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vendredi, 20 avril 2012

Mais pourquoi donc ont-ils craint de débattre avec Bayrou ?

Il y a une chose que je n'arrive pas à m'enlever de la tête : pourquoi donc les autres candidatd dans leur ensemble ont-ils craint le débat, et, entre autres, le débat avec Bayrou ?

Je discutais avec ma compagne, il y a moins d'une heure, et elle m'assurait n'avoir rien vu de la campagne.

De petites phrases en déclarations ineptes, il ne s'est rien passé. Hollande, très sûr de lui, surfant sur le rejet de Sarkozy et le désir d'alternance, s'est contenté de gérer son avance. Sarkozy a tenté d'user de ses ressorts habituels, mais ils sont cassés.

J'apprends que Mélenchon et MLP n'ont pas voulu d'un débat à trois avec Bayrou. Il devait avoir lieu sur Daily Motion (tiens, du made in France, c'est français Daily Motion), le Figaro l'avait même annoncé. Nada, rien, ils se sont défilés.

Je finis cette campagne avec le goût amer d'avoir vu tous les concurrents de Bayrou se défiler quand une opportunité de débat se présentait. Ce fait n'a pas échappé à la presse internationale qui a reconnu dans le centriste le seul candidat à amener sur la table les débats de fond.

Marianne2 titrait  avec raison dimanche dernier que la profession de journaliste était désormais la plus détestée de toutes. Cela en dit long sur la défiance que la classe médiatique inspire désormais...

Les médias sont largement co-responsables de cette campagne insipide puisqu'à aucun moment ils n'ont proposé de format digne de ce nom pour favoriser des débats.

J'avoue avoir craqué et cessé d'écrire pendant 15 jours parce que je n'avais rien à dire et je m'ennuyais ferme.

Les blogueurs et la plupart des pure-players n'ont strictement rien apporté au débat. Le néant, ou presque. Pas mieux pour la presse en ligne, qui en est resté à des considérations tactiques la plupart du temps.

Je tiens en revanche à féliciter Frédéric Taddeï et son site newsring : voilà un journaliste et une équipe qui ont essayé autant qu'ils l'ont pu, sur Internet, de générer de vraies disccussions. Ils sont les seuls à l'avoir fait avec une parfaite objectivité. J'espère que ce site va survivre à la campagne, il le mérite.

Il reste les législatives, désormais. Beaucoup de choses vont se jouer dans l'entre-deux tours. 

jeudi, 19 avril 2012

Le contrat de génération de Hollande ? Inefficace.

Il y a un débat sur Newsring, le site de Taddeï, sur le contrat de génération de Hollande. Comme j'ai publié là-bas, hop, autant copier ici :-)

Je ne pense pas que François Hollande obtiendra un quelconque résultat avec son Contrat de Génération et ce, pour deux raisons :

1. C'est une erreur d'appréciation que d'espérer qu'une mesure d'incitation fiscale agira sur l'emploi des Seniors et des Jeunes s'il n'y a pas une nécessité économique derrière. Pour espérer redonner des perspectives à ceux qui ne sont pas encore sur le marché du travail et à ceux qui aimeraient y rester, il faut agir sur l'offre d'emplois, c'est à dire, in fine, sur la production. C'est, me semble-t-il, le pari de François Bayrou, qui a, là-dessus, tout compris. Au final, tout ce à quoi peut s'attendre Hollande, c'est un effet d'aubaine, et rien d'autre. 

2. Outre l'aspect économique, il y a aussi un caractère culturel des plus désagréables dans la manière dont les Français traitent leurs jeunes et leurs anciens. Comme d'habitude en France, on navigue avec bonheur sur les eaux de la plus grande hypocrisie. Jeunisme d'un côté, exacerbation de bons sentiments pour les aînés, et de l'autre, des pratiques décomplexées pour les pousser sur les bas côtés. Ce n'est pas une mesure fiscale qui viendra à bout de ces habitudes bien ancrées dans nos mentalités.

Il faut à vrai dire admettre deux réalités : a) de fait, les jeunes travailleurs sont généralement moins efficaces que leurs collègues ou collaborateurs plus expérimentés. b) les aînés sont généralement moins souples que les plus jeunes. 

En ce sens, et sur ce point, je les suis, l'UMP et Xavier Bertrand n'ont pas tort de tabler sur le développement de l'apprentissage, et particulièrement de l'alternance, pour donner un caractère bien plus professionnalisant aux formations. Ceci ne devrait pas concerner exclusivement les certificats d'aptitude professionnelle  mais aussi les licences et autres masters des universités que l'on devrait aussi juger sur leur "employabilité".

Ceci ne signifie pas pour autant que l'on doive réduire l'offre de formation, mais plutôt revoir leurs composants en ce sens. Je me souviens que la Sorbonne, il y a une dizaine d'années, avait par exemple imaginé d'associer le latin et le grec, via la mythologie, à un module professionnalisant de publicité. Astucieux. Les lettres anciennes pas plus que la sociologie, n'en déplaise à Nicolas Sarkozy ne sont donc condamnées à fournir des légions de nouveaux chômeurs à la France.

Pour les Seniors, la difficulté reste entière : nous avons inscrit dans le déroulement de notre existence professionnelle que nos revenus devaient aller croissant jusqu'à notre retraite. Il faut donc faire en sorte que les Seniors constituent une valeur ajoutée croissante afin de justifier l'évolution de leurs revenus. François Bayrou dans un entretien à Notre Temps proposait de mettre en place une agence nationale de la formation professionnelle et de soutenir durablement cette dernière afin de permettre aux Seniors de demeurer au coeur des mutations de l'entreprise. C'est une piste. Je tends toutefois à penser que la gestion des ressources humaines ne sait pas forcément non plus, au sein de l'entreprise, valoriser les données de l'expérience et les savoir-faire accumulés au fil du temps. C'est un champ de réflexion qui demeure ouvert.

mercredi, 18 avril 2012

Bayrou, le made in France comme une évidence

J'ai de plus en plus de mal à écrire une note de blogue dans cette campagne insipide. Je ne m'en désole pas moins de ne pas voir Bayrou triompher tant, une nouvelle fois, il me semble le seul candidat à avoir compris quelle est la source de tous nos maux. Faut-il le répéter encore et encore ?

En assurant la production d'un certain nombre de biens en France, nous frapperions d'une seule pierre plusieurs coups :

- élimination de notre déficit commercial (ce que nous achetons ici ne fait plus l'objet d'achats à l'étranger...)

- réduction significative du taux de chômage (produire plus sur notre sol suppose d'engager des salariés en conséquence)

- réduction significative de la pollution (acheter ce qui se fait près de chez soi génère bien moins de nuisances que de l'importer de pays distants de milliers de kilomètres.

Ce que je crains, c'est que les autres candidats renvoient aux calendes grecques l'idée de Bayrou s'ils accèdent à l'échelon suprême. Et ce pour une raison très simple :

- soit ils ne croient pas que la France soit capable de redresser son industrie (Hollande, Sarkozy).

- soit ils projettent notre pays dans un monde rêvé qui n'a rien de crédible (Mélenchon, Le pen).

Les Français qui estiment que Bayrou voient juste doivent comprendre qu'il sera le seul à faire de cette résurrection générale de notre industrie le coeur de sa politique. Il y aurait bien eu la révolution verte de Corinne Lepage qui aurait pu se rapprocher de cet objectif, mais cette dernière, toujours en quête d'une place au soleil, a préféré mendier un strapontin en se ralliant à celui qu'elle estime le futur vainqueur. En outre, pour moi qui ai lu son projet, il ne tient pas sur au moins un point : il compte essentiellement sur l'État, la puissance publique, pour assurer la reconversion de notre industrie, en aucun cas sur l'initiative privée et l'esprit d'entreprise. Il resterait les Verts, évidemment, mais ils ont choisi Éva Joly plutôt que Nicolas Hulot, or, elle n'a qu'un projet sociétal. Il n'y a rien d'économique dans ses idées.

Le résultat des courses, c'est que je crains de voir la France s'enfoncer dans une crise toujours plus violente faute de volonté politique de mettre en oeuvre des solutions.

10:29 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : bayrou, made in france |  Facebook | | |

jeudi, 12 avril 2012

Le Made in France de Bayrou ? Au fond, une gigantesque AMAP...

Certaines idées sont parfois si simples que nul n'est besoin d'un long discours. Dans l'idée de Bayrou, produire en France, il y a une conséquence logique et majeure, c'est la décrue considérable de la pollution liée à consommation. Il va de soi que d'acheter ce qui se trouve à quelques kilomètres de chez soi engendre nettement moins de nuisances que de devoir faire appel à des transporteurs qui feront la moitié de la circonférence terrestre pour vous apporter ce dont vous avez besoin.

A cette production made in France, j'ai toujours pensé qu'il fallait adjoindre un réseau de distribution adéquat. En y réfléchissant, je me suis dit que d'une part, cette production française pouvait passer par les réseaux traditionnels, c'est à dire la Grande distribution, par internet, bien sûr, et c'est déjà le cas, mais, pourquoi pas, pouvait également s'sinpirer des AMAP.

La difficulté, c'est d'organiser une production de masse, il est vrai, mais, l'avantage, c'est de pouvoir organiser sa production. Pour mémoire, je rappelle que l'AMAP est une association pour le maintien d'une agriculture paysanne. Son principe est de réunir des consommateurs qui s'adressent directement au producteur. En fonction de leurs demandes et de leurs habitudes de consommation exprimées, le producteur organise des livraisons hebdomadaires.

François Bayrou rencontre la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises) ce matin. Ce pourrait être un thème de discussion d'où il puisse sortir des propositions.

samedi, 07 avril 2012

The Economist : l'univers parallèle des Français...

Cette traduction vous est proposée par une équipe de bénévoles. L’article traduit ici est issu du magazine « The Economist » du 31 mars 2012 et est disponible dans sa version originale à l’adresse http://www.economist.com/node/21551461

 

L'élection présidentielle: une vérité qui dérange

 

Quand il s’agit de sécurité, les Français sont attentifs. Mais quand il s’agit des dangers auxquels leur économie est confrontée, ils sont encore peu vigilants.

Une semaine après que la France fut secouée par les fusillades d'un terroriste dans la ville de Toulouse et ses environs, les candidats à l'élection présidentielle ont repris leur campagne. Le ton est un peu moins strident, les concurrents respectueux de l'humeur sombre. Pourtant, le retour à la campagne électorale a néanmoins une qualité surréaliste, contrairement aux nouvelles inquiétudes sur la sécurité. Les candidats échouent complètement à reconnaître que le pays fait face à une crise économique imminente.

La vérité qui dérange est que la France, la deuxième plus grosse économie dans la zone euro après l'Allemagne, se retrouve coincée dans l'étau de ses finances publiques. La dépense publique française représente maintenant 56% du PIB (voir le graphique 1), comparé à la moyenne de l'OCDE qui est de 43,3%, ce qui est même plus élevé qu'en Suède. Pendant des années, la France a offert à son peuple un modèle social de services, d'allocations et de protection dans le style suédois, mais a échoué à créer assez de richesses pour le financer.

Aujourd'hui, la France continue à se comporter comme si elle avait les finances publiques de la Suède ou de l'Allemagne, alors qu'en réalité elles sont plus proches de celles de l'Espagne. Bien que la France et l'Allemagne aient un niveau d'endettement public comparable, supérieur à 80% du PIB, il diminue en Allemagne alors qu'en France, il est à 90% et en augmentation. Une agence de notation a déjà déchu la France de sa note financière AAA, illustrant les inquiétudes à propos d'une dette élevée et d'une croissance faible. L'instance d'audit du pays, la Cour des Comptes, dirigée par Didier Migaud, un ancien député socialiste, a averti qu'à moins que des «décisions difficiles» soient prises cette année et celles à venir, la dette publique pourrait atteindre 100% du PIB d'ici 2015 ou 2016.

L'érosion de la compétitivité française soulève des questions difficiles sur le contrat social.

 

Les Français chérissent l'idée que chaque individu ait droit à des services décents dans des délais corrects et un filet de protection généreux pour les mauvaises situations. Mais à quel niveau la France a réellement les moyens d'offrir une protection à ses citoyens en cas de maladie, de chômage, de naissance ou de vieillesse? Comment le pays peut-il justifier son administration publique gigantesque – un millefeuille de communes, de départements, de régions et de l'État central – qui emploie 90 fonctionnaires pour 1000 habitants contre 50 en Allemagne ? Comment la France peut-elle alléger le fardeau fiscal, en incluant les charges sociales sur la masse salarie, pour encourager l'entrepreneuriat et la création d'emplois ?

Pour faire simple, la France est sur le point de faire face aux durs choix auxquels Gerhard Schröder, l'ancien chancelier allemand, a été confronté au début des années 2000 ou aux choix que la Suède a dus faire au milieu des années 90, quand son propre système social devenu insoutenable s'est effondré. La crise de la zone euro, qui a rendu les marchés obligataires intraitables sur le management économique laxiste, montre que ces décisions sont devenues de plus en plus urgentes et difficiles. Quel que soit le candidat élu à l'issue des deux tours de l'élection présidentielle le 22 avril et le 6 mai, il devra choisir. S'il échoue à être assez rigoureux sur le déficit, les marchés réagiront négativement, et la France pourrait se retrouver au centre d'une nouvelle crise de la zone euro. S'il s'attaque frontalement au déficit avec une hausse des impôts à tous les niveaux et même par des coupes dans les dépenses publiques, les électeurs n'y seront même pas préparés.

«Le vrai risque pour la zone euro n'est pas la Grèce, mais la France» a dit un haut dirigeant français de la finance. Nicolas Baverez, un commentateur qui avait prévu les problèmes de la dette qui menaçaient le pays dans un ouvrage paru en 2003, est d'accord: «Je suis convaincu que la France sera au centre d'une prochaine crise dans la zone euro»

Les candidats, cependant, réussissent avec talent à esquiver toutes [ces questions]. Avant que les fusillades de Toulouse n'interviennent, la campagne a tourné autour d'affaires pressantes comme les abattoirs halal, l'immigration et la taxe sur les exilés fiscaux. Bien que Nicolas Sarkozy, le Gaulliste sortant, et François Hollande, son rival socialiste, aient adhéré à la réduction des déficits, chacun jurant de ramener le déficit de la France à 3% du PIB l'année prochaine, aucun n'a promis de le faire par des coupes radicales dans les dépenses publiques.

Les deux favoris à la présidentielle insistent plutôt sur le rééquilibrage des comptes par des hausses d'impôts. M. Sarkozy a déjà augmenté l'imposition sur les entreprises et les revenus. Il dit qu'il veut taxer même ceux qui ont quitté la France pour échapper à l'impôt. M. Hollande a promis de prélever 75% au delà d'un million d'euros ($ 1,3m) par an, ce qui signifie qu'ils paieront 90% en prenant en compte les charges sociales. Il veut aussi augmenter l'impôt sur le patrimoine, prélevé annuellement sur une assiette de plus de 1,3 millions d'euros et augmenter l'impôt sur les dividendes. Il jure de remonter le salaire minimum, de créer 60 000 emplois d'enseignants, de diminuer l'âge de départ à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeune, et de «renégocier» le Pacte de stabilité et de croissance européen, un compris obtenu de haute lutte qui garantit une stricte discipline budgétaire.  

Comment la France peut-elle continuer à tenir une élection qui a significativement échoué à se confronter aux vraies questions? Quels sont les chances pour que n'importe quel candidat, s'il est élu, soit prêt à faire face à la crise à venir ?

Un univers parallèle

 

L'été dernier,  Jean-Pascal Tricoire, le président du directoire de Schneider Electric, une entreprise française dans les services de l'énergie fondée en Bourgogne en 1836, a fait ses bagages pour Hong-Kong pour diriger l'entreprise depuis l'Asie. Il a pris deux hauts dirigeants avec lui ; d'autres ont suivi. Ils se sont joints au nouvel exode français vers Hong-Kong, [qui concerne] plus particulièrement les entrepreneurs. Le siège social officiel de Schneider Electric, et donc sa domiliation fiscale, reste en France. Mais avec seulement 8% de son chiffre annuel réalisé en France actuellement, les yeux de la firme sont tournés vers le reste du monde.

Passez du temps avec les chefs des plus grandes entreprises françaises, comme Schneider Electric, vous verrez que leurs préoccupations sont globales. Ils parlent du Brésil et de la Chine, et ils regardent constamment leur compétitivité internationale. Avec plus d'entreprises que n'importe quel autre pays européen dans le classement des 500 plus riches entreprises mondiales au palmarès "Fortune 500", la France a un leader mondial dans quasiment chaque secteur, de l'assurance (AXA) aux cosmétiques (L'Oréal). Ces firmes connaissent parfaitement bien les dégats que pourrait occasionner une imposition à 75%. «Une catastrophe» dit un des dirigeants. «Complètement fou» dit un autre.

Pourtant, les Français ordinaires paraissent presque tous hostiles à ces mêmes entreprises, et aux marchés mondialisés qui ont aide à faire de leur économie la cinquième au monde. Seulement 31% des Français pensent que l'économie de marché est le meilleur système possible, selon un sondage pour Globescan, une entreprise de sondage (voir graphique 3). En dix ans de sondage, les Français ont constamment été les plus méfiants vis-à-vis du capitalisme. C'est la France qui a voté «non» en 2005 au référendum sur le traité constitutionnel européen, dans un contexte de peur de plombiers polonais déferlant en France sous la coupe des règles du marché unique. Et c'est cette France qui a fait d'un livre intitulé «La Démondialisation» un bestseller l'année dernière.  

Les Français vivent avec cette contradiction nationale – ils profitent de la richesse et des emplois que les entreprises transnationales ont apporté et dénoncent en même temps le système qui les a créés – parce que l'élite dirigeante et les médias les ont convaincu qu'ils sont victimes des marchés mondialisés. Les syndicalistes ont nettement plus de temps d'antenne que les hommes d'affaires. On a constamment raconté aux Français qu'ils sont innocents et victimes de banquiers imprudents qui ont prêté déraisonnablement, ou de spéculateurs sans morale, ou des agences de notations «anglo-saxonnes». M. Sarkozy a appelé à une moralisation du capitalisme pour juguler ses abus. M. Hollande a déclaré que son «principal opposant est le monde de la finance». Peu de politiciens s'attachent à souligner que la plus grande partie du problème est la dette accumulée par les gouvernements français successifs, qu'ils ont eux même accrus les décennies passées. Pourquoi ?

L'explication est pour moitié une histoire de conviction et pour moitié une question de calcul. La droite et la gauche en France n'ont jamais été en faveur du marché, sauf sous la contrainte. En dépit de l'élan libéral de circonstances, M. Sarkozy fait partie de la famille gaulliste, qui rejette fondamentalement une telle doctrine. La plupart des dirigeants socialistes actuels se sont fait les dents en travaillant pour François Mitterrand (M. Hollande a fait partie de son équipe présidentielle); le parti est toujours beaucoup plus préoccupé par la redistribution que par la création de richesses. «L'âme de la France» a déclaré M. Hollande quand il a lancé sa campagne, «est l'égalité.» Les candidats n'ont rien donné. Dix ans plus tôt, le plus récent candidat de cette mouvance, Alain Madelin a obtenu à peine 3,9% des voix.

Discours dangereux

 

C'est la réalité des élections d'aujourd'hui. Plutôt que de réagir à ces attitudes et de secouer les Français pour les faire sortir de leur zone de confort, les deux favoris se plient aux attentes du peuple. A un rassemblement géant à Villepinte, au nord de Paris, M. Sarkozy a craché sur les règles du commerce au sein de l'Union Européenne, qui selon lui est à l'origine d'une concurrence «sauvage» ; il a appellé à un «Buy European Act» pour les marchés publics si les partenaires commerciaux non européens n'ouvraient pas leurs marchés, et il a menacé de retirer le pays de la zone de libre-circulation qu'est l'espace Schengen si les pays membres ne décidaient pas de renforcer le contrôle de l'immigration à l'extérieur de la zone.

Non sans ironie, ce fils d'un immigré hongrois commence à s'engager sur un terrain glissant, abordant le sujet des "étrangers trop nombreux" en France. Tout celà a pour but de rassurer l'électeur français qui s'agite, pensant que l'Europe ne le protège pas de la concurrence mondiale. 

Bien sur, Sarkozy peut mettre à son actif quelques réformes libérales utiles, comme le relèvement de l'âge minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans, ou l'autonomie des universités. Il a aussi signalé le poids écrasant des charges sociales françaises sur les employeurs, qui étouffent la création d'emplois et qu'il a raboté un peu. Mais le politicien, qui a écrit qu'il désapprouvait «la France [qui] n’a pas arrêté de décourager l’initiative et de punir le succès», augmente aujourd'hui les impôts sur les riches et tape sur les grands patrons et les banquiers à tout bout de champ.

Tout ceci est aussi tactique. Au premier tour des élections en France (comme dans les primaires américaines), les candidats essaient de consolider leur base; au tour décisif, ils virent au centre. A l'extrême-droite, M. Sarkozy doit affronter Marine Le Pen, la candidate télégénique du Front National. Les derniers sondages la place à la troisième ou quatrième place avec 16 à 18% des voix au premier tour, contre 28% chacun pour Sarkozy et Hollande. Mais personne n'a oublié son père, Jean-Marie, qui a arraché une place au second tour en 2002 au dépens du candidat socialiste. La fougeuse Mme Le Pen, qui a sorti son parti de son image musclée, n'est pas à même de répéter l'exploit. Sa campagne forte cadre néanmoins beaucoup avec le débat électoral avec ses appels à quitter l'euro, à réindustrialiser le pays et à endiguer l'islamisation.

M Hollande fait face à une pression similaire sur sa gauche. Avec sa réputation de modéré, qui a promis d'introduire sa propre loi d'équilibre budgétaire, il doit lutter pour repousser la gauche radicale incarnée par Jean-Luc Mélenchon, trotskyste dans sa jeunesse et ancien sénateur socialiste désormais soutenu par le parti communiste (stalinen). A un récent rassemblement organisé, avec un symbolisme théâtral, à la Bastille, M. Mélenchon a appelé à une «insurrection civique» contre «l'ancien régime». Il veut des pensions à taux plein pour tous à 60 ans, une hausse de 20% du salaire minimum et un plafond de 360 000 euros annuels pour les salaires. Avec son style agressif et ses manières bourrues, la campagne de M. Mélenchon a fait sensation. Plus d'un Français sur dix a l'intention de voter pour lui.

Même si la plupart des électeurs de Mélenchon vont se rassembler derrière M. Hollande au second tour, sa récente pointe dans les sondages grignote quelques points à M. Hollande, tassant la vague qui pourrait l'amener à la victoire. Ainsi, ses propositions pour une nouvelle taxe sur les transactions financières, l'abolition des "stock options" et le taux d'imposition à 75%. De là aussi ses attaques cinglantes sur la finance et les richesses et la dénonciation des nouveaux super riches comme "arrogants et cupides". 

Opération décryptage

 

Beaucoup de commentateurs français ne prennent pas en considération ces propositions qu'ils estiment être une simple posture politique.

Les soutiens des deux favoris assurent, qu'en réalité, chacun comprend ce qui est en jeu. La taxe de 75%, dit Olivier Ferrand, le dirigeant de Terra Nova, un think-tank lié au parti socialiste, n'est "qu'une mesure symbolique". Même M. Hollande a concédé que cela ne rapporterait que peu de recettes. Derrière toute cette réthorique, M. Ferrand insiste, "le parti socialiste s'est modernisé, et il comprend le besoin d'améliorer la compétivité et de contrôler les déficits".

M. Hollande a un caractère jovial en privé, il rejette l'idée qu'il est dangereux, comme il l'a affirmé – en Anglais – à son arrivée à Londres en février. Il a chargé de sa campagne deux hommes, Pierre Moscovici et Manuel Valls, qui ont été proches du modéré Dominique Strauss-Khan, ancien-patron du FMI, qui a été évincé de la course suite à un scandale sexuel. Une fois au povuoir, les socialistes français peuvent finir par faire des choses bien. Avec M. Strauss-Khan comme ministre des finances, Lionel Jospin, le premier ministre socialiste de 1997 à 2002, a privatisé plus d'entreprises françaises que tous ses prédécesseurs réunis. «Nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations», a rappelé M. Hollande avant de venir à Londres.

Pourtant, cela nécessite beaucoup d'indulgence de la part de l'électorat d'accepter que le candidat ne fera pas la moitié des choses qu'il a promis de faire. Il y a un risque sérieux de déception si, par exemple, le président Hollande était amené à dire lors de ses prises de fonctions: «Nous avons examiné les comptes publics et, quel dommage, il n'y a plus de monnaie pour faire ce que j'ai promis.» Mais d'abord pour désamorcer ce risque, le nouveau président devrait mettre en place quelques unes de ses idées loufoques, seulement pour une question de posture politique. La dernière mesure de ce type qu'on mise en place les socialistes était la semaine des 35 heures.

Décoder M. Sarkozy n'est pas facile. Il a lâché du lest sur le côté le plus déplaisant de sa réthorique, mais elle reste en bonne partie tout simplement malhonnête. Il y a déjà, par exemple, une réforme de Schengen qui devrait autoriser les membres à suspendre la liberté de circulation lors de circonstances exceptionnelles. Son idée d'un impôt dans le style américain sur les Français expatriés, mais seulement les exilés fiscaux, serait tout bonnement impossible à appliquer. Peut-être le sait-il, comme beaucoup, et qu'il ne le ferait donc pas. En effet, les amis de Sarkozy affirment qu'il deviendrait un président réformiste s'il est réélu, «Sarkozy a débuté sa campagne en appelant à des réformes dans la veine de celles menées en Allemagne» a dit un des conseillers. «Mais il a réalisé qu'il n'avait aucune chance de gagner avec ça, parce que c'est impopulaire, donc il a préféré plutôt défendre des mesures populistes de droite.» En poste, affirme le même conseiller, il serait un «président réformiste très actif.»

Au milieu de tout ce double langage, le seul candidat qui a constamment parlé du besoin de réduire la dette publique et de couper dans les dépenses est François Bayrou, un centriste. Il est un concurrent de longue date à la présidentielle, sans soutien d'un parti puissant, il sort de son tracteur dans sa ferme du Béarn tous les cinq ans pour concourir au poste à Paris. M. Bayrou n'est pas un libéral: il veut un «juste prix» pour les produits agricoles, et il propose des droits de vote aux syndicats dans les conseils d'administration des entreprises. Mais il a promis au moins 50 milliards d'euros de coupes budgétaires (parallèlement à 50 milliards d'euros de hausse d'impôts, incluant une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 50%, et relevant à 44% la tranche marginale actuelle). Considérant la tranche imposable à 75% d'Hollande comme «insensée», il déplore le [faible] niveau du débat politique. «Nous ne posons aucune des questions dont dépend la survie future de la France» a dit M. Bayrou. «Quand un pays ne se pose aucune de ces questions, il court le risque d'une catastrophe». Pour le moment, les votants ne semblent guère prêter attention à ce message: les chiffres de Bayrou ne sont pas meilleurs que ceux de Mélenchon, qui sont monté jusqu'à 12-13%.

Promesses de rupture

 

Tout cela laisse aux électeurs la tâche peu enviable de décrypter les messages de chaque candidat pour en déceler la partie crédible de celle qui est de la pure fantaisie.

L'idée la plus probable est que les deux favoris, pour leur propre sécurité politique, auraient besoin de mettre en place quelques unes de leurs idées excentriques. Cela pourrait causer d'énormes dégâts. En 2007, après avoir parlé très durement de l'immigration, M. Sarkozy se lança et créa le ministère de l'identité nationale, pour finalement le supprimer plus tard, après avoir causé beaucoup d'indignation en cours de route. Si, une fois président, Hollande mettait en place sa nouvelle tranche d'imposition à 75% –  au moment même où la Grande-Bretagne a diminué le taux de sa tranche marginale de 50 à 45% – cela enverrait un signal négatif à l'étranger sur la façon dont la France traite les succès financiers, comme la semaine des 35 heures a terni l'image du pays pendant des années. Sa politique fiscale pousserait dans l'ensemble les entrepreneurs français à croire qu'ils feraient mieux de lancer leurs nouvelles idées à l'étranger.

La vérité qui dérange est que quiconque remporte la victoire le 6 mai aura besoin d'une approche rigoureuse du déficit, pour faire face à des marchés obligataires méfiants et à une possible récession. Sarkozy devrait trouver de nouvelles économies budgétaires, en dépit de sa promesse de «protéger» les Français de l'austérité. Hollande serait forcé de remettre à plus tard quelques unes de ses promesses coûteuses, et de goûter à l'inflexibilité allemande s'il insistait à pousser la chancelière Angela Merkel à revoir le pacte de stabilité. De toute façon, le résultat serait une crise pour les Français, et ni l'un ni l'autre ne les a préparés à cela.

 

 

mardi, 27 mars 2012

Bayrou peut susciter l'adhésion...s'il le veut !

François Bayrou atteint désormais des seuils stratosphériques en côte de popularité désormais, dans les derniers sondages. Il passe dans le dernier sondage IFOP la barre des 70% de bonnes intentions.

Comment François Bayrou pourrait-il convertir ces a priori favorables en intentions de vote sonnantes et trébuchantes ? Très simplement. Sans prétention, en suivant mes conseils et ceux de Mathieu Maire du Poset de Marianne, qui fait exactement la même analyse que moi. A la différence que j'avertis du risque de stagnation depuis le début du mois de janvier.

Bayrou a eu une excellente intuition en début de campagne : il a senti que l'emploi pouvait être au coeur des préoccupations de cette campagne. Il a eu une idée qui sortait des clous, et, pour cette raison, elle a fait mouche : associer l'emploi, la consommation et la nécessaire revitalisation de l'industrie sur notre sol sous le sigle du "Made in France".

Le problème, c'est que depuis, sur le chapitre de l'économie, le principal à mon avis dans cette campagne, plus rien. Or, c'est là-dessus que l'électorat peut se décider si on le séduit.

Il ne s'agit plus de réciter ses gammes, comme le fait observer à juste titre Mathieu, mais bien de propulser en avant de nouvelles et fulgurantes idées sur les thèmes qu'il a commencé à développer et de viser juste d'un coup.

Le Made in France, c'est une très bonne idée, mais comment le faire concrètement ? Ensuite, que faire d'autre que le Made in France pour stimuler la création industrielle et entrepreneuriale en France ? Comment faire en sorte que cette stimulation aboutisse à de l'emploi et des hausses de pouvoir d'achat ? Que dire, enfin, à tous ces ouvriers et ouvrières qui perdent leurs emplois parce que les usines ferment ? Quoi leur proposer ?

Si Bayrou peut répondre précisément à toutes ces questions, avec des réponses novatrices, il peut encore renverser la vapeur. Dans le cas contraire, je pense qu'il fera malgré tout un résultat honnête, mais à l'issue de l'élection présidentielle, il ne sera pas en situation de décider du sort de la France...

François, tu sais ce qu'il te reste à faire, et puisque tu le sais, fais-le vite, maintenant, parce que le temps presse.

samedi, 24 mars 2012

L'Islam radical, la seule perspective des déshérités ?

Dans l'affaire Mohamed Merah, j'avoue être gêné par certains aspects que n'ont pas encore traité les médias : 

- ce que je comprends de l'engagement de Merah, c'est qu'au fond, il était bien trop indiscipliné et chaotique pour pouvoir intégrer une organisation comme celle d'Al Qaeda pour autant qu'elle existe encore, puisqu'au fond, il s'agit surtout d'un label.

- Merah était à la recherche d'une reconnaissance, cela me paraît évident. Je pense que dans les populations immigrées de France, il est loin d'être le seul dans son cas, particulièrement dans les cités dures.

- in fine, ce qui m'inquiète lourdement, c'est qu'il n'y ait d'autres perspectives pour ces jeunes immigrés en déshérence qu'un Islam au mieux traditionnaliste, au pire, radical et violent.

J'ai lu quelque part que Merah n'avait vu réintégrer son centre de formation en carosserie. L'armée ne l'a pas non plus accepté, ce que l'on conçoit aisément compte-tenu de son profil.

En revanche, Merah a été approché par des apprentis-barbus dès son entrée en prison.

Alors nous avons un double-problème :

a) comment se fait-il que les prisons françaises deviennent un terreau pour le Jihad alors qu'elles sont censées avoir vocation à rééduquer les délinquants. J'ai toujours été partisan d'une répression ferme, mais à condition qu'elle ait pour corollaire et issue une rééducation morale et sociale.

b) l'Islam radical est-il le seul espoir pour un jeune qui a mal tourné de retrouver un honneur ? Je n'accroche jamais aux bla-blas dégoûlinants sur la citoyenneté et la République dans les banlieues et je  pense que leurs thuriféraires sont largement comptables de l'inaction coupable qui gangrène de nombreuses zones de notre territoire.

Nicolas Sarkozy veut, paraît-il, interdire de consulter des sites faisant l'apologie du terrorisme. Quelle proposition ridicule. Il ferait mieux, en revanche, de se pencher sur l'organisation de nos prisons : manifestement, c'est un bon terrain de recrutement pour le Jihad.

Sarkozy a cru résoudre les problèmes des banlieue à coups d'opérations coups de poing de la bac. Les Socialistes ne songent qu'à y injecter des éducateurs, des MJC et le cas échant du fric.

J'ai pour ma part une autre vue de la chose : les jeunes qui vivent dans ces cités parlent souvent de faire du business. L'inconvénient, c'est que le business en question se fait à l'ombre de la loi, répand la terreur pour s'implanter, s'appuie sur la loi du silence, et prend la forme de traffics de drogues et/ou d'objets volés.

C'est un fait. Mais c'est un fait aussi que la notion de "business" n'est pas étrangère au peuple des banlieues. Alors, au fond, si on pouvait trouver la possibilité d'y libérer radicalement les énergies, qui sait si le commerce n'y exploserait pas ?

Camille Bedin, une jeune militante UMP vient de publier une très intéressante (bien qu'orientée) étude sur les banlieues intitulée "pourquoi les banlieues sont de droite". Interrogée par Terra Femina il y a un mois, à propos des valeurs des banlieues elle précisait sa pensée : 

 Il s’agit tout d’abord de la liberté, du travail, du mérite, du fait de gagner son argent, et la réussite individuelle. Dans les quartiers, un jeune sur deux veut créer sa boîte ! Leur ennemi à eux, ce n’est pas le monde de la finance, comme François Hollande. Et ils sont contre le plafonnement des salaires, car leur rêve est bien de gagner le plus d’argent possible. De plus, il y a un rejet total de l’assistanat. Ils ne croient plus en l’État, seulement en eux-mêmes. Les autres valeurs de ces banlieues, ce sont la transmission familiale. Quand la gauche veut faire table rase du passé, eux veulent faire la fierté de leurs parents. Certes, le titre de mon livre est provocateur mais il décrit une vraie réalité.

Nul doute que la campagne serait autrement plus intéressante si nous y avions ce genre de débats-là. Je ne sais pas exactement si les banlieues sont de droites, mais elles aspirent en effet à commercer. Raffarin avait eu une idée intéressante : les zones franches. L'ennui, c'est de ne jamais avoir joué le jeu jusqu'au bout. Une dérégulation totale, why not ? Mais à condition que les locaux constituent 70 à 80% des effectifs, par exemple. Le rôle de l'État s'y limiterait à garantir la sécurité, dispenser l'éducation et assurer la santé de base. Quelque chose de ce genre. 

Je ne sais pas, dans le fond, si c'est une bonne idée, ce que je dis là. Mais je crois profondément qu'il faut ouvrir aux populations qui vivent dans ces banlieues-là d'autres perspectives que la délinquance et/ou l'islamisme. 

C'est très certainement avec des initiatives comme celle d'Échelle humaine, l'association d'Alain Dolium, qu'on peut espérer pacifier les espaces les plus agités de nos territoires. Au fond, le commerce, c'est la paix. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Montesquieu himself dans son Esprit des lois. Alors libérons le commerce...

lundi, 12 mars 2012

Le Made in France, une simple habitude à prendre...

Cela fait longtemps déjà, que je privilégie les produits français quand j'achète quelque chose de nouveau. Je trouve extraordinairement partiaux les procès à charge contre le projet de François Bayrou sur le sujet. Le pseudo-reportage de Zineb Dryef sur rue89 en décembre dernier est un modèle du genre. Elle a sciemment ou presque choisi les produits français les plus onéreux ou presque pour appuyer sa démonstration. En réalité, la difficulté, c'est de s'y retrouver faute d'un label, d'une offre suffisamment diversifiée et d'une distribution digne de la cause. Mais pour ce qui concerne les prix, j'ai largement démontré ici que les marques françaises étaient capables de s'aligner. Jeans Tuffery, Lave-vaisselle Brandt, tee-shirts, produits alimentaires variés, on trouve si on veut.

De toutes façons, pour bien comprendre quelles forces politiques considèrent le Made in france et lesquelles y prêtent une vraie attention, il suffit de considérer leur boutique : seul le MoDem de Bayrou vend des produits 100% Made in France. Le FN et l'UMP, c'est la Chine ou l'Asie, le Front de Gauche et les Verts, c'est le Maroc dans les comités militants, et le PS, c'est l'Europe orientale pour une large part.

samedi, 10 mars 2012

IKEA, c'est terminé pour moi aussi.

J'invite tout à fait à lire le témoignage de Philippe sur ses déboires avec IKEA. J'ai eu exactement les mêmes chaque fois que j'ai demandé une livraison chez eux. Ils sous-traitent et se moquent comme d'une guigne du suivi. Non pas que leeurs employés ne soient pas charmants, au contraire, mais plutôt que le système qu'ils ont choisi pour assurer les livraisons n'est pas sérieux.

Quand on fait appel à un prestataire, on s'assure un minimum de sa qualité. Au passage, cela tend à devenir général dans le paysage des meubles. J'ai eu les pires difficultés avec un meuble commandé par vente-privee.com, arrivé endommagé, et pour lequel il a fallu entamer 1000 démarches pour parvenir à revenir dans ses fonds.

Et en plus, comme le dit Philippe, IKEA flique ses employés !

Pour ce qui me concerne, la Maison de Valérie a toujours été correcte.

Cela dit, les productions made in ailleurs et particulièrement "China", j'en ai ma claque. Plus ça va, et plus je constate à la pratique qu'au fond, Bayrou a fondamentalement raison : se fournir en production locale, c'est tout de même une garantie supérieure de qualité. Et puis au moins, si on a besoin de beugler comme un veau parce qu'on n'est pas content, on n'est pas contraint d'appeler un service clientèle délocalisé au Maroc.

Tiens, pour les meubles, j'ai repéré Gautier, qui a trois sites de production en France (c'est une entreprise vendéenne). Si l'on en croit les retours sur la Toile, les meubles coûtent un certains prix, mais leurs acheteurs en sont vraiment contents et leur service de communication prend la peine de répondre directement sur les forums.

Elle dispose de son propre réseau de vente, mais on peut aussi trouver des meubles Gautier chez But et Conforama ou encore Monsieur Meuble. Au niveau des normes ( environnementales, sécurité) ils sont au top, pour les informations que j'ai. Ça tombe bien, je dois prochainement racheter un lit pour mon aîné. J'ai repéré des choses intéressantes chez eux. Je tiens au courant le blogue une fois que j'aurais fait mon choix (ce qui va prendre plusieurs mois sans doute car l'achat du meuble est corrélé à des travaux d'intérieur).

mercredi, 07 mars 2012

Endives : l'entente est peut-être illégale, mais est-elle illégitime ?

endive.jpegTout le monde connaît l'endive, ce sympathique légume au goût certes amer, mais truffé de vertus nutritives : de malheureux endiviers du Nord et de la Picardie viennent de se faire taper sur les doigts pour entente illicite sur les prix. Alors autant j'entends parfaitement les accusations d'entente illégale quand on parle de téléphonie mobile, de syndics, de gros du bâtiment, d'internet et cetera, mais franchement, pour des endives...

Moi, je réécris un peu l'histoire telle qu'elle a certainement dû se dérouler : les endiviers trouvaient que les prix d'achat des endives étaient très bas, et, du coup, ils se sont communiqués des infos pour tenter de résister à la pression de la grande distribution. Ça peut largement se comprendre, d'autant qu'avec les concentrations de plus en plus importantes dans ce domaine, il y a des marges terribles qui se dégagent avec de très fortes pressions sur les producteurs.

A deux euros le kilo, je ne pense pas que cela soit la ruine d'acheter des endives. En plus, les sociétés touchées sont déjà en difficultés financières. L'Autorité de la Concurrence ferait bien de tourner ses regards davantage vers les distributeurs.

Moi, je vous suggère la préparation suivante, en parlant d'endives : vous les faites cuire d'abord à la vapeur, et, en parallèle, vous faites chauffer dans une poêle des tomates et de l'huile d'olive jusqu'à obtenir un ramollissement des tranches de tomate. Ensuite, vous placez les endives avec le mélange, et vous laissez griller légèrement le tout (faut que ça soit un peu brûlé mais pas trop) en ajoutant du beurre. A la fin de la cuisson, un gros zeste de citron, évaporation partielle de l'eau et du jus, et hop, le tour est joué.

Ah non, pardon, j'ai oublié : après avoir ajouté les endives, mettez aussi dans la poêle du jambon blanc ou encore du bacon (mais plus tard, si c'est du bacon) et laissez un peu griller, comme je le disais (mais pas trop, ça doit être léger). Vous verrez, l'amertume s'adoucira d'autant qu'elle sera contre-balancée par ma technique de cuisson et de préparation. Au fait, si le bacon est très gras, modérez l'huile et le beurre : le mieux, dans ce cas, c'est de faire griller l'ensemble dans un mélange de la graisse du bacon et d'huile végétale avec un soupçon de beurre (une grosse cuillerée tout de même).

Servez, mangez puis revenez chez l'hérétique pour lui dire ce que vous pensez de sa recette :-)

P.S sinon, en salade, crue, avec du roquefort, de l'huile de colza (mélangée à une autre huile) et du vinaigre de framboise (de bonne qualité) ou de Xerès (vive l'Andalousie), c'est très bon aussi et plus rapide. Osez quelques tomates cerise et du basilic à côté, c'est à dire dans un ravier, sans mélanger les deux préparations, et mangez en même temps dans l'assiette, sans mélanger, mais par bouchées successives. Un délice !