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vendredi, 20 avril 2012

Mais pourquoi donc ont-ils craint de débattre avec Bayrou ?

Il y a une chose que je n'arrive pas à m'enlever de la tête : pourquoi donc les autres candidatd dans leur ensemble ont-ils craint le débat, et, entre autres, le débat avec Bayrou ?

Je discutais avec ma compagne, il y a moins d'une heure, et elle m'assurait n'avoir rien vu de la campagne.

De petites phrases en déclarations ineptes, il ne s'est rien passé. Hollande, très sûr de lui, surfant sur le rejet de Sarkozy et le désir d'alternance, s'est contenté de gérer son avance. Sarkozy a tenté d'user de ses ressorts habituels, mais ils sont cassés.

J'apprends que Mélenchon et MLP n'ont pas voulu d'un débat à trois avec Bayrou. Il devait avoir lieu sur Daily Motion (tiens, du made in France, c'est français Daily Motion), le Figaro l'avait même annoncé. Nada, rien, ils se sont défilés.

Je finis cette campagne avec le goût amer d'avoir vu tous les concurrents de Bayrou se défiler quand une opportunité de débat se présentait. Ce fait n'a pas échappé à la presse internationale qui a reconnu dans le centriste le seul candidat à amener sur la table les débats de fond.

Marianne2 titrait  avec raison dimanche dernier que la profession de journaliste était désormais la plus détestée de toutes. Cela en dit long sur la défiance que la classe médiatique inspire désormais...

Les médias sont largement co-responsables de cette campagne insipide puisqu'à aucun moment ils n'ont proposé de format digne de ce nom pour favoriser des débats.

J'avoue avoir craqué et cessé d'écrire pendant 15 jours parce que je n'avais rien à dire et je m'ennuyais ferme.

Les blogueurs et la plupart des pure-players n'ont strictement rien apporté au débat. Le néant, ou presque. Pas mieux pour la presse en ligne, qui en est resté à des considérations tactiques la plupart du temps.

Je tiens en revanche à féliciter Frédéric Taddeï et son site newsring : voilà un journaliste et une équipe qui ont essayé autant qu'ils l'ont pu, sur Internet, de générer de vraies disccussions. Ils sont les seuls à l'avoir fait avec une parfaite objectivité. J'espère que ce site va survivre à la campagne, il le mérite.

Il reste les législatives, désormais. Beaucoup de choses vont se jouer dans l'entre-deux tours. 

23:54 Publié dans Economie, Internet | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : bayrou, présidentielle | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi les autres candidats sérieux n'ont pas voulu débattre avec Bayrou ? Oh, ça me paraît bien simple...

1) Ni NS, ni FH n'ont voulu le faire car ni l'un ni l'autre n'a voulu sortir de sa posture de "favori" en allant discuter avec un candidat de "moindre importance". Lorsqu'un candidat à 25% d'intentions de vote va débattre avec un candidat à 15%, il le prend au sérieux, l'adoube et le fait entrer dans la cour des grands. Tactiquement, il n'y a aucun intérêt à ça. A la rigueur, il envoie un deuxième couteau discuter avec lui, mais il refuse tout face à face. C'est une règle classique. Et qui vaut d'ailleurs dans tous les sens : je be crois pas que Bayrou a cherché à débattre en face à face avec Joly, Poutou, NDA ou Cheminade ?

2) MLP et JLM ont refusé car ils ne sont évidemment pas dans le même registre que Bayrou. Eux sont dans la vitupération protestataire et tribunicienne, tandis que Bayrou - qui paradoxalement tient sur le fond un discours semblable au leurs - est sur l'argumentation rationnelle. On ne joue pas aux échecs sur un terrain de rugby, en tout cas pas pendant la mêlée...

3) A mon avis, Bayrou aura finalement été à contre-temps pendant le plus clair de cette campagne. Je pense en effet que les Français ont intégré depuis longtemps l'état catastrophique de la situation et le fait que le futur président, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, ne pourra guère tenir ses promesses et devra composer avec un nombre important de forces exogènes (marché, contraintes européennes, pays émergents, etc.). C'est pourquoi les grandes questions ont été peu discutées : non parce que les Français s'en foutent, mais parce que pour eux cela va sans dire. D'où, je pense, la relative indifférence des électeurs à l'égard de Bayrou : il a intéressé lorsqu'il a semblé proposer des solutions ("Produire français"), mais dès qu'il est retombé dans la dénonciation des autres et dans les généralités sur le mal français, les électeurs se sont détournés de lui. Qui s'intéresse à celui qui dénonce et maudit la pluie quand tout le monde voit bien qu'il pleut ?

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 21 avril 2012

Il y a sans doute quelque chose de cela, en effet. MLP,Mélenchon et Bayrou se disputaient la 3ème place, ils avaient donc intérêt à débattre avec les deux favoris.
Pour les petits candidats, Bayrou avait accepté le principe d'un débat avec eux et d'autres.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 21 avril 2012

Au sujet des journalistes, il faut avoir la mémoire courte. Les gens savent bien ce qu'ils doivent à l'Europe et comment le traité constitutionnel, et en particulier cet absurde volet économique, que les journalistes avaient voulu leur vendre leur est aujourd'hui infligé en catimini. Tant que cette ardoise ad personam n'est pas apurée, il n'y aura pas de paix en France pour les journalistes.
Difficile de lire que Bayrou propose un programme dans le fond semblable à celui de Mélenchon ! Le seul point commun, c'est qu'ils sont imprimés avec de l'encre sur du papier. Pour le reste, Bayrou n'entend pas particulièrement résister à la dette. Il la paierait jusqu'au dernier sou.

Écrit par : Erasmus Tharnaby | samedi, 21 avril 2012

Je pense que Bayrou était franchement dérangeant pour les quarte autres favoris. Parce que c'était le seul à ne pas respecter le "business as usual". Je croix que pour eux (ou leurs appareils) il était d'un côté une sorte d'extra-terreste et de l'autre un dangereux kamikaze probablement capable de mettre à nu leurs mensonges.

Quand on ne veut pas parler d'économie on n'invite pas à table celui dont c'est l'obsession. L'image que la population a de Mélanchon aurait pu faire croire qu'ils pouvaient débattre ensemble, mais c'est mal comprendre le bonhomme et les contradictions de sa campagne. Mis à part le fait que sa rébellion est pipo, son programme est basé sur le fait de faire plier les partenaires économiques par un affrontement viril, sans dialogue ou compromission (pourquoi débattre dans ce cas ?). Bref sur la papier le dialogue ne colle pas et dans la réalité il roule toujours pour le système actuel, espérant juste monter dans la chaine alimentaire.

Par ailleurs tout les quatre sont rodés au débat contre LA droite ou contre LA gauche, Bayrou leur pose un sérieux problème rhétorique... dont la seule issue est de se remettre à penser (trop de travail) ou alors de fustiger sa position comme étant molle (bin oui, trop peu à droite, trop peu à gauche, indécise, molle quoi) et en plus traitre à quelque bord dont il puisse se rapprocher. Bref pour ceux qui ne voient la politique qu'en une seule dimension Bayrou est illisible.

Quelques idées sur ce qui pourrait expliquer le peu de raisonnance de sa campagne.

-1- les gens ne croient plus aux politiques. D'abord parce qu'ils ont échoué, parce qu'on nous présente de toute façon toujours les mêmes, parce qu'on mesure facilement avec internet que ce ne sont des hommes imparfaits (et pas toujours recommandables) et qu'ils n'ont rien à voir avec les super héros de la nation ou du peuple que les élections leur font incarner

-2- Les gens ne s'intéressent plus aux politiques. Pour les même raisons, mais aussi parce qu'ils ont soit suffisamment d'emmerdes plus importantes en ce moment pour ne pas avoir le temps ou l'envie de s'intéresser à la politique, soit ils ont depuis un moment décidé que s'était inutile d'attendre quoi que ce soit des politiques et de l'état (à part des emmerdes).

-3- Chacun pour des raisons différentes, énormément de gens pensent que leur choix ne leur appartient plus. Soit que l'offre soit biaisée, soit que les décisions soient prises ailleurs.

-4- Les médias ont été incapables de faire vivre le débat démocratique. Journalistes ignares et incompétents dans leur grande majorité, organisation de la presse défectueuse, effet internet de saturation d'information (souvent peu intéressante, redondantes, fausse), neutralité de pacotille ni véritable, ni souhaitable qui résulte en fadaises inaudibles en flux intarissables. Nous sommes dans une époque d'implosion de la communication. Petit à petit tout devient spam.

-5- Peut-être que plus grand monde ne veut sauver le modèle social français. Parce qu'ils pensent qu'il est déjà mort, déficient ou de toute façon condamné, peut être même pas souhaitable. Ceux qui y croient encore ou veulent le sauver sont principalement des utopistes défenseurs acharnés de la gauche et c'est déjà beaucoup demander que de les faire voter Hollande... alors s'intéresser à Bayrou, même pas en rêve.

-6- Faire confiance à la démocratie pour faire émerger un projet cohérent d'une part et intelligent d'autre part est peut-être une utopie. Le pari de Bayrou de traiter le peuple en adulte intelligent et responsable, n'a semblé porter ses fruits que chez les journalistes éduqués (donc pas tous) et ceux qui le soutenaient déjà par affinité pour son image, son parcours ou autre. Il semblerait qu'une majorité de français potentiellement adhérents à son discours ne l'ont simplement jamais entendu.

Pour ma part, étant déjà sympathisant, j'ai pris le temps de regarder la conférence de presse sur la loi cadre pour la production en France. Jusque là dubitatif, j'ai été totalement convaincu, reconnaissant là un travail sérieux, des idées que je soutenait déjà, beaucoup de bon sens, de bonne volonté et à l'arrivée, l'impression d'enfin pouvoir sortir de ce long tunnel de crise que j'ai vécu toute ma vie. Bref j'avais trouvé mon candidat et la preuve irréfutable que sa candidature et son projet tenaient totalement la route. J'ai cru halluciner par la suite quand j'ai vu que PERSONNE n'en parlait, PAS UN SEUL JOURNALISTE pour commenter analyser ou même se faire l'écho de ce projet, seul et unique à ma connaissance ayant réellement prévu du concret pour sortir de la crise. Plus fort encore, certains ont continué à dire que Bayrou n'avait pas de programme, hésitait ou restait dans le vague. Non, mais je rêve. Il y avait quoi à cette conférence de presse, des journalistes ou des intermittents du spectacle ?
Même sur ce blog, rien.
Ca aurait pourtant été le moment de soutenir votre candidat.

Écrit par : raphael | samedi, 21 avril 2012

Je pense que Bayrou était franchement dérangeant pour les quarte autres favoris. Parce que c'était le seul à ne pas respecter le "business as usual". Je croix que pour eux (ou leurs appareils) il était d'un côté une sorte d'extra-terreste et de l'autre un dangereux kamikaze probablement capable de mettre à nu leurs mensonges.

Quand on ne veut pas parler d'économie on n'invite pas à table celui dont c'est l'obsession. L'image que la population a de Mélanchon aurait pu faire croire qu'ils pouvaient débattre ensemble, mais c'est mal comprendre le bonhomme et les contradictions de sa campagne. Mis à part le fait que sa rébellion est pipo, son programme est basé sur le fait de faire plier les partenaires économiques par un affrontement viril, sans dialogue ou compromission (pourquoi débattre dans ce cas ?). Bref sur la papier le dialogue ne colle pas et dans la réalité il roule toujours pour le système actuel, espérant juste monter dans la chaine alimentaire.

Par ailleurs tout les quatre sont rodés au débat contre LA droite ou contre LA gauche, Bayrou leur pose un sérieux problème rhétorique... dont la seule issue est de se remettre à penser (trop de travail) ou alors de fustiger sa position comme étant molle (bin oui, trop peu à droite, trop peu à gauche, indécise, molle quoi) et en plus traitre à quelque bord dont il puisse se rapprocher. Bref pour ceux qui ne voient la politique qu'en une seule dimension Bayrou est illisible.

Quelques idées sur ce qui pourrait expliquer le peu de raisonnance de sa campagne.

-1- les gens ne croient plus aux politiques. D'abord parce qu'ils ont échoué, parce qu'on nous présente de toute façon toujours les mêmes, parce qu'on mesure facilement avec internet que ce ne sont des hommes imparfaits (et pas toujours recommandables) et qu'ils n'ont rien à voir avec les super héros de la nation ou du peuple que les élections leur font incarner

-2- Les gens ne s'intéressent plus aux politiques. Pour les même raisons, mais aussi parce qu'ils ont soit suffisamment d'emmerdes plus importantes en ce moment pour ne pas avoir le temps ou l'envie de s'intéresser à la politique, soit ils ont depuis un moment décidé que s'était inutile d'attendre quoi que ce soit des politiques et de l'état (à part des emmerdes).

-3- Chacun pour des raisons différentes, énormément de gens pensent que leur choix ne leur appartient plus. Soit que l'offre soit biaisée, soit que les décisions soient prises ailleurs.

-4- Les médias ont été incapables de faire vivre le débat démocratique. Journalistes ignares et incompétents dans leur grande majorité, organisation de la presse défectueuse, effet internet de saturation d'information (souvent peu intéressante, redondantes, fausse), neutralité de pacotille ni véritable, ni souhaitable qui résulte en fadaises inaudibles en flux intarissables. Nous sommes dans une époque d'implosion de la communication. Petit à petit tout devient spam.

-5- Peut-être que plus grand monde ne veut sauver le modèle social français. Parce qu'ils pensent qu'il est déjà mort, déficient ou de toute façon condamné, peut être même pas souhaitable. Ceux qui y croient encore ou veulent le sauver sont principalement des utopistes défenseurs acharnés de la gauche et c'est déjà beaucoup demander que de les faire voter Hollande... alors s'intéresser à Bayrou, même pas en rêve.

-6- Faire confiance à la démocratie pour faire émerger un projet cohérent d'une part et intelligent d'autre part est peut-être une utopie. Le pari de Bayrou de traiter le peuple en adulte intelligent et responsable, n'a semblé porter ses fruits que chez les journalistes éduqués (donc pas tous) et ceux qui le soutenaient déjà par affinité pour son image, son parcours ou autre. Il semblerait qu'une majorité de français potentiellement adhérents à son discours ne l'ont simplement jamais entendu.

Pour ma part, étant déjà sympathisant, j'ai pris le temps de regarder la conférence de presse sur la loi cadre pour la production en France. Jusque là dubitatif, j'ai été totalement convaincu, reconnaissant là un travail sérieux, des idées que je soutenait déjà, beaucoup de bon sens, de bonne volonté et à l'arrivée, l'impression d'enfin pouvoir sortir de ce long tunnel de crise que j'ai vécu toute ma vie. Bref j'avais trouvé mon candidat et la preuve irréfutable que sa candidature et son projet tenaient totalement la route. J'ai cru halluciner par la suite quand j'ai vu que PERSONNE n'en parlait, PAS UN SEUL JOURNALISTE pour commenter analyser ou même se faire l'écho de ce projet, seul et unique à ma connaissance ayant réellement prévu du concret pour sortir de la crise. Plus fort encore, certains ont continué à dire que Bayrou n'avait pas de programme, hésitait ou restait dans le vague. Non, mais je rêve. Il y avait quoi à cette conférence de presse, des journalistes ou des intermittents du spectacle ?
Même sur ce blog, rien.
Ca aurait pourtant été le moment de soutenir votre candidat.

Écrit par : raphael | samedi, 21 avril 2012

Allez hop, interlude!
http://www.youtube.com/watch?v=EwbVdXzm1bA

Traduction:
Le tigre


je suis le tigre.


Je te guette parmi les feuilles
aussi grandes que des lingots
de minerai mouillé.


Le fleuve blanc grandit
sous la brume.Te voici .


Tu plonges nue.
J’attends.


Alors d’un bond,
feu,sang et dents,
ma griffe abat
ta poitrine,tes hanches.
Je bois ton sang, je brise
tes membres,un à un .


Et je reste dans la forêt
à veiller durant des années
tes os ,ta cendre,
immobile, à l’écart
de la haine et de la colère,
désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,
immobile sous la pluie,
sentinelle implacable
de mon amour, cet assassin.

Pablo Neruda

Écrit par : Martine | samedi, 21 avril 2012

Martine: ;-)

L'Hérétique:
Oups double post au dessus (super long en plus). Désolé.

Écrit par : raphael | dimanche, 22 avril 2012

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