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jeudi, 05 août 2010

Pauvres Roms...

Il y a quelque chose qui me frappe, dans l'attaque de Nicolas Sarkozy contre les Roms, c'est qu'elle dénote une ignorance crasse. L'incident qui a provoqué son ire, si j'ai bien compris, c'est celui de Saint-Aignan. Or, à Saint-Aignan, les désordres ont été le fait de Gitans. Les Gitans appartiennent certes à la communauté Rom, mais, sans vouloir être offensant, et puisque Sarkozy attaque sur ce terrain là, ils sont certainement "Français" depuis bien plus longtemps que Nicolas Sarkozy.

Or, à ce que j'ai compris, ceux qui vont payer les pots cassés, cela va être les Roms européens, notamment de Roumanie et de Bulgarie, qui ne sont pour rien dans cette histoire.

Cette histoire est ridicule à plus d'un titre : si 50 Bretons cassent un MacDonald quelque part en Bretagne, vais-je dire que les Bretons génèrent des désordres ?

Je suis, pour ma part, très fier d'appartenir à un regroupement de partis européens, l'ADLE, qui compte précisément une euro-députée hongroise rom : Mme Viktória Mohácsi.

Il est bien possible qu'il y ait des heurts entre Roms nomades et populations sédentaires, particulièrement dans les campagnes mais c'est oublier que cette rivalité est plusieurs fois séculaire. Longtemps, sous l'Ancien Régime, les Roms furent accueillis avec faveur par les seigneurs, parfois par les villes, en raison de leurs talents de danseurs, de dresseurs, d'acrobates et de musiciens. Protection relative, toutefois : Louis XIV donna l'ordre d'envoyer tous les "Bohémiens" aux galères, de raser leurs femmes et de placer leurs enfants placés dans des hospices. Oui, Louis XIV, ce "grand roi" que l'on continue à célébrer dans nos manuels alors qu'il fut l'un des pires fléaux qui frappa notre pays.

L'histoire des Roms, c'est aussi une résistance acharnée à la volonté politique de vouloir à tout prix les sédentariser. Nos États modernes ne sont absolument pas conçus pour favoriser l'itinérance.

Mais peut-être le sang "hongrois" de Nicolas Sarkozy le conduit-il à voir dans les Roms l'une des principales causes de nos maux, tout comme le parti d'extrême-droite Jobbik en Hongrie ?

Je l'avais déjà dit, mais sans en faire un billet spécifique : en fait, je n'ai pas du tout, mais alors vraiment pas du tout aimé la stigmatisation de la population Rom par Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas un thème caractéristique de la droite, mais de l'extrême-droite, et encore ; en France, le FN ne s'est jamais particulièrement intéressé aux Roms à ma connaissance. Sarkozy a donc fait pire.

C'est d'un minable consommé.

Bien sûr, pas question de sombrer dans l'angélisme : j'ai déjà eu maille à partir avec des Roms à un feu rouge ; ils voulaient m'imposer le "nettoyage" de ma vitre contre "rétribution" et avait entouré à cinq mon automobile. Agaçant. Depuis, je ne supporte pas que l'on s'approche de ma vitre. Mais combien de fois aussi, je suis demeuré interdit et émerveillé par les interprétations des musiciens roms, eux qui enchantent les couloirs et les rues de la capitale ? Qui songe que les fameux Zingaro sont une grande famille de Roms dont le nom est célèbre à travers le monde entier ?

J'ai bien aimé la réaction de Manuel Valls après l'annonce des premières mesures de Sarkozy :

Les gens du voyage travaillent pour la plupart et sont des compatriotes. On est en train, une nouvelle fois, de réveiller cette peur qui existe et qui est ancestrale à l'égard des gens du voyage, c'est tout à fait insupportable, ces problèmes doivent échapper à la caricature.

Bien dit et pas mieux.

15:26 Publié dans Insolite, Société | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : roms, sarkozy |  Facebook | | |

dimanche, 01 août 2010

De la phase transitoire à la nationalité

Nicolas Sarkozy envisage de rendre réversible la naturalisation d'un étranger en cas de crimes et délits avérés et graves.

Le principe de pouvoir déchoir quelqu'un de sa nationalité ne devrait pouvoir être utilisée que dans des cas très extrêmes (terrorisme, par exemple, et à condition de ne pas faire de l'individu un apatride). Je pense que c'est un mauvais principe. J'ai d'ailleurs réfléchi, et finalement, la proposition de nationalité à points que j'ai faite ici n'est pas bonne non plus.

Il vaudrait mieux envisager une citoyenneté à droits progressifs jusqu'à acquisition complète de la citoyenneté française.

1ère année, droit de vote aux municipales, accès au marché du travail sans permis de séjour

2ème année, droit de vote aux cantonales

3ème année, accès à certaines prestations sociales

4ème année, droit de vote aux régionales

5ème année, droit de vote aux législatives

6ème année, droit de vote aux présidentielles

7ème année, acquisition définitive de la nationalité française, accès intégral aux prestations sociales.

Pour valider chaque étape, il faudrait s'être évidemment bien conduit. Une telle démarche aurait le mérite d'être positive et de progresser par avantages successifs.

Nicolas Sarkozy cherche à faire de l'immigration et de la sécurité des clivages forts pour coincer la gauche et générer l'écran de fumée nécessaire à l'oubli de l"affaire Woerth. Les associations et la presse de gauche sont tombés dans le panneau. Il suffit de lire la réaction d'un Roger-Petit qui hurle au loup fasciste pour s'en convaincre.

Il eût été astucieux de réagir avec calme, de montrer l'infaisabilité d'une bonne partie des propositions de Sarkozy, d'améliorer les autres et de passer rapidement à autre chose...La sagesse et la pondération de Bayrou sur ces thèmes me paraissent un bon exemple à suivre.

samedi, 31 juillet 2010

Sécurité, l'Esprit des lois...

Nicolas Sarkozy s'est montré fort disert quant aux mesures qu'il escomptait prendre pour juguler la délinquance. A vrai dire, de nombreux aspects de ses déclarations m'ont laissé perplexe. J'ai du mal à imaginer que l'on revienne sur une nationalité une fois acquise. J'avais proposé ici-même une phase transitoire (nationalité à points), mais, une fois cette dernière obtenue, elle devrait être irrévocable quel que soit le délit ou le crime commis si crime ou délit il doit y avoir. D'ailleurs, aucun pays n'accepterait ensuite de récupérer des criminels ou des délinquants qu'on aurait déchu de leur nationalité. Une fois devenu français, l'individu délinquant devient notre problème à nous, Français.

On peut en revanche éviter d'en arriver là en conditionnant l'obtention de la nationalité française. Elle ne devrait en effet plus être automatique à la majorité, c'est mon avis depuis longtemps.

Plusieurs rapports concordent pour observer la part prépondérante d'individus d'origine immigrée (mais de nationalité française) dans les phénomènes de délinquance. Rien qu'en Isère, un rapport de 2004 établissait que deux tiers des mineurs délinquants étaient d'origine étrangère alors même que la proportion d'immigrés n'était en 2004 que de 6.1% dans le département. Toutefois, même ainsi, et sans verser dans l'angélisme anti-stigmatisation des diverses organisations des droits de l'homme (largement discréditées, par ailleurs), ne pas oublier que la délinquance demeure le fait d'une petite minorité, y compris au sein de la population immigrée. Il ne faudrait pas faire payer aux gens tranquilles les exactions de la racaille.

Nicolas Sarkozy ne semble avoir de yeux que pour les seuls dépositaires de la force publique, puisqu'il ne réagit qu'aux seules agressions contre ces derniers. Et les autres Français ?

Je pense, comme Bayrou, que l'on pourrait obtenir des résultats satisfaisants simplement en appliquant les lois existantes. Bayrou soulève par ailleurs des objections pertinentes :

On n'a pas besoin de lois nouvelles chaque semaine, ou de propos guerriers non suivis d'effet, on a besoin de faire appliquer les lois qui existent déjà et qui sont bafouées tous les jours. Les Français savent bien que la délinquance qui progresse, les agressions, les incivilités, les vols, les voitures brûlées, ne relèvent pas de lois d'exception. Elles relèvent d'un État présent, proche, qui se fait respecter, d'un retour du sens civique, d'une prévention efficace, de sanctions rapides, dissuasives, éducatives quand on le peut encore, d'un retour de l'État partout où s'installent des zones de non-droit, d'une police, d'une gendarmerie et d'une justice qui aient sur le long terme les moyens de leur action.

[...]En focalisant sur la seule immigration le discours sur l’insécurité, on cherche à introduire un signe « égale » entre l’une et l’autre. Au risque de bien des dérives : qu’est-ce qu’un Français d’origine étrangère ? À partir de quelle génération ? Que fait-on de ceux qui sont nés en France ? Pour nous, la loi et la sanction, même rigoureuses, doivent être les mêmes pour tout le monde, sans distinction d’origine, ou de situation sociale.

Le Président du MoDem me paraît parler le langage de la raison et du bon sens, celui-là même qui émane également de l'ouvrage majeur de Montesquieu, l'Esprit des lois. Plus que d'une justice à deux vitesses, c'est d'une justice efficace dont la France a besoin.

vendredi, 30 juillet 2010

La Taverne des Poètes

Depuis quelques temps, mon grand souci blogosphérique, c'est de trouver de nouvelles sources d'informations, et, tant qu'à faire de nouveaux blogues. Exercice difficile et prenant s'il en est. On a vite fait de s'installer dans une sorte de petit confort léthargique où un train-train quotidien et comateux vient peu à peu appesantir la pensée. Farfouillant et furetant, je suis allé explorer la plate-forme du MoDem, lesdemocrates.fr d'où avait surgi un grand nombre de blogues en mars 2010. Bon, reconnaissons-le, le temps et la lassitude ont fait leur effet, il y a comme un souffle qui est retombé. Un souffle ? un soufflé, devrais-je dire. Ou alors un soufflet, allez savoir...

Mais du coup, la crème est restée. Cela fait un petit moment que je suis la Taverne des Poètes (qui écrivait sur AgoraVox par le passé, au demeurant) et je me marre bien.

Voilà un blogueur qui a pris le parti, entre deux billets en prose, de commenter l'actualité en vers. Cela donne quelques morceaux simples mais amusants , comme celui-ci, par exemple :

Peut-être avec “paradis d’or”
Ou bien avec “chasse au tchador”,
Avec la “boîte de Pandore”,
L’évocation des miradors.

Avec quoi rime “prince d’Andorre”
*?
Avec “l’argent n’a pas d’odor”,
“adorateur du veau d’or” ?
Et pour le fiston un “pont d’or” ?

Avec “Alberto Contador”,
Avec le blason qu’on redore,
Ou plutôt avec “Poulidor” ?
La rime est drôle et je l’adore.

On m’souffle dans les corridors
Cett’ rime pour le prince d’Andorre :
“Acteur, charognard et condor (en un seul mot)
Du Théâtre du Mogador” !

D’aucuns disent avec “matador”,
“toréador” et puis “cador”.
Et, pire, avec Dark Vador !
Aux journalistes : “Couché médor !”

Je dis, moi, avec “inodore”,
Et “méfiez-vous de l’eau qui dort”.
Je sais que le silence est d’or,
J’aurais pas dû, ces rimes en “dor”

Bon, évidemment, le poète a parfois la rime facile, les miradors, faut pas pousser non plus, mais indéniablement, il a le pied musical. Il a les travers de cette génération de militants démocrates née avec le centrisme tribunicien de Bayrou, c'est à dire un goût peu pondéré pour la contestation (Sarkozy est forcément un tyran), la dénonciation (les vilaines banques), le discours solidaire (les "aidants" apportent de la valeur ajoutée à la croissance), et cetera. Mais chez lui, on se cultive (ça fait du bien dans ce monde de blogueurs brutes ) et en plus il publie régulièrement.

NDLR * Pour information, tout Président de la République Française devient automatiquement Prince d'Andorre.

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lundi, 26 juillet 2010

Et si, Sarkozy est mon président...

Je viens de lire la dernière note d'Unhuman qui juge que la démocratie recule en France. Il conclut, tout comme Sarkofrance, que Nicolas Sarkozy n'est pas son président.

Je m'étonne d'un tel déni de démocratie. Je ne me reconnais en quasiment rien dans l'action de Nicolas Sarkozy, mais pour moi, il va de soi qu'il représente la France et qu'il est bien le Président de la République française, mon président.

Je ne comprends pas cette entreprise de diabolisation que je juge parfaitement idiote (désolé les gars, si je vous fonce dans le lard et je ne mâche pas mes mots, mais je ne suis vraiment pas d'accord avec vous). Sarkofrance a amorcé un mouvement de recul pour ne pas lui serrer la main. Ah. Ce ne serait pas un tantinet exagéré ? Si j'avais à rencontrer Nicolas Sarkozy, cela ne me poserait pas de problème de lui serrer la main. Rien là que de poli et républicain, à mon sens.

Je ne comprends pas comment Sarkofrance qui admet que Nicolas Sarkozy a été démocratiquement élu et de manière incontestable lui dénie ce titre.

J'ai du mal à comprendre certains reproches adressés à Nicolas Sarkozy : le Parlement agit comme une chambre d'enregistrement ? Ah ? Et c'est nouveau ? C'est tout de même un comble d'attaquer Sarkozy là-dessus. Vous auriez vu la tête des votes de députés sous Chirac et Jospin...!

Sarkozy, c'est un style agaçant, inefficace, certes, mais c'est un démocrate, cela ne me paraît pas contestable. La presse, on ne peut pas dire qu'elle ne soit pas libre vu tout ce qu'il se prend dans les dents chaque jour, a fortiori sur la Toile où la liberté de ton est totale pour critiquer son action.

Je l'ai déjà dit, il y a une hystérie autour de la personne de Nicolas Sarkozy tout à fait dommageable à un travail d'opposition responsable. Quand j'y songe, et que je considère la manière dont Miterrand a géré ses relations avec la presse, avec l'opposition sans compter les coups tordus et divers (Rainbow Warrior, écoutes téléphoniques...), il a fait mille fois pire dans un grand silence médiatique.

Il y a souvent, dans la haine de Sarkozy, sur les forums, dans les commentaires de quelques gros sites, un arrière-goût populiste d'une saveur douteuse et inavouable : occasion d'exprimer sa haine de l'argent, de la bourgeoisie, parfois du juif (enfin, du demi-juif, plutôt, voire du quart de juif...).

Sarkozy a un style napoléonesque de second empire, mais il n'a pas grand chose d'un autocrate. D'un hyper-actif un tantinet narcissique et égocentrique, je l'admets sans conteste. Autocrate, non. La presse l'agace, mais sa fibre libérale lui laisse certainement plus de mou sur la bride que dans les années Mitterrand ou même Chirac.

Il y a une espèce de comédie permanente, du côté des journalistes, essayant de jouer le rôle de martyrs de la liberté de la presse. C'est d'un ridicule consommé. Envoyons-les donc en Irak, en Afghanistan, au Soudan, au Mali, en Mauritanie, en Iran ou encore en Arabie Saoudite. Là-bas, au moins, ils commenceront à avoir un aperçu bien plus concret de ce qu'est l'absence de liberté de presse.

Bref, il fait beau reprocher à Nicolas Sarkozy son agitation récurrente tout en pratiquant soi-même un battage parfaitement inutile et improductif...

19:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : sarkozy, presse, président |  Facebook | | |

jeudi, 22 juillet 2010

Sécurité, le PS fidèle à lui-même...

On aurait pu penser qu'après 8 années d'opposition le PS aurait évolué sur les questions de sécurité. Raté, caramba. Je m'étonnais aussi du silence des caciques socialistes. Jean-Jacques Urvoas, Secrétaire National du PS à la sécurité a donc pris la parole. La parole pour...nous resservir du socialisme jospinien pu sucre.

Ça veut dire quoi la réponse sociale, urbanistique, la prévention, l'éducation, la réponse judiciaire et cetera...? Que du blabla une fois de plus. Les causes "sociologiques" de la délinquance ont décidément la vie dure...

La seule chose que je retiens de valable de son intervention c'est d'observer que Sarkozy (qui se fout décidément de la g..... des Français) avait réduit les effectifs de gendarmerie et de police.

Pour le reste, ils n'ont toujours rien compris les Socialistes. Ah, ça, oui, en effet, ce sera un boulet pour Sarko en 2012, mais les électeurs trahis reporteront leurs voix sur le FN, pas sur le PS !!!

Sarkozy pourra nommer les meilleurs préfets du monde, fussent-ils des hommes de terrain d'exception, il n'obtiendra pas de résultats sans mettre le paquet en termes de moyens.

Si Éric Le Douaron est l'homme que décrit Le Figaro, c'est en effet celui qu'il faut à Grenoble. Après, il faut tenir la distance : je lis qu'il mène des opérations coup de poing tous les jours. C'est la régularité qui compte, pas l'effet d'annonce. On jugera sur pièces. Mais même ainsi, les opérations coup de poing ne règleront pas à elles seules la question de la délinquance quotidienne. Il faudra bien tôt ou tard réimplanter des patrouilles quotidiennes. Je me fiche que Sarkosy appelle ces dernières UTEQ ou police de proximité pourvu qu'il les mette en place, et pour l'instant, le compte n'y est pas.

Le problème, c'est que je n'ai aucune confiance en l'action du Président : il fait le coup à chaque fois, et puis ensuite, c'est le flop retentissant faute de suivi et de moyens.

Accessoirement, je trouve aussi ahurissant que débile d'organiser une réunion sur les gens du voyage et/ou les Roms. On s'en fout. La loi est la même pour tous, gens du voyage ou pas, et tout ce qu'on veut, c'est qu'elle soit appliquée. On ne demande pas au Président de pointer du doigt une communauté, d'autant que quand bien même elle générerait plus de criminalité qu'à la normale il ne faut pas oublier ceux qui ne font rien de répréhensible. Non, on lui demande d'agir pour intercepter et punir les délinquants d'où qu'ils viennent et assurer aux citoyens tranquilles une des libertés les plus importantes : la sécurité. LOmiG n'a pas fini de la griffonner, sa carte de l'insécurité, à ce rythme. Bientôt, ce n'est plus la carte de France de l'insécurité, mais celle de la sécurité qu'il faudra dresser...

 

 

mardi, 06 juillet 2010

L'argent de poche des Bettencourt

La comptable des époux Bettencourt déclare avoir eu une accréditation pour pouvoir retirer 50 000 euros par semaine à l'agence de la BNP Saint-James, à Neuilly sur Seine. D'après elle, ces sommes servaient à payer des dépenses courantes ! Sans doute parce que je ne suis pas milliardaire, j'ai du mal à imaginer comment on peut réaliser 50 000 euros de dépenses courantes par semaine (Bien plus que ce que je gagne en une année...). En tout cas, il me semble que l'enquête fiscale devrait se diriger de ce côté-là en commençant par vérifier auprès de la banque les sommes effectivement retirées. 2007, en principe, cela doit figurer encore dans l'historique de la banque. Il s'agira ensuite de comparer les retraits de cette période avec les précédents et les suivants. S'il y a dépense anormale, il devrait être possible d'en trouver la trace... Dédé arrosait large, d'après Claire, la comptable des Bettencourt licenciée en 2008 (pourquoi, au fait ?). Certains hommes politiques touchaient 100 000, 200 000 euros...

Je voudrais féliciter Mediapart pour l'enquête extraordinaire que ce magazine électronique réalise. Chapeau. Mais je voudrais dire aussi que cette affaire qui prend l'allure d'un WoerthGate en grandeur nature me rappelle profondément un livre récent : Abus de pouvoir d'un certain François Bayrou. Une lecture vraiment prémonitoire...

Et dire que certains l'ont taxé de populisme lorsqu'il a dénoncé les collusions entre les puissances de l'argent et une certaine sphère politique...Je crois que Disparitus est en deçà des faits : c'est bien plus qu'un awoerthissement pour le pouvoir.

vendredi, 25 juin 2010

La gifle de trop au journaliste de France 3

Comme la plupart de ceux qui suivent l'actualité, je suis au courant du sort échu au journaliste de France 3 qui a voulu filmer l'arrestation d'un individu venu insulter le Président de la République.

Une chose est certaine : la méthode est inacceptable. Elle est inacceptable, parce qu'elle ouvre la porte à des abus qui pourraient être graves par la suite.

Seulement voilà, il y a autre chose qui ne me paraît guère valoir mieux, c'est le traitement de l'information par la presse télévisée.

A ce que j'ai cru comprendre, Nicolas Sarkozy n'a pas spécialement été mal reçu à Saint-Denis. Les habitants qui l'ont vu ont surtout été étonnés de sa présence.

Or, qu'a cherché à faire le journaliste ? A filmer l'incident avec l'intention d'en faire un scoop. On aurait alors eu comme gros titres au journal des principales chaînes deux choses :

a) que Nicolas Sarkozy a été mal accueilli à Saint-Denis, sur la foi des insultes d'un individu mal embouché.

b) compte-tenu de l'aspect de l'individu (en sang, mais il semble qu'il se soit rebellé) qu'il y avait des violences policières, y compris au moment où Nicolas Sarkozy se rendait dans la ville.

C'eût été une information tronquée et mensongère, car l'opinion n'aurait retenu de la visite présidentielle que l'incident, qui aurait alors pris une proportion sans mesure avec la réalité de la visite du Président.

Par ailleurs, je ne porte pas vraiment Nicolas Sarkozy dans mon coeur, mais c'est le Président de MON pays, et donc MON président, en dépit de tout le mal que je pense de lui. Je n'accepte pas qu'un péquin vienne l'insulter de cette manière, a fortiori quand il s'agit d'un individu plusieurs fois signalé à la police.

Son interpellation ne me choque pas plus que cela. Au final, il n'est même pas condamné pour ses insultes mais seulement pour outrage et entrave à agent de la force publique dans l'exercice de ses fonctions.

L'Algérie devrait à mon avis émettre une mise au point officielle pour faire valoir que ceux qui se servent de son drapeau pour provoquer les pouvoirs publics français contribuent à la discréditer et qu'elle ne leur reconnaît aucune forme d'autorité morale, bien au contraire. Il paraît que le voyou portait un drapeau de l'Algérie. Pauvre Algérie : comme si elle avait besoin de ce genre d'abrutis. Bref, qu'ils lui foutent la paix à l'Algérie, elle ne leur a rien demandé, à ceux-là.

La gifle, en revanche, est intolérable. La dignité, le droit, c'eût été, de la part de Nicolas Sarkozy d'exiger un droit de réponse sur la chaîne s'il estimait qu'elle faisait de la désinformation par la suite. Où vont s'arrêter les gifles ? On peut aller très loin de cette manière. Nicolas Sarkozy doit désavouer le service de sécurité et limoger le coupable s'il a agi de son propre chef. Si quelqu'un a donné des consignes, il doit démissionner.

mercredi, 02 juin 2010

Le principe de réalité rattrape enfin Nicolas Sarkozy

Ouf ! Nicolas Sarkozy commence enfin à comprendre qu'il est temps de gouverner et pas seulement de battre des bras. Il a récemment fait en sorte qu'on ne puisse plus voter d'adjonctions au budget en dehors du temps consacré à la loi de finances. Le voilà qui prend à bras le corps les retraites. Et puis je viens d'apprendre qu'il serait prêt à renoncer à la suppression de la publicité à la télévision.

Ne nous réjouissons pas : les solutions proposées sont toujours décevantes voire mauvaises, mais au moins, on commence à traiter les vrais problèmes. Il demeure néanmoins du grand n'importe quoi (taux d'encadrement des crèches, dégradation considérable des conditions d'enseignement) dans les choix opérés.

De toutes façons, avec une menace sur notre notation sur les marchés, risquant de fléchir de AAA à AA+, il est clair que nous n'avons plus le choix.

Il n'en reste pas moins que je n'adhère toujours pas à la méthode : le but ne devrait pas d'être en soi de raboter toutes les dépenses sans discernement mais de redéfinir le domaine d'intervention de l'État.

Je m'explique avec l'exemple de la santé. J'ai toujours été favorable aux franchises médicales. Aucun soin ne devrait être entièrement gratuit, mais tout le monde doit pouvoir se soigner. Je préfère que l'on paie une franchise de deux à trois euros par acte mais que l'investissement dans la formation médicale soit maintenu : autrement dit, que l'on continue à dégager les fonds nécessaires, au Ministère de l'Éducation Nationale, pour former des pédiatres, des orl, des neurologues, des pédo-psychiatres, des gynécologues, bref, toutes ces spécialités de médecine qui sont menacées.

Mon raisonnement est simple : les franchises sont réversibles le jour où la prospérité est revenue ; la disparition de spécialités médicales ne l'est que fort difficilement et avec un sacrifice d'une génération au moins.

C'est ce type d'arbitrages que j'attends. Autre exemple : le réseau postier coûte cher ; pourquoi ne pas mettre en place une délégation de service public dans les supérettes des petits bourgs ruraux, ce qui engagerait les petits commerces à y rester, au demeurant  (ils toucheraient une part des bénéfices), ce qui coûterait bien moins cher.

Troisième exemple : la multiplication des gratuités de la culture à tout va est une erreur ; pire : l'art ne devrait jamais être gratuit. Et de toutes façons, il ne l'est pas puisque l'impôt paie la facture. L'État pourrait s'en tenir à une fonction de sauvegarde du patrimoine et demander pour tout accès à un bien culturel, automatiquement une participation même si elle est faible ; les étudiants peuvent très bien payer un ou deux euros l'entrée d'un musée, par exemple.

Est-ce également à l'état de favoriser l'accès aux restaurants ? Je ne le crois pas. Ce ne sont pas des emplois délocalisables et l'état n'a pas vocation à se substituer au panier de la ménagère sauf par de l'aide alimentaire d'urgence pour des familles très en difficulté. Le restaurant ne rentre pas dans ce cadre. Il faudrait donc revenir sur la baisse de TVA consentie, d'autant qu'elle n'a rien amené en termes d'emplois.

Je ne suis pas un spécialiste, mais plutôt que de menacer l'avenir comme s'apprête à le faire un Luc Châtel, avec forcément l'aval de Nicolas Sarkozy et François Fillon, mieux vaudrait entamer une réflexion de fond sur ce que l'on garde ou non en France.

12:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : économie, gratuité, sarkozy |  Facebook | | |

lundi, 10 mai 2010

Sarkozy, Berlusconi, la charogne et moi et moi et moi !

C'est tout de même invraisemblable : les pays européens vivent des temps difficiles, les dettes des États explosent et leurs créances sont menacées. Pour une fois, l'Europe essaie de réagir collectivement, et devinez qui la ramène pour tenter de se mettre en valeur au lieu de saluer l'action collective européenne ? Sarko et Berlu. Les voilà qui se querellent pour déterminer qui a eu le plus de poids dans la conclusion de l'accord. Comment voulez-vous que cela n'agace pas tous les autres partenaires, même si j'imagine qu'ils en ont vu d'autres avec ces deux zozos-là...

Au passage, même si je salue cet accord entre États, je déplore que le Parlement européen ait été, comme d'habitude, complètement squizzé.

Ce qui me frappe dans toutes les crises qui frappent les marchés économiques et financiers, c'est qu'elles ont toutes été annoncées : crise immobilière, crise des États, à chaque fois, j'en ai entendu parler au moins deux années avant qu'elles se produisent. Nous ne sommes pas face à des phénomènes qui ont pris les sociétés par surprise.

Par exemple, pour le présent accord, Trichet a tout de suite prévenu qu'il ne fera pas long feu si États européens ne prennent pas les mesures d'assainissement de leurs finances qui s'imposent.

On peut bien dire "ouf !" et pousser un lâche soupir de soulagement, en réalité, ce n'est pas fini, loin de là. Partout on entend parler de lutte contre la spéculation, contre la finance mondialisée, contre les profiteurs de tout acabit, mais la réalité, c'est que notre priorité, c'est d'abord d'être crédibles et de faire face à nos responsabilités. J'ajouterais même que les marchés me semblent avoir été très patients avec les États endettés, depuis fort longtemps. Difficile de les accuser dans ces conditions. Après, on peut râler contre les fonds spéculatifs, mais il faut savoir que dans la nature, il existe des charognards, et que leur rôle est utile : ils ont une fonction de nettoyeurs en se nourrissant des cadavres avant qu'ils ne se décomposent. Nombres de prédateurs s'attaquent aux proies les plus faibles et les moins aptes à survivre, assurant ainsi au reste des troupeaux cible un effectif de qualité.

Cette métaphore filée est une facilité, et en réalité, elle n'a qu'un temps, mais il faut bien comprendre que ce ne sont pas les vautours qui font la charogne, mais bien la charogne qui attire les vautours...

16:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sarkozy, berlusconi, europe |  Facebook | | |