Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2013-09 | Page d'accueil | 2013-11 »

mercredi, 30 octobre 2013

Racisme : les digues sautent de partout

J'avoue avoir été stupéfié par les attaques racistes dont Taubira a fait l'objet cette dernière semaine. N'en déplaise à la réacosphère qui ne voit pas le mal, "guenon" est une insulte spécifique pour les femmes noires (surtout quand on agite une peau de banane en même temps). Je n'ai d'ailleurs jamais entendu (ou alors de manière anecdotique) une femme blanche se faire traiter de guenon.

Il y avait un cortège d'excités issus de la manif pour tout qui attendait Taubira et avait dressé sa progéniture à l'insulte raciste. Sans doute la frange extrémiste qui se pique d'intégrisme et défile le 1er mai dans le cortège du Front National.

Ce que je regrette c'est que les professionnels de l'indignation en profitent pour associer ce qu'ils appellent islamophobie et racisme. Cela n'a rien à voir. Je vois plein de raisons objectives de détester l'Islam de notre époque et aucune valable de s'en prendre à quelqu'un pour la couleur de sa peau. Ces professionnels de la confiscation du sens m'énervent à systématiquement semer la confusion.

Le racisme se déverse malheureusement comme un poison dans notre corps social. Dans les cités, il prend la forme de l'antisémitisme et irrigue l'immigration africaine principalement (arabe et noire), ailleurs, chez les "petits blancs", il prend la forme d'une détestation ordinaire qui ciblera toujours les individus vulnérables ou symboliques (personne n'ira traiter de singes en face une bande ethnique de banlieue, par exemple...).

Il y en a qui rêvent évidemment de réunir les "SA" des deux rives, skins ou FAF d'un côté, racaille de l'autre : au premier chef les Soral et Dieudonné qui voudraient unir tout cela contre l'Ennemi commun, le Juif Süss, en somme.

La principe difficulté , à vouloir lutter contre le racisme, c'est de devoir affronter d'un côté les néo-réactionnaires et leurs circonvolutions et de l'autre les professionnels de l'antiracisme.

Le racisme, au fond, c'est très simple : c'est refuser de s'en prendre à un individu pour ce qu'il est, ce qui ne'empêche pas de le contester pour ce qu'il professe. 

On devrait en rester à cette seule définition et récuser tout le reste (notamment tous les discours qui associent race et culture).

10:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : racisme |  Facebook | | |

vendredi, 25 octobre 2013

Les clubs de foot sont aussi des PME pour Marielle de Sarnez

J'ai trouvé intéressant le raisonnement de Marielle de Sarnez à propos de la taxe de 75% sur les hauts salaires dans les clubs de football : elle était invitée par Laurence Ferrari sur i-télé et, questionnée sur la grève prévue par les clubs de la LFP le 30 novembre prochain, a précisé qu'elle comprenait l'appel avec l'argument de bon sens suivant :

Si l'on excepte le PSG avec ses sponsors quataris et Monaco qui n'est pas soumis au régime fiscal français, les autres clubs français sont en réalité des PME et pas autre chose.

Il suffit de les comparer à n'importe quelle autre PME d'effectifs comparables et de chiffre d'affaire équivalent pour le comprendre. Simplement, les clubs de football ont une spécificité : le coeur de leur activité, et donc leur principal actif, est investi dans l'humain. Leur valeur tient en grande partie à celle de leur joueur, et par suite, aux salaires qu'ils leur versent. D'un certaine manière, frapper les hauts salaires des joueurs c'est attaquer les clubs de football français au coeur de leur activité d'autant qu'aucun autre pays européen ne procède ainsi. Hollande crée donc un désavantage concurrentiel dans un secteur qui n'en a vraiment pas besoin, le foot français étant déjà soumis à des exigences assez strictes.

De manière plus générale, la taxe à 75% est de toutes façons une spoliation et je juge son principe détestable. Mais François Hollande, en la justifiant par le désir de soumettre tout le monde à la loi commune, montre sa méconnaissance inquiétante du tissu économique sportif.

Comme le dit très justement Marielle de Sarnez dans l'entretien que je cite, on pouvait penser que François Hollande était un gage de sérieux sur la fiscalité puisqu'il avait affirmé avoir travaillé cet aspect de la politique économique plus que tout autre avant les présidentielles. Je l'ai cru aussi à vrai dire. Quelle erreur ! Je ne sais pas qui inspire sa ligne fiscale, mais c'est une vraie catastrophe. En fait, il n'y a pas de ligne, mais des coups de massue aveugles tapant aussi au coeur des portefeuilles des modestes et défaisant le tissu de notre économie.

Si les Socialistes en arrivant au pouvoir avait compris qu'une politique de la demande était un suicide pur et simple, il n'ont toujours pas compris ce qu'est une politique de l'offre. Il ne suffit pas de ne pas faire une relance par la demande pour faire une relance par l'offre. C'est très exactement la différence principale entre ce que propose François Bayrou et ce que proposait François Hollande ou même l'UMP dépensant à l'aveuglette pendant la crise financière de 2008 à 2010.

Je voudrais ajouter quelque chose à propos de i-télé : Marielle de Sarnez dit des choses vraiment intéressantes sur l'économie, mais ces incapables ne s'en tiennent qu'à la politique politicienne en ne titrant que sur le rassemblement MoDem-UDI. Il y aurait pu y avoir matériau à débat sur le statut des clubs de football comme PME mais ces journalistes se sont bien gardés de s'engager sur cette voie. 

On accuse les politiques de ne pas s'intéresser aux choses concrètes mais dès qu'ils le font, ils ne sont plus relayés. En revanche, pour ce qui est de diffuser les petites histoires à deux balles, là, il y a du monde. Ça m'énerve passablement. Marielle de Sarnez disait plein d'autres choses fort pertinentes mais évidemment, en face, on n'a pas relevé. On a privilégié la facilité, peut-être aussi au niveau de l'intellect d'interlocuteurs médiatiques qui se confondent de plus en plus avec les paillettes et le monde du spectacle : tout dans l'apparence, rien sur le fond.

jeudi, 24 octobre 2013

Khatchik est loin d'être un martyr, hélas !

Dénoncer les amalgames et rejeter les a priori douteux et nauséabonds c'est aussi défendre à propos ceux que l'on veut protéger. Après avoir hésité faute d'éléments pour se faire un avis et dénoncé une campagne souvent haineuse, dans l'affaire Leonarda j'avais conclu en jugeant que la famille et la jeune fille n'étaient défendables ni l'une ni l'autre.

Le cas de l'étudiant arménien Khatchik Kachartyan est encore plus clair : voilà un menteur sans scrupules qui réclame la nationalité française les larmes aux yeux et vole dans les étalages en bande de surcroît. C'est d'ailleurs de cette manière qu'il s'est fait interpeller. Pris sur le fait, la police a contrôlé ses papiers et s'est aperçu qu'il n'était pas en règle.

Les organisations étudiantes perdent toute crédibilité en faisant de l'agit-prop pour défendre des individus qui n'ont en aucune manière prouvé leur attachement à notre pays. On ne leur demande pas non plus d'en faire des cent et des mille mais simplement de vivre en honnêtes citoyens.

Le problème, c'est que ces organisations décrédibilisent ensuite les luttes que d'autres mèneront pour ceux qui souhaitent s'intégrer. 

Au fond, quand j'observe les réactions des Français, ils ne s'émeuvent pas quand une famille étrangère qui souhaite s'intégrer fait l'unanimité autour d'elle. 

Le malheur c'est que leur exaspération se traduit en vote pour des forces politiques qui n'auront cure des efforts de familles étrangères qui auront voulu s'intégrer mais qui vireront tout le monde sans vergogne.

Pour bien considérer ce que le FN pense du droit, il suffit de regarder les alliés qu'il veut se choisir : il veut briser notre alliance démocratique avec nos amis européens et américains pour la remplacer par une amitié avec des pays orientaux qui s'assoient allègrement sur les droits les plus élémentaires des êtres humains. Les grands démocrates que sont les Syriens, les Chinois et les Russes ne pourraient évidemment que se réjouir de l'arrivée de Marine Le pen au pouvoir. Les camps de concentration existent toujours en Russie et en Chine et les conditions d'existence y sont terribles. On pourrait se consoler en pensant que l'on n'y trouve que des délinquants : pas de chance, ils sont truffés de prisonniers d'opinion précisément livrés à leur vindicte. Les camps nazis, les goulags de Staline fonctionnaient de la même manière. Les droits communs y faisaient régner la terreur. Pour les Français qui ne comprennent pas, imaginez que vous soyez suspecté et placé dans une de nos prisons avec la racaille ordinaire qui y traîne : là-bas, dans ces pays, c'est tout simplement cent fois pire. Pas de droit, pas de protection, vous y deviendrez les souffre-douleurs de la racaille, cent fois battu, tourmenté et violé. Vous croyez que je verse dans l'hyperbole ou l'extrapolation ? Pas du tout. Lisez les témoignages. Ils sont affreux.

Pourquoi cette aparté ? Dis-moi quels sont tes amis je te dirai qui tu es. Marine Le pen n'a pas craint de se rendre à un bal d'une organisation autrichienne réputée pour ses sympathies néo-nazies, à Vienne. J'ai déjà parlé de Frédéric Chatillon, éditeur négationniste et responsable de la communication du FN.

Quand on parle de l'immigration, il faut bien considérer notre environnement personnel.

On connaît tous des immigrés. Il est certain que le débarquement de la racaille dans les gares, les halls d'immeubles ou les rames de RER n'incite à aucune forme de fraternité. Pas de chance, ce ne sont généralement pas ceux-là qu'on renvoie. Ils ont obtenu sans rien faire la nationalité française et crachent maintenant sur la France et les Français. 

Mais il y a aussi le commerçant arabe ou kabyle du coin, souriant, sympathique, amène et amical ou encore le vendeur de pizza ou la nounou à laquelle on a confié ses enfants. Et ceux-là vous avez envie de les renvoyer, vous ? Pas moi. En fait je signerai les yeux fermés une pétition s'ils étaient en danger d'expulsion.

Le drame, c'est que les réalités se télescopent parfois en une crase improbable : à côté de chez moi, un petit commerce tenu par des Arabes vend des pizzas. Ce sont des gens adorables. La pizza est toujours amenée dans les délais prévus. Ils savent que j'ai des enfants, et, une fois sur deux, prévoient des douceurs pour mes petits (desserts, friandises) toujours à titre gratuit. Et pourtant, dans leur boutique, toutes les femmes portent le voile et eux-mêmes sont barbus. Et voilà. Ils sont sympas, mais ce sont des fondamentalistes. Ce sont des fondamentalistes mais ils sont aussi sympas.

C'est un peu ça le problème, au fond : on ne peut jamais réduire les individus à une seule caractéristique. On est content quand elles sont cohérentes entre elles, mais c'est rarement le cas. Pareil au FN, du coup : ce serait cool si c'étaient tous des salauds. Mais ça ne marche pas comme ça. Marine Le pen, elle-même, est une femme droite, sans doute courageuse. Ce qui ne l'empêche pas de s'asseoir tranquillement sur nombre de valeurs humanistes. La réduction ne marche pas, là encore. Il reste tout de même heureusement de presque parfaits salauds pour nous aider à conserver nos catégories, mais il se trouve qu'ils ne constituent pas la majorité, hors, pour qu'une catégorie soit un tantinet plausible, il faut justement qu'elle repose sur une majorité.

J'ai déjà écrit je ne sais plus quand un billet sur l'article défini. Dans les déterminants, je crois que c'est l'un des plus dangereux à employer car il a vite fait de cataloguer ce dont on parle. Je ne dénie pas que le catalogue existe, quand bien même on parlerait de réalités humaines, mais il n'est pas exhaustif, donc pas suffisant.

Même Khatchik, au fond, je l'imagine, doit être un bon copain. Peut-être. Il n'en reste pas moins qu'il a piqué quelque chose en bande organisée.

Alors quoi ? Cela veut-il dire qu'il ne faut pas placer de curseur ? Je pense le contraire. Mais quand on le fait, on doit avoir toujours présent à l'esprit la complexité des réalités humaines et se défier des simplifications de toute nature, à droite comme à gauche.

mercredi, 23 octobre 2013

Quand Copé renifle la charogne...

Je sens que l'UMP va encore me mettre hors de moi avec leur réforme du droit du sol.

Comprenons-nous : je ne suis pas hostile à des aménagements du droit d'asile et j'avais proposé en 2010 un système de nationalité à points. Les Anglais, me semble-t-il ont essayé de mettre en place un système d'acquisition de la nationalité britannique sur ce principe. Marine Le pen avait repris en apparence cette idée en 2011 mais avec une différence de taille par rapport à ce que je proposais. Dans mon esprit, le système de points ne valait que pour une période probatoire. Il ne s'agissait pas de faire peser une épée de Damoclès à vie sur la tête de nos futurs concitoyens. Rien de tel pour Marine Le pen qui entend bien les tenir en otages jusqu'à la fin de leur existence sur notre sol.

Mais ce qui m'énerve avec l'UMP c'est que son patron rapplique toujours quand ça pue au lieu de créer un débat serein. Une affaire Léonarda, des sondages favorables au FN et le voilà à brandir une loi qu'il aurait eu toute latitude d'appliquer quand son parti gouvernait.

Le débat lancé sur l'identité nationale ne m'avait pas moins paru relever de l'enfumage sous le gouvernement de Fillon.

Les Socialistes devraient envoyer chier Copé et sa bande. C'est ce que je ferais si j'étais eux. La loi, ils l'appliquent et ils n'ont pas à se faire dicter leur agenda par l'UMP ou le FN.

J'espère en tout cas que nous autres, centristes du MoDem et nos alliés de l'UDI n'allons pas tremper dans cette fumisterie.

On peut se dire qu'il faut réformer notre droit d'asile et la protection sociale qui y est associée pour ne pas se retrouver à financer à fonds perdus des individus qui ne devraient pas vivre sur la bête, mais ce n'est pas la même chose que de distiller la méfiance et la division dans le pays par des mesures purement opportunistes.

19:56 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : immigration, ump |  Facebook | | |

MoDem : Hors de question de soutenir le PS à Marseille !

Bayrou a mis les points sur les i : le MoDem ne se laissera pas compromettre dans une quelconque forme de soutien aux Socialistes des Bouches du Rhône.

J'ai bien compris que Benhamias et d'autres ont une sensibilité de centre-gauche mais vient un moment où il faut savoir raison garder. Si Rebmasen à Dijon vaut le coup qu'on se dispute un peu avec nos amis de l'UDI, en revanche, se ranger derrières des forces corrompues jusqu'à la moëlle, faut pas pousser non plus.

A Marseille, ce qu'il faut, c'est une opération "manu pulite" ; cela dit, je suis sceptique sur les capacités de Gaudin dans ce domaine. Il sort d'un mandat de six années dont cinq passées avec un gouvernement de droite, et, le moins que l'on puisse dire, c'est que son bilan n'est pas fameux.

Le problème, c'est que Gaudin fait partie de cette génération d'édiles qui devraient laisser leur place et qui s'accrochent à leur siège comme un mollusque à son rocher. En outre, l'équipe de Benhamias n'a pas tort sur certains aspects : dans l'équipe Gaudin, il y en a qui bavent d'espoir à l'idée d'une grande alliance UMP-FN. Gaudin n'a d'ailleurs pas toujours été clair par le passé.

Le problème, comme toujours dans ce genre de circonstances, c'est que les satrapes n'organisent jamais leur succession. De ce fait il n'y a personne à droite pour prendre la relève. Muselier ? Bah, je crois que je préfère encore Gaudin. Guy Tessier ? Inconnu du grand public.

Le problème, pour autant que j'ai pu le considérer en observant la vie politique, c'est que les vieux satrapes gagnent toujours sauf quand ils sont trahis au bon moment par leurs dauphins devenus suffisamment puissants pour les défier.

Ce qui signifie en somme ceci : actuellement, à Marseille, c'est Gaudin ou le PS des Bouches du Rhône. De deux maux il faut choisir le moindre, alors...

14:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : marseille, gaudin, modem |  Facebook | | |

mardi, 22 octobre 2013

Oh happy men, oh happy day !

Qui ne connaît pas le célébrissime gospel oh happy day ? Je changerais bien quelques paroles juste pour saluer la très heureuse initiative de managers masculins d'entreprise : un véritable engagement pour faciliter parité et égalité de traitement entre hommes et femmes dans l'entreprise. Ils s'appellent eux-mêmes les happy men.

C'est tellement rare et inattendu, un telle initiative, qu'il ne faut pas manquer de la signaler quand elle voit le jour. Le collectif publie une liste de 33 engagements possibles, mais je subodore qu'elle n'est pas fermée, et invite ceux qui veulent les rejoindre à en signer un et à le publier sur leur Mur des Engagements.

Ce qui est astucieux c'est que ce collectif a bien compris qu'il y a un lien intime et indissoluble entre ce que chacun fait de sa vie privée, notamment familiale, et le progrès de l'égalité professionnelle.

On trouve par exemple l'engagement de prendre pour une année son mercredi après-midi pour s'occuper de sa fille ou encore celle de refuser d'organiser des réunions après 17h00.

Les pères divorcés sont invités à parler de leurs contraintes familiales à leur manager ou encore, en réunion, les responsables veilleront que les femmes puissent s'exprimer autant que les hommes.

Bref, le site fourmille de très bonnes idées et je les appuie totalement. Je crois que ce sont des projets de ce type qui font avancer les choses plus que toute autre manière de procéder. 

Si le collectif vise les hommes, les femmes y sont bien sûr les bienvenues et elles peuvent devenir des «Happy men girls friends».

Enfin, on peut impliquer des entreprises : j'ai pris bonne note des partenaires s'associant ouvertement à cette belle initiative : Orange, Crédit Agricole, Accenture, BETC, Companeros, GDF-Suez. Bon début, on attend évidemment les autres...

On a parlé beaucoup en mal de France Telecom (donc Orange) ces dernières années pour son management, mais, cette fois, saluons-là d'avoir été désignée meilleur employeur pour les femmes par Challenges en 2012 et l'objectif fixé par Stéphane Richard, son PDG, d'atteindre le seuil de 35% de femmes dirigeantes à relativement court-terme.

Dernier point, je conseille également la lecture de la FAQ du collectif : par un jeu de questions-réponses, elle précise la philosophie générale des happy men et ses convergences ou divergences avec d'autres formes d'engagement pour les femmes.

100 000 logements à Paris ! Merci qui ? Merci Marielle (de Sarnez) !

Sur le moment, je me suis inquiété de ne voir que le Parisien évoquer le plan Marshall pour le logement de Marielle de Sarnez. Je me suis dit : m... ou quoi ? Dès qu'une personnalité politique aborde un sujet sérieux avec des propositions très concrètes, la presse ne relaie plus. Il n'y a que histoires à deux balles et le sensationnalisme ou quoi qui l'intéresse ? Et puis aujourd'hui et dans les moteurs de recherche, le Parisien se contente de titrer sur sa page de garde qu'elle se rapproche de NKM sans le dire. Information (spéculation ?) passionnante, n'est-ce pas ?

Heureusement, ce matin, plusieurs organes de presse se sont tout de même rattrapés : Le Point, 20Minutes, Metronews, il y en a tout de même quelques uns qui réagissent. C'est fou, tout de même, ce que l'on a du mal à intéresser la sphère médiatique avec des sujets sérieux. Au fil du temps, elle se confond de plus en plus avec le monde du spectacle.

Quant à votre serviteur eh bien il suffisait de l'avoir lu en juin puis en août pour avoir déjà un certain nombre d'informations en avant-première :-)

Marielle récapitule ses principales mesures sur son site de campagne mais le projet complet figure sinon sur le site du Mouvement Démocrate.

Le principal défi c'est évidemment de libérer du terrain pour construire du foncier. Marielle a donc mis en avant trois mesure phare pour tenter de le relever :

- récupérer des hectares qui ne sont pas exploités : couverture du périphérique, couverture des gares là où c'est possible, en particulier. L'idée de couvrir le périphérique pour bâtir est à mon avis apparu à la suite des propositions des libéraux puis du MoDem pour éviter un sort funeste aux Serres d'Auteuil : étendre les courts de tennis sur l'A13 au lieu de saccager les serres. On comprend que les Socialistes n'aient pu avoir une telle idée puisqu'ils ont depuis le début refusé catégoriquement son application pour simplement des terrains dédiés au sport (leur acharnement semble hélas porter ses fruits). Une couverture du périphérique offrirait quelques autres avantages : là où elle réalisera les riverains gagneront en confort de vie (plus de bruit, moins de pollution) et une barrière artificielle entre Paris et la petite couronne tombera (préfigurant de facto le Grand Paris à venir).

- optimiser le foncier : c'est toujours amusant de comparer les méthodes. Côté Hidalgo-Delanoë, on essaie de passer en force depuis plusieurs années pour imposer de gigantesques tours aux portes de Paris. Même si à titre personnel, je ne trouvais pas moche le projet architectural, le principe immobilier et foncier est lui mauvais. Il est évident que l'on crée un ogre énergétique amenant de surcroît du froid, des rafales de vent et de l'ombre à tout son environnement immédiat. Marielle a elle une idée bien plus simple : autoriser les co-propriétés partout où c'est possible à se surélever (immeubles de petite hauteur seulement) et bâtir au-dessus des bâtiments logistiques (entrepôts entre autres, administrations publiques).

- transformer l'existant : il existe par exemple 700 000m2 de bureaux vacants qui ne trouvent pas preneurs en raison de leur vétusté. Peu le savent et pourtant il y a là une mine d'accession au logement pour les classes moyennes. Il y aura en outre des préemptions pour mieux répartir le logement social.

Il existe d'autres mesures dans le projet de Marielle de Sarnez, mais je note la place particulière qu'elle accorde aux familles et aux classes moyennes puisque d'une part, elle entend privilégier les trois pièces et plus pour les nouvelles constructions et favoriser les investisseurs institutionnels, bailleurs offrant généralement plus de garanties de stabilité que les particuliers.

Les commissions du MoDem ont bien travaillé, au moins sur ce sujet, en tout cas. J'invite les lecteurs intéressés à prendre connaissance de la totalité du projet.

10:15 Publié dans Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : logement, sarnez, modem |  Facebook | | |

lundi, 21 octobre 2013

Décès de Philippe Cohen : une immense tristesse

Je viens d'apprendre avec une très grande tristesse le décès de Philippe Cohen, le fondateur de marianne2. Jean-François Kahn a écrit un éloge funèbre sur le site, mais pour moi, les qualités de Philippe, que j'ai croisé à de multiples reprises puisqu'il m'avait proposé de devenir blogueur associé de marianne2.fr, c'étaient surtout l'ouverture d'esprit et la volonté de renouveler un métier qui s'enfonce dans le marasme depuis de longues années.

L'idée astucieuse d'inviter les acteurs de la Toile pour commenter l'actualité, en les recrutant parmi les leaders d'opinion, lui revient. Il en a été le promoteur, d'abord avec Vendredi puis avec Marianne2 qui a représenté à mes yeux une évolution et un progrès par rapport au premier : en effet, si vendredi concentrait la blogosphère de gauche et plus largement l'antisarkozysme sur la Toile, il y a eu par la suite avec Marianne2 une volonté d'élargir le spectre politique de ceux qui intervenaient même si Philippe aura toujours conservé la maîtrise d'ouvrage en sélectionnant soigneusement les articles publiés sur le journal.

C'était un peu le tour de force de cette époque que de parvenir à constituer un fil éditorial cohérent avec des blogueurs très différents. Songez donc : quoi de commun entre un Superno, un Slovar, un Sarkofrance, un Antidote, un Didier Goux et moi-même ? Tous différents, et pourtant, tous susceptibles d'être repris là-bas car tous blogueurs associés.

C'est ça que j'aimais chez Philippe : il savait où il allait certes, mais son éclectisme l'amenait à emprunter des chemins improbables, surtout quand on considère la ligne éditoriale de Marianne.  Malgré tout, s'il y a eu bien sûr bien plus de blogues que ceux que j'ai cités, dans cet ensemble, il a toujours manqué, à mon avis, un blog libéral. Je veux dire, pas un libéral cool comme moi, mais un libéral à la sauvage genre Hashtable ou Parisien Libéral (politiquement plus présentable :-) je dis ça sans vouloir vexer Hashtable, nettement plus radical). Mais bon, c'était aussi sa limite : je l'ai entendu plusieurs fois se revendiquer clairement de l'antilibéralisme ce qui fait que le libéralisme aura été le seul courant à manquer à l'appel pendant la grande époque de marianne2.fr

Par la suite, Marianne a changé son fusil d'épaule : la rédaction a installé définitivement quelques blogueurs sur son site et cessé complètement de relayer les autres. Ce faisant, elle a perdu, à mon avis, ce qui faisait sa richesse. Un tel choix n'est sans doute pas étranger au fait que Philippe avait démissionné de Marianne, lui qui en avait été un fondateur historique.

Avec la disparition de Philippe, j'ai le sentiment qu'achève de se refermer une parenthèse qui avait fait la part belle au journalisme citoyen et particulièrement aux blogs. J'ai souvent entendu dire que Guy Birenbaum avait été l'un des tous premiers promoteurs de la blogosphère mais on peut dire que Philippe, de son côté, ne volerait pas le titre d'Ami des blogueurs si j'avais le droit d'ajouter une épitaphe sur sa dalle funéraire.

Alors adieu l'ami : moi, je n'ai pas la foi pour te dire que tu me regardes de quelque part, mais je sais aussi que les plus grands héros (Achille, Gilgamesh entre autres) ont pensé que la vie éternelle ce n'était pas une vie quelque part ailleurs mais la gloire dont on se couvrait par ses actions.

Va, et repose en paix.

19:37 Publié dans Blog, Insolite | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : philippe cohen |  Facebook | | |

Pau, c'est très casse-gueule pour Bayrou

Il se dit que François Bayrou hésite à prendre la tête d'une liste centriste à Pau. A sa place, je n'y irais pas. Tout du moins, pas avec une liste UMP sur sa droite et une liste PS sur sa gauche. Il faut bien comprendre que Copé mandate Éric Saubatte en commando-suicide là-bas. Il n'est pas là pour gagner, il est là pour faire perdre Bayrou, cet objectif étant plus prioritaire aux yeux de l'UMP que la mairie de Pau. Au passage, cela montre bien que l'UMP n'en a rien à foutre de Pau et préfère que cette ville tombe dans l'escarcelle socialiste plutôt que de la voir entre les mains de Bayrou.

Bref, c'est hyper-casse-gueule parce que je pense que Bayrou ne peut pas gagner avec un tel front contre lui. 

Ce qu'il a intérêt à faire, c'est de continuer ce qu'il a entrepris : faire le maximum pour fédérer une liste d'opposition à Pau et soutenir un candidat centriste solidement implanté. Même si cette liste ne remporte pas Pau, on n'en tiendra pas rigueur à Bayrou qui aura sincèrement cherché l'intérêt de la ville. Si jamais elle gagne (pas totalement à exclure, après tout) on en saura gré au leader du MoDem en raison de toutes ses médiations réussies. Il aura ainsi préparer l'avenir et on peut imaginer des suites intéressantes aux régionales qui suivront.

Moi, je pense que Bayrou a intérêt à se présenter aux européennes :

-primo, parce qu'il a un discours très clair et atypique sur l'Europe, unique en France.

- secundo parce qu'il a de fortes chances d'être élu

- tertio parce qu'il amènera dans le Parlement européen une voix forte et originale d'autant plus qu'il a une aura médiatique qui lui permet d'amener sur le devant de la table des sujets auxquels les médias ne s'intéressent pas spontanément.

Comme je sais qu'il lit régulièrement mon blogue, j'espère que mon avis saura l'éclairer dans sa décision finale.

00:49 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : bayrou, politique |  Facebook | | |

dimanche, 20 octobre 2013

Choses minables lues à propos de Leonarda

D'une certaine manière l'affaire Leonarda a un effet cathartique inversé : elle permet d'ouvrir les fosses septiques partout où elles étaient fermées.

Que la famille de Leonarda soit devenue difficilement défendable, c'est un fait et je l'ai écrit. Cela ne justifie en aucun cas le tombereau d'ordures qui tombe sur la jeune fille. Ok, elle était absentéiste dans son collège, ok elle a du mendier deux ou trois fois (sans doute sur l'inspiration de son père ou de sa mère) mais cela n'en fait pas une criminelle pour autant.

Je continue à lire l'Didier (faut toujours se tenir au courant de ce qu'écrit la réacosphère) : il aurait mieux fait de laisser sa plume de côté ce jour-là. Pourquoi ? Parce qu'en arriver à écrire  «de toute façon, elle ne doit pas être une meilleure mère que le père n'est un bon père, sinon il y a beau temps qu'ils auraient mis leur boudin au régime et lui aurait payé une séance d'épilation des sourcils avec l'argent de la mendicité rapporté par les plus petits» c'est quand même tomber particulièrement bas.

Bordel, faut se calmer l'Didier (et les autres qui approuvent), c'est une adolescente de 15 ans, rien d'autre. Une cible un peu facile, non ? Même pas honte, en plus, je parie.

Jusqu'à nouvel ordre, on peut encore espérer que cela ne soit pas la perfection physique qui devienne un critère d'éligibilité à la nationalité française faute de quoi une quantité conséquente de réacs risquent de jarreter en même temps que notre jeune Rom. 

Bon, je me doute que le monde merveilleux (oserais-je dire le grand lebensraum sans me prendre une volée de points Godwin ?) de mes tovaritchi reacovitchi est un gigantesque défilé de mode, mais jusqu'à nouvel ordre, notre société n'en est pas encore là (encore que...suffit de considérer le jeunisme ambiant et les invitations consuméristes à se faire plantureuse et anorexique pour se dire qu'on en est pas si loin...).

NDLR : caramba ! A chaque billet je me dis que je vais passer à autre chose mais je lis une nouvelle crétinerie qui m'oblige à réagir.

13:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : leonarda, beauté |  Facebook | | |