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lundi, 10 mai 2010

Sarkozy, Berlusconi, la charogne et moi et moi et moi !

C'est tout de même invraisemblable : les pays européens vivent des temps difficiles, les dettes des États explosent et leurs créances sont menacées. Pour une fois, l'Europe essaie de réagir collectivement, et devinez qui la ramène pour tenter de se mettre en valeur au lieu de saluer l'action collective européenne ? Sarko et Berlu. Les voilà qui se querellent pour déterminer qui a eu le plus de poids dans la conclusion de l'accord. Comment voulez-vous que cela n'agace pas tous les autres partenaires, même si j'imagine qu'ils en ont vu d'autres avec ces deux zozos-là...

Au passage, même si je salue cet accord entre États, je déplore que le Parlement européen ait été, comme d'habitude, complètement squizzé.

Ce qui me frappe dans toutes les crises qui frappent les marchés économiques et financiers, c'est qu'elles ont toutes été annoncées : crise immobilière, crise des États, à chaque fois, j'en ai entendu parler au moins deux années avant qu'elles se produisent. Nous ne sommes pas face à des phénomènes qui ont pris les sociétés par surprise.

Par exemple, pour le présent accord, Trichet a tout de suite prévenu qu'il ne fera pas long feu si États européens ne prennent pas les mesures d'assainissement de leurs finances qui s'imposent.

On peut bien dire "ouf !" et pousser un lâche soupir de soulagement, en réalité, ce n'est pas fini, loin de là. Partout on entend parler de lutte contre la spéculation, contre la finance mondialisée, contre les profiteurs de tout acabit, mais la réalité, c'est que notre priorité, c'est d'abord d'être crédibles et de faire face à nos responsabilités. J'ajouterais même que les marchés me semblent avoir été très patients avec les États endettés, depuis fort longtemps. Difficile de les accuser dans ces conditions. Après, on peut râler contre les fonds spéculatifs, mais il faut savoir que dans la nature, il existe des charognards, et que leur rôle est utile : ils ont une fonction de nettoyeurs en se nourrissant des cadavres avant qu'ils ne se décomposent. Nombres de prédateurs s'attaquent aux proies les plus faibles et les moins aptes à survivre, assurant ainsi au reste des troupeaux cible un effectif de qualité.

Cette métaphore filée est une facilité, et en réalité, elle n'a qu'un temps, mais il faut bien comprendre que ce ne sont pas les vautours qui font la charogne, mais bien la charogne qui attire les vautours...

16:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sarkozy, berlusconi, europe |  Facebook | | |

mercredi, 21 janvier 2009

Vie de Néron et de Berlusconi

Je viens de relire, pour le plaisir, tout récemment, la Vie de Néron vue par Suétone, le Radio-Ragots de la dynastie julio-claudienne. C'est marrant les similitudes entre Néron et Berlusconi.

Comme Néron, Berlusconi adore se donner en public : ne poussa-t-il pas la chansonnette en février 2006 pour Miss Italie ? Il raffole des jeux dans les stades et en donne même toutes les semaines, comme Néron : ne possède-t-il pas le Milan AC ? Il est libidineux au possible, comme Néron, et nomme ses favori(tes)s à des postes clef au point de prendre les Italiens vraiment pour des c...

Il a nommé ministre de la condition féminine une ancienne Miss Italie (encore une autre), une sorte de Sarah Pallin à la sauce bolognese, certes jolie mais dont le QI laisse le quidam interrogatif. Néron, je crois, avait quelque chose de similaire avec une affranchie du nom d'Actè dont il voulait faire son épouse officielle. Maria Carfagna a le droit d'être belle, ce n'est pas cela que je lui reproche, mais ses premières déclarations donnent le ton du personnage : elle juge les "gays constitutionnellement stériles".

En pleine disette, à Rome, Néron entretenait des athlètes ; l'Italie croule sous sa dette, ses déficits et la baisse continuelle de son pouvoir d'achat, ce qui n'empêche nullement son clown présidentiel de festoyer (tiens, ça rappelle quelqu'un d'autre, ça, à ce sujet...).

Et pour le caractère, que le lecteur juge lui-même. Ça, par exemple, je trouve que c'est parlant :

«Désireux  surtout de plaire au peuple, il était le rival de quiconque agissait sur la multitude par quelque moyen que ce fût.»

A sa décharge, tout comme Néron, c'est un amoureux des lettres et des arts : il a remis à l'honneur de grands auteurs tels que Pic de la Mirandole, Machiavel, Érasme ou encore Giordanno Bruno, s'occupant personnellement de l'édition de leurs oeuvres. On sait qu'il collectionne aussi des tableaux et voue en particulier un culte au Tintoret. Il est par ailleurs francophile (tout comme Néron était hellénophile : contrairement aux Romains, il a laissé d'excellents souvenirs à la Grèce de l'époque) et maîtrise parfaitement la langue française.

Il faudrait, un jour, prendre le sujet à bras le corps, et faire comme Plutarque, écrire des Vies parallèles. J'avais évoqué Obama et Périclès, je verrais bien Cléon d'Athènes et Daboliou (mais je ne suis pas le seul, apparemment), et, en la circonstance, Néron et Berlusconi...

Faudrait que je m'y colle, mais j'ai un peu la flemme...