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mardi, 02 septembre 2008

Un démocrate-chrétien parmi les musulmans

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'enquête de La Croix sur le vote des Musulmans : sans surprise, on les trouve proches de la gauche, ce qui n'est guère étonnant si l'on considère les déclarations de Nicolas Sarkozy ces dernières années, mais, ce qui est assez inattendu, c'est la percée de Bayrou et du MoDem dans cet électorat. Le MoDem séduit 10% de cet électorat (pour 11.5% pour l'ensemble des Français).

Ce qui est casse-pied, dans cette étude, c'est que l'IFOP s'obstine d'une part à mélanger le MoDem avec l'UDF, mais surtout, à associer UDF et UMP dans sa comptabilité. Heureusement, il y a eu le magazine Top Chrétien pour lire entre les lignes. Bayrou c'est un croyant qui assume sa foi en terre laïque. Il me semble que ses positions, dans un pays comme la France, constituent un bon compromis entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Les Musulmans modérés sont certainement sensibles à son discours.

07:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : islam, musulman, bayrou |  Facebook | | |

jeudi, 03 juillet 2008

Persécution religieuse en Algérie...

Tiens, c'est marrant, je n'ai entendu aucune des bonnes âmes dégoûlinantes de bonne conscience protester contre cet arrêt des tribunaux algériens :

Deux Algériens convertis au christianisme ont été condamnés hier à six mois de prison avec sursis et 100.000 dinars d'amende(1.000 euros) pour prosélytisme. Le procureur du tribunal de Tissemsilt (350km au sud-ouest d'Alger) n'avait pas requis de peine contre les deux informaticiens, Rachid Mohammed Seghir, 40 ans, et Jammal Dahmani, 36 ans. Lors de l'audience en appel du 25 juin, il avait demandé au juge d'appliquer la loi concernant leurs cas, sans fournir plus de précision. Le jugement avait été mis en délibéré.

Les deux hommes avaient été condamnés par contumace le 20 novembre 2007 à deux ans de prison ferme et 5.000 euros (7.775 dollars) d'amende, pour prosélytisme chrétien et exercice illégal d'un culte non musulman. Ils encouraient un maximum de cinq ans de prison et 10.000 euros d'amende. Leur avocate maître Khadîdja Khalfoun a trouvé le verdict "sévère". Selon leurs familles, les deux condamnés ont décidé de faire appel du jugement.

En fait, outre les juges, ce qui est en cause, dans cette histoire, c'est la loi algérienne. Je n'ai entendu aucune autorité de l'Islam réagir à cet arrêt ni appeler à modifier la loi, de manière à ce que les Algériens puissent pratiquer librement leur religion. Quand on pense au concert de beuglements qui avait accueilli les lois sur le voile des femmes en France, ou encore la fameuse affaire des caricatures de Mahomet, on constate avec indignation qu'il y a deux poids deux mesures, en termes de liberté religieuse, en terre d'Islam... 

Une petite remarque, ce n'est que depuis février 2006 que l'exercice du culte non musulman est soumis à une loi qui pose le préalable de l'autorisation du ministère de l'Intérieur pour le lieu où doit s'exercer le culte et celle des autorités religieuses pour la personne qui doit diriger ce culte.

Plusieurs procès ont depuis été intentés contre des convertis accusés de prosélytisme. Aurons-nous une réaction politique officielle ?

Au passage, en Kabylie, cela a été trois ans de prison pour une femme qui avait le tort d'avoir eu une Bible dans son sac, et qui n'a pas voulu renoncer à sa religion. Est-ce que quelqu'un se soucie du sort d'Habiba ?

 

vendredi, 27 juin 2008

De l'islam surgira l'Islam

Bien des idées reçues circulent sur l'Islam, au sein de la société occidentale, et c'est ce qui m'a donné l'envie de rédiger ce billet. Je lisais récemment un billet sur le blog d'Ibn Kafka, dans lequel il cite Edmond Amran el Maleh. Ce dernier juge que l'on ne peut battre l'islamisme que sur le terrain de la religion, et que la riposte doit venir de l'intérieur. Ibn Kafka met un bémol à cet avis en jugeant que l'intérieur tout court suffit.

Pour ma part, je suis d'accord avec Edmond Amran. C'est bien de l'Islam que peut venir la riposte contre l'islamisme, et pas d'un magma dont rien de précis n'émerge. Ibn Kafka dit que l'islamisme ne vient pas de l'Islam, et que ce sont d'autres facteurs qui sont à sa source. C'est vrai. Mais l'Islam en est le catalyseur, car de sinistres individus s'en sont emparés. Or, l'erreur, ce serait justement de leur laisser l'Islam entre les mains. Edmond Amran el Maleh a donc bien raison de juger que c'est dans la religion qu'il faut trouver la source.

A cet égard, je me suis intéressé à trois nations et donc, trois expériences significatives : le Maroc, la Turquie et l'Iran.

C'est un chef d'état remarquable qui dirige le Maroc. Hassan II était un homme intelligent, mais dur et sans scrupules. Mohamed VI, son fils, est un dirigeant sage. Sa réforme du code de la famille est un morceau d'anthologie de modération et d'habileté politique. Il a très bien compris qu'une amrche forcée vers la modernité générerait d'autant plus de résistances, et il s'est donc appuyé avec bon sens sur le Coran,  l'autorité de sa fonction, des théologiens universitaires et des hadiths fameuses pour faire passer sa réforme.Les Marocains sont des gens modérés. Je ne dis pas que l'islamisme ne parvient pas à s'y implanter, mais il y demeure circonscrit sous l'action d'un roi efficace.

En Turquie, l'Islam a pris un visage politique et temporel avec l'AKP. L'AKP, à mes yeux, ressemble à la droite française du début du siècle. A l'origine religieuse, monarchique et anti-républicaine, la vie en république a petit à petit adouci ses moeurs. L'évolution de cet adoucissement, c'est la démocratie-chrétienne. Je crois que c'est ce chemin qu'emprunte la Turquie, et la pression de l'Union Européenne accélère ce mouvement. A cet égard, l'Europe ne devrait pas repousser la Turquie, mais observer avec intérêt cette évolution, qui rapproche ce pays des autres pays européens par son développement politique.

Reste enfin l'Iran : c'est dans ce pays que se sont affirmés deux camps résolument opposés l'un à l'autre. D'un côté les réformateurs, dont l'ex-président Khatami est assurément la tête de proue, de l'autre les conservateurs qui s'appuient sur la frange la plus réactionnaire du clergé. Il y a dansle shi'isme quelque chose d'intrinsèquement révolutionnaire, qui fait qu'une nation shi'ite ne peut se satisfaire d'un ordre figé comme on le trouve dans les pays soumis à la Sunna. En pays shi'ite, la foi compte plus que la loi. Ce seul fait autorise toutes les exégèses, et, par suite, ouvra la porte aux mutations aussi bien sociales qu'économiques. Les réformateurs d'aujourd'hui, ce sont les mystiques de 79 qui sont revenus de leurs illusions ; des islamo-gauchistes qui ont bien tourné, comme en France, d'ex soixante-huitards se sont finalement convertis à l'économie capitaliste.

L'islamo-gauchiste présente pourtant un visage inquiétant : il est à l'Islam ce que le fascime primitif, pas encore scindé du socialisme, était au socialisme : revendications sociales, violence, et foi aveugle (parfois mauvaise foi) sont les mamelles de cette nouvelle forme de l'Islam. Que l'islamo-gauchisme fasse sa jonction avec ce que Marx appellerait le lumpen et avec la frange ultra-réactionnaire des traditionnalistes, et l'on obtient le GIA ou encore Al Qaeda.

Revenons à l'Iran : Ibn Kafka a commenté sur son blog un document aussi rare qu'intéressant : un sondage réalisé en Iran chez les Iraniens eux-mêmes. On constate que les Iraniens sont des gens très raisonnables, tout à fait dans la tradition perse, au demeurant, peu désireux de voir le nucléaire militaire se développer chez eux, et soucieux de trouver des convergences avec le monde occidental. Et pour balayer les idées reçues sur les droits de la femme, Ibn Kafka observe que les Iraniens sont 78% à estimer qu'une égalité totale entre hommes et femmes est d'une grande importance dans leur pays.

Ibn Kafka s'étonne de ce que les Iraniens apprécient le travail d'Ahmeninejad. Il donne pourtant des éléments de réponse : parmi les hauts revenus ou les hauts niveaux d'éducation, le président iranien n'est pas populaire. Ibn Kafka oublie ce quoi Ahmaninejad s'est fait élire : il s'est fait élire sur une réputation d'intégrité. L'Iran comme l'Europe connaît une fracture entre ses élites et le peuple. Que pensent vraisemblablement les classes populaires ? Que les autres sont tous pourris parce que corrompus, mais pas Ahmaninejad. Ceci ne signifie nullement qu'ils valident ses choix diplomatiques, mais plutôt son éthique personnelle comme personnalité politique. Le malheur, c'est que les réformateurs ne soient pas capables de produire un individu de la même trempe éthique en termes de corruption.

Il me reste enfin trois autres exemples à donner : La Malaisie et l'Indonésie, qui ont globalement réussi à concilier exercice de la démocratie, et, pour la première, application de la Sharia, et on peut se reporter à un excellent article à ce sujet sur le site des Eglises d'Asie  ; par ailleurs, le déroulement des dernières élections parlementaires en Malaisie ont été un modèle démocratique, avec usage d'urnes transparentes, par exemple, pour garantir la qualité du scrutin.

Reste enfin le Qatar, avec Al-Jazeera, qui a bâti un media extraordinairement libre au beau milieu des états les plus conservateurs de la planète. A titre personnel, je trouve al-jazeera souvent populiste, mais, je lui reconnais une vraie liberté éditoriale qui détone dans une sphère où la liberté d'expression est très limitée.

Au final, tous les indices que je réunis ici, venus des quatre coins de l'Islam (le Maroc est arabe et au Maghreb, l'Iran est perse donc indo-européen, la Turquie ouralo-altaïque, le Qatar au proche-orient et Indonésie et Malaisie en Asie) montrent que l'Islam n'a rien d'incompatible avec la démocratie.

Je conclurais simplement par le propos de Surin Pitsuwan, ancien ministre thaïlandais des Affaires étrangères,  tenu en 2005 pour qualifier les rapports entre Islam et démocratie. Selon lui, il n'est pas tant question du rôle que l'islam peut jouer au sein de la démocratie que d'être un bon musulman en comprenant l'importance de vivre sous un régime démocratique.

«Je crois avec ferveur que pour être un bon musulman, vous devez vivre dans un système démocratique»

 

mardi, 03 juin 2008

Contrat de mariage et virginité, débat juridique

Ma précédente note sur l'affaire du mariage annulé de Lille pour cause d'absence de virginité a entraîné un débat dans les commentaires de l'article. J'y ai lu des points de vue très intéressants, qui ne vont d'ailleurs pas forcément dans mon sens, et je publie tout particulièrement celui de Jpm répondant à Farid L.

Farid vous ne me comprenez pas :
C'est un contrat et les conditions requises pour que madame devienne l'épousée sont de nature privée vous avez parfaitement raison et je ne dis pas le contraire :))
Que madame soit satisfaite du jugement est heureux et je lui souhaite de trouver un homme qui l'accepte telle qu'elle est.

Mais...

La loi ne se mêle pas de ce contrat (si tant est qu'il puisse exister un contrat de cette nature entre personne physiques puisque la loi encore une fois n'encadre que la notion de contrat de mariage qui lui ne concerne que les biens matériels) mais bien d'une notion qui définit quels sont les critères qui peuvent annuler légalement un mariage.

Si les épousés avaient écrit noir sur blanc la necessité de virginité alors oui le juge peux intervenir sur ce point et casser le contrat privé qui est antérieur au mariage. Il peut y avoir alors divorce selon la loi.

Mais en aucun cas ces dispositions ne sauraient casser le mariage dont les règles d'annulation sont définies par la loi et parlent bien de qualités essentielles.

Etant prévues par la loi ces qualités essentielles ne sont pas du ressort de l'appréciation privée ! Elles ne sont pas définies explicitement car il appartient au juge d'apprécier les cas particuliers que la loi n'auraient pu prévoir.
ça s'appelle "l'esprit des lois".

Hors cet esprit des lois s'oppose à ce qu'on retienne comme qualité essentielle dont l'absence révélée ne permet de prolonger le mariage le défaut de virginité puisque par essence celle ci est annulé par le mariage. Il ne s'agit donc pas d'une notion essentielle à la poursuite du mariage.

Ce n'est pas moi qui décide quelles doivent être les qualités de chacun mais bien la loi qui définit celles qui faisant défaut ne peuvent permettre la poursuite du mariage.

Enfin que les parties soient satisfaites d'un jugement n'est absolument pas un critère de validité de celui-ci :))

Alors maintenant il faut voir au delà de cette affaire totalement anecdotique afin de comprendre pourquoi il y a scandale.

Comme je l'ai déjà dit et comme vous le dites vous même l'inconscient collectif est là et joue son rôle soit en référence à l'histoire catholique soit aux préjugés sur l'islam en stigmatisant encore une fois le fait que certaines pratiques islamiques sont des pratiques que la république cautionnait il y a peu.

Cette affaire est donc vécue comme un retour en arrière ce qu'elle est effectivement.

Deuxièmement se pose le problème de la libération de la femme, de l'égalité homme/femme devant la loi, et de la sexualité de façon antérieure au mariage

Troisièmement se pose le problème de la gestion de cette affaire par les médias.

Quatrièmement se pose le problème de la jurisprudence qui pourrait entraîner des drames humains absolus si cette notion de virginité comme qualité essentielle était retenue.

Mais au fond....cette affaire n'est elle pas tout simplement plus scabreuse ?
Il s'agit clairement d'un marriage arrangé et les parties concernées n'en sont pas heureuses puisqu'elles sont heureuses du jugement.
La femme n'était donc pas en opposition ou dans le mensonge avec son mari mais bien avec sa famille.
Il est fort a parier que cette "excuse" de non virginité ne soit qu'une façon d'annuler un mariage qui de toute façon ne convenait pas aux parties et qu'en l'espèce ait été retenue une fausse raison totalement invérifiable.

En conclusion tant mieux pour ces épousés qui ont trouvé un moyen d'annuler un mariage dont ils ne voulaient pas et bravo au juge d'avoir joué le jeu.

Mais blâme sur le juge qui a retenu un critère qui dépasse le cadre de la loi et de ce fait crée une jurisprudence dont nous ne mesurons pas encore les répercusions sociales.

Je vous laisse imaginer la détresse d'une jeune femme accusée de défaut de virginité par un mari peu délicat et finalemet insatisfait et qui en aucune façon ne pourrait prouver que le mari ment car une fois le mariage consommé il est impossible de vérifier l'état antérieur au delà d'un certain temps écoulé.

Je rappelle, afin qu'on ne se trompe pas, que n'importe qui serait alors fondé a entamer ce type de procédure, musulman ou pas.....

Reste encore a vérifier les termes exacts du jugement au delà de ce qui a été dit médiatiquement.

Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir et c'est une joie ou un drame de notre monde de communication que de voir se débat se répendre ainsi. ;)
 

vendredi, 15 février 2008

Charia et droit des démocraties

L'avantage d'avoir des lecteurs de qualité sur son blog, c'est que l'on peut souvent s'épargner du travail, simplement en reprenant leurs commentaires sous forme de billets. C'est le cas, après Bertrand, de l'excellente réponse de Samir à mon billet "Rififi à Canterbury".

J'avais évoquél'opportunité ou non d'introduire certains aspects du droit islamique dans le droit britannique et plus généraement européen, à la suite de la saillie de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, sur le sujet. Voilà ce que Samir a répondu à mon billet :

« Je crois que le problème est mal posé. Qu'il y ait dans la charia de bonnes choses, cela ne fait pas l'ombre d'un doute.
Il y a cependant trois points essentiels à tenir présents à l'esprit:

1. Je n'accueille pas la charia en tant que charia, pas plus que le droit canon en tant que tel. Mais j'accueille dans la constitution tout élément valable, indépendamment de sa provenance. Et si j'accueillais quelque chose PARCE QUE cela est une loi religieuse, j'ouvre la porte à beaucoup de dérives.

2. Par ailleurs, exclure CERTAINS points de la charia parce qu'INHUMAINS, comme l'a affirmé l'Archevêque, est très offensant pour qui considère que la charia vient en derniers recours de Dieu lui-même.

3. Introduire deux principes juridiques dans une même communauté nationale conduit à des situations impossibles et injustes. Il suffit de suivre ce qui se passe au plan juridique dans un pays comme la Malaisie pour s’en rendre compte. Nous avons affaire à des décisions juridiques contradictoires et de graves injustices vis-à-vis des personnes, notamment des femmes.

4. Enfin, j’ajouterai un 4° point. Il n’est pas sans intérêt de signaler que nos plus grands juristes musulmans, quand ils ont établi les constitutions des Etats arabo-musulmans dans la première moitié du 20° siècle, ont délibérément écarté la charia comme fondement de la législation et s’en sont inspirés assez modérément. Ils la considéraient comme anachronique sur bien des points. Il est étrange qu’après plus d’un demi-siècle des OCCIDENTAUX (a fortiori des religieux chrétiens) proposent un retour en arrière. Pour nous, Arabes, qui cherchons à nous émanciper et à intégrer les acquis culturels et juridiques de la modernité, la législation britannique et les législations européennes en général sont, à tout prendre et malgré leurs lacunes, plus respectueuses des valeurs humaines que la charia. De grâce, ne nous ramenez pas en arrière … précisément en Occident. »

mercredi, 13 février 2008

Fouad Al farhan, blogueur saoudien en danger

La France de toutes nos forces ne m'en voudra pas si je relaie partiellement  la dernière information figurant sur son blog: c'est qu'il y va de la survie d'un blogueur d'Arabie Saoudite qui a eu le «tort» d'être un tantinet impertinent...

Fouad Al-Farhan, 32 ans,est détenu à la prison de Jeddah depuis le 10 décembre 2007.Ila été arrêté par les services du ministère de l'intérieur pour certains articles postés sur son blog. 

 

Le 10 janvier 2008, Reporters sans frontières et le réseau arabe de défense des droits de l'homme, HRInfo, ont écrit au roi Abdallah Bin Abdilaziz Al-Saoud, afin d'obtenir plus d'explications sur les raisons de son arrestation. Cette lettre est restée sans réponse.

Seul le le quotidien saoudien en anglais Arab News a rompu le silence sur cette affaire.

Sur son blog, Farhan (en arabe, jovial), le sourire narquois et le verbe acerbe, se dit «à la recherche de la liberté, de la dignité, de la justice, de l'égalité, de la "Choura" (participation publique) et de toutes les valeurs de l'islam qui nous font défaut».

«Lorsque vous naissez et êtes formés (dans une société) marquée par le discours de l'exclusion de l'autre (...) votre esprit sera un terrain fertile pour l'idéologie de la violence. Lorsqu'un jeune est élevé dans le rejet de l'autre, il sera une proie facile et un instrument entre les mains des propagandistes de la violence», écrivait Farhan, qui a fait de l'extrémisme religieux l'une de ses cibles de prédilection.

 

mardi, 12 février 2008

Islam et Occident

Je réfléchis à l'affaire Ayaan Hirsi Ali , et je me dis que l'Occident et l'Europe s'y prennent particulièrement mal vis-à-vis del'Islam. L'Islam ne pourra pas évoluer à partir de l'Europe, grâce à quelques lettrés isolés qui ne devraient leur notoriété qu'aux rotomontades des intellectuels des salons de Paris ou d'ailleurs en Europe.

En réalité, l'espoir, c'est au sein de l'Islam lui-même qu'il doit germer, et ce peut être long. L'intelligence, ce serait de favoriser discrètement cet Islam là où il existe. Mohamed VI au Maroc aura certainement fait infiniment plus pour la femme dans le monde arabe que Ayaan Hirsi Ali , dont les écrits ne recontrent un  écho que dans les salons de la bien-pensance européenne. 

Bien sûr, il faut, au nom de nos valeurs protéger Ayaan Hirsi Ali , mais ce n'est pas non plus la peine d'en faire une affaire nationale, et ce n'est certainement pas cet épisode qui contribuera à faire émerger un Islam progressiste et modéré.

Pour ma part, je suis profondément convaincu que c'est ailleurs qu'en Europe qu'un vent nouveau se lèvera, au sein de l'Islam lui-même. Et je suis, à cet effet,  convaincu qu'une bonne suprise viendra de l'Iran. La nature du shiisme perse est d'être intrinsèquement révolutionnaire et de ne pas se satisfaire de l'ordre et de la stabilité qui caractérisent les sociétés sunnites. Cet islam-là ne se satisfera pas d'un islam gestionnaire et conservateur, et il nourrira tôt ou tard des revendications populaires. De plus, la jeunesse pourrait bien, tôt ou tard, manifester de manière bien plus massive son ras-le-bol de la chape de plomb qui s'est abattu sur elle, et nous faire un mai 68 à l'iranienne...

Peu s'en souviennent encore, mais le successeur que Khomneiny avait initialement désigné était l'ayatollah Motazeri, un religieux réputé pour ses positions sociales. Les Iraniens ont été capables de porter au pouvoir Khatami, il n'y a pas si longtemps, et, aujourd'hui, en Iran, les 3/4 de la population considèrent Ahmadinejad comme un bouffon inconsistant. 

En Turquie, Erdogan manifeste l'intention évidente de construire une démocratie islamique. A condition qu'il ait l'intelligence de ne pas se couper des laïcs, on peut espérer là-bas une évolution, en dépit des récentes prises de position  sur le voile à l'Université. Et puis il y a le Maroc, où la personne du roi joue un rôle considérable dans un sens positif.

Nous autres Européens, aidons discrètement les bonnes volontés, mais évitons les leçons de morale incessantes et le tintamare. Essayons d'avoir une diplomatie habile, discrète et fructueuse. 

13:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Europe, Islam, Occident |  Facebook | | |

lundi, 11 février 2008

Ayaan Hirsi Ali

Un mot pour donner mon avis à propos du cas Ayaan Hirsi Ali ; bien sûr, il faut protéger cette femme qui s'est lancée dans un combat difficile, et je trouve très intéressante l'idée de Nicolas Sarkozy, de créer un fonds communautaire pour des personnes menacées en raison de leurs convictions.

Cela dit, je ne suis pas non plus convaincu que Ayaan Hirsi Ali ait choisi le meilleur chemin pour défendre sa cause : qualifier de "pervers" le Prophète, c'est à dire la principale figure de l'Islam, je ne suis pas certain que cela contribue à créer un débat serein au sein de l'Islam sur la condition de la femme...

On peut donc la soutenir au nom de la liberté d'expression, la soutenir au noom du combat pour la liberté des femmes, mais pas la soutenir quant à la méthode utilisée. 

Il y a par ailleurs un embrouillamini avec la Hollande dont, à titre personnel, j'aimerais bien connaître les tenants et les aboutissants. Je trouvais normal que la Hollande assure la protection de Ayaan Hirsi Ali sur son sol, mais beaucoup moins qu'elle finance sa protection alors qu'elle demeure aux USA. Et puis il n'est tout de même pas dans les habitudes de la Hollande de lâcher ainsi des individus menacés.

Par ailleurs, l'American Enterprise Institute pour laquelle elle travaille, il faut le savoir, est en grande partie à l'origine de nombre de politiques menées par Daboliou en Amérique, alors, évidemment, cela éveille quelque peu ma méfiance. L'AEI s'est d'ailleurs tristementfait connaître en essayant de corrompre ceux qui mettaient en garde contre le réchauffement climatique. Bref, un organisme pour lequel je n'ai guère de sympathie, à titre personnel.

Un soutien, oui, mais avec beaucoup de prudence, dans l'immédiat. 

dimanche, 10 février 2008

Rififi à Canterbury autour de la Charia

Rowan Williams, l'Archevêque de Canterbury n'imaginait pas déchaîner les ppolémiques, le jour où il s'est publiquement interrogé sur l'opportunité d'intégrer certains aspects de la loi islamique de la Charia dans le droit britannique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela fuse dans tous les sens...

La célébrissime université Al-Azhar l'a publiquement félicité, qualifiant ses propos de réalistes. Notons toutefois que le dit Archevêque avait bien précisé qu'il n'y aurait pas de place pour les châtiments corporels et pour les discriminations envers les femmes dans le droit anglais. 

Pour ma part, j'invite à la circonspection. La notion de "Charia'" en Occident, porte une lourde charge négative parce qu'on la relie souvent aux mains coupées et au voile. Or, la Charia ne se réduit pas à ces recommandations extrêmes. L'idée d'intégrer du droit musulman traditionnel dans du droit national n'est pas forcément idiote. Après tout, c'est ce que nous autres Européens avons longuement fait avec le droit canon, et qu'importent les influences, dès lors qu'elles vont dans le sens de la démocratie ?

Dans ces conditions, je juge que cela vaudrait certainement le coup d'étudier de près ce que contient la Charia et le droit coranique afin de déterminer ce qui est compatible avec notre droit européen. Je suis à peu près convaincu qu'un certain nombre de rapprochements sont possibles, et qu'ils sont possibles sans altération de notre identité.

Donc, ce que j'en dis, c'est que c'est à méditer, et qu'il ne faut pas écarter tout de suite l'idée avec des hurlements horrifiés avant d'y avoir réfléchi. 

dimanche, 20 janvier 2008

Les larmes de Mauritanie

Je lisais avec tristesse l'interview donné par le père d'un des assassins des quatre français de Mauritanie, en page 13 du Parisien du samedi 19 janvier. Sidi Ould Chabarnou exprime sa désolation, qualifiant son fils d'imbécile et de criminel. Pour lui, jihadiste ou salafiste, ce n'est pas l'Islma qui est enseigné en terre de Mauritanie. L'acte de son fils l'a profondément humilié alors que l'Islam est à ses yeux une religion de tolérance.

J'ai trouvé édifiant l'une de ses remarques : «Il est allé comme tout jeune mauritanien dans une école coranique. Il aurait dû en sortir comme un homme modèle. Au lieu de cela, il est devenu un imbécile et un criminel. Il existe de mauvais prêcheurs. Il a trahi notre éducation.» 

Je pense que c'est effectivement là où le bât blesse. Je pense que c'est dur, pour cet homme, qui a pensé avoir fait pour le mieux et se retrouve avec un fils qu'il ne peut que renier, désormais. Le drame, il est aussi là. Et ces mauvais prêcheurs, ils sont doublement coupables : pour les crimes commis, mais aussi pour ce qu'ils font à ces familles tranquilles qui n'aspiraient qu'à vivre en paix. 

 Ce qui m'a frappé, c'est que le sentiment qui prédomine, parmi les proches de l'islamiste, c'est la honte. Ainsi, le père de son épouse a honte, honte que l'homme à qui ila donné sa fille soit un assassin. Ce vieil homme, dans sa région, est très respecté, et un imam très croyant. Les Salafistes et les Jihadistes, c'est aussi cela qu'ils souillent et détruisent, en plus d'ôter la vie à des victimes innocentes.

Voilà, j'ai trouvé ces témoignages touchants et émouvants, et je trouve appréciable que le Parisien ait publié ces entretiens et ces reportages, parce que cela donne aussi un autre éclairage sur ce tragique événement.