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mercredi, 05 mars 2014

Que faire pour les Atelières ?

C'est avec la plus grande tristesse que j'apprends les difficultés et le risque de fermeture des Atelières, ex-Lejaby. En effet, cette entreprise à la confection 100% Made in France avait ouvert au lendemain de la fermeture de l'usine Lejaby à Lyon pour proposer lingerie et corseterie de haute couture.

Plusieurs médias et commentateurs se sont engouffrés dans l'analyse facile en estimant que les Atelières étaient victimes de banques qui ne voulaient pas leur prêter de l'argent. Discours aussi populiste et ridicule que sommaire.

Je n'ai pas de culture entrepreneuriale si bien que plusieurs éléments m'échappent dans cette histoire. Le carnet de commandes des Atelières est plein et d'ores et déjà, plusieurs grandes marques qui ont confiance en leur savoir-faire déplorent leur disparition à venir.

Si leurs carnets sont pleins, pourquoi les banques refusent de leur prêter de l'argent ? L'entreprise est-elle déficitaire ou fait-elle au contraire des bénéfices ? Si ses comptes ne sont pas en équilibre, que faudrait-il pour qu'ils le deviennent ? Quelles sont les perspectives de rentabilité à court et moyen terme de l'entreprise ?

Il y a une opacité médiatique totale sur toutes ces questions. La presse, qui comme d'habitude ne fait pas son travail, se garde bien, peut-être par incompétence, de les examiner.

J'ai regardé avec la plus grande sympathie la naissance et le développement de cette entreprise et j'aimerais vraiment les aider. Je sais qu'elle a besoin de 580 000 euros pour se développer ; est-ce qu'on pourrait en savoir plus sur l'affectation à venir de ces fonds ? Les Atelières, en attendant, pourraient aussi mettre en place un système de dons en ligne via paypal sur leur site, faisant appel à la générosité populaire. Pour ma part, je serais le premier à leur donner ce que je peux, à la mesure de mes moyens, avec plaisir.

En parcourant le site, j'ai appris que l'on pouvait entrer dans le capital ( de 2000 à 5000 euros de participation ) ou acheter des titres participatifs d'un montant de 100 euros, rémunérés et ouvrant droit à déduction fiscale, mais bloqués pendant 7 ans. Cela pourrait m'intéresser, mais, concrètement, de quel montant est la rémunération et surtout, quels sont les projets exacts des Atelières ? Comment, exactement, entendent-elles devenir rentables et à quelle échéance ?

J'ai la plus grande bienveillance pour les Atelières et le sincère désir de les aider. Mais j'ai besoin, et je ne suis sans doute pas le seul, de renseignements précis sur la situation financière de l'entreprise et sur ses perspectives. Je déplore tout à fait l'impéritie crasse de la presse, y compris économique, alors qu'on devrait pouvoir commencer par cela pour se faire une idée.

EDIT : le lien pour souscrire en ligne afin d'aider les Atelières existe, je viens de le trouver !

19:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : atelières |  Facebook | | |

mardi, 18 février 2014

Intermittents : le problème n'est pas le régime mais le nombre

Le MEDEF réclame la fin du régime d'exception pour les intermittents quand ils sont au chômage. Le statut des intermittents du spectacle me rappelle une autre mesure fameuse : le RMI.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le RMI avait été voté au début des années 90 pour permettre à ceux qui vivaient dans la rue de survivre. Pour aider ceux qu'on appelaient alors les clochards, en somme.

Ce qui a fini par rendre la mesure très onéreuse, c'est le gonflement continu de ses bénéficiaires.

Il y avait à la création du régime des intermittents environ 9000 bénéficiaires. Je crois que la statut a été mis en place sous Mitterrand au début des années 80. Il y en a plus de 160 000 aujourd'hui.

S'en prendre aux intermittents et laisser supposer que ce sont des fainéants est odieux. Des statistiques simples montreraient aisément qu'ils sont bien plus du côté de la précarité que de l'aisance. Là n'est pas le problème, et la méthode utilisée par toute la classe politique à l'exception de Bayrou qui consiste à toujours stigmatiser une fraction de la population n'aboutit qu'à dresser les Français les uns contre les autres.

Il vaut mieux analyser à froid les mécanismes qui aboutissent au gonflement des effectifs de mesures pensées pour des minorités.

La situation est grave, car le régime est déficitaire de près d'un milliard d'euros. Il faut certainement considérer le périmètre d'éligibilité probablement trop laxiste mais pas seulement : l'attitude des associations et des entreprises culturelles qui jouent de ce régime pour engager des intermittents et ne pas les payer ce qu'elles devraient les payer.

Je ne suis pas expert du sujet, mais on pourrait par exemple limiter en quantité le nombre d'intermittents pour les associations et les entreprises culturelles. A condition évidemment de ne pas tomber de Charybde en Scylla : si l'intérim devait remplacer l'intermittence, les caisses de retraite ne seraient pas gagnantes. Elles coûtent encore plus cher que l'intermittence. Il me semble aussi que le Ministère de la Culture pourrait  distinguer le tissu associatif des grosses boites de production et des groupes médiatiques. Dépenser pour soutenir une association de quartier et arroser des Delarue et des Arthur qui s'en mettent déjà plein les proches en payant leurs ouvriers au lance-pierre, je pense que ce n'est pas exactement le même cheminement.

Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de faire l'économie non seulement d'un débat mais aussi d'une réforme.

17:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : intermittent, spectacle |  Facebook | | |

jeudi, 06 février 2014

Chasse aux dépenses, c'est parti !

Les choses sérieuses commencent à prendre corps : Hollande a assuré qu'il allait réduire les charges des entreprises, et, pour cela, il sait qu'il doit réduire les dépenses.

D'après les Échos, le Ministre du Budget commence à recevoir tous ses collègues, mais j'ai cru comprendre que l'Élysée entendait piloter la chose. C'est en tout cas ce que je lis dans Le Figaro.

J'ai lu que François Hollande voulait en finir avec les coupes budgétaires aveugles mais réfléchir, désormais, sur les causes structurelles des dépenses et notamment redéfinir les missions de l'État.

C'est un point de vue que je défends depuis fort longtemps ici. François Hollande aura-t-il le courage de mécontenter ses clientèles et de proposer aux Français de vrais choix ?

J'attends de voir, parce que par exemple, sur la réduction du nombre de collectivités locales, on peut dire qu'il a commencé d'emblée par une reculade.

Et pour l'instant, la méthode utilisée demeure la lettre de cadrage. C'est le chemin naturel de la coupe budgétaire aveugle, dont je me méfie énormément. Le coup de rabot, ça ne marche pas et cela crée des mécontents en grande quantité. 

Je suis blasé et passablement lassé des déclarations sans lendemain. Mais, si vraiment le président Hollande se résout à s'engager dans des réformes d'envergure, sait éviter les écueils idéologiques venus de tout horizon, pas seulement de la gauche, mais aussi de certains cercles libéraux extrémistes, alors peut-être y-a-t-il la place pour une grande politique sociale-libérale en France.

Mais je le dis tout de suite : le débat ne fait que commencer même si on en devine quelques prémices dans la presse.

samedi, 25 janvier 2014

Crédible, le plan de réduction de dépenses de l'UDI ?

J'ai pris connaissance de la synthèse du projet présenté par Hervé Morin pour réduire la dépense publique. Comme c'est souvent le cas, dans le jeu politique, les plans que l'on propose quand on est dans l'opposition partent toujours du principe qu'ils s'exécutent dans le meilleur des mondes possibles...

Je juge irréaliste de faire revenir les Français de 35 à 39 heures de travail par semaine. Le faire dans toute la fonction publique provoquerait des manifestations monstres. C'est une proposition qui ne tient pas la route : si elle était si simple, la droite qui a été au pouvoir pendant dix ans l'aurait mise en application. On peut donc déjà enlever 20 des 80 milliards d'économies. Et puis au fond, je me demande si ce ne serait pas une régression, finalement.

L'idée de contractualiser l'emploi dans la fonction publique pour les recrutements à venir pourrait en revanche apporter de la marge de manoeuvre et éviter pas mal de rigidités. Encore faut-il trouver des candidats : si la fonction publique n'apporte pas la sécurité de l'emploi et tous les avantages qu'elle offre habituellement, elle risque d'attirer nettement moins d'individus et, contre toute attente, devoir faire face à des difficultés de recrutement.

Tout le plan de rationalisation des dépenses aboutira à des effets pervers s'il n'est pas précédé d'une réflexion et d'un tri sur les services que l'État assure. Rogner tout partout sans y avoir pensé produit des dysfonctionnements. Cela tombe plutôt bien, les Français sont prêts à renoncer à un certain nombre de services publics contre moins d'impôts, d'après un sondage BVA tout récent.

Le passage à 41.5 années de cotisation est de toutes façons inéluctable. Il faut être naïf pour imaginer toucher simultanément aux allocations chômage. A considérer les vagues que cela va engendrer alors que l'emploi est fragilisé, on a là l'assurance de mettre le feu aux poudres.

Je vais être sévère, mais c'est mérité : ce plan est un mauvais plan parce qu'il ne tient pas compte des réactions sociales qu'il peut engendrer et parce qu'il ne réfléchit pas sur la structure de nos dépenses. 

J'adhère à la volonté affichée, mais tout effort demandé doit s'appuyer sur la situation existante, par sur une France rêvée.

vendredi, 17 janvier 2014

Les bonnes paroles de François Hollande

J'ai fini par prendre connaissance de ce qu'avait dit François Hollande pendant sa conférence de presse. La presse titre qu'il prend un virage social-libéral. On a le sens de l'humour dans la presse française. Le gouvernement socialiste vient d'assommer la France d'impôts comme jamais encore elle ne l'a été, les effectifs de la fonction publique continuent de croître et mis à part cela, Hollande est social-libéral. Drôle au possible.

Hollande compte alléger les charges sociales des entreprises de 30 milliards d'euros. Très bien, mais il va les prendre où les 30 milliards, alors que son gouvernement ne parvient pas même à faire rentrer le déficit budgétaire de la France dans les clous ? Et puisque les charges patronales financent les cotisations familiales, qu'est-ce qui va les remplacer ? Je ne vois que la solution d'un rehaussement de la TVA (c'est en effet le plus logique) mais cela va faire perdre en pouvoir d'achat tous les foyers français. Dans tous les cas de figure, 30 milliards, c'est une paille : probablement insuffisant pour espérer générer un choc de compétitivité. 

François Hollande commence à réfléchir à une simplification administrative, songeant à fusionner d'ores et déjà quelques départements. On verra une fois que cela sera fait. Sur le sujet, mon sentiment est qu'il sera difficile d'obtenir l'assentiment de suffisamment d'élus pour mener cette réforme sans casse. La solution est de placer les élus récalcitrants devant le fait accompli en consultant les Français par référendum sur la question. Il y a des économies à la clef, à condition de ne pas répliquer les erreurs qui ont fait de l'intercommunalité un gouffre financier : on se regroupe non pour dépenser plus à plusieurs mais bien pour réduire les frais de l'existant, pas pour construire une nouvelle pyramide de Chéops.

Bayrou et Borloo ont salué un virage tout en demandant à voir avant de soutenir. Moi, j'approuverai une fois qu'il y aura quelque chose de fait, et, de préférence, pas n'importe comment.

lundi, 25 novembre 2013

L'ennemi, c'est la collusion, pas la richesse !

Il y en France (mais pas seulement)n une incessante chasse aux riches : constamment on trouve dans les propositions de la sphère politique le prédicat moral sous-jacent que toute richesse est forcément mal acquise, que l'enrichissement est un vice. Et donc, la sphère politique n'a de cesse que de vouloir réparer ce qu'elle considère comme une "injustice" çà grands coups de fiscalité "sociale" et "solidaire". Très régulièrement on entend tel prophète dénoncer le scandale de ce que les riches ne paient pas plus d'impôts.

Le scandale, il n'est pas là. Le scandale, et Bayrou et les Libéraux ont en commun d'être les seuls à le dénoncer, c'est la collusion incessante entre la direction des plus grandes entreprises et banques et la très haute fonction publique, collusion qui s'étend jusqu'à la sphère politique.

On est, en France, successivement haut-fonctionnaire, puis PDG d'un grand groupe dont on finit par ne plus savoir s'il est privé ou public, puis à nouveau haut-fonctionnaire, ou encore conseiller d'une influente personnalité politique.

Par exemple, j'ai entendu récemment qu'Ayrault (sans en aviser Moscovici qui n'avait rien demandé !) voulait placer François Villeroy de Galhau à la tête du trésor. François Villeroy de Galhau est un homme très honorable, il a une réflexion éthique sur la finance, et, comme numéro 2 de BNP Paribas, il a la réputation d'être un homme compétent et efficace.

Mais, si j'en crois sa biographie, voilà un homme qui a été haut-fonctionnaire, directeur de cabinet de DSK, conseiller économique du même homme, puis a pris la tête de Cetelem et enfin, est monté en grade dans la principale banque française, la BNP, que je citais.

En soi, ce ne serait pas un parcours qui me dérangerait s'il n'en allait pas de même d'à peu près tous les profils similaires. Toujours ces liens inextricables, intrinsèquement mêlés, entre banques, très grandes entreprises, très haute fonction publique et politique.

Abus de pouvoir, le livre fameux que Bayrou a écrit contre les réseaux et notamment ceux de Sarkozy devrait être un classique pour qui entre en politique, désormais. Je regrette toutefois que Bayrou se soit polarisé sur les seuls réseaux sarkozystes alors même qu'il reconnaît que la panier de crabes est au moins aussi rempli à gauche. Ce qui agace, c'est que sur cet aile de l'échiquier politique, il s'accompagne d'une hypocrisie renversante. 

Si le propos de Pulp libéralisme est plus large et s'alimente très clairement des thèses de l'école autrichienne d'économie, il n'en distingue pas moins, avec la même force, un capitalisme "pur" et ce qu'il appelle le capitalisme de connivence.

In fine, la volonté moralisante empreinte de vulgate marxiste qui imprègne une large part du spectre politique est d'autant plus insupportable qu'il n'existe aucune volonté de mettre fin à ce fonctionnement qui ne peut pas préserver l'intérêt de chaque citoyen. Quand bien même les hauts fonctionnaires nommés seraient compétents et honnêtes, pour l'entrepreneur moyen ou petit, le combat n'est pas égal, et on ne peut avoir de garantie d'impartialité quand une décision est prise, avec de tels mélanges. Comprenons-nous au demeurant, je suis pas en train de dire que de très grosses entreprises en profitent : quand l'État contraint un producteur d'énergie à vendre sa production à prix contraint ou de très grosses banques à racheter ses emprunts pourris, c'est bien les entreprises visées qui subissent des dommages, pas l'État. Je suis bien certain qu'une entreprise qui ne serait pas nourrie à la haute fonction publique d'État n'accepte en aucun cas de tels diktats.

La gauche en particulier, mais aussi une partie de la droite, notamment les Gaullistes (qui sont Étatistes et souvent encore plus dirigistes que les Socialistes) et le Front National induisent constamment les Français en erreur en opposant le grand capital, à la manière marxiste, et l'intérêt du citoyen. Terminologie primaire qui détourne le citoyen de la vraie question (celle-là même que Bayrou pose avec une très grande acuité dans son ouvrage) : les décisions prises le sont-elles en toute indépendance ?

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Ayrault est désespérant avec ses impôts

C'est assez incompréhensible la sortie d'Ayrault sur les impôts. Je ne comprends pas une telle erreur de communication (sans parler de l'aspect économique). Ayrault devrait comprendre qu'il ne faut surtout plus prononcer le mot "impôt" par les temps qui courent. Les Français n'en peuvent plus, des impôts. Ce n'est vraiment pas le moment de la ramener sur le sujet et d'imposer à notre peuple qui n'en veut pas les poncifs sur l'équité, la solidarité, la justice fiscale et compagnie.

C'est Bayrou qui a eu le mot le plus juste en répliquant que ce n'était plus d'une réforme des impôts dont nous avions besoin mais de la dépense.

De surcroît, c'est techniquement une bêtise de vouloir procéder à l'heure actuelle à une réforme : Bercy tourne bien, l'impôt rentre à plein régime avec des taux de recouvrement très forts (près de 99% !!!) ! Quelle idée de vouloir réformer une machine qui fonctionne. Ayrault risque surtout de provoquer un désordre indescriptible, de nouvelles normes administratives qui étouffent notre pays et de maintenir une instabilité fiscale qui nous est extrêmement nocive. Comme beaucoup de Français, quand j'ai entendu la déclaration d'Ayrault, j'ai commencé par un coup de stress. Le discours et les préoccupations de Monsieur Ayrault sont anxiogènes pour les Français, il devrait le comprendre une bonne fois pour toutes.

Si à la place Monsieur Ayrault proposait des économies simples : fusionner les départements et les régions par exemple ou encore réformer les urgences des hôpitaux simplement en constituant des maisons médicales (regroupement de cabinets médicaux) je crois qu'il aurait de bonnes chances d'obtenir l'agrément de ses concitoyens. Il est vraiment, avec son équipe, complètement à côté de la plaque (au grand désespoir de Moscovici qui n'avait rien demandé, dans cette histoire).

C'est Bayrou a nouveau qui a la formule juste : encore une diversion mais cette fois, elle va vraiment mal finir.

vendredi, 22 novembre 2013

Marielle de Sarnez met en garde contre la viande avariée canadienne

On va me dire que j'exagère à parler de viande avariée à propos du porc et du boeuf canadiens, mais je prends très au sérieux l'avertissement de Marielle dans sa dernière lettre.

Je vais être lapidaire : l'Europe échange du vin et des fromages contre du porc et du boeuf. Donnant-donnant, on peut exporter là-bas, le Canada peut en faire autant chez nous. Le libre-échange, j'y suis favorable, mais avec les mêmes normes sanitaires !

La Commission a donc négocié un accord avec les Canadiens, mais au nom de l'UE toute entière. On en revient toujours au même problème de fond : Marielle dit souvent, à juste titre, que l'on ne peut construire l'Europe sans ou contre ses peuples. Et là, on a une sorte de gouvernement out of control qui prend des décisions très importantes sans nous en aviser ni nous consulter.

Heureusement, ce n'est pas encore cuit et Marielle rappelle que non seulement le Parlement européen devra ratifier cet accord, mais également l'Assemblée Nationale.

Et là, on a intérêt à être très vigilants : quand j'achète de la viande chez le boucher, je peux avoir des certitudes sur son origine, mais dès qu'il s'agit de conserves, il n'y a plus aucune sécurité. Je n'ai pas vraiment envie de bouffer à mon insu du veau aux hormones gavé aux OGM.

Alors, évidemment, il est content, Peters ! Peters, c'est un conseiller de Barroso. Il trouve merveilleux notre accord de libre-échange avec le Canada. Il oublie juste de nous préciser quelques petits détails...Heureusement, il y en a pour veiller au grain (merci Marielle).

Cela dit, sur le fond, je ne suis pas contre des accords avec le Canada : nous avons une protection sociale, des salaires et des valeurs à peu près similaires. Mais je demande à ce que l'on regarde de près ce qu'ils contiennent et que l'on rejette, au cas par cas, ce qui n'est pas acceptable pour notre santé.

Nicole Bricq s'est engagée à obtenir des garanties sur la viande, très bien, on jugera sur pièces. Je vais juste observer ce qu'a finement remarqué Marielle de Sarnez : Si l’UE a obtenu comme garantie que la viande bovine et porcine canadienne soit exempte d’OGM, sur des volumes aussi importants cela sera presque impossible à contrôler. Eh oui. C'est bien mon avis aussi...

17:55 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : canada, ue, viande, accord, sarnez |  Facebook | | |

vendredi, 25 octobre 2013

Les clubs de foot sont aussi des PME pour Marielle de Sarnez

J'ai trouvé intéressant le raisonnement de Marielle de Sarnez à propos de la taxe de 75% sur les hauts salaires dans les clubs de football : elle était invitée par Laurence Ferrari sur i-télé et, questionnée sur la grève prévue par les clubs de la LFP le 30 novembre prochain, a précisé qu'elle comprenait l'appel avec l'argument de bon sens suivant :

Si l'on excepte le PSG avec ses sponsors quataris et Monaco qui n'est pas soumis au régime fiscal français, les autres clubs français sont en réalité des PME et pas autre chose.

Il suffit de les comparer à n'importe quelle autre PME d'effectifs comparables et de chiffre d'affaire équivalent pour le comprendre. Simplement, les clubs de football ont une spécificité : le coeur de leur activité, et donc leur principal actif, est investi dans l'humain. Leur valeur tient en grande partie à celle de leur joueur, et par suite, aux salaires qu'ils leur versent. D'un certaine manière, frapper les hauts salaires des joueurs c'est attaquer les clubs de football français au coeur de leur activité d'autant qu'aucun autre pays européen ne procède ainsi. Hollande crée donc un désavantage concurrentiel dans un secteur qui n'en a vraiment pas besoin, le foot français étant déjà soumis à des exigences assez strictes.

De manière plus générale, la taxe à 75% est de toutes façons une spoliation et je juge son principe détestable. Mais François Hollande, en la justifiant par le désir de soumettre tout le monde à la loi commune, montre sa méconnaissance inquiétante du tissu économique sportif.

Comme le dit très justement Marielle de Sarnez dans l'entretien que je cite, on pouvait penser que François Hollande était un gage de sérieux sur la fiscalité puisqu'il avait affirmé avoir travaillé cet aspect de la politique économique plus que tout autre avant les présidentielles. Je l'ai cru aussi à vrai dire. Quelle erreur ! Je ne sais pas qui inspire sa ligne fiscale, mais c'est une vraie catastrophe. En fait, il n'y a pas de ligne, mais des coups de massue aveugles tapant aussi au coeur des portefeuilles des modestes et défaisant le tissu de notre économie.

Si les Socialistes en arrivant au pouvoir avait compris qu'une politique de la demande était un suicide pur et simple, il n'ont toujours pas compris ce qu'est une politique de l'offre. Il ne suffit pas de ne pas faire une relance par la demande pour faire une relance par l'offre. C'est très exactement la différence principale entre ce que propose François Bayrou et ce que proposait François Hollande ou même l'UMP dépensant à l'aveuglette pendant la crise financière de 2008 à 2010.

Je voudrais ajouter quelque chose à propos de i-télé : Marielle de Sarnez dit des choses vraiment intéressantes sur l'économie, mais ces incapables ne s'en tiennent qu'à la politique politicienne en ne titrant que sur le rassemblement MoDem-UDI. Il y aurait pu y avoir matériau à débat sur le statut des clubs de football comme PME mais ces journalistes se sont bien gardés de s'engager sur cette voie. 

On accuse les politiques de ne pas s'intéresser aux choses concrètes mais dès qu'ils le font, ils ne sont plus relayés. En revanche, pour ce qui est de diffuser les petites histoires à deux balles, là, il y a du monde. Ça m'énerve passablement. Marielle de Sarnez disait plein d'autres choses fort pertinentes mais évidemment, en face, on n'a pas relevé. On a privilégié la facilité, peut-être aussi au niveau de l'intellect d'interlocuteurs médiatiques qui se confondent de plus en plus avec les paillettes et le monde du spectacle : tout dans l'apparence, rien sur le fond.

mardi, 22 octobre 2013

100 000 logements à Paris ! Merci qui ? Merci Marielle (de Sarnez) !

Sur le moment, je me suis inquiété de ne voir que le Parisien évoquer le plan Marshall pour le logement de Marielle de Sarnez. Je me suis dit : m... ou quoi ? Dès qu'une personnalité politique aborde un sujet sérieux avec des propositions très concrètes, la presse ne relaie plus. Il n'y a que histoires à deux balles et le sensationnalisme ou quoi qui l'intéresse ? Et puis aujourd'hui et dans les moteurs de recherche, le Parisien se contente de titrer sur sa page de garde qu'elle se rapproche de NKM sans le dire. Information (spéculation ?) passionnante, n'est-ce pas ?

Heureusement, ce matin, plusieurs organes de presse se sont tout de même rattrapés : Le Point, 20Minutes, Metronews, il y en a tout de même quelques uns qui réagissent. C'est fou, tout de même, ce que l'on a du mal à intéresser la sphère médiatique avec des sujets sérieux. Au fil du temps, elle se confond de plus en plus avec le monde du spectacle.

Quant à votre serviteur eh bien il suffisait de l'avoir lu en juin puis en août pour avoir déjà un certain nombre d'informations en avant-première :-)

Marielle récapitule ses principales mesures sur son site de campagne mais le projet complet figure sinon sur le site du Mouvement Démocrate.

Le principal défi c'est évidemment de libérer du terrain pour construire du foncier. Marielle a donc mis en avant trois mesure phare pour tenter de le relever :

- récupérer des hectares qui ne sont pas exploités : couverture du périphérique, couverture des gares là où c'est possible, en particulier. L'idée de couvrir le périphérique pour bâtir est à mon avis apparu à la suite des propositions des libéraux puis du MoDem pour éviter un sort funeste aux Serres d'Auteuil : étendre les courts de tennis sur l'A13 au lieu de saccager les serres. On comprend que les Socialistes n'aient pu avoir une telle idée puisqu'ils ont depuis le début refusé catégoriquement son application pour simplement des terrains dédiés au sport (leur acharnement semble hélas porter ses fruits). Une couverture du périphérique offrirait quelques autres avantages : là où elle réalisera les riverains gagneront en confort de vie (plus de bruit, moins de pollution) et une barrière artificielle entre Paris et la petite couronne tombera (préfigurant de facto le Grand Paris à venir).

- optimiser le foncier : c'est toujours amusant de comparer les méthodes. Côté Hidalgo-Delanoë, on essaie de passer en force depuis plusieurs années pour imposer de gigantesques tours aux portes de Paris. Même si à titre personnel, je ne trouvais pas moche le projet architectural, le principe immobilier et foncier est lui mauvais. Il est évident que l'on crée un ogre énergétique amenant de surcroît du froid, des rafales de vent et de l'ombre à tout son environnement immédiat. Marielle a elle une idée bien plus simple : autoriser les co-propriétés partout où c'est possible à se surélever (immeubles de petite hauteur seulement) et bâtir au-dessus des bâtiments logistiques (entrepôts entre autres, administrations publiques).

- transformer l'existant : il existe par exemple 700 000m2 de bureaux vacants qui ne trouvent pas preneurs en raison de leur vétusté. Peu le savent et pourtant il y a là une mine d'accession au logement pour les classes moyennes. Il y aura en outre des préemptions pour mieux répartir le logement social.

Il existe d'autres mesures dans le projet de Marielle de Sarnez, mais je note la place particulière qu'elle accorde aux familles et aux classes moyennes puisque d'une part, elle entend privilégier les trois pièces et plus pour les nouvelles constructions et favoriser les investisseurs institutionnels, bailleurs offrant généralement plus de garanties de stabilité que les particuliers.

Les commissions du MoDem ont bien travaillé, au moins sur ce sujet, en tout cas. J'invite les lecteurs intéressés à prendre connaissance de la totalité du projet.

10:15 Publié dans Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : logement, sarnez, modem |  Facebook | | |