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vendredi, 17 décembre 2010

L'AOC France, label national ?

Quand j'évoque les possibles mesures à prendre pour favoriser la production française, on me fait valoir qu'il suffit  d'agir au niveau européen. 

C'est par exemple ce que suggérait Vincent, en commentaires :

Promouvoir la fabrication en France ne pourra pas se faire sans agir sur ces leviers, avec un réajustement des monnaies, une taxe sociale et écologique servant à favoriser l'implantation industrielle, et une politique d'audit sérieuse dans les pays exportant en France, que ces actions soient françaises ou européennes.

Je crois que cela n'est pas simple. Prendre une décision au niveau européen prend énormément de temps : il faut consulter le Parlement, la Commission, les États et traduire, in fine, la directive en droit national. Un sacré parcours qui ne convient ni au calendrier politique, ni à l'urgence économique.

Ce n'est donc qu'en actionnant les leviers locaux, à différents étages, que l'on peut agir relativement vite. La principale difficulté, c'est d'établir une norme qui ne soit pas contournable et qui ne puisse pas non plus être assimilée à du protectionnisme. Si l'on décide de favoriser fiscalement la production française, nous nous exposerons à des mesures de rétorsion de nos partenaires commerciaux. C'est quelque chose qu'il est absolument nécessaire de comprendre.

Il vaut donc mieux concevoir des normes contraignantes, qui favorisent en douce nos entreprises, mais qui en droit rendent égales les entreprises devant la loi. Observons, d'ailleurs, que c'est ce que ne manquent pas de faire les marchés les plus fermés, comme ceux de la Chine, du Japon ou encore de la Corée.

Je ne sais pas si nous pouvons fixer un label national sans être retoqué par le droit communautaire, en revanche, je sais que les Appellations d'origine contrôlée sont parfaitement valables puisqu'ils font partie des Appellations d'Origine protégée, reconnues, elles, par le droit de l'Union. On peut donc imaginer des procédures relativement similaires pour notre production industrielle.

Estrosi voulait mettre en place un label "made in France" en avril dernier. Éric Besson l'a remplacé et on ne sait pas ce qu'est devenue l'idée. C'est fort dommageable, parce que les études d'opinion montrent que l'indication a un poids non négligeable dans la décision d'achat.

Je ne suis pas le seul blogueur à m'intéresser à la question (heureusement !!!). J'en profite donc pour signaler deux   billets du blog Économique et Social sur le sujet. J'attire l'attention des lecteurs sur une de ses remarques, qui me paraît fort pertinente : il y a délocalisation quand une entreprise produit à l'étranger des produits destinés aux Français ; mais implanter une unité de production à l'intention d'un marché domestique me paraît en effet de bon sens.

Je conclus en mettant en garde contre une tendance de nos analystes en ce qui concerne le made in France : ce serait à mon sens une erreur de ne viser que la production de luxe en tablant sur le développement d'une bourgeoisie des pays émergents déterminés à acheter français pour montrer leur statut social nouvellement acquis. Je crois que nous devons aussi viser la base de la pyramide, qui représente, in fine, un très gros marché, avec simplement des produits et une distribution adaptés aux possibilités et au mode de vie de cette pyramide. 

Commentaires

comme l'ont fait nos amis et voisins luxembourgeois http://www.cc.lu/merkur.php?type=doss&id=9 avec le label Made in Lux http://www.dco.lu/dco/images/stories/made_luxembourg.jpg
ca ne mange pas de pain.

Écrit par : Le Parisien Liberal | vendredi, 17 décembre 2010

Ah ! Ça fait plaisir de voir le libéral que vous êtes se convertir peu à peu aux vertus du protectionnisme. Frédéric Bastiat doit s'en retourner dans sa tombe !

Blague à part, je vous signale (si vous ne l'avez déjà lu) cet article de Marianne 2, à mon sens très pertinent, sur l'évolution du FN et sa captation du souverainisme :

http://www.marianne2.fr/L-electorat-FN-le-vrai-casse-tete-du-PS_a200811.html?preaction=nl&id=5916911&idnl=26165&

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 17 décembre 2010

@Ch.Romain
Soyons pragmatiques avant toutes choses, c'est la marque de fabrique du centrisme. Je ne me convertis pas au protectionnisme, du moins, pas à l'échelle nationale.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 17 décembre 2010

le centrisme est fier de respecter les principes liberaux, justement, non pas pour des raisons dogmatiques, maius parce que c'est ce qui marche et c'est le regime qui est compatible avec la decentralisation et l'equilibre des pouvoirs.

Écrit par : Le Parisien Liberal | vendredi, 17 décembre 2010

@ L'Hérétique

Euh... Je comprends mal, là. Vous proposez un label national "AOC France", vous dites que la principale difficulté de votre idée consiste à "ne pas être retoqué par le droit communautaire" tout en "favorisant en douce nos entreprises" ; et ce n'est pas du protectionnisme à l'échelle nationale ?

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 17 décembre 2010

Un célèbre publicitaire conseiller en communication pour les entreprises (très apprécié aux US), préconisait il y a de nombreuses années une "marque France" , dois avoir son ouvrage quelque part, faut k'je parte en fouilles. ;o)

Écrit par : Martine | vendredi, 17 décembre 2010

@Ch.Romain
Non. Il s'agit juste de prévoir des normes exigeantes, que nos entreprises auront des facilités à intégrer.
Pour le reste, tout comme le Parisien Libéral, je ne mets pas de charge négative sur le libéralisme.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 17 décembre 2010

Je suis tout à fait en accord avec le précédent billet qui évoquait le paradoxe du consommateur : Nous voulons acheter le moins cher possible mais ne touchons pas à nos émolument ou a notre emploi. Et je me permets grâce à ce nouveau billet de formuler 2 petits commentaires.
-L’information et l’éducation :
Il est loin le temps ou la mercatique analysait le consommateur pour adapter le produit au besoin. Maintenant le consommateur est modelé pour le produit. Des armées de jeunes surdiplômés œuvrent chaque jour pour façonner nos cerveaux aux futurs produits. Un petit exemple pour clarifier mon commentaire : Ces même experts en marketing ont constaté que les femmes sont plus consommatrices que les hommes donc féminiser l’homme ouvrira de nouvelles perspectives…. Et voila comment on se retrouve avec une génération d’hommes imberbes graissés à la crème de jour.
Je ne suis pas un fan du poil mais Fuck !!
En conclusion je ne pense pas que l’on puisse attendre du consommateur qu’il s’oriente vers les produits M.I.F par conviction. Il faudra un gros effort de communication pour espérer modifier son comportement. Souvenez-vous des radios libres des années 90. La musique Française était en berne et ringarde donc le gouvernement a imposé au moins 50% de « french music » sur les ondes contre l’avis général : 2 ans plus tard l’industrie du disque français était requinquée.
-L’image M.I.F
Mécanique Allemande, montres Suisses, cocaïne colombienne…. nos cerveaux sont remplis de clichés plus ou moins justifiés. Pour la France c’est la bouffe et la mode et ce dans le monde entier. Je lis beaucoup de commentaires sur ces sujets et je constate comme vous l’exode de ces industriels qui surf sur l’image ancestral du pays sans en assumer les responsabilités.
Autre petit exemple. Lors de son dernier passage TV notre président répondait à une question sur Bettencourt en substance il a répondu « si vous la faite trop chier elle va se barrer en Suisse » (hallucinant mais enfin). Toujours est-il que cette personne, même si elle a l’incroyable intelligence d’être la fille d'Eugène Schueller et la femme d'André Bettencourt, doit une partie de sa réussite à l’image de la France que d’autres industriels ont créée. Cela n’impose t’il pas quelques responsabilité ?

Écrit par : arn111 | vendredi, 17 décembre 2010

@ L'Hérétique

D'accord, ce n'est pas du protectionnisme.

En votre honneur, une petite citation de Molière : "Lui, marchand ? C'est pure médisance ! Il ne l'a jamais été. Tout ce qu'il faisait, c'est qu'il était fort obligeant, fort officieux ; et comme il se connaissait fort bien en étoffe, il en allait choisir de tous les côtés, les faisait apporter chez lui et en donnait à ses amis pour de l'argent."

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 17 décembre 2010

@Ch.Romain
En tout cas, si c'est du protectionnisme, c'est plus subtil que la lourde taxe qui s'abat sur le produit étranger parce qu'il est étranger.
@arn111
Disons que le MIF n'est qu'un aspect des diverses mesures que l'on peut envisager.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 17 décembre 2010

" Etre curieux à l'extrème.
Garder l'esprit ouvert.
Rechercher des visions neuves et des horizons plus larges.
Briser les conventions.
Anticiper le changement plutot qu'y résister.
Créer systématiquement des ruptures dans la communication.
Préparer l'avenir sans le baliser complètement.
Identifier des leviers de croissance et capitaliser sur eux.
Etre créatif en dépassant le processus créatif habituel.
(...)" Thèse

"Le changement pour le changement.
Un style créatif particulier.
Faire table rase du passé."
(...)" antithèse
JMD

Écrit par : Martine | vendredi, 17 décembre 2010

@ L'Hérétique

Sur votre dernier commentaire, je vous rejoins à 100%. C'est du protectionnisme subtil, non douanier. Du reste, je crois me rappeler que cette politique fut appliquée par le Japon dans les années 60-80 (et peut-être encore aujourd'hui). Jointe à une authentique "consommation patriotique", les résultats en ont été passablement efficaces...

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 18 décembre 2010

"Consommation patriotique" cela m'amuse moyen moyen, sachant que beaucoup d' investissements chez nous de l'étranger ont joué sur ce tableau pour acheter "la marque" ou le "nom" pour leurs débouchers en jouant sur ce tableau...L'exemple premier qui me vient à l'esprit, ouaip si "girlish, I can be sometimes " est Aubade.

Écrit par : Martine | samedi, 18 décembre 2010

Quel débarquement ! cher monsieur mais les
A.O.C. ont été galvaudées sous pretexte de
faire du pognon, toujours plus de pognon !
Vous en êtes ? Viticulteur veux-je dire ?
Le nombre de pieds (en hectares) dits
v.d.q.s. qui furent sacrifiés pour faire
de l'A.O.C. ? vous l'ignoriez ! Mais bien
sûr cela demande du soin et surtout un
mot qui a disparu de tous les corps de
métier de l'AMOUR ! Vaya con dios, hijo !

Écrit par : calamity jane | samedi, 18 décembre 2010

Le « made in France » passé au crible du droit communautaire:

http://contrelacour.over-blog.fr/article-le-made-in-france-passe-a-crible-du-droit-communautaire-96157943.html

Écrit par : Magali | jeudi, 05 janvier 2012

Merci Magali, mais nous connaissons nos "incoterms", sympa tout de meme... :o))

Écrit par : Martine | jeudi, 05 janvier 2012

Oups, Magali
Ai oublié, avons débattu sur ce blog au sujet du problème de la "tracabilité" en 2008...Alors, allez donc savoir qui est le "coucou"^^^? ;) rhooo, mystère et boules de gommes.

Écrit par : Martine | jeudi, 05 janvier 2012

Si seulement je savais ce que vous entendez par "incoterms"... Déjà que l'anglicisme "Made in France" me laisse bien perplexe :p

:D

Écrit par : Magali | jeudi, 05 janvier 2012

Ah?! Pourrais-je avoir le lien?

Écrit par : Magali | jeudi, 05 janvier 2012

Celui-ci pour faire rapide, dois filer en cuisine pour nourrir mes zoulous d'amour.
http://www.douane.gouv.fr/page.asp?id=3625
Et puis, après vous vous débrouillez, heing? N'ai pas vocation à jouer les mamans "esquimaudes ou Inuits"! :D

Écrit par : Martine | jeudi, 05 janvier 2012

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