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jeudi, 21 juin 2012

Normal 1er se débrouille à peu près correctement

Je n'ai pas encore pris le temps d'écrire un billet sur les premiers pas de François Hollande comme président, mais voilà l'occasion : c'est clair, ça me change du Sarko. Ouf, on a enfin un président qui n'est pas ridicule, qui ne s'imisce pas sans cesse dans les affaires du gouvernement et qui respecte la place de chacun.

Sur la scène internationale, difficile de juger : je pense que Hollande arrive avec un certain nombre d'idéaux, notamment en matière de droits de l'homme. Il va devoir au fil du temps réussir à les conjuguer avec une certaine forme de réalisme politique. Je pense à la manière dont il a reçu Poutine, par exemple : sur le fond, il a évidemment raison, mais sur la forme, Hollande doit bien considérer ce qu'il cherche exactement à obtenir avant de se livrer à des déclarations publiques.

Au G20, je regrette qu'il n'ait pas suivi la recommandation de Bayrou qui insistait pour que l'on évoque la question des productions locales. Sur tout le reste, on ne peut pas dire qu'il ait franchement avancé : taxation des transactions financières, convertibilité du yuan ou même croissance, c'est chou blanc. A vrai dire, je pense que ses partenaires ne partagent pas sa vision de la fiscalité.

Enfin, bon, on ne va pas lui en tenir rigueur. Si la France veut obtenir gain de cause dans plusieurs domaines elle doit apporter quelque chose sur la table, primo, et, secundo, commencer par convaincre ses alliés européens.

Bref, pas de regret d'avoir voté Hollande au second tour de la présidentielle.

Sur le plan intérieur, en revanche, je n'ai pas le même satisfecit à accorder aux Socialistes. D'ailleurs, je me suis bien gardé de glisser un bulletin socialiste au second tour : là où je vote, les Socialos désespèrent de parvenir à gagner municipale ou législative parce qu'il leur manque à chaque fois les voix centristes. Ils ne sont pas prêts d'y parvenir, je peux vous le garantir...

J'ai déjà deux bêtes noires : Peillon et Taubira. Pour l'instant, les deux ministres les plus nuls et les plus démagos du gouvernement Ayrault.

Je vois aussi que les Socialistes envisagent d'ores et déjà de revenir sur nombre de leurs engagements : eh oui, ils viennent de découvrir qu'il leur manque 10 milliards d'euros !

Résultat des courses, même si Normal 1er s'en défend, Ayrault est bien en train d'étudier la perspective de ne pas remplacer deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite de 2013 à 2017 hors éducation, justice et intérieur. Mais cela doit être ce que l'on appelle pudiquement un document de travail , je présume.

Contrairement à la droite, je ne vais pas leur jeter la pierre : s'ils réfléchissent sur le sujet, ils vont dans le bon sens. De même, il est question que l'État réduise ses interventions de 40% hors prestations sociales. Bonne idée aussi.

Mes reproches, ils sont plutôt à deux titres : a) les Socialistes continuent à mentir en soutenant l'inverse de ce qu'ils préparent à faire, et ça, c'est quelque chose que je déteste b) c'est bien de réduire le train de vie de l'État, mais ils doivent vraiment repenser aussi ses missions : ils ne doivent pas faire la même erreur que la droite, c'est à dire assécher les divers postes budgétaires de l'État tout en lui confiant les mêmes missions. Il y a donc une réflexion très importante à mener à ce sujet.

Bien évidemment, la matraque à taxe est repartie : j'espère que les Socialistes vont l'utiliser avec une intelligence relative même si je n'attends pas de miracles de leur part. Je sais que la TVA va augmenter. Pas de reproches là-dessus, cela me paraît inévitable pour équilibrer nos comptes, et, de toutes façons, ça a l'air d'une augmentation très modérée, de l'ordre de 1% à peine. 

Le problème, c'est que les Socialistes alimentent largement la scizophrénie des Français : d'un côté, les Français voudraient que l'État prenne tout en charge, de l'autre, ils désirent des baisses d'impôt. C'est clair, les deux ne sont pas compatibles. En fait, le plus probable, pour l'instant, compte-tenu de nos dettes, c'est bien des augmentations d'impôt et des baisses d'intervention étatique.

11:09 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : hollande, ps, taxe |  Facebook | | |

mercredi, 20 juin 2012

Hello les Atelières, au revoir Lejaby !

Voilà, je crois, qui mérite d'être largement relayé : les ouvrières de Lejaby, après avoir rencontré un chef d'entreprise, Muriel Pernin, lancent à l'automne prochain un atelier de façonnage de haute couture en lingerie et bain. Son nom ? Les Atelières.

Elles ont toutefois besoin d'une mise de fond initiale d'un montant de 200 000 euros environ. Elles ont déjà rassemblé 100 000 euros et lancent une souscription publique depuis le 18 juin dernier pour financer leur association. Mais le mieux, c'est encore de leur donner la parole : 

Si notre aventure réussit, elle sera la preuve qu’un nouveau modèle est possible conjuguant, sur le marché du luxe, l’audace industrielle et l’excellence du savoir-faire français. Notre initiative est soutenue par la préfecture du Rhône pour son caractère expérimental. La dimension innovante de l’entreprise porte également sur l’organisation sociale de l’atelier qui fonctionnera avec un management participatif.

 

Soutenez-nous avec 10 euros

La souscription débute ce lundi 18 juin 2012 et se poursuivra jusqu’à l’automne. Son objectif est de récolter les fonds nécessaires à l’équipement de l’atelier qui sera installé en proximité de la gare de la Part-Dieu, selon toutes vraisemblances à Villeurbanne.

A l’heure qu’il est, au regard de l’avancement du projet, nous devrions être en mesure d’ouvrir l’atelier en octobre. En revanche, même si tous les atouts sont réunis, l’aventure demeure incertaine, en particulier au regard des premiers besoins en trésorerie, par exemple pour louer les locaux dès cet été ou pour équiper l’atelier afin de le rendre plus ergonomique pour le personnel.

10 euros : c’est le montant demandé !

Nous avons voulu qu’il soit modeste, pour qu’il soit accessible au plus grand nombre. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Chaque soutien comptera. Les donateurs seront des bienfaiteurs qui pourront suivre la création puis la vie de l’atelier.

 

Comment donner ? Où iront les fonds ?

• Il est possible de donner dès maintenant, par chèque et par courrier : Les Atelières, L’association, 25D rue Chevreul,

69100 Villeurbanne. Ordre : Les Atelières, L’association.

• A partir de début juillet, en ligne, via notre page facebook, Les atelières.

Les fonds recueillis iront à «Les Atelières, L’association», dont l’ambition est de préserver les savoir-faire de couture qui disparaissent. Aujourd’hui, coprésidée par Muriel Pernin et Nicole Mendez, l’association entrera demain au capital de la société commerciale et participera aux décisions stratégiques de l’atelier.

Et pour ceux qui veulent donner plus ?

 

Ils peuvent nous contacter par mail : info@lesatelieres.fr ou www.facebook.com/Lesatelieres

INFORMATION

Muriel Pernin 06 66 72 93 04

Nicole Mendez 06 82 58 87 01

Belle initiative qui mérite d'être soutenue. Je procéderai à un versement dans la semaine, pour ma part, et j'invite tous ceux qui le peuvent à en faire autant.

15:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : lejaby, les atelières, usine |  Facebook | | |

dimanche, 10 juin 2012

Choisir un camp ?

Les résultats viennent de tomber et le MoDem de disparaître politiquement. Hélas, ce score était prévisible. Pas de campagne nationale et plus rien à dire depuis le mois de janvier dernier. Et quand nous avions quelque chose à dire, nous étions de toutes façons inaudibles.

Notre issue, après le premier tour de la présidentielle se situait au centre-droit. Elle supposait au moins le silence pour le second tour ou une formule suffisamment sybilline pour ne pas prendre parti trop clairement.

Bayrou a fait un autre choix d'une part parce qu'il pensait sincèrement que Sarkozy conduirait la France dans le mur s'il était maintenu au pouvoir et d'autre part, parce qu'il y a été fortement poussé par une large partie de l'état-major du MoDem qui ne rêvait que de figurer dans une alliance élargie avec la gauche.

A la suite de la présidentielle, cela a été le sauve-qui-peut général, chacun tentant de sauver sa peau avec de surcroît une ligne totalement inconsistante dont la substance était de faire valoir l'intérêt d'une "opposition constructive".

De ceux venus d'ailleurs qui avaient soutenu Bayrou, il ne reste que Philippe Folliot dans le Tarn (à24.62% il est seul face à la gauche). Au MoDem, seuls Bayrou, Lassalle et Rodolphe Thomas (environ 26%) surnagent en Métropole et sinon Dindar et Robert en Outre-Mer. (EDIT : j'ai oublié Gilles Artigues qui est à 25% dans sa circonscription seul contre un candidat PS)

Confronté à une triangulaire, sans réserve de voix et second, Bayrou n'a cette fois que peu de chances de passer le deuxième tour. Je jure que s'il passe, je recommence à croire en Dieu.

La question que je me pose est la suivante : est-ce qu'il n'est pas inévitable de devoir choisir son camp, à gauche ou à droite, au moins dans la configuration politique actuelle ?

Pour ma part, je ne veux pas de la gauche. Je ne veux pas non plus de la droite de Copé. Je suis mal barré...

Même s'il est probable que Bayrou perde, je pense qu'il ne disparaîtra pas pour autant de la sphère politique. Sa voix continuera à se faire entendre, élu ou pas.

Les législatives, il va falloir tirer un trait dessus. Je crois pour ma part qu'il faut préparer les futures échéances : les municipales, bien sûr, mais surtout les européennes.

Posons sincèrement la question : est-ce que l'on continue le MoDem ? Le positionnement de ce parti est devenu intenable :

discours, état-major et militants à gauche, élus et électorat à droite. Le grand écart est par trop intenable. Soit nous revenons à l'UDF, soit nous inventons autre chose, mais, dans tous les cas de figure, il est grand temps d'avancer de manière cohérente.

Je ne crois pas trop à un changement au PS. Je trouve de toutes façons ce parti tellement hypocrite, particulièrement ses cadres qui font systématiquement dans leur vie privée l'inverse ce qu'ils disent et prônent en public que je ne puis me résoudre à le rejoindre d'une quelconque manière. L'UMP actuel ne m'attire guère : il faudrait de profonds changements là-bas pour je puisse envisager une coalition centre et droite.

En tout cas, il y a une chose dont je suis très intimement convaincu : je crois vraiment que Bayrou a vu juste en portant haut le flambeau des relocalisations et des productions locales. Il a même compris que ce pouvait être une idée à défendre aussi au G20.

Il est inexplicable qu'il se soit embourbé dans les histoires de moralisation publique et dans une forme d'anti-sarkozysme maladif dans la seconde partie de sa campagne au lieu d'avoir tenu ferme sur une thématique aussi évidente et porteuse.

Cette idée s'imposera, j'en suis certain. Et elle ne viendra pas de la gauche car Hollande a montré en nommant Montebourg qu'il ne s'en servait que pour mettre en difficulté un adversaire politique.

Cette idée, au centre, nous pouvons encore en creuser le sillon aux élections municipales et européennes car nous n'en avons qu'ébauché l'esquisse.

Cette idée n'est ni protectionniste, ni socialiste, ni libérale : elle convient donc à merveille à la démocratie-chrétienne et à sa tradition de terroir. 

Cette idée n'est pas hostile, ne divise pas mais respecte chacun dans son intégrité et son identité.

Cette idée, enfin est la voie pour redresser les finances de notre pays (et sans doute d'autres nations) et l'emploi des travailleurs tout en réduisant nos émissions de gaz et en réhabilitant le lien social.

Je crois vraiment que si nous travaillons dur pour trouver comment nous installer dans le paysage politique avec ces axes que personne ne nous dispute sérieusement, nous pouvons encore avoir un avenir. Mais nous avons un très gros travail programmatique à faire : celui-là même qui n'a pas été réalisé pour les présidentielles et encore moins pour les législatives.

Nous disposons d'un répit d'ici 2014 et le rendez-vous de municipales. La même année tomberont les européennes. Nous devons être fin prêts pour cette échéance. Encore faut-il le vouloir, sans avoir cédé aux sirènes de la gauche si jamais elles devaient retentir d'ici là. 

Pour l'instant, nous sommes minuscules, misérables, écrasés par la fatalité, anéantis par notre vacuité mais nous ne sommes pas morts. Nous existons encore. Ce que nous sommes devenus, notre sort funeste,  nous ne le devons qu'à nous-mêmes. Ce n'est ni la faute du PS, ni celle de l'UMP et pas davantage celle des médias.

Je crois à la force des idées : elles émergent naturellement quand leur heure est venue parce qu'elles ont pris de la consistance. 

C'est la voie qu'il nous faut désormais empreinter, et j'espère que nous serons nombreux à nous y retrouver.

Mieux que le Made in France : la traçabilité !

On faisait la fête chez moi ce week-end : célébration d'anniversaires. Cela allait donc de soi que j'allais passer l'après-midi à la recherche de cadeaux pour les invités concernés.

Joindre l'utile à l'agréable. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j'ai la même obsession que Bayrou : le Made in France.

L'inconvénient, quand on ne s'y prend pas à l'avance, c'est qu'il faut farfouiller et chercher un peu au hasard. J'avoue que je n'ai pas pu acheter tous mes cadeaux en made in France, mais pour certains, cela a été possible.

C'est là où l'on se dit qu'on apprécierait une boutique en dur, pas seulement sur Internet, exclusivement dédiée aux produits fabriqués en France. C'était le projet d'un twittos auquel je me suis abonné, il y a quelque temps. Ils ont bien commencé à construire un site, mais cela ne semble pas avoir vraiment évolué depuis. Ni le site ni la boutique en dur.

Il y a ceux qui veulent distribuer et ceux qui veulent produire. Je vous conseille de suivre de près le blogue de mon amie Françoise, elle s'apprête à présenter un projet décoiffant, projet pour lequel elle est d'ailleurs à la recherche de partenaires. En attendant, vu son positionnement google sur l'item "canard à l'orange", elle a un coup à jouer avec ces mots-là ou dans la restauration de produits de haute gastronomie :-).

Revenons à mes cadeaux : cherchant quelque chose pour mon frérot, celui-là même auquel j'avais offert précédemment une chemise Lordon, j'ai cette fois ouvert la porte d'une boutique Lacoste. Méfiant, j'ai d'emblée demandé aux vendeurs ce qui était produit en France dans leurs articles.

Les polos, les chemises et les pulls sont fabriqués à Troyes intégralement : de la bobine de fil de coton jusqu'au dernier bouton de manchette. Pour le reste, en revanche, le tissu est bien filé en France mais l'article est réalisé ailleurs.

Le soir venant, j'ai discuté avec un autre de mes frères (nous sommes une grande fratrie) parce que je pèse et soupèse l'opportunité de racheter un ordinateur portable. Je suis très déçu par l'ASUS que j'ai acheté il y a 4 ans. L'habitacle tombe en pièces détachées et l'emplacement d'un slot de mémoire vive n'a jamais fonctionné.

C'est pourtant mon frérot qui m'avait recommandé cet achat. Et là, j'ai appris un truc intéressant : récemment, il a acheté un SONY en ordinateur portable. J'étais un peu surpris parce que généralement, ce n'est pas une marque qu'il privilégie en informatique.

En fait, il l'a acheté parce qu'il est intégralement construit et assemblé au Japon. Pour cette raison, il est d'excellente qualité. Quand le même Sony est réalisé en Chine, le niveau de qualité s'en trouve singulièrement amoindri.

Au fond, c'est ça qui compte : on devrait toujours  pouvoir disposer d'une information transparente sur l'origine d'un produit. C'est cela qu'il faudrait défendre au niveau de la Commission européenne. Évidemment, en termes de faisabilité, ce n'est pas simple, bien des produits finis étant un assemblage de composants venus parfois des quatre coins du monde.

Peut-être.

Mais au final, force est de constater que la qualité de réalisation varie considérablement d'un lieu de production à l'autre. Il est de bon ton de récuser l'impact des avantages sociaux dans la qualité de réalisation d'un produit, aujourd'hui. Pourtant, il semble bien que le lien direct entre les deux données existes. La norme éthique et sociale a donc des conséquences économiques bien plus importantes que ceux qui ne jurent que par une concurrence sauvage ne l'imagine.

J'ai eu cette discussion avec Christian (Romain) qui lit souvent mon blogue récemment : il pense, lui, que le libéralisme, c'est de vendre n'importe quoi à n'importe qui sans contrôle. Ce n'est pas mon avis : je pense que la concurrence libre et non faussée implique une transparence totale.

Les libéraux s'honoreraient en commençant par défendre en priorité cet aspect au niveau européen. Cela correspond, me semble-t-il, à l'une des préoccupations de l'ADLE que l'on présente comme d'affreux ultra-libéraux alors que ce sont de sympathiques libéraux et démocrates-chrétiens centristes.

La traçabilité, voilà l'enjeu-phare, à mon sens, des prochaines années dans la sphère de la consommation. 

Notre modèle consumériste est une calamité à tout point de vue : il gaspille, coûte plus cher, ment et écrase l'humain. Et, bien évidemment, il s'oppose frontalement à toute idée de transparence.

Voilà pourquoi, pour ce qui me concerne, j'essaie d'acheter des produits bio, made in France, ou commerce équitable, avec des logos reconnus tel que le AB, le Max Havelaar ou Alter Eco, et, pour le Made in France, un label qui demeure à promouvoir si ce n'est à inventer...

mardi, 05 juin 2012

L'avenir de Bayrou ? Seuls les Pyrénéens le savent

Je lis parfois, y compris chez mes amis, d'étranges appels en faveur de François Bayrou. Je rappelle pourtant que Bayrou n'a rien demandé et ne souhaite pas de désistement socialiste en sa faveur. Bayrou a de l'estime pour Hollande, c'est même une chose assez ancienne, mais il n'en partage pas le programme et il demeure donc fondamentalement dans l'opposition.

Ensuite, tous ces clins d'oeil, même venus des autorités socialistes ne changeront en rien la donne : c'est localement que tout se joue et c'est bien pour cela que Bayrou arpente sa circonscription. Bien sûr, il est sympathique de voir autant de journalistes prendre à coeur le sort de Bayrou, mais au fond, ce sont ses électeurs et lui-même qui en décideront.

La candidate socialiste ne se retirera jamais même si elle en recevait l'injonction, et cela peut se comprendre : il n'y a eu aucun accord négocié de quelque sorte que ce soit et ce serait priver les militants locaux d'une belle bataille au moment où ils entrevoient la victoire. De son côté, Bayrou ne souhaite pas d'une victoire à la Pyrrhus qui le déconsidérerait par la suite ; je pense qu'il préfère risquer d'être battu plutôt que de devoir son élection à une injonction venue du haut.

Les Socialistes l'ont bien compris. Ils ont multiplié les clins d'oeil amicaux mais ils ne peuvent pas faire plus.

Ce sont dans les 91 communes de la circonscription que se joue l'élection et nulle part ailleurs. Celles-là même que Bayrou arpente inlassablement pour faire entendre sa voix d'homme indépendant.

Je rappellerai une énième fois qu'il s'est fait le chantre des productions locales. Aucun homme politique d'envergure n'a fait ce choix avec une telle énergie et une telle persistance. Voter pour Bayrou, c'est voter pour un homme qui se battra au plus niveau pour leur maintien. On voit d'ailleurs que c'est ce qu'il ressort de son entretien avec le Président de la République juste avant d'aborder le prochain G20 : Bayrou voit au-delà du seul cas français et juge que ce sont toutes les productions locales qu'il convient de tenter de sauvegarder parce qu'elles sont partout des facteurs d'équilibre et de stabilité. Il souhaite donc que cet aspect soit abordé lors du G20. Quel regret pour moi que cela ne soit pas lui qui y assiste comme président...

J'ai appris également ce que je pressentais à vrai dire : Bayrou ne se représentera pas en 2017 à l'élection présidentielle. Il l'a fait savoir. Il se posera donc inévitablement la question de la succession et j'avoue qu'elle le fera avec acuité. Il n'existe de mon point de vue aucune autre voix originale de ce type dans la sphère politique y compris parmi les centristes.

lundi, 04 juin 2012

Encadrer les loyers ? A voir.

Cécile Duflot propose d'expérimenter un encadrement des loyers sur le modèle de ce qui se fait à Paris : limiter les hausses aux prix médians pratiqués lors des relocations.

Sur le principe, je n'ai pas d'objection à ceci à deux conditions : a) que les charges et le coût de la fiscalité locale (merci Delanoë qui les a fait presque doubler à Paris en deux mandatures) entrent dans le calcul de l'assiette finale  b) que l'encadrement n'aboutisse pas à un blocage.

Dernier point, il ne s'agit pas d'installer une loi pérenne, mais de renouveler au contraire un dispositif tant que la crise du logement dure.

Pour le reste, compte-tenu de l'explosion démesurée des loyers, il ne me paraît pas stupide d'intervenir pour limiter l'appétit sans frein de certains propriétaires.

18:17 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : duflot, loyers |  Facebook | | |

dimanche, 03 juin 2012

Doubler le plafond du livret A ? Première mesure débile.

La haine aussi crasse que bêtasse des Socialistes pour les banques les conduit à mener avant même d'avoir une majorité à l'assemblée une politique dont l'incompétence le dispute à l'imbécilité profonde.

Cécile Duflot vient d'annoncer le doublement du plafond du livret A sur lequel se précipite déjà les Français. Or, les liquidités qui se trouvent sur les livrets A n'appartiennent pas en propre aux banques. Elles les collectent, certes, mais elles les reversent moyennant une commission à la Caisse des Dépôts et Consignations. Là-bas, l'argent est immobilisé et sert exclusivement à des projets sociaux (essentiellement du logement social). 

Les Socialistes qui n'ont rien compris à rien s'imaginent qu'ils vont ainsi aider les Français à se loger. Il n'en sera rien. Le problème du logement en France actuellement est lié à l'absence de disponibilité de foncier associé à une grande méfiance envers les marchés et la bourse.

Résultats des courses, la CDC va ainsi bloquer des milliards d'euros qui n'iront évidemment pas s'investir ailleurs pendant ce temps. Et comme les banques vont devoir se préparer à séparer activités de finance et activités de dépôt, qu'elles ont sur les bras les créances douteuses des états souverains et de leurs dettes pourries, on va ainsi assécher complètement l'investissement du côté des banques.

Dans le même temps, la promesse d'instituer un livret épargne industrie reste lettre morte. Pour mémoire, Bayrou en avait le premier fait la proposition jusqu'à ce que Hollande s'aligne sur cette idée.

Bref, depuis 2002, j'avais en partie oublié pourquoi j'avais toujours trouvé les Socialistes nuls, mais ça me revient en mémoire, maintenant...

Table à induction française : des distributeurs pas clairs...

Je me demande si je n'en dis parfois pas trop sur mon blogue à propos de ma vie privée. Mais bon, elle me sert à illustrer tellement de choses...

En la circonstance, c'est Lapeyre que j'ai dans le collimateur et je vais expliquer pourquoi. Il se trouve que l'ignoble capitaliste exploiteur du peuple et koulak enrichi à la sueur des honnêtes travailleurs que je suis a un locataire. On a beau être un sale libéral, un centriste comme diraient les Trotskistes, on a tout de même des valeurs, et, notamment, je me refuse à imiter ces salauds de gounaffiers de marchands de sommeil. 

Ce que je joue est donc d'une propreté à toute épreuve, moderne et entretenu. Et comme je soigne mes locataires (c'est une petite studette donc ça change souvent) mon dernier projet est d'échanger les plaques de cuissson pourraves qu'un de ces voleurs d'artisan m'a installé il y a 5 ans contre une plaque à induction deux feux vitro-cérame flambante neuve. Et tant qu'à faire, je remplace toute la kitchenette de ma locataire. Elle y gagne parce qu'il va me falloir quelques mois de loyers pour rentrer dans les fonds du réaménagement...

Je me suis rendu donc chez Lapeyre pour voir ce que je pouvais trouver dans ce domaine. Là-bas, très bien, une conseillère de première qualité, compétente, efficace et sérieuse, de bon conseil. Bonne offre aussi de Lapeyre qui me propose un artisan partenaire pour installer l'ensemble. Jusque là, tout va bien.

On me propose une kitchenette comprenant plan, évier, réfrigérateur et table à induction deux feux pour la somme de 650 euros environ.

Hop, voilà une bonne occasion de faire travailler l'ouvrier qualifié français : je demande donc s'il y a possibilité d'installer une table deux feux Brandt ou Electrolux : l'une et l'autre sont fabriquées en France (correctif : l'un de mes Trolls m'indique qu'Electrolux ne produit pas de tables à induction en France. Vérification faite, en effet, seul le lave-linge à chargement par le dessus est produit en France. Ouf, restent tout de même Brandt, Thomson, Sauter et De Dietrich). Sauter ou De Dietrich me conviennent bien.

Problème : Lapeyre vend des packs et le matériel prévu, c'est du Beko. Après recherche, Beko, ce sont des Turcs, en fait. Leurs usines sont en Turquie, Russie et Roumanie. Mais pas en France. Belle entreprise, certes, mais côté qualité, allez savoir pourquoi, j'ai davantage confiance dans le savoir-faire français et je ne veux pas installer un matériel en lequel je n'aurais pas confiance surtout s'il me conduit à devoir faire un nouveau rachat 5 ans après.

De bonne composition et partageant ma volonté de faire profiter mon pays de ma consommation, la conseillère Lapeyre s'échine à trouver une solution. Mais, calculs faits, les prix proposés sur son catalogue Lapeyre sont tels que j'arrive à une facture finale entre deux fois et trois supérieure à la proposition initiale. J'aime mon pays et mes compatriotes, mais il y a des limites à mon patriotisme économique. La table Beko en pack revient à 179 euros et le prix proposé pour son équivalent Electrolux ou Brand est de l'ordre de 450 euros.

Dépité, je retourne chez moi après avoir signé la proposition initiale, pestant contre l'incapacité du fournisseur et du revendeur à se mettre d'accord pour proposer un pack made in France.

Mais pris d'un doute dans la soirée, je me lance dans une petite recherche sur google et devinez ce que je trouve ? Une plaque à induction deux feux Brandt, donc fabriquée en France, à 181 euros. Trop tard !

Là, j'avoue que j'ai un peu la haine. Pas contre la conseillère, elle était franchement extra. Contre Lapeyre. Il y a une magouille ou quoi ? En fait, à ce que j'ai compris, parce qu'il n'y a pas de partenariat spécifique entre les producteurs français et Lapeyre sur ce type de produit, tout acheteur doit composer sa cuisine soi-même plutôt que de pouvoir bénéficier d'un pack. Le problème, c'est qu'en proposant à près de deux fois et demi les produits français par rapport aux prix trouvés sur Internet, il y a assurance d'éliminer en effet notre production nationale.

C'est donc bien le distributeur qui fait un sale coup au producteur français ! Je me suis dit que je n'allais pas laisser passer ça sans réagir. Là, je l'ai un peu dans le baba : j'en suis à mon 3ème rendez-vous, ma locataire attend sa nouvelle plaque et les choses ont traîné. Je n'ai pas vraiment envie de tout remettre en cause. Le reste des services de Lapeyre est de bonne qualité. 

Mais je juge complètement idiot et improductif de leur part de ne pas chercher à jouer la carte nationale. Il y a un autre truc qui ne m'a pas plus du tout au demeurant et qui vaut presque publicité mensongère : mon oeil avisé lorsqu'il a contemplé les exemplaires de pack en démonstration a constaté pourtant la présence de tables dont l'intitulé  "Brandt" ne laissait pas de doute sur l'origine. Initialement, c'est même pour cela que j'ai signé immédiatement pour ces solutions. Tout ça pour me retrouver avec du matériel turc. 

Lapeyre, prend garde ne pas te faire retourner une paire de baffes : je déteste que l'on m'ait fait prendre des vessies pour des lanternes.

En tout cas, encore un exemple qui accrédite parfaitement ce que défendent Bayrou et le MoDem : un label clair avec une charte de pratiques commerciales qui empêchent ce genre de coups bas.

Franchement, l'engagement à promouvoir une telle loi est vraiment une de mes motivations majeures, dans cette campagne législative pour accorder mon vote à un ou une candidate.

On a pris l'habitude de commencer à faire attention pour les aliments, mais, nom de Zeus (ou plutôt de Déméter, en la circonstance) la France ne produit pas que de la bouffe !

vendredi, 01 juin 2012

La terrifiante illusion socialiste

Il n'est pas un jour qui passe qui ne révèle que François Bayrou a averti à juste titre les Français de ce qui attend la France. Jean Quatremer qui ouvre l'oeil et le bon a mis la main sur un rapport de la Commission Européenne qui nous prophétise l'Enfer.

TOUS les voyants sont au rouge et les Socialistes veulent l'ignorer. Au moment où il faudrait restaurer la compétitivité de nos entreprises qui a subi un crash brutal en 5 ans, les Socialistes font exactement l'inverse de la politique qu'il faudrait mener : ils augmentent le SMIG, veulent rendre les licenciements plus difficiles, accroissent la dépense publique et reviennent sur une réforme des retraites qui n'est pourtant pas financée.

Les Socialistes, Hollande, Ayrault mentent aux Français et les Français les croient. Bayrou dit souvent que nous vivons la pire crise depuis la fin de la guerre. Moi, quand je pense à la France, je vois Troie. Un rêve avait averti Hécube que son fils Pâris provoquerait la perte de la cité et pourtant, Priam et elle l'ont accueilli comme le fils prodigue quand il est revenu dans sa ville natale. Cassandre leur fille n'a cessé de mettre en garde les Troyens jusqu'au dernier moment contre les projets des Grecs. En vain. Laocoôn, le prêtre d'Apollon avait pressenti que le cheval de Troie n'était pas une idole mais un piège : nul ne l'a écouté et il est mort enserré dans les anneaux d'un monstre marin. Troie a péri dans les flammes.

Et nous Français, nous traitons François Bayrou comme Troie a traité Cassandre. On le moque, on ne veut pas entendre la vérité qui sort de sa bouche, pas plus, sans doute, que les Grecs, les Espagnols, les Irlandais, les Portugais, les Anglais n'ont voulu écouter les esprits éclairés qui leur prédisaient les catastrophes économiques à venir.

La presse de gauche (mais n'est-ce pas un pléonasme, au fond) encense Hollande et Ayrault alors même qu'ils n'agissent pas et que les annonces qu'ils font nous mènent dans le mur.

Dans le Béarn, on s'apprête à renvoyer l'homme politique le plus lucide de France pour lui substituer l'une de ces idéologues mêmes qui nous font tant de mal.

Que diront les fonctionnaires qui ont cru à l'illusion socialiste quand leur traitement chutera de près de 20 à 30% parce qu'il n'y aura plus un centime d'euro dans les caisses de l'État ?

Que compte faire l'État socialiste contre les plans sociaux au moment même où il s'apprêtre à accroître les charges qui pèsent sur les entreprises ?

Quelle action escompte-t-il entreprendre pour restaurer la compétitivité entamée de nos entreprises au moment où le Matamore du redressement productif ne promet en fait de relance de la production que le lynchage de nos plus grosses entreprises ?

La gauche nous entraîne dans un cercle mortifère dont nous aurons le plus grand mal à nous dégager une fois l'illusion tombée.

Seul le MoDem s'engage à mettre en place une politique économique sur la base de ce que nous possédons réellement et pas de ce que nous empruntons. Ce parti a bien des travers et j'ai souvent été le premier à les dénoncer sans ménagement, mais il a un mérite : jamais il n'a cherché à tromper les Français dans quelque domaine que ce soit, même s'il a pu parfois faire fausse route.

Je l'ai souvent jugé avec sévérité, je lui ai préféré l'ancienne UDF pour laquelle je conserve un attachement sentimental, mais force est de reconnaître que dans le paysage politique actuel, c'est la seule offre politique crédible.

Certes, l'UMP a fini par prendre le chemin d'un projet économique plus ou moins acceptable, mais on ne doit pas oublier qu'elle a contribué à nous conduire dans le mur depuis 10 ans, et qu'une large part de son projet social et sociétal consiste à opposer des Français entre eux.

Le projet économique est une dimension importante, très importante, mais il ne saurait suffire pour mériter les suffrages des Français. Et si l'UMP est revenue à la raison dans ce domaine, on ne peut pas dire pour autant que l'audace ni l'originalité ne prélude à ses grandes orientations...

Je suis vraiment très inquiet. Seule une force politique vigilante et ferme ayant pour ambition non de bloquer tous les projets politiques de l'actuel gouvernement, mais de le contraindre à ne pas faire n'importe quoi pourrait nous empêcher de glisser vers le désastre. Cette force politique, c'est le MoDem, et, le drame, c'est que les sondages lui prédisent 2% à peine des intentions de vote en dépit de la justesse des analyses et des propositions de ses candidats...

Un piou-piou déterminé à sauver usine et made in France

David Burlot, blogueur de gauche, se moque de la benjamine centriste parmi les candidats à l'élection législative. IL a extrait du programme de la plus jeune candidate du centre ce qui l'intéressait pour dénigrer le programme du MoDem aux législatives. L'esprit curieux de l'infâme blogueur capitaliste, libéral et dextro-centriste que je suis s'est donc rendu sur le blogue d'Amélie Pinheiro, candidate dans la 10ème circonscription de Seine Saint-Denis, histoire d'en avoir le coeur net.

L'objet du litige ce sont les fameuses 35 heures. Je n'ai pour ma part, jamais eu d'opinion tranchée sur le sujet. La seule chose que je reçois parfaitement, en revanche, sur ce sujet, c'est que cela a foutu le bordel dans la fonction publique hospitalière. Mais bon, je n'ai pas de religion dans ce domaine.

Cela dit, il se trouve que le piou-piou en question a tout de même dit juste un petit peu autre chose que ce que relève David Burlot. Elle prend notamment des engagements très clairs en faveur de la production en France. L'un d'entre eux, c'est la proposition emblématique de François Bayrou de créer un label Made in France. Voici ce qu'elle en dit :

Pour terminer le consommateur doit aussi jouer son rôle en privilégiant, à rapport qualité/prix identique, un produit fabriquè en France.
Pour l’aider à choisir et rétablir une saine concurrence entre les produits fabriqués en France et ceux provenant d’autres pays, il ne s’agit pas d’augmenter la TVA ou de mettre en place des barrières douanières, il faut simplement créer un label France, réglementer certains circuits de distribution par plus de transparence sur les prix, cela concerne principalement la grande distribution dans les relations commerciales qu’elle entretient avec les industriels,
en leur demandant de s’engager et de contrôler encore davantage les produits venant de l’extérieur sur leur qualité et leur traçabilité et en réduisant leur marge arrière sur les produits fabriqués en France contrairement aux autres qui pourraient être vendus plus chers par l’établissement d’une taxe carbone collectée par la grande distribution, voilà pour la grande distribution, mais le contrôle pourra être aussi celui du réseau de la vente sur Internet pour lequel il n’existe aucune règle ni aucun contrôle, surtout lorsqu’il s’agit de concurrence déloyale.

Amélie Pinheiro s'agace à mots à peine couverts du technocratisme délétère du Ministère Montebourg et son redressement productif :

nous n’avons plus le temps de créer un ministère pour faire croire que nous nous occupons du produire en France, nous n’avons pas le temps de désigner des experts pour qu’ils réfléchissent à tel où tel sujet, nous connaissons nos priorités, nous devons être dans l’action

L'action, ce n'est pas de Montebourg ni de Hollande ou des Socialistes qu'il faut l'attendre sur ce sujet : ils se fichent comme de l'an 40 du label proposé par Bayrou et seule une pression venue de la société ou des urnes pourraient les amener à récipiscence...

Et elle en sait quelque chose, Amélie, des liens qui existent entre l'emploi et nos productions nationales : lors d'une interview pour Monaulnay.com, elle a juré de faire de la sauvegarde du site industriel PSA son dossier prioritaire. Plus généralement la réindustrialisation est son principal objectif si jamais elle est élue députée.

Ce que peuvent ou comptent faire les Socialistes de notre production nationale, Alain Juppé l'a mis en évidence dans un billet éclairant aujourd'hui-même : rien. Ah si, pardon : Montebourg vient de mettre en place une cellule en forme de commando composée de quatre personnes qui parent à l’urgence.

Trop drôle : on envoie le GIGN au prochain plan social dans une usine ? Amélie révèle qu'elle n'a voté ni pour Sarkozy ni pour Hollande au second tour de la présidentielle : elle s'est juste contentée de griffonner "démerdez-vous" sur un bulletin blanc. 

Prescience ? Prémonition ?