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International - Page 11

  • Inquiétante Hongrie

    Ce qui se passe en Hongrie me paraît de plus en plus inquiétant : qu'une loi permette au gouvernement de désigner les adjoints du directeur de la Banque centrale, évidemment, ce ne sont pas mes options économiques, mais, à la limite, cela relève d'un choix politique que je peux comprendre, celui de vouloir contrôler sa propre banque centrale. Les Hongrois s'en mordront les doigts, mais cela ne contrevient pas aux libertés.

    En revanche, décréter arbitrairement que telle ou telle religion mérite ou non une subvention publique, je n'aime pas du tout. Nommer un antisémite notoire, qui publier régulièrement sur le complot juif à la tête d'un théâtre national, c'est à l'évidence faire le lit de résurgences qu'il faut bien appeler néo-nazies. Faire porter aux Socialistes actuels le chapeau des crimes des communistes, c'est tout simplement ridicule. Mais, sur ce point, on va rire : comme on le sait, quand on crache un gros glaviot vert par la fenêtre d'une bagnole qui roule vite, il a une fâcheuse tendance à vous revenir direct dans la gueule. J'ai cru comprendre qu'il y avait bien plus d'anciens cadres du PC du temps de l'URSS au sein du Fidesz, le parti conservateur actuellement au pouvoir que chez les Socialistes. Comme la loi prévue vise les anciens dirigeants communistes, on pourrait ne pas tarder à adopter profil bas au Fidesz.

    Ce n'est pas tout : une loi permet au pouvoir d'infliger des peines très lourdes aux médias pour atteinte à la morale publique et décrète qu'il n'y a plus de secret des sources. Cet aspect avait fait bondir l'ADLE au Parlement européen qui avait immédiatement réagi. Si finalement Viktor Orban a du mettre de l'eau dans son vin, le compte n'y est pas, et Marielle de Sarnez faisait bien dans sa lettre de mars 2011 de dénoncer une intention liberticide : 

    « les arguties juridiques derrière lesquelles se retranchent le gouvernement hongrois ne changent rien au fond: il s’agit d’une loi liberticide et l’intention est bien de bâillonner la presse. Il est des sujets non négociables si l’on veut que l’Europe ait un sens. La liberté de la presse en est un »

    Cerise sur le gâteau, les juges sont désormais à discrétion du Procureur qui peut sélectionner le tribunal de son choix. Étouffement des affaires garanties.

    A cela s'ajoutent des discours plus que douteux sur la Grande Hongrie et le Traité du Trianon. Un pays de l'UE peut traverser une phrase avec un gouvernement d'extrême-droite , c'est ce qui s'est passé en Autiche,  mais cette fois, le Fidesz détient les deux tiers des voix au Parlement.

    Bref, c'est pas la joie en Hongrie...

  • Israël acceptera-t-il de se laisser talibaniser ?

    Je suis assez sidéré par le culot des religieux  ultra-orthodoxes en Israël. Voilà un tas de bons à rien qui ne participent même pas à la défense de leur patrie, qui bénéficient en revanche d'innombrables avantages et qui au final prétendent dicter leur loi à tous les Israéliens. 

    Séparation des hommes et des femmes, femmes voilées, discriminations contre les femmes, ça ne vous rappelle pas quelque chose, vous ? Moi si. Ça sent le taliban à plein nez depuis quelque temps dans les colonies et à Jérusalem.

    Tiens, récemment, ils s'en sont pris à une petite fille de 8 ans qui ne leur paraissait pas habillée comme il faut. Ultra-orthodoxes, Talibans, Islamistes, sont copains comme cochons tous ceux-là.

    Ils ont même beuglé comme des gorets tout récemment parce que des Israéliens choisissaient comme conjoints des Américains. Ça n'a pas du tout fait rigoler la communauté juive américaine qui a franchement mal pris la plaisanterie.

    Ils ne sont pas nombreux, mais ils font chier tout le monde en Israël. De surcroît, ces cons-là appartiennent précisément à une branche religieuse hostile au sionisme et donc à l'existence de l'État d'Israël. Ils ont donc vraiment tout pour s'entendre avec Al Qaeda, les Talibans et consorts. D'ailleurs, allez savoir si...

    En Israël, il n'existe qu'une seule opposition, et...elle est centriste ! Tzipi Livni, la leader du parti Kadima a pris la tête de l'oppositon laïque et se montre déterminée à ne plus céder un pouce de terrain aux Talibans locaux.

    Qui aura le courage de réformer la loi israélienne pour priver ces groupes de traîtres et de bons à rien de tous leurs avantages ? Il faut reconquérir le terrain et les envoyer chier, c'est tout ce qu'ils méritent les ayatollah locaux. M...alors, c'est pas Téhéran, Jérusalem, enfin, on peut encore l'espérer.

  • Au protectionnisme, Bayrou oppose le commerce loyal

    Le protectionnisme ne va pas tarder à émerger comme thème de campagne majeur : il transparaît déjà plus ou moins à travers le "Made in France". Plusieurs candidats (Marine le Pen, Nicolas Dupont Saint-Aignan, Jean-Luc Mélenchon) en ont fait leur bâton de maréchal.

    Dans son État d'urgence, Bayrou a dénoncé les lourdes conséquences du protectionnisme pour une nation exportatrice comme la nôtre, d'autant que ce sont les machines et les biens industriels qui consistuent le principal de nos exportations, contrairement à une idée reçue (eh oui, le luxe et l'agro-alimentaire sont rélégués bien en deçà...).

    Il en a en revanche tiré une nouvelle idée, à la croisée du commerce équitable et d'une interprétation de feu le Traité Constitutionnel Européen. La notion de concurrence libre et non-faussée peut s'interpréter de plusieurs manières : à l'économie en jugeant qu'il faut faire sauter toutes les protections sociales, et, au contraire, largement en considérant tous les éléments qui rentrent dans le coût d'un objet.

    C'est la fusion de l'idée qui se trouve derrière le commerce équitable et de cette dernière interprétation de la concurrence non-faussée qui a donné à Bayrou l'idée d'une concurrence et d'un commerce assis sur des bases loyales.

    Cela suppose, par exemple, pour une entreprise qui exporte ses produits en Europe, de ne pas s'exonérer des contraintes et normes qui valent au sein du marché européen en délocalisant sa production là où ces normes n'existent pas.

    Ce sont les pistes que le MoDem et plus généralement le Parti Démocratique Européen défendent depuis un bon moment. Marielle de Sarnez, en particulier, depuis qu'elle a été réélue député européenne, est en pointe sur cette idée de commerce loyal, c'est d'ailleurs le sens d'un amendement qu'elle avait déposé pour la période 2009-2014 auprès de la commission du commerce de l'UE.

    Le gouvernement français, sous l'égide de Christine Lagarde, a tenté de réaliser à l'échelle européenne la proposition de François Bayrou d'un Small Business Act pour les PME. La procédure semble longue. le dossier a été déposé en 2008.  Il y a eu  une réponse de la Commission sous forme d'une loi en décembre 2008. Et en février dernier, la Commission a décidé d'évaluer les effets des décisions de 2008 afin de considérer ce qu'il demeurait à faire. Christine Lagarde a aussi confié à l'avocat Fabrice Demarigny la mission de faire des propositions dans le domaine juridique, ce qu'il a fait. Elle a donc adressé le rapport à le Commission Européenne en mars 2010.

     L'idée de Bayrou a donc fait son chemin... Quelle traduction de ces orientations en France, en revanche ?

    Un petit rappel, le SBA repose sur 10 principes :

    1 Créer un environnement dans lequel les entrepreneurs et les entreprises familiales peuvent prospérer et où l’esprit d’entreprise est récompensé.

    2 Faire en sorte que les entrepreneurs honnêtes qui ont dû déposer leur bilan bénéficient rapidement d’une seconde chance.

    3 Définir les règles selon le principe « Penser petit d’abord ».

    4 Assurer la réactivité des administrations aux besoins des PME.

    5 Adapter les outils des pouvoirs publics aux besoins des PME : faciliter la participation des PME aux marchés publics et mieux exploiter les possibilités qui sont offertes aux PME en matière d’aides d’État.

    6 Faciliter l’accès des PME au financement et mettre en place un environnement juridique et commercial favorisant la ponctualité des paiements lors des transactions commerciales.

    7 Aider les PME à profiter davantage des potentialités du marché unique.

    8 Promouvoir le renforcement des qualifications au sein des PME et l’innovation sous toutes ses formes.

    9 Permettre aux PME de transformer les défis environnementaux en opportunités.

    10 Encourager et aider les PME à tirer parti de la croissance des marchés.

     La création de la médiation du crédit aux entreprises est par exemple l’une des mesures concrète prise par la France dans le cadre de la mise en place du SBA. On peut également citer l’internationalisation des PME par le biais des aides financières en faveur des exportations, des stratégies d’accès aux marchés et la participation à des salon ou l’accès des PME aux marchés publics. 

    Là encore, on se heurte à un problème d'information : les marchés publics semblent désormais plus accessibles aux PME, mais la plupart d'entre elles ne le savent pas ! C'est en ce sens que François Bayrou parlait de mutualiser les moyens juridiques des PME. Tout comme dans le cas du Made in France, c'est l'information qui fait défaut aux PME pour profiter à plein de ces nouvelles opportunités.

    Marielle de Sarnez défend l'idée d'une réindustrialisation pas seulement de la France, mais de la totalité de l'Europe afin de lui redonner de la vigueur : en somme, la recette Bayrou appliquée à l'Europe toute entière. Il reste à voir quelle suite va être donnée à cette proposition. Je suppose que son groupe, le PDE (Parti Démocratique Européen) va déposer prochainement un amendement et des propositions en ce sens.

    Nul doute qu'il reviendra au prochain président de la France de concrétiser davantage le mouvement initié depuis 2008. Dans ce genre de cas, mieux vaut confier les rênes de l'attelage à son promoteur, et, en la circonstance, il semble bien que cela soit François Bayrou...

  • La guerre des drones a-t-elle commencé ?

    Je viens de finir la très bonne chronique de décembre d'EGEA. Il me semble qu'il pose également  avec pertinence la question du devenir des avions et de leur remplacement progressif par des drones.

    En somme, en dehors du bombardement, l'avion ne semble plus avoir d'utilité comme unité de "corps à corps". Les duels aériens appartiennent pour l'instant à un passé révolu. La question que je me pose, à considérer l'évolution des drones, pour lesquels, d'après EGEA, on forme désormais plus d'opérateurs que de pilotes d'avions de chasse, c'est ce qu'il va advenir de la guerre aérienne. Fini les avions U2 du temps de la guerre froide. En Iran, c'est un drone qui s'est crashé.

    Seules deux armées semblent avoir véritablement opéré le tournant stratégique des guerres futures : bombes à guidage laser, missiles "intelligents", "drones", sur toutes ces nouvelles armes, Israël et les USA sont en avance. 

    Bien sûr, Dassault tente bien de produire des drones à son tour, mais on comprend que cette société est clairement aidée industriellement par des entreprises israéliennes, bien plus avancées, et de plus, le dernier vote du Sénat laisse apparaître clairement une distorsion importante entre le coût et de la qualité de la chose.

    Nous sommes pourtant face à des choix difficiles : se doter du Reaper, le drone américain, c'est donner à nos forces armées du matériel d'une qualité supérieure, mais c'est de l'autre côté renoncer progressivement à continuer à entretenir une industrie militaire indépendante. N'est-ce pas d'ailleurs inéluctable, à terme ? Je me pose parfois la question.

    Et puis il y a la question budgétaire : chaque modèle français coûte de 50 à 75% de plus que chaque modèle américain, et on parle là d'appareils dont le coût se chiffre en centaines de millions d'euros.

    L'inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de mises en concurrence entre industriels français, et qu'au final, on est dans la configuration la pire : un monopole privé sur un marché d'État. Dassault comptant sur ses relais dans les gouvernements et à l'Assemblée Nationale n'éprouve nullement le besoin d'être compétitif. C'est ainsi que l'on arrive à ne vendre aucun rafale, en dépit des qualités intrinsèques de l'appareil, et à produire des drones dépassés, onéreux et peu efficaces, du moins pour nos besoins (de conception israélienne, ils sont prévus pour des observations sur petite distance).

    A l'heure actuelle, l'Europe ne dispose d'aucun drone en propre. Il existe en revanche deux projets concurrents : celui de Dassault et celui d'EADS. Mais voilà, EADS a opéré un rapprochement avec des industriels turcs. Je n'ai pour ma part aucune confiance en la Turquie d'Erdogan. Ce pays ne fait pas partie de l'Union européenne, et, compte tenu de l'irresponsabilité de son dirigeant, je n'imagine pas qu'un tel pays puisse disposer d'un matériel aussi sensible.

    Le chemin vers l'autonomie est donc fort long : chaque marché national est trop petit pour développer une filière. Sans une Europe de la Défense avec des armes communes, il semble bien que nous soyons condamnés à dépendre du savoir-faire américain, d'autant que nous ne pouvons envisager de jouer avec la vie de nos soldats.

    Voilà des questions qui mériteraient d'inspirer nos candidats à l'élection présidentielle. Je sais que le MoDem et François Bayrou sont favorables à une Défense européenne, au contraire d'un parti comme le FN qui prône une défense purement nationale. Côté UMP, on chante l'Europe tout en accordant généreusement contrat sur contrat à Dassault. Il n'y a donc pas de stratégie clairement définie à l'heure actuelle, au sein des partis politiques, sur la défense que nous voulons. Avant d'élire un nouveau président, la question mériterait pourtant de s'inviter dans la campagne. La doctrine de chaque parti est d'autant plus indigente qu'elle se limite aux déclarations d'intention : réintégrer ou non l'OTAN, construire ou non une défense européenne, et cetera...Quid des moyens d'y parvenir ? Voilà qui mériterait un exposé et des pistes exhaustives, pourtant !...

  • Razan Ghazzawi ( الحرية لرزان غزاوي ) la victime de trop en Syrie ?

    Je sais qu'il est bien dérisoire sur nos pauvres blogues français d'espérer faire plier les sbires de Bachar el Assad et de son Baas, mais tout de même, cela vaut le coup d'apporter sa petite pierre, même si ce n'est qu'un gravier.

    Razan Ghazzawi est une jeune blogueuse et avocate. Elle se bat pour plus de liberté d'expression en Syrie et plus généralement dans le monde arabe. Elle ne doit évidemment pas rester dans les griffes de la police secrète d'Assad tant on sait à quel point elle est capable de commettre des exactions épouvantables.

    Je ne crois pas partager les opinions politiques de Razan Ghazzawi, à commencer par le commentaire qu'elle cite en tête de blogue qui compare Israël à un pays d'apartheid (si c'était là-bas qu'elle écrivait, elle ne serait pas à l'isolement en grand secret et soumise à des pressions sans doute terribles...), mais bon, la liberté d'expression n'a pas de prix et elle fait acte d'un très grand courage en agissant à visage découvert. 

    Elle pourra difficilement compter sur la blogosphère syrienne : elle observait au mois d'octobre dernier qu'elle comptait une trentaine d'individus tout au plus ! Et elle n'a absolument aucun impact sur les révoltes qui se produisent là-bas.

    Une autre chose m'intrigue : par principe, j'aime bien savoir qui je défends, et, en dépit des nombreux articles que j'ai trouvé sur elle, tout ce que j'ai pu apprendre c'est qu'elle est née aux USA. Rien d'autre sur elle si ce n'est qu'elle est avocate, blogueuse et se bat pour la liberté d'expression et la défense des droits de l'homme.

    Cela dit, ça sent le roussi en Syrie. Là-bas aussi, ce sont des jeunes emplis d'idéaux, sans doute, qui ont brandi l'étendard de la révolte, mais j'ai la sale impression que ce seront les islamistes, au final, qui ramasseront la mise. 

    Je viens par exemple d'apprendre incidemment que des djidahistes commencenr à affluer en Syrie, notamment de l'Irak voisin. Et ils ne viennent certainement pas pour y faire du tourisme.

    J'ai très modérément envie de devoir choisir entre la peste et le choléra là-bas mais à vrai dire, le comportement du régime est tellement atroce avec les enfants syriens, qu'il n'y a plus guère le choix. On ne peut plus le renvoyer dos à dos avec ses opposants, fussent-ils des islamistes...

  • Guéant, tu fais honte à la France

    En ce moment, quand je croise un étudiant étranger/une étudiante étrangère, j'ai honte, j'ai du mal à le/la regarder dans les yeux. Quand je pense que c'est mon pays, la France, qui le/la traite de cette manière, je dois déglutir un grand coup. Tiens, par exemple, à l'heure actuelle, le Canada accueille non seulement les étudiants insérés, francophones et formés qui ont étudié dans nos universités, mais en prime ses propres étudiants.

    Guéant ayant donné pour consigne de les empêcher de travailler en France et de ne plus leur délivrer de papiers, tous ces étudiants se retrouvent du jour au lendemain sans ressources et marginalisés.

    En fait, jamais un tel coup à la francophonie n'avait été porté : tous ces jeunes gens et ces jeunes filles ou jeunes femmes sont nos meilleurs ambassadeurs à l'étranger, et, même s'ils restent, portent haut l'exemple de l'intégration. De surcroît, ils ont développé des compétences utiles à notre pays.

    Guéant, mais aussi tous ceux qui appuient imbécilement cette politique, à commencer par Fillon et Sarkozy, sont une calamité pour notre soft power : ce que nous avons gagné d'une main en Lybie, et plus généralement sur la scène internationale, par une politique adaptée et courageuse, nous le perdons de l'autre par des mesures intérieures stupides et inappropriées.

    Avec cette étudiante canadienne qui va être expulsée sous peu, je me sens mal : moi qui adore le Québec, je me vois mal m'y rendre tant que la circulaire de Guéant n'aura pas été abolie. Je n'oserais pas regarder mes cousins Québecois dans les yeux...

  • Le vrai visage de l'Égypte

    On voit se dévoiler, après ces premières législatives, le vrai visage de l'Égypte. A vrai dire, au fond, celui que j'avais déjà aperçu il y a près de 15 ans en voyageant là-bas.

    Réaction, obsession, mysoginie, persécution et islam radical. Je ne suis pas prêt de remettre les pieds là-bas. Nous n'avons plus qu'à offrir l'asile politique aux libéraux égyptiens (à commencer par la charmante Aliaa) ainsi qu'aux Coptes, car ils seront pourchassés et persécutés.

    Je vois également qu'Al Qaeda a fait preuve de perspicacité en annonçant son soutien à toutes les révolutions en cours. Cette organisation a bien perçu les strates qui les souvevaient. De toutes façons, qu'aurions-nous pu faire en Europe ? Continuer à soutenir des tyrans qui ne valent au fond guère mieux ? 

    Au fond, là où les Anglais et les Français sont intervenus, d'une certaine manière, ils ont aussi coupé l'herbe sous les pieds des islamistes radicaux, en tout cas, d'Al Qaeda. Peut-être devrions-nous nous hâter de songer à des initiatives bien plus fortes en Syrie.

    Il reste à espérer qu'une partie de l'islamisme sera soluble dans la démocratie, comme au Maroc, en Tunisie ou en Turquie. Au Maroc, à n'en pas douter, le roi est un garde-fou. En Tunisie, Enahda est loin de représenter toute la population ; en Turquie, Erdogan est une grande gueule, mais pas un tyran. En Lybie, le CNT et les tribus ont désormais une bonne opinion de la France et de la Grande-Bretagne. En Égypte, en revanche...Une fois les Islamistes au pouvoir, ils vont à l'évidence regarder avec complaisance ceux du Hamas, même si ces derniers se sont davantage appuyés sur l'Iran que sur l'Islam sunnite pour poursuivre leur lutte.

    Jamais l'Islam n'a été aussi mal dans son histoire. Il vit une crise sans précédent. J'ose espérer qu'il en émergera pourtant une lueur d'espoir un jour, mais j'avoue que je suis peut-être très optimiste.

  • L'Allemagne commence à comprendre qu'elle se tire une balle dans le pied...

    Je suis assez étonné des divers compliments qui ont pu être décernés à Angela Merkel depuis la crise de l'euro. Elle est objectivement nulle. Elle n'a rien compris, et, non seulement elle a mis en danger l'euro, mais elle est également une menace pour son propre pays.

    Depuis le début de cette crise, la position de l'ADLE et particulièrement du MoDem, en Europe, c'est de mutualiser les dettes en créant des euro-bonds, d'une part, et ensuite, de permettre à la BCE de les acheter, non au coup par coup mais à volonté et sans restriction.

    Bien sûr, il faut entourer une telle pratique de solides garde-fous afin de ne pas pousser au vice les dépensiers qui pourraient croire qu'il y a un puits sans fond derrière leurs déficits désormais.

    Mais à côté de cela, il y aurait là une belle occasion de coller une baffe monumentale aux spéculateurs de toute sorte : si la BCE achète les obligations des États européens et dispose du simple pouvoir de le faire sans restriction, je vous parie tout ce que vous voulez que les taux d'intérêt même des pays les plus endettés comme la Grèce vont baisser à vue d'oeil.

    Comme l'Allemagne fait de l'inflation une obsession, Merkel freine des deux fers depuis le début de cette crise et pousse à ce que chaque État se débrouille tout seul en jugulant ses déficits.

    Que l'on soit vertueux est une bonne chose, mais il ne s'agit pas d'abjurer toute intelligence pour autant. A force de laisser penser aux marchés que chaque pays ne devait s'en remettre qu'à lui-même, Merkel a propagé le doute (qui s'alimentait de toutes façons largement de la dette de chaque État). 

    Le problème, quand on crache à la gueule de quelqu'un, c'est que s'il y a un coup de vent, le glaviot vous revient dans la tronche. 

    Tous les prêteurs se méfient de la zone euro, maintenant. Y compris de l'Allemagne, en dépit de sa rigueur et de son AAA. Résultat des courses, les taux allemants montent !

    Merkel ne veut pas voir l'argent allemand dépensé chez des paniers percés, ça, je peux encore le comprendre, mais elle bloque aussi la nécessaire évolution de la BCE avec une absence de vision à long terme totale.

    Bayrou a dit que Sarkozy avait mal géré la crise depuis le début : je lui donne raison. Il fallait aller au clash sur le rôle de la BCE avec l'Allemagne. Au pire, l'Allemagne se retirait de l'euro et tous les autres pays donnaient enfin à la BCE le rôle de banque centrale qui devrait lui revenir de longue date. Les Américains ne sont pas un exemple, mais ils agissent ainsi depuis fort longtemps. 

    Sarkozy est nettement moins coupable que Merkel au sens où il essaie tout de même de pousser l'Allemagne à accepter cette solution, mais, en public, il se contente de grands mouvements de menton envers l'Italie ou la Grèce au lieu de défendre publiquement becs et ongles cette indispensable évolution.

    C'est tout de même terrible : la solution, on la connaît, et nous sommes de plus en plus nombreux à la dire. De même, la crise de la dette des États avait été annoncé, comme celle de l'immobilier, au demeurant, dont les subprimes ne sont qu'un avatar.

    A l'heure actuelle, c'est en effet, comme le fait souvent valoir Marielle de Sarnez, de plus d'Europe dont nous avons besoin. Même les mélenchonistes et consorts l'ont compris (Mélenchon est favorable à l'euro). Il n'y a plus que le FN pour dire le contraire.

    On peut dire, en somme qu'il y a trois positions en Europe :

    - les nationalistes et souverainistes, qui pensent que chaque pays peut jouer sa partition, mais s'exposent à de sévères mesures de rétorsion avec leur protectionnisme

    - les docteurs de la foi ès orthodoxie qui ne veulent surtout pas voir l'Europe agir comme un État pourrait le faire, notamment avec une banque centrale qui soit se contenter d'ajuster des taux.

    - les individus de bon sens qui veulent plus d'Europe afin que puissent être prises les décisions nécessaires.

    Attention, toutefois, dans la 3ème catégorie, il y a bon nombre de paniers percés qui ont conduit nombre d'États européens là où ils en sont : ce sont évidemment ceux-là qui éveillent la méfiance des docteurs de la foi. Satisfaction : le MoDem et plus généralement les partis de l'ADLE ne font pas partie de ces paniers percés :-)

    Il est encore temps d'agir, alors vite, maintenant, et, Messieurs les Allemands, dégagez Angela aux prochaines élections...

  • Un viol en Égypte : c'est pour la journée des violences faites aux femmes ?

    Décidément, l'encre  de mon dernier billet sur l'Égypte n'était pas encore sèche que de nouveaux crimes contre des femmes en Égypte venaient accréditer mes dires. 

    Il y a bel et bien un sacré paquet de porcs de toutes sortes en Égypte. Des policiers corrompus et vicelards d'abord, contre une journaliste américaine, puis une horde de gorets vicieux et agressifs contre une journaliste française ensuite, sur la place de la soi-disante révolution démocratique égyptienne se sont livrés à de violentes agressions sexuelles.

    Les Égyptiens sont des obsédés maniaques qui en France finiraient certainement sous des verrous. Dans d'autres pays, ce serait la chaise électrique ou la décapitation. En Égypte, ce sont les victimes qui ont intérêt à ne pas parler.

    Au fait, c'est la journée internationale de la lutte contre violences faites aux femmes, aujourd'hui. Ça commence fort en Égypte.

    Je me souviens très bien du voyage que j'ai fait en Égypte, il y a 15 ans. On sentait le mépris et la haine sur tous les circuits touristiques où nous passions. Bien sûr, nous apportions des devises, alors comme sources de profits, nous pouvions être à ce titre respectés. Mais cela s'arrêtait là.

    Les Égyptiens (je parle des hommes) méprisent les femmes, et la femme occidentale en particulier en laquelle il voit une proie facile.

    Je souhaiterais une réaction diplomatique et médiatique forte de la France exigeant que les auteurs de l'agression contre notre compatriote soient recherchés, identifiés et punis avec ce que permet la rigueur de la loi égyptienne.

    J'ai lu le témoignage de Lara Logan. Il y une chose qui me frappe : partout on fait semblait de croire que ces exactions sont l'oeuvre de partisans du régime. Je n'en crois rien. Je crois bien qu'il s'agit d'Égyptiens ordinaires, ce qui montre bien à quel point ce peuple est devenu vil et corrompu.

  • La foudre sur Bachar ?

    Je sens Bachar el Assad de plus en plus mal, en Syrie : si le Canard dit vrai, Turquie, Angleterre et France, envisageraient de structurer une opposition armée contre le régime.

    Les Turcs proposent de mettre en place une zone d'interdiction aérienne (tiens, ça rappelle la Lybie). Il semble qu'il existe d'ores et déjà une Armée Syrienne Libre. Celle-là même qui commence à attaquer au lance-roquette des centres opérationnels voire des unités des brigades de Bachar.

    La France envisage d'ores et déjà la création de zones humanitaires, peut-être sur le modèle de ce que les Américains ont assuré aux Kurdes en Irak par le passé.

    Même si Français et Britanniques disposent de l'appui presqu'inconditionnel de la Ligue Arabe, je ne vois pas comment une opération pourrait se monter sans l'aval de la Russie. Et je ne la vois vraiment pas lâcher son allié...

    J'avoue la perplexité : en intervenant ne risque-t-on pas d'alimenter une guerre civile entre Sunnites d'un côté et Alaouites de l'autre ?

    Il y a autre chose qui m'interpelle : c'est le retour dans le jeu diplomatique de la France et de la Grande-Bretagne au Maghreb et au Proche-Orient. J'avoue que c'est tout à fait inattendu et surprenant.

    Ce qui est inattendu, en fait, c'est de les voir agir seul, sans doute, il est vrai, sous l'oeil favorable des USA, mais, in fine, de leur propre chef.

    Si une démocratie s'établissait en Syrie et que le régime Baasiste s'effondrait, nulle doute que les cartes seraient totalement rebattues au Liban.

    La France qui a pris fait et cause pour le Liban depuis fort longtemps vise peut-être ce but spécifique. Débarassé de la tutelle de son encombrant voisin, le Liban pourrait peut-être reprendre le chemin de la prospérité (ne fut-il pas la Suisse du Moyen-Orient ?) à condition, toutefois, de régler le problème du Hezbollah.

    Pour ma part, il demeure un poitn essentiel à mes yeux, c'est celui du sorts des Alaouites. L'Alaouisme représente une branche avancée et particulièrement évoluée de l'Islam

    S'il y a une représentation alaouite suffisante au sein de l'opposition, on pourrait envisager un véritable soutien, mais s'il s'agit de prendre parti dans un conflit entre Sunnites et Alaouites, je suis beaucoup plus réservé.