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dimanche, 06 novembre 2011

Ne pas surjouer.

Quand je le peux, j'essaie d'emmener ma petite famille au théâtre. Bien sûr, comme elle est constituée de jeunes enfants (hé hé, je pense à nos retraites, il faudra du monde pour les financer), je dois choisir des spectacles adaptés.

Or, ce qu'il y a, c'est que les troupes qui se produisent pour de jeunes publics ont la très mauvaise manie de surjouer. Ce n'est pas parce qu'on joue pour de jeunes enfants, voire de très jeunes enfants, que l'on n'est pas tenu pour autant à une exigence de qualité.

J'ai découvert, il y a quelques années, un site très pratique pour disposer d'une vue globale de ce qui se joue saison par saison. Il s'agit de theatreonline. Quand ils le peuvent, les administrateurs du site proposent une vidéo pour illustrer les spectacles, généralement de courts extraits.

Quand je parcours le menu "pour enfants", je suis frappé du caractère puéril (dans le mauvais sens du terme) des interprétations. Il arrive, toutefois, rarement, de tomber sur quelques perles. 

Mon aîné n'a jamais autant ri que le jour où il a assisté à la représentation du Songe d'une nuit d'été au Sudden Théâtre (tiens, on y joue Lysistrata d'Aristophane, il faudra que j'aille voir cela), à Paris. Il n'avait pourtant que 5 ans (ça date, quoi...). Mais la pièce n'était pas destinée à un jeune public. Je parlais de perle, au fait. La voilà : 


Blanche Neige (la comédie musicale à la Comédie... par danslesdecors

Le spectacle Blanche-Neige a le mérite de ne pas verser dans le puéril dégoûlinant. L'interprétation de la mauvaise reine-mère, lisible à plusieurs niveaux, est des plus plaisantes, avec juste ce qu'il faut de clins d'oeil pour mêler bon goût et hilarité. Petits et grands, rient, et c'est in fine cette communion là qui compte. La pièce se donne à la Comédie de Paris.

Je me méfie évidemment des gros blockbusters théâtraux, particulièrement lorsque les bobos ne tarissent pas d'éloges sur une pièce. C'est mauvais signe. 

A mon avis, le mieux que puissent faire les troupes, c'est bien de réaliser un petit court-métrage de leur prestation. C'est ce qui permet de se faire l'avis le plus éclairé.

18:21 Publié dans Culture, Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : théâtre, enfant |  Facebook | | |

mercredi, 02 novembre 2011

Image : l'erreur stratégique fatale de Cora

Je poursuis assidûment depuis une dizaine de jours la lecture d'un ouvrage passionnant : e-reputation d'Edouard Fillias et Alexandre Villeneuve. Un excellent manuel de gestion de son identité numérique et de sa réputation sur Internet.

L'ouvrage a une orientation clairement commerciale et entrepreneuriale en s'adressant prioritairement aux sociétés, même si, bien sûr, il existe de multiples applications politiques des conseils qui y sont prodigués.

Les auteurs consacrent la moitié du chapitre 4 aux situations de crise. Qu'est-ce qu'une situation de crise pour une marque ? Une inflation de contenus critiques sur un produit ou sur la société qui le commercialise. Billets, commentaires sur les forums spécialisés, sur facebook, sur twitter, sur les blogues sont autant d'avatars de cette inflation. Les auteurs établissent une typologie précise des différentes sortes de crises et de leur origine, puis proposent d'y répondre de manière adaptée.

Il y a quelques principes de base à respecter en situation de crise, et Edouard Fillias et Alexandre Villeneuve en dressent les contours :

empathie, réaction puis explication, voilà la Sainte-Trinité de la stratégie de crise. Triangle d'or que Cora a clairement ignoré.

Sur le fond de l'affaire, il y a déjà une erreur de ressources humaines : licencier une employée sous-payée pour un ticket trouvé, c'est une faute de management assez grave. Cora aurait pu réagir intelligemment si ses dirigeants avaient pris le temps d'écouter et d'analyser les avis qui s'exprimaient sur la Toile. En fait, Cora ne dispose pas de département qui s'occupe de son identité numérique, cela me paraît clair. Il y a des petites start-up qui sont de bon conseil dans ce domaine, Image & stratégie, dans laquelle oeuvre Edouard Fillias en est une. A défaut, se reporter au moins à son livre.

Cora mérite de figurer dans un addendum à l'ouvrage parce que sa réaction illustre à merveille tout ce que l'auteur déconseille de faire...

Au lieu de prendre acte de son erreur et de communiquer sur l'erreur de management de manière habile en tentant de démontrer qu'il s'agit d'un épiphénomène malheureux et regrettable, Cora a tenté une vulgaire opération de propagande. Conséquence, elle a généré un second buzz négatif sur son compte et elle s'est enfoncée encore davantage.

Comme l'observe Edouard Fillias, l'inconvénient d'Internet, pour une marque sujette à des buzz négatifs, c'est qu'on y conserve et archive tout. De ce fait, une polémique devient très facilement une marque au fer rouge dont la cicatrice se rouvre à intervalles réguliers.

L'identité numérique s'étale dans la longueur du temps et de la Toile, au contraire de l'identité réelle dans les médias traditionnels. Quand le mal est fait, il peut être corrigé, mais il est irrémédiable.

Gérer une e-réputation, c'est tout un métier...

Je me faisais d'ailleurs une remarque, en passant : certaines sociétés s'occupent de gérer l'e-reputation d'une marque, c'est à dire, finalement, assurent une sorte de veille préventive et défensive, tandis que d'autres, au contraire, sont profondément engagées dans la manipulation habile de l'opinion à coups de rumeurs propagées et de lobbying. En apparence, les deux métiers se recoupent, mais dans la pratique, ce sont deux activités assez différentes. Image et Stratégie appartient à la première catégorie, Edelman à la seconde. 

mardi, 01 novembre 2011

Nafissatou a sauvé la France et...les Socialistes !

Quand j'y pense, tout de même, et que je vois le tombereau de boue qui environne DSK, j'imagine ce qu'il se fût passé s'il eût été le candidat socialiste pour l'élection présidentielle ou pire encore, le président de la France. Je comprends, maintenant, pourquoi à l'UMP, on disait qu'on disposait de bombes nucléaires en cas de candidature DSK.

On devrait lui décerner la légion d'honneur et la citoyenneté française, à Nafissatou, pour le service immense qu'elle a rendu à notre pays. Sans oublier Tristane Banon qui a été la première à avoir le courage de rompre l'omerta.

Vous imaginez un second tour DSK-Marine Le pen et des révélations tombant à ce moment ? Je n'aurais pas aimé être socialiste ce jour-là...

Les DSK, les Berlusconi, les Jacob Zuma, ces gens-là, je ne peux pas les voir en peinture.

Moi, je crois que la France a vraiment besoin de sobriété, d'honnêteté et de retenue.

C'est clair que quand j'oppose un Bayrou d'un côté avec son attachement à la terre et son bon sens paysan, et les Fouquets et Carlton d'un Sarkozy ou d'un DSK de l'autre, il n'y a pas photo : quel soulagement de pouvoir apporter sa voix à un homme de bien !

23:04 Publié dans Insolite, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : bayrou, dsk |  Facebook | | |

jeudi, 20 octobre 2011

Mixité sociale, l'hypocrisie !

Il y a des mots qui me provoquent des éruptions de boutons, comme certains de mes lecteurs n'ont certainement pas manqué de s'en apercevoir au fil de leurs lectures ici. La "mixité sociale" en fait partie.

Je trouve de ce point de vue très éclairante la situation au siège d'Orange à Saint-Denis. Poussés, sans doute, par les possibilités de "développement" et de croissance, mais aussi par la perspective de se faire mousser à peu de frais en prenant leur part de "mixité sociale", les dirigeants d'Orange ont eu il y a quelques années la brillantissime idée de déplacer à Saint-Denis leur siège qui se trouvait avant dans le XIIIème arrondissement de Paris.

Ainsi, les cadres qui travaillaient à Paris ont fait connaissance avec la racaille et la délinquance qui caractérisent le département le plus criminogène de France. Les agressions se multiplient, évidemment, et, du coup, les cadres locaux se font porter pâles, refusant de venir au siège et encore plus d'y garer leurs véhicules.

Le bon sentiment dégoûlinant (particulièrement à gauche, mais il a contaminé la droite de longue date) s'imagine qu'il suffit de mélanger les gens pour créer de la mixité sociale, comme ils disent. Ça, c'est un truc de la gauche d'adorer le mélange, le brassage, le mixage, le multi et tutti quanti.

Moi, ce que je dis, c'est que la mixité sociale, ça commence par un bon coup de matraque dans la gueule de la racaille.

Commencez par sécuriser les quartiers qui craignent, n'ayez pas peur de taper et d'envoyer qui il faut  au gnouf le temps qu'il faut, et les entreprises pourront s'installer. 

A défaut, adaptez au moins l'entreprise que vous implantez à la population locale : c'était particulièrement idiot de transplanter le siège à Saint-Denis. Il eût mieux valu créer un centre d'appel et réaliser des embauches sur place, plutôt que de trimballer les cadres sur toutes les lignes de métro et les routes du nord de Paris (ça fait de la circulation en plus !). Et même si le siège du XIIIème devenait étroit, eh bien il fallait faire appel à des architectes d'intérieurs, gens astucieux s'il en est pour aménager des espaces restreints, et les cadres d'Orange se seraient un peu serrés, et voilà...

Mais non, à Orange qui est devenue experte en management de merde, on a encore voulu faire les beaux et complaire à la doxa ambiante. On a aussi calculé petit en espérant des économies, en s'installant à Saint-Denis (tiens, je vous parie que cela leur coûte plus cher que d'être resté à Paris). Résultat des courses, leur bâtiment flambant neuf va bientôt ressembler à un désert.

Ben oui : vous savez ce qu'Orange conseille désormais à ses cadres ? De télétravailler à distance, et de se déplacer en petits groupes. MDR, comme on dit en langage SMS, ou encore LOL.

On fait fort dans la téléphonie : devinez qui compte faire la même chose ? SFR, à partir de 2013. Ce qui est comique, ce sont les déclarations ronflantes, toujours dans le concept évidemment, des architectes du projet : Jean-Paul Viguier, le concepteur de la chose, voit sa future horreur comme la métaphore d'un arbre. 

Zarma, nardenmoken, les fils de p... on va leur dépouiller leur arbre de tous ses fruits dès qu'ils vont mettre les pieds dans le hall de la nouvelle cage d'escalier : z'y va les bolos* !

NDLR : bolos signifie en langage de la racaille "bouffon", "valet" ou encore "personne d'apparence faible et sans dépense que l'on peut facilement dépouiller ou gruger".

mercredi, 12 octobre 2011

Foutue image...

L'issue du premier tour des primaires s'est avérée impitoyable pour Ségolène Royal. La voilà réléguée aux confins du Tartare, ou presque. Toutefois, je le dis souvent, on meurt rarement en politique. En décembre 2001, François Bayrou était à deux doigts d'abandonner purement et simplement la politique. Après le second tour de la présidentielle en 1995, Sarkozy était donné pour mort. Enfin, qui eût pensé, il y a encore peu, que la Dame des 35 heures et Flamby se seraient disputés l'honneur de représenter le Parti Socialiste en avril prochain, avec cette fois la perspective d'une élection imperdable ? Ségolène Royal est hors course pour l'instant, cela ne signifie pas pour autant qu'on ne la reverra pas émerger à nouveau dans quelques années.

Je crois que sa descente aux enfers a commencé à partir du moment où ses opposants de droite sont parvenus à lui tenir un procès en incompétence, et ses opposants de gauche en hystérie. C'est cela qui est assez étrange, si l'on songe qu'en principe, elle appartient plutôt aux fameux cerles de la raison chers à Michel Rocard (qui ne l'aime guère pour autant).

Je me souviens d'une remarque de Jean-Luc Benhamias pour le MoDem, il me semble, peu après les élections régionales de 2010. Le MoDem et François Bayrou s'étaient astreints à une cure assez longue de silence. Benhamias observait la chose suivante : quand on est englué jusqu'au cou dans un sable mouvant, plus on bouge, plus on s'enfonce.

C'est, je le crois le malheur de Ségolène Royal. Elle n'a pas su respecter les moments de silence qui auraient été nécessaires à la reconstruction de son image. Je pense d'ailleurs que c'est le travers dans lequel François Bayrou est tombé à plusieurs reprises au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Cinq ans, c'est long. Il faut donner du temps au temps. François Hollande, à l'inverse, a pris tout son temps pour reconstruire son image, avec patience, pendant près de trois ans. Et le résultat est là. Même chose pour Martine Aubry qui ne s'est jamais laissé imposer ses priorités par l'agenda médiatique.

Quand cela ne veut pas, cela ne veut pas. On ne peut pas forcer le destin. C'est dur, évidemment, d'avoir incarné les voix de plus de 20 millions de Français, et de se retrouver réduite à moins de 7% d'un corps électoral réduit à 2 millions et quelques de votants...

Ségolène Royal a voulu être présente à tout prix, mais elle ne s'est jamais occupée de la reconstruction de son image, ce qui était une priorité. Or, comme toute reconstruction, une telle tache se prépare car elle prend du temps.

Nicolas Sarkozy a compris cela : lui aussi essaie de se reconstruire une crédibilité présidentielle. Le problème, pour plagier Jean-Luc Benhamias, c'est qu'il est dans les sables mouvants à l'heure actuelle. Autrement dit, plus il bouge, plus il s'enfonce. Alors certes, il semble avoir mis en retrait les moulinets de bras (encore que...) mais c'est trop tard. Sa défaite est à peu près inéluctable. Des politiques fins comme Copé ou Fillon l'ont compris. La droite ne peut pas gagner une quatrième présidentielle d'affilée, surtout en temps de crise. La seule chose à laquelle elle puit se préparer désormais, c'est de tenter de préparer 2017. En effet, la crise peut rebattre les cartes prématurément, car le prochain gouvernement sera contraint de prendre des décisions difficiles.

Et Bayrou, dans tout ça ? Très dur. Très très dur. Lui aussi est victime d'une image qui n'est pas encore reconstruite, même s'il y a un progrès notable depuis quelque temps. Il peut faire un assez bon score, peut-être, mais franchement, je ne vois pas comment il pourrait gagner. François Hollande occupe l'espace social-démocrate. Au centre, il n'y a plus que lui, mais il a délaissé depuis trop longtemps le centre-droit, et même s'il parvient à occuper cette zone, l'espace restant n'est pas suffisant pour surpasser le score de la gauche.

En fait, la seule combinaison qui eût pu avoir une chance, face à la gauche, c'est une candidature centriste soutenue par la droite, puisqu'elle ne peut plus gagner. Autrement dit, il faudrait qu'une part significative de la droite se détache de Sarkozy et soutienne Bayrou. Très difficile à réaliser, et complexe parce que Bayrou s'est largement grillé à droite par une opposition radicale au sarkozysme.

Si le centre-droit avait eu le courage de l'ouvrir et de faire valoir ses convictions au sein de la majorité sarkozyste au lieu de passer son temps à baisser son froc, et qu'il y eût eu un candidat de centre-droit peu compromis avec le gouvernement actuel, il y avait quelque chose de possible. C'était le calcul de Borloo. Raté. L'homme manquait par trop de détermination, de soutiens solides, de volonté et surtout, d'indépendance...

Ce qu'une bonne partie des centristes de la majorité commencent à sentir désormais, c'est qu'il est impossible pour la droite de gagner sans le centre, c'est à dire sans Bayrou.

Et là, il est trop tard, beaucoup trop tard. Bref, en somme, le centre s'est grillé à droite et la droite s'est grillée au centre. Or, face, à la gauche, ils ne peuvent pas gagner l'un sans l'autre. Le Nouveau Centre aurait du comprendre depuis longtemps que le seul candidat qui pouvait incarner ses idées et qui pouvait lui donner du poids c'est Bayrou. Il aurait du se rapprocher de lui depuis longtemps. Le qualifier d'homme de gauche était une bêtise et une erreur stratégique (dont l'électorat centriste n'a cure au demeurant). Le Nouveau centre s'est bâti un réseau d'élus locaux. Tant mieux pour lui, car il ne restera rien ou presque de son groupe de députés à l'assemblée, et je parie qu'en dépit de l'alliance avec le MoDem, il ne sera pas mieux lotti que lui dans la future assemblée, même si le MoDem choisit de ne passer aucun pacte.

Pour conclure, je tends à penser que la gauche n'a pas besoin du centre pour gagner, à condition de demeurer sur une ligne social-démocrate. 

Voilà où on en est...

vendredi, 07 octobre 2011

Breton, holl faoz, l'Nicolas !

L'Nicolas s'est fâché tout rouge parce que Martine Aubry a eu la riche idée de prendre une position forte en faveur du breton. Facile : il suffit d'afficher un chiffon bleu rouge avec les mots "école privée" écrits dessus pour que l'Nicolas rue dans les brancards. De fait, Martine Aubry est en faveur d'un enseignement obligatoire du breton là où il se trouve enseigné dans les écoles primaires. Elle estime toutefois que cela devrait relever de la compétence de la Région que de le décréter et mener les recrutements ou, tout du moins, donner les financements ad hoc, ce qui me semble de bon sens.

L'Nicolas est un Breton. Un Breton de Loudéac. Il a vécu 23 ans en Bretagne profonde et s'en targue pour décréter ce qui est bon ou non pour la Bretagne. Pour ma part, je ne suis pas d'origine Bretonne, mais j'y suis né et j'y ai passé les sept premières années de mon enfance. 

L'Nicolas, il me fait penser à certains de ces sociaux-démocrates que je connais qui se méfient comme de la peste de toute forme de régionalisme qu'ils assimilent à du nationalisme. Comme, en règle général, seul le secteur associatif, donc nécessairement privé, défie encore la toute-puissance de l'État centralisateur, forcément, quand une collectivité locale favorise la réémergence d'une identité régionale, elle fait le lit d'organismes "privés", comme dit l'Nicolas. 

Ce qui est bien, c'est qu'avec l'Nicolas, on retrouve tous les poncifs de cette bonne vieille gauche archaïsante : la méfiance instinctive pour l'expression des identités, le mépris de l'initiative privée, le culte de l'État, et le goût immodéré de l'opinion commune.

Moi, je m'en tamponne de l'école laïque : je ne vois pas pourquoi mes impôts ne devraient servir à financer que l'école laïque au mépris des identités régionales. Ce que l'Nicolas ne comprend pas, c'est qu'un État, au fond, il n'est pas au service d'un clan, d'un parti pris ou même d'une majorité : il est au service de toute la nation dans sa diversité. Il n'a donc pas pour mission de trancher en faveur de la majorité mais au contraire un devoir d'impartialité qui doit l'engager à considérer l'expression de toutes les minorités.

Hélas, je crois qu'il est à peu près inéluctable pour la langue bretonne de devenir à très brève échéance, une langue morte, de surcroît, à l'inverse du latin et du grec, sans descendance. 

Une langue se meurt quand les pères et les mères cessent de la transmettre à leurs enfants. Les écoles Diwan sont un effort désespéré pour tenter de sauver l'une des dernière langues celtiques parlées d'Europe, mais je crains qu'il ne soit vain.

Quand une langue disparaît, c'est une part du patrimoine mondial de l'humanité qui s'amenuise, parce qu'avec elle s'effacent un modus operandi, une manière de considérer l'espace, le temps ou encore l'incertitude, pour ne citer que quelques exemples.

Tiens, ça me fait penser aux Indiens d'Amazonie et à la déforestation : pendant longtemps, il a semblé que rien ne devait arrêter l'abattage des arbres du poumon du Monde, et, avec lui, était assuré le dépérissement inéluctable des Indiens, de la faune et de la flore, jusqu'à ce qu'un jour, des experts mandatés par de très gros laboratoires pharmaceutiques fassent une découverte étonnante : on connaissait la diversité du biotope amazonien, cela nul n'en doutait, et on savait donc que l'Amazonie regorgeait de plantes rares et inconnues mais ce que l'on savait beaucoup moins, en revanche, c'est que nombre d'entre elles possédaient des propriétés curatives inconnues. Et ce que l'on ignorait encore plus, c'est que seuls les shamans et sorciers des tribus indiennes, par une transmission ancestrale, en avait recensé les effets et propriétés, les utilisant pour leurs rituels de guérison.

Du jour où l'industrie pharmaceutique réalisa l'existence de ce trésor vivant, l'industrie agro-alimentaire qui voyait tout intérêt à anéantir la canopée américaine trouva à qui parler. De puissants intérêts venaient contre-balancer les leurs. Les Indiens, longtemps en sursis, avaient trouvé de puissants et déterminés protecteurs...

Quand on détruit un biotope culturel, on ne sait pas ce que l'on anéantit vraiment : peut-être des solutions de demain. Je respecte toutes les identités dites régionales, mais la langue bretonne va bien au-delà de la Bretagne : c'est une langue celtique. L'une des dernières. La dernière avec le gaélique qui bat lui-même de l'aile en Écosse et en Irlande. Il faut la sauver. Si elle disparaît, une perte irrémédiable se produira.

Martine Aubry énonce parfois des âneries (par exemple, la dernière, c'est de se réclamer d'Hessel : du coup, je commence à me demander si je vais me déplacer dimanche, tout compte fait...). Mais sur les langues régionales, elle a une pensée forte et juste. Ils ne sont pas nombreux à voir juste dans ce domaine. J'ai toujours trouvé fine et pertinente l'analyse de Bayrou, l'un des très rares responsables politiques d'envergure à pratiquer un parler régional couramment :  il a vu le lien évident entre ces cultures et la culture française. Nous aussi, un jour, nous serons peut-être minoritaires autant que l'est la langue bretonne aujourd'hui ; et peut-être alors y aura-t-il un loudéacien du XXXème siècle pour renvoyer ce qu'il restera de la francophonie au nationalisme des temps futurs (peut-être le fait-il déjà, au demeurant).

L'Nicolas a tout faux (mais ce n'est pas la première fois, alors je ne m'en formalise plus, et d'ailleurs, vous allez voir, il va débarquer ici en clamant que je le persécute, que je déforme son propos, que je suis de mauvaise foi, que je l'insulte gravement, et que de toutes façons, sur la langue bretonne, Martine Aubry a une position de droite et donc qu'il est logique qu'on se rejoigne...Vous verrez, je tiens le pari qu'il sera furieux et me vouera aux Gémonies de gauche :-D ). Attendez, comment on dit ça déjà : holl gaou ? Tiens, c'est marrant, holl, ça ressemble pas mal à all en anglais. Non ça doit être  holl faoz, plutôt. Voilà, holl faoz, l'Nicolas...

mercredi, 05 octobre 2011

Jeux sociaux...

J'écris moins depuis un moment. Je le sais. Je ne regarde même plus mes courbes. Enfin, si, un peu de temps en temps, tout de même : on ne se refait pas. J'écris moins mais je joue plus.

C'est amusant les jeux sociaux : quand je vois toutes les alertes et les invitations que je reçois sur facebook pour participer à un jeu social, j'ai l'impression que la France entière y consacre la majeure partie de son temps.

Au début, je me suis inscrit à plusieurs jeux, mais l'activité concernée est si chronophage que je me suis assez rapidement résolu à faire des arbitrages.

Pour moi, cela a été Dragons of Atlantis, le jeu de guerre et de stratégie de Kabam. Ce qui est étonnant, c'est la diversité des profils de joueurs qui se livrent à la noble tache de tenter d'anéantir les armées virtuelles de son prochain. Il y a vraiment de tout : employés de bureau, cadres, retraités, chômeurs, étudiants, femmes au foyer, entrepreneurs, développeurs, techniciens, gendarmes, impressionnant, cette diversité.

Pourquoi ce jeu marche plus qu'un autre ? Je ne sais pas. En termes de moteur de jeu, il n'est pas différent de tant d'autres dont on voit la signalétique sur sa page facebook. C'est très certainement le graphisme qui doit attirer l'attention.

Il existe plusieurs royaumes de jeu : personnellement, je ne fréquente qu'Alexandrite et, occasionnellement, Bollaert (tiens au fait, celui-là, il doit son nom à un supporter du racing-club de Lens qui ferait partie de l'équipe des développeurs ?).

Le principe du jeu, c'est de taper sur un voisin en s'alliant, si possible, avec un autre voisin. On appelle cela, une alliance, et certaines deviennent particulièrement redoutables et redoutées. Sur Alexandrite, ce sont les Dogs of Atlantis qui tiennent le haut du pavé, même si la mienne, les Seigneurs du règne du feu se défend plutôt bien.

Certaines alliances répondent à noms aussi folkloriques que sarcastiquement calculés. Ainsi, sur Bollaert, la Soupe au Choux et son (sa) leader, le Grand Seigneur Patate, sème la terreur parmi ses voisins. You're next ou encore "jJe viens dîner chez toi ce soir" sont encore d'autres invitations au pillage...

Mais ce qui est marquant par dessus tout ce sont les liens qui se nouent entre alliés, entre seigneurs et vassaux liges. On bavarde, on échange des noms puis des adresses, on s'invite même à prendre un pot autour duquel on devisera de la prochaine embuscade à tendre à l'ennemi juré...

C'est tout un petit monde qui fourmille de concentrés de haines ponctuelles, chacune appelant son châtiment, mais ce sont aussi des amitiés qui se forgent dans la lutte commmune contre l'ennemi.

La grande affaire, c'est la Carte Bleue : elle divise les puristes, qui assurent qu'elle n'est pas nécessaire, et les pragmatiques, prêts à de menus achats d'add-on pour s'assurer la suprématie. In fine, dans chaque alliance, on trouve des joueurs qui l'utilisent et d'autres qui s'en passent. Evidemment, pour Kabam, l'intérêt est d'amener le joueur à la dépense...

Qui dit jeu dit triche, bien entendu : des développeurs malins ont mis au point des scripts qui permettent pillages, recherches de nourriture et développement des bâtiments dans les cités automatiques. Kabam leur mène une guerre éternelle en modifiant sa plate-forme de manière à bloquer les scripts, mais les spécialistes du hacking que sont ces développeurs s'empressent de trouver la parade et mettent en ligne de nouvelles versions toujours plus sophistiquées de leurs add-on (pas officiels, ceux-là...).

Kabam est face à eux dans une position difficile : ceux qui utilisent massivement les scripts sont les mêmes qui assurent ses revenus en réalisant de menus achats à intervalles réguliers. Il faut donc à la fois réfréner leur consommation effrénée de ressources sur les serveurs de l'entreprise, et de l'autre, ne pas décourager ces précieux clients.

C'est finalement tout un petit monde qui s'agite et qui bourdonne, et moi, je m'y plais beaucoup. Alors j'y consacre du temps, et, du coup, je délaisse mon blogue...

samedi, 01 octobre 2011

Mademoiselle, c'est bien mais...pas dans les formulaires !

Je vais prendre l'Nicolas et l'Faucon à contre-pied, mais si...si, si, je juge pour ma part légitime de demander à ce que la mention "mademoiselle" ne figure plus dans les formulaires administratifs et assimilés. Cette mention donne une information qui relève de la vie privée et n'a à figurer nulle part. C'est grosso modo ce que fait valoir Olympe et elle a raison.

Ce n'est pas parce que ce n'est pas une avancée majeure pour la cause des femmes de demander énergiquement à ce que la mention disparaisse qu'elle devrait être pour autant illégitime. Je trouve l'argument spécieux, d'autant qu'on pourrait l'appliquer à bien d'autres sujets.

Bref, sans faire de l'agit-prop, je me contenterai de rejoindre Polluxe qui titre "Osez Madame" et, tant que j'y suis, les images choisies par Olympe m'ont donné une idée simple : quand un formulaire contient les mentions Madame/Monsieur/Mademoiselle, on pourrait prendre l'habitude de rayer systématiquement "mademoiselle", par mesure prophylactique. Ça ne mange pas de pain et ça permet de replacer les choses à leur valeur exacte.

J'ai encore un élément à ajouter pour conclure : l'Nicolas dit que ce genre de combats décridibilisent les femmes. Non. Ce n'est pas le fait de réclamer une application élémentaire du droit de chaque individu à disposer de sa vie privée, qui pourrait miner le féminisme mais plutôt la manière de le faire.

Bref, il n'y a pas de sots combats quand il s'agit de faire valoir une liberté individuelle, et, comme je l'ai déjà écrit ici, je pressens, en mon for intérieur, qu'il y a un lien consustantiel entre la liberté des femmes et la Liberté avec un grand L...

vendredi, 30 septembre 2011

Prof, pourquoi aimes-tu à ce point te faire entuber par la gauche ?

C'est amusant les témoignages d'enseignants ici et là sur leurs intentions de vote à l'élection présidentielle. Soit c'est de l'intox, soit ils ont la mémoire courte, les profs.

Voyons, regardons ce que leur promettent les différents candidats (potentiels) de la gauche :

Alors les Socialistes, c'est simple, on peut les classer en deux catégories : il y a ceux qui le disent tout bas, et ceux qui le disent tout haut, mais en somme on retrouve les fondamentaux suivants :

- revoir le statut des profs datant de 1950 et leurs missions avec. Traduction : augmenter le temps de service des enseignants (Valls, Royal et Montebourg n'hésitant pas à revendiquer les 35 heures pour les enseignants) et diminuer le temps de leurs congés (qui leur servent d'ailleurs souvent pour partie à travailler). Tout le reste est du pipeau. 

On le sait très bien, la France n'a plus de sous. Elle ne pourra pas embaucher des enseignants en plus. Au mieux, des assistants d'éducation et quelques contractuels. Les 60 000 embauches de Hollande, ce serait en gros quelque chose de ce type. Elle n'aura pas non plus les moyens d'augmenter les salaires des enseignants. Toute augmentation du temps de travail se fera donc à salaire constant. En revanche, le pédagogisme triomphant s'imposera plus que jamais (il s'est très bien accomodé de Châtel) et le règne de la compétence et de l'apprenant battra son plein (il suffit d'écouter ou de lire ce que disent les exprts ès éducation des commissions socialistes).

Il y a des profs naïfs qui s'imaginent qu'ils trouveront dans leur monde utopique où tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes des établissements où ils pourront travailler leurs 35 heures. Ah, dans les profs abusés, j'ai du oublier ceux qui sont masochistes...

Côté Verts, il y a Meirieu qui déclare être favorable à une refonte du statut des enseignants (il l'a dit dans Le Monde) et Gabriel Cohn-Bendit qui vomit les enseignants. Comme le pédagogisme est partout (David Vincent, reviens, ILS sont de retour !!!), il s'est bien sûr inflitré de longue date chez des Verts particulièrement consentants pour la chose.

Côté NPA, soit on est instituteur ou enseignant dans un lycée professionnel de cité, et, dans ce cas, le fer de lance du Grand Soir, soit on est compromis avec la petite et grande bourgeoisie, et le tribunal révolutionnaire vous attend...

Soyons honnête : je crois que Mélenchon, à gauche, est à peu près le seul qui soit honnête avec les étudiants et ne prévoie pas de les faire trimer davantage sans le moindre kopeck de rémunération supplémentaire. Enfin, je le crois, je n'en suis pas certain, je n'ai pas rejeté un coup d'oeil sur les propositions du Front de Gauche depuis un moment.

Guère de différences avec l'UMP, au final, à quelques postes d'enseignants près. 

Voyons, prof, réfléchis deux instants : tu veux vraiment à ce point ta mort ?

Quel est le seul individu crédible, parmi les candidats à l'élection présidentielle, qui a toujours pris ta défense et n'essaie de pas de t'entuber pendant que tu as le dos tourné ? C'est Bayrou, évidemment.

Le seul à reconnaître les difficultés de ton métier dans son État d'urgence, le seul à remettre au coeur de l'enseignement la transmission des savoirs et l'exigence d'excellence, le seul, enfin, à se préoccuper de ton environnement immédiat autrement que par des promesses creuses, puisqu'il prévoit de rétablir avant toutes choses la paix civile dans les classes  pour qu'elles puissent fonctionner.

Prof, je sais que tu n'en peux plus de Sarkozy, et je te comprends, moi aussi. Cela doit-il pour autant altérer ton jugement à ce point ? Ce qui doit advenir adviendra. Je t'invite seulement à prendre connaissance des propositions de François Bayrou pour toi.

Cet homme-là ne cherche pas à récupérer ta voix, il croit en l'école. Laisse-toi une chance et prends le temps d'examiner soigneusement ce qu'il te dit et ce qu'il te promet, et tu verras qu'il représente ton seul espoir crédible...

lundi, 26 septembre 2011

Alors comme ça il devait y avoir pénurie de main d'oeuvre ?...

Je me souviens encore des articles d'idées que l'on trouvait dans plusieurs magazines et journaux de gauche il y a encore trois à quatre ans. L'immigration de travail y apparaissait comme un phénomène inéluctable en raison du vieillissement de l'Europe et des besoins croissants en main d'oeuvre. Ah oui.

Sauf qu'aujourd'hui, l'OIT (Organisation Internationale du Travail) tire la sonnette d'alarme. Ce sont des dizaines de millions d'emploi qui sont menacés de disparition dans les années à venir, dans les seuls pays du G20. Et elle observe justement qu'une part croissante de ceux qui ont un emploi l'ont sous un statut précaire.

A côté de cela, comme je l'ai observé récemment, il ne faut pas confondre l'immigration de travail et la recherche désespérée d'un petit job par les étudiants étrangers. Cela ne frappe pas Guéant plus que cela.

Autant je pense qu'il ne faut pas avoir trop d'états d'âme avec l'immigration irrégulière, autant les étrangers qui viennent étudier ici devraient être protégés, et d'ailleurs, ils sont en règle.

Après, si beaucoup d'étudiants étrangers viennent en France, c'est très certainement aussi parce que nous avons réduit notre présence partout à l'étranger. Il serait bien plus astucieux que nos grandes écoles développent des antennes un peu partout dans le monde, et pas seulement des programmes d'échanges avec les super "high-schools" chères au sieur Descoings.

Si ces antennes existaient, elles auraient bien sûr vocation à se mettre en relation avec les entreprises locales ou avec les entreprises françaises produisant à l'étranger.

Cela suppose une véritable diplomatie culturelle pour promouvoir la francophonie. Autant dire qu'on est loi, voire très loin, du compte depuis fort longtemps.