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samedi, 15 février 2014

Objectif zéro SDF, un mensonge de plus.

Plus un candidat fait de promesses et assure à ses futures ouailles un monde merveilleux, moins elles ont de crédibilité.

Je vois mal comment Paris pourrait trouver 15 000 places pour les SDF qui résident dans la ville alors même que les gens modestes et les classes moyennes doivent quitter la ville.

Les candidats, dans la mesure de leur possibilité, feraient mieux de se concentrer sur le retour à l'emploi de ces SDF et sur le logement d'urgence, le temps de la réinsertion.

Anne Hidalgo a rappelé qu'elle voulait construire 30 000 logements sociaux. Cela signifie-t-il qu'elle compte y loger des SDF puisqu'elle associe cette mesure avec sa nouvelle promesse ?

Je jugerais cela parfaitement injuste pour tous ceux qui attendent depuis très longtemps d'y trouver une place, à commencer par les parents isolés qui élèvent seuls un ou plusieurs enfants.

De toutes façons, tous les candidats peuvent toujours prêter tous les serments du monde, jurer sur le Styx ou leurs grands dieux que cette fois ils vont trouver des solutions : ils ne risquent pas d'en subir le contrecoup. Les SDF ne votent pas et, puis, il faudrait le rappeler, plus de la moitié d'entre eux sont des étrangers en situation irrégulière (52% selon les chiffres de l'APUR). Une part significative comporte également des toxicomanes. Si je reçois que les toxicomanes et les étrangers en situation irrégulière puissent bénéficier de structures particulières ou de logement d'urgence, ce serait en revanche inacceptable qu'ils prennent la place de simples Parisiens sur liste d'attente, et, pour les premiers, apportent des nuisances dans le logement social. 

Cela me frappe que 16% des SDF ont un emploi : autrement dit, ce sont des travailleurs pauvres qui ne trouvent pas à se loger en raison de l'envolée des prix franciliens et de l'augmentation du coût de la vie. 

Avant de faire des promesses, mieux vaudrait déjà améliorer l'existant : la sécurité dans les centres d'accueil, par exemple. La moitié des SDF sont morts de trouille à l'idée de s'y rendre parce qu'on leur vole là-bas tous leurs maigres biens et parfois, ils sont mêmes battus (par d'autres SDF). 

Une première mesure, pas très coûteuse, serait déjà d'installer la plus grande quantité possible de casiers sécurisés disposant d'un mécanisme à code ; au moins autant qu'il y a de places. Ensuite, investir dans la présence de vigiles et jeter dehors les fauteurs de trouble. Tant pis pour eux. Les autres ont le droit de pouvoir passer une nuit tranquille.

Une deuxième mesure non moins utile serait qu'il y ait un vrai standard au 115. Ça me fait grincer des dents d'entendre un "yaka appeler le 115". Vous avez essayé déjà de joindre le 115, vous ? Bon courage...En recrutant quelques agents de plus, on fluidifierait nettement les communications. Avec un système informatisé de gestion des places relié à tous les hébergements d'urgence et les foyers d'accueil, on aurait enfin une bonne visibilité de leur disponibilité.

Évidemment, ça en jette moins que de promettre monts et merveilles. 

09:29 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sdf, logement |  Facebook | | |

mardi, 22 octobre 2013

100 000 logements à Paris ! Merci qui ? Merci Marielle (de Sarnez) !

Sur le moment, je me suis inquiété de ne voir que le Parisien évoquer le plan Marshall pour le logement de Marielle de Sarnez. Je me suis dit : m... ou quoi ? Dès qu'une personnalité politique aborde un sujet sérieux avec des propositions très concrètes, la presse ne relaie plus. Il n'y a que histoires à deux balles et le sensationnalisme ou quoi qui l'intéresse ? Et puis aujourd'hui et dans les moteurs de recherche, le Parisien se contente de titrer sur sa page de garde qu'elle se rapproche de NKM sans le dire. Information (spéculation ?) passionnante, n'est-ce pas ?

Heureusement, ce matin, plusieurs organes de presse se sont tout de même rattrapés : Le Point, 20Minutes, Metronews, il y en a tout de même quelques uns qui réagissent. C'est fou, tout de même, ce que l'on a du mal à intéresser la sphère médiatique avec des sujets sérieux. Au fil du temps, elle se confond de plus en plus avec le monde du spectacle.

Quant à votre serviteur eh bien il suffisait de l'avoir lu en juin puis en août pour avoir déjà un certain nombre d'informations en avant-première :-)

Marielle récapitule ses principales mesures sur son site de campagne mais le projet complet figure sinon sur le site du Mouvement Démocrate.

Le principal défi c'est évidemment de libérer du terrain pour construire du foncier. Marielle a donc mis en avant trois mesure phare pour tenter de le relever :

- récupérer des hectares qui ne sont pas exploités : couverture du périphérique, couverture des gares là où c'est possible, en particulier. L'idée de couvrir le périphérique pour bâtir est à mon avis apparu à la suite des propositions des libéraux puis du MoDem pour éviter un sort funeste aux Serres d'Auteuil : étendre les courts de tennis sur l'A13 au lieu de saccager les serres. On comprend que les Socialistes n'aient pu avoir une telle idée puisqu'ils ont depuis le début refusé catégoriquement son application pour simplement des terrains dédiés au sport (leur acharnement semble hélas porter ses fruits). Une couverture du périphérique offrirait quelques autres avantages : là où elle réalisera les riverains gagneront en confort de vie (plus de bruit, moins de pollution) et une barrière artificielle entre Paris et la petite couronne tombera (préfigurant de facto le Grand Paris à venir).

- optimiser le foncier : c'est toujours amusant de comparer les méthodes. Côté Hidalgo-Delanoë, on essaie de passer en force depuis plusieurs années pour imposer de gigantesques tours aux portes de Paris. Même si à titre personnel, je ne trouvais pas moche le projet architectural, le principe immobilier et foncier est lui mauvais. Il est évident que l'on crée un ogre énergétique amenant de surcroît du froid, des rafales de vent et de l'ombre à tout son environnement immédiat. Marielle a elle une idée bien plus simple : autoriser les co-propriétés partout où c'est possible à se surélever (immeubles de petite hauteur seulement) et bâtir au-dessus des bâtiments logistiques (entrepôts entre autres, administrations publiques).

- transformer l'existant : il existe par exemple 700 000m2 de bureaux vacants qui ne trouvent pas preneurs en raison de leur vétusté. Peu le savent et pourtant il y a là une mine d'accession au logement pour les classes moyennes. Il y aura en outre des préemptions pour mieux répartir le logement social.

Il existe d'autres mesures dans le projet de Marielle de Sarnez, mais je note la place particulière qu'elle accorde aux familles et aux classes moyennes puisque d'une part, elle entend privilégier les trois pièces et plus pour les nouvelles constructions et favoriser les investisseurs institutionnels, bailleurs offrant généralement plus de garanties de stabilité que les particuliers.

Les commissions du MoDem ont bien travaillé, au moins sur ce sujet, en tout cas. J'invite les lecteurs intéressés à prendre connaissance de la totalité du projet.

10:15 Publié dans Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : logement, sarnez, modem |  Facebook | | |

dimanche, 25 août 2013

Logement : le judicieux calcul de Marielle de Sarnez

J'ai entendu plusieurs fois Marielle de Sarnez prévoir de ramener les institutionnels sur le marché de la propriété à Paris. Pour un non-initié, cette mesure pour le logement peut paraître étrange. Un gaucho de base pourrait même penser qu'il ne s'agit là que de rameuter le ban et l'arrière ban du capitalisme étrangleur du petit peuple.

Il n'en est rien. En fait, il faut avoir cherché à se loger à Paris pour comprendre ce que Marielle de Sarnez a derrière la tête. En fait, on n'imagine pas à quel point un rapace sommeille en chacun de nous. Il n'y a de pire bailleur que le particulier. Le particulier propose des baux prohibitifs, n'entretient pas son bien et rechigne aux travaux qu'il est pourtant légalement dans l'obligation de réaliser. Et que l'on ne s'y trompe pas : les opinions politiques n'ont pas cours dans la pensée du bailleur particulier. Pas de pitié pour les canards boiteux. Tout bailleur est persuadé de proposer un palace à la location. On médit des marchands de sommeil, mais qu'on se dise bien que le Parisien bailleur en est un en puissance. Consolation corollaire, le locataire vaut bien son bailleur : il dégrade, exige, reste sans régler son loyer, pinaille pour tout et n'assure pas plus que le bailleur l'entretien dont il devrait se charger.

Et les institutionnels, là-dedans, alors ? C'est quoi au fait ? Eh bien, les assurances, les banques, les grands groupes, et cetera. Un institutionnel n'a en fait pas du tout les mêmes préoccupations qu'un particulier : il ne cherche pas à pressuriser jusqu'à ce que mort s'ensuive son locataire mais à s'assurer un revenu régulier. La plupart du temps, plutôt que de chercher un profit maximal à court-terme, il préfère louer à des tarifs très raisonnables voir bas ses biens immobiliers avec comme effet de pouvoir compter sur le revenu escompté. En outre, comme l'institutionnel privilégie la durée, le locataire na pas à craindre une reprise du domicile au terme d'un bail.

D'une certaine manière, les institutionnels permettent aux classes moyennes aisées parisiennes de trouver un logement. Il est également plus facile d'acquérir un bien auprès de l'institutionnel et, à un prix inférieur à celui de commercialisation.

Bien sûr, le retour de ces propriétaires-là ne saurait être la panacée ni s'avérer l'unique levier pour relancer le logement à Paris, mais, parmi les petits engrenages vertueux que l'on peut essayer d'enclencher c'est très certainement un rouage majeur.

Cette mesure du programme de Marielle de Sarnez est donc loin d'être anodine et elle entre assez bien dans l'idée d'une municipalité facilitatrice pour les Parisiens. Vivement 2014, caramba qu'on confronte les programmes municipaux. Bref, mieux vaut une idée futée que 150 idées bidon (la dernière en date, d'Hidalgo, modifier le Plan Local d'Unrbanisme pour surélever les immeubles)...

01:23 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sarnez, modem, logement |  Facebook | | |

lundi, 24 juin 2013

Marielle de Sarnez émet une idée très astucieuse sur le logement à Paris

1844502738.jpgC'est une satisfaction morale que de constater que c'est dans son mouvement politique que l'on retrouve les rares personnes à avoir encore une pensée et des idées sur le logement à Paris.

Marielle de Sarnez vient de faire connaître l'un de ses projets à ce sujet pour Paris. Jusqu'ici, je m'étais toujours dit que le logement, c'était foutu à Paris et qu'on ne pouvait rien faire sauf à faire sauter le plafond et construire de grandes tours du genre de celles que Delanoë veut nous imposer, ou alors à détruire des espaces verts.

Mais Marielle vient de penser à une chose qui m'avait totalement échappé : j'avais relayé l'idée, à propos de l'extension de Roland Garros, de couvrir l'A13 pour créer des cour de tennis, mais il ne m'était jamais venu à l'esprit que le périphérique dans son ensemble constituait une conséquente réservoir de foncier à Paris.

C'est cet espace que Marielle de Sarnez vient de proposer d'exploiter aujourd'hui afin de réduire la pression immobilière à Paris. 50 hectares, dans une ville comme Paris, c'est énorme !

Très bien vu. Chapeau. Encore quelques idées aussi astucieuses, et je pense que le MoDem pourrait créer la surprise à Paris aux municipales de 2014.

00:09 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sarnez, municipales, logement |  Facebook | | |

lundi, 03 décembre 2012

Duflot et l'Église : la démago...

Duflot a une manière d'apostropher l'Église qui me hérisse. Plutôt que d'assumer l'inexistence de son ministère et son absence d'idées, elle préfère menacer l'Église de réquisitions avec une implicite leçon de morale qu'elle serait bien en peine de faire appliquer à ses amis.

Et pourquoi ne s'adresse-t-elle pas aux riches bailleurs des Tours de la Défense ? Et pourquoi pas le siège des Verts à Paris ? Ou encore les logements vacants de tous ses copains bobos parisiens ? Ou ceux de fonction que les uns et les autres s'attribuent indûment en dépit de revenus plus que largement suffisants ? C'est son absence totale de compétence qui devrait navrer Cécile Duflot.

S'il y a bien une institution qui joue largement son rôle d'amortisseur social à Paris et en France, c'est bien l'Église. Je comprendrais très aisément que ce fût un archevêque ou un évêque, ou toute autre autorité religieuse catholique qui fît une injonction aux congrégations, mais en revanche, je me demande de quoi se mêle Duflot. On n'est pas chez les Soviets, en France, et son oukaze, elle peut la remballer.

La méthode Duflot ? L'exécrable sans-gêne caractéristique de la boboisation  qui frappe notre capitale et une large partie de sa proche banlieue.

Pour ma part, je déteste ce populisme facile et laïcard à la petite semaine et je rappelle à la première camarade du Komsomol Ziéloïnïi Verdovitch qu'en France, la constitution garantit encore à peu près la propriété privée.

J'en profite, après tout, les municipales de 2014 ne sont pas si lointaines, pour évoquer une piste que Marielle de Sarnez envisageait d'explorer en 2008 pour le MoDem afin faire face à la précarité en matière de logement : l'idée vaut ce qu'elle vaut, mais elle a le mérite d'exister même si j'imagine qu'un concert de bonnes âmes repues et dégoûlinantes va hurler au loup et au logement au rabais.

Marielle s'était très justement dit qu'il existait des logements peu coûteux et mobiles démontables et montables aisément : ce sont ceux que les ouvriers utilisent sur les chantiers, c'est à dire des sortes de cabines. Elles comportent un confort généralement rudimentaires mais suffisant pour l'essentiel. Elle avait donc imaginé (ou si ce n'est elle, son équipe au MoDem) la mise en place d'un service d'urgence capable de monter et démonter ces petites unités pour des périodes plus ou moins longues selon les saisons et les aléas climatiques. Ces unités de logement pouvaient être installés temporairement sur certains trottoirs larges, places de stationnement, parcs, zones non-occupées, et cetera...

Pour ma part, j'avais trouvé l'idée intéressante et à creuser. Je ne suis pas sûr que le MoDem l'ait proposé en 2008, mais en 2014, quand nous bâtirons notre nouveau projet, je pense qu'il serait intéressant d'y réfléchir. En tout cas plus que de n'avoir pour seul programme que d'apostropher l'Église...

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vendredi, 03 février 2012

Loyers : Delanoë est le phénix de nos hôtes !

Ce n'est pas inutile de traîner chez le premier tovaritch de la pravdasphère : outre les billets plaisants et amusants, on y trouve aussi des pépites en commentaires ! J'avais la flemme de rédiger un billet aujourd'hui. Merci grandpas !

C’est un fait acquis : Delanoë est le phénix de la gestion publique et, s’il a dû augmenter de 52% les impôts des propriétaires de logements parisiens et de 9% ceux des locataires, ce n’est pas de sa faute : c’est celle du méchant Etat qui lui doit des sous et celle de la crise immobilière qui lui prend des recettes. 

Le problème, c’est que, contrairement à cette vision de cour de récré où rien n’est jamais de sa faute, le maire de Paris porte une lourde responsabilité dans la situation financière de la ville et dans les multiples hausses d’impôts que subiront les Parisiens. Les récents comptes administratifs 2008 – qui retracent l’exécution du budget écoulé – et les budgets supplémentaires qui seront votés par la majorité municipale lundi prochain sont en réalité très révélateurs. 

La dégradation accélérée des finances parisiennes est le résultat de la gestion calamiteuse depuis 2001 avant d’être le résultat de l’effondrement des droits de mutation. En effet, toutes les dépenses de fonctionnement ont fortement augmenté depuis 2001. 

Exemple : les charges de personnel de la ville étaient de 1,34 Md€ en 2001 et de 1,76Md€ en 2008, soit +31%. Si la mairie avait simplement maintenu le pouvoir d’achat des fonctionnaires et n’avait pas recruté quelque 7000 agents supplémentaires, il n’aurait fallu que 1,54 Md€ pour les payer en 2008 : ce sont donc 220 millions d’euros supplémentaires que les contribuables doivent verser chaque année pour financer les recrutements et les augmentations salariales décidées depuis 2001 par Delanoë. 

Autre exemple : les dépenses de fonctionnement des services qui étaient de 793 M€ en 2001 sont passées à 907 M€ en 2008 alors que chaque année, depuis 7 ans, le roi de la gestion explique sérieusement qu’il fait 30 M€ d’économies sur ce poste, qui aurait donc dû diminuer de 210 M€ et non augmenter de 114 M€ !!!


Dernier exemple du délabrement : l’évolution de "l’excédent cumulé", une vieille notion budgétaire qui oblige les collectivités locales à constituer une sorte de réserve de prudence. Quand Delanoë est arrivé à la mairie, il a commandé un audit et les cabinets qu’il avait lui-même missionnés ont conclu qu’il héritait d’une situation financière « exceptionnelle ». L’excédent cumulé de recettes de fonctionnement au 31 décembre 2001 était de 598,2 M€ (pour un total de dépenses annuel de 3,53 Mds € ; le « matelas » de réserve représentait donc 16% des dépenses annuelles, ce qui était prudent). 

Au 31 décembre 2008, cet excédent a fondu : il n’est plus que de 310 M€, pour un total de dépenses annuel de 4,75 Mds€ : la fameuse réserve de prudence ne représente donc plus que 6% des dépenses annuelles, autant dire que l’année prochaine, on aura simultanément la flambée des impôts, l’explosion de l’endettement et la poursuite de la dégradation des finances municipales. 

Pour tenir jusqu’en 2008 et les élections, outre le flot des impôts immobiliers dont la crue était la conséquence de la flambée des prix, le maire a recouru à une bonne vieille méthode : endetter la ville. L’encours de dette était de 0,95 Md€ en 2001, de 1,85 Md€ en 2007, de 2,13 Mds€ en 2008 et il devrait atteindre 2,33 Mds€ en 2009. La dette a donc été augmentée de deux et demi depuis que le bon gestionnaire autoproclamé est aux commandes. 

Après que toutes les ficelles aient été utilisées, il lui restait donc à augmenter les impôts, ce qu’il a commencé à faire il y a six mois et qui va se poursuivre évidemment les prochaines années. 

Au-delà de cette litanie de chiffres un peu aride, le bons sens résume la situation des Parisiens : leur édile a dépensé sans compter, recruté à tout va, multiplié les travaux de voirie aussi utiles que les aménagements successifs du boulevard Saint Marcel ou de l'avenue Jean Jaurès, réussi à éviter de les faire passer à la caisse en mangeant les excédents cumulés et en engrangeant la fiscalité liée à la spéculation immobilière…

encore il investissait pour l’avenir et économisait pour remédier aux pertes de recettes. 

Mais pas du tout : au budget supplémentaire, il compense les pertes de droits de mutation d’abord par une manne inespérée : 98 M€ en provenance des caisses de l’Etat et du plan de relance (tiens, tiens, l’Etat n’est pas si méchant après tout…), une plus value de 10 M€ des concours « classiques » de l’Etat (décidément, ce méchant Etat est bien généreux) et une plus value sur les impôts directs des Parisiens de 70 M€ (décidément toujours bons pour passer à la caisse). Au fait, cet amoureux de la transparence aurait peut-être pu informer les élus en mars dernier de cette manne et limiter la hausse des impôts, n'est-ce pas ? Mais il sait que le pire est à venir et veut habituer progressivement les Parisiens à la saignée. 

Et, pour faire bonne mesure, non seulement il ne fait pas d’économies, mais il augmente les dépenses de fonctionnement pour des charges de confort comme les loyers (comme si la ville avait besoin de louer alors qu'elle est le principal propriétaire foncier de Paris !), qui continuent leur vertigineuse ascension : +1,6M€. Ce seul poste est passé de 20,9 M€ en 2001 à 45,8 M€ en 2009 pour la ville-département ! Mais les augmentations de dépenses sont aussi liées à des décisions hasardeuses : + 4M€ pour payer les frais contentieux (y a-t-il le fameux contentieux sur les marchés de propreté dans ces 4M€ ?) et, cerise sur le gâteau : +6 M€ pour les fameux nouveaux marchés de collecte des ordures ménagères dont les conditions d’attribution ont tant fait parler (voir les articles du Delanopolis et de Bakchich info) ! 

Parallèlement, en toute discrétion (aucun commentaire dans l’étique rapport de présentation officiel), les subventions à l’enseignement supérieur sont massacrées : -0,46M€ sur 4,2M€ pour les associations et – 0,45M€ sur 20,2 M€ pour les organismes publics d’enseignement supérieur, soit une diminution de près de 1 M€. Pourtant, le candidat du PS aux municipales nous avait rebattu les oreilles avec sa priorité absolue donnée à ce domaine, non ? Tout comme baissent les aides aux nouvelles technologies et aux interventions économiques (-0,15M€ sur un budget déjà rachitique de 2,17M€). 

Mais, rassurez-vous, l’effort est bien réparti et va permettre de faire de la com' : la « provision pour subvention de fonctionnement du Conseil de Paris, qui était de 1,819 million d’euros est sévèrement toisée : elle baisse de ...... 2000€ ! 

C’est ce qui s’appelle préparer l’avenir. Au secours ! 

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vendredi, 13 août 2010

L'insoluble casse-tête du logement...

A Paris, la municipalité est confrontée à la quadrature du cercle. Paris étouffe au milieu de sa ceinture. Le logement se renchérit parce que des étrangers achètent à Paris, parce que les familles se séparent et se recomposent, et parce que Paris est attractive.

Mais Paris ne peut accueillir, en l'état, au-delà d'une certaine quantité de population faute de quoi il y a congestion.

Réquisitionner les logements vides et une fausse bonne idée : leur quantité est très insuffisante pour résoudre le problème du logement, et, si de surcroît on en fait des logements sociaux, cela entraînera des rigidités supplémentaires. En effet, l'occupant d'un logement social tend à y demeurer, et c'est donc autant du parc locatif de la capitale qui se trouve définitivement immobilisé.

Accroître la limite haute des immeubles (37 mètres) a le vent en poupe, d'où l'idée des fameuses tours triangle de Bertrand Delanoë. C'est évidemment tentant, mais de tels ensembles immobiliers défigureraient la capitale, créeraient des micro-climats à leur pied et s'avéreraient très énergétivores.

Un contributeur du Cercle Les Échos propose une solution originale : élever les étages des petites constructions en les végétalisant et en utilisant du bois, matériau léger et écologique. Il propose en outre de planter des jardins potagers sur les terrasses et installer un chauffage solaire quand c'est possible. A vrai dire, ce contributeur envisage le cas particulier de Marseille, mais peut-être y-a-t-il quelque chose à en tirer pour Paris.

Il existe bien sûr beaucoup de fausses bonnes idées, et il convient de comparer les coûts pour savoir si cette dernière est viable. Le fait est, en tout cas, que la plupart des maires des villes prisées se trouvent confrontés à la crise du logement, toujours aussi prégnante depuis le début des années 2000.

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jeudi, 29 avril 2010

Un palais dans un studio ?

Dans une époque où la place est chère, dans les grandes villes, j'ai découvert une innovation intéressante, signalée par le twittonaute Bounfr ; un jeune architecte chinois de Hong-Kong, Gary Chang, a mis au point un appartement modulable en utilisant un système de panneaux coulissants divers. Le résultat est assez étonnant...Un amateur de jeux de rôles spécialisé dans la gamme Dungeons and Dragons jurera reconnaître cette espèce de dé magique capable de se transformer au choix, sur un claquement de doigts, en cabane, en maison ou en manoir. Les connaisseurs d'Harry Potter penseront certainement à la tente d'apparence aussi modeste qu'étroite dans laquelle entrent Harry et ses amis dans le cinquième volume de la saga. Gary Chang a réussi avec ses panneaux, à générer 24 pièces différentes là où la surface n'est que de 30 m2. Concept intéressant qui permet à un individu seul de se changer les idées en changeant de décor et de pièce, mais pas de fournir une pièce différente à plusieurs individus... Par ailleurs, l'autre inconvénient, c'est que les panneaux coulissants, aussi ergonomiques soient-ils, consomment pas mal de surface. Il y a bien 24 pièces, mais elles ont toutes en commun d'être fort resserrées... Autre inconvénient : s'il devient possible de changer de pièce, il est du coup quasi-inconcevable de modifier un mobilier prévu sur mesure pour ce labyrinthe d'un nouveau genre. L'une des caractéristiques du labyrinthe de Cnossos, celui dans lequel s'engagea Thésée le jour venu, c'est qu'il changeait de disposition très régulièrement, ses cloisons s'avérant mouvantes. C'était là le pari de Dédale pour assurer Minos d'y perdre ses captifs. L'épreuve mythique est devenu l'idéal de l'architecte d'intérieur moderne, enjeu de taille, mais risqué à tenter de gagner. L'embûche guette nos Dédale modernes, bien capables de se perdre dans les méandres de leurs propres réalisations...

mardi, 09 mars 2010

Se loger

Non non, le titre de mon billet n'est pas une publicité pour Seloger.com ni une recherche d'appartements. Non, je m'interrogeais tout simplement sur ce que proposent les différents partis, aux régionales, dans le domaine du logement, là où le besoin est le plus criant, c'est à dire en île de France. Je ne suis pas le seul à me poser cette question : Florent d'Ataraxosphère  en a tiré un billet. A vrai dire, moi-même, j'ai arpenté les annonces immobilières, Seloger.com et Explorimmo en tête, pendant près de trois ans, sans compter l'inénarrable ruedelimmobilier.com qui a permis à des bataillons de Franciliens frustrés d'épancher leur haine de l'agent immobilier et du propriétaire potentiellement spéculateur.

L'Crapouillot, il n'y va pas par quatre chemins : il voit rouge et vire bolchevik quand il évoque le logement, proposant purement et simplement d'encadrer les loyers ! Coâ, quoi, coué, qu'ouïs-je ? ça va la tête, mon Crapaud, tu veux finir sous-poujado-modemiste ou quoi ? En revanche, il pose une question qui me paraît sérieuse : il observe que les moins riches ont accès aux logements sociaux, les plus riches ont les moyens de se payer leur logement, et les moyens peuvent aller se gratter...

Il a tout de même eu quelques autres et riches idées : interdire le divorce, prier pour une nouvelle canicule pour les vieux. Fausse route pour la seconde prière, bonne pioche pour le premier voeu... Il ne lui reste plus qu'à se convertir au catholicisme et à prêcher la bonne parole. Je crois que le fait est à peu près établi, les divorces ont généré une pression monumentale sur la demande immobilière. Tous ces c... qui se séparent nous emmerdent, quoi...

En île de France, du coup, je suis allé voir de près ce que proposaient quelques listes, sans grand enthousiasme toutefois, car je pense que des listes régionales ne peuvent pas grand chose contre le phénomène : ah, si, peut-être engager des conseillers conjugaux...

Le Père Huchon, fidèle à la doxa de gauche, ne jure que par la construction de nouveaux logements sociaux. Il compte en construire 60 à 70 000 par an. Et demain, on rase gratis ? il compte les construire où et avec quel argent, ses logements sociaux, le père Huchon ? Faut-il comprendre que la classe moyenne pressurisée, celle qui paie des impôts va devoir continuer à se gratter pour espérer un logement ?

Valérie Pécresse a le mérite de parler des classes moyennes que j'évoquais, mais elle croit qu'elle dispose d'une baguette magique avec son Grand Paris. Tout comme Huchon, elle évoque 60 à 70 000 logements par an, avec une part significative pour les revenus intermédiaires.

Bon, en somme, l'UMP et le PS ont à peu près le même programme : ils promettent de raser gratis face à un phénomène contre lequel ils ne disposent d'aucun pouvoir ou presque en région.

Pas fou, le MoDem, avec Alain Dolium, s'est bien gardé d'avancer des chiffres, mais s'engage simplement à se concentrer sur ceux qui sont en grande difficulté (mères seules avec enfants, par exemple). C'est le seul qui envisage une action sur les propriétaires autrement que par la coercition (les autres partis veulent essayer de contrôler le montant des loyers) :  Proposer des garanties et des aides à la rénovation aux propriétaires afin de remettre en circulation des logements vacants . En dehors de cela, comme Pécresse et Huchon, il compte sur 60 000 logements sociaux par an (ils ont du se donner le mot ou consulter tous les mêmes experts). Une mention particulière pour les étudiants et les apprentis auxquels il voudrait réserver 20 000 logements par an.

Je ne vous parle même pas des Verts : je ne dis pas qu'ils ont forcément tord sur le fond, mais le coût de leurs constructions et les limitations qu'ils réservent à l'habitat sont tels qu'on peut considérer que l'île de France est à peu près inconstructible avec eux. Face aux velléités urbanistiques de certains maires, Delanoë en tête, ce n'est pas toujours un mal, à vrai dire. Mais bon, c'est un tantinet en contradiction avec la fibre sociale dont ils se vantent avec des trémolos dans la voix...

Bref, sur le fond, pas la peine de trop se la raconter, dans le domaine de l'habitat, je ne crois pas à une efficience de la Région. Ils me font rire avec leurs 60 000 logements. L'année 2008 qui fut un record arrivait péniblement à 30 000 logements sociaux en île de France !...

 

 

23:47 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : logement, immobilier |  Facebook | | |

vendredi, 05 février 2010

Logement social, Bayrou pose une vraie question...

Le dernier billet de Christophe sur Le Post (un modèle «d'objectivité» dans le genre...) m'a passablement énervé. Bayrou soulève un point qui me paraît tout à fait fondamental : l'adaptation d'un principe de réalité à la situation des mal logés et des sans abris. Une partie de l'assemblée hurle au loup, dans la vidéo que Christophe commente, estimant qu'il ne fallait pas baisser le niveau de normes pour l'habitat des mal-logés. Et Chistophe de dire que Bayrou ne connaît pas ses dossiers et se fait lyncher. Ficelle très grosse qui ne tient pas la route, Christophe. Si tu t'étais intéressé à la campagne municipale du MoDem en 2008, à Paris, c'est au contraire un sujet sur lequel les commissions et Marielle elle-même ont beaucoup réfléchi. Je me souviens d'avoir eu une discussion avec elle, justement, et Marielle disait que la question du mal-logement était une priorité absolue et qu'il fallait absolument trouver des solutions. En particulier, elle s'était demandée si le progrès des technologies dans le domaine des matériaux et notamment leur isolation thermique, ne permettrait pas de mettre en place une série de logements temporaires, de type préfabriqués, aisément démontables, et qui auraient le mérite de donner un toit au plus démunis, pour un certain temps, au moins dans les situations d'urgence. Marielle observait d'ailleurs très justement que c'était d'ailleurs cette absence (celle d'un toit) qui précipitait parfois bien des individus dans la rue sans espoir de retour. Elle notait même que le moment critique où tout bascule ne tient souvent qu'à un fil, fil dont le logement est l'un des écheveaux fondamentaux ! A noter qu'Éric Azière, le second de la liste parisienne pour les Régionales, est justement un spécialiste de la chose et coordonnait la commission logement pendant cette même campagne. Il avait à ce sujet une vision assez intéressante du logement qu'il concevait plutôt comme un parcours correspondant aux différentes étapes de l'existence. J'y reviendrais sur ce blog après en avoir rediscuté avec lui.

Contrairement à ce qu'affirme Christophe, je pense donc que Bayrou a bien au contraire une idée derrière la tête, même s'il n'a pu l'exposer jusqu'au bout : il pense bien sûr aux logements d'urgence sous toutes leurs formes, parce qu'au nom du principe de réalité, il estime qu'il vaut mieux quelque chose que rien.

S'il s'énerve, c'est que tout comme moi, il supporte assez mal les donneurs de leçons le cul assis sur une chaise bien au chaud. Donc blablater sur les normes, c'est bien gentil, mais dans l'immédiat, ceux qui vivent ces situations d'urgence, ils aimeraient bien trouver à se loger, pas qu'on leur fasse des discours sur les normes.

Plutôt que de titrer au lynchage, Christophe pourrait au moins admettre qu'il y a là un débat de fond, quelle que soit sa propre position au demeurant. Mais bon, tant qu'il sera dans une rancune passionnelle à l'égard de Bayrou, il lui sera impossible d'écrire quelque chose d'objectif sur le Président du MoDem, parce que là, en être réduit à faire de la pub pour le Front de Gauche...C'est plus facile, évidemment, de verser dans l'invective que de relever le gant d'un véritable débat.

Voici la vidéo...
Logement : Pierre Laurent répond à François Bayrou
envoyé par frontdegauche. - L'info internationale vidéo.


17:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : logement, bayrou, social |  Facebook | | |