Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 05 décembre 2010

Cantona veut faire sa Kredit-Anstalt...

J'ai suivi avec attention l'appel d'Éric Cantona, proposant de vider les banques des dépôts des particuliers. Ça va me faire tout drôle, mais je vais citer Nathalie Arthaud, chef de file de Lutte Ouvrière, un parti pas vraiment capitaliste : le problème c'est que les banques, on en a besoin, elles sont utiles. Ben oui, Canto, réfléchis deux secondes, bon sang. Évidemment, j'arrête là la reprise des propos de Nathalie Arthaud, puisqu'elle poursuit en rappelant la proposition traditionnelle du parti trotskiste qui est d'exproprier les banques. Mais pourquoi je citais la Kredit-Anstalt, au fait ?

Parce qu'il s'agit de la banque viennoise qui déclencha la crise économique la plus sévère que le monde ait connu. Une crise boursière violente sévissait alors depuis deux ans, très précisément depuis les jeudi et vendredi 24 et 25 octobre 1929. En 1931, les USA décidèrent de retirer leurs capitaux d'Europe. Les banques, ne disposant plus de liquidités, furent non seulement incapables de prêter, mais même d'assurer les dépôts dont elles avaient la garantie. Il s'ensuivit une dépression sans précédent avec toutes les conséquences que l'on connaît aujourd'hui.

L'appel d'Éric Cantona ne saurait faire vaciller le système financier, je n'ai aucun doute là-dessus, mais, en revanche, il dénote un raisonnement économique vicié pour ne pas dire déficient. Admettons que la solution de Cantona marche : que se passerait-il ? Eh bien ce qu'il s'est passé en 1929. Des millions de petites gens seraient alors ruinés, ceux-là même dont Éric Cantona prétend vouloir prendre la défense. 

A vouloir punir les banques, on finit par se punir soi-même. Même Mélanchon l'a compris, puisqu'il a rejeté l'appel du footballeur. 

Cantona a promis de retirer tout son argent le 07 décembre. Il a du gagner, au cours de sa carrière, des millions et des millions de livres, donc encore bien plus d'euros. Même si tout n'est pas converti en liquidités, cela doit faire un beau magot à la banque. Je prends le pari qu'il ne retirera pas toute son oseille. Faire de la provocation, c'est toujours amusant, cela a même ému notre Ministre de l'Économie et Baudoin Prot, le PDG de la BNP-Paribas, mais quand il va falloir passer à l'action, cela va être autre chose. 

Avec l'attente qu'il a suscité, Cantona risque surtout de générer une énorme contre-pub : il va se discréditer et montrer de surcroît que les banques sont indispensables pour gérer nos sous. Ce qui est une évidence. 

Tiens, j'ai une idée à la Cantona pour lutter contre le cancer : je propose d'euthanasier tous les cancéreux, comme ça, plus personne ne mourra du cancer. Astucieux, non ?*

* heureusement que des instituts de recherche aux fondamentaux scientifiques autrement plus rigoureux que les raisonnements de Cantona se penchent sur le problème depuis de longues années.

23:36 Publié dans Economie, Insolite | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : cantona, banque, football |  Facebook | | |