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mardi, 20 novembre 2012

Huile de palme et nutella : halte aux hypocrisies.

Il y a un haro général  sur le nutella depuis trois quatre ans et sur l'huile de palme en général. Je juge particulièrement hypocrite de taxer l'huile de palme au prétexte qu'elle serait dangereuse pour la santé.

De deux choses l'une : soit elle est vraiment dangereuse et interdisons-là, soit elle ne pose pas de problèmes et dans ce cas, le projet de taxation est surtout un bon prétexte pour remplir les caisses de l'État à peu de frais sur le dos des consommateurs.

Le Nutella est devenu le nouvel emblème du diable oléagineux. En fait, le surcoût pourrait entraîner des consommateurs à se tourner vers des pâtes à tartiner toujours plus low-cost. Pas sûr que notre pays y soit gagnant en termes de santé publique.

L'huile de palme est à l'origine un aliment traditionnel truffé de bêta-carotènes (donc, un bonheur pour favoriser la protection contre le cancer). Le vrai problème n'est pas l'aliment en tant que tel mais sa préparation dans notre alimentation qui en détruit les vertus et en favorise les aspects néfastes.

La production massive d'huile de palme tend également à réduire la bio-diversité et à provoquer des déforestations massives de palmeraie quand les palmiers sont devenus trop haut.

Il vaut mieux, dans ces conditions, mettre en avant les nécessités d'un commerce équitable et environnementalement respectueux. Mais ça, c'est l'affaire des associations. Si l'État veut jouer un rôle positif, à lui de créer un environnement juridique et fiscal amical pour les associations de consommateurs.

Unico, une enseigne que j'apprécie généralement, a choisi de court-circuiter l'information culinaire et diététique en renvoyant à l'huile de palme les maux qui assaillent nos sociétés d'abondance avec un message simple pour ne pas dire simpliste.

Il vaudrait mieux s'engager sur la manière dont l'huile est extraite et sa préparation. C'est la cuisson et l'ajout d'autres produits qui la rendent néfaste.

Au fond, toute cette polémique qui s'est déplacée sur le terrain économique et moral relève pourtant d'une science élémentaire bien connue de nos Anciens : la diététique.

Ce n'est pas de consommer du nutella qui est fâcheux pour la santé. C'est d'en consommer trop. Et il en va ainsi de la plupart des aliments.

On peut alors se demander si la gestion des caractéristiques de notre alimentation est une responsabilité individuelle ou collective (donc étatique).

Je persiste pour ma part à considérer que le consommateur est raisonnable à condition qu'il dispose des informations adéquates. C'est sur ce terrain, bien opaque, qu'il convient de se battre.

Cette bataille n'est pas fondamentalement différente de celle que je mène pour le made in France et plus généralement le marquage d'origine. Ce par quoi nos marchés pèchent, c'est par l'opacité des informations qui devraient figurer sur chaque produit et les mesures en, catimini votées dans d'obscures commissions.

Apprenons aux enfants à lire les étiquettes des aliments, contraignons par la loi les entreprises agro-alimentaires à afficher vraiment ce qu'elles glissent dans leurs produits, mais finissons-en avec ces farces grotesques autour des taxes ou alors, que le gouvernement ait le courage de dire qu'il cherche à équilibrer les comptes de la nation et que sa taxe sur l'huile de palme a vocation à l'y aider...

15:13 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | | |

vendredi, 16 novembre 2012

Et que ferait le ministre libéral des laissés pour compte ?

Je me définis souvent sur ce blogue comme libéral, libéral-social plus que social-libéral, d'ailleurs. Je côtoie évidemment d'autres blogues libéraux et apprécie souvent la rigueur de leurs observations. J'ai mis  récemment un certain nombre de blogueurs au défi de se glisser dans la peau du Ministre de l'Industrie avec pleins pouvoirs sur Bercy. Hashtable a répondu. J'avais dit que je passerais au fil de l'écumoire les réponses que j'obtiendrais et je tiens parole.

La libéralisation des transports ? Je suis sceptique. A vrai dire, je ne suis pas un gauchiste et donc, je ne vais pas hurler à la mise à mort du service public. En revanche, ce que je crains, c'est le risque de voir le territoire se mailler de plus en plus mal : il suffit de considérer la politique de la SNCF ne serait-ce qu'avec les trains régionaux pour comprendre que sans plan à long-terme pensé par un agent soucieux de favoriser le développement économique de toute la région il ne resterait plus que des compagnies de bus privées, et encore, uniquement sur des trajets considérés comme rentables. On peut critiquer la France, mais ses réseaux de communication sont considérés comme l'un de ses principaux points forts. Il semble donc que l'État n'ait pas si mal réussi dans ce domaine. Quant à augmenter le nombre de taxis à quoi bon alors que ceux qui existent déjà roulent pour l'instant au pas. Le problème n'est pas le nombre de taxis dans les grandes agglomérations mais la congestion du trafic.

La libéralisation de l'énergie ? D'accord tant qu'il s'agit d'usages non dangereux. Ce qui signifie en clair non pour le nucléaire et a fortiori pour le gaz de schiste. Les contrôles de sécurité ne me paraissent déjà pas fameux à EDF aujourd'hui mais je n'ose imaginer ce qu'il se produirait si une société qui envisageait de pouvoir réduire les coûts sur la sécurité en prenait le contrôle. Quant aux gaz de schistes les accidents sont peut-être rares mais il en suffit d'un seul pour détruire toute la nappe phréatique parisienne par exemple. Pour toutes les autres énergies, en revanche, pas de problèmes, vive la concurrence.

J'ai bien comprisle raisonnement d'Hashtable sur la libéralisation de la couverture sociale. Il est très probable qu'il s'ensuivrait un effet de relance par la demande dans un tel cas de figure car les individus disposeraient d'un surcroît de pouvoir d'achat. Mais primo, ce surcroît serait illusoire car ce serait de l'argent qui ne serait pas épargné pour l'avenir et secundo, nous ferions flamber nos déficits car les gens se précipiteraient sur les consommables. Enfin, il y a une question que je me pose : quid des accidentés de l'existence (femmes seules, chômeurs de longue durée issus de l'industrie déliquescente par exemple, femmes d'agriculteurs et cetera...) ? Que chacun couche le soir dans le lit qu'il aura fait le matin, je le comprends mais cela renvoie à une certaine forme d'indivualisme de type "chacun pour sa pomme". Pas de filet de sécurité dans la vie, je ne suis pas certain que cela soit réjouissant par les temps qui courent.

Simplification fiscale et diminution des taxes pour les entreprises, je suis pour mais la flat tax d'Hashtable est-elle suffisante pour que l'État puisse poursuivre ses missions et si oui, à quelles conditions ? Si Hashtable prévoit des économies, lesquelles ?

En somme, dans toutes les mesures de mon affreux libéral favori, je ne vois rien qui soit susceptible de relancer notre économie mais au contraire des risques de cigalisation avancée de notre société avec en miroir une aggravation des disproportions de nos échanges...

Mon affreux libéral favori va donc devoir revoir sa copie car là, à la lecture de son projet, je préfère d'assez loin en dépit de tous ses travers l'actuel politique socialiste. C'est dire....

vendredi, 09 novembre 2012

Dans la peau d'un ministre de l'Industrie ?

Je viens d'imaginer un petit jeu de rôle auquel, je l'espère, plusieurs blogueurs vont se prêter. Voilà, vous êtes l'objet d'une promotion foudroyante : en visite chez votre employeur, le plus influent conseiller du Président de la République a constaté l'acuité et la célérité de votre réflexion. Déterminer à vous promouvoir, comme il a l'oreille de la Présidence, il obtient de vous faire nommer Ministre de l'Industrie (et du Commerce). Et pour faire bonne mesure, il bouleverse l'organigramme habituel du gouvernement de la République Française en plaçant Bercy sous vos ordres.

Vous êtes libre d'agir comme bon vous semble avec votre cortège de réussites et...de catastrophes...

Quelles sont vos premières mesures ?

Interrogeons d'abord quelques centristes : Fred, David, Nicolas, Hervé, Marianne, Françoise, Polluxe , Démocratix, une femme parmi d'autres, et Doudette (bien que la politique ne soit pas l'objet principal de son blogue)

Ensuite, quelques blogues de droite qui pourront se prêter au jeu : en rase campagne, Corto, Vlad et Val , le Faucon et , qui sait ?, Authueil qui tirait à boulets rouges sur le crédit d'impôt des Socialistes il y a trois jours.

Après quelques blogues libéraux : impossible de ne pas interpeller hashtable , Pierre et Objectif Liberté.

Reste la gauche : les blogueurs de gouvernement soutiennent par définition le gouvernement donc leurs mesures sont celles du gouvernement. Si Romain de Variae veut me détromper sur cette observation, il le peut, évidemment. En revanche, chez les écologistes et la gauche de la gauche, on est plus critiques, c'est évident. Quand on a un blogue dont l'url commence par spartakiste, on fleure bon Rosa Luxembourg et l'idéologie qu'elle promouvait. Honneur aux femmes, donc, avec Rosaelle. J'imagine mal Gauche de Combat ne pas avoir un avis sur le sujet même si à l'évidence, cela ne va pas être le mien.

Marc Vasseur ne soutient plus Europe-écologie mais il est en revanche toujours écologiste et c'est une voix autorisée de la blogosphère.

Ah, dans un tel défi, pas de mesures immanentes. Par exemple, si vous décidez d'alimenter l'industrie via un magnifique plan quinquennal, à vous de dire d'où vous sortez l'argent, que ce soit de la création monétaire ou de l'impôt. Si à l'inverse, vous baissez significativement des charges quelque part, précisez si vous réduisez corollairement des dépenses ou si vous laissez courir un déficit pour les financer...

N'oubliez pas l'Europe dans votre mini-programme car je ne doute pas que vos décisions affecteront notre imbrication dans l'Union et nos rapports avec nos partenaires.

J'ai l'intention bien sûr de faire une synthèse des réponses de ceux qui se prêteront au jeu, et, dans la foulée, de me livrer à une critique féroce, y compris quand je suis d'accord avec les mesures proposées. J'ai mon propre programme, mais je l'exposerai que dans une semaine, et ce ne sera pas une reprise pure et simple des propositions de Bayrou.

Dernier point : il va de soi que dans un tel jeu, nous réduisons la complexité du monde à quelque chose de simpliste. Je suis évidemment conscient de cet écueil : si nous étions ministre, nous aurions avant toutes choses une armée de techniciens et de conseillers pour nous aider à prendre des décisions pesées et pertinentes (ou pas, d'ailleurs).

12:29 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : industrie, mesures |  Facebook | | |

L'art de faire compliqué...

J'avoue que j'ai une fois de plus du mal à voir clairement où veut en venir Ayrault avec ses taxes et ses crédits d'impôt sur les entreprises.

Comme l'écrit Pierre Chappaz sur son blogue, ce n'est plus un choc de compétitivité mais un choc de complexité, là. Résumons simplement : le gouvernement socialiste a commencé par taxer les entreprises à hauteur de 20 milliards d'euros. Et maintenant, elle veut lui faire un crédit d'impôts sous conditions (mais elles ne sont pas claires et qui vérifie ?) de 20 milliards d'euros ! 

Ce n'était pas plus simple de ne pas taxer les entreprises dès le départ ?

Gallois réclamait de la simplification juridique : c'est mal parti, voilà une nouvelle niche fiscale.

11:28 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : entreprise, taxe, ayrault |  Facebook | | |

mercredi, 07 novembre 2012

De Bayrou à Gallois...

Que dire du rapport Gallois ? J'ai eu l'impression de passer en revue les tables rondes et les débats que nous avions eus ou du moins initiés pendant la campagne présidentielle de François Bayrou. J'y ai retrouvé plusieurs de ses mesures-phare. J'ai lu en entier toutes les propositions et franchement, ma seule objection va sur les gaz de schiste. J'admets que l'on étudie la question mais certainement pas que l'on passe à l'exploitation compte-tenu des risques connus. Les pro-schistes peuvent toujours faire valoir qu'une pollution définitive d'une nappe phréatique est peu probable, le jour où elle se produit, c'est 10 millions de personnes qui peuvent être empoisonnées. 

Certes, je comprends l'argument de Louis Gallois observant que son exploitation amorce une réindustrialisation en Amérique et que désormais, ce pays paie deux fois et demi moins cher son gaz que nous, mais le risque est vraiment trop élevé.

Pour tout le reste, conseil stratégique, stabilisation juridique, soutien aux entreprises exportatrices, phase d'industrialisation pour les pôles de compétitivité, nécessaire accroissement des marges des entreprises, on ne peut qu'abonder dans le sens de Gallois.

Il y a toutefois un grand absent du rapport Gallois : rien, absolument rien sur le consommateur et sur son rôle. Je crois pourtant que les Associations de consommateurs, les labels (écologiques, équitables, locaux comme le Made In France), les actions de groupe pourraient jouer un rôle déterminant dans le redémarrage de notre économie. Rien non plus sur l'économie solidaire de type SCOP. Il y a des secteurs passés sous silence et en ce sens, je juge le rapport Gallois incomplet même s'il offre des perspectives.

J'ai titré de Bayrou à Gallois, j'aurais voulu écrire de Gallois à Bayrou. Malheureusement, le Béarnais demeure le seul, pour l'instant, au sein de la sphère politique, à avoir voulu penser le consommateur comme un acteur économique de premier plan.

Dans le concert de louanges adressé à ce projet il y a eu tout de même quelques voix discordantes : bien sûr, celle de la gauche de la gauche, et elles étaient prévisibles mais aussi quelques voix de droite et c'est une surprise. Authueil ne fait pas dans la dentelle en qualifiant le rapport d'escroquerie. J'avoue avoir été fort surpris de le voir reprocher à ce rapport de ne pas permettre à l'État d'assurer un contrôle sur les entreprises et de proposer de dégager des marges pour les entreprises sans contrepartie. Jean Peyrelevade faisait observer il y a quelques années (et je crois qu'il n'est pas le seul) que les enteprises françaises ont les marges les plus faibles d'Europe. Comment améliorer leur RD dans ces conditions ? Enfin, je m'étonne de voir le protestant plutôt d'obédience libérale qu'est Authueil réclamer davantage d'économie administrée si l'État doit se mêler des contreparties qu'il escompte obtenir. 

Laurent de Boissieu a sommairement mais assez justement exprimé dans son dernier billet la différence entre baisse de TVA à droite et baisse de TVA à gauche. Si j'en crois les intentions d'Ayrault et le billet d'Authueil, il faut donc en conclure que le premier est à droite et le second à gauche, alors ?

J'ai  lu également l'article de Marie-Anne Kraft assez complet sur le rapport. Je crois qu'elle fait erreur sur un point : elle aurait voulu que le gouvernement cible les crédits d'impôt qu'il prévoit sur l'industrie or je crois que le droit communautaire nous empêche de mener une fiscalité ciblée de ce type. Raison de plus pour rester sur l'idée d'un transfert vers la CSG et dans une moindre mesure vers la TVA comme le préconisait Bayrou dans son État d'urgence.

Le gouvernement y vient de toutes façons peu à peu puisqu'il vient d'augmenter une première fois la TVA au grand damn des blogueurs de gauche au demeurant, certains ayant assuré il y a peu que jamais ce gouvernement ne s'y risquerait...

Tout doucement mais inexorablement, le gouvernement Ayrault glisse vers une politique économique et sociale à peu près social-libérale, comme l'observait à nouveau judicieusement Laurent de Boissieu.

Certains de mes lecteurs s'étonnent sans doute de me voir avoir beaucoup modéré mes propos contre la gauche ces derniers mois : si j'excepte le fait que Hollande n'a pas dit la vérité aux Français, contrairement à Bayrou - et cela me reste en travers de la gorge - je dois admettre qu'un nombre important d'aspects de la politique menée par ce gouvernement se rapproche de mes propres préconisations. Pas tous, toutefois : il reste chez les Socialistes une méfiance consubstantielle envers les initiatives privées. Ils se méfient des entrepreneurs et cela transparaît dans leurs discours, ils se méfient des individus et cela transparaît dans leurs mesures ou leur absence de mesures. Le chemin vers un libéralisme pragmatique et moédéré est encore long.

Et puis...il y a un autre choc que l'on attend et qui dégagerait bien des marges, je l'ai déjà écrit récemment, c'est la réduction de la dépense publique comme le rappelait opportunément Alain lambert hier...

Les aides à la presse

Emmanuel Beretta se demande s'il faut aider toute la presse ou quelques titres seulement : de fait, Aurélie Filipetti envisage de sérieusement réduire la voilure en concentrant les dispositifs sur la presse d'information seulement.

Si intellectuellement j'adhère au point de vue d'Aurélie Filipetti, dans la pratique, je juge ce qu'elle envisage de faire très dangereux. Sur quel critère peut-on juger vraiment ce qui relève de l'information ou pas ? Les magazines de loisirs délivrent aussi de l'information...sur les loisirs...

Ceci revient à ce que l'État décrète ce qui est bon ou pas et, en matière de liberté de la presse, je troupe ce principe très inquiétant. 

Même si nous vivons en démocratie, il est de toutes façons dangereux par essence de fonctionner avec une presse subventionnée. Quand bien même les gouvernants seraient transparents, respectueux et exemplaires, il y a quelque chose de vicié dès lors qu'un magazine ou un quotidien devient financièrement dépendant d'un État et donc d'une majorité politique.

La France est un pays étonnant : c'est une nation aux moeurs démocratiques, c'est incontestable, mais elle accepte un grand nombre de mécanismes de fonctionnement qui eux, ne le sont pas.

Certes, Montesquieu fait à très juste titre valoir dans son Esprit des Lois que le moteur du régime républicain, c'est la vertu, et ce bien avant les institutions, il n'en reste pas moins qu'en dénaturant ces dernières, on pousse à l'évidence au vice.

Mon affreux libéral favori * juge notre presse nationale aussi coûteuse qu'affligeante. Je ne suis pas certain de le suivre complètement. Je veux bien lui concéder qu'elle n'est pas fameuse, mais je crains ce qu'il surviendrait si elle disparaissait. D'ores et déjà, on fait l'économie de correcteurs fiables, l'information est de moins en moins vérifiée et de plus en plus relayée. Les portes s'ouvrent en grand pour les rumeurs et une désinformation d'un nouveau genre : au lieu d'être la voix de son maître, elle prospère désormais sur le ruissellement indiscernable des réseaux de toutes sortes.

D'internet peut surgir le meilleur mais aussi le pire. S'il est un phénomène de nature démocratique c'est bien celui-là. Sauf que j'entends pas démocratique exactement le sens celui que les Grecs et particulièrement Aristote lui donnaient.

C'est au Livre VI de sa Politique, particulièrement dans le chapitre 4 qu'Aristote examine les diverses formes de démocratie. Aristote estime que c'est l'égalité entre citoyens qui assure sa forme la plus pure à la démocratie. Mais que ce soit la multitude qui fixe à la place des lois ce qui est bon ou non et la démocratie vire à la tyrannie la plus insidieuse. Une voie royale s'ouvre alors aux démagogques de toutes sortes.

C'est un peu un phénomène similaire que je crains avec Internet. Chaque voix se vaut, mais toutes ne sont pas autorisées de la même manière et c'est celle de la multitude qui finit par l'emporter sur celle de la vérité.

Nos journalistes ne sont peut-être pas extraordinaires, mais, dans leur ensemble, ils respectent  une métholodologie digne de ce nom en contrôlant à peu près l'information brute qu'ils reçoivent.

Les enquêtes cèdent parfois à la facilité mais, quels que soient leur travers, ces derniers seront toujours moindre que ceux de celui qui parle le plus fort.

Je ne suis pas certain que mon affreux libéral favori perçoive bien les conséquences de ce qu'il prône. De fait, il croit en internet comme en la vertu immanente des marchés : selon lui, la qualité s'imposerait spontanément et s'assurerait non moins spontanément un équilibre financier satisfaisant. Comme la main invisible qui régule heureusement les marchés en somme.

En dépit des exemples qu'il donne, notamment américains, je ne crois pas à la chose. La mauvaise herbe chasse la bonne plante, et, même si la plante n'est pas bonne, ce qui vient ensuite est pire.

Voilà qui m'amène dans une déplorable aporie :

- soit l'État aide la presse et il restera un semblant d'analyses et de tris dans la sphère journalistique mais alors la presse n'est plus vraiment libre.

- soit l'État se retire complètement mais, comme la nature a horreur du vide et les fonds d'investissement des activités qui ne sont pas rentables, le journalisme "citoyen" s'engouffre dans la brèche et le règne de l'opinion, su scoop, de la rumeur, vient.

Je me doute que mon affreux libéral favori, et il ne sera pas seul, m'objectera qu'il existe une troisième voie : un modèle économiquement viable. On l'attend toujours.

* Observez que sans avoir pris la peine de chercher un lien ad hoc, je connais tellement bien mon vil exploiteur du peuple, mon koulak électronique (que le Grand Satan Américain, prétendue patrie du capitalisme, l'emporte), que sans même me référer à un billet ad hoc, puisque je parcours et feuillette quotidiennement ses écrits, je suis capable de restituer quasi infailliblement ses positions sur la presse :-)

13:30 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : presse |  Facebook | | |

mardi, 06 novembre 2012

Les 35 heures, un problème ?

J'entends crier haro sur le baudet de toute part dès que l'on évoque les 35 heures (je parle de la durée légale de la semaine de travail). Pour ma part, je n'ai jamais pu me faire une religion sur la question.

Si je juge que cela s'est avéré une erreur dans la fonction publique car cela générait des coûts ou amoindrissait l'efficacité du service public, dans la sphère privée, en revanche, telle que la loi a été appliquée, je n'ai pas constaté que les conséquences de la mesure aient été dévastatrices.

Qui en demande d'ailleurs la suppression ? Certainement pas les patrons et les entrepreneurs. La controverse est devenue exclusivement politique ou presque ce qui revient à dire qu'elle ressort désormais de l'idéologie.

Revenir sur cette durée n'aurait d'autant plus de sens aujourd'hui que l'on ne reviendra pas en revanche sur les rythmes déments qui caractérisent l'existence professionnelle de bien des cadres notamment quand ils sont passés hors-convention.

D'ailleurs, personne ne s'accorde pour chiffrer ni même  mesurer précisément les conséquences exactes de la mesure.

Le mal qui frappe l'économie française est bien antérieur à l'apparition des 35 heures. A vrai dire, quand je discute autour de moi, je ne vois pas qui travaille 35 heures en dehors de la fonction publique ou des entreprises nationales (et encore, pas toutes et pas pour tout le monde). Cette loi est en réalité un leurre qui n'a touché qu'une partie des salariés.

Dernier point enfin, nonobstant les éventuels coûts de la mesure, il faut admettre que de devoir réduire le temps de travail nécessaire pour vivre est dans son principe un progrès.

Tant qu'Adam et Ève ont vécu en Éden ils n'ont pas eu à travailler. Ce n'est qu'une fois chassés qu'ils ont dû gagner leur pain à la sueur de leur front. Alors, tendre vers l'Éden originel, l'Âge d'Or d'un Saturne dont l'étymologie indique largement sa parenté avec notre satiété, quel mal au fond ?

00:15 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 35 heures |  Facebook | | |

mercredi, 24 octobre 2012

L'art de chercher la contrefaçon

Il paraît que la contrefaçon enfle démesurément en France même si les Français commencent à y regarder de plus près quand ils achètent.

Bien sûr, les industriels de toutes sortes glapissent, particulièrement dans le textile. Mais moi, j'observe un petit détail : que trouve-t-on de plus contrefait ? Eh bien ce qu'il y a de plus délocalisé.

Parfois, le pompon, c'est quand de la marchandise de contrebande arrive en France après avoir été fabriqué dans la même usine chinoise que le bien d'origine.

Armor Lux, ce n'est jamais contrefait. Archiduchesse, bleu forêt, Méphisto, Caulaincourt, Repetto, Ad Confection, Tuff's pour en citer quelques uns, non plus. Mais eux, ils produisent en France...

Je ne dis pas que faire local c'est la panacée, mais il est clair qu'en racourcissant les circuits, on complexifie la difficulté pour les faussaires...Ce pourrait être à méditer pour nos experts ès délocalisations qui nous refourguent en France du toc venu du sud ou de l'est...

samedi, 20 octobre 2012

Coca-cola produit en France !

Pour une surprise ça a été une surprise : en lisant le dossier consacré au Made in France dans le magazine du Parisien, hier, j'ai appris que Coca-Cola produisait son coca en France. Quatre usines de coca-cola pour alimenter la marché français.

Voilà qui tombe bien, c'est ma boisson favorite. Moi qui culpabilisais, je peux faire mon diabète tranquille, maintenant.

En fait, je me rends compte que j'étais passé complètement à côté de leur campagne publicitaire en 2009.

Ils avaient fait un slogan du Made in France en choisissant «Made in France. Avec fierté» comme étendard emblématique de la promotion de leur boisson.

Espérons que le Coca-Vanille et le Coca Cherry, mes deux variantes favorites y soient produits aussi.

Je me demande tout de même ce qu'ils peuvent bien fourrer dans leur recette. Je distingue parfaitement le coca de toutes les autres marques de cola et c'est l'original uniquement qui a mes faveurs...

vendredi, 19 octobre 2012

Made in France au Parisien

Je suis allé de ravissements en ravissements en lisant le très bon dossier du Parisien d'aujourd'hui consacré au Made in France.

En fait, pendant une semaine, une journaliste a cherché à n'acheter que des produits made in France. J'ai reconnu parmi les marques qu'elle citait un certain nombre de celles qui ont fait l'objet d'un billet ici, que ce soit les éponges spontex, le papier-toilette lotus, les stylos bic, les machine à laver Brandt ou encore mes fameux jeans girondins Tuff de Florac à 59 euros.

Comme moi, la journaliste s'est rendue à plusieurs reprises chez la Fabrique Hexagonale, l'un des sites de référence que je consulte.

J'ai également eu grand plaisir à lire l'entretien donné par Arnaud Montebourg au Parisien. Il y prône la mise en place un label Made in France, propose de promouvoir celui qui a été créé par Yves Jego, Origine France Garantie, et observe que les États membres sont favorables à l'établissement de labels nationaux pour les lieux de production. Ben, c'est bien mon Nono. Mais là, va falloir en parler à François, parce que maintenant que tu mets les pieds dans le plat européen (bienvenue au club, inscris-toi au MoDem et va tape la discute avec Marielle de Sarnez à ce sujet) tu vas découvrir que c'est la croix et la bannière puisque les États se contorsionnent dans des contradictions pour les moins surprenantes : d'un côté ils passent par-dessus la tête du Parlement pour décider ce qu'il convient de voter et faire appliquer pour l'Europe ou non et de l'autre ils réclament une mesure qu'ils combattent à huis clos. Scizophrènes ? Dédoublements de personnalités morales ? Alllez savoir...

Il faut donc espérer que François (le Président) soutienne sincèrement Nono Montebourg au conseil des États européens pour promouvoir les propositions de François Bayrou (eh oui, nous sommes exactement dans ce qu'il présentait aux Français comme projet pendant les présidentielles).

Pour revenir au Parisien, courez acheter le numéro d'aujourd'hui : précieux documents ! Par exemple, en pages 56  et 57 du dossier  une carte de France des usines françaises qui produisent les achats réalisés par la journaliste testeuse pendant une semaine.

Melclalex a eu l'amabilité de me communiquer l'ouvrage de Montebourg sur la démondialisation. Je vais le lire en entier et en faire une critique sérieuse. Mais comme j'ai déjà feuilleté les premières pages, j'ai vu que Nono Montebourg préconisait à l'Europe de mettre en place un véritable protectionnisme. Si Nono entend par là qu'au sein de l'Europe, sur le marché européen, les règles doivent être les mêmes pour les entreprises qui produisent en Europe et celles qui produisent ailleurs, là, d'accord et c'est d'ailleurs ce que dit Bayrou. Mais s'il s'agit de mettre en place des barrières douanières, alors là, non, parce que nous allons y perdre en exportations et parce que de toutes façons, l'imbrication des différentes industries de tous les pays est telle que nos propres industries ne peuvent se passer de fournisseurs étrangers pour certaines parties de leur production.

Bref, on en rediscutera. Espérons simplement, maintenant qu'il commence à avoir la tête froide, que les projets de Nono Montebourg connaîtront des réalisations concrètes.

Et pour ce qui est d'amener l'Europe à reconnaître les productions nationales, rendez-vous aux européennes de 2014. Je fais toutefois observer à Nono Montebourg que quand je fais valoir ce point de vue, on me qualifie de nationaliste à gauche (mais aussi chez les libéraux, un comble...).

18:25 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : made in france |  Facebook | | |