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vendredi, 03 février 2012

Loyers : Delanoë est le phénix de nos hôtes !

Ce n'est pas inutile de traîner chez le premier tovaritch de la pravdasphère : outre les billets plaisants et amusants, on y trouve aussi des pépites en commentaires ! J'avais la flemme de rédiger un billet aujourd'hui. Merci grandpas !

C’est un fait acquis : Delanoë est le phénix de la gestion publique et, s’il a dû augmenter de 52% les impôts des propriétaires de logements parisiens et de 9% ceux des locataires, ce n’est pas de sa faute : c’est celle du méchant Etat qui lui doit des sous et celle de la crise immobilière qui lui prend des recettes. 

Le problème, c’est que, contrairement à cette vision de cour de récré où rien n’est jamais de sa faute, le maire de Paris porte une lourde responsabilité dans la situation financière de la ville et dans les multiples hausses d’impôts que subiront les Parisiens. Les récents comptes administratifs 2008 – qui retracent l’exécution du budget écoulé – et les budgets supplémentaires qui seront votés par la majorité municipale lundi prochain sont en réalité très révélateurs. 

La dégradation accélérée des finances parisiennes est le résultat de la gestion calamiteuse depuis 2001 avant d’être le résultat de l’effondrement des droits de mutation. En effet, toutes les dépenses de fonctionnement ont fortement augmenté depuis 2001. 

Exemple : les charges de personnel de la ville étaient de 1,34 Md€ en 2001 et de 1,76Md€ en 2008, soit +31%. Si la mairie avait simplement maintenu le pouvoir d’achat des fonctionnaires et n’avait pas recruté quelque 7000 agents supplémentaires, il n’aurait fallu que 1,54 Md€ pour les payer en 2008 : ce sont donc 220 millions d’euros supplémentaires que les contribuables doivent verser chaque année pour financer les recrutements et les augmentations salariales décidées depuis 2001 par Delanoë. 

Autre exemple : les dépenses de fonctionnement des services qui étaient de 793 M€ en 2001 sont passées à 907 M€ en 2008 alors que chaque année, depuis 7 ans, le roi de la gestion explique sérieusement qu’il fait 30 M€ d’économies sur ce poste, qui aurait donc dû diminuer de 210 M€ et non augmenter de 114 M€ !!!


Dernier exemple du délabrement : l’évolution de "l’excédent cumulé", une vieille notion budgétaire qui oblige les collectivités locales à constituer une sorte de réserve de prudence. Quand Delanoë est arrivé à la mairie, il a commandé un audit et les cabinets qu’il avait lui-même missionnés ont conclu qu’il héritait d’une situation financière « exceptionnelle ». L’excédent cumulé de recettes de fonctionnement au 31 décembre 2001 était de 598,2 M€ (pour un total de dépenses annuel de 3,53 Mds € ; le « matelas » de réserve représentait donc 16% des dépenses annuelles, ce qui était prudent). 

Au 31 décembre 2008, cet excédent a fondu : il n’est plus que de 310 M€, pour un total de dépenses annuel de 4,75 Mds€ : la fameuse réserve de prudence ne représente donc plus que 6% des dépenses annuelles, autant dire que l’année prochaine, on aura simultanément la flambée des impôts, l’explosion de l’endettement et la poursuite de la dégradation des finances municipales. 

Pour tenir jusqu’en 2008 et les élections, outre le flot des impôts immobiliers dont la crue était la conséquence de la flambée des prix, le maire a recouru à une bonne vieille méthode : endetter la ville. L’encours de dette était de 0,95 Md€ en 2001, de 1,85 Md€ en 2007, de 2,13 Mds€ en 2008 et il devrait atteindre 2,33 Mds€ en 2009. La dette a donc été augmentée de deux et demi depuis que le bon gestionnaire autoproclamé est aux commandes. 

Après que toutes les ficelles aient été utilisées, il lui restait donc à augmenter les impôts, ce qu’il a commencé à faire il y a six mois et qui va se poursuivre évidemment les prochaines années. 

Au-delà de cette litanie de chiffres un peu aride, le bons sens résume la situation des Parisiens : leur édile a dépensé sans compter, recruté à tout va, multiplié les travaux de voirie aussi utiles que les aménagements successifs du boulevard Saint Marcel ou de l'avenue Jean Jaurès, réussi à éviter de les faire passer à la caisse en mangeant les excédents cumulés et en engrangeant la fiscalité liée à la spéculation immobilière…

encore il investissait pour l’avenir et économisait pour remédier aux pertes de recettes. 

Mais pas du tout : au budget supplémentaire, il compense les pertes de droits de mutation d’abord par une manne inespérée : 98 M€ en provenance des caisses de l’Etat et du plan de relance (tiens, tiens, l’Etat n’est pas si méchant après tout…), une plus value de 10 M€ des concours « classiques » de l’Etat (décidément, ce méchant Etat est bien généreux) et une plus value sur les impôts directs des Parisiens de 70 M€ (décidément toujours bons pour passer à la caisse). Au fait, cet amoureux de la transparence aurait peut-être pu informer les élus en mars dernier de cette manne et limiter la hausse des impôts, n'est-ce pas ? Mais il sait que le pire est à venir et veut habituer progressivement les Parisiens à la saignée. 

Et, pour faire bonne mesure, non seulement il ne fait pas d’économies, mais il augmente les dépenses de fonctionnement pour des charges de confort comme les loyers (comme si la ville avait besoin de louer alors qu'elle est le principal propriétaire foncier de Paris !), qui continuent leur vertigineuse ascension : +1,6M€. Ce seul poste est passé de 20,9 M€ en 2001 à 45,8 M€ en 2009 pour la ville-département ! Mais les augmentations de dépenses sont aussi liées à des décisions hasardeuses : + 4M€ pour payer les frais contentieux (y a-t-il le fameux contentieux sur les marchés de propreté dans ces 4M€ ?) et, cerise sur le gâteau : +6 M€ pour les fameux nouveaux marchés de collecte des ordures ménagères dont les conditions d’attribution ont tant fait parler (voir les articles du Delanopolis et de Bakchich info) ! 

Parallèlement, en toute discrétion (aucun commentaire dans l’étique rapport de présentation officiel), les subventions à l’enseignement supérieur sont massacrées : -0,46M€ sur 4,2M€ pour les associations et – 0,45M€ sur 20,2 M€ pour les organismes publics d’enseignement supérieur, soit une diminution de près de 1 M€. Pourtant, le candidat du PS aux municipales nous avait rebattu les oreilles avec sa priorité absolue donnée à ce domaine, non ? Tout comme baissent les aides aux nouvelles technologies et aux interventions économiques (-0,15M€ sur un budget déjà rachitique de 2,17M€). 

Mais, rassurez-vous, l’effort est bien réparti et va permettre de faire de la com' : la « provision pour subvention de fonctionnement du Conseil de Paris, qui était de 1,819 million d’euros est sévèrement toisée : elle baisse de ...... 2000€ ! 

C’est ce qui s’appelle préparer l’avenir. Au secours ! 

18:43 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, delanoe, logement |  Facebook | | |

lundi, 30 janvier 2012

Ça sentait le facho à plein nez à Vienne...

Je me suis déjà exprimé ici sur l'Autriche (faudrait que je retrouve le billet). Ce pays n'a pas été dénazifié en 1945 parce qu'il était sur une ligne de fracture Est/Ouest. Du coup, tous les nazis ont pu s'y planquer, et, aujourd'hui, ils paradent dans les palais impériaux, cachant à peine leur idéologie.

Si on avait pendu ce qu'il fallait de dignitaires nazis et traité l'Autriche comme un pays vaincu, et non annexé en 1946, Marine Le pen n'aurait pas trouvé de cavalier à Vienne.

On peut toujours trouver évidemment des individus recommandables parmi ceux qui ont fait partie des corporations pangermanistes qui se réunissent lors de cet évènement annuel, il n'en reste pas moins que la majorité mérite son certificat de facho aussi authentique que patenté.

Je connais l'Autriche. A moins d'1 kilomètre de Mathausen, personne ne sait où cela se trouve. Cela ne me fait pas rire, et c'est la vérité. Dans le musée de l'armée de Salzbourg, un soldat en tenue flambante du 3ème reich trône juste à côté de la salle de torture. 

Quand j'étais bien plus jeune, j'avais avec un pote de circonstance dragué deux Autrichiennes à la sortie d'une discothèque : engageant la conversation, je leur avais demandé ce qu'elles pensaient de Kurt Waldheim qui faisait alors l'objet d'une polémique. Tout en se déclarant social-démocrates, elles n'avaient trouvé que des mots pour le défendre. On n'a pas fini la nuit ensemble, c'est clair. On a parfois l'impression que "facho" et Autrichien, c'est quasi-consubstantiel.

A Saint-Wolfgang, quand on se promène dans les rues qui sentent leur petite Suisse bien propette, les regards fuyant derrière les rideaux à l'affût de la délation dévoilent le fond de l'esprit autrichien.

Il reste, heureusement, des Autrichiens aussi aimables qu'admirables, mais là-bas, il faudrait un méga grand coup de torchon pour faire du nettoyage. Il y a de la saleté qui s'y est stratifiée depuis 1945, et, depuis que ça dégèle, ça commence à rentrer en putréfaction.

Ce qui est drôle, ce sont les efforts de Marine Le pen pour dédiaboliser le FN tout en se rendant à naziland faire quelques pas de valse.

Les mecs qui organisent ces bals, ils ont quand même proposé Rudolf Hess, dauphin de Hitler en 1939, comme candidat à titre posthume pour le prix Nobel de la paix.

Je pense que Marine Le pen sera désormais dispensée de refaire une demande de visa pour Israël : pas la peine de chercher à dédiaboliser son parti, et puis...il doit y avoir trop de Kahn, là-bas, son père pourrait s'en trouver indisposé...

A gauche on a du mal avec la réalité...

Julien Dray a quelques difficultés avec le principe de réalité. Je le lis expliquer sur son blogue que Bayrou a toujours fait partie de la majorité de droite et qu'il reviendra à son camp. Bayrou est indépendant depuis fort longtemps, désormais, et les échecs électoraux du MoDem s'expliquent justement par cette volonté de faire le chemin seul. Seul, et avec des têtes fondamentalement nouvelles en politique.

Julien Dray accuse Bayrou de vouloir attenter à la puissance publique : il ne fait pourtant qu'énoncer une donnée de la réalité. La France est déficitaire, le budget doit revenir à l'équilibre. Il me semble bien que c'est aussi ce que veut (au moins en paroles) François Hollande. Alors ? Ce qui est bon chez Hollande est mauvais chez Bayrou ?

Dire que Bayrou n'est pas le changement est assez amusant, venant d'un représentant d'un des deux parties de pouvoir.

Quant au tournant social, on attend toujours de savoir quel va en être le financement. Je rappelle, une fois encore, que François Hollande parle de redéploiements pour la fonction publique et de rien d'autre. On sait donc qu'il va forcément supprimer des emplois quelque part. On aimerait savoir où...

Mettre sur le même plan les 2% de TVA supplémentaires de Bayrou et les 1.6 de Sarkozy comme on le voit sur les réseaux sociaux de la part des Socialistes relève de la forfaiture. Les 2% de Bayrou font partie d'un paquet global destiné à venir à bout de nos déficits. Il n'en constitue qu'un nécessaire élément. A celui-ci s'ajoute une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu, un impôt universel sur le patrimoine sans niches et un taux de CSG révisé pour garantir le financement de la protection sociale.

De toutes façons, les Socialistes finiront d'une manière ou d'une autre par faire payer les Français parce que c'est inévitable. Alors ce n'est pas très honnête de raconter des salades...

13:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bayrou, dray |  Facebook | | |

vendredi, 27 janvier 2012

Que faire pour lejaby ? Ben acheter français...

Ah, lejaby, c'est la grande angoisse des politiques par les temps qui courent : encore une entreprise qui délocalise, encore une usine qui ferme, encore des emplois perdus. Ils y courent tous à Yssingeaux, dans l'urgence de la campagne présidentielle. Hollande, Besson, Wauquiez, Montebourg, tous se pressent au chevet du symbole du textile français agonisant.

Cette précipitation  traduit surtout l'absence d'anticipation. Elles sont nombreuses, les petites usines, à avoir crevé lentement, d'une mauvaise mort. Il y a, je le crois, chez nombre d'acteurs politiques, maldonne sur le rôle de l'État : tout faire pour retrouver un repreneur, c'est certes louable, mais c'est une réaction dans l'urgence qui se substitue à la vision de fond.

Il faut voir les procès en sorcellerie ès nationalisme qui sont régulièrement faits à Bayrou depuis qu'il a propulsé Made in France et Achetez français dans la campagne électorale.

Que faire pour Lejaby ? Eh bien commander un soutien-gorge là-bas, pardi ! Là, je ne peux pas le faire, je ne suis pas une fille. Mais dans le principe, pour deux euros, comme l'observait Bayrou, pourquoi ne pas acheter local ?

Pour information, les soutien-gorges Lejaby sont en vente chez LemonCurve et en plus, il y a de bonnes soldes : -50% ! Bon, il ya  juste un petit souci : faute d'indications, qu'est-ce qui est produit en France, exactement, dans le tas ?

Évidemment, le consommateur ne peut être le seul acteur de ce redressement : l'État peut avoir un rôle facilitateur. Auprès des entreprises, en évaluant en amont le danger à venir, d'où l'intérêt d'un Conseil stratégique qui puisse voir venir le temps mauvais et les évolutions de chaque filière, en aval en permettant au citoyen de se fournir localement, c'est à dire en l'informant et en favorisant la distribution des produits locaux dans les principaux dépôts et principales enseignes. Les fondamentaux du programme de Bayrou, en somme.

Bayrou avait approuvé en son temps la mise en place d'une sorte de fond souverain stratégique : sans en faire une caisse de renflouement, on pourrait aussi penser à une action d'un tel fond dans ce genre de cas, notamment pour favoriser la constitution de SCOP, structures plus fiables que les sociétés classiques pour garantir le bien-être des salariés.

Il faut évidemment qu'il y ait les compétences nécessaires sur place, mais personnellement, je vois bien un État prêteur/investisseur favorisant l'émergence de SCOP puis rentrant dans ses fonds après remboursement une fois l'usine ou l'entreprise sauvée. Pour une collectivité locale, l'investissement ne me semble pas impossible, puisqu'à ce que j'ai compris, il suffirait de 7 à 10 millions d'euros pour créer une nouvelle entreprise à partir de l'unité de production existante.

Moi, je crois profondément à l'intelligence collective. Souvent, les êtres qui vivent en société trouvent des solutions collectives naturellement viables. On voit en France plein d'associations faire feu de tout bois là où les services de l'État défaillent et où le privé classique piétine.

La SCOP, c'est une forme d'intelligence collective viable. De la même façon qu'il faut faire confiance aux Français pour faire preuve d'intelligence collective dès lors qu'ils sont informés. L'État n'a dans cette vision de la société, toute centriste, que vocation à favoriser la rencontre des différents acteurs, sans interférer davantage.

Au fait, mes jeans de Florac sont arrivés ! :-) M'ont l'air très bien coupés, mes deux Tuff's, mais je vous en donnerai des nouvelles prochainement. Je ne l'ai pas ajouté la dernière fois, mais en fait, les jeans, c'est une création française de Nîmes à l'origine.  D'où la marque Denim. Cette hypothèse est toutefois controversée : selon d'autres sources, le tissu aurait été commercialisé par des marchands Gênois et «jean» serait en fait l'anglicisation de Gênes. Quoi qu'il en soit, c'est bien à un Américain que l'idée est revenue de faire, à partir de cette toile, les pantalons qu'on a par la suite appelés jeans. Voilà, ça c'était le plus pour informer de la suite de ma commande Made in France :-)

jeudi, 26 janvier 2012

Un centriste juge le programme de Hollande

Je viens à l'instant de prendre connaissance des principales propositions de François Hollande via le Parisien.

Ma première réaction, c'est de penser qu'il ne peut pas financer ce qu'il promet. Il va donc soumettre aux Français des propositions mensongères, sauf à nous envoyer dans le mur direct. 150 000 emplois jeunes, 60 000 fonctionnaires, 25% d'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, 25% de nucléaire en moins d'ici 2025, il faut arrêter un peu.

Après, lot de consolation, l'ensemble est tout de même beaucoup moins calamiteux que ce que le laissaient entendre le Bourget et les déclarations de ses lieutenants ces deux dernières semaines. Au fond, c'est un programme social-démocrate assez classique, avec hameçons et appâts pour la gauche de la gauche.

Il y a tout de même quelques mesures que j'agrée :

- abrogation de la circulaire sur les étudiants

- loi sur l'égalité homme/femme (la fera-t-il vraiment ?)

- tranche supplémentaire sur l'IRPP

- arrêt de la RGPP (politique menée à l'aveugle depuis sa mise en place).

- introduction d'une part de proportionnelle aux législatives

Mais pour le reste...

12:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : hollande, programme |  Facebook | | |

mercredi, 25 janvier 2012

2017 : Marine Le pen et le FN gagnants ?

Tous ceux qui s'intéressent vraiment à la politique (et même les autres, d'ailleurs) doivent absolument acheter le dernier numéro de Marianne. Précipitez-vous, il est encore en kiosque.

L'hebdomaire a consacré une longue enquête à l'électorat FN. Une vraie enquête. Pas de celles que la presse condescendante et bobo consent de temps à autre à pondre pour conjurer le "péril brun" prolétarisé.

Marine Le pen est jeune, très jeune en politique. Elle n'est pas laide, et elle est charismatique. Elle a le vent en poupe, et surtout, son électorat est bien plus fidélisé que ne se l'imaginent les adversaires du Front National. En fait, pour 2012, récupérer les électeurs du Front National, c'est déjà foutu. Marine Le pen ne pourra prendre le pouvoir en 2012. Mais si la politique menée d'ici 2017 échoue, ses rangs pourraient grossir démesurément jusqu'au seuil fatal où elle pourrait devenir majoritaire...

La presse ne cesse de saluer en François Hollande l'inéluctable vainqueur de 2012. Le Canard enchaîné que j'ai connu plus caustique et perspicace esquisse aujourd'hui en une un sous-marin émergeant sous le pédalo. Cette absence totale de lucidité ne laisse de m'inquiéter. L'électorat Front National est d'abord jeune et populaire. Pas exclusivement ouvrier. On y trouve largement représentée une France qui ne bénéficie guère des avantages variés dont la gauche se voudrait la généreuse dispensatrice.

J'ai été assez impressionné de voir la gauche relancer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Il me semble que l'on a tout de même d'autres étendards à porter, en période de crise, qu'une mesure qui fait polémique et de surcroît, ne concerne, dans la réalité, qu'un tout petit segment de la population. Sans doute la gauche se croit-elle populaire quand elle fait des immigrés sa préoccupation principale.

Il y a une très forte pression protectionniste au sein de l'électorat FN, et, plus inquiétant, au sein de la population française, ce qui laisse à penser que le FN a une marge de progression possible.

La seule réponse pertinente, m'a-t-il semblé, dans cette campagne, a été et demeure celle de François Bayrou avec son projet de Made in France. Les procès en nationalisme auxquels il a donné lieu à gauche montre d'ailleurs les limitations de la gauche actuelle : prise au piège de sa propre hypocrisie elle dénonce les méfaits de la mondialisation tout en récusant toute solution nationale au nom de la mondialisation. Chacun de mes billets ici sur les biens produits en France que j'achète me valent un concert de quolibets et de sarcasmes de la pravdasphère.

On ne sait où en est l'UMP et la droite en général tant elles naviguent à vue, elle aussi, n'usant du fait national que comme seul argument électoral.

Il n'y pas de Hari Seldon (les amateurs du Cycle de la Fondation d'Asimov apprécieront la référence) au MoDem ni nulle part ailleurs, et nul ne sait donc de quoi l'avenir sera fait. On peut essayer de débattre avec Marine Le pen et les experts du FN pour obtenir des réponses (c'est sans espoir dans le domaine économique, ni Anne-Sophie Lapix ni moi ne parvenons à en obtenir de cohérentes...) mais c'est peine perdue, me semble-t-il. Son électorat n'en a cure, et toute "victoire" dans ce domaine ne reviendrait qu'à s'autocongratuler, spécialité de la pravdasphère et du landernau politico-médiatique en général.

La seule chose qui puisse faire reculer le FN, c'est d'une part un programme qui relance l'emploi et le pouvoir d'achat en France, la relocalisation de la production, en somme, et d'autre part, la prise en compte des inquiétudes de l'électorat FN (insécurité, immigration, déclassement). Bayrou répond au moins au premier item. Pour le reste, en revanche, rien au sein de la classe politique dans son ensemble en face du FN si ce ne sont tantôt de ridicules objurgations à rejoindre le camp du "bien" tantôt une imitation ridicule dont la servilité ne parvient pas à effacer la fadeur et l'inconsistance.

17:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : marine le pen, bayrou, 2012, 2017 |  Facebook | | |

Mélenchon et Bayrou : si loin et si proches...

C'est curieux : je suis un centriste d'obédience libérale et je devrais donc considérer Mélenchon et ses supporters comme mes adversaires principaux, et pourtant, ce n'est pas le cas.

Bayrou et Mélenchon s'opposent radicalement par leur analyse de l'environnement économique, ce qui est loin d'être négligeable, mais ils partagent aussi un goût prononcé et profond pour la culture et la défense de la culture et un véritable amour du peuple français.

Quand j'entends Mélenchon parler sur l'école, par exemple, en dehors de Bayrou, je trouve que c'est le seul qui échappe à la doxa bien-pensante et si c'était l'unique critère de mon vote, nul doute qu'il lui serait acquis immédiatement après Bayrou.

Bon, évidemment, si vous lisez de temps en temps le blog du товаричь (tovaritch : paf, j'ai réussi à l'écrire en russe :-) !) Gauche de combat et ses échos de la gauchosphère, vous allez constater de, comment dirais-je, substantielles divergences de vue...

Au fond, Mélenchon et Bayrou ont en commun d'être des trublions, des empêcheurs de tourner en rond. J'ai bien aimé la manière dont Mélenchon a envoyé ch... le petit Journal. Il paraît que Barthès va perdre sa carte de presse. Bon débarras. Ce gars-là fait du divertissement, pas de l'information et en plus il diffuse des contre-vérités. A preuve l'histoire de l'audi qui n'appartenait pas à Bayrou ou encore, plus récemment, la fausse absence d'effusions entre Éva Joly et Mélenchon.

Bref, respect pour Mélenchon, mais...ça s'arrête là, parce que politiquement, les amis, c'est la baston, on n'a presque rien de commun, les gauchos et moi :-)

09:34 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : bayrou, mélenchon |  Facebook | | |

mardi, 24 janvier 2012

La droite ne peut plus compter que sur le centre pour éviter la gauche

Je suis assez tenté de souhaiter bonne retraite à Nicolas Sarkozy, à l'instar d'un autre Nicolas, et j'en profite pour revenir sur l'article du Monde qu'il cite. Nicolas Sarkozy se laisse aller à des confidences et avoue qu'il ne croit plus guère en sa victoire. Plus personne à droite ne peut gagner car il est trop tard pour lancer une alternative crédible. Si la droite veut éviter toutes les conséquences d'une prise de pouvoir par la gauche, et elle serait alors totale puisqu'elle détient déjà le Sénat, les grandes villes et les Régions), elle ne peut qu'espérer se reporter vers le Centre.

Évidemment, il y a des différences notables entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Il ne faut pas compter sur le premier pour chasser les étudiants étrangers, et, si je crois qu'il évitera d'alourdir démesurément les impôts, il fera le nécessaire tant que notre budget ne sera pas à l'équilibre. Il ne fera pas des fonctionnaires ses cibles principales. Les lobbies et les réseaux de pouvoir ne trouveront pas d'oreille complaisante auprès de lui. Mais François Bayrou a en commun avec Nicolas Sarkozy de respecter l'initiative individuelle et privée. Sa politique n'ira pas contre les entrepreneurs, pas contre les salariés non plus dont il désire alléger les charges, pas contre les professions libérales trop souvent stigmatisées. Pas de démagogie ni d'ennemi pointé du doigt, mais des objectifs clairs et précis, avec des mesures identifiées et pragmatiques adossées à une éthique irréprochable. Bayrou n'aime pas que l'on fasse de l'argent la pierre angulaire de l'action humaine, mais il n'a pas non plus cette détestation mêlée de fascination et d'attirance pour le capital que l'on trouve à gauche. Son refus de stigmatiser la finance et les banquiers et son choix de désigner les causes réelles de notre essouflement attestent ce désir d'honnêteté.

Le coeur même de la démocratie chrétienne au fond, avec toutefois une touche de laïcité nettement plus appuyée que le démocrate-chrétien moyen auquel l'opinion est habituée.

Je n'aime pas l'idée de voter pour quelqu'un par défaut, ne serait-ce que parce que je l'ai trop fait moi-même. C'est pour cette raison que j'essaie de donner des raisons objectives aux électeurs de droite de voter pour Bayrou, sans toutefois leur mentir. Il leur reste cent jours pour réfléchir à la question.

09:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : bayrou, centre, droite, sarkozy |  Facebook | | |

lundi, 23 janvier 2012

Sarkozy parti, un paquet d'abrutis en moins !

J'adore chercher querelle à la pravdasphère, mais il y a tout de même une chose qu'il faut admettre, c'est qu'une fois Sarkozy partri un sacré paquet d'abrutis va gicler avec.

Je ne parlerai pas de l'actuel Ministre de l'Éducation Nationale par respect pour les graves évènements qu'il vit à l'heure actuelle, mais à défaut, je me défoulerai sur l'incapable Guéant.

Regardez quelles belles et intelligentes filles ce vil scélérat fait partir de France. Rien que pour ça, déjà, des baffes.

Plus généralement, la manière dont le gouvernement Sarkozy emm... les étudiants étrangers depuis 5 ans avec une cristallisation de la connerie cette dernière année me met hors de moi.

Je ne sais pas qui sera finalement notre prochain président (j'exclus de la palette Marine Le pen car elle n'aura jamais la majorité nécessaire pour la porter au pouvoir même si ses adversaires présentaient un cochon en face), mais une fois Guéant chassé et ses circulaires débilissimes pour ne pas dire criminelles abrogées, je crois que rien que pour ça, je déboucherai le champagne.

18:27 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : guéant |  Facebook | | |

La pravdasphère encense Hollande !

J'aime bien la dernière trouvaille du Faucon. Il espère que les blogues de gauche ne deviendront pas une pravdasphère si Hollande est élu. Je le rassure : ils le sont déjà :-) Même moi je n'aurais pas osé copier-coller un discours aussi long (et fumeux) sur mon blogue. On se congratule, chez les pravdonautes : y'a vraiment pas de quoi.

Une chose, en tout cas, est certaine : Hollande n'est pas l'homme de la situation. Ce type-là en est encore à chasser les moulins à vent au lieu de s'occuper des vrais problèmes. 

J'ai dit à quel point déclarer la finance ennemie publique était d'un ridicule consommé. C'est encore Bayrou qui a apporté la meilleure réplique à Hollande en rétorquant que l'ennemi, évidemment, c'est le chômage

Bien sûr les pravdablogueurs se déchaînent contre Bayrou tentant de le discréditer par tous les moyens, mais rien n'y fait, Bayrou progresse dans de nombreux segments de l'opinion publique.

Que l'on ne s'y trompe pas : j'en ai trouvé pour tenter de faire valoir que Bayrou était l'archétype du gentleman farmer, mais la réalité, c'est que l'homme de réseaux, c'est Hollande : voyez ce qu'observent les gauchos des gauchos eux-mêmes ! Moi, ça ne me gêne pas, en soi, que sa direction de campagne soit truffée de représentants des grands groupes et des grandes banques, mais qu'il cesse de jouer à l'alter-mondialiste en levant haut le menton pour décréter la finance proscrite. Je dis que cela ne me dérange pas mais...à voir. Le problème, c'est que les mêmes individus viennent ensuite rôder dans les couloirs de l'Élysée, et je peux vous garantir que leurs intérêts sont loin d'être les nôtres...

15:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : hollande, finance |  Facebook | | |