sont plutôt dans les territoirs de projet du Grand Paris qu'il faudrait chercher la mise en oeuvre (peut-erte un jour ???) des clusters qu'il pronait depuis dix ans.

Écrit par : Elbibu | lundi, 11 octobre 2010

Toutes les remarques que vous faites les uns et les autres me semblent logiques mais pour quelqu'un comme moi qui essaye par tous les moyens possibles (c'est à dire ceux qui me sont offerts légalement) de monter une entreprise pour un produit innovant, je me suis très vite rendu compte de la vraie raison de notre échec en la matière : c'est que, tout bêtement, les investisseurs ne veulent surtout pas travailler ensemble.

Tout n'est que tactiques politiciennes de prise de pouvoir, chacun s'inscrivant dans un camp, soit clairement en identifiant les autres comme ennemis et bénéficiant de ce fait d'un protecteur, soit se gardant de donner la moindre indication sur ses opinions mais le payant d'un isolement relativement inévitable.

La seule solution, je l'ai déjà dit sur ton blog, L'hérétique, est de travailler avec tous, en disant fortement cette volonté.
Je vais encore voir comment se passe la manif de cet après-midi à Dax et ensuite je vais porter à la connaissance de tous, sur mon blog, toutes les démarches effectuées depuis plus d'un an. Il faut en finir avec ces magouilles.
C'est la prétendue nécessité du secret en innovation qui fausse tout, puisque cela autorise, que dis-je, "encourage" les délits d'initiés !
La transparence est l'unique solution, j'en ai l'intime conviction.
Imaginez que tous les artistes talentueux cachent leurs oeuvres, tout le monde dirait que c'est stupide, non ?!
Eh bien pour l'innovation, et la création d'emploi qui en découlent, c'est pareil. Il faut encourager les bonnes idées sans se préoccuper des opinions des uns et des autres. Ras le bol du sectarisme...

Écrit par : Françoise Boulanger | mardi, 12 octobre 2010

Je ne vois pas la Caisse des Dépôts relancer la fabrication hexagonale de machines à laver... Il resterait à démontrer que les marques allemandes (Miele, Brandt, etc) fabriquent encore en Allemagne, plutôt qu'en Pologne ou ailleurs.

Si des relocalisations peuvent s'opérer, elles ne peuvent être favorisées que par des politiques fiscales et sociales adaptées mais ce n'est sûrement pas le rôle de l'Etat de relancer des fabrications qui ont migré ailleurs.

En revanche, la politique de soutien à l'innovation marche sur la tête. Qu'on en réserve le bénéfice aux jeunes pousses (jeunes entreprises innovantes) plutôt que de soutenir les grands groupes !

Le CIR, les stock-options devraient être réservés aux jeunes entreprises plutôt que l'être distribués aux industries existantes qui n'en profitent que par effet d'aubaine.

La prime de 5.000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique est l'exemple type de ce qu'il ne faut pas faire. Renault affiche déjà le prix de ses futures voitures électriques avec la prime d'Etat déduite ! La prime ira donc directement dans la poche des actionnaires. On voudrait ralentir les mutations technologiques et freiner l'évolution des usages qu'on ne s'y prendrait pas autrement... En Allemagne, il n'existe aucune prime à l'achat pour les voitures électriques.

Écrit par : pierre s | mardi, 12 octobre 2010

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