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vendredi, 22 novembre 2013

Marielle de Sarnez met en garde contre la viande avariée canadienne

On va me dire que j'exagère à parler de viande avariée à propos du porc et du boeuf canadiens, mais je prends très au sérieux l'avertissement de Marielle dans sa dernière lettre.

Je vais être lapidaire : l'Europe échange du vin et des fromages contre du porc et du boeuf. Donnant-donnant, on peut exporter là-bas, le Canada peut en faire autant chez nous. Le libre-échange, j'y suis favorable, mais avec les mêmes normes sanitaires !

La Commission a donc négocié un accord avec les Canadiens, mais au nom de l'UE toute entière. On en revient toujours au même problème de fond : Marielle dit souvent, à juste titre, que l'on ne peut construire l'Europe sans ou contre ses peuples. Et là, on a une sorte de gouvernement out of control qui prend des décisions très importantes sans nous en aviser ni nous consulter.

Heureusement, ce n'est pas encore cuit et Marielle rappelle que non seulement le Parlement européen devra ratifier cet accord, mais également l'Assemblée Nationale.

Et là, on a intérêt à être très vigilants : quand j'achète de la viande chez le boucher, je peux avoir des certitudes sur son origine, mais dès qu'il s'agit de conserves, il n'y a plus aucune sécurité. Je n'ai pas vraiment envie de bouffer à mon insu du veau aux hormones gavé aux OGM.

Alors, évidemment, il est content, Peters ! Peters, c'est un conseiller de Barroso. Il trouve merveilleux notre accord de libre-échange avec le Canada. Il oublie juste de nous préciser quelques petits détails...Heureusement, il y en a pour veiller au grain (merci Marielle).

Cela dit, sur le fond, je ne suis pas contre des accords avec le Canada : nous avons une protection sociale, des salaires et des valeurs à peu près similaires. Mais je demande à ce que l'on regarde de près ce qu'ils contiennent et que l'on rejette, au cas par cas, ce qui n'est pas acceptable pour notre santé.

Nicole Bricq s'est engagée à obtenir des garanties sur la viande, très bien, on jugera sur pièces. Je vais juste observer ce qu'a finement remarqué Marielle de Sarnez : Si l’UE a obtenu comme garantie que la viande bovine et porcine canadienne soit exempte d’OGM, sur des volumes aussi importants cela sera presque impossible à contrôler. Eh oui. C'est bien mon avis aussi...

17:55 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : canada, ue, viande, accord, sarnez |  Facebook | | |

vendredi, 25 octobre 2013

Les clubs de foot sont aussi des PME pour Marielle de Sarnez

J'ai trouvé intéressant le raisonnement de Marielle de Sarnez à propos de la taxe de 75% sur les hauts salaires dans les clubs de football : elle était invitée par Laurence Ferrari sur i-télé et, questionnée sur la grève prévue par les clubs de la LFP le 30 novembre prochain, a précisé qu'elle comprenait l'appel avec l'argument de bon sens suivant :

Si l'on excepte le PSG avec ses sponsors quataris et Monaco qui n'est pas soumis au régime fiscal français, les autres clubs français sont en réalité des PME et pas autre chose.

Il suffit de les comparer à n'importe quelle autre PME d'effectifs comparables et de chiffre d'affaire équivalent pour le comprendre. Simplement, les clubs de football ont une spécificité : le coeur de leur activité, et donc leur principal actif, est investi dans l'humain. Leur valeur tient en grande partie à celle de leur joueur, et par suite, aux salaires qu'ils leur versent. D'un certaine manière, frapper les hauts salaires des joueurs c'est attaquer les clubs de football français au coeur de leur activité d'autant qu'aucun autre pays européen ne procède ainsi. Hollande crée donc un désavantage concurrentiel dans un secteur qui n'en a vraiment pas besoin, le foot français étant déjà soumis à des exigences assez strictes.

De manière plus générale, la taxe à 75% est de toutes façons une spoliation et je juge son principe détestable. Mais François Hollande, en la justifiant par le désir de soumettre tout le monde à la loi commune, montre sa méconnaissance inquiétante du tissu économique sportif.

Comme le dit très justement Marielle de Sarnez dans l'entretien que je cite, on pouvait penser que François Hollande était un gage de sérieux sur la fiscalité puisqu'il avait affirmé avoir travaillé cet aspect de la politique économique plus que tout autre avant les présidentielles. Je l'ai cru aussi à vrai dire. Quelle erreur ! Je ne sais pas qui inspire sa ligne fiscale, mais c'est une vraie catastrophe. En fait, il n'y a pas de ligne, mais des coups de massue aveugles tapant aussi au coeur des portefeuilles des modestes et défaisant le tissu de notre économie.

Si les Socialistes en arrivant au pouvoir avait compris qu'une politique de la demande était un suicide pur et simple, il n'ont toujours pas compris ce qu'est une politique de l'offre. Il ne suffit pas de ne pas faire une relance par la demande pour faire une relance par l'offre. C'est très exactement la différence principale entre ce que propose François Bayrou et ce que proposait François Hollande ou même l'UMP dépensant à l'aveuglette pendant la crise financière de 2008 à 2010.

Je voudrais ajouter quelque chose à propos de i-télé : Marielle de Sarnez dit des choses vraiment intéressantes sur l'économie, mais ces incapables ne s'en tiennent qu'à la politique politicienne en ne titrant que sur le rassemblement MoDem-UDI. Il y aurait pu y avoir matériau à débat sur le statut des clubs de football comme PME mais ces journalistes se sont bien gardés de s'engager sur cette voie. 

On accuse les politiques de ne pas s'intéresser aux choses concrètes mais dès qu'ils le font, ils ne sont plus relayés. En revanche, pour ce qui est de diffuser les petites histoires à deux balles, là, il y a du monde. Ça m'énerve passablement. Marielle de Sarnez disait plein d'autres choses fort pertinentes mais évidemment, en face, on n'a pas relevé. On a privilégié la facilité, peut-être aussi au niveau de l'intellect d'interlocuteurs médiatiques qui se confondent de plus en plus avec les paillettes et le monde du spectacle : tout dans l'apparence, rien sur le fond.

mardi, 22 octobre 2013

100 000 logements à Paris ! Merci qui ? Merci Marielle (de Sarnez) !

Sur le moment, je me suis inquiété de ne voir que le Parisien évoquer le plan Marshall pour le logement de Marielle de Sarnez. Je me suis dit : m... ou quoi ? Dès qu'une personnalité politique aborde un sujet sérieux avec des propositions très concrètes, la presse ne relaie plus. Il n'y a que histoires à deux balles et le sensationnalisme ou quoi qui l'intéresse ? Et puis aujourd'hui et dans les moteurs de recherche, le Parisien se contente de titrer sur sa page de garde qu'elle se rapproche de NKM sans le dire. Information (spéculation ?) passionnante, n'est-ce pas ?

Heureusement, ce matin, plusieurs organes de presse se sont tout de même rattrapés : Le Point, 20Minutes, Metronews, il y en a tout de même quelques uns qui réagissent. C'est fou, tout de même, ce que l'on a du mal à intéresser la sphère médiatique avec des sujets sérieux. Au fil du temps, elle se confond de plus en plus avec le monde du spectacle.

Quant à votre serviteur eh bien il suffisait de l'avoir lu en juin puis en août pour avoir déjà un certain nombre d'informations en avant-première :-)

Marielle récapitule ses principales mesures sur son site de campagne mais le projet complet figure sinon sur le site du Mouvement Démocrate.

Le principal défi c'est évidemment de libérer du terrain pour construire du foncier. Marielle a donc mis en avant trois mesure phare pour tenter de le relever :

- récupérer des hectares qui ne sont pas exploités : couverture du périphérique, couverture des gares là où c'est possible, en particulier. L'idée de couvrir le périphérique pour bâtir est à mon avis apparu à la suite des propositions des libéraux puis du MoDem pour éviter un sort funeste aux Serres d'Auteuil : étendre les courts de tennis sur l'A13 au lieu de saccager les serres. On comprend que les Socialistes n'aient pu avoir une telle idée puisqu'ils ont depuis le début refusé catégoriquement son application pour simplement des terrains dédiés au sport (leur acharnement semble hélas porter ses fruits). Une couverture du périphérique offrirait quelques autres avantages : là où elle réalisera les riverains gagneront en confort de vie (plus de bruit, moins de pollution) et une barrière artificielle entre Paris et la petite couronne tombera (préfigurant de facto le Grand Paris à venir).

- optimiser le foncier : c'est toujours amusant de comparer les méthodes. Côté Hidalgo-Delanoë, on essaie de passer en force depuis plusieurs années pour imposer de gigantesques tours aux portes de Paris. Même si à titre personnel, je ne trouvais pas moche le projet architectural, le principe immobilier et foncier est lui mauvais. Il est évident que l'on crée un ogre énergétique amenant de surcroît du froid, des rafales de vent et de l'ombre à tout son environnement immédiat. Marielle a elle une idée bien plus simple : autoriser les co-propriétés partout où c'est possible à se surélever (immeubles de petite hauteur seulement) et bâtir au-dessus des bâtiments logistiques (entrepôts entre autres, administrations publiques).

- transformer l'existant : il existe par exemple 700 000m2 de bureaux vacants qui ne trouvent pas preneurs en raison de leur vétusté. Peu le savent et pourtant il y a là une mine d'accession au logement pour les classes moyennes. Il y aura en outre des préemptions pour mieux répartir le logement social.

Il existe d'autres mesures dans le projet de Marielle de Sarnez, mais je note la place particulière qu'elle accorde aux familles et aux classes moyennes puisque d'une part, elle entend privilégier les trois pièces et plus pour les nouvelles constructions et favoriser les investisseurs institutionnels, bailleurs offrant généralement plus de garanties de stabilité que les particuliers.

Les commissions du MoDem ont bien travaillé, au moins sur ce sujet, en tout cas. J'invite les lecteurs intéressés à prendre connaissance de la totalité du projet.

10:15 Publié dans Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : logement, sarnez, modem |  Facebook | | |

dimanche, 18 août 2013

Quel espoir pour les femmes de ménage ?

S'il y a bien une profession dont l'exercice entraîne de très sérieux troubles de santé, notamment musculo-squelettiques, c'est bien celle de technicienne de surface, plus communément appelée "femme de ménage".

Si l'électro-ménager a connu un fort essor au XXème siècle, il souffre, me semble-t-il, d'un fort déficit d'investissement pour tout ce qui concerne son ergonomie. Les principales marques se concentrent exclusivement sur les économies d'énergie et le bruit.

C'est peut-être qu'il y a dans cette profession un nouveau prolétariat précaire taillable et corvéable à merci dont la santé, au final, indiffère à tous, sociétés de services ou employeurs particuliers.

Rien ne permet d'éviter de se tenir debout, de piétiner, de se pencher à peu près constamment quand il faut entretenir un local sauf s'il a été prévu pour faire l'objet d'un nettoyage facile.

On voit bien comment les métiers du nettoyage sont méprisés et sous-évalués, au fond, en dépit de leur utilité, peut-être parce qu'ils ne dégagent aucune plus-value visibles. Et pourtant, ils servent dans des proportions incomparables la qualité du cadre de vie et même la santé publique puisqu'ils participent d'une nécessaire hygiène.

Il reste à espérer qu'un jour un inventeur de génie et un entrepreneur intuitif se saisissent d'une possible mine d'or dans ce secteur et y fassent une entrée fracassante en révolutionnant l'ergonomie des taches de toute la profession.

Il est certainement aussi du devoir de l'État de créer un cadre législatif adapté pour donner à ces professions un meilleur statut et une meilleure reconnaissance.

13:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : femmes de ménage |  Facebook | | |

dimanche, 21 juillet 2013

Choc de simplification : une bonne mesure

Il paraît qu'il y a 200 propositions dans le choc de simplification souhaité par François Hollande. Honnêtement, je n'ai pas tout lu. Je ne crois plus depuis longtemps aux usines à gaz et je vois que chaque volonté réformatrice se traduit à tous les coups par des lignes de code supplémentaires dans notre droit.

Il y a pourtant une mesure que j'agrée pleinement : l'application à l'administration de ce vieux dicton qui affirme que «qui ne dit mot consent» ; en clair, lorsqu'il faudra demander une autorisation administrative, passé un certain délai, l'absence de réponse vaudra autorisation.

Bayrou proposait déjà une telle mesure dans son programme de 2012. Évidemment, ce qu'il faut connaître pour juger, ce sont les conditions d'application. Elles doivent être larges pour que cette simplification ait un sens.

J'ai cru comprendre que la carte d'identité serait valable 15 ans désormais, y compris pour celles qui sont déjà en circulation. Les actes administratifs en ligne seront aussi multipliés. Tant mieux, c'est bien pratique.

Dans la même veine, je n'ai pas d'actions à La Poste, mais j'en profite pour faire savoir qu'on peut envoyer une lettre recommandée en ligne, et ça, c'est tout simplement super-pratique.

Si nous sommes assez loin d'un choc en termes de simplification, il y a tout de même un soubresaut ; espérons qu'il s'en ensuivra d'autres.

vendredi, 19 juillet 2013

Trop d'impôts tue l'impôt

Les Socialistes découvrent la courbe de Laffer. Laffer est un économiste dont on cite souvent le nom en raison de ses travaux sur l'allergie fiscale, mais dont on omet souvent de préciser qu'il appartient à l'école libérale. Au demeurant, Jean-Baptiste Say avait déjà théorisé que l'assiette de l'impôt serait écrasée par une fiscalité excessive au point d'en réduire le revenu.

C'est très exactement ce qu'il se produit avec les services à la personne en dépit des nombreuses mises en garde préalable. En voulant faire le ménage dans les fameuses niches fiscales, les Socialistes ont ouvert la boîte de Pandore.

Le manque à gagner est considérable en termes de recettes sur les charges sociales et patronales et se compte en milliards d'euros au grand dam d'Ayrault et de Moscovici.

Bien évidemment, de nombreux Français qui engageaient des aides à domicile ont préféré cesser de déclarer quand il a fallu appliquer la réforme engagée par Nicolas Sarkozy puis continuée par François Hollande.

En contraignant les employeurs à déclarer leurs salariés à domicile aux frais réels puis en réduisant le crédit d'impôt auxquels ils ouvraient droit pour leurs employeurs, droite et gauche ont tari d'un même élan la source, les Socialistes portant, il est vrai, le coup de grâce.

Il ne reste de marge de manoeuvre que la réduction de la dépense publique, mais, là aussi, il convient d'oeuvrer avec prudence : le mieux peut s'avérer l'ennemi du bien.

Il ne s'agit pas de procéder à des coupes sombres partout et uniformément car on pourrait alors constater, et cela s'est déjà produit, que certains services publics dysfonctionnent, mais de fixer d'abord les services et les institutions publiques dont nous avons un besoin prioritaire ou pas. Les économies peuvent ensuite être réalisées.

Il en va de même pour les très gros investissements d'infrastructure. Je ne dis pas que c'est là une chose facile à faire, mais elle est nécessaire et demande beaucoup de finesse et d'habileté.

10:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | |

samedi, 29 juin 2013

Il va bien falloir renvoyer dans leurs cordes les guignolos du FN

On parle souvent de dédiabolisation quand on évoque le Front National. C'est bien possible, mais moi, ce qui m'intéresse, c'est ce que ce parti propose.

C'est dans le domaine économique, surtout, où je ne comprends pas le silence des économistes et la pauvreté du discours politique face au FN.

On le sait, Marine Le Pen propose de quitter la zone euro, sortir de l'Europe et établir des barrières protectionnistes.

Il y a bien sûr des nations qui vivent sans faire partie de l'Europe et qui ne s'en portent pas plus mal. C'est souvent ce que fait valoir MLP. Elle oublie un petit détail : ces nations mènent généralement une politique économique plutôt libérale et se gardent bien de fermer leurs frontières comment entend le faire MLP. 

En sortant de l'euro, nous nous retrouverions immédiatement face à nous-mêmes, c'est à un dire un État endetté jusqu'à la moëlle sans la moindre ressource ni le plus petit soutien amical pour nous assurer les bas taux d'intérêt nécessaires à nos emprunts. 

A vrai dire, il suffirait de ne pas emprunter, et, pour cela, réduire le déficit budgétaire. Il y a un petit problème : ce n'est pas le programme de Marine Le pen et ses promesses mirobolantes deviendraient intenables sans déficit majeur. 

Pour rendre sa compétitivité à la France, elle serait contrainte à une sévère dévaluation du franc, de retour sur la scène nationale. Je rigole bien en mon for intérieur en songeant à ses électeurs contraints d'acheter écrans plats, téléphones, robots, et plus généralement objets technologiques importés à des tarifs d'autant plus prohibitifs qu'ils se prendraient dans les dents et la dévaluation de MLP et les taxes aux frontières imposées sur les importations.

Les ânes qui lui auraient donné leur voix et qui travailleraient dans une industrie ou une entreprise exportatrice n'auraient plus que leurs yeux pour pleurer puisqu'ils se retrouveraient sans travail en raison des barrières douanières que ne manqueraient pas de nous retourner un certain nombre de nos partenaires commerciaux.

Je ne dis pas que l'Europe  fonctionne bien, loin de là. Je ne dis pas non plus qu'il est impossible de sortir de l'euro. En revanche, je suis sûr d'une chose, c'est que ce que prévoit MLP pour le faire, c'est du pipi de chat.

MLP espère se faire du fric en mettant fin à l'immigration. Sur l'immigration, il n'y a qu'une seule position qui vaille en France et elle est vraiment de loin la meilleure, c'est celle de Bayrou. C'est le Parlement après débat initié par le gouvernement qui doit voter le seuil d'immigration autorisé et nécessaire en France. A l'heure actuelle, les gouvernements décident, en catimini ou sur des bases idéologiques qui nous devons accueillir ou non. Sur un sujet aussi important, tout devrait être transparent ce qui suppose un passage par la case parlementaire. Il n'y a pas besoin de tout le blabla grandiloquent du FN sur le sujet pour parvenir à contrôler l'immigration. Plutôt que de dire qu'on ramène à tel ou tel chiffre le nombre d'immigrés sur le territoire français, mieux vait laisser le Parlement décider après avoir écouté les experts économiques. Si le Parlement dit que c'est 50 000, eh bien c'est 50 000, s'il dit que c'est zéro, c'est zéro et voilà tout.

Il y a dans le projet du FN les mêmes travers que dans la méthode Sarkozy : le caractère systématique des mesures. Bayrou a toujours opposé aux roulements de tambour et aux moulinets de bras le cas par cas. Quand on évoque l'immigration, je pense souvent à ce petit tchétchène de 12 ans qui avait sauté d'une fenêtre tout en étant titulaire d'un prix d'orthographe : pourquoi on voulait l'expulser celui-là ? Parce qu'il fallait faire du chiffre. Je ne suis pas contre les expulsions, mais elles doivent être justifiées et, tant qu'à faire, réalisées sur des bases valables. Virer un champion d'orthographe française, par les temps qui courent, c'est particulièrement con. A peu près autant que l'idée imbécile de Guéant, en fin mandat sarkozyste, consistant à emmerder les étudiants étrangers pour les faire partir.

Tiens, dans la catégorie débile, au FN, j'ai trouvé ça : la fameuse préférence nationale en matière d'emplois :

Les entreprises se verront inciter à prioriser l’emploi, à compétences égales, des personnes ayant la nationalité française. Afin d’inciter les entreprises à respecter cette pratique de priorité nationale, une loi contraindra Pôle Emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits « de souveraineté » sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française

Quand je vous dis que ce sont des guignolos, au FN...A deux titres : a) en règle générale, les entreprises privilégient de facto les nationaux b) quand elles engagent des étrangers, c'est qu'elles ne trouvent pas de Français pour faire le job. Feraient mieux de s'occuper de la formation, MLP et le FN...Qu'ils aillent en toucher un mot à la CGME et ses 200 000 emplois non pourvus sur les bras pour comprendre le fond du problème. Mais bon, à des guignolos, faut pas trop leur en demander, au risque de leur faire péter quelques neurones surnuméraires...

Le programme du FN, c'est toujours de ce tonneau-là : du flan et du creux. Rien ne tient debout, presque tout est idéologique. Au fond, des postures assez communes que l'on retrouve notamment à gauche (pas la nature des postures mais le fait d'en avoir).

La bataille des européennes approche : j'en bave d'impatience parce que j'ai bien l'intention d'être l'un des tous premiers à mettre en charpie le non-programme du FN. Si jamais j'étais invité à un débat de blogueurs face à un représentant bleu-marine, je m'y colle : il y a des illusions qui voleraient en pièces et on peut compter sur moi pour lui rentrer dans le lard en bonne et dûe forme...

lundi, 24 juin 2013

L'Europe face aux patents pools

L'Europe négocie , à l'heure actuelle, des accords de libre-échange avec les USA afin de créer un grand marché transatlantique. J'ai évoqué la nécessaire protection de notre modèle sanitaire si ces échanges doivent aboutir, mais il y a au moins un autre aspect qui m'intrigue en même temps qu'il m'inquiète pour nos PME.

Il existe en droit anglo-saxon, une société à l'activité et à la structure un peu particulières : la patent pool.

Son objet est de mutualiser le coût des licences nécessaires à l'exploitation d'une technologie spécifique. Les patents pools sont particulièrement actives dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Dans le principe, l'idée n'est pas idiote : si 1000 licences différentes sont nécessaires à l'exploitation d'une technologie, la patents pool revend directement le droit nécessaire. L'inconvénient, c'est que la recherche évolue aussi et qu'au bout d'un moment, les licences de technologies  expirées continuent d'être revendues dans le pack.

L'informatique n'est pas le seul domaine touché : les grandes firmes pharmaceutiques européennes n'hésitent pas à bloquer la production de médicaments génériques ailleurs, y compris ceux dont l'objet est de lutter conte le SIDA comme l'observait avec acuité Actup il y a deux ans.

Un cas emblématique est celui de la technologie MPEG-2 : les licences de ce format d'encodage vidéo sont possédés par MPEG LA un regroupement de sociétés qui limitent son évolution ou sa réexploitation en imposant l'achat de la totalité d'entre elles.

D'une certaine manière, il y a abus de position dominante, même si aux USA la patent pool concernée n'est pas tombée sous le coup de la loi anti-trust.

Il resterait à savoir quel pourrait être l'avis du législateur européen sur la question, surtout s'il cherche à protéger ses PME.

In fine, en digne hérétique lecteur de Schumpeter, je ne doute pas que cette position ne finisse par devenir instable. De deux choses l'une : soit la patent pool MPEG LA ouvre l'accès à sa technologie soit, tôt ou tard, un autre format émergera, se passant complètement des technologies à l'oeuvre dans MPEG-2 et ce sera alors la fin de cet encodage.

Méfiance : parce qu'Apple n'a pas compris au début des années 90 qu'il fallait ouvrir ses ordinateurs, la société ne représente plus que 2% des ventes aujourd'hui sur ce domaine.

Et parce que Microsoft ne comprend pas qu'un système d'exploitation doit être ouvert, Google lui taille des croupières peu à peu, avec un appétit toujours plus dévorant.

Comme l'observe Steve Pociask sur le Huffington, à l'autre bout de la chaîne, c'est le consommateur qui règle l'addition finale. Gageons qu'il ne tardera pas à se lasser de payer cash pour du gratuit puisqu'au fond, c'est bien ce que fait MPEG en présentant la note pour des brevets qui ont expiré...

23:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : patent pool, europe |  Facebook | | |

vendredi, 14 juin 2013

Ne risque-t-on pas de flinguer le solaire ?

Dans la querelle commerciale entre l'Europe et la Chine sur le solaire, il y a un aspect auquel je n'avais pas pensé mais qui me préoccupe désormais :

L'Europe vient d'installer des barrières douanières pour protester contre les aides que la Chine octroie à sa production dans ce domaine. L'inconvénient, c'est que notre industrie solaire européenne est moribonde pour ne pas dire morte et que je la vois mal capable de prendre le relais. De plus, les taxes vont se reporter sur les prix des panneaux solaires, donc peser sur les consommateurs qui risquent de renoncer à cette énergie renouvelable, et, de surcroît, comme il existe des connexions entre certains de nos fabricants et les Chinois, tout ce qui est associé à ce secteur risque de couler.

C'est toujours un peu le problème avec les barrières douanières et plus généralement le protectionnisme : dans une économie mondialisée comme la nôtre, elles s'accompagnent systématiquement de contre-coups souvent nocifs si bien que comme le dit si bien Pascal, à vouloire faire l'ange on fait bien souvent la bête.

10:37 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : solaire |  Facebook | | |

mardi, 04 juin 2013

J'en ai marre de payer pour les autres.

Il commence à me gonfler ce gouvernement. Tout va toujours dans un sens quasi-unique, toujours le même :  20% des foyers fiscaux paient 80% de l'impôt. Ça commence juste à bien faire.

Ras le bol des invocations à la solidarité pour régler tout un tas de dépenses diverses et variées, à commencer par celles de l'État, ses échelons administratifs inutiles, ses hauts fonctionnaires, ses comités Théodule, ses retraites de députés, ses inflations ministérielles et j'en passe.

Mais ras-le-bol de ce pays de merde où on est toujours le riche de quelqu'un et le pauvre de quelqu'un d'autre.

Deux-tiers des Français sont toujours d'accord pour faire payer les riches.

Les "riches", un de ces jours, vont leur pisser à la raie et se barrer ailleurs. Et là, les Français n'auront plus qu'à se partager les miettes des "un peu moins riches".

Il y a dans notre pays une incantation permanente contre l'enrichissement, et, bien entendu, un éco-système parfaitement conçu pour l'entraver qui me gave à un point que je n'essaie même plus de quantifier.

Sur le fond, j'adhère évidemment à l'objectif de vouloir rééquilibrer les comptes, et je pense vraiment que Hollande et Ayrault sont déterminés à tenir leurs engagements, mais la manière de le faire m'énerve.

Une fois encore, les Socialistes ne parlent que de ponctionner de nouveaux impôts plutôt que de réduire les dépenses de fonctionnement de l'État. Moi, je n'ai jamais cru un seul instant les promesses du candidat Hollande, pas plus d'ailleurs que celles du Président Hollande, mais mon honorable confrère de droite a dû croire l'espace d'un instant le contraire.

23:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : impôt |  Facebook | | |