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2017

  • En 2017, seul Bayrou pourrait sauver la France d'un grand danger

    Nul n'est prophète en son pays, je me le dis souvent. Malgré tout, je me risque à à la parole oraculaire.

     Tout comme Bayrou, je pense que Sarkozy éliminera Juppé à la primaire des Républicains, et je fais la même analyse que le Béarnais. Il s'appuiera sur l'aile dure, qui sera la plus motivée, pour assurer son succès. Par ailleurs, Juppé est certes apprécié à gauche et au centre mais pour gagner, il faut d'abord rassembler son camp. Sarkozy et Chirac ont toujours appliqué cette tactique, tout comme Mitterrand. Jospin n'y est pas parvenu en 2002 et cela lui a coûté cher.

    Je crois que la classe politique et la sphère médiatique ne mesurent pas suffisamment le degré d'exaspération d'une large partie des Français. Les cotes de popularité n'en rendent pas compte. Ce que je pense, c'est que Marine Le pen sera au second tour, et ça, cela ne surprendra personne, mais également qu'elle gagnera contre Hollande ou Sarkozy s'ils représentent la gauche et la droite. Sarkozy mesure mal la déception qu'il a engendrée dans les classes populaires qui votent à droite, et à gauche, les plus modestes sont de plus en plus près à passer avec armes et bagages du côté de Marine Le pen, qui tient à cet effet un discours très habile.

    En 2017, seul un candidat centriste ou proche du centre peut battre Marine Le pen, et encore, il faudra qu'il ait une vraie notoriété. Le seul homme qui pourrait être en position d'y parvenir, c'est Bayrou.

    Ce n'est pas un hasard si des députés frondeurs socialistes commencent à exprimer à voix haute ce qu'ils se disaient à voix basse. Il ne s'agit pas de proximité idéologique, mais d'honnêteté, d'idées et de compétence.

    On sait Bayrou honnête, juste, proche des classes populaires et des petits. C'est un homme droit qui dit par avance ce qu'il va faire. On le sait attaché aux choses fortes, à l'école, à la solidarité nationale sans assistanat, et à l'union plus que tout. Il rejette avec force ce qui divise et s'est toujours gardé de toutes formes de stigmatisation envers qui que ce soit, pauvres, migrants, enseignants, riches ou banquiers. 

    Il s'en est toujours gardé car plus que tout, il juge qu'il n'est pire poison que la division. Et franchement, quand on constate les effets des guerres civiles dans les régions ou le chaos s'est installé, on ne peut que lui donner raison. Quand on commence à monter les gens les uns contre les autres, à jeter l'opprobre contre quelques uns en raison de leurs croyances, appartenance ethnique ou profession, on injecte le plus mortel des poisons.

    Bayrou est le seul à penser et agir ainsi en France. Pas de mépris ni de double discours chez lui. Il est attentif aux craintes de chacun qu'il ne réduit pas à du populisme ou du corporatisme.

    C'est à mon avis le seul candidat qui pourra réaliser l'union. Ceci ne signifiera pas que tout le monde sera d'accord avec lui, mais on aura confiance en lui.

     Bayrou est, je le pense sincèrement, la dernière chance de la démocratie dans notre pays.

  • Cent contre un que le FN n'appliquerait pas son programme !

    Cela prend du temps de passer en revue tout le programme du Front National, mais il y a quelques points au moins sur lesquels je peux m'arrêter.

    Pour cela, je prends l'hypothèse dans laquelle Marine Le pen remporterait l'élection présidentielle de 2017.

    Son premier obstacle serait d'obtenir une majorité politique : le FN ne prospère que sur l'opposition du PS et de l'UMP et/ou des centristes (MoDem, UDI). Que l'un ou l'autre vienne à tomber faute de suffrages suffisants, ou que des désistements d'efficacité se produisent par accord entre cees partis afin que chacun puisse avoir des représentants à l'assemblée nationale, et il ne resterait alors au mieux qu'un gros tiers de députés au FN.

    Admettons qu'il passe cet écueil.

    Qui croit alors un seul instant que la France quitterait l'euro ? Non seulement les Français y sont très majoritairement opposés, mais les coûts de conversion seraient tels que nos finances n'en auraient pas les moyens. Il faut bien voir à ce sujet que la venue d'un parti d'extrême-droite, fût-il policé, provoquerait une fuite de capitaux sans précédent dans notre pays.

    Avant même d'être élue, Marine Le pen serait contrainte à essayer d'éteindre les incendies partout où il se produirait. Les Français qui votent FN n'ont pas l'air de comprendre ce qu'est un pays endetté à genoux financièrement : ils seraient inspirés de bien observer ce qu'il s'est produit dans les pays qui ont vécu une semblable aventure.

    Quant à l'immigration, ce serait comique si ce n'était pas déjà tragique. Renvoyer les immigrés dans leurs pénates déstabiliserait d'un coup toute la structure de l'emploi et de l'économie avec une quantité effarante d'emplois qui cesseraient d'être pourvus. Plusieurs entreprises seraient profondément déstabilisées et le PNB de la France en souffrirait durablement. Du côté de l'islamisme, il y a de telles convergences entre islamisme modérée et front national sur les valeurs que je n'imagine pas que l'un et l'autre se tiennent durablement éloignés. Ils se retrouveront et s'embrasseront, c'est à peu près fatal. Voyez d'ailleurs, les précautions oratoires de Marine Le pen avec le vote musulman conservateur français qu'elle espère pouvoir conquérir en raison de la communauté de leurs valeurs, voile excepté.

    Même en sortant de l'Europe, le contrôle des frontières ne serait pas si aisé que le FN se l'imagine. En réalité, à moins de perturber considérablement les échanges et les déplacements, il ne serait guère plus efficace que ce qu'il est maintenant. Le FN pourra tenter de stopper complètement l'immigration et renvoyer les clandestins de toutes sortes, mais cela coûtera très cher au pays (je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, je dis qu'il faut cesser de faire croire aux Français que cela puisse être une économie !...).

    Enfin, la gauche du PS ne fera pas de cadeau au FN. Il n'y aura pas de compromis et des manifestations monstres sont à prévoir. Si le FN choisit la manière forte, il court le risque d'enfoncer le pays dans la guerre civile d'autant que les Français peuvent être très teigneux avec leurs dirigeants quand ils n'en veulent plus.

    Même s'il ne faut pas sous estimer le cire-pompisme et l'obséquiosité des administrations envers le pouvoir quel qu'il soit, je pense que le FN aura du mal à trouver suffisamment de cadres pour faire fonctionner la haute-administration, et je ne parle pas de l'Éducation Nationale qui sera quasi-unanimement hostile au nouveau gouvernement.

    Bref, en arrivant au pouvoir, Marine Le pen pourrait hériter d'un pays ingouvernable...

    Mon moment de politique fiction, mais à méditer malgré tout...

  • 2017 : Marine Le pen et le FN gagnants ?

    Tous ceux qui s'intéressent vraiment à la politique (et même les autres, d'ailleurs) doivent absolument acheter le dernier numéro de Marianne. Précipitez-vous, il est encore en kiosque.

    L'hebdomaire a consacré une longue enquête à l'électorat FN. Une vraie enquête. Pas de celles que la presse condescendante et bobo consent de temps à autre à pondre pour conjurer le "péril brun" prolétarisé.

    Marine Le pen est jeune, très jeune en politique. Elle n'est pas laide, et elle est charismatique. Elle a le vent en poupe, et surtout, son électorat est bien plus fidélisé que ne se l'imaginent les adversaires du Front National. En fait, pour 2012, récupérer les électeurs du Front National, c'est déjà foutu. Marine Le pen ne pourra prendre le pouvoir en 2012. Mais si la politique menée d'ici 2017 échoue, ses rangs pourraient grossir démesurément jusqu'au seuil fatal où elle pourrait devenir majoritaire...

    La presse ne cesse de saluer en François Hollande l'inéluctable vainqueur de 2012. Le Canard enchaîné que j'ai connu plus caustique et perspicace esquisse aujourd'hui en une un sous-marin émergeant sous le pédalo. Cette absence totale de lucidité ne laisse de m'inquiéter. L'électorat Front National est d'abord jeune et populaire. Pas exclusivement ouvrier. On y trouve largement représentée une France qui ne bénéficie guère des avantages variés dont la gauche se voudrait la généreuse dispensatrice.

    J'ai été assez impressionné de voir la gauche relancer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Il me semble que l'on a tout de même d'autres étendards à porter, en période de crise, qu'une mesure qui fait polémique et de surcroît, ne concerne, dans la réalité, qu'un tout petit segment de la population. Sans doute la gauche se croit-elle populaire quand elle fait des immigrés sa préoccupation principale.

    Il y a une très forte pression protectionniste au sein de l'électorat FN, et, plus inquiétant, au sein de la population française, ce qui laisse à penser que le FN a une marge de progression possible.

    La seule réponse pertinente, m'a-t-il semblé, dans cette campagne, a été et demeure celle de François Bayrou avec son projet de Made in France. Les procès en nationalisme auxquels il a donné lieu à gauche montre d'ailleurs les limitations de la gauche actuelle : prise au piège de sa propre hypocrisie elle dénonce les méfaits de la mondialisation tout en récusant toute solution nationale au nom de la mondialisation. Chacun de mes billets ici sur les biens produits en France que j'achète me valent un concert de quolibets et de sarcasmes de la pravdasphère.

    On ne sait où en est l'UMP et la droite en général tant elles naviguent à vue, elle aussi, n'usant du fait national que comme seul argument électoral.

    Il n'y pas de Hari Seldon (les amateurs du Cycle de la Fondation d'Asimov apprécieront la référence) au MoDem ni nulle part ailleurs, et nul ne sait donc de quoi l'avenir sera fait. On peut essayer de débattre avec Marine Le pen et les experts du FN pour obtenir des réponses (c'est sans espoir dans le domaine économique, ni Anne-Sophie Lapix ni moi ne parvenons à en obtenir de cohérentes...) mais c'est peine perdue, me semble-t-il. Son électorat n'en a cure, et toute "victoire" dans ce domaine ne reviendrait qu'à s'autocongratuler, spécialité de la pravdasphère et du landernau politico-médiatique en général.

    La seule chose qui puisse faire reculer le FN, c'est d'une part un programme qui relance l'emploi et le pouvoir d'achat en France, la relocalisation de la production, en somme, et d'autre part, la prise en compte des inquiétudes de l'électorat FN (insécurité, immigration, déclassement). Bayrou répond au moins au premier item. Pour le reste, en revanche, rien au sein de la classe politique dans son ensemble en face du FN si ce ne sont tantôt de ridicules objurgations à rejoindre le camp du "bien" tantôt une imitation ridicule dont la servilité ne parvient pas à effacer la fadeur et l'inconsistance.