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dimanche, 06 mars 2011

Qui sème le vent récolte la tempête...

Un sondage donne Marine Le pen à 23%. Rien d'étonnant. Mais ce qui serait comique si ce n'était déjà tragique, cela a été la réaction de la gauche. La gauche accuse Sarkozy de favoriser le FN en lançant des débats qui sont porteurs pour ce parti. On la reconnaît bien la gauche de 2002. Elle n'a pas changé.

Elle préfère se presser de planquer la poussière dans un coin plutôt que d'affronter les vraies questions. C'est encore plus amusant de voir la gauche de la gauche s'imaginer qu'elle a laissé le discours anti-capitaliste à Marine Le pen. L'électorat du FN se fout bien du capitalisme.

Quant à la droite, Sarkozy en tête, elle n'a pas compris que cela ne sert à rien de susciter quelque débat que ce soit sans résultats. En 2007, Sarkozy arrivait fort de sa fermeté lors des révoltes de 2005 et d'une légère décrue de l'insécurité. Aujourd'hui, il parle de sécurité en laissant des tribunaux encombrés faute de moyens et des effectifs de police réduits. Je ne parle même pas d'une immigration toujours plus galopante en débit des haussements de menton du Lider minimo.

Réduire le FN, c'est possible, mais il faut en avoir la volonté.

Alors évidemment, je pourrais aussi me demander ce que le MoDem pourrait faire pour amoindrir le FN. Eh bien c'est simple : porter haut ses valeurs, cesser de faire du PS light et d'enfoncer les portes ouvertes, sortir de la déclaration d'intention et faire des vraies propositions.

Je suis attristé par l'indigence de nos propositions. Est-ce qu'on peut enfin sortir de la bisounourserie et attaquer ce qui préoccupe les Français de front ? Plus nos propositions et notre discours se fondront dans ce que disent les autres, plus nous serons transparents et évanescents. Si moi, qui suis un militant confirmé, j'ai ce sentiment en écoutant le MoDem s'exprimer, je me demande bien ce que peut penser le Français qui ne se préoccupe pas plus que cela du jeu politique ordinaire.

En tout cas, côté présidentielles, je crois que c'est assez simple : la gauche doit se rassembler, et la droite aussi. Je ne vois pas trop l'intérêt d'une candidature d'Éva Joly, dont le discours oscille entre celui de l'extrême-gauche (Mélenchon) et celui du PS. Les Verts, qui se définissent d'abord comme de gauche avant d'être écolo, devraient donc se fondre avec le PS, au moins pour cette élection. Pas facile pour Villepin de rejoindre Sarkozy, mais puisque ce dernier semble donner petit à petit la main aux ex-chiraquiens, ces deux-là ont fortement intérêt à enterrer la hache de guerre et à se rejoindre. 

Quant au centre, son unique et véritable représentant est Bayrou. Il faut juste que les divers représentants du MoDem cessent de rêver à une grande alliance avec le PS. 

On me parle sans cesse des sociaux-démocrates du PS comme des gens qui pensent la même chose que les centristes et les démocrates. Eh bien non, non, non et non. Je ne pense pas comme les sociaux-démocrates. J'ai quelques convergences ponctuelles, tout au plus, et de très grosses différences. Très souvent, l'européisme béat des sociaux-démocrates, leur propension à mépriser le petit peuple, leur constructivisme naturel ont le don de m'exaspérer. 

Ce n'est donc que par défaut et pour éviter un désastre encore plus grand que ce qu'ils représentent que je pourrais m'allier avec des sociaux-démocrates.

16:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : modem, fn |  Facebook | | |

vendredi, 04 mars 2011

Prisons, l'enfer carcéral...

On se rappelle de la réplique fameuse du Huis Clos de Sartre : l'enfer c'est les autres

Taverne des poètes, blogueur démocrate, a repris une proposition d'Olivier Henno, chargé de la sécurité au Shadow Cabinet du MoDem, et la développe sur son site. Or, l'article a été récupéré ou publié à son tour sur AgoraVox. Il s'est ainsi attiré un témoignage édifiant et sans fard d'un ancien taulard...

J’ai été en prison (maison d’arrêt) il y a de nombreuses années pour une histoire de vol simple,n’ayant pas eu la chance d’avoir papa et maman pour avoir un avocat digne de ce nom. nous étions 3 dans 9 m3,un de mes co-détenus était la pour meurtre et l’autre pour viol sur mineur de moins de 15 ans. j’ai du me battre 3 fois en 5 mois et demi. il y avait des cafards dans la cellule,2 heures de ""promenade"" par jour,une nourriture a faire gerber un chien,des toilettes ou il fallait faire ses besoins devant les autres. a la fin de ma peine,nous nous sommes retrouvés a 4,le dernier arrivé dormait sur un matelas a même le sol. coté réinsertion,le vide sidéral. impossibilité de suivre des cours de quoique ce soit,une pseudo bibliothèque avec trois bouquin qui se battaient en duel,pour ceux qui avaient du blé,il y a un système de cantine,tout est plus cher qu’a l’extérieur. il faut savoir que la plupart des détenus en maison d’arrêt y sont pour des délits mineurs. beaucoup ont des problèmes psychologiques et nous étions nombreux a prendre la "fiole". terme employé pour les anxiolytiques,car pour avoir moins de trouble au sein de l’établissement,ils assomment ceux qui le souhaitent a coup de cachetons. l’administration laisse entrer de petites quantités de drogue,en ne faisant pas un zele excessif apres le parloir par exemple et nous pensions qu’ils mettaient du bromure dans la nourriture pour faire baisser la testostérone des detenus pour eviter le trop plein d’agressivité.

La proposition d'Olivier Henno, de mettre en place des prisons ouvertes, me paraît aller dans le bon sens. Mais, soyons clairs, l'objectif principal, en soi, ne devrait pas être de vider les prisons, mais de séparer radicalement les criminels des délinquants mineurs. Que foutait ce gars avec une ordure de violeur dans 3 mètres carrés ? 

La première chose à faire, c'est celle-là, cesser de mélanger les torchons et les serviettes. Le régime de prison ouverte et de bracelet électronique me paraît convenir très bien aux auteurs d'infractions mineures. Pour les autres, il faut du lourd, et du répressif, afin que la société dans son ensemble, mais surtout la part qui verse dans la délinquance, ait une conscience aigüe des limites entre crimes et actes violents d'un côté et délits de l'autre.

Ce qui est invraisemblable, au final, c'est qu'une telle évidence ne frappe que le peuple. Je n'entends jamais le moindre responsable politique le dire, alors que cela crève les yeux.

Il reproche à Bayrou son indépendance...

Il est tout de même incroyable, Sauvadet. Je viens de lire son interview donnée au Télégramme dans lequel il reproche à Bayrou son positionnement ni gauche ni droite, arguant qu'il s'est condamné à être spectateur plutôt qu'acteur. Ah. Parce que le Nouveau Centre n'a pas été spectateur passif, peut-être, depuis 2007 ? L'argumentation est tout de même incroyable : gouverner ne saurait être un but en soi. On gouverne parce qu'on cherche à faire valoir les idées que l'on porte, pas juste pour la satisfaction d'exercer un pouvoir. Bayrou ne s'est pas rallié à Sarkozy parce qu'il ne voyait pas de moyens de concilier son projet politique avec celui du Président de la France. C'est la même analyse qui le pousse à ne pas davantage s'accorder avec la gauche.

09:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bayrou, sauvadet |  Facebook | | |

jeudi, 03 mars 2011

Un débat sur l'Islam ? Ridicule.

La dernière idée en vogue, chez les Sarkozystes, c'est de susciter un débat sur l'Islam. On est comme d'habitude dans la confusion la plus totale. La religion relève de la sphère privée. On peut débattre de l'Islam comme on peut débattre du Christianisme ou du Judaïsme, mais ce n'est absolument pas le rôle des politiques.

Si Nicolas Sarkozy veut dire qu'il veut parler et débattre de l'immigration et de l'intégration, parlons-en, mais qu'il le dise franchement. Juguler les flux migratoires, par exemple, cesser de naturaliser en masse, reconsidérer la pratique du regroupement familial en le limitant à des cas précis, en finir avec la politique du chiffre, pourquoi pas. Mais agiter bêtement un épouvantail qui n'a rien à voir avec nos vrais problématiques, tout en menant la même politique, c'est de moquer du monde.

Tiens, par exemple, en France, il paraît qu'un immigré nouvellement arrivé, âgé de l'âge requis, peut bénéficier d'un minima vieillesse sur nos cotisations. Au lieu de blablater sur l'Islam, il ferait mieux de mettre fin à cette anomalie. Plutôt que de se mêler de la religion des gens, il ferait mieux de faire intervenir la puissance publique pour interdire les regroupements ethniques dans certaines banlieues. Regroupement ethniques qui ne sont au demeurant pas le fait d'une volonté communautaire, du moins à l'origine, mais la conséquence d'une impossibilité économique et d'un clientélisme politique.

Mais il est plus commode de faire de la deuxième religion de France le bouc-émissaire de problématiques qui lui échappent largement. 

16:18 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : sarkozy, islam |  Facebook | | |

dimanche, 27 février 2011

Juppé aux affaires étrangères ? Bonne nouvelle !

Des rumeurs de plus en plus insistantes font état de la nomination prochaine d'Alain Juppé à la tête des affaires étrangères, puisqu'il paraît acté que Michèle Alliot-Marie va partir. Il conserverait de surcroît la Défense, situation inédite dans l'histoire de notre Vème République.

Bonne nouvelle de mon point de vue : j'ai conservé le meilleur souvenir de la gestion des affaires étrangères par Alain Juppé. Je sais que c'est un homme qui ne sacrifie pas les principes, tout en promouvant une diplomatie efficace.

A vrai dire, il va devoir s'adapter à une nouvelle donne mondiale : les révoltes successives dans les pays arabes vont redistribuer les cartes dans une large portion du monde de manière tout à fait inattendue. La question que tout le monde se pose, du moins en Europe, c'est de découvrir ce qui émergera des décombres des despotismes : démocraties ? théocraties ? régimes militaires ? Personne ne peut le dire avec certitude, même si les armées semblent avoir pris fait et cause pour les peuples, dans l'ensemble, et que les islamistes, Al Qada en tête, ont été pris de cours par des révolutions qui à aucun moment ne se sont réclamées d'Allah et encore moins des fous de Dieu... 

Comme le dit Alain Juppé, tout en invitant à la vigilance, et si les peuples arabes réussissaient ? Ce n'est pas le seul défi que devra relever le maire de Bordeaux : l'affaire Florence Cassez, les otages en Afghanistan, le désengagement ou non de ce pays, le délitement européen, les relations avec la Chine, le déclin de l'influence française, particulièrement en Afrique...

Il restera à Alain Juppé la difficile tâche d'effacer les relents brouillons de l'agitation sarkozyste. Juppé est une forte tête, mais saura-t-il faire entendre sa voix ? L'avenir seul le dira...

mercredi, 23 février 2011

Le militant

Souvenez-vous, il y a un petit peu plus d'un an, il était venu donner son avis sur le militantisme au MoDem. J'avais repris son commentaire et l'avait publié, puis, l'article avait été à son tour repris par Marianne. Eh bien un citoyen comme les autres est revenu pour compléter son propos. Le voici en exclusivité :-)

Presque un an après avoir publié ce billet (écrit d'une traite un soir sous le coup de la surprise après avoir découvert l'étrange blog du "chevalier orange" comme une réponse au positionnement "à charge" de cet ex militant devenu adversaire acharné et compulsif du leader et du parti qu'il encensait encore quelques mois auparavant), relayé à ma grande surprise par de nombreux blogs et sur Marianne je repasse sur cette page afin de préciser un de mes propos qui a été mal perçu à l'époque. Sans doute largement par ma faute (maladresse de formulation). Je n'ai jamais pensé un instant qu'un militant ne devait pas "penser", bien au contraire il incarne le chaudron d'ou les futures idées du mouvement jailliront voir même l'avenir de celui-ci si ce militant décidait de gravir les échelons vers des candidatures. Mon point de vue est qu'un militant ne peut espérer voir toutes ses idées entendues rapidement par la direction et ce pour une raison simple, des militants il y en a des milliers au MoDem (et leurs idées sont toutes différentes et souvent contradictoires), si le bureau directeur ou François Bayrou devaient prendre en compte chacune d'entre elles (déjà rien que toutes les enregistrer) le mouvement serait tout simplement ingouvernable et il ne possède de surcroît pas encore la structure pour le faire. Le MoDem à la chance d'avoir un leader clair, et aspirationnel qui exprime une vision de la société des valeurs, c'est une chance, il ne fonctionne pas encore tout à fait comme le PS ou tout le monde s'exprime via des cellules et des courants jusqu'a la cacophonie et la contradiction et qui ne trouve sa ligne qu'après d'interminables négociations et compromis. Si ce type d'organisation est sans doute plus démocratique et adaptée aux périodes de "beaux temps il devient un handicap dans la tempête ou il faut que quelqu'un tranche et fasse avancer le bateau contre vents et marées rapidement et selon une ligne claire perceptible par le fond de l'électorat (le PS n'en a plus). Bref, les militants du MoDem qui déversent leurs idées (forcément brillantes) sur le net ou dans d'interminables réunions et qui se laissent aller à la frustration quelques mois plus tard car celles ci ne sont pas immédiatement reprises par "la haut" doivent apprendre ....la patience et l'opiniâtreté, qui sont sans doute les vertus les plus importantes en politique (demandez à Chirac ou Mitterrand). Pour le reste et pour le quotidien le "militant" doit aussi et surtout se consacrer au militantisme et à l'organisation.. pas toujours drôle mais incontournable et formateur. Toutes mes excuses donc si mes propos ont choqué certains pour le reste je conserve le même point de vue sur François Bayrou qu'il y a un an.

07:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : modem, bayrou, ps, militantisme |  Facebook | | |

lundi, 21 février 2011

Il faudra bien chiffrer le programme du FN...

Étonnants, ces sondages qui donnent Marine Le pen à près de 20% d'intentions de vote. Il viendra pourtant bien un moment où il faudra chiffrer le programme politique et économique du Front National, et là, ça fera mal. La seule sortie de l'euro engendrera des millions d'euros (donc des milliards de franc) rien que pour fabriquer puis réintrroduire la nouvelle monnaie. Il faudra rétablir des bureaux de change partout. Notre déficit se creusera pour une autre raison très simple : sans la garantie de l'Europe et de l'euro, nos prêteurs ne nous consentiront pas les mêmes taux d'intérêt. Les agences dégraderont évidemment notre note sur les marchés financiers. De ce fait, la charge de l'emprunt grimpera vertigineusement. Le FN n'a ura alors d'autre choix que de tailler dans le vif de toutes les dépenses sociales, et pas seulement : dans celles d'infrastructures également. Plus de médecins, plus de gendarmes dans les campagnes, plus de lignes régionales, des écoles fermées dans les petits villages, des allocations partout réduites à leur portion congrue.

Et, bien évidemment, les premières victimes de ce désastre seront ceux qui auront voté pour Marine Le pen. 

Je vois de temps en temps des militants ou sympathisants du FN passer sur le blogue : ils sont incapables de la moindre argumentation économique. Les plus lucides d'entre eux savent très bien que leur patrone ment et qu'ils iraient dans le mur s'ils n'appliquaient ne serait-ce que 10% de ce que leur programmpe prévoit...

07:33 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : fn |  Facebook | | |

samedi, 19 février 2011

Sarkozy face au FN, populismes...

Il y a un truc que Sarkozy n'a pas compris avec le FN : 2007, c'est terminé. Il a fait une fois le coup aux électeurs et sympathisants de ce parti, mais là, c'est fichu après ses échecs patents. Sarkozy veut donc concurrencer le Front National en évoquant l'Islam ou la sécurité ? Ou encore l'immigration ? Le multi-culturalisme ? Il ferait mieux de se taire. Voilà un homme qui a naturalisé 200 000 étrangers par an depuis le début de son mandat, a continué à alimenter le regroupement familial, tout en chassant, dans le même temps, de braves gens aspirant vraiment à l'intégration : je me souviens encore de ce jeune garçon qui avait sauté du 1er étage pour échapper à la police et qui cumulait à l'école les premiers prix d'orthographe française. Incapable qui fait tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire...

Marine Le pen se réjouissait hier de ce que l'UMP marche dans ses traces : en effet, le parti présidentiel va lui tracer un sillon inespéré. Je ne dis pas qu'il faut esquiver les sujets qui fâchent : il faut avoir des réponses claires, nettes et fermes dans ce domaine, mais pas la peine d'en rajouter non plus dans la surenchère (surtout de mots) alors qu'il y a moyen d'attaquer le FN sur ses points faibles (son programme économique, son programme social).

Je l'ai déjà écrit, sous la houlette de Marine Le pen, le FN a quasiment achevé sa mutation en parti populiste. Partout en Europe, les partis populistes sont devenus puissants. Des remèdes efficaces contre la progression de leur gangrène n'ont pas encore été trouvés par les autres forces politiques. Il y avait à ce sujet un débat intéressant dans les pages du quotidien Le Monde.

Baverez dit une chose qui me paraît intéressante : il faut insister sur le fait que ce n'est pas l'économie qui dirige la politique, mais l'inverse, car le populisme se nourrit justement de la première impression. C'est aussi mon sentiment.

Il est ensuite très important de ne pas prêter le flanc aux collusions de toutes sortes. Sur ce point, j'ai une entière confiance en Bayrou. Éviter les "Siècles" et autres think tanks et réseaux destinés à imposer leurs vues à la société toute entière, mais pas seulement : la sphère médiatique est insupportable d'arrogance aux yeux de beaucoup de Français. La presse est déconsidérée, intellectuels et journalistes fournissant le fouet pour se faire battre la plupart du temps.

La corde populiste, ils sont nombreux à vouloir en user, Sarkozy le premier. Toute la difficulté, c'est de distinguer ce qui ressort de la rhétorique populiste (tous pourris, c'est la faute des juges, des immigrés, les cheminots, les enseignants sont des privilégiés) et la dénonciation d'authentiques abus de pouvoir. Une fois cette distinction faite, on comprend mieux ce qui sépare des Mélenchon ou Le pen d'un Bayrou...

jeudi, 17 février 2011

Affaire Cassez, ne tombons pas trop vite sur le dos de Sarkozy

Il a parfois (en fait rarement) raison, l'Didier. Les blogues de gauche, parfois, ils n'auraient qu'à écrire un énorme billet collectif, ça ferait l'affaire et éviterait de parcourir la même note 50 fois dans son reader. Je ne dis pas ça à propos de la prestation de Sarkozy mais plutôt sur l'affaire Cassez.

On reproche à la diplomatie française de s'impatienter. Il y a peut-être de quoi ! s'il y a un point sur lequel je ne doute pas de Sarkozy, c'est de son empressement à vraiment prendre en mains le sort des Français à l'étranger quand ils sont en danger. Je crois que là-dessus, c'est l'un des rares domaines où il est fiable.

Si MAM ou Sarkozy s'agacent aujourd'hui, c'est que le Mexique ne respecte pas les textes qu'il a signés (Florence Cassez aurait du être transférée), que le Président patiente depuis 2007 sur les "bons" conseils de son "ami" Calderon et qu'aujourd'hui, il s'aperçoit qu'il a été joué, et que les Mexicains ont bien l'intention de garder Florence Cassez en prison.

Pauline Tissot de l'Express a consacré un billet récapitulatif des charges qui pèsent contre Florence Cassez et des contre-arguments de ceux qui la défendent. La défense me paraît tout de même plus convaincante que l'accusation. 

Le seul argument que je pourrais à la rigueur retenir, c'est celui de Bayrou jugeant que tout ce bruit pourrait mettre en danger Florence Cassez. C'est un argument. En même temps, les autorités mexicaines se foutent de nous depuis le début dans cette affaire, et donc, il est logique que l'on finisse par s'agacer en France. Simplement, peut-être, en effet, la méthode n'est pas la bonne. 

Il n'en reste pas moins que l'on ne peut pas continuer à se faire marcher sur les pieds sans rien dire, alors qu'on est face à un monument de mauvaise foi. La diplomatie française essaie de négocier depuis 4 ans. Après le rejet de l'appel de Florence Cassez, elle a compris qu'elle n'obtiendra rien et qu'il ne reste plus qu'un tribunal international, désormais. Alors perdu pour perdu, autant faire connaître son fort mécontentement. 

Mais bon, écrivez Sarkozy, S-A-R-K-O-Z-Y, et vous avez l'assurance d'avoir une horde de blogueurs de gauche (et du centre !) enragés, prêts à en découvre avec l'ogre hongrois. Il faudrait peut-être éviter de transformer le moindre pet de travers de Sarkozy en acte d'accusation automatique à son encontre. Je pense que sur l'affaire Cassez, il essaie de faire son possible et prend très au sérieux le sort de la Française. Cessons de lui faire de faux procès et de l'accuser de chercher à instrumentaliser l'affaire, c'est l'accusation vraiment facile, alors qu'il la suit avec attention depuis le début.

17:08 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sarkozy, cassez |  Facebook | | |

mercredi, 16 février 2011

Sécurité, socialistes incorrigibles...

Chassez le naturel, il revient au galop : rappelez-vous les arrogantes années Jospin ! En ce temps-là, quand le petit peuple avait le malheur de se plaindre de l'insécurité, il fantasmait, et, au pire, la gentille racaille n'avait aucune responsabilité dans sa délinquance : pensez-vous, ma'am'Michu : c'étaient des pauvres victimes de discriminations. Les Socialistes se sont pris une branlée en 2002 entre autres à cause de la sécurité. En 2007, comme ils n'avaient toujours pas compris, Sarkozy les a mis une nouvelle fois en défaut. On pourrait penser qu'ils ont enfin compris la leçon ? Raté caramba, lisez-donc le compte rendu du dernier livre de Martine Aubry par Tefy Andriamamana, rédacteur à Marianne.

Le discours n'a pas changé d'un iota, et le comble, c'est que le livre de Martine Aubry est post-facé par Jean-Jacques Urvoas, le monsieur sécurité du PS. On voit donc bien là le double discours du PS qui proclame d'un côté s'être assagi, puisqu'Urvoas affirmait encore il y a peu voir la délinquance comme une cause de la misère et non comme l'une de ses conséquences. C'est en tout cas ce que rapporte Téfy. Ce n'est pas ce que j'ai lu sur le blog du monsieur :

«notre projet sur la sécurité ne se conçoit qu’adossé à un projet de transformation sociale. En effet, nous ne parviendrons à construire une société plus sûre que si, parallèlement au nécessaire combat contre les comportements violents, nous nous donnons les moyens d’en mener un autre, avec tout autant d’énergie, contre les causes de cette violence, qui constituent le terreau favorable au basculement dans la délinquance».

Tefy pense qu'il n'y a pas de ligne sur la sécurité au PS et donne tort à Ségolène Royal. Je pense au contraire que la Dame du Poitou ne se trompe pas : il y a bien un courant laxiste, et il a le vent en poupe.

La France doit-elle se résoudre à devoir choisir entre une gauche angélique et une droite qui brasse du vent ? Aux expressions doctrinaires sur un tel sujet, je préfère, et de loin, le pragmatisme centriste d'un Olivier Henno, dont le souci est avant tout de permettre aux forces de police de fonctionner correctement.

Comme le disait Marc Fesneau, le secrétaire général du MoDem à la mi-août dernière, la délinquance ne connaît pas les étiquettes politiques elle prospère partout où l'Etat renonce à exercer son autorité ou lorsqu'il est inefficace. Exactement. Très bien dit.

Et il concluait ainsi : 

Ce ne sont pas des mots qu'attendent les habitants de nos villes et de nos villages, ce sont des actes et des moyens concrets. La politique de sécurité n'a pas plus besoin de déclarations intempestives et de manoeuvres de diversions que de naïveté ou de résignation.

Ces deux postures sont nuisibles et inefficaces et le Mouvement démocrate les rejette avec la même force au nom de ceux qui pâtissent depuis des années de ces échecs successifs.

On ne peut pas mieux dire. Je vois dans cette conclusion un égal rejet de l'agitation sarkozyste et du discours sociologique de la gauche. Bravo, Marc. Il me plaît bien, finalement, ce MoDem-là.