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  • Le coup de massue fiscale de Delanoë

    ÉLECTEURS DE BERTRAND DELANOË? ÊTES-VOUS TOUJOURS CONTENTS D'AVOIR VOTÉ POUR LUI AUX DERNIÈRES ÉLECTIONS MUNICIPALES ? Je leur pose la question, parce que la taxe foncière va augmenter de 51,2% exactement pour l'année 2010. Un bon coup de bambou dont les électeurs parisiens sauront, je l'espère se souvenir.

    En somme, une telle augmentation pour un Parisien qui possède son appartement (un "riche", comme dirait François Hollande qui n'aimait pas les riches) c'est passer en moyenne de 400 euros à un peu plus de 600 euros. Merci Saint-Bertrand de la miraculeuse fiscalité.

    Il faut bien financer la communication de la mairie, la foultitude d'associations subventionnées, le stade Jean Bouin, et cetera et cetera... Je voudrais faire observer aux Parisiens que JAMAIS le MoDem, s'il eût eu la majorité ou même un pouvoir de blocage à Paris n'eût toléré un tel coup de massue dans la tronche. Mais bon, les Municipales sont passées, hein...

    Bon, moi, je me suis abstenu au second tour et je n'ai vraiment pas de regret. Ce qui me fait plaisir, c'est que m'a dit récemment un copain socialiste. Petit salaire, il est prof, son épouse aussi, pas propriétaire, mais, il se trouve que la taxe d'habitation a AUSSI augmenté ! (9% seulement, soyons princiers !)  Y'a une justice : y'aura pas que les "riches" qui paieront.

    Comme je lui faisais remarquer qu'il avait soutenu et voté Delanoë de janvier à mars 2008, il m'a assuré qu'il ne voterait pas pour lui le coup prochain et qu'on ne l'y reprendrait plus. Je rigole par avance, parce qu'évidemment, les copains communistes, verts et radicaux de Delanoë soutiennent sa politique, cela va de soi. Comme c'est un modéré et que Marielle de Sarnez représente une tendance particulièrement centriste au sein du MoDem (pas droitière comme votre serviteur ici-même sur ce blog) à mon avis, il ne serait pas illogique qu'il lui apporte sa voix le prochain coup (à Marielle ou à toute autre personnalité MoDem qui postulerait à la Mairie de Paris, évidemment).

    Ça fait plaisir...espérons que les Parisiens vont y songer, et au fait, puisqu'on en est aux Européennes, qu'il songe qu'Harlem Désir, tête de file en île de France est un très grand pote de Delanoë. Marrant de voir, d'ailleurs, comment les anciens de l'UNEF-ID et de SOS-racisme ont trouvé à se recycler chez Saint-Bertrand...Bref, pour ceux qui ne voudraient pas découvrir que le PS dit une chose mais en vote une autre au Parlement Européen, choisissez la sécurité, chers Parisiens, en votant MoDem. Là, au moins, pas de mauvaises surprises, surtout quand on sait la durée et valeur de l'engagement européen de l'UDF puis du MoDem.

    EDIT : Yoda94, un commentateur, est venu défendre la politique fiscale de Delanoë. C'est tout à son honneur et il est le bienvenu, mais je n'en maintiens pas moins mes affirmations.

    Son message et en-dessous ma contre-argumentation.

    Mais non, les TAUX n'augmentent PAS de 50% ou plus. Ils augmentent de 9% en moyenne. Moins pour les locataires (taxe d'habitation). Simplement, pour les propritétaires (seulement 1/3 des parisiens le sont, pas les + fragiles...), la hauss eest + forte.
    Delanoë avait annoncé qu'après 8 années sans aucune hausse des 4 impôts locaux, il augmenterait de - de 10% les 2 premières années (pour 2009 et 2010 donc), c'était annoncé en toutes lettres dans son programme, personne n'est pris en traitre!

    Paris est ville + département (+ capitale), et il était anormal qu'elle n'ait aucune fiscalité départementale alors qu'à ce titre elle doive payer des dépenses sociales massives. C'est logique, donc là un taux départemental de 3% a été créé pour les seuls proprios, dont bcp sont des sociétés, qui pour bcp ont bien profité des huasses des prix de l'immobilier sur Paris depuis 15 à 20 ans...

    Il suffit d'appeler vos amis et de leur demander ce qu'ils paient comme impots locaux pour un apprt de la même taille que la votre. Paris, selon "Capital" d'octobre dernier, est la ville importante la moins imposée! Et elle est peu endettée aussi, toujoures notéée AAA comme cela elle emprunte moins cher.

    Rapellons un scandale que le Modem (1 seule élue au Conseil de Paris aujourd'hui!) ne dénonce pas, c'est que l'Etat doit quelques 300 millions aux contribuables parisiens... Or, il faut bien payer les gymnases, les écoles & collèges, les nouveaux jardins, l'entretien du partimoine, les égouts, le RMI...

    L'essentiel ne va pas du tout aux subventions (moins de 250 millions en tout je crois), à tel projet culturel ou à tel stade de sport (il en faut!) mais aux 40.000 logements sociaux, 1 milliard pour la recherche et l'innovation, Paris couverte à 80% en très haut-débit, aux + de 4.000 nouvelles places en crèches et au prolongement du tramway sur 14 km...

    Désolé de vous dire qu'une taxe foncière qui passe de 7,11% à 10.75% au total, moi, j'appelle ça une augmentation de 50% (un peu plus).Bien sûr, la taxe foncière stricto sensu n'augmente "que" de 9% mais avec la taxe départementale de 3%, c'est bien une augmentation de 50% de leur taxe foncière que devront acquitter les propriétaires. Je pense que Bertrand Delanoë le maire n'ignore rien des faits et gestes de Bertrand Delanoë le conseiller général, non ?Ensuite, Delanoë se doutait tout de même bien que les frais de mutation ne seraient pas une manne éternelle. Au lieu de les utiliser pour des investissements, il a gonflé les frais de fonctionnement de la mairie. C'est cela la saine gestion ? Il a agi en fait comme tous les hommes politiques depuis 30 ans avec le budget de l'État. Cela me rappelle l'épisode de la "cagnotte" fiscale sous Jospin, tiens...Ne me dites pas que le coût de la taxe foncière n'aura pas répercussions sur les loyers, c'est inévitable. On ne peut pas dire que seuls les Parisiens les plus riches vont morfler.De plus, comme l'État va revoir les bases cadastrales, les Parisiens vont vraiment morfler d'autant plus (http://www.boursorama.com/opcvm/detail-actualite-opcvm.phtml?num=c5517c61cf0e0a6bf2b917deaafdf163)Quant au désengagement de l'État, c'est en effet une réalité, mais cela n'est pas nouveau et cela n'explique pas tout.Les associations c'était jusqu'ici 272 millions. La rénovation du Stade Jean Bouin coûte 130 millions d'euros. Cela commence à faire de sacrées sommes, non ?

    Pour ceux que la structure (approximative) du budget de Paris intéresse, c'est ici.

     

  • Afghanistan, il faut manger d'abord !

    Le MoDem de Boulogne-Billancourt a rendu compte d'une conférence fort intéressante sur l'Afghanistan organisée par l'ADLE (Alliance des Démocrates et des Libéraux en Europe). Il y avait là de nombreux invités, dont le Général Morillon, mais, j'ai retenu en particulier ce qu'ont dit les représentants d'un think tank basé à Kaboul, que je cite :

    Hekmat KARZAÏ, président du Centre for Conflict and Peace Studies (CAPS), un think tank basé à Kaboul, a déploré que "L'UE, comme beaucoup d'autres donateurs, ne se concentre pas sur l'aide économique, notamment l'agriculture. Ainsi on construit beaucoup d'écoles chez nous. Cela part d'un bon sentiment, mais nonobstant le fait que cela créé des tensions dans les villages avec les Talibans, nous n'avons de toute manière pas d'argent pour payer des instituteurs! Mieux vaut nous laissez décider comment utiliser l'argent et apprendre de nos propres erreurs".

    C'est très intéressant, parce que cette réflexion montre bien comment l'Enfer peut être pavé de bonnes intentions. Pour nous autres Européens, qui vivont dans l'abondance, le plus important, c'est l'Éducation. Nous lui donnons la primauté, et, en Afghanistan, nous poursuivons ainsi un objectif politique et philosophique qui est de lutter contre la fanatisme.

    Mais pour les Afghans qui vivent dans la misère, le bien le plus précieux, c'est la nourriture. Et le secteur qui organise et produit la nourriture c'est l'agriculture. Accessoirement, là où ne sont pas cultivés des produits alimentaires, on trouve du pavot en masse pour fournir les besoins de paradis artificiels d'un Occident trop repu.

    Dans l'histoire économique et industrielle des différents pays de la planète, il est très rarement arrivé qu'un décollage économique se produise sans commencer par une réforme agraire (incluant généralement une distribution des terres, puis, au fil du temps, une concentration en unités de production plus rentables).

    Nous serions très bien inspirés d'écouter Hekmat Karzaï. En Europe, les biens supérieurs, ce sont l'Éducation, la santé, la culture, mais en Afghanistan, c'est l'agriculture, la nourriture. C'est à mon avis à cette aune que nous devrions repenser notre aide. Un ventre repu est plus à son aise pour écouter des conseils qu'un estomac qui crie famine.

    Épicure estimait que l'âme ne pouvait trouver la paix qu'en mettant fin à toutes les agitations et les torsions qui pouvaient la troubler. Ainsi, il distinguait l'apaisement de la faim de la recherche de mets raffinés et lourds, qui, au contraire, maintenait le corps et donc l'âme dans une dynamique de désirs insatisfaits. En ce sens, il s'inscrivait dans la droite ligne de la philosophie atomiste qui postulait que tout ce qui est doit exister dans la plénitude de son être à condition que rien ne vienne la perturber; si rien ne fait défaut au corps, qu'il a tout ce qui lui est nécessaire, il peut alors profiter d'un plaisir stable, (ce que les philosophes atomistes appellent plaisir catastèmatique, c'est à dire l'expression de l'équilibre des atomes qui  composent le corps).

  • L'audience des blogs augmenterait-elle à nouveau ?

    Je regarde amoureusement mes statistiques, comme tout blogueur qui se respecte, à peu près chaque jour, aidé en cela par le support statistique externe de hautetfort. En effet, en page d'accueil, on peut trouver un classement des blogs les plus visités sur 7 jours, mais également celui des notes les plus lues. Au mois de novembre, avec le nombre de visiteurs que j'ai chaque jour, environ 650, je touchais presque les dix premiers. Or, actuellement, avec une fréquentation  supérieure, 750 environ, je suis péniblement dans les 30 blogs les plus lus. Conclusion minimale logique, l'audience de hautetfort s'accroît. Extrapolation maximale, le phénomène touche les blogs en général.

  • L'UMP se prend pour un mouvement populaire !

    Trop drôle ! Je viens de lire la réaction de Xavier Bertrand (souvenez-vous, celui que François Bayrou appelait le chattemite) au dernier sondage IFOP pour les européennes (MoDem à 14.5, à ce sujet) dans Paris-Match. Il a du recevoir des consignes : il ne parle plus d'UMP mais de Mouvement Populaire. Au passage, le brave homme souhaite un débat avec le PS. Et les autres, ils sentent le pâté ? Bien que divisée, l'extrême gauche représente 16% et le MoDem, à lui seul, 14.5%. La droite extrême et l'extrême-droite font, elles, 11.5%. Total, avec les 2% de Dupont-Aignan et les 7 des Verts, 51% de Français qui ne sont pas invités à débattre ? Il n'y a pas que l'UMP et le PS en France, il serait temps de s'en rendre compte.

    Quant au caractère populaire de l'UMP...bouclier fiscal, dîner au Fouquet's, triplement du salaire présidentiel, crédit d'impôts sur les achats immobiliers favorisant les plus riches, et cetera et cetera...populaire, hein ?...

     

  • Régulation démocrate en temps de crise

    Je reviens sur la compétence économique du MoDem que j'évoquais hier en réponse à un article de Philippe Cohen dans Marianne. J'ai lu çà et là quelques réactions. Bien sûr, celles qui figurent en commentaires, mais aussi celles que l'on peut lire sur le sympathique forum pour sympathisants MoDem de Demos. Or, qu'ouïs-je ? Quelqu'un juge que ma réponse n'est pas convaincante sur le délicat sujet des régulations qu'il convient de mettre en place sur les marchés financiers.

    Je voudrais d'abord faire une petite observation à allblues33 : la question qu'il se pose, tout le monde se la pose, actuellement. UMP, PS, FMI, Commission européenne, gouvernement fédéral des USA, Obama, banques, bref, cela ne se limite pas au seul MoDem, et il ne faut peut-être pas s'attendre à une réponse toute faite sur un thème aussi complexe.

    brontosaure.jpgJe ferais ensuite une métaphore pour appréhender plus simplement ce qu'est un marché financier. Un marché financier, c'est une sorte de très gros herbivore particulièrement craintif. Tant qu'il est en confiance, il vit sa vie, mais, il déteste être surpris, et, plus la suprise est brutale, plus sa réaction est incontrôlée et brutale. Si l'économie mondiale était un champ d'herbe grasse, on peut se dire que les marchés financiers, c'est un gros, très gros brontosaure.

    Je ne sais pas si allblues33 a vu la taille de la queue du bestiau, mais quand un brontosaure en panique s'enfuit en courant dans tous les sens, mieux vaut ne pas se trouver du côté où sa queue bat de gauche et de droite, sous peine au mieux d'être sonné, au pire, d'y laisser sa peau.

    Si allblues33 devait réfléchir à la manière dont il va calmer, je ne dis même pas dompter mais seulement calmer, même s'il s'y mettait avec toute la tribu MoDem, il ne trouverait pas la solution tout de suite, à mon avis.

    Un marché financier, c'est à peu près ça : un gros brontosaure qui ne vit que par anticipation. Il broute çà et là, cherchant les bonnes zones herbeuses à souhait. Son long cou lui permet de les détecter de loin (anticipation). Mais si son oeil acéré a repéré de l'herbe grasse, et que lorsqu'il approche le cou, il tombe sur une grosse motte de terre, il va légitiment s'inquiéter. S'il pense brouter à l'abri des prédateurs et qu'il se découvre soudainement encerclé par des fricoraptors enragés et affamés, nul doute qu'il va paniquer.

    Je dois rectifier mon image. En fait, le marché, ce n'est pas un brontosaure. Non, c'est un gros gros gros troupeau de brontosaures avec quelques prédateurs genre vélociraptors qui font des raids de temps à autre.

    Cette image donne le ton et le fil des solutions à appliquer. On ne peut rien faire tant qu'on n'aura pas calmé les brontosaures. Il faut donc rétablir la confiance avant toutes choses.

    Or, pour être en confiance, il faut disposer d'informations fiables, c'est ce que je faisais valoir il y a 10 jours en qualifiant de crise catallactique la crise actuelle. On a quelques éléments de réponse avec les premières réactions de députés ADLE, groupe parlementaire auquel appartient le MoDem. Par exemple, en décembre dernier, Mariela Velichkova Baeva (Bulgarie, ADLE) estimait que l'origine de la crise était à trouver dans "la quête du profit, le manque de connaissances sur le véritable état du marché et sa capacité à faire face à un cataclysme ainsi que dans l'ignorance des conséquences."

    Les informations fiables supposent également des règles fiables ainsi q'un arbitre. C'est ce que précisait dès le mois de septembre une autre députée ADLE. Silvana Koch-Mehrin (DE) pour le groupe ADLE faisait remarquer "qu'il ne s'agit pas juste de quelques banques en crise, car ceux qui perdent ne sont pas des opérateurs de titres, mais des familles qui 'touchent le fond' avec des retraites menacées et des revenus endommagés". Elle appelait alors à agir sur la base de faits : "la réponse ne consiste pas en des marchés libres, nous exigeons la régulation de ces marchés. Les règles doivent être définies et nous exigeons un arbitre pour évaluer leur fonctionnement dans la pratique. Ceux qui ont refusé d'être liés par des règles doivent être accusés, et non le marché en soi". Elle insistait enfin :"nous exigeons des règles pour toute l'économie mondiale".

    En somme, cher allblues33, il ne s'agit pas de réguler pour punir les très méchants capitalistes ni la vilaine finance, comme une sorte de grand Satan à l'origine de tous nos maux, mais de faire en sorte qu'on puisse tous brouter dans le même pré sans se téléscoper parce qu'il y en a qui ne font pas la file.

    Sarnez.jpgEn somme, c'est ce que dit en grande partie Marielle de Sarnez : «Nous voulons une régulation financière mondiale. Nous voulons imposer davantage de contrôles, mais aussi davantage de sanctions. Il revient à l’Europe d’inspirer et de promouvoir un nouveau système de gouvernance et de régulation mondiale. En commençant par mettre en place un régulateur européen, capable de parler à égalité avec son homologue américain

    Tenez, pourquoi pensez-vous que Marielle de Sarnez parle de régulateur européen ? Ben oui, faudrait pas l'oublier : qui a créé les subprimes ? des agents américains, pardi, contrôlés/non-contrôlés par les seuls Américains. Ben oui, elle a bien compris le problème, elle Marielle. Pour que tout le monde puisse évoluer en confiance, il faut aussi des arbitres fiables. C'est bien ce que voulait Silvana Koch-Mehrin et Mariela Velichkova Baeva, l'une avec un arbitre, l'autre avec le véritable état du marché.

    Alors comment concrètement cela va se mettre en place, on ne le sait pas encore, parce que cela va dépendre justement du résultat des élections européennes...Entre le PPE (dont est membre l'UMP) qui ne souhaite modifier les choses qu'à la marge, le PSE (dont est membre le PS) dont les membres disent tout et son contraire puisqu'ils ne sont pas d'accord entre eux, et la gauche de la gauche (Verts compris) qui rêve de décroissance ou de Grand Bond en avant (20 millions de morts avec la Chine, tout de même, à la fin des années 50), sans parler des partis nationalistes et/ou extrémistes qui rêvent de protectionnisme (crise de 10 années en 1929 + une guerre mondiale avec 60 millions de morts), vous voyez, cher allblues33, les jeux sont ouverts et vous avez une large palette de choix pour déterminer quel brontosaure vous souhaitez être...

  • Et si l'Europe explosait en vol à cause des emprunts des États ?

    J'ai déjà eu l'occasion de le dire sur ce blog, je suis quelque peu inquiet face à la quantité de capitaux que les États escomptent lever, les uns pour relancer l'investissement ou sauver leurs industries, les autres pour accroître le pouvoir d'achat et donc redresser la demande. Parce qu'il y a tout de même une question qui me taraude : qui va prêter ?

    Et je vois de là des scénarios inquiétants qui se profilent à l'horizon. L'euro et l'Europe nous ont longtemps protégé, évitant sans doute à certains États de l'Union une déroute à l'islandaise. Sauf que la réalité, en Europe, c'est que certains paient et d'autres reçoivent. On peut même dire que l'Allemagne paie beaucoup, de même que la Hollande, par exemple, tandis que la Grèce ou l'Italie reçoivent des subsides en nombre. Or, nul n'ignore que les pays du sud de l'Europe ont des comptes publics gravement dégradés, au point de voir leur notation abaissée par les principales agences sur les marchés financiers.

    Que se passera-t-il si ces états ne trouvent pas prêteurs sur les marchés ? Ils compteront sur la solidarité européenne, bien sûr, mais, devant l'afflux de demandes, qui dit que les pays les plus riches de l'Europe accepteront de continuer à payer pour les cancres dont tous les indicateurs sont au rouge ?

    Si tel devait être le cas, et que plusieurs pays, lassés, décident de reprendre leur liberté, ce serait la fin de la monnaie unique et par là, un recul pour sans doute de longues décennies de l'Union Européenne, voire, pire, la constitution de deux blocs européens, l'un riche, l'autre à l'économie décadente.

    Scénario fiction ? Pas si sûr. Les tentations sécessionistes existent au sein de plusieurs nations : Flandre et Wallonie, Ligue du Nord contre régions du sud en Italie, et même Wessies contre Ossies en Allemagne, ou encore Catalogne en Espagne. Bref, qui sait si ces tensions régionales ne pourraient pas se transposer en ligne de front nord-ouest/sud-est ?

  • Pour répondre à Marianne, les vues économiques du MoDem

    Je viens de lire un article de Marianne qui s'inquiète des compétences économiques de Bayrou et du MoDem en général.  Comme l'article comporte quelques contre-vérités, je vais me charger de faire quelques mises au point.

    Ce que François Bayrou condamne, ce n'est pas toute forme de déficit, mais tous les déficits qui ne sont pas des déficits d'investissement. Donc, tout le contraire de ce que dit Marianne. En revanche, oui, il estime très dangereux les déficits issus des frais de fonctionnement courant de l'État. D'ailleurs, les déficits pour cause d'investissement sont temporaires alors que les déficits pour frais de fonctionnement tendent à s'installer structurellement.

    De manière générale, les démocrates sont favorables à l'esprit d'entreprise, sous toutes ses formes, pas seulement économique, parce que c'est foncièrement une caractéristique de l'identité européenne d'une part, et d'autre part, parce que cela replace l'homme au centre de l'activité, particulièrement économique, d'où, d'ailleurs, la sympathie des démocrates pour les entrepreneurs.

    Le MoDem considère que l'économie de marché est un bon système économique, mais, qu'en revanche, un certain nombre de biens ne peuvent pas être mis sur le marché, ou, en tout cas, pas considéré comme des marchandises ordinaires. C'est ce que les démocrates appellent les biens supérieurs (éducation, culture, santé en particulier). Ils sont évidemment favorables à une concurrence libre et non faussée et saluent de ce fait le rôle extraordinairement positif et vigilant joué par l'Europe afin de mettre fin aux monopoles (Microsoft, par exemple, mais pas seulement). Bien évidemment, les démocrates se défient autant des monopoles publics que privés. Il va de soi que les démocrates ne confondent pas un monopole public et un service d'intérêt général.

    Concernant les flux financiers, en effet, comme le dit Philippe Cohen, les Démocrates pensent qu'il faut installer des régulations et qu'une fois en place, elles permettront de moraliser et fluidifier ces flux. Ils ont tort ?

    En ce qui concerne l'investissement et la consommation, en cas de relance européenne, Philippe Cohen devraient : 1°) écouter les tribunes de Corine Lepage sur France-Culture ou bien les lire sur son blog 2°) jeter un oeil sur le programme de l'ADLE ainsi que sur celui du PDE (parti démocrate européen, l'un des deux partis européens du groupe ADLE, dont le MoDem est membre fondateur)

    Il ne faut pas raisonner ainsi : il ne s'agit ni de relancer l'investissement en soi, ni de relancer la consommation en soi. Ce qu'il s'agit de faire, c'est d'accompagner la révolution industrielle qui se produit petit à petit sous nos yeux, et qui sera verte et durable. La relance soutiendra donc à la fois la consommation et l'investissement, mais pas au pif, comme un rouleau compresseur, mais de manière ciblée, via, par exemple, des incitations fiscales ciblées, mais pas seulement.

    Si nos partenaires européens refusent un emprunt d'une telle ampleur, il restera possible d'agir au seul niveau de la France, mais, évidemment, avec un impact bien inférieur à celui de l'Europe toute entière. Mais cela, le MoDem ne peut en être comptable. C'est bien pour cela que la campagne européenne est au moins autant européenne que nationale, particulièrement par les temps qui courent. Mais cela, les Démocrates l'ont compris depuis longtemps. Les évènements récents ne donnent que plus de force à leur propos.

    Ce que je dis n'a évidemment rien d'un secret : il suffit de lire et d'écouter ce que disent les chefs de file du MoDem pour en prendre connaissance.

    Un dernier point, enfin : les Démocrates se battront avec la dernière énergie contre la tentation protectionniste. C'est exactement ce travers qui a fait plonger le monde entier dans la crise en 1929. C'est bien sûr une option tentante, mais c'est un mirage très dangereux. Le protectionnisme stratifie les échanges et rend quasiment impossible tout redémarrage de la croissance économique mondiale.

    Ah, j'ajoute une dernière remarque à propos de la croissance : les Démocrates ne partagent absolument pas les vues des Verts sur la décroissance (Daniel Cohn-Bendit a signé une tribune en ce sens avec José Bové). Est-il d'ailleurs raisonnable de parler de décroissance alors que la crise économique aura tué d'ici la fin de l'année 2009 plusieurs centaines de milliers d'emplois (+280 000 chômeurs prévus) ? Non, il faut évidemment une croissance raisonnée et durable. C'est le message de longue date de Cap21, le mouvement de Corinne Lepage, qui s'est depuis fondu dans le MoDem, mais dont les idées ont fait leur chemin dans la pensée économique démocrate.

    D'autres questions ?

  • Marielle de Sarnez met à mal le classement de l'Université de Shangaï

    Sarnez.jpgIl était très intéressant d'écouter Marielle de Sarnez, hier, dans l'émission "La voix est libre". Il se trouve que la situation de la recherche a été évoquée par le journaliste : ce dernier faisait valoir qu'à en croire le classement de l'Université de Shangaï, la France n'occupait pas une position fameuse. Marielle de Sarnez a alors fait observer deux choses :

    1°) Cette université privilégie surtout les sciences exactes alors que les Européens sont pointus dans les sciences humaines.

    2°) Ce classement ne prend en compte que les publications en anglais. De ce fait, une large part de la recherche passe entre les mailles de ses filets.

    Par ailleurs, elle a mis en doute, citant Philippe Seguin à l'appui, l'efficacité du crédit impôt-recherche, notant que cela favorise des effets d'aubaine exclusivement pour les entreprises, mais pas pour les universités. Elle a remarqué que l'Université ne bénéficiait d'aucun apport supplémentaire contrairement a ce qu'a affirmé Nicolas Sarkozy et déclaré que l'autonomie, sans budget ad hoc, était un marché de dupes.

    Il faut rappeler que Marielle de Sarnez, euro-députée MoDem en île de France, est, au sein de l'ADLE, une spécialiste de l'éducation.

  • Quelques idées d'Éric Besson

    J'ai lu avec intérérêt les mesures qu'Éric Besson envisage de prendre concernent l'immigration et l'identité nationale.

    1ère mesure, pour lutter contre les réseaux de passeurs, il propose d'échanger des papiers contre une dénonciation de ces réseaux. Je n'aime pas trop l'idée. Je comprends bien sûr l'intention, mais, quels individus la France va-t-elle ainsi récupérer ? Non que les passeurs méritent une quelconque forme de loyauté, mais, à la limite, on peut se dire que dès lors qu'ils ont amené à bon port le clandestin, d'une certaine manière, ils ont rempli leur contrat envers eux. Un type qui dénonce quelqu'un qui a rempli le contrat conclu avec lui, je ne sais pas ce qu'il faut en penser, puisque ce même individu sait très bien que le contrat qu'il a conclu, l'a été dans l'illégalité. Ce n'est pas comme quelqu'un qui serait trompé ou encore quelqu'un qui aiderait la police à trouver des criminels ou des délinquants. Par ailleurs, j'imagine que celui qui agirait ainsi s'exposerait à de sacrées mesures de rétorsion, ainsi que, le cas échéant, sa famille, s'il en a encore dans on pays d'origine. Bon, donc, très mauvaise idée.

    2ème mesure : proposer des cours de français dans les pas d'émigration vers la France aux candidats à la venue sur le sol français. Très bonne idée. Il ne s'agirait pas seulement de connaître la langue française, mais aussi les lois, l'éthique et la civlisation. Éric Besson ne veut pas en faire des tests à l'entrée. Je n'aurais pas de telles pudeurs, à titre personnel. Quand je considère le nombre d'étrangers qui sont venus tranquillement s'installer en France, sans parler un mot de français, sans parler des individus qui rapatrient leur famille polygame, il y a clairement du boulot à faire. En France, pas de polygamie, pas d'excision, pas de mariage forcé, pas de mariage sans être majeur(e), égalité des hommes et des femmes. Quelqu'un qui ne sait pas cela et croit pouvoir apporter avec lui la régression n'a pas sa place dans notre pays. Moi, je pense que c'est surtout là-dessus qu'il faudrait se montrer très ferme : il s'agirait de déterminer ainsi précisément qui a le désir de s'intégrer ou non.

    3ème mesure : utiliser des tests ADN pour identifier les "vrais" enfants rapatriés par les enfants. Je n'aime pas du tout cela. Cette technologie devrait être utilisée exclusivement pour la lutte contre la criminalité, à la rigueur pour les tests en paternité/maternité dans certains cas, et point barre. Comme le disait Bayrou, on rentre ainsi dans le secret des familles, et qui sait, in fine, où cela peut s'arrêter ? Bref, très mauvaise idée. Idée de Sarkozy, au demeurant, à l'origine.

  • Je sais qui sont les sénateurs UDF-MoDem !

    ahhhh ! Enfin j'ai trouvé l'information ! On apprenait il y a peu que 19 sénateurs centristes sur 29 s'étaient affiliés à l'UDF-MoDem pour le financement des partis, mais, pas moyen de savoir qui. Oh, bien sûr, il y avait les fidèles de Bayrou : Jacqueline Gourault, Denis Badré, Jean-Marie Vanlerenberghe et Jean-Jacques Jégou et puis bien sûr Michel Mercier, le trésorier du MoDem. Mais quid des autres ? Le mystère est résolu !

    J'ai trouvé l'information sur le blog Rassembler les centristes, l'association montée par Jean Arthuis.

    La voilà :

    «Refusant la ligne d’opposition du MoDem, ou de la majorité avec le Nouveau Centre, l’association créée par Jean Arthuis, Rassembler les centristes, qui vient d’élire son premier bureau exécutif, a séduit la moitié du groupe centriste. En attendant de devoir se prononcer plus clairement, tous les membres du groupe – excepté ceux qui sont affiliés au Nouveau Centre – ont apporté leur financement public à l’UDF-MoDem : une partie allant à l’UDF, l’autre au Modem, sachant que les actifs de l’UDF sont gérés de manière transitoire par un collège où le président du MoDem détient la majorité. "François Bayrou s’est engagé à nous reverser la moitié de nos dotations pour faire vivre notre mouvement", nous précise Jean Arthuis. Michel Mercier, trésorier de l’UDF et du MoDem, le confirme. Le sénateur de la Mayenne ne souhaite pas ressusciter la formation créée par Valéry Giscard d’Estaing, mais il pourrait fonder un nouveau parti, dès la fin de cette année.»

    Toutefois, comme vous pouvez le constater, il y a eu une contrepartie...Ce n'est donc probablement qu'un sursis...

    En somme, ce sont tous les sénateurs centristes sauf ceux-là...On peut constater, au passage, que Catherine Morin-Desailly a rejoint le Nouveau Centre. Il y a juste un petit souci : je compte neuf sénateurs néo-centristes, et, à ma connaissance, 10 sénateurs se sont affiliés au Nouveau Centre. Qui est donc le dixième ?

    Après de savantes soustractions, c'est soit Nathalie Goulet, soit Marcel Deneux. Puisqu'il y a un espace de dialogue sur le site de la première, je lui ai posé la question directement.