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dimanche, 25 juillet 2010

Paradis fiscaux : les îles Caymans battues par la France ?

Passionnant l'entretien qu'Éric Desmorieux, avocat fiscaliste du cabinet Aurélia, a donné au magazine l'Expansion.

Quand le grand public a pris connaissance du montant réel des impôts payés par Lilianne Bettencourt, au regard de sa fortune, on a entendu un haro généralisé contre le Bouclier fiscal. Tu parles Charles...ça vaut tripette ce bouclier, en fait.

Liliane Bettencourt paie peu d'impôts non en raison du bouclier fiscal mais parce qu'elle a placé ses sous dans une holding. Très pratique, la holding : détenez 51% d'une holding qui détient 51% d'une société et vous la contrôlez avec 26% de son capital au total. Fort, non ? Bien évidemment, je ne rentre pas dans les calculs astucieux qui mèneraient à détenir 51% d'une holding qui contrôle 51% d'une autre holding qui contrôle elle-même 51% d'une autre holding...la mise en abyme, vous connaissez ?

Ce n'est pas tout : ces petites bêtes-là ont une écologie fiscale des plus frugales ! En France, c'est l'argent qu'on retire de la holding qui est considéré comme un revenu imposable. De manière générale, en Europe, les holdings bénéficient depuis fort longtemps d'une fiscalité spécifique et avantageuse (depuis 1924, par exemple, en France). Tenez, par exemple, le taux d'impôt sur les sociétés de 33.3% ne s'applique qu'à 5% des dividendes seulement. Taux final d'après Éric Desmorieux, 1.66%. Qui dit mieux ?

Gauchistes qui lisez ce billet (libéraux, ne vous étranglez pas non plus, vous qui croyez que la France est le pays de la taxe par excellence), munissez-vous d'un défibrillateur pour éviter l'infarctus mortel, car voici ce que conclut Éric Desmorieux à propos de la fiscalité de la France :

Quand on gagne énormément d'argent, et quand on a les moyens de s'offrir un spécialiste de l'optimisation, la France peut avoir des allures de paradis fiscal.

Et Nicolas qui s'interroge sur la destination préférée des entreprises étrangères...

Bon, nuançons tout de même le propos : l'argent de la holding n'est pas (ou peu) imposé...tant qu'il demeure dans la holding ! Le problème, c'est trouver quoi faire de la holding par la suite. Parce que le jour où il faudra liquider les droits de succession, là, en revanche, ça va faire mal. A moins d'avoir trouvé une solution entre temps. En terme d'impôts, on est donc plutôt dans le cadre d'un impôt différé que d'une authentique optimisation.

Rassurez-vous, Gauchistes qui allez pouvoir hurler au loup, et Libéraux qui reprendrez votre souffle, l'optimisation fiscale n'a pas dit son dernier mot :

La holding patrimoniale est votre totem ! Créez une holding pour vos enfants en répartissant astucieusement ses parts. Vendez les titres de votre société à la holding qui pourra au passage emprunter pour les acheter et paiera les échéances avec les dividendes des titres achetés. Vous avez compris ? Si vous n'avez pas compris le raisonnement, vous êtes des lumpen-gauchistes ou des libéraux ratés, tas d'andouilles : rien ne se transmet directement entre vous et vos héritiers, donc pas de droit de mutation. Hurlez, gauchistes qui allez pouvoir promettre la corde au Gross Kapital, réjouissez-vous, libéraux, le tour est joué ! Eh oui, tout cela se passe en France...

En revanche, en ce qui concerne l'impôt sur les sociétés, il ne faut pas oublier que les sociétés dont la holding détient des parts l'ont payé, elles ! Je n'évoque pas non plus l'ISF qui vient s'ajouter à tout cela. S'il faut calculer in fine le taux vraiment acquitté, je pense qu'on est à largement plus de 1.66...

Ce n'est pas grave : il doit y avoir d'autres astuces, mais je ne suis pas fiscaliste, alors je me contente de choses simples...

Cela dit, si Liliane veut déshériter sa fille (elle a brandi l'arme atomique), je suis certain qu'il y a des techniques. Personnellement, je penche pour la création d'une Fondation (radical pour régler ses comptes avec sa famille), mais je crois qu'une militante MoDem a quelques suggestions à faire de son côté...

lundi, 19 juillet 2010

L'énigme des baskets de Liliane Bettencourt ? [Résolu]

J'ai la solution à la nouvelle énigme d'Éric Mainville : il se demande, dans sa dernière note, pourquoi Liliane Bettencourt porte des baskets lors de son entretien avec Claire Chazal, sur TF1.

La cause en est à mon avis très simple : elles sont autrement plus confortables que des chaussures de ville. C'est d'ailleurs la voie sur laquelle s'avance Éric Mainville commentant l'image.

J'ai un témoignage précieux à apporter : les espèces de godasses en cuir à plus de 2 000 euros que vous voyez dans les magasins de luxe, c'est de la vraie m... tantôt ça vous scie les tendons, tantôt ça vous incarne un ongle.

J'ai une théorie que je voulais exposer de longue date ici (peut-être l'ai-je déjà écrit, d'ailleurs ) ; concernant les chaussures, seuls les équipementiers sportifs font de la recherche. Les autres croient qu'avec de la matière noble et mille heures de travail artisanal, on va faire une chaussure de qualité. Il n'en est rien. Comme les équipementiers mènent de vraies recherches, ils travaillent avec des orthopédistes, des kinés, des pédicures et cetera, et, du coup, ils ont mis au point des chaussures confortables pour le pied.

Liliane Bettencourt a réagi comme moi (sans prétention) : au Diable l'élégance, parce que mon pied le vaut bien, je vais le chausser convenablement.

Accessoirement, si Éric Mainville s'avise d'acheter une paire de basket de la qualité la meilleure, il va voir que le prix n'en a rien de frugal...

samedi, 10 juillet 2010

L'icône Ingrid...

Qu'est-ce que j'ai pu en voir des "free Ingrid Betancourt" à une époque donnée, ce qui ne laissait pas de m'agacer, au demeurant. C'était super tendance. Qu'est devenue l'icône, maintenant qu'elle réclame 6 millions de dollars à ses concitoyens pour préjudice subi ? Elle est tout de même gonflée : Uribe a tout mis en oeuvre pour tenter de la récupérer, l'opinion publique mondiale l'a soutenue, elle-même s'est mise en danger en dépit des avertissements aux check points de la zone dans laquelle elle voulait à toute force entrer, et aujourd'hui, la voilà qui réclame de l'argent en compensation de sa propre imprudence.

J'ai cru comprendre que Liliane et Ingrid avaient en ancêtre commun Jean de Béthencourt, illustre navigateur normand. Bon, à l'époque, il ne s'agissait pas de frauder le fisc mais de mettre un peu d'espace entre ses créanciers et lui...Comme quoi certaines traditions familiales perdurent...Déjà à l'époque, il avait installé son neveu à la tête d'un prospère paradis fiscal d'aujourd'hui...

Dans tous les cas de figure, côté cash, il y a un gène dans la famille Béthencourt, depuis l'ancêtre Jean...

mardi, 06 juillet 2010

L'argent de poche des Bettencourt

La comptable des époux Bettencourt déclare avoir eu une accréditation pour pouvoir retirer 50 000 euros par semaine à l'agence de la BNP Saint-James, à Neuilly sur Seine. D'après elle, ces sommes servaient à payer des dépenses courantes ! Sans doute parce que je ne suis pas milliardaire, j'ai du mal à imaginer comment on peut réaliser 50 000 euros de dépenses courantes par semaine (Bien plus que ce que je gagne en une année...). En tout cas, il me semble que l'enquête fiscale devrait se diriger de ce côté-là en commençant par vérifier auprès de la banque les sommes effectivement retirées. 2007, en principe, cela doit figurer encore dans l'historique de la banque. Il s'agira ensuite de comparer les retraits de cette période avec les précédents et les suivants. S'il y a dépense anormale, il devrait être possible d'en trouver la trace... Dédé arrosait large, d'après Claire, la comptable des Bettencourt licenciée en 2008 (pourquoi, au fait ?). Certains hommes politiques touchaient 100 000, 200 000 euros...

Je voudrais féliciter Mediapart pour l'enquête extraordinaire que ce magazine électronique réalise. Chapeau. Mais je voudrais dire aussi que cette affaire qui prend l'allure d'un WoerthGate en grandeur nature me rappelle profondément un livre récent : Abus de pouvoir d'un certain François Bayrou. Une lecture vraiment prémonitoire...

Et dire que certains l'ont taxé de populisme lorsqu'il a dénoncé les collusions entre les puissances de l'argent et une certaine sphère politique...Je crois que Disparitus est en deçà des faits : c'est bien plus qu'un awoerthissement pour le pouvoir.