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samedi, 31 décembre 2011

Inquiétante Hongrie

Ce qui se passe en Hongrie me paraît de plus en plus inquiétant : qu'une loi permette au gouvernement de désigner les adjoints du directeur de la Banque centrale, évidemment, ce ne sont pas mes options économiques, mais, à la limite, cela relève d'un choix politique que je peux comprendre, celui de vouloir contrôler sa propre banque centrale. Les Hongrois s'en mordront les doigts, mais cela ne contrevient pas aux libertés.

En revanche, décréter arbitrairement que telle ou telle religion mérite ou non une subvention publique, je n'aime pas du tout. Nommer un antisémite notoire, qui publier régulièrement sur le complot juif à la tête d'un théâtre national, c'est à l'évidence faire le lit de résurgences qu'il faut bien appeler néo-nazies. Faire porter aux Socialistes actuels le chapeau des crimes des communistes, c'est tout simplement ridicule. Mais, sur ce point, on va rire : comme on le sait, quand on crache un gros glaviot vert par la fenêtre d'une bagnole qui roule vite, il a une fâcheuse tendance à vous revenir direct dans la gueule. J'ai cru comprendre qu'il y avait bien plus d'anciens cadres du PC du temps de l'URSS au sein du Fidesz, le parti conservateur actuellement au pouvoir que chez les Socialistes. Comme la loi prévue vise les anciens dirigeants communistes, on pourrait ne pas tarder à adopter profil bas au Fidesz.

Ce n'est pas tout : une loi permet au pouvoir d'infliger des peines très lourdes aux médias pour atteinte à la morale publique et décrète qu'il n'y a plus de secret des sources. Cet aspect avait fait bondir l'ADLE au Parlement européen qui avait immédiatement réagi. Si finalement Viktor Orban a du mettre de l'eau dans son vin, le compte n'y est pas, et Marielle de Sarnez faisait bien dans sa lettre de mars 2011 de dénoncer une intention liberticide : 

« les arguties juridiques derrière lesquelles se retranchent le gouvernement hongrois ne changent rien au fond: il s’agit d’une loi liberticide et l’intention est bien de bâillonner la presse. Il est des sujets non négociables si l’on veut que l’Europe ait un sens. La liberté de la presse en est un »

Cerise sur le gâteau, les juges sont désormais à discrétion du Procureur qui peut sélectionner le tribunal de son choix. Étouffement des affaires garanties.

A cela s'ajoutent des discours plus que douteux sur la Grande Hongrie et le Traité du Trianon. Un pays de l'UE peut traverser une phrase avec un gouvernement d'extrême-droite , c'est ce qui s'est passé en Autiche,  mais cette fois, le Fidesz détient les deux tiers des voix au Parlement.

Bref, c'est pas la joie en Hongrie...

00:36 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : hongrie, fidesz, orban, sarnez |  Facebook | | |

samedi, 08 janvier 2011

Finalement, Sarkozy est plutôt libéral avec la presse...

Tiens, en parlant de Hongrie, j'ai songé, en relayant l'appel de Marielle de Sarnez et de Nathalie Griesbeck à corriger le tir dans ce pays en matière de liberté de presse, à notre propre situation en France. C'est en fait la réaction d'Erasmus Tharnaby, (excellent dès qu'il parle des verts et de l'écologie), dans le fil du billet,  qui m'a en fait amené à me pencher sur le sujet.

Réponse du Hongrois à la bergère : la France est un pays où le PDG des chaînes de télévision est nommé par le Président de la République (ou présumé tel), en l'occurence un président qui se conduit en chef de parti, l'UMP, l'Union pour la Majorité PRESIDENTIELLE. Il est toujours temps de déménager en Hongrie pour retrouver un peu de liberté...

D'une certaine manière, c'est un peu un paradoxe de la part de Sarkozy : d'un côté, comme l'a écrit Bayrou, c'est en effet l'homme d'un clan, de l'autre, rarement un président français en a pris à ce point plein dans la gueule. Chirac, peut-être, parfois, et encore. Quand je parcours la Toile, il n'y a pas un blogue pour prendre sa défense sauf ceux des députés et des sénateurs UMP, et encore. Côté presse, seul le Figaro lui passe la brosse à reluire. Tous les autres journaux de droite ne lui font pas de quartier : ni le Point, ni Valeurs Actuelles, qui n'hésitent pas à le plomber quand ils ne sont pas contents. 

La presse électronique, à 100% de gauche, a largement mordu la main qui lui a donné à manger : c'est Sarkozy qui a fait voter le principe d'aides financières à la presse électronique au titre des nouvelles technologies : Slate, Rue89, Backchich, Mediapart, ils en ont tous profité, et ils ne se sont pourtant pas privés de laminer le Sarko autant qu'ils l'ont pu. 

Dans les émissions télévisées (même si je ne regarde pas souvent la télévision) j'observe qu'il s'est régulièrement fait allumer, y compris sur les chaînes détenues par ses potes. 

Alors après, on peut toujours pleurnicher sur les lois Hadopi, Loppsi et consorts, en matière de liberté de la presse, franchement, dans ce pays, on peut dire à peu près ce que l'on veut. En fait, pas tout à fait : on en devient empêche quand on dérange un réseau de pouvoir. Mais cela, on ne peut en tenir Sarkozy pour le seul comptable, et certains de ces réseaux lui sont étrangers, même si, in fine, je suis à peu près convaincu que les différents réseaux savent composer quand il s'agit de défendre des intérêts communs bien compris.

Le classement de RSF positionnait la France à la 44ème place en raison de propos prétendument menaçants de Nicolas Sarkozy. Il faut arrêter un peu : dès qu'il l'ouvre un peu fort, tout le monde rigole ! Et puis franchement, j'ai un peu de mal à prendre au sérieux un classement qui place le Mali à la 26ème place. Ou encore l'Afrique du Sud devant l'Espagne. Il faut être un peu sérieux si l'on veut être crédible. J'ai regardé en fait les barèmes de RSF : torturer ou emprisonner un journaliste, ça coûte deux points à un pays. Censurer trois journaux dans tout le pays, 6 points. Les pressions pour ne pas couvrir tel ou tel évènement coûtent aussi beaucoup de points, sans distinction du sujet et des causes. En tout cas, bien plus que le fait de torturer, kidnapper, détenir illégalement des journalistes (2 points chaque). Il faut être un minimum sérieux...

Bref, Sarkozy a bien des travers, mais il ne me paraît pas avoir contrôlé la presse plus que ces prédécesseurs : plutôt moins, au final, que certains d'entre eux que l'on célèbre aujourd'hui, qui plaçaient sur écoute un certain nombre de journalistes...

Globalement, le classement de RSF me paraît correct, mais, concernant les démocraties, je me demande parfois s'il ne cède pas à certains partis pris un tantinet convenus...

 

jeudi, 06 janvier 2011

Liberté de la presse : correction de tir urgente en Hongrie !

Marielle de Sarnez et Nathalie Griesbeck, députés européennes du Mouvement Démocrate, ont fait part mardi 4 janvier de leur indignation face à la décision du Gouvernement Hongrois de mettre un place un "Conseil des médias" exclusivement contrôle par le parti au pouvoir. 

D'une même voix, elles en appellent au respect de la "Charte des droits fondamentaux et des engagements pris par la Hongrie lors de son adhésion à l'Union européenne".

La présidence hongroise de l'UE a débuté le 1er janvier 2011 dans la controverse avec au premier rang des inquiétudes une loi sur les médias tout juste entrée en vigueur. 

Sans présumer des capacités hongroises à faire face aux multiples défis qui se posent aux Européens, nous partageons les doutes exprimés par les institutions européennes quant à la compatibilité de cette loi avec les valeurs qui fondent l'Union européenne. 

Cette loi, sans précédent, soumet les médias hongrois à un "Conseil des médias" exclusivement contrôlé par le parti au pouvoir et prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 730.000 euros pour des chaînes de radio ou de télévision en cas "d’atteinte à l’intérêt public, l’ordre public et la morale " ou encore des "informations partiales", sans que pour autant ces concepts soient clairement définis. 

Pour Marielle de Sarnez, responsable des Affaires Étrangères et de la Gouvernance Internationale au sein du Shadow Cabinet et rapporteur du Parlement européen sur la liberté de la presse dans le monde, a rappelé que "les arguties juridiques derrière lesquelles se retranchent le gouvernement hongrois ne changent rien au fond: il s'agit d'une loi liberticide et l'intention est bien de bâillonner la presse. Nous militerons au Parlement pour que la Commission reçoive tout le soutien politique pour faire respecter la Charte des droits fondamentaux et les engagements pris par la Hongrie lors de son adhésion et j'espère que le Conseil montrera la même fermeté. Il est des sujets non négociables si l'on veut que l'Europe ait un sens. La liberté de la presse en est un". 

Pour Nathalie Griesbeck, responsable des Libertés et de la Justice au sein du Shadow Cabinet du Mouvement Démocrate, "cette loi entrave incontestablement les principes de liberté des médias. Or, la liberté de la presse, son indépendance et la pluralité des médias sont autant de principes fondamentaux sur lesquels est construite l'Union européenne. Nous attendons actuellement une réponse rapide et précise de la Hongrie ; l'Europe ne pourra, en aucun cas, fermer les yeux sur cette loi. A la Hongrie de corriger rapidement le tir !".

 

jeudi, 07 octobre 2010

La Mort Rouge

J'ai été stupéfié par l'ampleur de la catastrophe écologique qui frappe la Hongrie. Comme une telle quantité de boue peut se déverser d'une usine et détruire ainsi pour sans doute des siècles faune et flore dans un rayon de 40 à 50 kilomètres. Comment ?

La réponse figure dans cet article du Nouvel Obs : qui peut être assez crétin, irresponsable voire criminel et imprévoyant pour avoir stocké de telles quantités de boue mortelle dans un réservoir unique de 300 mètres de long sur 400 de large ? Et combien de haut, au fait ?

Quand on stocke une substance aussi dangereuse, le bon sens minimal, c'est déjà de compartimenter les zones de stockage, afin qu'un trou ne suffise pas à déverser tout le contenu dans la campagne avoisinante. 1.1 millions de mètre cube. Hallucinant. Les cons.

14:14 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boue rouge, hongrie |  Facebook | | |