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mardi, 18 février 2014

Intermittents : le problème n'est pas le régime mais le nombre

Le MEDEF réclame la fin du régime d'exception pour les intermittents quand ils sont au chômage. Le statut des intermittents du spectacle me rappelle une autre mesure fameuse : le RMI.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le RMI avait été voté au début des années 90 pour permettre à ceux qui vivaient dans la rue de survivre. Pour aider ceux qu'on appelaient alors les clochards, en somme.

Ce qui a fini par rendre la mesure très onéreuse, c'est le gonflement continu de ses bénéficiaires.

Il y avait à la création du régime des intermittents environ 9000 bénéficiaires. Je crois que la statut a été mis en place sous Mitterrand au début des années 80. Il y en a plus de 160 000 aujourd'hui.

S'en prendre aux intermittents et laisser supposer que ce sont des fainéants est odieux. Des statistiques simples montreraient aisément qu'ils sont bien plus du côté de la précarité que de l'aisance. Là n'est pas le problème, et la méthode utilisée par toute la classe politique à l'exception de Bayrou qui consiste à toujours stigmatiser une fraction de la population n'aboutit qu'à dresser les Français les uns contre les autres.

Il vaut mieux analyser à froid les mécanismes qui aboutissent au gonflement des effectifs de mesures pensées pour des minorités.

La situation est grave, car le régime est déficitaire de près d'un milliard d'euros. Il faut certainement considérer le périmètre d'éligibilité probablement trop laxiste mais pas seulement : l'attitude des associations et des entreprises culturelles qui jouent de ce régime pour engager des intermittents et ne pas les payer ce qu'elles devraient les payer.

Je ne suis pas expert du sujet, mais on pourrait par exemple limiter en quantité le nombre d'intermittents pour les associations et les entreprises culturelles. A condition évidemment de ne pas tomber de Charybde en Scylla : si l'intérim devait remplacer l'intermittence, les caisses de retraite ne seraient pas gagnantes. Elles coûtent encore plus cher que l'intermittence. Il me semble aussi que le Ministère de la Culture pourrait  distinguer le tissu associatif des grosses boites de production et des groupes médiatiques. Dépenser pour soutenir une association de quartier et arroser des Delarue et des Arthur qui s'en mettent déjà plein les proches en payant leurs ouvriers au lance-pierre, je pense que ce n'est pas exactement le même cheminement.

Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de faire l'économie non seulement d'un débat mais aussi d'une réforme.

17:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : intermittent, spectacle | |  Facebook | | | |

Commentaires

est-il normal que des sociétés de prod audio-visuelles abusent de ce système de façon fallacieuse...

Est-il normal que l'indemnisation moyenne des intermittents soit supérieures a celle des autres salariées....

est-il normal que lorsque les intermittents répètent que cela ne soit pas considéré comme du travail et qu'ils bénéficient des assedics pendant ce temps la

etc...

il y a des abus, la culture est grandement financée par un système complètement vicié et obsolète, il est dès lors normal que le MEDEF tape du point....

je n'ai rien contre la culture, au contraire mais je trouve que FILlIPETI déconne complètement sur le sujet....elle tape sur le MEDEF pour le stigmatiser : c'est qu'elle n'a pas d'autres solutions

Écrit par : Europium | mardi, 18 février 2014

@europium
Est-il normal?
Oui dans la mesure ou ils votent tous P.S.
Mis a part ce point ,il serait interessant de connaitre le montant des cachets verses et à qui, de connaitre aussi le statut de certaines vedettes de series TV française.
la preuve que nous sommes le dernier pays communiste du Monde?: Nous avons une culture d'etat et des artistes fonctionnaires. Mais Chut!!!! faut pas le dire!

Écrit par : paulo40 | mercredi, 19 février 2014

bjr , merçi pour cet article ;je suis intermittent eclairagiste depuis 15 ans . je tiens à signaler que l on parle souvent de ces fameuses 507 h de travail . ce que les gens ne savent pas c est 507 h ne sont que sur le papier , ce n est pas le nbre d heures reels que j effectue . par exemple une journee type avec un spectacle à 21 h : je commence à 9 h du matin et finis generalement vers 1 h du matin fin du demontage lumiere et son . donc cela des journées à 15 h de travail !!! mais sur le papier on est declaré 8 h ou 10 h . cela arrive de faire les fameuses 35 h en 2 jours mais je ne serais tjrs declaré que 8 h ou 10 h par jour . le contrat intermittent est contrat specifique , un forfait à la journée . et ça les gens ne le savent pas !! voila pour la rectification . merçi

Écrit par : martin | vendredi, 28 février 2014

Bonjour martin
Vos horaires de travail ne m'étonnent pas. Ce sont des choses souvent ignorées du grand public.
Ce qui n'est pas normal, c'est que vos employeurs vous paient au lance-pierre en comptant sur la caisse des intermittents pour ne pas avoir à vous payer ce qu'ils vous doivent.

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 28 février 2014

Eh bien moi, cher Martin, j'ai été plusieurs années consultant indépendant à mon compte. Donc, je prospectais des clients, je répondais à des mises en concurrence, j'étudiais des dossiers pour bâtir des propositions que je présentais... et qui n'étaient pas toujours acceptées, bien sûr. Dans ce cas, tout le boulot était perdu. Après, lorsque je décrochais une mission, il me fallait l'effectuer tout en continuant bien sûr à prospecter d'autres clients... Et en plus de ça, il fallait tenir ma comptabilité, relancer les factures non-payées (un classique) et remplir en trois ou quatre exemplaires les dizaines de formulaires à la con dont notre belle administration nous inonde avec tant de créativité. Bref, beaucoup d'heures de travail.

Eh ben, figurez-vous qu'en tant que travailleur indépendant à mon compte, je n'avais aucune caisse de chômage. Eh non ! J'étais à mon compte, à moi de me démerder. Et vous savez quoi ? Eh ben, il y a des dizaines de milliers de gens comme ça : journalistes pigistes, traducteurs, comptables, publicitaires free-lance... Bref, tous les gens qui vivent en vendant au coup par coup à différents clients leurs compétences techniques. Comme vous. Sauf que vous, vous avez un statut particulier avec une protection particulière. Parce qu'il paraît que vous, n'est-ce pas, vous bossez dans la Cultûre. Même lorsque vous allez éclairer un plateau où officie Benjamin Castaldi, ou un studio où se tourne un 30' pour "Sheba, mon chat adore ça".

Alors, sérieusement, vous n'avez pas l'impression de vous foutre un peu de la gueule du monde, avec votre statut exorbitant du droit commun ?

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 28 février 2014

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