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lundi, 27 décembre 2010

Être centriste en 2011

Alexandre m'a demandé, dans une chaîne, une définition du centre. Mais comme je ne suis pas le seul qu'il ait interrogé, je vais avoir du mal à ajouter quelque chose d'intéressant de plus. Xerbias a en effet développé une réflexion qui recoupe à peu près à 90% mes vues sur le sujet. Nous sommes plusieurs blogueurs à nous interroger sur ce qu'est le centrisme. Certains, comme Fulrad, récusent viscéralement un positionnement de centre-gauche. D'autres font remonter la voie centrale à Cicéron (pas faux, au demeurant )! Ce qui me frappe, quand je consulte des blogues centristes appartenant pourtant à des chapelles différentes, c'est la proximité fondamentale de leurs vues.

Entre Life's Good, Humeurs de Vache, Vogue Haleine,BobJ'ai rarement tort, le Chafouin, Xerbias que je citais, on a là une belle brochettes de blogueurs centristes que pas grand chose ne sépare quand chacun exprime son opinion. Et pourtant, ils appartiennent ou sympathisent avec des forces politiques différentes (radicaux de gauche, MoDem, Alliance Centriste, Nouveau Centre, UMP !); on y retrouve ce qui compose le centre : démocrates-chrétiens, libéraux, sociaux-libéraux. 

Je n'y cite ni les sociaux-démocrates, ni les écologistes, parce que si je crois que les sociaux-démocrates peuvent rejoindre une formation comme le MoDem, ils ne sont pas pour autant centristes. Il en va de même pour les écologistes, à la notable exception de Cap21 qu'on peut assimiler à des sociaux-libéraux verts. Il y a quelques socialistes qui sont proches des centristes, comme Gérard Collomb, François Rebmasen ou encore Manuel Valls, mais ils demeurent une exception, en dépit de leur poids politique localement. Bockel, à n'en pas douter, aurait certainement fait bonne figure au centre, mais il a finalement choisi de s'associer à l'UMP.

Qui taguer sur une telle réflexion ? J'aurais dit Laurent de Boissieu, mais il a répondu, d'ores et déjà, avec sa foire aux questions sur le centre. Je crois que ce serait tout de même intéressant d'avoir l'avis d'un blogueur comme Romain, proche de Collomb et clairement positionné au centre-gauche. J'ai cité le Chafouin, qui représente, pour moi, la démocratie-chrétienne traditionnelle. Si le coeur lui en dit, j'aimerais avoir son avis. Rubin incarne cette aile libérale qui s'est reconnue à un moment donné en Bayrou et demeure une composante du centrisme, même si elle est souvent occultée.

Il serait dommageable sur un sujet de cet acabit, de ne pas demander l'avis d'un chroniqueur en ce domaine aussi avisé que l'est Hervé. Je n'ai jamais su trop classer Polluxe, mais je crois qu'elle entre aussi dans la mouvance centriste. C'est peut-être bien parce que je ne parviens pas à la classer qu'elle y figure, d'ailleurs...

Il y a un dernier blogueur que je voudrais interpeller, mais cela suppose que son blogue se réveille du long sommeil dans lequel il est plongé : KPM. Il incarne, avec quelques autres assez rares au MoDem, cette lignée issue de l'entre-deux guerres, présente d'abord dans la résistance puis au MRP, et qui se dispersa jusqu'à la constitution de la Nouvelle UDF puis du MoDem : le personnalisme. Elle se manifeste notamment dans un courant anti-libéral au MoDem qui donne parfois de la voix. Pas facile de al concilier avec les libéraux présents dans ce même parti...

dimanche, 26 décembre 2010

Président de la France ou directeur du FMI ?

C'est une Arlésienne que de savoir si DSK sera candidat ou non à l'élection présidentielle en 2012. Michel Rocard semble avoir une idée sur la question : il juge qu'il est bien plus utile et efficient comme directeur du FMI que comme Président de la France. La surveillance des économies est désormais l'un des rôles majeurs du FMI, bien au-delà de la seule stabilité monétaire. J'ai du mal à me faire une idée, en ce qui me concerne, de son bilan après trois années passées à la tête du FMI. Il me semble qu'il a géré au mieux de ce qu'il était possible de faire la crise grecque.

Plus généralement, j'ai le sentiment qu'il a d'abord réhabilité vraiment le FMI aux yeux de l'opinion publique mondiale, ce qui n'est pas rien. Les conseils désastreux de cette institution lors des crises argentines avaient largement entamé sa crédibilité.

Héritant d'un FMI dénué de moyens, il a su convaincre les grands pays donateurs de mettre la main à la poche, ce qui a permis au FMI de disposer de fonds conséquents, par émission de DTS (Droits de Tirage Spéciaux) au moment des crises, et donc de pouvoir prêter de l'argent aux pays émergents au bon moment. Il a su aussi débloquer des prêts pour les pays les plus pauvres et leur consentir pour des périodes limitées le non-paiement de leurs intérêts. 

Évidemment, le FMI ne s'est pas pour autant transformé en oeuvre de bienfaisance, et quand il s'est agi de conseiller de dégraisser à certains pays (Roumanie, Lettonie) il n'y a pas eu d'états d'âme. Le patron du FMI a beau se réclamer du keynésianisme, point trop n'en faut quand il s'agit de dépenses publiques...

Mais enfin, dans l'ensemble, force est de constater qu'il a dans l'ensemble bien géré la boutique, et que surtout, pendant la crise, le FMI a joué le rôle de pompier plutôt que d'incendiaire.

Néanmoins, son amitié avec le sinistre Pascal Lamy, m'inspire toutes les défiances, tant ce dernier individu incarne le mondialisation technocratique dans ce qu'elle comporte de pire, à commencer par le mépris des nations, des cultures et des peuples.

Il ambitionne, j'imagine, de faire du FMI le gendarme financier du monde. Pari fort difficile à réaliser, tant les gouvernements des différents États n'y tiennent pas plus que cela. Les pays occidentaux, en particulier, refusent de lâcher leurs droits de votes au Tiers-Monde et aux pays émergents.

18:05 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : dsk, lamy, fmi |  Facebook | | |

vendredi, 17 décembre 2010

Sur la Toile, DSK est isolé

A en croire les sondages, DSK est au zénith de la popularité en France. Je ne le conteste pas, mais je m'étonne, en revanche, de la très faible réflexion de cet éclat sur la Toile. Considérez les blogues de gauche : qui se revendique DSkiste ? Quasiment personne, en réalité ; il y avait le blogue d'Abadinte, un social-démocrate (MAJ ainsi que Lyonnitudes, autre social-démocrate, qui revendique son soutien à DSK dès cette époque), en 2006, lors des primaires socialistes, mais, c'est, in fine bien peu. Bien sûr, les blogueurs de gauche pragmatiques se résignent à soutenir sa candidature s'il peut être le meilleur représentant de la gauche, d'où les avis exprimés à maintes reprises par Partageons mon avis, sur le sujet.

DSK n'est pas le seul hiérarque socialiste à être dans ce cas : de manière générale, aucune des têtes connues du PS ne dispose de réseaux dignes de ce nom pour relayer leur candidature et leurs interventions.

Il existe toutefois une exception notable : l'organisation que Ségolène Royal a mise en place avant et pendant l'élection présidentielle a survécu. Les comités Désirs d'avenir existent toujours, et plusieurs blogues importants demeurent des soutiens fidèles pour elle (Intox2007, Richard III, Pourquoi pas, la plupart des blogues politiques féminins/féministes, par exemple). Il existe même une revue de web royaliste : Segorama ; c'est dire !

Ségolène Royal devra néanmoins résoudre une contradiction majeure : elle incarne, je le sais, et depuis longtemps, une aile réformiste de la gauche (je n'aurais pas voté pour elle au second tour de l'élection présidentielle autrement). Mais la touche de péronisme qu'elle laisser percer dans ses discours séduit un électorat et surtout des fidèles autrement plus à gauche. Je suis frappé de voir le nombre de supporters de Ségolène Royal qui avouent de l'intérêt et de l'affection pour Mélenchon.

C'est je pense cette "gauchist touch" qui fait sa différence avec DSK et qui explique le faible crédit dont elle jouit auprès des sociaux-démocrates les plus proches des libéraux, comme Rocard ou Martine Aubry, par exemple. C'est pour la même raison qu'elle a si peu séduit l'électorat centriste, alors que fondamentalement, son projet politique (pas celui du PS) n'est pas si éloigné de ce que pourrait proposer un parti comme le MoDem.

 

12:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : dsk, ségolène royal |  Facebook | | |

jeudi, 16 décembre 2010

Bayrou et le petit journal de Canal + : tout s'explique

Je ne voulais pas revenir sur le clash entre Yan Barthès et François Bayrou, mais, étant donné l'information que l'hôpital du Val de Grâce a communiquée au Président du MoDem, je crois nécessaire d'en faire état : 

Les médecins ont mis un mot sur le malaise qu'il a subi: il s'agit d'un léger ictus transitoire, dont la cause probable est le surmenage, et qui s'accompagne d'une perte momentanée de l'attention et d'une partie de la mémoire.

Voilà pourquoi François Bayrou a nié avoir prononcé les phrases qu'avait retenu Yan Barthès. Et s'il les a associées à des discours anciens, c'est parce qu'il en avait déjà prononcé certaines par le passé.

François Bayrou a confirmé avoir été pris d'inattention et de troubles pendant l'émission et avoir cherché à le cacher.

Voilà qui met par terre une partie de mon raisonnement sur son comportement ce soir-là. Mais cela anéantit corollairement complètement toutes les analyses à charge portées contre lui par les parties adverses

Je crois que ce chapitre est clos, il n'est guère utile d'y revenir. Pour ma part, je préfère me consacrer à mon dada, la réindustrialisation et la relocalisation en France. Je suis sur une série de billets à ce sujet avec des échanges intéressants avec des décroissants dans les commentaires, et je prépare un autre billet, justement, d'ici demain, sur les marges de manoeuvre locales, nationales, européennes et internationales...

Fabrication hexagonale

J'évoquais dans deux billets précédents ce que pourraient être l'ébauche d'une économie du recyclage d'une part, puis d'autre part un code de consommation tout personnel. Je poursuis donc cette réflexion en m'appuyant sur les données qui figurent sur deux blogues : Hexaconso et la Fabrique Hexagonale.

L'un et l'autre donnent des noms d'entreprise dont la production est intégralement ou quasi-intégralement réalisée sur le sol français. Hexaconso ajoute une information fort précieuse : une fiche d'identité de chaque entreprise précise son nombre d'employés et la localisation de l'atelier ou de l'usine. On sait ainsi le nombre d'emplois en jeu en achetant français.

En parcourant les listes élaborées par ces deux sites, je crois avoir dégagé quatre écueils au moins sur lesquels butait cette production hexagonale :

1) un rétrécissement radical de l'offre de produits. Bien trop peu de diversité à tous points de vue.

2) un coût souvent supérieur aux productions allogènes.

3) parfois une absence d'innovation ou de créativité. De la qualité pas toujours au rendez-vous.

4) une vraie difficulté à présenter une offre claire, notamment sur internet (site en construction, incomplet, sans prix indiqués, par exemple)

Difficile d'allier toutes les qualités. Considérons le cas de Set in black,  par exemple, qui a fait de la maille noire son étendard. L'entreprise a une ligne de vêtements. Jolis. Mais un polo homme, contînt-il de la soie, ne coûte pas moins de 131 euros. Objectivement, sa coupe est magnifique, et j'aime beaucoup. Une solde est annoncée à 50%. Cela signifie donc que le prix habituel pour ce polo est de 262 euros ou alors que le site est mal conçu puisque le système de paiement indique bien 131 euros (si le solde était sur ce montant, alors la somme finale serait de 65,50 euros). Il faut le vouloir pour être prêt à débourser une somme pareille pour un polo.

Fabriquer en France a un coût évident : sommes-nous prêts à le payer, voilà une première question qui me paraît patente. Mais corollairement, sommes-nous prêts aussi à admettre de nous retrouver un jour au chômage parce que le service que nous rendons, l'objet que nous fabriquons seront réalisés ailleurs ? Set in Black, c'est 181 emplois en France. Qu'ils cessent de vendre, et c'est le malheur qui s'abat sur 181 foyers.

J'ai regardé une autre entreprise, spécialisée sur un seul créneau : la chemise pour homme. Lordon est installée à Châteauroux et emploie 11 personnes. J'avoue avoir eu une bonne surprise. Pour des chemises de qualité, les prix tiennent la route. Aux alentours de 80 euros pour une chemise de qualité, c'est acceptable...pour ceux qui en ont les moyens ! Les cravates à 20 euros, c'est correct aussi.

J'ai regardé ce qu'il se faisait avec les jouets pour enfants, puisque nous approchons de noël. Du bois, encore du bois et toujours du bois. Sommes-nous encore capables de produire du plastique en France, nom d'un Gaulois ? Miracle ! Un unique fabricant de jouets réalise ses produits en plastique. Ecoffier. L'inconvénient, c'est que les retours des utilisateurs divergent : si certains sont satisfaits, d'autres dénoncent des défauts qui n'ont rien à envier à la contrefaçon chinoise du meilleur label de mauvaise qualité... Et les poupées alors ? Petit Collin semble avoir un véritable savoir-faire dans ce domaine, son site présente bien, mais, après un quart d'heure de lecture, pas moyen de trouver un prix...Ouf, une boutique qui affiche le prix d'une poupée. 30 euros. Il y en a des moins chères, mais si la qualité suit, c'est un prix acceptable.

On a parfois quelques bonnes surprises : j'ai appris que Monoprix fabriquait en France toutes les fournitures scolaires génériques que l'enseigne propose dans ses grandes surfaces.

Mieux, dans ce domaine, Oxford, marque française s'il en est qui fabrique tout en France, avait présenté une authentique innovation à un prix défiant toute concurrence (un peu plus d'une dizaine d'euros) en 2009 : un cahier de textes adapté au stylo numérique, capable de transférer sur un ordinateur ce qu'on y écrit.

Une chose, en tout cas, me paraît certaine : on se ridiculise à dénoncer d'un côté les méfaits du libéralisme, de la concurrence libre et non faussée, et, de l'autre à en profiter à plein, car c'est bien là l'un des moteurs de notre société de surconsommation.

Pour le MoDem et François Bayrou, pour lesquels la fabrication hexagonale est désormais une priorité économique, il y a dans ces modèles d'entreprises qui tentent vaille que vaille de maintenir leur production dans leur pays d'origine, les ferments d'une recomposition du paysage industriel de la France. 

mercredi, 15 décembre 2010

Économise-toi, François !

Il y a peu, je songeais, en mon for intérieur, au tableau politique de mon pays, et je me faisais la réflexion que je n'y trouvais nul autre individu que François Bayrou pour incarner les idées auxquelles je crois.

Le malaise dont il a été victime lundi m'a rappelé à propos que pour moi, et sans doute pour beaucoup d'autres, ce serait une catastrophe s'il disparaissait.

Que deviendrions-nous ? Je n'imagine pas qui que ce soit en France prendre la relève tant sa parole est originale et particulière dans notre paysage politico-médiatique. Le désarroi des militants démocrates et centristes serait terrible.

Conclusion, ne déconne pas François, ne nous fais pas faux bond, svp, et repose-toi pour être en forme, non seulement pour 2012 mais aussi après, tant ta présence demeure essentielle pour ceux qui croient en ce que tu incarnes.

11:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : bayrou |  Facebook | | |

lundi, 13 décembre 2010

Barthès est un rigolo, mais aussi un sacré faux-derche...

Bon, pas de pot pour le Petit Journal, j'y étais, moi, hier au Congrès du MoDem. Il faut admettre que le Petit Journal est généralement rigolo, et quand il se paie la tête du Shadow Cabinet, je suis généralement mort de rire.

En revanche, ce que je déteste, c'est qu'un journaliste affirme avec aplomb des choses qui sont fausses. Ils ont voulu faire les malins à Canal Plus, en reprenant des propos de Bayrou tenus lors du Congrès et en les illustrant par des ombres chinoises assez rigolotes. Ok,  amusant, j'ai bien ri.

Mais voilà, une partie des propos en question était un authentique montage. On a le droit de le faire, mais il faut avoir l'honnêteté de l'avouer.

Bayrou n'a jamais parlé de libéraux sociaux. Il a parlé de libéraux de progrès, et croyez-moi, je sais ce que je dis puisque j'attendais, justement qu'il évoque les libéraux.

Que Barthès essaie de faire passer Bayrou pour un menteur m'a passablement énervé. On a le droit de se moquer, c'est une chose, et, généralement, quand c'est amusant, j'en ris à m'en battre le ventre.

Mais je n'aime pas le procédé sournois qui essaie de faire passer pour menteur, vaniteux et mesquin, mine de rien, un homme politique. Pourquoi Barthès n'a pas voulu avouer que c'était un montage ? A mon avis, ils ont peut-être bien repris des mots de Bayrou prononcés ce jour-là, mais en modifiant leur ordonnancement. De là, c'était facile de déclarer avec assurance : Monsieur Bayrou c'est bien votre discours de ce week-end.

C'est là où je commence à me poser des questions. C'est quoi les intentions de ce type ? Il cherche à démolir Bayrou en douce, ce salaud. Voilà ce que je pense en mon for intérieur. Et regardez comment la technique est rôdée et insidieuse. Ce n'est pas sur la petite animation elle-même qu'on essaie d'enfoncer l'homme, mais sur le reste quand il apporte des dénégations. Bref, l'affaire ne mériterait pas qu'on en parle si elle ne dissimulait pas quelque chose de suspect.

Balle au Centre a été horriblement déçu par la réaction de Bayrou. Je lui demande de bien prendre le temps d'y réfléchir. Dans ce genre de cas, il faut être très précis et rechercher les intentions. Une fois qu'on les tient, on considère les choses d'un autre oeil. Vous voyez, Camarade Démocrate, dans tous propos, il convient de bien considérer l'explicite et l'implicite. C'est toujours l'implicite le plus intéressant. Et l'implicite, ici, vous l'avez compris, ce n'est pas la moquerie. 

Quand Bayrou a senti qu'il y avait anguille sous roche, il a tout nié en bloc. Mais on le comprend. Comment faire confiance à son interlocuteur quand on a compris qu'au moins une des phrases citées a été intervertie et ses mots mélangés ? Libéraux-sociaux, c'est un terme que jamais Bayrou n'a utilisé. En tout cas, pas dans le discours de clôture. Et d'ailleurs, il ne renvoie pas à la même réalité politique que libéraux. Moi, c'est vraiment ça qui m'a mis la puce à l'oreille. Alors, certes, certaines phrases figuraient bien dans le discours de clôture du Congrès, mais Bayrou ne pouvait avoir la certitude absolue qu'elles n'avaient pas été falsifiées. On ne va pas non plus lui demander de retenir tous ses discours par coeur !!! Il a donc logiquement tout nié dès lors qu'il a senti que son interlocuteur était malhonnête et cherchait de surcroît à lui nuire sciemment...

J'ai le souci du détail, je crois l'avoir prouvé à plusieurs reprises ici sur des sujets divers, et, ce détail-là, qui renvoie à une éthique toute personnelle, chez certains journalistes, il ne m'a pas échappé...

Mon blogue n'est que mon blogue, mais comme l'information va faire le tour de la Toile, j'aimerais bien avoir un droit de réponse quelque part au nom de Bayrou...

dimanche, 12 décembre 2010

Bayrou veut produire en France

J'ai bien enregistré les trois priorités de François Bayrou et du MoDem, qui sont aussi les miennes :

- bâtir la meilleure éducation du monde

- promouvoir une Europe refondée

- relocaliser l'industrie et les services en France.

C'est le dernier point qui m'intéresse (les autres aussi, mais j'en reparlerai plus tard). Cela va être difficile. Très difficile. A l'heure actuelle, je ne vois que quatre leviers à actionner

a) la fiscalité : en instaurant une TVA sociale, on réduit le poids du coût de la main d'oeuvre dans le prix total du produit. Inconvénient : les Français sont-ils prêts à en payer le prix car inévitablement une hausse des prix s'ensuivra, d'autant que pour être efficace, cette hausse de la TVA doit être relativement forte (minimum 5 points).

b) les aides : beaucoup d'entreprises ont bénéficié d'aides parfois très importantes des collectivités ou de l'État quand elles se sont engagées à implanter des industries en France, créant en théorie des emplois. On peut appliquer le principe du remboursement intégral de toutes les aides apportées quand les engagements ne sont pas tenus, y compris celles issues de baisses de fiscalité dans les zones franches.

c) les libéraux vont faire une crise cardiaque quand ils vont lire ce qui suit : re-créer des champions nationaux publics tels qu'il en a existé par le passé en France, avec évidemment force investissement. Cela correspond bien aux traditions planificatrices françaises, mais la Commission européenne va ruer dans les brancards si jamais les investissements de l'État dans les dites entreprises peuvent s'apparenter à des subventions cachées, et donc, aboutissent à fausser radicalement la concurrence.

d) la voie fort risquée qu'indique Corine Lepage dans son Vivre autrement : une révolution pour promouvoir une industrie verte. Inconvénient : cela a un coût faramineux que je doute que notre état endetté puisse supporter, et on n'a aucune certitude absolue sur ce qui en sortira.

Pas simple. Je sais que Bayrou travaille d'arrache-pied sur le sujet pour pouvoir proposer des solutions concrètes aux Français à l'aube de 2012. Une mission sénatoriale est également en cours sur le sujet depuis mai 2010, mais, à l'heure actuelle, elle est encore moins avancée que le MoDem.

Mon sentiment, à l'heure actuelle, est que nous ne pouvons guère continuer à nous développer sans recycler. Les matières premières ne sont pas inépuisables, et leur valeur est sujette à de fortes variations ; en outre, elles nous maintiennent dans un état de dépendance géostratégique vis à vis de nations qui sont très loin de nous être bienveillantes.

Une économie du recyclage allégerait au moins les coûts de transport, dans le calcul des coûts finaux, et générerait par son seul principe tout un espace de nouveaux emplois. Le problème, toutefois, est à mon avis relativement similaire à celui de la TVA sociale : il faut que le recyclage ne fasse pas piquer du nez nos porte-feuilles quand il faudra régler l'addition finale.

A l'heure actuelle, nous n'en sommes qu'à une forme peu fonctionnelle et très primitive de recyclage, puisque nous nous contentons d'incinérer les déchets pour produire de l'énergie. Or, l'idée, ce serait de mettre en place tout un circuit économique pour chaque produit, du type "consigne", qui permettrait de tout recycler pour réutilisation. Pour que cela marche, il ne faut pas compter sur le civisme citoyen, mais il faut que les citoyens qui recyclent soit individuellement gagnants. C'est bien pour cela que j'évoque le principe de la consigne, idée qui a été un temps appliqué avec les consignes sur les bouteilles en verre, jusqu'à la fin des années 80 (on ramenait une bouteille et on recevait de l'argent en échange).

C'est toute une organisation à penser en amont, et pas en aval. Le recyclage est coûteux, parce que les objets produits en amont ne sont pas (ou peu conçus) pour être facilement recyclables. C'est donc à la conception qu'il faut agir.

In fine, il est nécessaire, pour que cela marche, de parvenir à un circuit économique où l'on recycle non parce que c'est écolo, mais tout simplement parce que c'est le plus rentable. 

Si l'idée de la relocalisation c'est de produire sur place, ce que souhaite François Bayrou, à mon avis, le recyclage sur place des déchets en est une dimension importante. 

 

samedi, 11 décembre 2010

Propos de Marine Le Pen : bêtise de la classe politico-médiatique

Il paraît, à écouter la presse et quelques responsables politiques de gauche et de droite, que Marine Le pen aurait tenu des propos fassîîîsssstes...

Dubitatif, j'ai pris connaissance des propos en question. Les voilà : 

Maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes y a pas de blindés, y a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même.

Et les abrutis de service se sont empressés de transformer une occupation en Occupation avec un grand O, celle de la Seconde Guerre Mondiale.

J'ai dit ce matin qu'il faudrait être fin pour lutter contre le FN. Ça commence mal. Il y a effectivement des endroits qui sont occupés par des fidèles. Ils ont bien le droit de prier, là n'est pas le problème, mais dans les lieux ad hoc. Si les mairies faisaient leur boulot, Marine Le pen n'aurait pas matière à saillie.

Mais voilà, la cohorte des imbéciles s'est mise en marche , Hamon, Laurent, Désir et même Moscovici mais aussi Copé et Paillé.

Marine Le Pen va monter encore plus vite que prévu dans les sondages avec des réactions d'une telle pauvreté. Mieux vaudrait clairement s'emparer de la laïcité et la faire appliquer sans barguigner dans la rue, ce qui réglerait le problème. Maintenant, comme à gauche et à droite, on essaie de tirer profit du communautarisme, on est mal embarqué.

Prions pour qu'aucun responsable du MoDem ne vienne se joindre à la cohorte des imbéciles...

17:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : marine le pen |  Facebook | | |

Éducation, rendons justice au MoDem...

Je m'en prends régulièrement aux positions exprimées par les responsables du MoDem (hors Bayrou et Lassalle) sur l'éducation, mais, je dois être juste : autant le projet humaniste est très décevant et n'évite aucun des lieux communs de la gauche, autant le document de travail de la Commission thématique du MoDem sur le sujet est de bonne qualité. Sylvain Canet et tous les membres de cette commission ont fait du bon boulot.

Il s'y trouve notamment un fil directeur auquel je suis très attaché, qui est l'idée de libérer les initiatives et de faire sauter tous les carcans. C'est pour cela, par exemple, que la Commission propose de donner aux établissements scolaires leur autonomie financière, ou encore d'individualiser les parcours au point de fonctionner par modules, disciplines fondamentales exceptées.

Il y a dans ce document des passages qui me font évidemment très plaisir à lire, comme celui-là, par exemple, qui résume bien ma pensée : 

L’égalité des chances doit être considérée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un droit et non une idéologie qui prônerait une égalité aveugle et une uniformité déviant vers un culte de l’égalitarisme forcené. Essayer d’atteindre l’égalité des chances, c’est d’abord se doter d’une école exigeante envers tous. À l’heure de la compétition mondiale, il importe de garantir des formations de qualité (générales comme professionnelles).

Ça, j'aime bien.

Sans perdre de vue l’objectif de promouvoir chaque  personne au plus haut niveau de son potentiel − ce qui suppose d’avoir fourni à chacun les conditions nécessaires à son expression − il serait criminel de laisser s’engager quelqu’un sur une voie alors qu’on estime bien minces ses chances de réussite. L’orientation dans un choix élargi de cursus prenant en compte les diversités d’aptitude est donc un enjeu majeur et ne doit pas être univoque, c’est-à-dire que des passerelles permettant des allers-retours doivent exister entre les différentes voies de formation, parce qu’il est possible d’emprunter des chemins différents pour, finalement, parvenir au même point.

Ça aussi. Et puis en préambule :

Savoir lire, écrire et compter est un pré requis pour s'éveiller au monde qui sera réaffirmé. Pour autant ces apprentissages ne se réduisant pas à une seule mécanique, nous souhaitons les voir s'épanouir par une culture scolaire ambitieuse : Arts, histoire, littérature…, mais aussi environnement, humanités,…, et encore technologies, droit, économie, média, Europe,…

En fait, ce que je voudrais, moi, c'est qu'on largue ce qui figure dans le Projet Humaniste et que l'on reparte de ce très bon document de travail, empli de bon sens à plein d'égards. Je me suis obstiné, sur e-democrates, à tenter de reformuler ce que propose le livre orange, mais en fait, je crois que je vais plutôt repartir du travail des Commissions, de bien meilleure qualité. Au passage, je pense qu'il faudrait, si c'est possible, créer une commission Industrie, quitte à l'associer à la Commission Économie, comme la Jeunesse l'est à l'Éducation.