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samedi, 12 novembre 2011

L'Italie, sortir de l'euro ?

Je lis souvent l'excellente revue de presse de Lupus, et tout dernièrement, je suis tombé sur une reprise d'article dans laquelle un certain Nouriel Roubini, sorte d'oracle de Delphes de la mauvaise nouvelle économique, annonce une possible sortie de l'euro de l'Italie.

Des oiseaux de mauvais augure qui prédisent la damnation éternelle à l'Europe et la désintégration de l'euro, il y en a un bon nombre depuis que les choses vont mal. Mais jusqu'à aujourd'hui, aucun pays n'est sorti de la zone euro, en dépit de très fortes turbulences, pas même la Grèce...

L'Italie a quelques arguments à faire valoir :

- pas de déficit primaire. En somme, elle paie les errements du passé, mais pas ceux du présent.

- elle vient de se débarasser du clown Berlusconi qu'elle a remplacé par un économiste sérieux, Mario Monti (dont le MoDem et le PDE voulaient soutenir une éventuelle candidature à la présidence de la commission européenne en mai 2009) .

- l'Italie vient de voter avec une majorité écrasante tant au Sénat qu'à l'Assemblée les mesures économiques que lui réclame l'Europe.

Preuves que quelque chose se passe, la bourse de Milan a bondi, et surtout, les taux d'intérêt auxquels emprunte l'Italie actuellement sur les marchés se sont repliés de 7 à 6.5%.

Le gouvernement de Monti doit trouver une majorité stable, mais je crois que ni le centre-gauche ni la droite en Italie n'ont envie de mettre le feu aux poudres. Si Monti n'outrepasse pas son très technique mandat et se contente de mettre en oeuvre les desiderata de l'Union européenne, il ne devrait pas risquer grand chose.

Nouriel Roubini a donc de bonnes chances d'en être pour ses frais : il juge que la crédibilité d'un pays met au moins deux années à se redresser sur les marchés. Nous n'en sommes pas encore là puisqu'il y a d'ores et déjà un rebond immédiat...

vendredi, 11 novembre 2011

L'UNESCO a la mémoire courte

A lire la presse, on a le sentiment que USA et Israël se vengent de la résolution votée par l'UNESCO en lui sucrant ses crédits.

Mais l'UNESCO a la mémoire courte : quel est l'organisme, au fait, qui déclarait il y a 20 ans de cela Israël hors-région pour le punir de son attitude envers les Palestiniens ? On ne sait pourquoi, mais il n'y a jamais eu de résolution similaire contre tout autre pays s'autorisant des manquements bien plus graves, et pourtant ils sont nombreux.

L'adhésion à l'UNESCO est un joli coup de la diplomatie palestinienne, et franchement, je préfère voir les Palestiniens se battre sur ce terrain-là qu'à coups de bombes dans les transports en commun de civils.

Et puis Bibi et ses sbires l'ont bien cherché : en n'offrant aucune opportunité à Abbas, ils l'ont contraint à se les créer lui-même.

Il n'en reste pas moins que sous des dehors gentiment humanitaires, l'UNESCO en profite souvent pour servir des idéologies. Par exemple, je soupçonne fort qu'il va tenter de déclarer certains sites controversés au patrimoine mondial après déclaration non des Israéliens, mais des Palestiniens.

Des décisions à l'emporte-pièce pour des monuments figurant à Jérusalem pourraient par exemple mettre le feu aux poudres.

L'UNESCO va larmoyer, désormais, parce qu'elle se retrouve amputée d'une large part de ses fonds. Mais c'est ce qu'il se produit quand on mord la main de celui qui vous nourrit et qu'on lui crache à la gueule...

lundi, 07 novembre 2011

Hank Skinner en sursis

J'ai déjà parlé de ce condamné à mort américain vraisemblablement innocent. A vrai dire, j'étais très pessimiste parce que son exécution était annoncée pour mercredi. Or, ce malheureux homme se trouve être prisonnier dans une prison texanne.

Connaissant les juges texans...corrompus jusqu'à la moëlle dans de sinistres débauches d'un côté, se prenant pour le bras de Némésis de l'autre.

Ces salopards refusent à Skinner les tests ADN qui pourraient l'innocenter : en fait, on sent bien qu'ils préfèrent le griller plutôt que de devoir admettre qu'ils se sont ramassés. Il faudrait pouvoir traduire quelques juges texans devant une cour du TPI, tiens, si c'était possible. La manière locale de se débarasser des innocents pue la méthode maffieuse à plein nez.

Skinner était un syndicaliste qui faisait ch... le shérif local. Le meurtre atroce de sa petite amie a été une aubaine pour cet enfoiré. 

Il vient malgré tout d'obtenir un délai : la cour d'appel du Texas va examiner le recours des avocats qui demandent qu'on accorde à Skinner les tests ADN qu'il demande. 

Ce sont vraiment de gros enculés. Je suis désolé de me lâcher comme ça, mais j'avoue une certaine rage. Ces gros connards savent très bien que Skinner est innocent, mais si jamais ils devaient admettre leur incurie et mettre le nez dans leur diarrhée dégueulasse, il y aurait à mon avis un paquet de cadavres qui sortirait des placards.

Cela fait 10 ans que la "justice" texane fait un gros tir de barrage pour empêcher la réalisation des fameux tests. 

dimanche, 06 novembre 2011

La volonté des peuples

Il y a des manières d'agir qui sont vraiment minables. Papandréou s'est bien moqué de son peuple ! Il a utilisé la "menace" d'un référendum comme moyen de pression pour conserver un soutien au parlement grec. Il y a eu comme un lâche soupir de soulagement après l'annonce de l'annulation du projet de référendum. Bon sang, quand un peuple doit affronter une échéance majeure, c'est bien le moins de le consulter.

C'est marrant, toute cette classe politique qui a constamment peur d'affronter le verdict des urnes, considérant le peuple comme nécessairement demeuré et inculte. Enfin, marrant...non, moi, ça ne me fait pas marrer, en fait.

J'aime bien Bayrou parce que, parmi les pro-Européens, c'est le seul qui n'a pas peur d'y aller et de demander aux gens leur avis. Il était favorable à un référendum pour le Traité de Lisbonne et l'a conseillé en vain à Sarkozy.

C'est tout à fait à raison qu'il juge, cette fois que c'est une erreur de construire l'avenir d'un pays contre son peuple.

Je ne dis pas que je regrette le référendum, je dis qu’à l’égard des peuples il y a là pour le moins une maladresse. Pour un peuple, ça veut dire que c’est de l’extérieur que viennent les pressions qui vont réduire à une situation de plus en plus difficile […]. Sur le fond, considérer que c’est une victoire d’avoir interdit à un peuple de s’exprimer me paraît quelque chose de dangereux.

Pas mieux.

On a l'impression qu'une partie importante de la classe politique a peur de dire la vérité aux électeurs. Là, il fallait y aller, mais en revanche, franco : il fallait avoir le courage de dire aux Grecs, à la Démosthène, tiens, mesdames et messieurs, soit on refuse le plan européen mais on se démerde tout seul, soit on l'accepte mais il y a telle et telle condition à respecter. Faites votre choix.

Quand on a foi en la démocratie, on en admet les aléas. Tiens, cela me fait penser à la Tunisie. Eh oui, là-bas, ce sont les Islamistes qui ont remporté le jackpot. Eh bien c'est comme cela, et personne n'y peut rien. On ne peut pas aller contre la volonté des peuples. Près de 80% des Tunisiens ont voté et c'est clair, il y en a presqu'une moitié qui souhaite un retour du spirituel dans le temporel. Évidemment, l'autre moitié n'a sans doute pas le même avis sur la chose. Mais bon, c'est le jeu de la démocratie, il faut le respecter.

L'Algérie se serait certainement évité bien des malheurs si elle avait laissé à la fin des années 80 le FIS gouverner, l'armée se tenant à prudente distance des décisions des Islamistes. Le pays aurait sans doute passé une décennie sous le joug islamiste, après quoi, sa population se serait probablement lassée.

Bref, la démocratie comporte bien des ingrédients, et c'est une recette assurément compliquée, une sauce longue à prendre. Mais à son départ, il y a le Démos et Δῆμος  en grec, cela signifie le peuple. CQFD.

vendredi, 04 novembre 2011

Il est temps de réagir et de protéger enfin les Chrétiens d'Orient

Je suis sidéré par la lâcheté et le silence du landernau politique européen devant le sort qui est fait aux Chrétiens d'Orient, particulièrement en Égypte et au Pakistan. Seule la presse en parle, et encore !

On a un petit problème, et là, j'avoue être embêté que Jean-Marie Le Pen soit le seul leader politique à l'avoir vu, même si ses conclusions me paraissent plus que hâtives : plusieurs des tyrans que la France combat ou a même mis à terre ont été ou sont des soutiens des Chrétiens en Afrique ou en Orient.

La France doit monnayer au prix fort son soutien à Ouattara en Côte d'Ivoire ou au CNT en Lybie et prendre garde de ce qu'il adviendra des Chrétiens ailleurs. En Irak, Saddam Hussein protégeait les Chrétiens. Assad fait de même en Syrie. Je crois que Kadhafi les laissait à peu près tranquilles en Lybie, et, en Égypte, pendant longtemps (mais pas sur la fin) Moubarak les a considérés avec bienveillance. En Tunisie, ils étaient totalement libres avec Ben Ali pour tous les aspects exclusivement religieux.

Nous sommes, d'une certaine manière, tous les fils et filles du Christ, en révolte contre nos parents, et, ce-faisant, nous considérons désormais le christiannisme comme quantité négligeable et dépassé.

C'est une erreur monumentale. MONUMENTALE. Et je ne dis pas cela par conviction religieuse, mais simplement par raisonnement stratégique. Le christiannisme, particulièrement le catholicisme, est un vecteur privilégié de notre soft power. Il porte bien plus facilement notre pensée, nos intérêts, notre culture, la francophonie que tout autre forme de pensée. Maintenir une présence chrétienne partout en Orient et prendre à coeur ses intérêts, c'est avoir des relais et des antennes en Orient.

Ce qui se passe en Égypte, en Irak, au Pakistan n'est pas acceptable. Nous devons protester et menacer ces pays de sanctions afin que leurs dirigeants comprennent qu'ils subiront les conséquences de leurs manquements. Ailleurs, et partout où nous avons soutenu des oppositions armées à des tyrans, nous devons exiger des garanties et gages très sérieux pour les Chrétiens, en négociant sans faiblesse.

Dans les années 50  et 60, ce sont les Juifs qui ont du fuir l'Orient et se réfugier soit en Israël, soit en Occident. C'est au tour des Chrétiens aujourd'hui. La partie va être subtile : il faut croiser le fer avec les Salafistes qui multiplient les provocations et les attaques, sans pour autant se mettre à dos les populations musulmanes. En Égypte, ce serait relativement facile pour les Européens de contraindre le nouveau pouvoir, mal assuré, à ne pas jouer l'Islam contre les Coptes. Il suffirait simplement d'ouvrir sa g... , d'envisager ouvertement des mesures de rétorsion et de faire valoir à voix haute que les militaires ont confisqué la Révolution là-bas pour que le régime se calme. 

C'est tout de même fâcheux de constater que les Palestiniens sont les seuls à avoir réagi en condamnant fermement les atteintes dont sont victimes les coptes. Enfin, si, il y a tout de même eu un communiqué sybillin du Quai d'Orsay et l'interpellation de trois députés (là encore, parmi les plus réactionnaires de l'Assemblée Nationale...)

Et, au MoDem, on attend quoi pour envoyer un signal fort ?

mercredi, 02 novembre 2011

Un coup d'état militaire en Grèce ? Mais non voyons !

Et voilà : il a suffi d'un entrefilet dans une petite note d'une agence de presse grecque pour que la rumeur s'emballe. L'Nicolas a titré aussi sur la chose, mais pas seulement : le pourtant généralement perspicace Jean Véronis en a tiré quelques conclusions hâtives... Faut lire les notes jusqu'au bout : le précédent commandement avait été nommé par Nea Demokratia en 2009, le parti de la droite grecque.

Papandréou joue une sacrée partie de poker : il doit absolument venir à bout de la dette de son pays, enfin, plus exactement, la stabiliser. Or, devinez un peu quel ÉNORME budget aspire une quantité énorme de ressources en Grèce ? Ben l'armée, pardi. Moi, je pense plutôt que ces promotions/rétrogradations/mutations préfigurent une cure d'amaigrissement assez monumentale dans la défense grecque.

En tout cas, cela laisse à penser que le PASOK ne s'apprête pas à conserver le pouvoir : il est de tradition, en Grèce, d'opérer des changements favorables à son camp quand on s'apprête à tomber. Or, j'ai lu ailleurs que les députés grecs ne laisseraient pas Papandréou plonger son pays dans le gouffre en avalisant une procédure référendaire à tous les coups perdante.

Il joue donc son va-tout et je comprends que dans cette histoire, il cherche surtout à placer ses potes aux postes intéressants.

14:50 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : grèce, coup d'état |  Facebook | | |

mercredi, 19 octobre 2011

La corde pour nous pendre...

Je considère la situation de la Grèce, à l'heure actuelle, et je me dis vraiment que si on la lâche, c'est à dire qu'elle fait défaut de paiement, on est foutu. Que se diront les marchés ? Que l'euro n'est pas une monnaie fiable, que l'Europe n'est pas une entité sûre, et donc, que n'importe quel état européen peut faire défaut, désormais.

Et là, je vous dresse le tableau de la suite : panique générale sur les marchés, personne ne sachant plus où placer ses fonds pour qu'ils soient sûrs. Je ne parle même pas des banques que tout le monde conchie imbécilement : si jamais les États crament, elles, elles sont carbonisées. Personne pour les recapitaliser, et des actifs pourris à la pelle. Y'aura plus que les belles démocraties que sont la Chine, les pétro-monarchies ou encore la Russie pour racheter pour l'euro symbolique toutes les banques européennes d'un coup. 

Et là, ceux qui pleurent sur les salauds de banquiers qui se goinfrent auront une raison de pleurer pour quelque chose, parce que les Chinois, les Russes et consorts, ils ne nous feront pas de cadeau. Aucun.

Ah oui, les Russes, vous savez les meilleurs alliés stratégiques de la France, selon Marine Le pen qui se pâme chaque fois qu'elle voit Poutine. Ben tiens, y'a une institution russe qui lui conviendrait bien à la Marine : l'asile de fous.

En somme, si on ne tient pas le défilé des Thermopyles, les Perses, passent, quoi.

Quand je pense qu'il y a des andouilles pour estimer qu'on a coulé trop de fric en Grèce, que les Grecs n'ont qu'à se démerder, ou encore qui comparent la situation grecque à celle de l'Argentine il y a 15 ans, en faisant valoir que cette dernière s'est finalement redressée. Tu parles, Charles...Il n'y avait pas de crise des dettes des États, à cette époque, et elle n'entraînait pas toute une zone dans sa chute.

Bref, on a tous la corde autour du cou, mais le problème, c'est que c'est la même corde. Alors si jamais il y en a un qui est pendu, devinez un peu ce qu'il se passe pour les autres...

Le truc, c'est qu'on a un gros souci ; on est dans la ligne de mire des agences de notation, et là, la politique économique de la France va être un exercice de haut équilibre :

- soit on tente de réduire drastiquement les déficits en baissant la dépense publique et en montant les impôts, mais on casse la croissance. Perspectives de croissance en berne ? Tac, note dégradée par les agences.

- soit on tente de relancer la croissance et on y va mollo sur les impôts, et dans ce cas, déficits, et paf, perspectives de croissance en berne, note dégradée.

Il faut donc une équation gagnante, c'est à dire croissance + réduction des déficits. C'est exactement ce qu'a calculé Bayrou qui est convaincu qu'on ne peut pas s'en sortir sans associer les deux (d'où son fameux slogan, Produire, Instruire, Construire).

Mais c'est pas joué. Ça va être très chaud. Super chaud, même. Sur le fil du rasoir. Un pas de côté, et on chute...

Moi, je crois que les gens sont prêts à faire des efforts en général : tenez, prenez la Grèce. Les Grecs étaient résignés et admettaient d'en prendre plein la gueule quelque temps. Pourquoi sont-ils dans la rue aujourd'hui ? Parce que ce sont toujours les mêmes qui paient cash. Les petits, les salariés, les fonctionnaires, et pendant ce temps, les professions libérales continuent à frauder, les armateurs à être exemptés d'impôts et l'église orthodoxe à ne pas payer un kopeck de taxes foncières alors que les Grrecs ordinaires la paient 6 ou 7 fois. Je serais là-bas, moi, pour une fois, je serais un chasseur de koulaks, et pourtant, ceux qui me lisent savent que ce n'est pas vraiment la ligne du blogue...Dans une crise d'une telle ampleur, il faut être irresponsable pour ne pas partager l'effort. Et pourtant, le gouvernement local est censé être socialiste...Comme quoi, nul n'est prophète en son pays !

Il faudra donc avoir en permanence le souci de la justice, quoi qu'il advienne dans l'avenir pour la France. C'est le seul fil auquel tous les Français sans distinction peuvent accepter de se rattacher.

samedi, 15 octobre 2011

Le porc de Noriega doit payer

Quand j'entends ce que Noriega et ses sbires ont fait subir à Hugo Spadafora, c'est à dire un niveau de tortures et de supplices pas dicibles, j'en viens à souhaiter pouvoir les asseoir sur une chaise électrique au disjoncteur déficient, histoire que ces ordures puissent se sentir mourir au moins au millième de ce qu'ils ont fait subir à leur victime.

Ce que je regrette, c'est que si l'on peut espérer que cette ordure fasse l'objet d'une extradition en Italie, en revanche, je doute que ses affidés soient recherchés et récupérés.

Maintenant, j'aimerais savoir autre chose : comment Noriega a pu être fait commandeur de la Légion d'Honneur ?

Ne me dites pas que ni Chirac ni Mitterand n'étaient au courant de ses exactions ignobles. Ils en avaient forcément connaissance.

On sait, évidemment que Noriega était un grand copain de la CIA mais aussi des cartels de la drogue en Colombie.

09:39 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : noriega, spadafora |  Facebook | | |

vendredi, 07 octobre 2011

L'éco-système de la démocratie

C'est l'un des derniers billets de Ruminance sur l'actuel potentat de la Tchtéchénie qui m'amène àquestionner non pas ce qu'est une démocratie, mais plutôt les conditions de son émergence.

Au fond, une démocratie, c'est un peu comme le biotope de nombre de nos régions : elle nécessite une sorte d'éco-système et des pré-requis, sachant que les pré-requis ne sont pas une assurance de réussite.

Parce que nos démocraties libérales et commerçantes nous ont amené à un haut niveau de vie, nous avons souvent, dans nos démocraties occidentales, hypostasié le principe démocratique sans songer que la démocratie n'est pas le meilleur des systèmes parce que son arrière-monde serait irréprochable, mais tout simplement parce qu'il garantit à un grand nombre d'individus la protection de leurs intérêts.

Partout où nous avons essayé d'amener la démocratie "de force" ces trente dernières années, nous avons échoué. Je ne m'aventurerais toutefois pas à énoncer qu'une démocratie imposée est fatalement un échec, le Japon et l'Allemagne en sont la contre-démonstration éclatante, si l'on se réfère à leur sort au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Les régimes qui sévissent dans le Caucase et autour de l'Oural sont ou des despotismes, ou des oligarchies. L'oligarchie, je n'aurais pas imaginé que ce fût un régime politique qui refît surface un jour. A vrai dire, il n'existe aucune oligarchie déclarée : elles se dissimulent presque toujours derrière des oripeaux qui n'ont de démocratiques que l'aspect.

On retrouve finalement un peu les mêmes problématiques partout où la démocratie affronte d'autres systèmes politiques : sans développement économique, sans sécurité, la démocratie ne peut s'installer. Il faut d'abord assurer l'un et l'autre, puis garantir les libertés et le droit afin que les individus et les entreprises puissent contracter en toute sécurité.

Pourquoi les Talibans reprennent-ils le dessus en Afghanistan ? Parce qu'ils amènent l'ordre et que l'Amérique et ses alliés ont fait l'erreur majeure de ne pas écarter immédiatement les Seigneurs de la guerre à leur arrivée. Or, ces deniers ont toujours prospéré au coeur de l'anarchie, de la corruption et du crime crapuleux. Si les lois afghanes étaient appliquées convenablement et avec justice, Dostom et ses sbires auraient dû être pendus de longue date, par exemple.

En Tchétchénie, la population, pour une large part, se moque bien de la liberté de la presse et des assassinats politiques, parce que pour le commun des gens, c'est la vie ordinaire qui a longtemps été difficile.

Ce n'est pas d'une démocratie à grands principes dont les peuples émergents ont besoin, mais d'une démocratie pragmatique et adaptable, proche d'eux et de leurs besoins.

C'est compliqué l'éco-système de la démocratie, parce qu'en même temps, un tel régime ne peut se contenter de satisfactions alimentaires. Alors c'est quoi la recette ?

Mon sentiment, c'est que les principes philosophiques ne constituent pas le corps de la démocratie, mais, ils lui sont ce que le levain est à la pâte du pain : il lui permet de lever.

Au fond, la liberté est l'épice indispensable qui donne sa saveur au plat : qu'on l'oublie, et il est raté. Qu'on l'asperge et l'on n'atteint pas son but.  Quoi ? Un excès de liberté serait néfaste ?

Non, il n'y pas d'excès de liberté, en revanche, il y a des perversions de la liberté avec des effets plus ou moins néfastes. Aristote a étudié les dérives auxquelles donnent lieu les différents régimes politiques, et l'on sait que pour la démocratie, ses deux bacilles les plus mortels sont l'anarchie et la démagogie.

Enfin, il ne faut pas se voiler la face, l'avènement de la démocratie est aussi une affaire d'opportunité. Quand les conditions de cette opportunité ne sont pas réunies, elle ne peut pas naître.

Si, à l'heure actuelle, dans plusieurs pays arabes (mais pas forcément tous) les ferments de la révolte semblent propices à l'éclosion du germe démocratique, dans d'autres parties du monde, au Pakistan, en Afghanistan, en Tchétchénie, en Russie, il est patent que nous sommes loin du compte.

Il faut alors s'armer de patience et se tenir à l'affût du moment opportun, parce qu'in fine, comme l'observait Schumpeter à la fin de son Capitalisme, Socialisme et Démocratie, ce sont les peuples qui décident, au fond de leur sort.

dimanche, 25 septembre 2011

Abbas a raison.

Mahmoud Abbas a choisi la voie diplomatique pour faire valoir les revendications des Palestiniens. C'est la bonne démarche. L'actuel gouvernement israélien est largement responsable de ce cheminement. Abbas est acquis à l'idée de négocier de longue date, et, bon an mal an, les forces de sécurité palestiniennes ont rempli leur contrat en Cisjordanie.

Mais voilà, Israël, sous l'égide du Likoud et des ultra-conservateurs, ne veut rien céder à Abbas. Les libertés économiques ne progressent guère, même si le niveau de vie global s'améliore, et les tracasseries en tout genre persistent.

En en donnant rien en échange de sa bonne volonté à Abbas, Israël a précipité le dépôt d'éligibilité palestinien. La diplomatie israélienne devrait méditer ces derniers développements et se réorienter au plus vite. On ne peut aller contre le vent de l'Histoire, et le fait est que les Lieberman et compagnie se sont avérés bien incapables de donner le coup de barre qui convient pour prendre le bon cap.

Autant je n'ai aucune considération pour le terrorisme aveugle du Hamas, ni pour les pseudo-flotilles qui essaient de forcer l'espace maritime d'un état souverain, autant j'ai bien plus de sympathie pour un homme de dialogue qui s'appuie sur le droit re reconnaît à la partie adverse la légalité des accord conclus ces dernières années.

Mahmoud Abbas est une chance pour Israël. Une chance de paix et de dialogue. L'État hébreu a intérêt à saisir cette chance tant qu'elle est encore là...

15:10 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : abbas, israël, palestine |  Facebook | | |