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mercredi, 10 avril 2013

Qui dit paradis fiscaux dit enfer fiscal...

S'il y a bien quelque chose qui me frappe dans les actualités c'est l'absence de remise en question de notre fiscalité : quand il y a des paradis fiscaux quelque part, c'est forcément qu'il y a un enfer fiscal en contre-partie.

Pourquoi tant d'évasion dans notre pays ? Dans les sommes disparues, il y a certes de l'argent sale (drogue, corruption) mais aussi de l'argent gagné honnêtement.

On ferait mieux de se demander pourquoi elles ne sont pas demeurées en France. Comme le dit joliment mon affreux libéral favoriun évadé de l’enfer fiscal, c’est un type qui se soustrait à cette vengeance collectiviste, qui montre qu’il place sa propriété, son bien, son travail, sa famille, avant la collectivité et refuse le jeu imposé par ces jaloux.

Dans tout marché, quand on crée des rigidités, il s'ensuite par réaction un surcroît de flexibilité ailleurs. C'est vrai sur le marché de l'emploi et particulièrement dans la fonction publique ou des emplois protégés côtoient des emplois ultra-précaires, et c'est vrai aussi dans le domaine de la fiscalité ou des États multi-imposeurs doivent faire face à des places fiscalement libertaires où l'argent se place et s'écoule dans la liberté la plus totale.

Nous vivons dans l'ère du soupçon permanent alimenté largement par quasiment toute la classe politique.

On ne parle que de traquer l'évasion fiscale, d'imposer plus lourdement les "riches", de dévoiler son patrimoine, mais jamais des impôts qui écrasent l'esprit d'entreprise et l'initiative.

A faire du profit, un objectif légitime, un sentiment honteux, on amène évidemment des tactiques d'évitement qui ne sont bonnes pour personne, in fine.

Il y a un modèle dont Bayrou fait très justement l'apologie : celui de la Suisse. Un modèle que nous envions et dont nous laissons souvent entendre pis que mal. C'est pourtant un modèle à la démocratie impeccable et aux structures économiques harmonieuses et diversifiées.

Est-ce un hasard si l'un de nos plus emblématiques entrepreneurs libéraux, Pierre Chappaz, en faisait un éloge appuyé il y a trois mois sur son blogue ? Est-ce un hasard s'il s'y est d'ailleurs installé ? Est-ce un hasard si le code du travail suisse que brandissait François Bayrou il y a peu comptait une centaine de pages contre plusieurs milliers pour le nôtre ?

Il me semble que le Béarnais voit juste, une fois encore, en choisissant ses références avec soin. Nous devrions tourner nos regards de l'autre côté des Alpes et tacher d'y trouver un exemple plutôt que de nous enferrer dans nos méandres planificateurs et interventionnistes.

Pour l'heure, je le redis, pour faire venir des capitaux de manière immédiate, il conviendrait de décréter une amnistie fiscale avec un taux de récupération très bas, de supprimer l'ISF et de le remplacer par une imposition très légère sur le patrimoine, faire redescendre l'impôt sur le revenu à des montants acceptables en commençant par supprimer l'idiote tranche de 75% et repenser dépense publique et fiscalité en supprimant les doublons et les administrations qui ne servent à rien.

15:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : suisse, bayrou, fiscalité |  Facebook | | |

Tiens, y'a le FN petit Suisse ?

On a perdu une occasion de se taire au FN : en attendant le scandale républicain promis par Mediapart, on a déjà un amuse-gueule avec les comptes suisses de Le pen père.

Entre les mauvaises fréquentations de Cahuzac dont le compte a été ouvert par un Gudard et conseiller proche de Marine Le pen, cela commence à faire beaucoup au parti de la vertu.

C'est Aliot ou Philippot, je crois, qui avait évoqué la gauche Caïman ? Et le FN petit Suisse, ils en pensent quoi ?

Il n'en reste pas moins que le déballage actuel frise le ridicule. Tout comme Christine Espert, je juge consternante la course à l'échalotte à laquelle se livrent les élus à l'heure actuelle sur leur patrimoine.

Thierry Robert, élu MoDem de la Réunion, a bien raison de mettre les pieds dans le plat en dénonçant les ponctions monumentales auxquelles se livre l'État, d'abord sarkozyste puis aujourd'hui socialiste. On a jugé extrême sa menace de quitter la France, certains s'en sont offusqués, mais la réalité, c'est qu'il y a une chasse à la richesse complètement ridicule à laquelle se livre toute la classe politique (y compris le FN avec sa dénonciation de la finance) dont les effets sont dévastateurs.

J'ose espérer que le MoDem va se tenir éloigné contre vents et marées de ce populisme-là même si j'entends souvent des voix au sein de mon parti que cette facilité tente.

09:30 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fn, modem, le pen |  Facebook | | |

samedi, 06 avril 2013

Amnistie fiscale, on crache sur 5 à 10 milliards ?

Tant qu'un gouvernement idéologique dirigera la France, notre pays ne parviendra pas à sortir de la nasse.

Vingt députés UMP ont la judicieuse idée de proposer une loi d'amnistie fiscale dont la teneur est à peu près la suivante : contre une taxe de 5%, amnistie pour tous ceux qui rapatrient leurs fonds ou revenus évadés.

Ce n'est qu'une cautère sur la plaie, bien sûr, parce que beaucoup de ces fonds sont partis en raison des sommets monumentaux atteints par les impositions de toutes sortes en France, mais enfin, on peut raisonnablement imaginer qu'une grande part d'entre eux reviendraient avec un tel projet.

Les titres imbéciles de la presse, d'autant plus bien-pensante que l'affaire Cahuzac est passée par là, voient dans cette proposition un projet tout à fait décalé, désormais.

La France a besoin  d'argent. Nous sommes archi-déficitaires. Quand Berlmusconi a fait un choix similiaire, c'étaient plus de 100 milliards d'euros qui étaient revenus en Italie avec pour résultat 5.4 milliards de recettes fiscales supplémentaires immédiates, sans compter les suivantes (l'argent une fois revenu produit des impôts !).

Personnellement, 5%, je pense que c'est trop (Berlusconi était monté à 7% finalement). Si on veut être attractif, il faut s'en tenir à 3% maxi, et, idéalement, revoir le montant et la nature de certains impôts dont les montants sont bien trop élevés (taxe à 75%, droits sur cession de PME, ISF, successions entre autres mais pas seulement).

Je n'ai pas les compétences mathématiques, juridiques et économiques suffisantes pour estimer ce que nous rapporterait une telle loi, mais je suis certain d'une chose : cela se compterait en milliards sans compter les effets de ruissellement ultérieurs.

Dino Cinieri a vu particulièrement juste en assortissant son texte d'une proposition supplémentaire afin de garantir une franchise d'impôts sur les capitaux s'investissent dans la création ou la reprise d'une entreprise.

C'est une idée intelligente mais je parie cent contre un que les Socialistes ne l'appliqueront pas...

dimanche, 31 mars 2013

Casse du siècle à Chypre

J'avoue être stupéfait parce qu'il se produit à Chypre et ce dans l'indifférence générale, au moins dans la presse.

Les comptes crédités de plus de 100 000 euros vont être taxés à 60%.  Tous ceux qui avaient mis de l'argent de côté pour leurs vieux jours vont se trouver à la rue.

Et il y a eu tout de même un imbécile fini au plus haut sommet de l'Europe pour expliquer que le plan de Chypre pouvait servir de modèle au reste de l'Europe. Quand on songe que Jeroen Dijsselbloem est le président de l'Eurogroupe, on demeure rêveur.

Il n'y aurait donc qu'en Suisse que les capitaux seraient en sécurité ? Pire : faut-il penser qu'il n'y a de sûrteté pour les dépôts qu'en dehors de la zone euro ?

Voilà le message. Imbécile !

Le pire c'est que l'Europe a prouvé également que sa parole n'était pas fiable puisqu'elle avait assuré garantir les dépôts jusqu'à 100 000 euros et que finalement il n'en est rien.

Dernier point, enfin, on ignore qui a pris la décision et il n'y a personne pour l'expliquer.

Ce qui m'agace singuluèrement dans cette histoire c'est l'hypocrisie médiatique et l'absence totale de pédagogie pour expliquer le phénomène en cours à Chypre.

Les moralistes de tout poil s'en donnent à coeur joie en expliquant que Chypre paie l'accroissement exponentiel de son secteur bancaire et ses pratiques en terme d'accueil de fons douteux sinon obscurs.

Rien n'est plus faux. Cela n'a rien à voir et c'est un mensonge pur et simple. Les banques chypriotes paient leur exposition à la dette grecque.

Il eût été plus pédagogique au niveau de l'Europe de traiter directement avec les banques chypriotes car ce sont elles qui ont besoin d'argent.

Les États européens acceptaient de prêter de l'argent aux banques chypriotes mais les laissaient se débrouiller pour couvrir leurs pertes.

En instaurant une taxe de 60% sur les dépôts, l'État chypriote et l'Europe se donnent tous les torts au lieu de laisser les banques face à leurs responsabilités.

En somme, on pouvait obtenir le même résultat, sauver les petits épargnants, sans passer pour des voleurs.

Toute cette histoire est navrante...

mercredi, 20 mars 2013

Chypre : quoi de plus mortel que les déficits et la dette ?

Franchement, si l'État chypriote n'avait conduit à la faillite son budget, l'île d'Aphrodite aurait pu envoyer ch... la BCE et les menaces de toutes sortes venues du reste de l'Europe.

Quand on commence à dépendre des autres pour son financement, on est foutu. Ce n'est pas une question d 'Europe ou pas Europe, fiston...

Un petit rappel à ce sujet : 66% de la dette française est désormais entre les mains d'étrangers. Un petit cours de géographie ? Tous les pays qui explosent entourent la France : Espagne, Portugal, Grèce, Irlande, Islande (mais ils s'en sont bien sortis), Italie en difficulté, Chypre...

Que croient les Français : que ça va faire comme le nuage de Tchernobyl en 1986 ? En théorie, le nuage s'était pile arrêté aux frontières exactes de la France. Faut pas chercher à comprendre l'explosion progressive des cancers depuis...

La France est dans un sale état : en déficit primaire, c'est à dire que hors emprunt, nous continuons d'être en déficit ! Une classe politique irresponsable à la notable exception de Bayrou. Pas de chance, il n'est pas au pouvoir. Une industrie tellement en berne que les recettes venues de la TVA sont en baisse de plus de trois milliards d'euros pour l'année 2012. Un gouvernement dépourvu de la moindre imagination et plombé par les promesses d'un certain candidat Hollande il y a 9 mois. Je continue ?

Après la démission de Cahuzac, il y a eu au moins une bonne nouvelle : plus de ministère de la formation professionnelle. C'est toujours cela d'économisé. On pourrait à mon avis supprimer les deux tiers des ministères en France sans que les Français ne se rendent compte de quoi ce que ce soit. Et avec un bon gros ménage dans les administrations, même tarif.

Il y avait des centristes, me semble-t-il, à Chypre. Un petit parti qui faisait parti du PDE et donc de l'ADLE. Pour autant que je m'en souvienne, ils n'ont plus d'élus nulle part depuis belle lurette. 

Avec ce qu'il me reste de grec moderne, et l'aide de google translate, j'avais à peu près réussi à traduire leur programme, et, me semble-t-il, j'ai souvenir qu'il y avait un chapitre de taille non-négligeable sur l'importance pour Chypre de vivre avec un budget équilibré et sans déficits.

Au fond, les électeurs finissent toujours par récolter ce qu'ils sèment. Bien fait pour leur g... Certes, beaucoup de politiques mentent, mais les Français le savent et ils continuent à voter pour eux.

A côté de cela, personne ne peut traiter Bayrou de menteur ou de démagogue. On lui reconnaît de l'honnêteté, mais en France, cela passe pour une marque de naïveté même si une partie de la sphère intellectuelle la respecte relativement, quoique d'un oeil attristé.

Je pense que les Socialistes vont vraiment tout faire pour tenter d'en finir avec nos déficits, mais ils vont le payer cash électoralement parce que cette volonté va aller à l'encontre de leurs promesses. De plus, on voit que leur programme pour y parvenir ne repose que sur la fabrication de nouvelles taxes même si des lettres de cadrage commencent à toucher les ministères.

Restent les prestations sociales qui vont commencer à souffrir : une part des allocations familiales sont sur la sellette. Sur le fond, je ne suis pas contre la mesure, mais je trouve les revenus planchers pour appliquer la mesure bien trop bas (4500 euros par mois pour un couple, moi, je n'appelle pas cela une foyer aisé) , primo, et, secundo, il faudrait que la mesure soit dégressive avec une progressivité bien étalée.

A plus de 100 000 euros de revenus par an, je pense qu'on peut en effet réduire considérablement les allocations familiales. A ce niveau-là, je ne dis pas que le foyer fiscal concerné s'en fout de 200 euros de plus ou de moins par mois mais quasiment.

Les Socialistes s'y sont pris une fois de plus comme de manches, imprégnés de leurs préjugés marxistes qu'ils sont. Plutôt que de dire bêtement que les plus aisés doivent payer, ils auraient mieux fait de faire valoir qu'à un certain niveau de revenus, pour certains foyers, ce sont des montants insignifiants. 

Le problème, avec eux, c'est que tout est de ce tonneau. Ils ne sont jamais capables de considérer une réforme sans passer par le prisme de leur idéologie de fond. C'est bien pour cette raison qu'ils ne parviennent pas à alimenter une politique amicale pour les entreprises, ne raisonnant qu'en termes de crédits plutôt que de création de richesses et d'environnement.

23:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chypre, dette, bayrou, socialistes |  Facebook | | |

jeudi, 14 mars 2013

Choix budgétaires : les Socialistes au bord du gouffre

Pendant la campagne présidentielle le magazine Le point avait accordé en une à François Bayrou le titre de prophète. Ce dernier avait averti que la Grèce n'était pas si loin de la France. Nous y sommes. Bayrou n'a pas gagné les élections parce qu'on ne veut jamais admettres les prophéties des devins. Ni Oedipe ni Créon n'ont voulu croire Tirésias ni les Troyens n'ont  voulu croire Cassandre qu'ils prenaient pour une folle ni Sodome n'a écouté Abraham venu l'avertir de ses péchés. Tous ont payé cher leur aveuglement.

Les Français qui ont cru aux promesses des Socialistes (mais aussi à celles de l'UMP) vont désormais le payer cash.

Notre Défense va subir un désastre renvoyant plusieurs de nos défaites militaires à des feux de paille : une apocalypse budgétaire.

Les pacifistes soufflent déjà en poussant un "ouf" sans imaginer que nul ne viendra les sauver quand ils viendront faire du bobo-tourisme dans des pays instables.

Mais la Défense, si j'en crois les projections du Canard Enchaîné ne va pas être la seule à morfler sévèrement : il y a des sueurs froides à Bercy car on y est contraint d'admettre qu'il va falloir toucher aux prestations sociales des Français. Sans parler des tiroirs qu'il va falloir râcler partout ailleurs. Sauf que, cette fois, les économies sur les gommes, cela ne va pas suffire...

Il serait très sage d'abandonner immédiatement les 60 000 postes de l'Éducation Nationale et de se contenter, disons, de 20 000 au plus (tiens, c'est ce que prévoyait Bayrou, au fait...). Il faut mettre fin à tous les comités Théodule. Il n'est pas supportable que des experts inutiles en tout genre continuent à s'engraisser sur le dos de la fiscalité française pendant que notre armée, notre école et les Français les plus modestes vont devoir souffrir.

2014 va être une année terrible. Les Socialistes savent qu'ils n'ont pas le choix. J'invite depuis longtemps le MoDem à se désolidariser de la gauche parce que nous ne devons pas nous allier avec des gens qui mentent sciemment et promettent n'importe quoi aux Français pour se faire élire.

«Quitte à déranger, il faut dire la vérité» écrit Bayrou dans son dernier ouvrage, De la vérité en politique  et il cite alors Jean Peyrelevade : «Quand on ne dit pas la vérité, on peut être élu, mais on ne peut pas gouverner».

Exactement.

10:27 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gauche, budget, déficit |  Facebook | | |

mercredi, 13 mars 2013

Réduction de la dépense publique : mauvaise méthode

J'ai pris connaissance des intentions de Cahuzac et Ayrault : ils veulent réduire les dépenses publiques de 5 milliards d'euros l'an prochain et préparent une lettre de cadrage à destination de tous les ministères sans exception aucune.

Je pense que c'est une erreur que de vouloir réduire la dépense publique par saupoudrage. Cela aboutit à affaiblir tous les services de l'État en même temps. 

Il vaut mieux, me semble-t-il, réfléchir à ce qui est prioritaire ou non, c'est à dire redéfinir les missions de l'État. C'est la méthode choisie par mon très cher Tovaritch Hashtable qui fait un petit tour d'horizon des organismes et comités Théodule dont personne ne constaterait seulement la disparition si on leur appliquait le Rasoir d'Ockam.

Je ne résiste pas à la joie de citer ce vil suppôt du capitalisme libéral dans le texte : 

La réalité, c’est que certains services publics pourraient être purement et simplement stoppés sans que personne ne s’en rende compte. Qui pleurera vraiment la suppression du Comité Economique, Social et Environnemental ? Qui sera même au courant de la disparition du Conseil d’analyse de la société, de celui d’orientation pour l’emploi, du Haut Conseil d’intégration, et j’en passe ?

Pas mieux évidemment de mon côté. Mais à vrai dire, si les Socialistes commençaient par renoncer à leurs promesses absurdes ils s'épargneraient bien des capillo-tractages.

Par exemple : 60 000 postes dans l'Éducation Nationale. Pour quoi faire ? Je ne crois pas au saupoudrage. Mieux vaut intervenir sur des difficultés ponctuelles et identifiées que de coller des enseignants en plus partout.

Hollande est triste , et de plus en plus au fil des mois. Les Français ne lui font plus confiance. On va me dire que je radote, mais franchement, je continue de regretter que Bayrou n'ait pas été reconnu à sa juste valeur. Il a été le seul à avoir bâti un programme sur des projections réalistes. Les autres, Socialistes en tête, savaient parfaitement qu'ils mentaient. Ils préféraient collecter les voix plutôt que de devoir choisir de dire la vérité.

Justement, à ce sujet, le livre de Bayrou De la vérité en politique devrait bientôt arriver sur les présentoirs des librairies. Livraison prévue à partir du 14 mars. Je ne manquerai pas d'en rendre compte ici.

00:02 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : déficits |  Facebook | | |

jeudi, 28 février 2013

Étiquetage : tant pis si on est les seuls à le faire !

J'ai tout simplement adoré cette observation de Bayrou à propos de l'étiquetage des produits alimentaires :

« Il est donc urgent de reconstruire au plus vite la confiance des consommateurs, par un renforcement de l'étiquetage et une meilleure identification des produits vendus. Si les autres pays européens ne veulent pas suivre, nous devons commencer seuls. Il n’y a aucune raison que la France ne puisse pas être à l’avant-garde, en se mettant d’accord avec ses producteurs et ses circuits de commercialisation. »

C'est exactement ce que je pense. Envoyons chier Bruxelles et ses bureaucrates que je ne supporte quasiment plus. La bureaucratie européenne et ses diverses commissions, pour moi, c'est l'anti-parlement européen, l'anti-démocratie, au final, l'anti-Europe.

Je pense comme Bayrou : on va le faire tout seuls, et, vous savez ce qui se passera après ? Il y aura tellement de scandales alimentaires et sanitaires ailleurs que nous vendrons nos produits comme des petits pains parce que le monde entier saura que ce sont les seuls qui sont fiables.

800 euros pour vivre ?

J'ai essayé de suivre au fil du temps le sort des licenciés de l'usine Continental qui ferma ses portes en 2009 et il se trouve que j'ai entendu avant-hier un témoignage aussi triste qu'édifiant.

La moitié des ouvriers de Continental n'ont pas retrouvé d'emploi, et, arrivés à la fin de leurs indemnités, ils sont désormais dans la misère. Une mère de famille témoignait ainsi de sa situation : avec des enfants, elle ne touchait plus que 800 euros par mois auxquels il fallait retirer 500 euros pour le loyer de son habitation.

Je vous demande, franchement, comment on peut vivre à 300 euros par mois, a fortiori quand on n'est pas seul. En fait, je me le demande aussi. Je suppose que cette femme doit recevoir quelques aides supplémentaires, compte-tenu de sa situation plus que précaire, et puis, très probablement, des solidarités familiales ou amicales doivent jouer également.

La précarité est un poison terrible pour notre société. Cette ancienne ouvrière confiait à la journaliste qui l'interogeait voguer d'interim en interim avec parfois des périodes où il n'y avait aucune proposition d'emploi.

De ce point de vue, j'ai une divergence assez profonde avec mes amis libéraux : je me défie fortement de toute forme de dérégulation de l'emploi. Je trouve, sur ce point, que Bayrou pendant la campagne de 2012 a eu le mérite d'aller à contre-courant en faisant valoir que chercher à concurrencer la main d'oeuvre à bas coût n'était pas une option inévitable.

On ne peut pas demander aux travailleurs de perdre sur tous les tableaux : exiger à la fois mobilité, insécurité et perte de pouvoir d'achat, ce n'est pas acceptable.

Il n'y a pas d'ouvriers  ni de précaires parmi ceux qui réclament la dérégulation du marché du travail.

Je crois qu'on peut être souple avec les très petites entreprises,  dont les effectifs ne dépassent pas 5 à 10 personnes parce que de petits entrepreneurs peuvent avoir besoin d'une certaine flexibilité pour démarrer. Mais au-delà d'un certain cap, tout travailleur devrait pouvoir disposer de garanties solides.

Je pense vraiment que la relance de l'emploi en France ne se fera pas en permettant aux entreprises de licencier du jour au lendemain au gré des humeurs du DRH.

En revanche, baisser les charges, faire disparaître les contraintes administratives de toutes sortes, cela, oui, je le crois, peut contribuer à avoir un impact significatif.

En attendant l'emploi précaire flirte avec les 12% depuis une dizaines d'années maintenant et je ne vois pour l'instant pas d'issue.

Peut-être existe-t-il des astuces : Arnaud Chéron, Directeur de recherche à l'EDHEC propose un deal pour relancer l'emploi des Seniors : réduire la durée de leur indemnisation de 36 à 24 mois et en contrepartie, une suppression des cotisations salariales et patronales pour ces mêmes seniors quand ils sont embauchés. Il estime à 200 000 le nombre d'emplois ainsi créés dans cette catégorie d'âge et dans le même temps, à 3 milliards d'euros les économies réalisées pour l'Assurance-chômage.

Je n'aime pas l'idée de créer toujours plus d"insécurité pour des chômeurs en période de crise, car, réduire leur durée d'indemnistation, au final, cela revient à ça ;  l'idée de cet universitaire mériterait d'être testée sur une durée limitée afin de vérifier si elle marche mais, personnellement, ce qui m'agace, c'est de lire ce genre de choses :

Réduire de 36 à 24 mois la durée maximale d’indemnisation chômage conduit à diminuer l’espérance de revenu au chômage d’un travailleur. Ceci a principalement deux incidences : (i) une incitation à une recherche d’emploi plus intense pour les chômeurs, afin de se préserver d’une perte de revenu qu’induirait le basculement dans le régime de solidarité, et (ii) une incitation pour les employés à accepter plus facilement des modérations salariales, le point de repli en cas de perte d’emploi se trouvant relativement moins avantageux. Il en résulte donc à la fois une stimulation de l’offre et de la demande de travail qui devrait s’avérer favorable à l’emploi.

Je résume : un bon coup de schlague pour pousser ces fainéants à rechercher plus activement un emploi et leur couper le robinet pour les amener à accepter de manger de la m... Quand on me dit qu'on veut tenter un basculement pour inciter les entreprises à recruter des seniors, ça, j'aime bien, mais quand on finit par dévoiler son jeu avec des sous-entendus au fond très explicites, j'aime déjà moins. Est-ce que Monsieur Chéron accepterait de s'appliquer à lui-même la réforme qu'il prône ?

L'inconvénient, c'est que ce genre de théories est presque toujours élaboré par des individus qui ne risquent pas d'en subir le contre-coup. Pas de prises de risques pour eux, juste pour les employés, les précaires et les ouvriers...

Il y a des formules mathématiques complexes dans le document d'Arnaud Chéron. Personnellement, je m'en tiens aux soustractions simples : 36 - 24 = 12 soit 12 mois d'indemnisation chômage en moins et mon ancien salaire - x est forcément plus bas que mon ancien salaire, ce que notre économiste appelle la modération salariale.

00:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : travail, emploi, seniors |  Facebook | | |

samedi, 23 février 2013

Que faire face au pétrole ?

Je vois avec inquiétude la multiplication de gisements de gaz de schiste se produire un peu partout dans le monde. En résolvant - temporairement - le problème de l'énergie chère elle empêche la recherche sur les énergies renouvelables de progresser. 

Plus inquiétant : elle va générer de la croissance dans les pays qui exploiteront ces gisements, et, ce-faisant, la tentation deviendra très forte pour les paysà l'économie en berne qui disposent de ressources mais veulent lutter contre la pollution et les dégradations environnementales.

Je n'aime pas les taxes excessives, mais au fond, le principe de la taxe carbone n'est pas idiot : il est difficile d'estimer les dommages que le pétrole cause à la santé (gaz d'échappements) et à l'environnement, mais je crois qu'il faudrait repartir sur cette base et envisager des taxations en conséquences sur le principe de qui dégrade paie. A ce stade, il ne s'agit pas vraiment d'une taxe mais plutôt d'une réparation.

Toute la difficulté, avec une telle taxe, c'est qu'elle risque de provoquer de très méchants surcoûts, pour le producteur dans un premier temps, puis le consommateur dans un second temps. On n'arrive, pas, pour l'instant, à mettre en place des énergies renouvelables sans devoir faire exploser les coûts de l'énergie conventionnelle afin de les rendre "concurrentielles". 

Tant que les énergies salissantes et non-renouvelables ne causeront pas des dommages visibles, conséquents et continus, aucun pays n'envisagera de changer de logiciel d'autant que les solutions alternatives ne sont pour l'instant pas suffisantes pour alimenter la croissance de notre économie telle qu'elle fonctionne.

Il faut bien songer qu'un changement d'énergie implique non seulement le renouvellement de tout un parc d'appareils mais aussi la transformation et/ou la création de tout un réseau de distribution.

Il est vrai que j'ai dit beaucoup de mal d'Autolib sur ce blogue, mais l'idée de s'en servir comme tremplin pour disposer désormais d'un réseau de distribution d'énergie, et, du coup, de pouvoir enfin commercialiser l'automobile électrique est astucieuse. C'est le calcul de Bolloré, à ce que j'ai compris, qui espère enfin pouvoir rendre rentable une division de son activité qui pour l'instant lui coûte 200 millions d'euros par an.

Ces véhicules électriques polluent à l'évidence lors de leur conception et dans le futur lorsqu'il faudra les recycler, mais,  dans leur fonctionnement quotidien, ils sont à l'évidence bien moins nocifs que les engins à hydrocarbures.

Cela va être très difficile de parvenir à poursuivre dans une voie de moins en moins rentable au niveau européen. L'espoir est dans la recherche et l'adaptation de ce qui existe, mais le chemin est long et tortueux...

18:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : pétrole |  Facebook | | |