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vendredi, 24 février 2017

Nous ne sommes pas à l'abri de nouveaux coups de tonnerre

Je suis centriste, centre-droit et modérément libéral et j'avoue qu'il y a une hypothèse qui me fout drôlement la trouille dans cette campagne présidentielle. Je ne devrais même pas l'énoncer ici mais de toutes façons, mes adversaires politiques ont déjà fait le calcul.

Si Hamon et Mélenchon unissaient leurs forces derrière un seul de l'un d'eux, je ne dis pas que l'addition serait 100% mathématique mais il serait à peu près sûr qu'ils dépasseraient Macron et Fillon.

Et là, le cauchemar commencerait.

Un second tour Hamon ou Mélenchon contre Marine Le pen.

J'ai lu le livre de Mélenchon. Qui sait que son intention est de convoquer une assemblée constituante en interdisant à tous ceux qui ont déjà exercé une députation de se présenter à nouveau ? Aucun processus démocratique n'est établi derrière la mise en place de cette assemblée. En fait, ce serait ni plus ni moins un coup d'état. Mélenchon dit parfois des choses profondes et j'ai du respect pour l'individu qu'il est, mais, politiquement, il me serait impossible de voter pour un homme qui a un tel programme, même contre Marine Le pen. J'ai lu le programme du FN et il n'y est nulle part question de revenir sur les processus démocratiques qui sont ceux de notre pays. Donc, à titre, ce programme est pire que celui du FN. Mais à côté de cela, quand vous avez compris QUI se trouve dans ce parti, vous pouvez commencer à trembler. Le FN se contrefiche bien des droits associés à la démocratie et surtout à l'Homme, qu'ils vomissent et on voit bien que c'est le cas de son électorat aussi. Dérapages sûrs à 200% !

Le problème, voyez-vous, c'est que le cauchemar, il est possible, et les 70 000 signataires de la pétition qui aspirent à une telle union et à sa réalisation l'ont bien compris eux. Une telle alliance serait un coup de tonnerre dans la campagne à deux mois du premier tour. Face à Hamon ou Mélenchon, MLP aurait de très sérieuses chances de gagner. 

Je vous le dis franchement, je ne pousserai un "ouf" que lorsque les candidatures à l'élection seront closes et ce danger écarté, et encore : on ne sait jamais, jusqu'au dernier moment cette option reste possible.

Nous sommes dans une configuration très instable. On peut dire, en gros, qu'il y un quart de l'électorat pour les quatre grandes forces. 25% pour la gauche de la gauche (Hamon+Mélenchon), un peu plus de 20% pour le centre (Macron), près de 25% aussi pour la droite conservatrice (Fillon + Dupont-Aignan) et 25% pour l'extrême-droite (MLP).

Tout peut basculer vite. Je me console sur un seul point : on dit l'électorat de Macron volatil mais je fais observer que je vois pas trop où il peut se diriger, désormais. Il devrait assez rapidement se consolider.

Mais ce qui rend encore plus dangereuse cette élection c'est que 40% de l'électorat n'est pas décidé. Même si Macron parvient à accéder au second tour, ce que je lui souhaite, il sera en grand danger face à Marine Le pen, sans parler de Fillon pour lequel la gauche ne viendra jamais voter. 

Il faut bien comprendre quelque chose avec le vote FN : on ne peut déjà plus le faire régresser. En réalité, la stratégie, désormais, c'est le containment, comme disent les Anglo-Saxons, c'est à dire qu'il faut l'empêcher de continuer à grignoter l'électorat. C'est le mieux que l'on puisse faire à l'heure actuelle car le vote FN est un chemin sans retour. Le seul qui était parvenu (mais à quel prix !!! A celui d'une porosité de plus en plus forte entre son électorat et celui du FN !) à faire régresser ce vote, c'était Nicolas Sarkozy en 2007.

Très franchement, si on y parvient pour 2017, mais que la situation de la France ne s'est pas rétablie en 2022, cette fois, plus rien ne pourra empêcher le FN de conquérir le pouvoir. Ce n'est qu'une question de temps.

mardi, 29 novembre 2016

Hollande, par sa vanité, torpille toute la gauche.

Si j'étais à gauche, a fortiori un responsable de gauche, j'aurais toutes les raisons du monde d'en vouloir vraiment à François Hollande.

Par vanité, en dépit des scores ridicules qu'il obtient dans les sondages, il imagine encore pouvoir être élu et s'accroche à sa candidature comme un chapeau chinois à son rocher (essayez d'en décoller un une fois, vous comprendrez l'image).

Ce-faisant, il empêche toute possibilité de renouvellement car aucune figure ne peut émerger tant qu'il n'a pas exprimé ses intentions, simplement parce qu'il est président.

Macron qui l'a compris assez rapidement a peut-être fait acte de candidature en dehors d'une primaire à cause de cela.

Il y a un authentique égoïsme forcené de la part de cet homme qui s'attache à des mirages sans consistance.

La droite n'est pas si forte que cela dans les sondages.

Une personnalité politique pas trop compromise dans les fautes de ce gouvernement (et elles sont nombreuses), suffisamment populaire, pourrait prendre le relais et attirer de nombreuses voix, surtout si François Fillon persiste à proposer un programme social aussi brutal, ce qui lui vaudra immanquablement une candidature centriste.

La gauche pourrait être au second tour de la présidentielle. Il n'est pas écrit dans le marbre que Marine Le pen y sera. Mais pour cela, il faudrait qu'elle choisisse un candidat consensuel et que le programme proposé soit solidaire sans être idéologique. 

Une personnalité comme Martine Aubry pourrait, par exemple, représenter cette gauche. Cela pourrait aussi être un ou une candidate de la même envergure et de la même consistance.

Mais je vois bien que les Socialistes ne prennent pas ce chemin et, que, par la faute de François Hollande, ils sont en train, avec leurs alliés, de se tirer une balle dans le pied...

 

vendredi, 04 mai 2012

Amis du centre et centre-droit, ne jouez pas avec le feu.

Un  dernier petit billet pour la route, très court.

Amis centristes, ne prenez pas le risque de voir Sarko rester à l'Élysée. Faites un bon geste et donnez à Giulia un papa à plein temps qui pourra enfin consacrer à l'éducation de la petite le temps qui lui est nécessaire.

Permettez-lui de trouver son papa à son réveil lundi matin au lieu de devoir se rendre en cadillac à l'Élysée.

Accessoirement, à défaut de compassion pour Giulia, pensez à la France, alors.

Amoncellements de déficits, imbroglio inextricable de lois de circonstances diverses, jungle administrative,  industrie en berne, agitation permanente remplaçant les réformes de fond, navigation à vue, il est peut-être temps d'en finir, non ?

Pour Hollande, juste une remarque pour la dette : il a tout de même toujours laissé entendre que l'application de son programme serait conditionné à l'état des finances publiques, ce qui est un pis-aller.

Et puis il y aura les législatives pour se rattraper...

23:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : sarkozy, présidentielle |  Facebook | | |

vendredi, 20 avril 2012

Mais pourquoi donc ont-ils craint de débattre avec Bayrou ?

Il y a une chose que je n'arrive pas à m'enlever de la tête : pourquoi donc les autres candidatd dans leur ensemble ont-ils craint le débat, et, entre autres, le débat avec Bayrou ?

Je discutais avec ma compagne, il y a moins d'une heure, et elle m'assurait n'avoir rien vu de la campagne.

De petites phrases en déclarations ineptes, il ne s'est rien passé. Hollande, très sûr de lui, surfant sur le rejet de Sarkozy et le désir d'alternance, s'est contenté de gérer son avance. Sarkozy a tenté d'user de ses ressorts habituels, mais ils sont cassés.

J'apprends que Mélenchon et MLP n'ont pas voulu d'un débat à trois avec Bayrou. Il devait avoir lieu sur Daily Motion (tiens, du made in France, c'est français Daily Motion), le Figaro l'avait même annoncé. Nada, rien, ils se sont défilés.

Je finis cette campagne avec le goût amer d'avoir vu tous les concurrents de Bayrou se défiler quand une opportunité de débat se présentait. Ce fait n'a pas échappé à la presse internationale qui a reconnu dans le centriste le seul candidat à amener sur la table les débats de fond.

Marianne2 titrait  avec raison dimanche dernier que la profession de journaliste était désormais la plus détestée de toutes. Cela en dit long sur la défiance que la classe médiatique inspire désormais...

Les médias sont largement co-responsables de cette campagne insipide puisqu'à aucun moment ils n'ont proposé de format digne de ce nom pour favoriser des débats.

J'avoue avoir craqué et cessé d'écrire pendant 15 jours parce que je n'avais rien à dire et je m'ennuyais ferme.

Les blogueurs et la plupart des pure-players n'ont strictement rien apporté au débat. Le néant, ou presque. Pas mieux pour la presse en ligne, qui en est resté à des considérations tactiques la plupart du temps.

Je tiens en revanche à féliciter Frédéric Taddeï et son site newsring : voilà un journaliste et une équipe qui ont essayé autant qu'ils l'ont pu, sur Internet, de générer de vraies disccussions. Ils sont les seuls à l'avoir fait avec une parfaite objectivité. J'espère que ce site va survivre à la campagne, il le mérite.

Il reste les législatives, désormais. Beaucoup de choses vont se jouer dans l'entre-deux tours. 

samedi, 07 avril 2012

The Economist : l'univers parallèle des Français...

Cette traduction vous est proposée par une équipe de bénévoles. L’article traduit ici est issu du magazine « The Economist » du 31 mars 2012 et est disponible dans sa version originale à l’adresse http://www.economist.com/node/21551461

 

L'élection présidentielle: une vérité qui dérange

 

Quand il s’agit de sécurité, les Français sont attentifs. Mais quand il s’agit des dangers auxquels leur économie est confrontée, ils sont encore peu vigilants.

Une semaine après que la France fut secouée par les fusillades d'un terroriste dans la ville de Toulouse et ses environs, les candidats à l'élection présidentielle ont repris leur campagne. Le ton est un peu moins strident, les concurrents respectueux de l'humeur sombre. Pourtant, le retour à la campagne électorale a néanmoins une qualité surréaliste, contrairement aux nouvelles inquiétudes sur la sécurité. Les candidats échouent complètement à reconnaître que le pays fait face à une crise économique imminente.

La vérité qui dérange est que la France, la deuxième plus grosse économie dans la zone euro après l'Allemagne, se retrouve coincée dans l'étau de ses finances publiques. La dépense publique française représente maintenant 56% du PIB (voir le graphique 1), comparé à la moyenne de l'OCDE qui est de 43,3%, ce qui est même plus élevé qu'en Suède. Pendant des années, la France a offert à son peuple un modèle social de services, d'allocations et de protection dans le style suédois, mais a échoué à créer assez de richesses pour le financer.

Aujourd'hui, la France continue à se comporter comme si elle avait les finances publiques de la Suède ou de l'Allemagne, alors qu'en réalité elles sont plus proches de celles de l'Espagne. Bien que la France et l'Allemagne aient un niveau d'endettement public comparable, supérieur à 80% du PIB, il diminue en Allemagne alors qu'en France, il est à 90% et en augmentation. Une agence de notation a déjà déchu la France de sa note financière AAA, illustrant les inquiétudes à propos d'une dette élevée et d'une croissance faible. L'instance d'audit du pays, la Cour des Comptes, dirigée par Didier Migaud, un ancien député socialiste, a averti qu'à moins que des «décisions difficiles» soient prises cette année et celles à venir, la dette publique pourrait atteindre 100% du PIB d'ici 2015 ou 2016.

L'érosion de la compétitivité française soulève des questions difficiles sur le contrat social.

 

Les Français chérissent l'idée que chaque individu ait droit à des services décents dans des délais corrects et un filet de protection généreux pour les mauvaises situations. Mais à quel niveau la France a réellement les moyens d'offrir une protection à ses citoyens en cas de maladie, de chômage, de naissance ou de vieillesse? Comment le pays peut-il justifier son administration publique gigantesque – un millefeuille de communes, de départements, de régions et de l'État central – qui emploie 90 fonctionnaires pour 1000 habitants contre 50 en Allemagne ? Comment la France peut-elle alléger le fardeau fiscal, en incluant les charges sociales sur la masse salarie, pour encourager l'entrepreneuriat et la création d'emplois ?

Pour faire simple, la France est sur le point de faire face aux durs choix auxquels Gerhard Schröder, l'ancien chancelier allemand, a été confronté au début des années 2000 ou aux choix que la Suède a dus faire au milieu des années 90, quand son propre système social devenu insoutenable s'est effondré. La crise de la zone euro, qui a rendu les marchés obligataires intraitables sur le management économique laxiste, montre que ces décisions sont devenues de plus en plus urgentes et difficiles. Quel que soit le candidat élu à l'issue des deux tours de l'élection présidentielle le 22 avril et le 6 mai, il devra choisir. S'il échoue à être assez rigoureux sur le déficit, les marchés réagiront négativement, et la France pourrait se retrouver au centre d'une nouvelle crise de la zone euro. S'il s'attaque frontalement au déficit avec une hausse des impôts à tous les niveaux et même par des coupes dans les dépenses publiques, les électeurs n'y seront même pas préparés.

«Le vrai risque pour la zone euro n'est pas la Grèce, mais la France» a dit un haut dirigeant français de la finance. Nicolas Baverez, un commentateur qui avait prévu les problèmes de la dette qui menaçaient le pays dans un ouvrage paru en 2003, est d'accord: «Je suis convaincu que la France sera au centre d'une prochaine crise dans la zone euro»

Les candidats, cependant, réussissent avec talent à esquiver toutes [ces questions]. Avant que les fusillades de Toulouse n'interviennent, la campagne a tourné autour d'affaires pressantes comme les abattoirs halal, l'immigration et la taxe sur les exilés fiscaux. Bien que Nicolas Sarkozy, le Gaulliste sortant, et François Hollande, son rival socialiste, aient adhéré à la réduction des déficits, chacun jurant de ramener le déficit de la France à 3% du PIB l'année prochaine, aucun n'a promis de le faire par des coupes radicales dans les dépenses publiques.

Les deux favoris à la présidentielle insistent plutôt sur le rééquilibrage des comptes par des hausses d'impôts. M. Sarkozy a déjà augmenté l'imposition sur les entreprises et les revenus. Il dit qu'il veut taxer même ceux qui ont quitté la France pour échapper à l'impôt. M. Hollande a promis de prélever 75% au delà d'un million d'euros ($ 1,3m) par an, ce qui signifie qu'ils paieront 90% en prenant en compte les charges sociales. Il veut aussi augmenter l'impôt sur le patrimoine, prélevé annuellement sur une assiette de plus de 1,3 millions d'euros et augmenter l'impôt sur les dividendes. Il jure de remonter le salaire minimum, de créer 60 000 emplois d'enseignants, de diminuer l'âge de départ à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeune, et de «renégocier» le Pacte de stabilité et de croissance européen, un compris obtenu de haute lutte qui garantit une stricte discipline budgétaire.  

Comment la France peut-elle continuer à tenir une élection qui a significativement échoué à se confronter aux vraies questions? Quels sont les chances pour que n'importe quel candidat, s'il est élu, soit prêt à faire face à la crise à venir ?

Un univers parallèle

 

L'été dernier,  Jean-Pascal Tricoire, le président du directoire de Schneider Electric, une entreprise française dans les services de l'énergie fondée en Bourgogne en 1836, a fait ses bagages pour Hong-Kong pour diriger l'entreprise depuis l'Asie. Il a pris deux hauts dirigeants avec lui ; d'autres ont suivi. Ils se sont joints au nouvel exode français vers Hong-Kong, [qui concerne] plus particulièrement les entrepreneurs. Le siège social officiel de Schneider Electric, et donc sa domiliation fiscale, reste en France. Mais avec seulement 8% de son chiffre annuel réalisé en France actuellement, les yeux de la firme sont tournés vers le reste du monde.

Passez du temps avec les chefs des plus grandes entreprises françaises, comme Schneider Electric, vous verrez que leurs préoccupations sont globales. Ils parlent du Brésil et de la Chine, et ils regardent constamment leur compétitivité internationale. Avec plus d'entreprises que n'importe quel autre pays européen dans le classement des 500 plus riches entreprises mondiales au palmarès "Fortune 500", la France a un leader mondial dans quasiment chaque secteur, de l'assurance (AXA) aux cosmétiques (L'Oréal). Ces firmes connaissent parfaitement bien les dégats que pourrait occasionner une imposition à 75%. «Une catastrophe» dit un des dirigeants. «Complètement fou» dit un autre.

Pourtant, les Français ordinaires paraissent presque tous hostiles à ces mêmes entreprises, et aux marchés mondialisés qui ont aide à faire de leur économie la cinquième au monde. Seulement 31% des Français pensent que l'économie de marché est le meilleur système possible, selon un sondage pour Globescan, une entreprise de sondage (voir graphique 3). En dix ans de sondage, les Français ont constamment été les plus méfiants vis-à-vis du capitalisme. C'est la France qui a voté «non» en 2005 au référendum sur le traité constitutionnel européen, dans un contexte de peur de plombiers polonais déferlant en France sous la coupe des règles du marché unique. Et c'est cette France qui a fait d'un livre intitulé «La Démondialisation» un bestseller l'année dernière.  

Les Français vivent avec cette contradiction nationale – ils profitent de la richesse et des emplois que les entreprises transnationales ont apporté et dénoncent en même temps le système qui les a créés – parce que l'élite dirigeante et les médias les ont convaincu qu'ils sont victimes des marchés mondialisés. Les syndicalistes ont nettement plus de temps d'antenne que les hommes d'affaires. On a constamment raconté aux Français qu'ils sont innocents et victimes de banquiers imprudents qui ont prêté déraisonnablement, ou de spéculateurs sans morale, ou des agences de notations «anglo-saxonnes». M. Sarkozy a appelé à une moralisation du capitalisme pour juguler ses abus. M. Hollande a déclaré que son «principal opposant est le monde de la finance». Peu de politiciens s'attachent à souligner que la plus grande partie du problème est la dette accumulée par les gouvernements français successifs, qu'ils ont eux même accrus les décennies passées. Pourquoi ?

L'explication est pour moitié une histoire de conviction et pour moitié une question de calcul. La droite et la gauche en France n'ont jamais été en faveur du marché, sauf sous la contrainte. En dépit de l'élan libéral de circonstances, M. Sarkozy fait partie de la famille gaulliste, qui rejette fondamentalement une telle doctrine. La plupart des dirigeants socialistes actuels se sont fait les dents en travaillant pour François Mitterrand (M. Hollande a fait partie de son équipe présidentielle); le parti est toujours beaucoup plus préoccupé par la redistribution que par la création de richesses. «L'âme de la France» a déclaré M. Hollande quand il a lancé sa campagne, «est l'égalité.» Les candidats n'ont rien donné. Dix ans plus tôt, le plus récent candidat de cette mouvance, Alain Madelin a obtenu à peine 3,9% des voix.

Discours dangereux

 

C'est la réalité des élections d'aujourd'hui. Plutôt que de réagir à ces attitudes et de secouer les Français pour les faire sortir de leur zone de confort, les deux favoris se plient aux attentes du peuple. A un rassemblement géant à Villepinte, au nord de Paris, M. Sarkozy a craché sur les règles du commerce au sein de l'Union Européenne, qui selon lui est à l'origine d'une concurrence «sauvage» ; il a appellé à un «Buy European Act» pour les marchés publics si les partenaires commerciaux non européens n'ouvraient pas leurs marchés, et il a menacé de retirer le pays de la zone de libre-circulation qu'est l'espace Schengen si les pays membres ne décidaient pas de renforcer le contrôle de l'immigration à l'extérieur de la zone.

Non sans ironie, ce fils d'un immigré hongrois commence à s'engager sur un terrain glissant, abordant le sujet des "étrangers trop nombreux" en France. Tout celà a pour but de rassurer l'électeur français qui s'agite, pensant que l'Europe ne le protège pas de la concurrence mondiale. 

Bien sur, Sarkozy peut mettre à son actif quelques réformes libérales utiles, comme le relèvement de l'âge minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans, ou l'autonomie des universités. Il a aussi signalé le poids écrasant des charges sociales françaises sur les employeurs, qui étouffent la création d'emplois et qu'il a raboté un peu. Mais le politicien, qui a écrit qu'il désapprouvait «la France [qui] n’a pas arrêté de décourager l’initiative et de punir le succès», augmente aujourd'hui les impôts sur les riches et tape sur les grands patrons et les banquiers à tout bout de champ.

Tout ceci est aussi tactique. Au premier tour des élections en France (comme dans les primaires américaines), les candidats essaient de consolider leur base; au tour décisif, ils virent au centre. A l'extrême-droite, M. Sarkozy doit affronter Marine Le Pen, la candidate télégénique du Front National. Les derniers sondages la place à la troisième ou quatrième place avec 16 à 18% des voix au premier tour, contre 28% chacun pour Sarkozy et Hollande. Mais personne n'a oublié son père, Jean-Marie, qui a arraché une place au second tour en 2002 au dépens du candidat socialiste. La fougeuse Mme Le Pen, qui a sorti son parti de son image musclée, n'est pas à même de répéter l'exploit. Sa campagne forte cadre néanmoins beaucoup avec le débat électoral avec ses appels à quitter l'euro, à réindustrialiser le pays et à endiguer l'islamisation.

M Hollande fait face à une pression similaire sur sa gauche. Avec sa réputation de modéré, qui a promis d'introduire sa propre loi d'équilibre budgétaire, il doit lutter pour repousser la gauche radicale incarnée par Jean-Luc Mélenchon, trotskyste dans sa jeunesse et ancien sénateur socialiste désormais soutenu par le parti communiste (stalinen). A un récent rassemblement organisé, avec un symbolisme théâtral, à la Bastille, M. Mélenchon a appelé à une «insurrection civique» contre «l'ancien régime». Il veut des pensions à taux plein pour tous à 60 ans, une hausse de 20% du salaire minimum et un plafond de 360 000 euros annuels pour les salaires. Avec son style agressif et ses manières bourrues, la campagne de M. Mélenchon a fait sensation. Plus d'un Français sur dix a l'intention de voter pour lui.

Même si la plupart des électeurs de Mélenchon vont se rassembler derrière M. Hollande au second tour, sa récente pointe dans les sondages grignote quelques points à M. Hollande, tassant la vague qui pourrait l'amener à la victoire. Ainsi, ses propositions pour une nouvelle taxe sur les transactions financières, l'abolition des "stock options" et le taux d'imposition à 75%. De là aussi ses attaques cinglantes sur la finance et les richesses et la dénonciation des nouveaux super riches comme "arrogants et cupides". 

Opération décryptage

 

Beaucoup de commentateurs français ne prennent pas en considération ces propositions qu'ils estiment être une simple posture politique.

Les soutiens des deux favoris assurent, qu'en réalité, chacun comprend ce qui est en jeu. La taxe de 75%, dit Olivier Ferrand, le dirigeant de Terra Nova, un think-tank lié au parti socialiste, n'est "qu'une mesure symbolique". Même M. Hollande a concédé que cela ne rapporterait que peu de recettes. Derrière toute cette réthorique, M. Ferrand insiste, "le parti socialiste s'est modernisé, et il comprend le besoin d'améliorer la compétivité et de contrôler les déficits".

M. Hollande a un caractère jovial en privé, il rejette l'idée qu'il est dangereux, comme il l'a affirmé – en Anglais – à son arrivée à Londres en février. Il a chargé de sa campagne deux hommes, Pierre Moscovici et Manuel Valls, qui ont été proches du modéré Dominique Strauss-Khan, ancien-patron du FMI, qui a été évincé de la course suite à un scandale sexuel. Une fois au povuoir, les socialistes français peuvent finir par faire des choses bien. Avec M. Strauss-Khan comme ministre des finances, Lionel Jospin, le premier ministre socialiste de 1997 à 2002, a privatisé plus d'entreprises françaises que tous ses prédécesseurs réunis. «Nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations», a rappelé M. Hollande avant de venir à Londres.

Pourtant, cela nécessite beaucoup d'indulgence de la part de l'électorat d'accepter que le candidat ne fera pas la moitié des choses qu'il a promis de faire. Il y a un risque sérieux de déception si, par exemple, le président Hollande était amené à dire lors de ses prises de fonctions: «Nous avons examiné les comptes publics et, quel dommage, il n'y a plus de monnaie pour faire ce que j'ai promis.» Mais d'abord pour désamorcer ce risque, le nouveau président devrait mettre en place quelques unes de ses idées loufoques, seulement pour une question de posture politique. La dernière mesure de ce type qu'on mise en place les socialistes était la semaine des 35 heures.

Décoder M. Sarkozy n'est pas facile. Il a lâché du lest sur le côté le plus déplaisant de sa réthorique, mais elle reste en bonne partie tout simplement malhonnête. Il y a déjà, par exemple, une réforme de Schengen qui devrait autoriser les membres à suspendre la liberté de circulation lors de circonstances exceptionnelles. Son idée d'un impôt dans le style américain sur les Français expatriés, mais seulement les exilés fiscaux, serait tout bonnement impossible à appliquer. Peut-être le sait-il, comme beaucoup, et qu'il ne le ferait donc pas. En effet, les amis de Sarkozy affirment qu'il deviendrait un président réformiste s'il est réélu, «Sarkozy a débuté sa campagne en appelant à des réformes dans la veine de celles menées en Allemagne» a dit un des conseillers. «Mais il a réalisé qu'il n'avait aucune chance de gagner avec ça, parce que c'est impopulaire, donc il a préféré plutôt défendre des mesures populistes de droite.» En poste, affirme le même conseiller, il serait un «président réformiste très actif.»

Au milieu de tout ce double langage, le seul candidat qui a constamment parlé du besoin de réduire la dette publique et de couper dans les dépenses est François Bayrou, un centriste. Il est un concurrent de longue date à la présidentielle, sans soutien d'un parti puissant, il sort de son tracteur dans sa ferme du Béarn tous les cinq ans pour concourir au poste à Paris. M. Bayrou n'est pas un libéral: il veut un «juste prix» pour les produits agricoles, et il propose des droits de vote aux syndicats dans les conseils d'administration des entreprises. Mais il a promis au moins 50 milliards d'euros de coupes budgétaires (parallèlement à 50 milliards d'euros de hausse d'impôts, incluant une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 50%, et relevant à 44% la tranche marginale actuelle). Considérant la tranche imposable à 75% d'Hollande comme «insensée», il déplore le [faible] niveau du débat politique. «Nous ne posons aucune des questions dont dépend la survie future de la France» a dit M. Bayrou. «Quand un pays ne se pose aucune de ces questions, il court le risque d'une catastrophe». Pour le moment, les votants ne semblent guère prêter attention à ce message: les chiffres de Bayrou ne sont pas meilleurs que ceux de Mélenchon, qui sont monté jusqu'à 12-13%.

Promesses de rupture

 

Tout cela laisse aux électeurs la tâche peu enviable de décrypter les messages de chaque candidat pour en déceler la partie crédible de celle qui est de la pure fantaisie.

L'idée la plus probable est que les deux favoris, pour leur propre sécurité politique, auraient besoin de mettre en place quelques unes de leurs idées excentriques. Cela pourrait causer d'énormes dégâts. En 2007, après avoir parlé très durement de l'immigration, M. Sarkozy se lança et créa le ministère de l'identité nationale, pour finalement le supprimer plus tard, après avoir causé beaucoup d'indignation en cours de route. Si, une fois président, Hollande mettait en place sa nouvelle tranche d'imposition à 75% –  au moment même où la Grande-Bretagne a diminué le taux de sa tranche marginale de 50 à 45% – cela enverrait un signal négatif à l'étranger sur la façon dont la France traite les succès financiers, comme la semaine des 35 heures a terni l'image du pays pendant des années. Sa politique fiscale pousserait dans l'ensemble les entrepreneurs français à croire qu'ils feraient mieux de lancer leurs nouvelles idées à l'étranger.

La vérité qui dérange est que quiconque remporte la victoire le 6 mai aura besoin d'une approche rigoureuse du déficit, pour faire face à des marchés obligataires méfiants et à une possible récession. Sarkozy devrait trouver de nouvelles économies budgétaires, en dépit de sa promesse de «protéger» les Français de l'austérité. Hollande serait forcé de remettre à plus tard quelques unes de ses promesses coûteuses, et de goûter à l'inflexibilité allemande s'il insistait à pousser la chancelière Angela Merkel à revoir le pacte de stabilité. De toute façon, le résultat serait une crise pour les Français, et ni l'un ni l'autre ne les a préparés à cela.

 

 

Un degré d'ennui incommensurable

Je n'écris plus depuis une semaine sur mon blogue. Et même plus. La raison en est très simple : je m'ennuie. Enfin, je m'ennuie quand je traite de sujets politiques.

Que dire de cette campagne ? J'attendais que l'on débatte des programmes et des solutions.

Il est tout à l'honneur de François Bayrou de ne pas chercher à imposer de solutions par le haut et de proposer une vision d'un État qui facilite et impulse plutôt qu'un état démiurge, mais, dans cette campagne, il faut pouvoir énoncer des idées fortes à intervalles réguliers.

Les Français le font bien comprendre : c'est l'emploi et le pouvoir d'achat, c'est à dire l'économie, au fond, qui sont au coeur de leurs préoccupations.

J'aurais attendu du leader du MoDem qu'il ait en réserve une ou deux idées fortes supplémentaires, ou mieux encore, qu'il propose un scénario de sortie de crise. Ses six premiers mois de gouvernement sont une bonne idée mais il faut la prolonger. Il avait pourtant commencé très fort en ciblant dans le mille le problème de la production en France.

Un peu de politique-fiction : admettons qu'il soit élu Président ou encore qu'il soit devenu le Premier Ministre. Quelles mesures met-il en oeuvre pour relancer la production sur notre sol, et, partant, l'emploi ? Que propose-t-il aux chômeurs de longue durée ? A ceux dont les usines ferment ? A ceux qui sont victimes d'un plan de réduction des effectifs ? Aux seniors (Seul Sarkozy semble s'être adressé à eux pour l'instant avec sa proposition d'exonération de charges) ? Quel espoir crédible, finalement ?

C'est sur ces absences de réponse que Mélenchon prospère. Mélenchon peut bien raconter n'importe quoi, pas de souci, il ne concourt pas pour être élu. Zéro risques, donc. Il est à l'étiage maximum de l'extrême-gauche qu'il a siphonné à 100%. Et comme les bobos de toutes sortes s'entichent des modes, les voilà, les imbéciles, devenus fans d'un individu dont le programme les ferait mettre les deux genoux à terre s'il était élu. Ce sont sans doute les mêmes qui achètent des bougies d'Amnesty et qui révèrent le laudateur de Chavez et Fidel Castro, deux grands démocrates, comme tout le monde le sait.

Sarkozy remonte de manière plus qu'inquiétante dans les sondages. Hollande joue la montre depuis plusieurs mois, mais il va finir par se brûler, à jouer avec le feu.

Il y a un autre élément qui risque de peser le 22 avril : c'est très intelligent d'avoir collé les vacances scolaires à ce moment-là. Personnellement, j'étudie la possibilité de retarder mon départ pour pouvoir voter, mais ce n'est pas joué. Je pense tout de même pouvoir donner une procuration à quelqu'un, mais j'imagine que tout le monde ne va pas faire le même effort.

Le gouvernement (la classe politique dans son ensemble) serait très avisé de communiquer vite, bien et régulièrement sur les votes par procuration, la procédure ne me paraît pas particulièrement simple.

09:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : bayrou, présidentielle |  Facebook | | |

lundi, 05 mars 2012

Comme un parfum d'ennui...

Je dois faire un aveu : je commence à m'ennuyer ferme dans cette campagne présidentielle. Il me semblait que la situation exigeait que l'on débatte des sujets sérieux : le chômage, l'état de notre industrie, la séparation des pouvoirs, la justice, l'irréprochabilité des élus, l'école...Au lieu de cela, l'UMP et le PS débattent d'un hypothétique complot européen contre Hollande.

A vrai dire, je trouve qu'il y a aussi une responsabilité écrasante des grands médias : les dépêches les plus en vue sont toujours pour les petites phrases, les "coups", jamais pour les questions de fond, celles qui engagent tous les citoyens.

On ne devrait, me semble-t-il ne parler que d'emploi et d'équilibre des comptes et je vois qu'à la notable exception de Bayrou, plus personne n'en parle.

Personne ou presque ne semble chercher à chiffrer sérieusement les projets des candidats ni à étudier leur faisabilité. Et s'il existe des économistes ou des experts qui s'expriment, les médias télévisés ne cherchent absolument pas à les confronter aux candidats (j'en signale tout de même un :  le 14 mars, l'Institut de l'Entreprise organise un débat entre un entrepreneur, un économiste et un politique - Bayrou - sur les solutions pour restaurer la prospérité en produisant en France).

La seule journaliste qui semble envisager son métier sérieusement, à la télévision, c'est Anne-Sophie Lapix, elle qui pose à chaque fois de vraies questions à ceux qu'elle reçoit. Marine Le pen en a fait les frais, mais je suis certain qu'elle est capable de passer au grill tous les candidats.

Le problème, c'est que notre société, gavée aux jeux et émissions de variété de toutes sortes semble désormais incapable de discerner les grands enjeux et surtout les mensonges. La formule choc, le slogan, l'image ont remplacé le raisonnement rigoureux sur les faits.

Bref, je m'ennuie...

18:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : présidentielle |  Facebook | | |

vendredi, 20 janvier 2012

Bayrou gagnant à tous les coups au second tour de la présidentielle

Voilà une information qui, je l'espère va faire méditer tout le landernau politique.

En cas de second tour, François Bayrou gagne contre TOUS les candidats : François Hollande, Nicolas Sarkozy, et Marine Le pen, les trois sont battus.

Un doute sur la qualité de l'information ? Regardez bien cette émission de LCP : c'est un journaliste qui le lâche en direct aux alentours de la 21ème minute. En fait, il fait savoir que les journalistes ont des chiffres qui sont confidentiels parce qu'ils sont commandités par les QG de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. On ne peut donc pas les révéler. Le journaliste refuse donc de donner les chiffres exacts mais confirme qu'à l'heure actuelle, Bayrou les bat tous ! Mes tovaritchi gauchistes qui croyaient Hollande invincible vont avoir de bonnes raisons de taper sur Bayrou, maintenant. Il paraît d'ailleurs que Hollande a dit à son équipe de taper aussi parce qu'il commence à s'inquiéter quelque peu des succès de l'homme du Béarn. C'est le Canard de mercredi qui le dit. MLP, elle plagie sans vergogne Edmond Rostand et ensuite, elle glapit parce que Bayrou connaît aussi l'auteur et le cite quand il parle du peuple. Quant à Sarkozy, il essaie de ressortir une vieille corde usée avec Borloo. 

23:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : bayrou, présidentielle |  Facebook | | |

jeudi, 29 décembre 2011

Quel impact auront les blogues sur l'élection présidentielle ?

Difficile de mesurer l'impact des blogues politiques pour la campagne à venir. J'aurais envie de répondre en faisant mienne la devise du Comptoir de la Comète :  

«nous étions accoudés, là, calmement. Nous refaisions le monde. Soudain, j'ai levé un oeil vers la rue ; ce monde tournait sans nous

En réalité, très rares sont les blogues qui ont vraiment impacté la sphère politique : je me souviens tout de même d'une réponse de Raffarin à Versac  en janvier 2008 et j'ai observé que fdesouche disposait d'une fiche wikipedia en raison de sa célébrité. Mais Versac a fermé son blogue et celui qu'il a rouvert est bien plus confidentiel. Quelques blogueurs s'associent aux médias en ligne, mais au fond, ils ne font pas l'actualité.

Les blogues sont davantage des briques de réseaux sociaux que des îlots autonomes, désormais. Bien sûr, les plus gros d'entre eux disposent d'une certaine audience, mais à l'échelle de l'hexagone, elle est confidentielle. On dit d'ailleurs leur nombre en régression.

Je tends à penser qu'au fond, ce sont les médias traditionnels qui façonnent l'actualité. Les blogues auraient vocation à générer du contenu, des débats d'idées, de préférence de fond, mais il semble, au fil du temps, qu'ils aient délaissé ce terrain-là. Ce ne sont plus, en définitive, que des terrains de jeux pour gens avertis et convaincus. Ce resserrement sur un lectorat averti explique par exemple l'échec du projet wikio, pourtant unique en Europe.

Le fait que la blogosphère soit devenue quasiment monocolore n'aide évidemment pas son expansion. 

En 2007, j'aurais dit qu'à défaut de compter, la blogosphère était une position stratégique qu'il fallait tenir. Mais en 2012, nous n'en sommes même plus là. Elle est sans doute quantité négligeable à tous points de vue. Tout juste sert-elle à alimenter quelques journalistes webs en quête d'inspiration.

Lueur d'espoir dans cette atmosphère bien sombre, le blogue demeure pourtant un moyen de communiquer privilégié propice aux échanges conviviaux (ou non). Ils peuvent jouer un rôle local non négligeable comme ont pu le prouver des blogues comme celui de Christophe Grébert à Puteaux ou plus ponctuellement, Alter Écho à Hénin Beaumont, Paris 16 Info dans le 16ème arrondissement de Paris.

15:32 Publié dans Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : blogues, présidentielle |  Facebook | | |

vendredi, 16 décembre 2011

L'Express et la Démocratie : il n'y a de grotesque que Barbier !

S'il y en a bien un que j'ai du mal à piffrer, c'est bien le prétentieux Christophe Barbier. Barbier se pique d'expertise démocratique et se permet de décréter quelle candidature est utile ou non. Et l'individu récidive chaque semaine. Il y a peu il invitait Éva Joly à se retirer ou conspuait Dominique de Villepin. Le voilà maintenant à cracher sur tous les petits candidats. On ne sait par quel miracle, Bayrou trouve soudainement grâce à ses yeux. Voyons voyons que disait Sarko, déjà, à un importun ? Casse-toi pauv'con, un truc comme ça, je crois...

Il y a de la part de Barbier un insupportable mépris pour les opinions minoritaires. Barbier ne supporte pas les candidats qui font quelques pour-cent. Barbier devrait réfléchir que sur un un corps électoral de 20 millions d'individus, par exemple (et c'est plus en France), 1% représente tout de même 200 000 personnes, soit infiniment plus que tous les suffrages que pourrait un jour réunir sur sa tête Christophe Barbier.

Avec Bayrou et d'autres amis centristes, libéraux et démocrates, nous nous sommes suffisamment battus pour faire valoir des idées et des visions de notre pays différentes de ce que nous sert régulièrement la soupe prétendûment majoritaire pour suivre le sieur Barbier dans ses éructations et glaviots colorés. Puissent les glaviots lui revenir dans la g... au demeurant.

Morin, Boutin, Éva Joly ou encore Chevènement ont toute leur place dans cette campagne. Dans son grand mépris, je suppose que Barbier s'est imaginé que ce serait trop d'honneur que de citer aussi Nicolas Dupont-Aignan, Corine Lepage, Nathalie Arthaud ou encore Philippe Poutou.

Faut-il être crétin pour qualifier Christine Boutin et Éva Joly de Vestales ! Abruti. Sans doute n'a-t-il retenu des Vestales que ce qu'en disent les peplums, c'est à dire des sortes de vierges effarouchées mais affriolantes. En réalité, dans l'Antiquité Romaine, les Vestales étaient  les personnalités les plus respectées de la société romaine, au point que les consuls eux-mêmes leur cédaient le passage. Le veto d'un tribun de la plèbe, pourtant sacro-saint, ne pouvait s'oppose aux déplacements d'une vestale. Voilà qui passe au-dessus du Normalien Barbier, à l'évidence...

Figurez-vous que ce nuisible appelle les maires à refuser de parrainer ces petits candidats qu'il qualifie de grotesques. Moi, je n'ai vu qu'un grotesque, c'est Barbier, juste bon à cirer les pompes des puissants, exercice dans lequel il excelle.