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vendredi, 22 juillet 2011

Rigueur, la quadrature du cerle

La nécessité fut longue à prendre le chemin des esprits, mais je pense qu'il commence à s'établir clairement que nous n'avons plus le choix : nous devons proposer des budgets à l'équilibre. Les Socialistes ont intégré cette nécessité mais ils comptent y faire face en chargeant la mule au maximum, c'est à dire en accroissant significativement l'impôt. L'actuel gouvernement, quant à lui, cherche à faire des économies, tout en envisageant de nouvelles taxes.

Dans la période critique que nous vivons, il serait, je le crois, catastrophique de réagir par panique plutôt que par raison. Il ne s'agit pas de trouver à tout prix des gisements d'économies à faire sans plus se soucier de leur origine. C'est une erreur grave, et j'ai le sentiment que pas mal afficionados de la dette tombent dans ce travers.

Il faut à mon avis d'abord définir ce qui est important, prioritaire et ne pas pour autant verser dans un utilitarisme étroit. Sur ce point, il me semble que le MoDem a engagé une véritable réflexion depuis un temps certain, même s'il n'a pour l'instant pas fourni de chiffres, seul engagement qui permette de se faire une idée précise de la sauce à laquelle nous serons mangés...

La grande difficulté, c'est de réussir à faire des économies sans casser la croissance, sans anéantir les indispensables tremplins de secours qui seront nécessaires pour enrayer la chute à venir des futurs déclassés.

Je ne pense pas qu'il faille faire des économies à tout prix partout. En revanche, là où il n'y a pas priorité, aucune hésitation à sabrer.

J'ai deux exemples en tête :

Les associations reçoivent des subventions conséquentes de l'État et des collectivités : directement et indirectement via le crédit d'impôt. Est-ce le rôle d'un État de prendre en charge les dépenses d'une association ? Je ne le crois vraiment pas et je préfère le modèle du Charity Business à l'anglo-saxonne. Je ne sais pas combien coûtent exactement toutes les associations à l'État et aux collectivités locales, mais à mon avis, cher.

Un exemple avec SOS-racisme qui vient d'organiser un concert sur le champ de mars le 14 juillet normal : d'après le Journal Officiel, 64% des sommes que perçoit cette association proviennent de financements publics. J'imagine qu'elle n'est pas la seule dans le cas. Sans considérer l'utilité ou non de cette association, je ne trouve pas normal ni acceptable qu'elle ne vive que de subsides publics.

La fonction publique bénéficie de l'action d'organismes de formation continue. En temps de crise, pour des fonctionnaires dont l'emploi est assuré, à moins que ces derniers envisagent clairement une reconversion, est-ce une nécessité absolue de dépenser des sommes importantes dans de la formation continue ? Je ne le crois pas. Je pense particulièrement à l'enseignement, où, véritable usine à gaz, elle ne sert quasiment à rien si ce n'est à alimenter des officines qui vivent sur le dos de la bête ou encore à ne pas placer d'élèves devant certains enseignants.

Et quitte à évoquer la formation, je demande à voir la pertinence des sommes dépensées pour la formation initiale des agents de l'État : on sait, que dans l'Éducation Nationale, elles financent essentiellement les délires d'idéologues de tout poil dont raffolent les diverses bureaucraties  du Mammouth. 

En matière d'éducation, à mes yeux, ce qui est important, c'est de garantir la qualité de l'enseignement (ne pas remplacer des titulaires de diplômes de concours par des contractuels à la petite semaine, par exemple), la diversité de l'offre éducative (ne pas supprimer à tout va options et langues vivantes "rares"), assurer un encadrement de qualité dans les établissements scolaires, des conditions d'études satisfaisantes (pas de violences, pas d'incivilités, du matériel et des manuels quand ils sont nécessaires) et voilà. Le reste...

Il faudrait examiner poste par poste budgétaire l'essentiel et le superflu. Je suis convaincu qu'on doit pouvoir trouver ainsi plusieurs secteurs dans lesquels des économies radicales sont possibles, tout le temps, du moins, que nous serons déficitaires.

Il en va très vraisemblablement de même pour les diverses niches fiscales et aides d'État : quel bilan pour le RMI ? Pour le RSA ?

Il y a tout de même deux choses qui m'inquiètent :

a) pour l'instant, aucun gouvernement n'est parvenu à réduire la dette de la France depuis qu'elle existe et je ne suis même pas sûr qu'il y en ait un qui ait essayé.

b) nous entrons en période électorale majeure (législatives et présidentielles) période propice aux propositions et promesses de cadeaux aussi farfelues que coûteuses...

mercredi, 20 juillet 2011

Coincés !

La crise qui frappe l'euro n'a pas fini de nous réserver de mauvaises surprises, et en particulier la suivante : la France est sous surveillance, comme toutes les nations de la zone euro. Or, elle continue d'emprunter des montants importants compte-tenu du poids de sa dette. Le problème, c'est que les marchés échaudés par les exemples grecs, portugais et irlandais, ne voient pas vraiment d'un bon oeil un état déjà fortement endetté tenter de lever des fonds très importants pour s'engager dans le sauvetage de pays qui ressemblent à s'y méprendre à des paniers percés. Nous pourrions bien y perdre même notre note AAA, à en croire l'agence Reuters. Il va donc être très difficile de faire jouer la solidarité européenne : quelqu'un qui se noie ne peut pas sauver un noyé, cela ne s'est jamais vu.

Ainsi, ce n'est pas seulement le risque de défaut du pays emprunteur, comme l'observe Xerbias, qui rendrait caduque une intervention massive de la France, mais bien plus simplement l'état de ses finances.

Je crois qu'il n'est plus temps de se demander si réduire la dette est de gauche ou non : un certain François Bayrou la qualifie de danger mortel, d'épée de Damoclès pour notre pays depuis plusieurs années. Chacun y va de sa petite fredaine pour pousser la chansonnette et entonner un air désormais connu. Mais dans la réalité, la gauche promeut un programme qui comporte de nouvelles dépenses, et la droite n'a pas les moyens des niches fiscales et des suppressions d'impôts qu'elle prévoit.

En matière de dette, cela me semble à peu près clair, seul François Bayrou est crédible. Je pense d'ailleurs que c'est le seul qui ne proposera pas la vente de châteaux en Espagne. 

Diluer le risque comme le proposent Marielle de Sarnez, François Bayrou et le MoDem (plus généralement l'ADLE) présente l'avantage de reculer l'échéance, mais elle ne la fait pas disparaître pour autant.

Il n'y aura aucune marge de manoeuvre pour la France tant qu'elle n'aura pas recouvré un équilibre budgétaire. Il ne s'agit plus de disserter sur le déficit, il s'agit de discuter des économies que nous pouvons faire et des priorités que nous accordons à nos différents budgets.

dimanche, 19 juin 2011

Los indignados, los cretinos...

Cela fait quatre jours que j'ai la note suivante sous le coude et quatre jours que j'ai la flemme de l'écrire. Coup de pot, mon pasteur favori de bovidés l'a fait pour moi.

Est-ce qu'on aura un  jour nos indignados francescos cretinos, en France, quand, sous le poids de la dette et en dépit des alertes inftigables et répétées d'une toute petite minorité de membres de notre classe politique notre État aura failli, qui viendront à leur tour pleurnicher en place publique après avoir été les premiers à voter la mine réjouie pour les emplois jeunes et autres joyeusetés festives et socialistes ?

Tiens, je crois que cela doit se dire αγανακτισμένοι en grec moderne, indignés. Je tente une étymologie hasardeuse, hellénistes et Héllènes me riront au nez, mais, tant pis : il y a ἄγαν un adverbe qui signifie trop en grec ancien dans αγανακτισμένοι. Un hasard ? Trop de fraudes (30% d'évasion fiscale en Grèce !!!) ? Trop de dépenses (retraites à 53 ans grâce aux fonds européens) ?

J'ai déjà lancé ce débat une fois ici, en évoquant les dictatures, je crois : jusqu'à un certain point, les peuples paient cash ce qu'ils laissent faire, notamment quand ils se choisissent de mauvais dirigeants.

Le comble, c'est que dans les cretindignados, il doit bien y avoir en majorité toute cette classe oisive de jeunes gens nés dans la bonne famille, à l'abri donc du besoin, mais couverts de pustules gauchistes, qui ont peut-être lu l'imbécile et démagogique "Indignez-vous" de Stéphane Hessel. 

Je ne suis pas loin de penser comme Thierry Saussez, l'ex-conseiller en communication de Nicolas Sarkozy : sans verser dans un optimisme béat, je préfère avoir un manifeste pour ce dernier que la crétinerie hesselienne. 

Son auteur, ex-tête du cercle pensant de la Sarkozie, en voilà un qui doit donner des boutons à nos révolutionnaires boutonneux... pensez donc, au lieu d'être le fils d'un grand industriel ou pire encore d'un banquier, c'est le modeste cadet d'un chaffeur et d'une libraire dans une famille de sept enfants. Mierda, ça marche pas la lutte des classes, le fils du prolétaire n'est pas du bon côté : 

Longtemps, le gain a été péché et l’usurier excommunié. La révolution s’est faite sur la haine des riches. Le marxisme, le collectivisme, la lutte des classes imprègnent toujours nos comportements sociaux. Nous nous défions encore de l’économie de marché et de la concurrence qui font tourner le monde. Notre rapport si particulier à l’Etat-providence nous conduit certes à accepter l’autonomie individuelle mais en lui associant une demande de protection et non son corollaire qui est l’acceptation de la compétition.

Bref, pour revenir à ce que dit Nicolas dans son billet, reprenant le mot fameux de Benjamin Franklin, en effet, aide-toi toi-même,  le ciel t'aidera ! Heureusement, il y a tout de même en France, au moins du côté des blogueurs, en tout cas, des socialistes responsables qui admettent que le tort de la Grèce et des Grecs, c'est tout simplement d'avoir dépensé l'argent qu'ils n'avaient pas. En France, il y a des commissions de surendettement pour ça...

Ce qui est hautement comique, c'est de voir nos "Indignés" européens se comparer aux peuples arabes révoltés, qui eux, pour le compte, combattent au péril de leur vie et de celles de leur familles des dictatures parfois sanglantes.

Bref, los crétinos, ils me les brisent un peu menu, et plutôt que de glapir à la fin de l'austérité, ils devraient d'abord commencer par méditer sur les dépenses somptuaires qu'ont mené leurs différents gouvernements...

dimanche, 05 juin 2011

Si les Grecs cèdent, nous sommes morts.

La quantité d'âneries que j'ai pu lire sur la Grèce dépasse parfois des sommets. Je ne me souviens plus où, j'ai notamment le souvenir d'avoir lu que la Grèce, après tout, n'avait qu'à organiser sa faillite et que cela assainirait le pays. Débile. Non, pas débile. Débilissime.

Une faillite d'État, cela signifie que l'État ne paie plus rien, ne verse plus de salaires et cetera. Des millions de gens plongés instantanément dans la misère, voire pire. Une régression sans pareille.

Ensuite, le sinistre idiot qui a imaginé ce plan ridicule a juste oublié de penser que toute l'Europe est endettée. Si un pays fait défaut en Europe, c'est la panique sur les marchés. Les agences dégraderont par réaction toutes les notes des pays emprunteurs au premier accroc. Et même avec une note élevée, les prêteurs craindront de ne plus retrouver leurs billes et le crédit montera vertigineusement. Au mieux, les pays européens et la France en tête seront contraints à une cure d'austérité sans précédent avec probablement une récession majeure, au pire, ils se déclareront aussi en cessation de paiement et ce sera la chaos...

Alors évidemment, les alter qui sont toujours contents quand il y a le bordell parce qu'ils espèrent le Grand Soir, et les ultra-libéraux fanatiques qui rêvent d'une grande purification en bavent tous les soirs en se rasant, mais moi, ça ne me fait pas du tout rigoler.

J'ai envie que mes enfants aient un avenir, pas qu'ils paient les délires erratiques de ces malfaisants. Bien sûr la Grèce doit faire des efforts, c'est évident. Mais on ne peut pas la lâcher. En aucun cas.

00:12 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : grèce, dette |  Facebook | | |

mercredi, 01 juin 2011

L'effet papillon appliqué aux retraites...

On sait ce qu'est l'effet papillon : un battement d'aile de papillon à Paris provoque quelques jours après une tornade à San Francisco. 

En politique, on trouve des phénomènes similaires. C'est ce que Xerbias appelle l'effet de cliquet.

Tenez, imaginez une discussion dans un café entre un communiste et un socialiste au lendemain des législatives de 1978. Ils l'ont mauvaise, nos deux gauchos ; songez donc : la gauche est majoritaire en voix, mais la droite giscardienne l'a emporté. Tout ça parce que cocos et socialos ne se sont pas entendus. 

Alors germe une lumineuse idée : un programme commun ! Et dans le dit programme, on baissera l'âge de la retraite de 65 à 60 ans. Voilà, ça, cela se déroule il y a 40 ans. Et maintenant, notre système de retraites, conçu à la Libération pour une retraite à 65 ans se casse la figure parce qu'il n'y a plus de financement suffisant pour en assurer la pérénité. Sauf que si l'âge légal de départ à la retraite était resté à 65 ans, à l'heure actuelle, il se porterait à merveille.

mardi, 10 mai 2011

La mauvaise idée de Wauquiez

J'ai pris connaissance des propositions de Laurent Wauquiez. Je me demande s'il y a sérieusement réfléchi. Comment compte-t-il mettre en place la structure nécessaire pour demander 5 heures par semaine de services d'utilité publique aux allocataires du RSA ?

Ensuite, c'est un peu idiot de s'en prendre à ceux qui tentent de se remettre au travail, puisque c'est finalement ce que "récompense" le RSA.

Enfin, il est évident que cela va toucher des franges de population précaires, particulièrement les femmes seules avec enfants pour lesquelles il est déjà difficile de parvenir à travailler en se débrouillant pour faire garder leur enfant/leurs enfants.

Bref, c'est une usine à gaz à tous points de vue. Mauvaise idée. Ça fait rigoler quand on songe que la droite dont se réclame Wauquiez se veut populaire ou sociale, puisque tel est son sigle...

17:43 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : rsa |  Facebook | | |

vendredi, 29 avril 2011

Euro, europe : réclamons un débat Bayrou-Le pen

Marine Le Pen ne cesse de clamer haut et fort que l'euro est un poison pour l'économie française, et elle réclame la sortie immédiate de l'euro de la part de la France.

François Bayrou, au contraire, assure qu'une sortie de l'euro ruinerait la France.

Il s'est déclaré prêt à débattre avec Marine Le Pen à ce sujet. Quel média relèvera le gant ? Il y aurait là un affrontement d'envergure entre les deux porteurs de deux projets de société foncièrement antagoniste. 

Le MoDem est le plus européen des partis politiques français, on peut même dire que l'Europe rentre dans on ADN alors que le FN est foncièrement hostile à tout projet européen.

On entend tout et n'importe quoi sur l'euro, aussi bien de nonistes décérébrés que de ouistes fanatisés.

Sur l'Europe, Bayrou a toujours tenu un langage de vérité sans jamais verser dans le double-langage ni dans un européisme béat, mais en défendant avec force et conviction l'idée européenne, idée qu'il enracine dans la civilisation européenne et ses nations, bien en amont des pères fondateurs que furent Schuman et Monnet.

Très loin de privilégier l'Europe, le FN et Marine Le Pen rêvent d'un grand axe stratégique Paris-Moscou-Pékin et d'une résurgence des nations telles qu'elles vécurent aux XIXème et XXème siècle.

Mon propre blogue a déjà été le lieu d'affrontements sur ces thèmes, puisque de temps à autre, des sympathisants ou militants du Front National passent me rendre visite. Bien évidemment, l'Européen convaincu que je suis, préparerait et relaierait avec grand plaisir un tel choc.

Espérons qu'une chaîne télévisée organisera la confrontation, la France le mérite.

19:29 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : europe, bayrou, le pen, euro, modem, fn |  Facebook | | |

jeudi, 28 avril 2011

Bayrou 2012, l'économie

Bayrou doit mener une campagne différente de celle de 2007 à l'évidence. Il y a une configuration très différente à l'heure actuelle avec une bousculade générale au centre et aux extrêmes.

Les héros de 2007 sont lessivés : Royal, Bayrou et Sarkozy, à eux trois, ne recueillent plus que 45% des suffrages alors qu'ils avaient réalisé une performance historique il y cinq ans.

Bayrou et son parti doivent annoncer clairement et sans fioritures ce qu'ils comptent faire si Bayrou accède au pouvoir. Après avoir disposé de compte-rendu de réunions, j'en ai une idée encore assez peu précise.

Il y a une ligne directrice claire, c'est que Bayrou et le MoDem feront du budget dévolu à l'Éducation Nationale un sanctuaire. En fait, la preuve que le MoDem ne ment pas sur ce sujet, c'est qu'il ne s'engage sur quasiment rien d'autre, contrairement aux autres partis.

Ils savent que les finances de la France sont dans un état désastreux. Ils prévoient donc hausses d'impôts et baisse des dépenses. Comme dans le même temps, il devient un impératif majeur d'améliorer la compétitivité des entreprises, les hausses ne porteront pas sur les bénéfices de ces dernières (des marges larges permettent d'investir et donc d'innover), ou, tout du moins, pas pour celles qui réinvestissent en France et/ou n'ont pas profité d'aides publiques.

Comme le MoDem et Bayrou ne veulent pas non plus risquer de casser la consommation, ils vont, plutôt qu'une grande mesure qui serait censée rapporter des dizaines de milliards, proposer l'addition de plusieurs mesures fiscales.

Une augmentation de la TVA, c'est à peu près assuré ; je crois savoir que les experts de la commission économique du MoDem hésitent entre 1 et 2%.

Créations de tranches d'impôts sur le revenu à 50 et 55%, suppression du bouclier fiscal, maintien de l'ISF mais allégé afin que cet impôt ne soit pas confiscatoire, augmentation des taxes sur l'épargne, les successions et les donations, voilà les pistes sur lesquelles discute le MoDem à l'heure actuelle.

A vrai dire, elles ne sont pas vraiment originales, et pour cause : il n'y a pas 36 solutions différentes. L'originalité, dans cette campagne, ce sera de dire une nouvelle fois la vérité et de ne pas faire de projets délirants du type les nouveaux emploi-jeunes de Martine Aubry ou le revenu universel de Dominique de Villepin.

Dans le même temps, le MoDem oeuvre à des politiques coordonnées : c'est tout le sens des réunions de travail qui ont actuellement lieu au sein du PDE (Parti Démocrate Européen).

En termes de budget, il y a deux lignes qui me semblent animer le projet démocrate à l'échelle européenne : ni dette ni emprunt pour autre chose que de l'investissement, et quand emprunt il y a, garantie à l'échelle européenne, avec des eurobonds.

De ce point de vue, si Bayrou et le MoDem prenait le pouvoir, on pourrait tabler sur une politique économique résolument tournée vers l'Europe, non pas faite de fatalisme et de soumission aux diverses commissions, mais avec un axe directeur clair et fort. 

vendredi, 15 avril 2011

Hélas, il faudra se référer à ses écrits, désormais...

Un ami blogueur à ses heures et twitonaute averti me signalait la dernière tribune d'un groupe de haut-fonctionnaires français, les Maquizards. J'ai donc parcouru une de leurs tribunes qui portait sur la notion de pays pauvre et pays riche.

Les Maquisards observent que les Français manquent toujours d'imagination dès qu'il faut envisager l'avenir, et, particulièrement, avaient raté le coche sur le développement des nations. Il est toujours plus aisé de prophétiser le passer que le futur, évidemment, et j'attends des analyses d'une toute autre qualité que celles qui consistent à enfoncer les portes ouvertes. Toutefois, ces remarques n'ont pas été sans me faire penser à C.K Prahalad, cet économiste indien hétérodoxe qui pensait que les pays pauvres et émergents représentaient un gigantesque marché parce qu'eux aussi consommaient. En termes de marché, c'est même un énorme marché. Le problème, c'est que nos entreprises ne savent produire que pour les pays riches et les gens riches, et se montrent incapables d'adapter leur production, leur distribution et leurs prix au "bottom up" de la pyramide, dixit Prahalad lui-même.

Du coup, je me disais, tiens, ce serait une bonne idée que de suggérer aux instances du MoDem d'inviter Prahalad (avec un traducteur) lors d'une université populaire sur le commerce international et l'entreprise.

Je me mets alors à effectuer une recherche sur google, et là, stupeur et consternation : Prahalad est décédé il y a très exactement un an.

C'est vraiment quelqu'un dont l'ouvrage majeur, The Fortune at the bottom of the Pyramid, devait être un classique dans les écoles de commerce. De mon point de vue, Prahalad est le Schumpeter de ce début de siècle. Je le mets au même niveau. Son livre est traduit en français puisque je le lis :-) Je le recommande très vivement.

mercredi, 13 avril 2011

Nicolas Sarkozy apprend la fiscalité...

Ah. La majorité s'est enfin décidée à faire une réforme fiscale qui a une certaine cohérence. Évidemment, ce n'est pas idéal, mais c'est clairement en progrès.

Donc, oui, il fallait supprimer le bouclier fiscal. Non, nous n'avons pas les moyens de renoncer à l'ISF. Oui, il ne faut pas qu'il soit confiscatoire. Oui, bonne idée de taxer expatriés, évadés fiscaux et étrangers sur leur patrimoine en France.

En ce qui concerne les successions, l'alourdissement me paraît raisonnable.

Je ne délivre pas de satisfecit, mais c'est mieux. Après, il y a d'autres points à réformer, et par exemple, il faut appuyer et faire passer le projet de loi de Jean-Christophe Lagarde, député néo-centriste. Plus question de payer les plans sociaux des entreprises excédentaires, cela me semble en effet de bonne guerre. Tout le centre ou presque s'y est rangé, puisque l'amendement est présenté aussi, outre plusieurs autres néo-centristes, par les députés de l'Alliance Centriste, Thierry Benoît et Philippe Folliot ainsi que par un député MoDem, Abdoulatifou Aly.

Après l’article L. 1233-57 du code du travail, il est inséré un article L. 1233-57-1 ainsi rédigé : « Art. L. 1233-57-1. – L’autorité administrative peut, au vu de la situation économique de l’entreprise, refuser de signer les conventions permettant l’attribution des aides du fonds national de l’emploi pour la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce cas, le financement de ce dernier est à la seule charge de l’entreprise. « Cette décision est rendue avant la dernière réunion du comité d’entreprise. Elle est communiquée à l’employeur et au comité d’entreprise ou, à défaut, aux délégués du personnel. « En l’absence de représentants du personnel, cette décision est portée à la connaissance des salariés par voie d’affichage sur les lieux de travail. »

Voilà, très bien...

Petite remarque : cela fait depuis le mois de novembre que J-C Lagarde a déposé son projet. Ce gouvernement a parfois du mal à déterminer où sont les priorités...